Conférence – Elisabetta Neri, « Le projet PolyCRomA : de la matérialité à la signification de la couleur sur la sculpture romaine »

Longtemps méconnue, parfois délibérément parce que sa présence choquait les idées reçues depuis Winckelmann sur la sculpture antique, la polychromie fait depuis une vingtaine d’années l’objet d’importants programmes de recherche, s’efforçant plus à démontrer sa présence qu’à s’interroger sur sa signification religieuse et socio-politique. Le projet PolyCRomA (MC-IF 896000) vise à étudier la couleur comme médium de communication de la société qui l’a produite. Avec un protocole qui intègre analyses physico-chimiques sur les couches peintes conservées sur les sculptures, analyse formelle et contextuelle des sculptures et examen des sources écrites et iconographiques qui les représentent, le projet vise à mettre en évidence les caractéristiques techniques et les enjeux sociétaux de la polychromie de la sculpture romaine, à partir de l’étude de plusieurs collections. L’intervention présentera quelques résultats et la structure d’une base de données qui permet d’organiser la documentation produite.

Intervenante
Elisabetta Neri (université de Liège, Belgique), modération Sigrid Mirabaud (INHA)

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À propos de ce séminaire : La fabrique de l’art : utilisation des données matérielles en histoire de l’art

Ce séminaire de recherche fera dialoguer historiens de l’art, scientifiques de la conservation et conservateurs-restaurateurs autour de la manière dont les matériaux sont mis en œuvre pour obtenir un effet visuel dans les peintures, les enluminures, les sculptures et autres objets d’art polychromés. Les matériaux – à savoir la couleur, mais aussi tout ce qui y participe indirectement comme les liants et les vernis – et leur mise en œuvre seront étudiés en regard des diverses problématiques d’histoire de l’art et des techniques. Cette démarche se fera dans une perspective interdisciplinaire : création, transformation, réseaux, transferts techniques et artistiques.
Nous souhaitons aborder particulièrement la manière dont les données matérielles relatives aux œuvres d’art et à leur technique sont mises à la disposition des chercheurs pour leur permettre d’en tirer des connaissances nouvelles sur les pratiques artistiques (tout en respectant les principes d’interopérabilité FAIR). L’enjeu du séminaire est de montrer qu’il est possible de croiser des données très hétérogènes pour faciliter de nouvelles interprétations et renouveler les pratiques en histoire de l’art et des techniques. Il s’agira ainsi de dépasser l’approche positiviste souvent associée aux données de sciences expérimentales, pour montrer comment ces données peuvent devenir des sources au même titre que les autres données produites par et pour les sciences humaines.

En partenariat avec la Bibliothèque nationale de France

Organisation
Charlotte Denoël (BnF), Sigrid Mirabaud (INHA)

Comité scientifique
Claire Bosc-Tiessé (INHA), Charlotte Denoël (BnF), Anne-Solenn Le Hô (C2RMF), Sigrid Mirabaud (INHA), Delphine Morana-Burlot (université Paris 1 Panthéon- Sorbonne), Sylvie Neven (BnF), Federico Nurra (INHA), Laurianne Robinet (Centre de recherche sur la conservation)

Programme de recherche
« La fabrique matérielle du visuel : panneaux peints en Méditerranée, XIIIe-XVIe siècle » (domaine Histoire de l’art du XIVe au XIXe siècle)

Institut national d’histoire de l’art – Galerie Colbert, salle Walter Benjamin

2, rue Vivienne ou 6 rue des Petits Champs – 75002 Paris

Mardi 12 avril, 14h00

Source : INHA

A propos RMBLF

Réseau des médiévistes belges de langue française
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