Appel à contribution – Réécritures et représentations du Moyen Âge arabe dans la littérature française, du Moyen Âge au XVIIIe siècle

Date de tombée (deadline) : 20 Décembre 2026.
Réécritures et représentations du Moyen Âge arabe  dans la littérature française, du Moyen Âge au XVIIIe siècle

Université de la Manouba, 15-16 avril 2027

L’équipe de recherche sur le Moyen Âge et le XVIe siècle du laboratoire « Analyse Textuelle, Traduction, Communication » (ATTC, LR18ES12) organise les 15 et 16 avril 2027 un colloque autour des réécritures et représentations du Moyen Âge arabe dans la littérature française, du Moyen Âge au XVIIIe siècle, après avoir tenu un colloque sur les « Dérives guerrières au Moyen Âge et au XVIe siècle[1] » les 1er et 2 décembre 2023 à la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de l’Université de la Manouba. S’inscrivant dans une perspective interdisciplinaire et internationale, ces manifestations scientifiques se rattachent aux deux axes principaux de l’équipe de recherche : « Les rapports entre Orient et Occident dans la littérature du Moyen Âge et de la Renaissance : de l’Histoire au mythe » et « les résurgences du Moyen Âge et de la Renaissance dans littérature moderne et contemporaine[2] ». 

Il s’agira d’interroger la construction et l’évolution d’une image multiple du « Moyen Âge arabe[3] » – qui reste à définir et à délimiter – dans les textes littéraires français allant de leur époque médiévale de référence jusqu’au XVIIIe siècle[4]. Seront observés et analysés les enjeux esthétiques, idéologiques, sociopolitiques, civilisationnels et scientifiques des diverses représentations de cette époque riche, étendue et mouvementée. Le croisement des approches littéraires, linguistiques, artistiques et historiques permettra de constituer un panorama représentatif des relations qui ont pu unir le monde arabe et la France. L’histoire littéraire française et l’étude des transferts de savoirs amènent à appréhender la manière dont les différents domaines du Moyen Âge arabe – société, art de gouverner, sciences ou littérature – ont été repris en France et plus largement en Europe au fil du temps, au gré des exigences culturelles, de la curiosité intellectuelle ou de la quête d’exotisme. Une réflexion sera également menée sur la valorisation et la promotion d’un corpus littéraire français peu exploré et la constitution, par l’inscription de la recherche dans les humanités numériques, d’une base de données textuelle hybride mettant en lumière la richesse des échanges et des transmissions entre Moyen Âge français et Moyen Âge arabe. 

Axes scientifiques (proposés à titre indicatif)

Axe 1 – L’approche diachronique 

Chaque représentation est le produit d’une époque, d’une volonté politique, d’une injonction sociale ou d’une quête intellectuelle. Au Moyen Âge, la culture arabe suscite des postures ambivalentes souvent dominées par le désir de dénoncer l’autre, ennemi infidèle, davantage que par la volonté de le connaître, en dépit du rôle majeur des traductions arabes dans la transmission de l’héritage antique[5]. Renouant directement avec les sources gréco-latines, la Renaissance encourage néanmoins la connaissance de la langue arabe et amorce la constitution des fonds orientaux de la Bibliothèque royale[6]. Au XVIIe siècle, l’imaginaire du Moyen Âge arabe et de l’Orient est réinvesti par la culture mondaine sous le signe du dépaysement et de la galanterie. Au tournant du siècle, ce passage est illustré notamment par deux œuvres majeures : d’une part, la Bibliothèque orientale de Barthélemy d’Herbelot (1697), qui servira « pendant plus de deux siècles d’encyclopédie de l’Islam[7] » ; d’autre part, la traduction des Mille et une nuits par Antoine Galland[8] à partir de 1704, qui adapte l’exotisme oriental aux exigences du goût galant. Ces deux publications préfigurent la transformation de cet imaginaire en un objet de savoir et d’étude privilégié pour les orientalistes du XVIIIe siècle.

Axe 2 – Les transferts culturels entre quatre pôles : la France, l’Espagne musulmane, le Maghreb et l’Orient 

Al-Andalus et plus généralement l’ « Occident musulman[9] » ont constitué une véritable plaque tournante à partir de laquelle les savoirs arabes ont pu translater vers le castillan et le latin. En témoigne la trajectoire du Kitâb al-mi’râj (Livre de l’Échelle) au XIIIe s. : traduit d’abord de l’arabe vers le castillan à la cour d’Alphonse X le Sage par le médecin juif Abraham Alfaquín (dit Abraham de Tolède), il est ensuite transposé en latin et en français par le notaire et copiste italien Bonaventure de Sienne. Le rôle des « passeurs[10] » est ainsi fondamental dans la genèse d’une image et d’un imaginaire associés au monde arabe dans sa pluralité géographique, ethnique et confessionnelle. Dès lors, la circulation des savoirs entre les différents pôles – français et européen, espagnol, maghrébin et oriental – s’observe dans les processus de réception, d’adaptation et de réécriture des textes littéraires, religieux, philosophiques et scientifiques[11]  suscitant des questionnements sur la circulation des langues[12], des genres, des motifs et des idées[13]. Une telle perspective conduit à identifier les corpus sources et à mettre au jour les dynamiques idéologiques et culturelles sous-jacentes à chaque réappropriation.

Axe 3 – Les représentations du Moyen Âge arabe 

La désignation et la délimitation des territoires et des frontières de l’espace arabe – entre géographie vécue et cartographie fantasmée – permettent d’examiner le regard porté par les auteurs de la rive nord de la Méditerranée. Entre valorisation et dépréciation[14], les hommes qui peuplent cet espace incarnent autant de figures de l’altérité : tantôt objets de critique servant l’exaltation de soi, tantôt objets de curiosité invitant à la découverte de l’autre. Cette dialectique informe un large éventail de genres littéraires (chansons de geste, romans, contes, récits de voyage, pièces de théâtre, etc.). Les propositions pourront analyser les formes de cette perception – qu’elle relève de l’exploration érudite ou de la reprise de stéréotypes – au niveau de l’onomastique, des topographies, des descriptions, des portraits, etc. Les études de cas privilégiant une approche comparatiste, confrontant la littérature française et son intertexte arabe connu ou supposé[15], seront particulièrement appréciées. 

Modalités de soumission

Les propositions de communication, d’environ 500 mots, assorties d’un titre et d’une courte notice bio-bibliographique, seront à envoyer par courriel au plus tard le 20 décembre 2026 aux adresses suivantes : Jouda.Sellami@flah.uma.tn et attc.manouba@yahoo.com  

 Le colloque se tiendra les 15 et 16 avril 2027 à la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de la Manouba (Tunis).

Après évaluation des propositions, les notifications d’acceptation seront communiquées avant le 15 janvier 2027.

Source : Fabula

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