Appel à contribution – Les espaces carcéraux au Moyen Âge : approche interdisciplinaire des territoires et des matérialités de l’incarcération médiévale / Prison spaces in the Middle Ages: an interdisciplinary approach to the territories and materialities of medieval incarceration

English version below

Bordeaux
1er-3 avril 2020

Organisateurs: Martine Charageat (Ausonius UMR 5607); Julie Claustre (LaMOP UMR 8589); Elisabeth Lusset (LaMOP UMR 8589); Mathieu Vivas (IRHiS UMR 8529)

Alors que des travaux récents ont renouvelé notre connaissance des lieux d’exécution médiévaux et de l’agencement interne des lieux de réclusion, il reste encore beaucoup à faire pour comprendre la distribution des espaces et des territoires carcéraux, en particulier pour éclairer les dynamiques et logiques socio-spatiales de leur implantation. Ces espaces carcéraux évoluent entre le début et l’extrême fin du Moyen Âge, les prisons ne se multipliant qu’à partir du XIIIe siècle. Ces évolutions doivent être comprises en articulation étroite avec les évolutions des justices médiévales et de leurs pratiques spatiales. Des études peuvent être menées à l’échelle d’un bâtiment, d’un quartier, d’une ville, d’une ou de plusieurs régions. Les sources à mobiliser sont d’une grande diversité : documents judiciaires, réglementations urbaines, règlements de prison, comptabilités, iconographie, sources archéologiques (fouilles, études archéologiques du bâti, etc.), textes dits « littéraires », etc. Trois angles d’approche peuvent être retenus :

1/ Diversité des espaces carcéraux : au-delà de la prison

Au Moyen Âge, les espaces carcéraux étaient de formes matérielles et de tailles diverses et connaissaient des implantations multiscalaires dans un jeu d’emboîtement parfois complexe des juridictions : « tenir prison » pouvait ainsi se faire dans un quartier, une ville, la maison d’un particulier, un couvent, une « prison privée », etc. Les opérations de rénovation, de transformation et d’entretien, plus rarement de construction, de ces lieux sont sans doute des occasions d’appréhender ces phénomènes. La répartition spatiale des divers lieux carcéraux recèle peut-être des significations historiques qui n’ont pas encore été explorées, au-delà de la problématique classique des conflits de juridictions. On sait que certaines juridictions empruntaient les prisons d’autres : peut-on aller jusqu’à parler de réseaux de prisons avec des collaborations entre justices à l’échelle d’un territoire urbain ?

2/ Par-delà les murs : porosités des prisons

Les lieux carcéraux ne fonctionnaient qu’en interaction étroite avec leur environnement économique et relationnel qui conditionnait leur existence même et contribuait à leur insertion dans un territoire. Visiteurs, confréries ou encore fournisseurs devaient d’une manière ou d’une autre pénétrer les enveloppes carcérales, ce qui supposait des arrangements matériels. Certaines prisons posaient-elles des problèmes de voisinage et de mitoyenneté ? La visibilité, l’acceptation et l’accessibilité de ces lieux sont essentielles pour interpréter leurs usages et leur intégration dans leur environnement.

3/ Espaces carcéraux et espaces urbains : les prisons, étapes des rituels urbains

Les prisons ne servaient pas seulement à enfermer des personnes, ces bâtiments servaient aussi de lieux de référence pour certains rituels urbains, judiciaires (exécutions) ou non (visites, entrées, etc.), que l’historien a tout intérêt à prendre en compte s’il veut saisir l’ensemble des facettes de ces lieux. De ce point de vue, l’emplacement relatif de ces lieux (près de ou dans quel bâtiment ? Près de quelle voie ?) avait peut-être une valence différenciée aux yeux de la population qu’il conviendrait de prendre en considération.

Propositions de communication : titre et résumé de la communication (250 mots), notice bio-bibliographique (10 lignes), à envoyer avant le 5 novembre 2019 aux adresses suivantes : mcharageat[a]free.fr ; julie.claustre[a]univ-paris1.fr ; Elisabeth.Lusset[a]univ-paris1.fr ; mathieu.vivas[a]univ-lille.fr

LAMOP - Carcéral

Prison spaces in the Middle Ages: an interdisciplinary approach to the territories and materialities of medieval incarceration

Bordeaux, 2020 1st-3 april

While recent work has renewed our knowledge of medieval execution sites and of the internal layout of detention facilities, much remains to be done to understand the distribution of prison spaces and territories, in particular to shed light on the socio-spatial dynamics and logic of their establishment. These prison spaces evolved between the beginning and the extreme end of the Middle Ages, with prisons only multiplying from the 13th century onwards. These evolutions must be understood in close coordination with the evolutions of medieval justice and its spatial practices. Studies can be carried out at the scale of a building, a neighborhood, a city, a city, one or more regions. The sources to be mobilized are very diverse: judicial documents, urban regulations, prison regulations, accounts, iconography, archaeological sources (excavations, archaeological studies of buildings, etc.), so-called “literary” texts, etc. Three angles of approach can be used:

1/ Diversity of prison spaces: beyond the prison

In the Middle Ages, prison spaces were of various material forms and sizes and had multiscalar installations in a sometimes complex interplay of jurisdictions: “holding prison” could thus be done in a neighborhood, a city, a private individual’s house, a convent, a “private prison”, etc. The renovation, transformation and maintenance, more rarely construction, of these places are undoubtedly opportunities to understand these phenomena. The spatial distribution of the various prison sites may contain historical meanings that have not yet been explored, beyond the traditional problem of conflicts of jurisdiction. We know that some jurisdictions used to use prisons in other jurisdictions: can we go so far as to talk about prison networks with collaborations between justice systems on an urban scale?

2/ Beyond the walls: porosities of prisons

Prison places only functioned in close interaction with their economic and relational environment, which conditioned their very existence and contributed to their integration into a territory. Visitors, brotherhoods or suppliers had to somehow penetrate the prison envelopes, which required material arrangements. Did some prisons have problems of neighborhood and common ownership? The visibility, acceptance and accessibility of these places are essential to interpret their uses and integration into their environment.

3/ Prison and urban spaces: prisons, stages of urban rituals

Prisons were not only used to lock people up, these buildings were also used as reference places for certain urban rituals, judicial (executions) or not (visits, entries, etc.), which the historian has every interest in considering if he wants to understand all the facets of these places. From this point of view, the relative location of these places (near or in which building? Near which road?) may have had a different valence in the eyes of the population that should be taken into consideration.

Proposals for papers: title and abstract of the paper (250 words), bio-bibliographic notice (10 lines), to be sent before 5 November 2019 to the following addresses : mcharageat[a]free.fr ; julie.claustre[a]univ-paris1.fr ; Elisabeth.Lusset[a]univ-paris1.fr ; mathieu.vivas[a]univ-lille.fr

Source : LAMOP

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