Appel à contribution – Voyages réels et imaginaires en moyen français. VIIIe Colloque international de l’AIEMF

VIIIe Colloque de l’AIEMF
Voyages réels et imaginaires
Lafayette College, Easton, Pennsylvanie, Etats-Unis
10-13 juin 2020

Pèlerinages, chroniques, quêtes, songes, carnets, navigations, les multiples réalisations formelles de la littérature de voyage d’expression française des années 1350-1520 connaissent de nos jours un regain d’intérêt. Travaux de synthèse (N. Chareyron), ouvrages collectifs (Le Voyage au Moyen Age : description du monde et quête individuelle), études consacrées à des pratiques populaires, comme les pèlerinages (M.-C. Gomez-Géraud, Ph. Maupeu), ou à des tentatives pionnières, comme les expéditions transatlantiques (R. de La Croix), traductions et éditions (B. Dansette), colloques (Ecrire le voyage au temps des ducs de Bourgogne), les exemples abondent. Si une telle variété vient à l’appui d’une thèse bien connue, selon laquelle le récit de voyage est dépourvu de lois (R. Le Huenen), il convient toutefois de souligner l’importance accordée au sein de ses formes particulières aux attestations d’authenticité concernant l’expérience vécue par le voyageur dans un ailleurs réel ou imaginaire. Mais, alors que les écrits retraçant les voyages effectués vers les trois continents connus avant le XVe siècle, l’Europe, l’Asie et, dans une certaine mesure l’Afrique, font généralement appel à l’autorité des sources livresques pour fonder leur crédibilité, la littérature viatique qui se développe à l’époque des « grandes découvertes » tend à mettre l’accent sur l’observation empirique et l’invention verbale comme des garanties d’authenticité susceptibles de relativiser le statut et l’influence des modèles. L’expérience des « nouveaux mondes » ne conduit pas seulement au renouvellement des connaissances géographiques ; les expéditions maritimes vers l’Occident se trouvent également à la base d’une littérature de fiction qui connaîtra ses heures de gloire à la Renaissance, y compris l’utopie dont la représentation idéalisée de l’ailleurs va nourrir des ambitions colonialistes, ou la satire qui cherche, au contraire, à censurer les motifs mêmes qui poussent le voyageur vers l’aventure de l’inconnu.

Ce colloque vise à s’interroger sur les procédés narratifs, lexicaux et rhétoriques mis à contribution par les auteurs, éditeurs, commentateurs ou traducteurs pour résoudre le paradoxe de l’écriture du récit de voyage, celui-là même qui repose sur l’articulation de deux éléments contradictoires, l’expérience du « merveilleux » et l’authenticité du témoignage qui s’y fonde.

Pourront être abordées des thématiques qui s’inscrivent dans l’un des axes de recherche suivants:

I Identité et représentation du « je »
1. L’identité sociale, religieuse, politique ou sexuelle du voyageur (-se) (pèlerin, missionnaire, diplomate, aventurier, explorateur, marchand, marin, corsaire, pirate) et ses masques (auteur, narrateur, copiste, éditeur, compilateur)
2. Les expériences sensorielles et les émotions du voyageur

II Les témoignages de l’ailleurs
1. Statut des archétypes bibliques, classiques et médiévaux dans le récit viatique des XIVe et XVe siècles
2. De la (re)découverte de l’Orient (Terre sainte [Bertrandon de la Broquière], Extrême-Orient [Jean de Mandeville]) à l’exploration de l’Ouest, entre mythe et réalité : exploration de la côte africaine (Eustache Delafosse), imaginaire insulaire et conquête (Jean de Béthencourt), aventures transatlantiques (Jean Cousin, Paulmier de Gonneville)
3. Des « merveilles du monde » à l’observation scientifique : physique aristotélicienne, astronomie ptoléméenne, continuité et mise en question (Jean Buridan, Nicole Oresme, Pierre d’Ailly)

III Regards sur l’Autre: idéalisation et critique

IV Utopie et satire
1.Les Iles fortunées, le royaume de Prêtre Jean (La navigation de Saint Brendan, Le Livre des merveilles du monde) : mythes fondateurs de nouveaux mondes
2.La satire et la subversion des mythes (le pays de Cocagne)

V L’écriture et la réécriture du récit viatique
1. Techniques narratives
2. Création verbale
a. Néologie, toponymie, anthroponymie
b. Figures du discours : métaphore de l’émerveillement, de l’indicible
3.Le rôle des illustrations

VI Traductions et adaptations (Jean le Long d’Ypres, Jean Miélot)

VII Transmission et réception
1. Manuscrits, imprimés, rééditions et compilations (Les Secrets de l’histoire naturelle)
2. Perspectives transculturelles

VIII Travaux en cours (monographies, éditions ou rééditions)

Le colloque est organisé par Lafayette College avec le soutien du Bureau du Prévôt, le Département de Langues et Littératures, et du Programme d’Etudes du Moyen Âge, de la Renaissance et de la période prémoderne.

Langue des communications : français ou anglais.

Date limite de remise d’un projet de communication d’une dizaine de lignes accompagné d’un bref curriculum vitae : le 30 septembre 2019.

Responsable de projet :
Olga Anna Duhl duhlo@lafayette.edu

Comité scientifique :
Paola Cifarelli, Sarah Delale, Olivier Delsaux, Matthieu Marchal, Amandine Mussou, Anne Schoysman, Tania Van Hemelryck

Source : Fabula

A propos RMBLF

Réseau des médiévistes belges de langue française
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