Publication – « Genèses antiques et médiévales de la foi », dir. C. Grellard, P. Hoffmann, L. Lavaud

This book collects papers presented at two multi-disciplinary gatherings which sought to examine concepts belonging to the semantic field of religious belief. The collection sets out from the observation that the relevant terms are ambiguous and equivocal, and indeed that this ambiguity persists in the scholarly literature in the humanities. It is therefore important to historicise these terms adequately and to clarify their development and transformation over time. This involves a sustained engagement with key discourses – logic, history of religion, epistemology, political history – of significant intellectual heterogeneity.

Platonism fundamentally informs classical and patristic Christian reflections as well as the thought of their medieval heirs. It carries with it a tension between ‘opinion’ and supra-rational certitude which is exploited by Christian thinkers up to and including scholastic theologians. These thinkers insist above all on the existential dimension of a certitude which seeks to establish a privileged link with the divine. It involves the attempt to harmonise the ritual and social aspects of religious practice with the individual urge towards transcendence, a quest which has been bequeathed to modernity and still largely defines the nature of contemporary Western social engagement with religion.

Issu de deux colloques pluridisciplinaires qui se proposaient d’étudier les notions relevant du champ sémantique de la croyance religieuse, ce volume part du constat que ces termes sont le plus souvent équivoques, ce qui pèse encore sur les recherches en sciences sociales. Il fallait rendre à ces concepts leur historicité, et montrer comment la notion de foi se constitue progressivement au cours d’une histoire qui est faite d’allers et retours entre des champs intellectuels hétérogènes (de la logique à la religion, et de l’épistémologie à la politique).

Le platonisme innerve largement les réflexions du christianisme grec et romain, puis médiéval. Il porte une tension entre l’opinion et la certitude supra-rationnelle, qui est exploitée par les penseurs chrétiens, jusqu’aux théologiens scolastiques, pour insister notamment sur la dimension existentielle d’une certitude qui institue un lien privilégié avec le divin. Il s’agit de concilier la dimension communautaire et rituelle de la pratique religieuse et la tension individuelle vers la transcendance, qui est transmise à la modernité et définit encore largement le rapport au religieux dans nos sociétés.

Table des matières :

C. Grellard, L. Lavaud : Introduction

PREMIERE PARTIE : EMERGENCE ET TRANSFORMATION DE LA PISTIS, DE PLATON AU NEO-PLATONISME

Monique Dixsaut : Quelle sorte d’état de l’âme est pour Platon la pistis ?
Annick Jaulin : Usages aristotéliciens de pistis
Françoise Frazier : Les emplois de pistis chez les médioplatoiciens
Jérôme Moreau : La pistis d’Abraham chez Philon : vertu presque parfaite de l’union intellectuelle à Dieu
Luc Brisson : La pistis chez Plotin et Porphyre : philosophie et religion
Christian Jambet : La foi de l’intellect ou le contact de la présence selon les philosophes néoplatonisants en islam

DEUXIEME PARTIE : L’ELABORATION CHRETIENNE DE LA PISTIS DE SAINT PAUL AUX PERES GRECS

Régis Burnet : La foi chez saint Paul : un concept dynamique
Jean-Daniel Dubois : Pistis dans le cadre de la sotériologie des gnostiques valentiniens
Marie-Odile Boulnois : « Commencer par croire ». La primauté de la foi chez Clément d’Alexandrie, Origène et leurs successeurs
Marco Zambon : Dall’ascolto alla visione : la fede come conoscenza elementare e come compimento in Origene
Laurent Lavaud : L’événementialité de la foi chez Grégoire de Nysse
Anca Vasiliu : Périchorèse de la foi dans le De Fide de Jean Damascène. L’hypostase des choses espérées.

TROISIEME PARTIE : LA SUBVERSION CHRETIENNE DE LA FIDES ROMAINE. DE CICERON A SAINT AUGUSTIN.

Carlos Lévy : De l’éloquence à la philosophie : l’évolution sémantique de fides
Sophie van der Meeren-Ferrari : La polysémie de fides dans la démarche apologétique de Lactance : des valeurs traditionnelles aux valeurs chrétiennes
Isabelle Bochet : Les définitions augustiniennes de la fides : au croisement des traditions philosophiques et de l’exégèse biblique

QUATRIEME PARTIE : DE LA CROYANCE INSTITUEE A LA FOI PERSONNELLE. TRANSFORMATIONS MEDIEVALES

Dominique Iogna-Prat : Socialiser la foi: esquisse d’un parcours ecclésial
Joël Biard : Produire la confiance, la fides dans la tradition topique médiévale
Gilbert Dahan : Le concept de fides à la lumière des commentaires médiévaux de quelques versets de l’Ancien et du Nouveau Testament
Camille de Belloy : La vérité première. Jalons pour une histoire de la foi de Guillaume d’Auxerre à Thomas d’Aquin
Olivier Boulnois : Les trois dimensions de la foi. Le concept de foi selon quelques théologiens médiévaux (XIIe-XIVe siècles)
Nicolas Faucher : Prêter foi avec parcimonie. Le traitement scotiste de la foi acquise et de la foi infuse
Pascale Bermon : « Il n’est pas au libre pouvoir de l’homme de croire quand il lui plaît »: l’involontarisme doxastique de Robert Holkot
Christophe Grellard : Que m’est-il permis d’ignorer ? La foi, l’ignorance et les limites acceptables de l’orthodoxie

Informations pratiques :

Genèses antiques et médiévales de la foi, dir. C. Grellard, P. Hoffmann, L. Lavaud, Turnhout, Brepols, 2020 (Collection des Études augustiniennes. Série Antiquité, 206). 452 p., 165 x 250 mm. ISBN: 978-2-85121-304-4. Prix : 59 euros.

Source : Brepols

A propos RMBLF

Réseau des médiévistes belges de langue française
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