Appel à contribution – Moyen Âge en fête. Commémoration et célébration à l’époque médiévale

Moyen Âge en fête. Commémoration et célébration à l’époque médiévale
Genève, les 2-3 mars 2020

Pour les dix ans des Jeunes Chercheurs Médiévistes de l’Université de Genève, l’occasion nous est offerte d’aborder la notion d’anniversarium au Moyen Âge, entendue autant dans le sens de festivité, de commémoration que de datation.

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Par définition, l’anniversaire est synonyme de calcul du temps : les fêtes – qu’elles soient religieuses ou laïques –, les calendriers et les computs sont autant d’instruments qui rythment la vie quotidienne. Ils permettent non seulement de mesurer l’écoulement des jours, mais ont également le pouvoir de modifier la perception que porte une collectivité sur sa propre temporalité, qu’elle soit passée, présente ou future.

D’un point de vue conceptuel, s’intéresser à l’anniversaire implique notamment de questionner la conception médiévale de la vie et de la mort : la difficulté d’établir la date de naissance sur des bases matérielles fiables interroge le rapport, dans les mentalités de l’époque, entre l’importance de la natalité, synonyme d’entrée dans la communauté chrétienne par le baptême, et celle de la mort, ‘‘véritable renaissance’’ et jugement au regard de Dieu ; ces deux questions ouvrent le débat, vaste et fascinant, des âges de la vie. Par extension se pose également la question de la mise en scène de l’agonie – à travers les motifs de la mort du roi ou de la Passion du Christ pour ne citer que les plus connus – dans certaines œuvres littéraires à caractère profane ou religieux.

Outre le rythme propre à l’individu, le temps médiéval est également ponctué par divers célébrations et cycles de fêtes, qui incitent à réfléchir sur la question des principes d’ordre et d’ordonnance : mariage, adoubement, sacre et couronnement sont des occasions d’intégration à la communauté. Considérés depuis une perspective littéraire, musicologique voire iconographique, ces mêmes événements renvoient à tout un univers de performances et de cérémonies, d’outils et d’instruments, de vêtements et d’apparats, qui ont pour but de sublimer les différents acteurs de ces réjouissances. D’un côté, les mécènes, qui perçoivent les enjeux géopolitiques de ce type de rituels protocolaires, pouvant rapidement revêtir une dimension commémorative lorsque le souvenir est consigné et transmis à la postérité. De l’autre, l’ensemble des artistes, qui intervient lors des cérémonies et autres banquets aristocratiques : sa circulation au sein des cours de l’Occident chrétien est l’un des principaux facteurs de diffusion des œuvres, et l’influence réciproque de différents héritages culturels – de part et d’autre de la frontière linguistique oc/oïl par exemple – représente l’un des domaines de recherche les plus foisonnants de l’actualité scientifique.

Malgré leur caractère rituel, les fêtes médiévales se renouvèlent perpétuellement : les joutes chevaleresques constituent sans doute un exemple fécond en matière de mutation des enjeux, en ce qu’elles passent progressivement du statut d’entraînement à la guerre à celui de reconstruction d’un âge d’or chevaleresque révolu. Au même titre, l’assimilation des fêtes païennes par le culte chrétien représente une autre illustration de la muabilité des conceptions, associée à la conservation de traditions ancestrales.

Les pistes d’investigation, riches et passionnantes, ne manquent pas. Nous invitons tous les jeunes chercheurs médiévistes (spécialistes en littérature, histoire, histoire de l’art, histoire des religions, philologie, philosophie, musicologie et disciplines avoisinantes) motivés à entrer dans la valse pour scander avec nous le rythme de la fête et de la vie, à nous envoyer leurs propositions de contribution, d’une demi-page environ, accompagnées de renseignements pratiques (statut, institution de rattachement, domaine de recherche), en format PDF avant le 9 décembre 2019 à l’adresse suivante: journeesetudesjcm@gmail.com.

Un comité scientifique procédera à la sélection des communications.

Source : Fabula

A propos RMBLF

Réseau des médiévistes belges de langue française
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