Colloque – Alexandre le Grand tourné en dérision dans la littérature et dans les arts de l’antiquité à l’époque contemporaine

Cette journée d’étude sur Alexandre le Grand tourné en dérision de l’Antiquité à l’époque contemporaine fait suite à celle organisée à l’université de Lille le vendredi 29 mars 2019 sur ce même sujet [Responsables : Catherine Gaullier-Bougassas de Lille et Hélène Tropé de Paris 3]. Ce thème et cette collaboration trouvent leur origine dans une précédente Journée d’étude lilloise sur L’entrée d’Alexandre le Grand sur la scène européenne : théâtre et opéra (fin du XVe-XIXe siècle), ainsi que dans un monographique de la revue des Langues néo-latines intitulé Rire aux éclats à l’époque moderne (n° 111, mars 2017), consacré au rire à l’époque classique à travers sept études portant sur des œuvres littéraires ou iconographiques produites dans plusieurs pays de langue romane.

Alexandre le Grand n’a jamais cessé de susciter l’intérêt des historiens, des écrivains et des artistes et il a fait l’objet d’un foisonnement constant d’œuvres historiographiques. Son image – ou plutôt ses images, reprises et réinventées – sont aussi omniprésentes dans les systèmes de représentation littéraires et iconographiques à toutes les époques et dans tous les pays. Alors que nombre d’auteurs le représentent comme un modèle de roi parfait, de conquérant exemplaire et parfois de mécène accompli, d’autres imaginent sa confrontation au rire, le temps d’un ou de plusieurs épisodes, ou le tournent en dérision à l’échelle d’une œuvre entière. Pour ne donner que quelques exemples, rappelons qu’Alexandre est moqué dans le Dialogue des morts de Lucien, que dans certaines versions du Roman d’Alexandre du Pseudo-Callisthène la reine Candace le ridiculise, qu’il doit affronter la raillerie de Diogène et des Brahmanes, et que ces scènes suscitent de nombreuses réécritures jusqu’au XIXe siècle. Plus tard il est moqué dans Pantagruel, où Rabelais imagine qu’il gagne sa vie en réparant de vieilles chaussures ou dans les œuvres mythologiques des Trufaldines : dans la pièce Gran Alessandro, le Conquérant, dont Plutarque raconte que son père lui aurait dit que la Macédoine était trop petite pour lui, est représenté avançant à larges enjambées. Quevedo lui-même prend Alexandre et Diogène pour cibles dans son romance « Visite d’Alexandre à Diogène, philosophe cynique ». Thomas Rousseau écrit en 1749 une parodie de tragédie, La mort de Bucéphale, qui le ridiculise. Plusieurs œuvres anglaises parodiques du XVIIIe siècle le transforment en soudard, notamment The Rival Queans. With the humours of Alexander the Great de Colley Cibber.

Au cours de cette Journée, il s’agira de réfléchir sur le lien établi entre différentes formes de rire et ce modèle héroïque prestigieux et plus habituellement entouré de sérieux, à répertorier les textes et/ou les représentations iconographiques où il est tourné en dérision. Il faudra élucider les sources historiographiques ou littéraires utilisées par les auteurs et s’interroger sur les significations et les finalités du rire, que le héros sache le retourner à son profit contre son adversaire ou bien que les œuvres mettent en œuvre une dégradation parodique de cette illustre figure.

Sans titre

Programme :

SESSION DU MATIN

9h : Ouverture des Travaux par la Vice-Présidence de la Commission de la Recherche de l’Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3
9h15 : Introduction à la Journée d’étude – Catherine Gaullier-Bougassas (Université de Lille – ALITHILA-IUF) et Hélène Tropé (Université Paris 3 – Sorbonne Nouvelle – CRES/LECEMO, EA 3979)

9h30-10h : Maureen Attali (Université d’Angers) : « La figure d’Alexandre-arbitre dans la littérature rabbinique de l’Antiquité tardive : entre dérision et auto-censure »
10h-10h30 : Marcin Kurdyka (Chambéry) : « Alexandre dupé. Le conquérant macédonien dans la Chronica Polonorum de Vincent Kadłubek (c. 1205) »
10h30-11h : Catherine Gaullier-Bougassas (Université de Lille) : « Alexandre dans les premières traductions françaises de Lucien »
11h00-11h15: Pause

11h15-11h45 : Germán Redondo Pérez (Université Complutense de Madrid, Dialogyca BDDH) : « Desmitificación y parodia de Alejandro Magno en la traducción castellana del Diálogo XIII de Luciano (1617) realizada por
Juan de Aguilar Villaquirán »
11h45-12h15 : Gilles Polizzi (Université de Haute Alsace-Mulhouse) : « Une relecture satirique du roman d’Alexandre entre Thénaud et Rabelais »
12h15-14h : Déjeuner

SESSION DE L’APRÈS-MIDI

14h00-14h30 : Patrizia De Capitani (Université Grenoble Alpes – LUHCIE Laboratoire Universitaire Histoire Culture Italie Europe) : « Alexandre tourné en dérision dans la culture italienne de la Renaissance »
14h30-15h00 : Dominique Bertrand (Université de Clermont-Ferrand) : « Jeux burlesques et cyniques avec le mythe d’Alexandre : les Aventures de Dassoucy, XVIIe siècle »
15h00-15h15 : Pause

15h15-15h45 : Hélène Tropé (Sorbonne Nouvelle, CRES–LECEMO), « Un Alexandre tourné en dérision dans la comedia burlesque de Pedro Francisco Lanini Sagredo, Tout donner et ne rien donner (Darlo todo y no dar nada) »
15h45-16h15 : Fernando Doménech Rico (Real Escuela Superior de Arte Dramático, Madrid) : « La mojiganga de Alejandro Magno, de José Cañizares (1708) y la tradición burlesca »
16h15-16h45 : Josée Gallégo (Sorbonne Nouvelle, CRES–LECEMO) : « Alexandre le Grand ou l’art de jouer à la baballe avec le globe terrestre dans The great Dictator (1940) de Charlie Chaplin »
16h45 : Clôture des travaux et annonce de la publication

Informations pratiques :

Université Sorbonne Nouvelle – Paris 3
Centre Censier – Salle Las Vergnas (3e étage)
13, rue de Santeuil
75005 PARIS

COMITÉ SCIENTIFIQUE :

Catherine Gaullier-Bougassas (Université de Lille –ALITHILA-IUF)
Hélène Tropé (Université Sorbonne Nouvelle-Paris 3 – CRES/LECEMO, EA 3979)

CONTACT
Hélène Tropé : helene.trope@sorbonne-nouvelle.fr
Catherine Gaullier Bougassas : catherine-bougassas@orange.fr

A propos RMBLF

Réseau des médiévistes belges de langue française
Cet article a été publié dans Conférences. Ajoutez ce permalien à vos favoris.