Publication – Roberto Biolzi, « J’ay grand envie de veoir assaillir. » Guerre, guerriers et finances dans les États de Savoie à la fin du Moyen Age (XIVe-XVe s.)

À la fin du Moyen Âge, la guerre est au centre des préoccupations de la plupart des principautés européennes. Sans faire exception, les États de Savoie sont impliqués dans maintes opérations militaires, que cela soit dans le but d’acquérir un espace territorial homogène ou en vue d’augmenter leur prestige international. Si le XIVe siècle est caractérisé par d’importantes victoires face aux rivaux régionaux traditionnels, les premiers ducs de Savoie doivent par la suite s’incliner devant les puissances du nord de l’Italie. Le mercenariat tout comme l’avènement des armes à feu mettent à rude épreuve les ressources de cette petite principauté alpine qui, à l’aube des Temps modernes, doit affronter l’une des crises financières et dynastiques les plus marquantes de son histoire.

Ouvert à des perspectives comparatistes, ce livre étudie l’évolution de la pratique de la guerre depuis les origines de la Maison de Savoie jusqu’au principat de Louis Ier (1440-1465), se focalisant en particulier sur les structures de commandement et l’organisation administrative, financière et socio-militaire des armées savoyardes. Pour ce faire, il s’appuie sur un corpus de sources extraordinaire : les comptes des trésoriers des guerres conservés aux Archives d’État de Turin, soit, pour ce type de documents, une des séries les plus riches et complètes du Moyen Âge occidental.

Avec le soutien de la Fondation pour la protection du patrimoine culturel, historique et artisanal (FPPCHA).

Roberto Biolzi est maître d’enseignement et de recherche à l’université de Lausanne. Ses publications portent essentiellement sur l’histoire militaire des Etats de Savoie et des Confédérés entre la fin du Moyen Age et la première modernité.

Les guerres des savoie : de la chevauchée à l’occupation

  • L’assise du pouvoir des « Portiers des Alpes » (XIe-XIIIe siècle)
  • De la guerre de Septante Ans à la guerre de Cent Ans (fin XIIIe-milieu XIVe siècle)
  • Des conquêtes pour régner (1352-1355)
  • Les entreprises d’Amédée VI, entre aventures étrangères et guerres intestines (1355-1383)
  • Le Comte Rouge, dernier prince guerrier (1383-1391)
  • Le principat d’Amédée VIII (1393-1439), un îlot de paix ?
  • Les échecs militaires de Louis Ier (1440-1465)

Les armées savoyardes : aspects institutionnels, financiers et sociaux

  • Payer les troupes, l’émergence d’une administration spécialisée
  • La chaîne de commandement
  • L’argent, la guerre et l’État
  • Les guerriers des princes

Informations pratiques :

Roberto Biolzi, « J’ay grand envie de veoir assaillir. » Guerre, guerriers et finances dans les États de Savoie à la fin du Moyen Age (XIVe-XVe s.), Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2023 ; 1 vol., 362 p. (Histoire). ISBN : 978-2-75359-360-2. Prix: € 26,00.

Source : Presses universitaires de Rennes

Publié dans Publications | Laisser un commentaire

Formation – Il diritto medievale, fonti e metodi

The intensive study course is organised in the context of Erasmus + KA2 FONTES, FOstering iNnovative Training in the use of European legal Sources (2021-1-IT02-KA220-HED-000032190).

Programme complet : ici

The doctoral seminar brings together researchers from different parts of Europe to
deliver seminars and hand-on workshops focusing on:

  • What is a legal source
  • Types of legal literature
  • Codicology and palaeography of legal manuscripts
  • Medieval civil and canon law sources
  • Sources of the ius proprium

It features lectures by:

  • Paolo Napoli (École des Hautes Études en Sciences Sociales),
  • Emanuele Conte (Roma Tre University – École des Hautes Études en Sciences Sociales),
  • Beatrice Pasciuta (University of Palermo),
  • Guido Rossi (University of Palermo),
  • David De Concilio (University of Padova),
  • Joanna Fronska (Institut de Recherche et d’Histoire des Textes),
  • Sonia Merli (University of Palermo), Francesca Potenza (University of Palermo),
  • Orazio Condorelli (University of Catania),
  • Roberto Imperia (University of Palermo),
  • Ignazio Alessi (University of Geneva),
  • Maciej Mikuła (Jagiellonian University in Kraków),
  • Marta Cerrito (University of Palermo).

Attendance is open to students, PhD students and early career researchers. If you are interested, please reach out to annamariagrazia.floris@unipa.it.

Source : Università degli Studi di Palermo

Publié dans Appel à contributions, École d'été, Enseignement | Laisser un commentaire

Colloque – Hofkirchen? Zur Artikulation der Adelsherrschaft im Hochmittelalter

Das Mittelalter machte das Zusammenwirken der geistlichen und weltlichen Sphäre aus. Welche Akteure wie weit in die je andere Sphäre hineingreifen konnten, war Aushandlungssache. Am Beispiel Graf Adolfs II. von Berg (†1160) und seiner Nachfolger gelang es aufzuzeigen, dass die Eigengründung der Adelsfamilie, die Zisterze Altenberg, über die sie bis zum Ende des Mittelalters wie Altarvögte bestimmten, eigentümlich viele Personen im Nekrolog verzeichnete, die auch am Hof der Grafen agierten.

Handelt es sich bei der gelenkten Memoriastiftung um ein Instrument, mittels dessen die Kirche den Hof des Grafen konstituierte? Insbesondere Adolfs II. von Berg Enkel, Adolf III. von Berg, erreichte es, die als Truchsess und Mundschenk an seinem Hof nachweisbaren Ministerialen zu Stiftungen an Altenberg zu bewegen. Und was war mit den in die Ministerialität übergetretenen Edelfreien im Bergischen? Es scheint, als ob der Graf von Berg einen Ort positiver Sichtbarkeit seiner Herrscheraktivitäten benötigte, die sonst an vielen Beispielen eher seine Fähigkeit offenbarte, Edelfreie zu unterdrücken. In der Grabstätte seines Großvaters hatte er anscheinend den idealen Kultort gefunden.

Die Diskussion ausgewählter Fallbeispiele soll die Frage nach Ursachen, Ziel und Zweck sowie dem möglichen Wert eines solchen Herrschaftskonzepts beantworten.

Donnerstag (15. Februar 2024)

9:00h: Einleitende Worte (Vera Eiteneuer)

Sektion I: Rheinland & Lothringen
Sektionsleitung: Harald Müller (Aachen)

9:15h: Jochen Johrendt (Wuppertal):
Steinfelder Mönche am Hof der Grafen von Are

10:00h: Robin Moens (Aachen):
Religiöse Einrichtungen als Artikulation der territorialen Herrschaft – das Haus Oudenaarde im 12. und 13. Jahrhundert

10:45h: Kaffeepause

11:00h: Vera Eiteneuer (Wuppertal):
Wozu noch eine Kirche? Graf Adolf II. von Berg und die Zisterze Altenberg

11:45h: Mittagspause

Sektion II: Sachsen
Sektionsleitung: Gerhard Lubich (Bochum)

13:30h: Rona Ettlin (Hildesheim):
Der Dom zu Hildesheim und seine Bedeutung für die Herrscher des Früh- und Hochmittelalters

14:15h: Nathalie Kruppa (Göttingen):
Die Grafen von Dassel und ihr Hof – Spuren in der Memorialüberlieferung?

15:00h: Kaffeepause

Sektion III: Bayern
Sektionsleitung: Jessika Nowak (Wuppertal)

15:30h: Cynthia Stöckle (München):
« Für euer Wohlergehen ». Das Kloster Fürstenfeld als Knotenpunkt bayerischer Adelsfamilien

16:15h: Philipp T. Wollmann (München):
Bischöfliche Klosterprivilegierungen zwischen hochstiftischer und adeliger Territorialpolitik in Augsburg (12./13. Jahrhundert)

18:00h: Jürgen Dendorfer (Freiburg i. Br.):
Adelige und ihre Kirchen im hohen Mittelalter. Beobachtungen an südwestdeutschen Beispielen (Abendvortrag)

Sektion IV: Franken & Schwaben
Sektionsleitung: Naemi Winter (Bonn)

9:00h: Sebastian Kalla (Freiburg i. Br.):
Frommer Wahn oder rationales Kalkül? Lenkung und Kontrolle von Stiftungen im Hochstift Bamberg (12./13. Jahrhundert)

9:45h: Matthias Weber (Bochum):
Speyer als salische « Hofkirche »? Überlegungen zur Regierungszeit Heinrichs V.

10:30h: Kaffeepause

Sektion V: Ein Ausblick nach Italien
Sektionsleitung: Carla Meyer-Schlenkrich (Münster i. W.)

10:45h: Étienne Doublier (Köln):
Mathildische Hofkirchen? Zur Stiftungstätigkeit im Canossaner Herrschafts- und Einflussbereich um 1100

11:30h: Abschlussdiskussion

15.02.2024 – 16.02.2024

Bergische Universität Wuppertal, K.12.16 (K4)

Veranstalter Paul Maria Baumgarten-Institut für Papsttumsforschung, Wuppertal (Vera Eiteneuer)

Kontakt : eiteneuer@uni-wuppertal.de

Source :H-Soz-Kult

Publié dans Colloque | Laisser un commentaire

Publication (en ligne) – « Entomologie savante », éd. Isabelle Draelants, Arnaud Zucker

La diversité des espèces d’insectes est estimée aujourd’hui à près d’un million, à une époque dramatique où nous voyons en certains endroits du globe disparaître près de 80 % de cette faune minuscule. Dans le passé, au contraire, les innombrables bestiolae, insecta, minuta animalia ou vermes, desservis par leur taille et leur apparente inutilité ou nocivité, semblaient former un microcosme grouillant, réduit dans la littérature à quelques genres vedettes. Ces animaux des confins du visible ne font pas l’objet d’une attention équitable et aussi exhaustive, en intention, que les plus grands animaux dont les morphologies et les comportements sont plus accessibles à l’œil, et le dossier naturaliste plus riche dans la tradition littéraire et savante. La symbolique, que le discours chrétien entretient comme l’angle majeur où se révèlent les créatures, « épinglait » surtout l’abeille1 et la fourmi, parfois l’araignée, depuis les épopées bibliques et homériques jusqu’aux commentaires patristiques, et de la tradition du Physiologus aux bestiaires médiévaux. Comme l’homme reçoit, dans l’anthropologie chrétienne, une place unique et supérieure à toutes les créatures, car il est l’interlocuteur de Dieu et sa création ultime et préférée, il est bon de lui rappeler le danger majeur que constituerait la conclusion orgueilleuse de ce statut singulier. La valorisation des animaux infimes et vils offre un moyen idéal de rappeler à l’homme son humilitas : la véritable grandeur est morale. Dans un renversement des valeurs assidument pratiqué par l’exégèse, le roi David ou le Christ-même étaient sublimement comparés au « ver » fragile et déconsidéré (Ps. 21.7), mais les œuvres antiques et médiévales ont longtemps réduit le reste de la faune minuscule – « vermine » méprisable née des matières putrides – au statut d’intenses fléaux ou subtils bourreaux créés pour rappeler à l’homme sa faiblesse. Les insectes, dépourvus de sang et de poumon2, ne sont, de l’avis de nombre de théologiens, pas montés sur l’arche de Noé avec les « animaux de chair » et les « créatures volantes », et ceux qui parmi les insectes sont nés de la pourriture ont été créés, comme l’explique Pierre Comestor au XIIe siècle, après le péché originel.

2Les bestiolae font cependant partie du monde sauvage des bestiae qui s’oppose au pecus domestique. Le regard porté sur eux est avant tout anthropocentrique, c’est pourquoi les domaines littéraires dans lesquels ils apparaissent incidemment sont surtout l’agriculture (prophylaxie de l’infestation), la médecine (venins et anti-poisons, pansements, excipients), et la fable ou le récit moral. Pourtant, même avant l’invention, décisive à leur égard, du microscope, les insectes et autres arthropodes (immensae subtilitatis animalia : Pline, NH 11.1), ont fait l’objet d’une attention parfois remarquable dans la littérature philosophico-scientifique. Médecins et pharmaciens antiques et byzantins sont fascinés par le poison actif des animaux à morsure, piqûre ou peau venimeuse ; Aristote se penche sur les modes de génération et les métamorphoses des « animaux à entailles » (entoma), observe le régime et le comportement social de certains d’entre eux et tente de concevoir leur cohérence anatomique et de limiter leur disparate ; quinze siècles plus tard, le médecin persan Avicenne (Ibn Sinâ, m. 1037) pousse plus loin la réflexion de son lointain maître grec et l’adapte à l’environnement du Moyen-Orient. Dans le monde arabe, le zoographe Al-Djâhiz (776-868) s’intéresse, pour sa part, à tout le règne animal, sans oublier les insectes. En Europe, au premier siècle, sur la base des travaux grecs, le Romain Pline avait fait des insectes (insecta) l’agent ou l’ingrédient principal de nombre d’applications médicales (en particulier au livre XXVIII) et leur consacrait un livre entier (XI) de son Histoire naturelle. Comme le reste de l’œuvre plinienne, cette matière connaîtra une éclipse de plusieurs siècles avant d’être intensément réexploitée, comme d’autres textes savants grecs et arabes, au milieu du XIIIe siècle, par certains encyclopédistes latins qui renouent avec un intérêt pour tous les règnes naturels, alors que l’oubli a frappé jusqu’au mot insecta. Le corpus zoologique d’Aristote reprend un grand ascendant sur les développements naturalistes, en particulier dans les commentaires de philosophie naturelle d’Albert le Grand, mais les « animaux à segments » (gr. entoma, lat. insecta) sont devenus dans l’Occident latin des « annelés » ou des « plissés » par le truchement d’une traduction arabo-latine de l’Histoire des animaux. Désireux d’ordonner tout le réel, de la terre jusqu’au ciel, les philosophes de la nature s’attachent à nommer et cataloguer les « annelés » au sein les « vers », parmi les rampants ou les reptiles, ou parfois les volatiles, et en scrutent les « propriétés » avec une attention nouvelle. Pour autant, les regroupements effectués peuvent surprendre. Le critère de la division par les quatre éléments qui forment le monde sublunaire rattache la plupart des insectes aux reptiles et aux rampants proches de la terre, mais entraîne le papillon parmi les petits oiseaux de l’élément air (déjà chez Isidore de Séville vers 620). Ainsi la grenouille ou la tortue, la musaraigne aussi, sont-ils qualifiés de « vers » comme le lombric, la limace, l’araignée, la guêpe ou le pou.

3Le regard des candidats à l’entomologie s’aiguise peu à peu, mais il faudra attendre l’invention du microscope par Jan Swammerdan (m. 1680, Amsterdam) pour découvrir sous une lentille artificielle les attributs du microcosme agrandi et pouvoir les reproduire par l’image ou le texte. Entretemps, la matière rassemblée sous les plumes encyclopédiques passe, presque telle quelle, des copies manuscrites à des exemplaires imprimés, sans que l’invention de l’imprimerie marque de rupture, si ce n’est dans la multiplication d’images peu réalistes et dans l’élargissement à un public laïc et moins savant. En parallèle, les marges des luxueux livres d’heures manuscrits se peuplent peu à peu d’insectes colorés admirablement tracés d’après nature, qui préfigurent les espèces reproduites dans les « albums de science » des XVIe et XVIIe siècles, motivés désormais par un regard naturaliste qui s’intéresse au spécimen lui-même.

4Ce tableau schématiquement brossé des siècles qui précèdent les Buffon, les Cuvier ou les Fabre, parangons de l’expérience naturaliste, montre la variété de l’approche entomologique antique et médiévale, généralement passée inaperçue, à en juger par la paucité de la bibliographie. Ce numéro de RursuSpicae entend donc mettre l’accent sur les humbles et les sans-grade de la faune antique et médiévale. Leur exploitation culturelle constitue en effet un thème particulièrement adapté à la revue, centrée sur les phénomènes de transmission, de reprise et de réécriture.

5Les articles rassemblés ici ne prétendent pas couvrir l’ensemble des problématiques ou des aspects caractéristiques des recherches et savoirs anciens sur le monde minuscule que les documentaires contemporains ont passé à la loupe et nous ont rendu plus familiers. La littérature latine médiévale s’y taille la part du lion (ou du fourmi-lion, pourrait-on dire) et la tradition orientale y est trop peu représentée (littérature byzantine), voire totalement absente (littérature arabe). Un guide bibliographique (centré sur le Moyen Âge latin), qui constitue un des apports de ce volume, pourra aider les études ultérieures à s’orienter dans ces territoires encore peu explorés.

6Les articles s’attachent, à travers des corpus particuliers, à quelques questions cruciales qui hantent l’entomologie ancienne, et qui pour certaines continuent de défier notre entendement. Le premier problème, à la fois cognitif et scientifique, est l’organisation naturelle et la présentation discursive de cet ensemble d’animaux d’une extrême variété et dont les contours sont particulièrement flous. Parmi les catégories « populaires », aucune, en effet, n’est aussi hétérogène que celle que nous visons ici et pour laquelle aucun terme n’est assez compréhensif ou assez précis. Il s’agit principalement de toutes les petites bêtes, principalement « terrestres » qui ne se laissent ranger dans aucune des grandes classes (oiseaux, quadrupèdes, poissons, serpents), que les ethnozoologues anglais ont baptisé ‘wugs’, mi-ver (worm) et mi-bestiole (bug). Cette catégorie résiduelle, dont les membres se ressemblent moins qu’ils ne dissemblent, peut-être en partie parce qu’ils ont plusieurs vies et plusieurs formes – et un fort penchant à la métamorphose -, est aujourd’hui encore impraticable et seulement artificiellement recouverte par des découpages savants qui échappent à la plupart des locuteurs contemporains : qui sait où commence et où finit l’insecte ? quand on est ver ou larve, est-ce pour la vie ? L’imago de l’insecte achevé est-elle la même créature ?Comment ranger et présenter ce vaste bazar des miniatures animales – qui n’a, d’ailleurs, pas plus de cohérence symbolique que naturaliste ? Dans les encyclopédies médiévales, on voit, par les articles d’Ombeline Fichant et Isabelle Draelants, que ces animaux ne sont pas des laissés pour compte, et que si cet ensemble manque d’ordre, l’attention des auteurs, suspendue depuis les textes anciens et dans la tradition chrétienne, reprend des forces à la fin du XIIe siècle. Ces œuvres de synthèse tentent de porter à notre vue et notre connaissance en savoir majuscule les particularités minuscules de ces créatures dont Dieu a voulu l’existence et qu’il a créées pour qu’elles s’adressent à nous.

7Un autre enjeu majeur de l’histoire de l’entomologie savante est l’identification des petits animaux visés par les textes. L’onomastique, profuse et diverse, peut être un guide aussi bien qu’un piège. Les atlas linguistiques qui recensent les dénominations locales modernes pour les bestioles montrent l’extrême richesse onomastique à laquelle elles donnent lieu aujourd’hui encore. C’est l’intérêt d’entreprises comme celles que présente Elisabetta Carpitelli dans son introduction à l’atlas roman (AliR). L’attention que manifestent les auteurs depuis l’Antiquité pour cette microfaune prouve qu’elle n’est pas si mal aimée, même si l’identification demeure complexe et souvent brouillée par la tradition. En conséquence, les critiques modernes peinent à démêler l’écheveau des savoirs et des traditions sur ces êtres aux natures parfois aussi insaisissables que leurs noms ou leurs évocations littéraires : c’est l’exercice délicat que tentent par diverses méthodes certains savants, comme l’illustre l’aperçu proposé par Arnaud Zucker. Pour le monde byzantin, Przemek Marciniak propose une réflexion sur la terminologie générale relative aux insectes et l’équivoque de certains zoonymes, à la rencontre entre tradition savante et expérience populaire. Le voyage linguistique des données zoologiques, et leur traduction iconographique constituent des occasions majeures du dérèglement des signes animaux. Les articles d’Emmanuelle Kuhry sur le myrmicoléon et de Mara Calloni sur le grillon montrent les amalgames, malentendus et dérives auxquels peuvent donner lieu l’interprétation et la diffusion par méandres d’un savoir qui n’est jamais strictement naturaliste.

8Un troisième point sensible du dossier des insectes semble être marqué par les propriétés mystérieuses de leur génération et de leur action. Pietro Li Causi propose de reconsidérer la question de la génération spontanée à partir d’animaux à la naissance paradoxale ; en effet l’enquête aristotélicienne se heurte, avec ces animaux qui n’héritent d’aucune forme, à une énigme qui peine à donner naissance à une véritable théorie. C’est sur une autre sorte de problème entomologique, ou de diablerie, que se penche méticuleusement Anaelle Broseta à travers le cas des insectes et autres bestioles venimeux, en montrant que la réflexion se fraie un passage dans le presque invisible pour rendre compte de pouvoirs à la fois physiques et occultes. Pour conclure, l’essai de Bernd Roling sur les débats savants liés à l’action de la tarentule et à l’efficacité tout aussi mystérieuse de remèdes atypiques comme la musique pour s’y opposer permet de voir combien se prolonge et se modifie, dans la période moderne, à la fois une attention et une réflexion continue pour ces animaux, et la dialectique tenace et parfois conflictuelle entre une lourde tradition livresque et une observation jamais totalement naïve.

Entomologie savante, éd. Isabelle Draelants, Arnaud Zucker, RursuSpicae, t. 5, 2023 ; 1 vol., 280 p.. Accès en ligne. URL : https://journals.openedition.org/rursuspicae/2749

Source : RursuSpicae

Publié dans Publications | Laisser un commentaire

Publication – Stefan Heid, « Altar and Church. Principles of Liturgy from Early Christianity »

An altar is a table or flat-topped block used as the focus for a religious ritual, especially for making sacrifices or offerings to a deity (Oxford Languages). Whether or not what Christians use during service today is allowed to be an altar is a point of contention between the denominations. However, since the liturgical reform of the Second Vatican Council, the altar has been at the centre of many redesigns of Catholic church spaces. For this they like to take the early Church as an example. In fact, the Council points to the “norm of the Fathers”. But how can this be reconciled with the widespread opinion that Christianity initially knew no cult and no sacrifices, but only loved feasts and meals of sinners, held in house churches? It was not until later, since the time of Emperor Constantine, that a real state cult with sacrifices, altars and magnificent sacred […]

Informations pratiques :

Stefan Heid, Altar and Church. Principles of Liturgy from Early Christianity, Ratisbonne, Schnell und Steiner, 2023 ; 1 vol., 512 p. ISBN : 978-3-7954-3845-6. Prix : € 50,00.

Source : Schnell und Steiner

Publié dans Publications | Laisser un commentaire

Offre d’emploi – Wissenschaftlicher Mitarbeiter:in im Projekt „Formulae – Litterae – Chartae “ Frühmittelalterliche Geschichte § 28 Abs. 3 HmbHG

EinrichtungFakultät für Geisteswissenschaften, Fachbereich Geschichte
WertigkeitEGR. 13 TV-L

Arbeitsbeginnschnellstmöglich, befristet für die Dauer von 3 Jahren (auf der Grundlage von § 2 Wissenschaftszeitvertragsgesetz)

Bewerbungsschluss 31.01.2024

ArbeitsumfangTeilzeit

Wochenstunden65 % der regelmäßigen wöchentlichen Arbeitszeit

Die Aufgaben umfassen wissenschaftliche Dienstleistungen im o. g. Projekt. Außerhalb der Dienstaufgaben besteht Gelegenheit zur wissenschaftlichen Weiterbildung.

Mitarbeit an der Erforschung frühmittelalterlicher Formulae, an der Bearbeitung der Quellen für die Textdatenbank und an der Organisation von wissenschaftlichen Veranstaltungen im Rahmen des Projekts.

Abschluss eines den Aufgaben entsprechenden Hochschulstudiums.

Sehr gute Kenntnisse in Latein bzw. Mittellatein und in Geschichtlichen Hilfswissenschaften; Spezialisierung in einem der folgenden Fachgebiete: Mittelalterliche Geschichte, lateinische Philologie, Rechtsgeschichte; sehr gutes Leseverständnis im Deutschen, Englischen und Französischen. Des Weiteren sind Kompetenzen im Bereich der Digital Humanities und die Vorbereitung einer Dissertation zu einem dem Projekt naheliegendem Thema erwünscht (ein Cotutelle-Verfahren mit einer ausländischen Universität ist möglich.)

Die Exzellenzuniversität Hamburg gehört zu den forschungsstärksten Wissenschafts- und Bildungseinrichtungen Deutschlands. Durch Forschung und Lehre, Bildung und Wissenstransfer auf höchstem Niveau fördern wir die Entwicklung einer neuen Generation verantwortungsbewusster Weltbürger:innen, die den globalen Herausforderungen unserer Zeit gewachsen ist. Mit unserem Leitmotiv „Innovating and Cooperating for a Sustainable Future“ gestalten wir die Zusammenarbeit mit wissenschaftlichen und außerwissenschaftlichen Partnerinstitutionen in der Metropolregion Hamburg und weltweit. Wir laden Sie ein, Teil unserer Gemeinschaft zu werden, um gemeinsam mit uns einen nachhaltigen und digitalen Wandel für eine dynamische und pluralistische Gesellschaft zu gestalten.

Schwerbehinderte und ihnen gleichgestellte behinderte Menschen haben Vorrang vor gesetzlich nicht bevorrechtigten bewerbenden Personen gleicher Eignung, Befähigung und fachlicher Leistung.

Source : Universität Hamburg

Publié dans Offre d'emploi | Laisser un commentaire

Podcast – Le féodalisme en débats, avec Solal Abélès

En cette semaine de rentrée 2024, le médiéviste Solal Abélès est l’invité du Rétroviseur, série du podcast de la revue. Nous revenons avec lui sur l’ouvrage qu’il a codirigé avec Blaise Dufal, Retour à l’horizon : historiographie du féodalisme, publié en 2023 sur le site de L’Atelier du centre de recherches historiques. Un entretien mené par Louise Gentil.

Accès : ici

Historien médiéviste, Solal Abélès a soutenu une thèse en 2015 sous la direction de Jean-philippe Genet et de Andrea Zorzi. Elle vient d’être publiée à l’École française de Rome sous le titre Protéger, libérer, assujettir : L’expansion territoriale de la commune de Florence au XIVe siècle. Il a codirigé l’ouvrage numérique Retours à l’horizon. L’historiographie du féodalisme.

Source : Entre-Temps

Publié dans Podcast | Laisser un commentaire

Appel à contribution – L’éloquence académique en Europe, de l’humanisme aux Lumières (XVe-XVIIIe siècle)

Amiens, 14-15 novembre 2024
Appel à contributions
Date limite : 31 janvier 2024

English version below

Les pratiques latines de l’éloquence d’apparat ont toujours eu partie liée avec le monde de l’université, et ce dès les origines médiévales de l’institution. Moment déterminant dans l’histoire de la rhétorique universitaire, le Quattrocento a vu se mettre en place, dans les différents foyers de l’humanisme italien, les codes de cette éloquence lors des multiples événements qui jalonnaient l’année et donnaient lieu à la déclamation de discours, en latin, par les professeurs ou par les meilleurs étudiants des facultés supérieures : cérémonies de rentrée, débuts des cours, première montée en chaire d’un professeur, remise du doctorat, élection d’un recteur, fêtes religieuses, visites politiques, funérailles d’un professeur décédé…. Le développement de ces pratiques solennelles s’est poursuivi, au-delà des Alpes et de la Renaissance, dans toute l’Europe moderne. Si un premier regard d’ensemble a été jeté sur celles-ci par le récent ouvrage dirigé par Clémence Revest à propos des discours prononcés dans les universités au Moyen Âge et à la Renaissance , on se propose, dans le présent colloque, d’examiner leur variété, leurs permanences et leurs transformations, dans un champ chronologique et géographique élargi : celui de l’Europe moderne, de l’âge humaniste aux Lumières.

En dépit de leur caractère souvent convenu et formel, ces discours donnent un reflet précieux des évolutions pédagogiques, des programmes de cours, des débats sur la définition des savoirs et, plus généralement, de la façon dont se représentait une institution ou un professeur. Les communications pourront s’intéresser à des discours singuliers ou, mieux encore, à des corpus plus importants, qui permettront de dégager les caractéristiques des pratiques rhétoriques universitaires à l’échelle d’un professeur, d’une chaire, d’une université, d’une discipline ou d’une catégorie de discours (leçon d’introduction à un auteur, oraison funèbre, leçon inaugurale, etc.) sur un temps plus ou moins long. Pourront également être abordées des questions liées à la performance oratoire (où ces discours sont-ils déclamés, devant quel public ?), au mode rhétorique utilisé par l’orateur (comment les caractéristiques stylistiques sont-elles liées à l’objectif de l’orateur ?), au contenu de ces textes (qui ne sont pas toujours consacrés aux seules questions universitaires, mais peuvent aborder des questions d’actualité plus générales – politiques, religieuses, scientifiques…), à leur transmission (sur quels supports ont-ils été conservés et diffusés : manuscrit, imprimé, plaquette, anthologie ?) et à leur dénomination. Enfin, quelles conséquences sur les pratiques et les codes rhétoriques, empreints de références à la culture gréco-latine, ont pu avoir les mutations du monde moderne telles que l’apparition de nouvelles disciplines, la progression des langues vernaculaires ou encore certains bouleversements historiques (conflits religieux, débats politiques…) ? Ces pistes ne sont pas, bien sûr, limitatives. On exclura toutefois du champ d’investigation les disputationes, qui suivent un ensemble de règles différentes des autres pratiques rhétoriques du monde universitaire et qui ont déjà fait l’objet de plusieurs travaux de recherche dans un passé récent.

Le colloque aura lieu à Amiens, à l’Université de Picardie Jules Verne, le jeudi 14 et le vendredi 15 novembre 2024. L’hébergement et les repas sur place seront offerts aux intervenants dont la proposition de communication sera retenue ; les frais de transport jusqu’à Amiens demeureront à leur charge.
Les propositions de communication donneront un aperçu de la contribution envisagée (200-300 mots), accompagné d’un titre et d’une brève présentation biographique. Elles sont à faire parvenir aux deux organisatrices d’ici le 31 janvier 2024, dans l’une des quatre langues acceptées pour le colloque : allemand, anglais, français et italien. La publication (peer-review) des actes du colloque est prévue.

****

Academic Eloquence in Europe from Humanism to the Enlightenment (15th–18th Century)

The practices surrounding Latin eloquence have always been closely associated with the early modern university and date back to the medieval origins of the institution. A pivotal period in the history of academic rhetoric was the fifteenth century, when the codes of Latin academic eloquence were established in the various centers of Italian humanism. Numerous events inherent in the academic year led to the delivery of Latin speeches by both professors and the top students of the higher faculties. Some of the main events included semester openings, course initiations, professors’ inaugurations, conferrals of the doctoral degree, elections of a rector, religious celebrations, political visits, and funerals of academic staff. The development of these solemn practices eventually washed over the Alps and, from the Renaissance onwards, the entirety of early modern Europe. While a general overview of these practices was recently provided by Clémence Revest in her work studying speeches delivered at universities during the Middle Ages and the Renaissance, this conference aims to examine the full variety, persistent elements, and transformations of academic oratory within an expanded chronological and geographical framework: that of early modern Europe, from the age of humanism to the age of Enlightenment.

Despite their often conventional and formal nature, Latin academic speeches provide a valuable reflection of pedagogical developments, course curricula, debates on stores of knowledge, and, more broadly, the perception of an institution or a professor. Presentations might deal with individual speeches or larger sets of texts, which will help identify the characteristics of academic rhetoric concerning professors, professorships, certain universities, specific disciplines, or different genres of speech (prolusions, funeral orations, inaugural orations, etc.) over a shorter or longer period of time. In addition, questions might also be addressed related to the issue of oratorical performance (where were speeches delivered, and in front of what audience?), the rhetorical mode used by a speaker (how were stylistic features interlinked with an orator’s mission?), the content of these texts (which were not always solely dedicated to academic matters but to broader current issues of political, religious, or scientific dimension), the transmission of orations (how were they preserved and distributed: in manuscripts, prints, pamphlets, anthologies?), and the names and designations of different oratorical genres. Finally, what consequences could the changes of the early modern world, such as the emergence of new disciplines, the advancement of vernacular languages, or certain historical upheavals (religious conflicts, political debates…), have had on the rhetorical practices and codes, infused with references to Greco-Latin culture? These avenues of inquiry are, of course, not exhaustive. However, we will exclude disputationes from the field of investigation, as they follow a different set of rules compared to other oratorical practices in the academic world and have already been the subject of extensive research in the recent past.

The conference will take place at the University of Picardie Jules Verne in Amiens on Thursday to Friday, 14–15 November 2024. Accommodation and meals on-site will be provided for speakers whose paper proposals are accepted. Travel costs will have to be taken care of individually by the speakers.
Paper proposals should comprise an overview of the intended contribution (200-300 words), along with a title and a short biographical note. They should be submitted to both organizers by 31 January, 2024, in one of the four languages accepted for the conference: English, French, German, and Italian. The publication (peer-review) of the conference proceedings is planned.


Lieu de la manifestation : Université de Picardie Jules Verne (Amiens)
Organisation : Lucie Claire et Isabella Walser-Bürgler
Contact : lucie.claire[at]u-picardie.fr ; isabella.walser-buergler[at]uibk.ac.at

Source : Compitum

Publié dans Appel à contributions | Laisser un commentaire

Publication – Katherine Baker,  » A Merchant of Ivory in 16th-Century Paris: The Estate Inventory of Chicart Bailly »

While we sometimes think about the past as distant and dusty, portals that can shoot through centuries exist. The estate inventory of Chicart Bailly is one of those gateways, and through its many pages we are transported back into an entirely different material culture – Paris at the turn of the 16th century.

Chicart, whose death in June 1533 led to the creation of the document, was part of a legacy of working with ivory, bone, and precious woods as a tabletier. This transcription and annotated translation of the inventory provides a key for new insights into this previously understudied profession — the objects made, the varied media used, and the world of the Paris’ tabletiers.

Katherine Baker, Ph.D., 2013, University of Virginia, is Associate Professor at the Arkansas State University. Her interests focus on the intersection of text and objects, and how documents can help us understand the things made in the past.

Table des matières : ici

Informations pratiques :

Katherine Baker, A Merchant of Ivory in 16th-Century Paris: The Estate Inventory of Chicart Bailly, Leyde–Boston, Brill, 2023 ; 1 vol., XIV–362 p. (AVISTA Studies in the History of Medieval Technology, Science, and Art, 17). ISBN : 978-90-04-53468-1. Prix : € 114.

Source : Brill

Publié dans Publications | Laisser un commentaire

Publication – « Atlas archéologique de la France », dir. Dominique Garcia, Marc Bouiron

Des milliers de découvertes surgissent sans cesse sous la truelle des archéologues. Les vestiges d’habitats, de tombes, de sanctuaires ou d’ateliers enrichissent notre patrimoine comme notre compréhension des sociétés passées. Jamais encore ces archives du sol, du Rhin au Finistère, de la baie de Somme à la Corse et dans les terres d’outre-mer, n’avaient été cartographiées et illustrées avec une telle ampleur. Page à page, nous explorons les strates archéologiques telles que chaque époque nous les a léguées.

Cartes en mains, cet ouvrage nous emmène sur les sentiers de la préhistoire, nous montre les usages des femmes et des hommes du Néolithique, l’empreinte des Gaulois et de Rome, le Moyen Âge des fermes et des cathédrales, les traces de l’esclavage, les vestiges de notre activité industrielle et les marques laissées par la violence des guerres.

Chaque objet, chaque pan de mur, chaque sépulture, chaque reste de repas mis au jour vient documenter le récit d’un million d’années et permet d’écrire une nouvelle histoire de la France.

Informations pratiques :

Atlas archéologique de la France, éd. Dominique Garcia, Marc Bouiron, Paris, Tallandier–INRAP, 2023 ; 1 vol., 336 P. ISBN : 979-1-02105-938-2. Prix : € 36,00.

Source : INRAP

Publié dans Publications | Laisser un commentaire