Appel à contribution – Marges (XIe-XVIIe siècles). 5es Journées doctorales internationales de Transitions

L’Unité de recherches (UR) Transitions. Moyen Âge et première Modernité de l’Université de Liège s’associe au CESCM (Centre d’études supérieures de civilisation médiévale) de l’Université de Poitiers et au CML (Centre for Medieval Literature) des universités de York et du Danemark du Sud (Odense) à l’occasion de rencontres doctorales en trois volets (2020-2021).

Mises en œuvre par les doctorant·e·s de ces trois institutions, ces journées ont pour but de favoriser l’échange et les débats entre doctorant·e·s, jeunes chercheur·se·s et collègues expérimenté·e·s dans les domaines de l’histoire, de la philologie, de la linguistique, de l’histoire de l’art, de la littérature ou encore la musicologie.

Le premier volet de ces rencontres sera organisé à Liège les 5 et 6 février 2020, autour du thème « Marges (XIe-XVIIe siècles) », les bornes chronologiques de cet appel s’inscrivant dans celles explorées par Transitions.

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Argumentaire

De l’histoire à la linguistique, en passant par l’histoire de l’art, la philologie et la musicologie, la notion de marge est omniprésente, et la tendance actuelle de la recherche dans ces disciplines est à la reconsidération de sa définition. Le concept de marge, qu’il soit envisagé dans son acception première ou figurée, suscite aujourd’hui encore la réflexion des chercheur·se·s, lesquel·le·s interrogent les potentialités multiples qu’il offre en vue de renouveler l’approche de leur objet d’étude.

L’idée traditionnelle de « frontière » et le couple notionnel « centre/périphérie » soulèvent d’importantes interrogations : quelles relations le centre entretient-il avec « sa » périphérie ? Quelles en sont les dynamiques, en matière de pouvoir et de domination (politiques, religieux, culturels, artistiques ou linguistiques) ? Quelle valeur convient-il encore d’accorder au concept de Kunstgeographie ? La frontière
géographique tend aussi à déterminer certains domaines d’étude : comment la langue et la littérature évoluent-elles en territoire limitrophe ? Comment ces marges sont-elles représentées dans l’art et dans les lettres ? Quelles sont les limites des mondes fictionnels ? Comment peuvent-elles être dépassées, pour peu qu’elles doivent l’être ?

La marge peut aussi être explorée en rapport avec une norme. Elle devient alors un espace de contrainte ou de liberté dont l’artiste et l’homme de lettres s’emparent pour créer des œuvres alliant tradition et innovation. Comment auteurs, peintres, sculpteurs et architectes détournent-ils les codes et modèles afin de développer des formules inédites ? Comment les grammairiens établissent-ils les normes d’une langue, quelles en sont les conséquences sur les pratiques, littéraires mais aussi sociales (sociolectes), de cette langue ? Quelles résistances ces normes suscitent-elles ?

La marge peut aussi être interrogée dans sa matérialité, en tant que séparateur spatial, entre monde réel et espace fictif. Grotesques, architecture en trompe l’œil, tapisseries feintes – l’artiste transgresse avec ingéniosité la limite imposée par le cadre. C’est également dans l’espace paratextuel que le copiste ou l’imprimeur interagit avec les autres intervenants du processus de création et de réception du livre (corrections, gloses, instructions à destination de l’enlumineur, du graveur ou du lecteur ; colophons, lettres au lecteur) ; que le possesseur peut se faire connaître (marques d’appartenance, commentaires) ; que remanieurs et maîtres d’atelier, enfin, créent un véritable apparat destiné à faciliter l’interaction entre texte et lecteur (rubriques, tables des matières, titres courants).

À partir des objets et des disciplines qui leurs sont propres, les participant·e·s sont invité·e·s à proposer une réflexion sur la notion de marge et sur les notions sœurs que sont celles de limites, de confins ou de frontières, de même que sur la place que celles-ci occupent au sein de leurs recherches.

Les communications, d’une durée de vingt minutes, pourront être présentées en français, en anglais, en allemand, en espagnol ou en italien. Au terme de chaque session sera engagée, avec le public présent, une discussion que le comité organisateur souhaite résolument transdisciplinaire.

Modalités pratiques

Les propositions des doctorant·e·s, belges ou étranger·ère·s, sont attendues pour le 31 août 2019, sous forme d’un dossier pdf à adresser par courriel à l’UR Transitions (transitions.jd2020@gmail.com), en fichier joint. Ce dossier comprendra les coordonnées (nom, prénom) du/de la doctorant·e et celles du/de la (des) directeur·rice(s) de recherche, le titre de la thèse et l’année d’inscription en thèse, l’intitulé de la communication, et un résumé d’une quinzaine de lignes de la communication proposée, rédigé en français, en anglais, en allemand, en espagnol ou en italien. Les doctorant·e·s seront informé·e·s des résultats de la sélection le 15 septembre 2019.

À l’issue des deux journées, une attestation de participation sera délivrée sur demande.

L’UR Transitions est heureuse d’annoncer que les déjeuners et les pauses café des deux journées seront offerts. Les frais relatifs au transport et au logement seront en revanche à charge des participant·e·s.

Comité organisateur : Giulia Barison, Alexandre Goderniaux, Eva Trizzullo, Gaylen Vankan, Véronique Winand.

Comité scientifique : Renaud Adam, Giulia Barison, Émilie Corswarem, Laure Fagnart, Alexandre Goderniaux, Marie-Élisabeth Henneau, Julie Piront, Eva Trizzullo, Gaylen Vankan, Véronique Winand.

Quelques mots à propos de Transitions

Du Moyen Âge aux bouleversements engendrés par la science galiléenne, l’Europe vit d’incessants questionnements qui remettent en cause ses équilibres politiques et leurs légitimations, qui ébranlent les fondements de l’unité confessionnelle et déplacent les limites du savoir et de la création. En tentant de transcender les clivages hérités d’une longue tradition historiographique, l’UR Transitions de l’Université de Liège (http://web.philo.ulg.ac.be/transitions/fr/) se penche sur ces mutations continuelles en Occident et dans le bassin méditerranéen. Ouverte aux médiévistes et aux modernistes, elle encourage la confrontation des pratiques de recherche, les collaborations inédites et le partage des résultats dans une perspective interdisciplinaire. Par ailleurs, elle tente de mettre en lumière les multiples facteurs qui ont concouru à la construction des cadres sociaux et culturels dans lesquels nous nous définissons encore aujourd’hui.

Source : Université de Liège

A propos RMBLF

Réseau des médiévistes belges de langue française
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