Publication – Quentin Verreycken, « Crimes et gens de guerre au Moyen Âge »

En raison de la violence extrême dont il est capable, l’homme de guerre incarne l’une des grandes peurs de la société de la fin du Moyen Âge. Au sortir de la guerre de Cent Ans, dans l’Angleterre, la France et les principautés bourguignonnes du xve siècle, il devient urgent pour les pouvoirs publics de réformer les armées et d’encadrer l’usage légitime de la force publique. Les excès des gens de guerre en dehors du champ de bataille sont désormais considérés comme des crimes devant être sévèrement punis par la justice. Dans ce contexte de renforcement de la discipline militaire, les monarques anglais, français et bourguignons continuent pourtant à accorder fréquemment le pardon à leurs soldats. Loin d’être le signe d’un éventuel laxisme du pouvoir royal ou princier, les centaines de lettres de rémission et de pardon octroyées aux gens de guerre se révèlent au contraire un important instrument de régulation des armées. À partir de cette documentation exceptionnellement riche, ce livre interroge les liens entre violence guerrière, justice et pardon, et offre un regard nouveau sur les gens de guerre et leurs crimes à la fin du Moyen Âge.

Informations pratiques :

Quentin Verreycken, Crimes et gens de guerre au Moyen Âge, Paris, PUF, 2023 ; 1 vol., 352 p. (Le Noeud gordien). ISBN : 978-2-13082-643-9. Prix : € 27,00.

Source : PUF

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Publication – Sidonie Bochaton, « L’abbaye de Sixt. Des chanoines réguliers en Faucigny (XIIe-XIXe siècle) »

Première dépendance fondée par les chanoines réguliers d’Abondance dans le second quart du XIIe siècle, l’abbaye de Sixt, bâtie au fond de la vallée du Giffre dans le Faucigny, a subsisté jusqu’à la fin du XVIIIe siècle avant de connaître plusieurs affectations, transformations et destructions qui lui ont donné son aspect actuel. En 1916, l’abbé Marie Rannaud lui a dédié un premier ouvrage, et un siècle s’est écoulé avant qu’un nouveau travail de synthèse voit le jour. Cette recherche historique et archéologique avait pour objectif principal de restituer les lieux de vie et de prière des augustiniens, mais aussi de rassembler la documentation utile à la poursuite des travaux archéologiques. Elle est enrichie des contributions de huit spécialistes. Ainsi, un regard nouveau a été porté sur l’histoire de Sixt et sur les lieux communs de l’érudition, permettant à l’abbaye d’être étudiée au prisme des problématiques actuelles de la recherche sur les établissements religieux médiévaux et modernes.

Sidonie Bochaton est maîtresse de conférences en histoire de l’art et archéologie médiévale à l’université Toulouse 2-Jean Jaurès et membre du laboratoire TRACES (Travaux et recherches archéologiques sur les cultures, les espaces et les sociétés-UMR 5608). Sa thèse de doctorat soutenue en 2021 a reçu le prix de thèse Géoparc mondial UNESCO du Chablais en 2022. Elle est également l’auteure d’une monographie sur le prieuré de Meillerie publiée en 2020 par l’Académie salésienne.

Informations pratiques :

Sidonie Bochaton, L’abbaye de Sixt. Des chanoines réguliers en Faucigny (XIIe-XIXe siècle), Annecy, Académie salésienne, 2023 (Mémoires et documents de l’académie salésienne, 130).

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Publication – Christian Heck, « Présence de la lumière inaccessible. Les vitraux de Conques et la peinture de Soulages »

Le livre offre l’analyse la plus complète à ce jour de la manière dont Pierre Soulages a conçu un type de verre laissant vibrer une lumière au service des formes de l’abbatiale, et dont il a pensé le dessin des plombs, par registres, en fonction de l’emplacement respectif de chaque baie. Issu de quarante années d’une relation privilégiée de Christian Heck avec Soulages, l’ouvrage présente par ailleurs la métaphysique de la lumière éprouvée par ce dernier, et qui l’a guidée pour ses vitraux comme dans sa peinture. Le livre est nourri de ces échanges de l’auteur avec l’artiste, sur l’apport d’écrivains et de philosophes qui ont parlé du rapport entre la lumière et l’obscurité. Ainsi, Denys l’Aréopagite, au VIe siècle, évoque le silence qui permet d’apprendre les secrets de cette Ténèbre qui « brille de la plus éclatante lumière au sein de la plus noire obscurité ». Soulages a été bouleversé par l’étonnante et fructueuse résonance entre ces textes et ses peintures de l’Outrenoir : noir qui cessant de l’être devient émetteur de clarté, de lumière secrète ».

Christian Heck, Présence de la lumière inaccessible. Les vitraux de Conques et la peinture de Soulages, Lyon, Éditions Fage, 2023 ; 1 vol., 120 p. ISBN : 978-2-84975-757-4. Prix : € 28,00.

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Appel à contribution – Le mariage en débat dans la littérature française du Moyen Âge au XVIIIe s. : discours normatifs, ordre patriarcal et transgressions

Colloque prévu à l’université d’Artois, Arras, les 5 et 6 décembre 2024

 S’il est défini canoniquement par la papauté comme un sacrement depuis 1184, le mariage est aussi depuis 1792 un contrat civil qui, du moins jusqu’en 2013 en France, unissait un homme et une femme. Objet de nombreux débats et satires, le mariage est donc régi par des règles juridiques et religieuses que la littérature et les arts ont reformulées avec leur propre langage et leurs propres codes esthétiques et moraux. L’exemple le plus connu de cet écart est que le mariage d’amour est présenté comme le dénouement heureux de la comédie et du roman héroïque, dans une période où pourtant, selon la célèbre formule de Montaigne, « Un bon mariage, s’il en est, refuse la compagnie et conditions de l’amour ». Aussi la littérature invente-t-elle des « fictions » du mariage – à moins qu’elle ne décide de le rejeter comme dans la fin’amor ou la préciosité – visant à idéaliser l’union conjugale pourtant soumise à des contraintes sexuelles et sociales imposées par l’Église ou la loi.

Les études sur le mariage, l’élaboration de ses normes et l’évolution de ses représentations ont été particulièrement approfondies par les historiens et les anthropologues. Pour la période qui nous occupe, on peut citer par exemple la magistrale étude de Jack Goody sur L’Évolution de la famille et du mariage en Europe (1985), les travaux de Georges Duby sur le mariage dans la France féodale (1981) ou encore de Maurice Daumas sur le mariage amoureux sous l’Ancien Régime (2004). Dans le même mouvement, la critique littéraire s’est attachée à l’étude des représentations du mariage, principalement dans le genre narratif, donnant lieu à plusieurs recueils collectifs d’une grande richesse. Ainsi, après avoir élaboré un numéro spécial des Dalhousies French Studies, intitulé « Le Mariage sous l’Ancien Régime » (2001), Claire Carlin a réalisé un site réunissant de nombreux traités sur le mariage composés entre le XVIe et le XVIIIe siècle. De leur côté, Richard Crescenzo, Marie Roig-Miranda et Véronique Zaercher ont recueilli deux volumes d’études sur Le Mariage dans l’Europe des XVIe et XVIIe siècles. Réalités et représentations, parus aux Presses Universitaires de Nancy en 2003. Ultérieurement, en prenant appui sur la définition du mariage comme topos littéraire, Françoise Lavocat avec la collaboration de Guiomar Hautcœur a édité et présenté un volume collectif intitulé Le Mariage et la loi dans la fiction narrative avant 1800 (2014).

Dans le sillage de ces importantes publications, et dans une perspective transdisciplinaire, nous nous proposons d’étudier l’incidence, sur la représentation du mariage dans la littérature, des normes morales, sociales et religieuses, mais aussi juridiques et médicales, qui connaissent d’importants changements entre le Moyen Âge et le XVIIIe siècle. On s’intéressera tout particulièrement aux discours tenus sur le mariage à l’intérieur des œuvres. À titre d’exemples, on peut évoquer les règles d’amour du Traité d’André le Chapelain (XIIe siècle), les célèbres « maximes du mariage » de l’École des femmes, ou encore la réflexion de Jean-Jacques Rousseau sur le mariage dans l’Émile et La Nouvelle Héloïse, et plus largement tous les conseils donnés aux jeunes marié.e.s. Il conviendra à propos de ces règles de nous interroger sur la façon dont la littérature reformule les normes extra-littéraires, pour les conforter, les critiquer ou les transgresser, offrant parfois des modèles alternatifs du couple susceptibles à leur tour de transformer le réel.

Quel sort fait précisément la littérature à ces règles régissant l’union et la sexualité, à leur langage, aux sanctions qui sont attachées à leur infraction (adultère, rébellion contre l’époux, viol conjugal, fuite) ? On portera une attention privilégiée aux discours tenus par les femmes – qu’elles soient autrices ou personnages – qui « n’ont pas tort du tout quand elles refusent les règles de vie qui sont introduites au monde, d’autant que ce sont les hommes qui les ont faites sans elles », écrivait encore Montaigne. La littérature est-elle le miroir fidèle d’une réalité vécue par les femmes à l’intérieur du mariage ? Ses représentations inversent-elles au contraire des relations de pouvoir subies dans la réalité ?

Plus généralement, on étudiera les modalités, la valeur et la portée de la critique du mariage à partir de différents contextes discursifs. Cette critique se déploie-t-elle dans le cadre d’un discours religieux, optant pour la précellence de l’amour divin sur l’amour humain ? Ou dans le cadre d’un discours intramondain, dénonçant les souffrances d’un mariage malheureux (comme dans les poésies de la malmariée) ou les chaînes de la conjugalité ? À l’inverse on considérera les textes prenant la défense du mariage, fondés sur une louange des femmes ou écrits en réaction à une tradition misogame. La comparaison des points de vue masculin et féminin pourrait offrir des pistes de compréhension des discours normatifs sur le rôle traditionnellement dévolu à la femme et à l’homme dans le mariage.

Les communications pourront porter sur tous les genres littéraires y compris les écrits intimes (journaux intimes, mémoires, correspondances) et les ouvrages didactiques.

Les propositions de communication sont à adresser conjointement avant le 31 janvier 2024 à :

Marianne Closson : marianne.closson at wanadoo.fr

Mireille Demaules : mireille.demaules at wanadoo.fr

Cassandre Crespin : cassandre.crespin at gmail.com

Source : Fabula

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Appel à contribution – Pluralizing Hospital Histories. Charity, Resilience, and Transformation in the Longue Durée

St. Katharinenspitalstiftung – Am Brückenfuß 1-3
Ratisbonne, Allemagne (93059)

The conference asks about socio-economic and cultural conditions for the resilience or vulnerability of historical hospital institutions. Through the discussion of concrete case studies, the conference aims to stimulate crossdisciplinary reflections on historical lines of development and ruptures in the genesis, practice, and reception of pre-modern hospitals. The selection of papers aims to be as broad and open as possible, both epochally and spatially. A special temporal focus will be laid on the dynamics of the European / Mediterranean Late Middle Ages with their specific framework conditions for the emergence of hospices and hospitals, some of which persist to the present day.    

Specifically, the conference will focus on long-lived welfare institutions in urban contexts. Can resilience strategies be derived from the source material? Which symbols, patterns of representation, and framings are taken up, and do (administrative) practices of inclusion and exclusion come into play? Which narratives are inscribed in pre-modern hospitals with regard to an idealization, normalization, systematization, and standardization of extra-familially organized care tasks? To what extent did these welfare institutions stabilize value systems of communities?    

Of course, prosocial collaboration and « care work » can be seen as evolutionary constants of the human condition per se. In this light, the comparative view of the Spitaltagung 2024 is aimed at practices of care in the longue durée that can be grasped from historical sources. The conference inquires into those marked as « poor, » « sick, » or otherwise worthy of support in the hegemonic value system of the respective pre-modern social structure under consideration. In all cases, the organizers understand hospitals as historical actors with immanent agency.     

The case studies presented at the conference will examine historical welfare institutions in a variety of forms: xenodochia, hospital brotherhoods, hospital and nursing orders, hospitals, but also bimaristan, dar alshifa or darüşşifa – for example in the form of a charitable hospital foundation or a waqf – or similar institutions.      

The Hospital Conference 2024 addresses international scholars and early career researchers with research interests in the history of hospitals, welfare and health care.  We encourage papers from diverse disciplines (including, for example: history, cultural studies, art history, religious studies, Islamic studies, Jewish studies, Byzantine studies, archaeology, linguistics, philosophy).  

The conference will take place on October 7-9, 2024, on the grounds of the St. Katharinenspitalstiftung in Regensburg, which will celebrate the 800th anniversary of its existence in 2026. An adequate budget for travel reimbursement is available.    

A timely publication of the proceedings within the framework of the « Studien zur Geschichte des Spital-, Wohlfahrts- und Gesundheitswesens » (Verlag Friedrich Pustet) is planned. The editors welcome contributions in German, English, French and Italian.  

Submission guidelines

Application deadline: January 31, 2024 as one PDF to spitalarchiv@spital.de   

Application documents: Title, paper proposal (max. 1,000 words) and academic short CV

Organisation and contact

Archiv der St. Katharinenspitalstiftung | kathrin.pindl@ur.de  

Lehrstuhl für Mittelalterliche Geschichte, Universität Regensburg | jenny.oesterle@ur.de

Academic Advisory Board

  • Dr. Artur Dirmeier AOR, Spitalarchivar emeritus
  • Prof. Dr. Daniel Drascek, Lehrstuhl für Vergleichende Kulturwissenschaft, Universität Regensburg
  • Prof. Dr. Ferdinand Kramer, Lehrstuhl für Bayerische Geschichte und Vergleichende Landesgeschichte mit besonderer Berücksichtigung der Neuzeit, LMU München
  • Prof. Dr. Bernhard Löffler, Lehrstuhl für Bayerische Landesgeschichte, Universität Regensburg
  • Prof. Dr. Jörg Oberste, Professur für Mittelalter und Historische Hilfswissenschaften, Universität Regensburg
  • Prof. Dr. Jenny Rahel Oesterle-El Nabbout, Lehrstuhl für Mittelalterliche Geschichte, Universität Regensburg
  • Prof. Dr. Harriet Rudolph, Lehrstuhl für Neuere Geschichte (Frühe Neuzeit), Universität Regensburg
  • Prof. Dr. Alois Schmid, Professor für Bayerische Geschichte und vergleichende Landesgeschichte mit besonderer Berücksichtigung des Mittelalters i. R., LMU München
  • Prof. Dr. Mark Spoerer, Lehrstuhl für Wirtschafts- und Sozialgeschichte, Universität Regensburg
  • Prof. Dr. Michael Stolberg, Lehrstuhl für Geschichte der Medizin, Universität Würzburg
  • Prof. Dr. Klaus Unterburger, Lehrstuhl für Kirchengeschichte des Mittelalters und der Neuzeit, LMU München
  • Prof. Dr. Dieter Weiß, Lehrstuhl für Bayerische Geschichte und vergleichende Landesgeschichte mit besonderer Berücksichtigung des Mittelalters, LMU München
  • Prof. Dr. Joachim Wild, Direktor des Bayerischen Hauptstaatsarchivs München i. R., Honorarprofessor für Bayerische Landesgeschichte, LMU München
  • Prof. Dr. Walter Ziegler, Professor i.R. für Bayerische Geschichte,  LMU München

Source : Calenda

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Appel à contribution – Samouraïs et chevaliers à l’écrit et l’écran, cultures des mondes médiévaux et de la première modernité : regards croisés sur les enjeux historiques, mythologiques et artistiques

Université de Poitiers & Université de Paris Sorbonne-Nouvelle Laboratoires de recherche CESCM (UMR 7302) & PRISMES (EA 4398)

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 Ce colloque international propose d’explorer les points de jonction ou passerelles culturelles, les différences et/ou les similitudes essentielles dans le monde oriental et occidental de la période médiévale et de la première modernité tels que représentés dans les productions artistiques, littéraires, picturales et cinématographiques. Si les aires d’exploration sont larges, une place prépondérante est accordée au Japon pour l’Orient, sans pour autant exclure la Perse ou l’Asie (Inde et Chine), ainsi qu’à l’Europe anglaise, septentrionale et méditerranéenne pour l’Ouest.

Le premier volet, consacré aux définitions et aux repérages chronologiques, s’attachera à cerner l’étude des grandes valeurs sociales, politiques et culturelles prévalant à ces périodes. Si les termes « médiéval » et « de la première modernité » s’appliquent tout autant au monde oriental qu’à l’occident, ils peuvent néanmoins être à géométrie variable selon les approches adoptées par les historiens et les pays ou les parties du monde concernées.

Comment définir le « Japon médiéval » ? On peut parler d’une période globalement inscrite entre l’ère Heian ou ère impériale (710-1185) et celle de l’unification du Japon opérée par la dynastie des Tokugawa à l’ère Edo (1603-1868), du Japon des samouraïs (1336-1573) ou encore de Japon féodal, et envisager l’organisation sociale hiérarchisée selon laquelle les chefs de clan, les daimyos et leurs guerriers samouraï imposent leur loi sur le territoire avant celle imposée par les shoguns.

On pourra donc s’interroger sur la notion même de « médiéval » (ou de « médiévalité »), se demander comment elle est liée à une série d’événements historiques et culturels marquant les grandes étapes de l’évolution humaine des collectivités concernées. Il s’agira de voir comment cette notion peut s’envisager comme une question d’état d’esprit, de valeurs ou d’éthique(s) plus que de simple chronologie. Si les samouraïs sont de grands guerriers, ils représentent également l’élite sociale, prônent des valeurs élevées (honneur, bravoure, loyauté, sens du sacrifice de soi) et sont adeptes d’arts dramatiques nobles (le théâtre Nô). La période plus largement qualifiée de période de la première modernité (1600-1800), puis le bakufu (fin de la période Edo, à la limite extrême de notre période d’analyse) voit le déclin progressif de la caste jusqu’à sa disparition à l’ère Meiji également marquée par l’émergence de nouvelles organisations sociales et culturelles.

Les productions artistiques locales, écrits, peintures ou films (films historiques, films de chambara, de samouraï ou jidaigeki), offrent de très nombreux échos de ces périodes, notamment le sengoku jidai ou Âge du pays en guerre (1467-1573) et la période pré-Edo (1573-1600), ainsi au cinéma les chefs d’œuvre d’Akira Kurosawa (Les Sept Samouraïs, Kumonosu jo / Le Château de l’Araignée, La Forteresse cachée, Kagemusha, Ran) ou de Kenji Mizoguchi (Les Amants crucifiés, Ugetsu / Contes de la lune vague après la pluie), ou encore son Chûshingura / Les Quarante-sept ronins pour la période Edo plus tardive, également souvent représentée dans les estampes du 18e siècle.

On pourra également s’intéresser à l’occident médiéval et de la première modernité selon une perspective historique, à aborder les questions relatives à la chevalerie, ce que l’on en connaît, les mythes et les légendes qui lui sont attachées, leurs représentations dans les textes, peintures ou films (Excalibur,

John Boorman), ou les valeurs éthiques qu’elle glorifie et qui définissent l’esprit de la chevalerie, en fait proche de l’esprit samouraï malgré les différences immédiates.

Le deuxième volet sera consacré à l’artiste et à son sens de l’histoire via une approche biographique et esthétique. Il s’agira de voir comment l’artiste-auteur d’hier et d’aujourd’hui — qu’il soit poète (haiku), romancier ou conteur de légendes, homme de théâtre, peintre, graveur d’estampes ou cinéaste — rend manifeste sa propre conscience de l’histoire, ce qu’il sait ou pressent de son époque ou du passé historique et légendaire, et comment il parvient à représenter son expérience et sa vision du monde par le biais d’un mode de représentation artistique propre. La représentation artistique permet également toutes variantes éthiques. On distinguera les perspectives résolument topiques et locales (Seppuku / Harakiri, Masaki Kobayashi) de celles qui se veulent plus générales et « universalisantes » (Kurosawa, Shakespeare et les adaptations occidentales).

Le troisième volet portera sur le rôle des mythologies en tant que marqueurs culturels fort(s des deux mondes, marqueurs locaux, ou plus larges, tendant vers l’universel : les bestiaires et les grandes figures mythologiques transversales (araignée, renard, loup), les sorciers et les sorcières, les grandes notions spirituelles,comme le bouddhisme et le sens de l’éphémère ou de la transcendance pour l’humain et la nature (mujô), ou les approches artistiques variées liées à la représentation de la nature. On pourra envisager ce qui pourrait relier les grands mythes humains, le Fatum grec, l’animisme shinto et le transcendantalisme occidental, la Roue de la Fortune de la Renaissance et la Roue de la Vie ou Roue de l’Être bouddhiste. Peut-on dès lors parler de choc des cultures ? Au-delà des différences immédiates, peut- on tisser la trame de schémas éthiques et philosophiques communs, d’une « trans-éthique », et de formes d’humanisme universelles ?

On pourra donc s’interroger sur :

–   Les aspects matériels des cultures médiévale et de la première modernité, est et ouest : artefacts, armes et armures, objets de culte réels et/ou représentés.

–    Les rites et pratiques quotidiennes, religieuses et culturelles des classes sociales et groupes concernés.

–  Les valeurs spirituelles ou ambiguïtés éthiques, notamment concernant le samouraï ou le ronin, le samouraï sans maître ; les différences et les équivalences avec les croyances et les valeurs des chevaliers.

–   Le film historique et légendaire dans les contextes médiévaux et post-médiévaux asiatiques (Inde et Chine).

–   Les apports esthétiques et éthiques spécifiques à la représentation picturale et cinématographique pour la construction du légendaire ou la reconstitution réaliste, ou les deux simultanément.

Les communications de vingt-cinq minutes maximum, en anglais ou en français, seront suivies d’une discussion d’une dizaine de minutes avec le public.

Une sélection de ces communications pourra donner lieu à une publication.

Une présentation bio-bibliographique (250 mots maximum) et un abstract (de 500 mots maximum), en anglais et en français, sont à envoyer avant fin mars 2024 à :

Anne-Marie Costantini-Cornède : amccde@gmail.com

& Pascale Drouet : pascale.drouet@univ-poitiers.fr

Samurai and Knights, Medieval and Early Modern Worlds East and West in Texts and Films:

Inter-Cultural Echoes and Historical, Mythological and Aesthetic Perspectives
 

This international conference explores the cultural differences, similarities and potential bridges between the eastern and western worlds as envisaged during the medieval and early modern periods, including their represention in art, texts and legends, poetry, and pictorial and cinematographic productions. Since the areas of investigation are expansive, Japan is granted a primary place as the pivotal

axis for the eastern world. This does exclude Persia, India or China. The northern, English and Mediterranean European areas will primarily represent the occidental world.

The conference’s first section will examine time periods and the main chronological landmarks. It will focus on the major cultural, social, political and ethical values prevailing at the times. Though the expressions “medieval” and “early modern” are used for both the east and west, they bear different meanings according to the specific approaches adopted by historians or the various countries or parts of the world concerned. What does the expression “Medieval Japan” actually mean then?

By and large, the period concerned may be included between the Imperial or Heian era (710-1185) and the Edo era, when the Tokugawa dynasty (1603-1868) unified Japan after a long period of clannish wars. One may also speak of “samurai Japan” (1336-1573) or feudal Japan as social issues may be raised as well, and the expressions related to specific political and socio-cultural organisations, namely how the daimyos or warlords and their samurai-warriors imposed their law before the shoguns could impose their own, new order.

 Addressing these questions thus implies investigating the shades of meaning conveyed by the very term “medieval” (and, one could also say at times, ‘medievalism’), as a concept connected to the historical and cultural events that represent the major landmarks of great social and human evolutions. The matter should thus be tackled in terms of cultural attitudes, a sum of values and ethics, rather than merely a matter of chronology. If the samurai were indeed seen as instrumental in war and as a caste of glorious warriors grounding their feats on basic virtues and values (honour, bravery, loyalty, and the sense of self-sacrifice), they also represented a social elite perfectly learned in high – brow cultural arts like the Noh drama. Their power gradually declined during the early modern period, notably the bakufu (at the very end of the Edo era, the limit of our area of investigation) until they finally disappeared as a caste in the Meiji or “Enlightenment” era, itself featured by the emergence of new social and cultural organisations.

Local artistic productions, texts, paintings or (historical, samurai or jidaigeki) films, give us echoes and provide us with many viewpoints on such periods, namely the sengoku jidai or the Warring States period (1467-1573) and the pre-Edo one (1573-1600) in jidaigeki masterpieces like Akira Kurosawa’s Seven Samurai, Throne of Blood / Castle of the Spider’s Web, The Hidden Fortress, Kagemusha, Ran, or Kenji Mizoguchi’s Crucified Lovers, Ugetsu. The Edo, later period is also often represented in films (Mizoguchi’s famous Chûshingura / The Forty-Seven Ronin) as well as eighteenth-century prints.

This section will also address the medieval and early modern western worlds, the question of knights and knighthood and their related history, myths and legends, their representations in paintings, engravings or films (Excalibur, John Boorman), as well as the main spiritual and ethical values, which defined the spirit of knighthood and which perhaps were not entirely dissimilar to the samurai spirit beyond the most obvious material differences.

The second part will address the artist’s sense of history via a biographical and aesthetic approach. It will analyse how the artist of the past or today, the poet (haiku), the novelist or tale-teller, the play- writer, the painter, engraver or printer, and the filmmaker (the screenwriter or the director) is able to impart their own perception of the history of his time or of the past; it will also consider the ways they choose to represent their experience and vision of the world by means of their own artistic language. Various modes of representations may allow artists to convey subtle ethical variations. Historical perspectives may be differentiated, for instance between those that appear resolutely topical and local (Seppuku, Masaki Kobayashi) and those that convey more general or universal viewpoints (Kurosawa, his Shakespeare & Western adaptations).

The third part concerns the roles played by mythologies as primary cultural landmarks for both the east and west, and whether they may be seen as strictly local or wider and more universal. It addresses bestiaries and the major mythological figures (spiders, wolves, foxes), witches and sorcerers, and major spiritual notions like Buddhism and the sense of the ephemeral and transience regarding human nature (mujô) or the various artistic hues and ways to apprehend landscapes and nature. Great human myths will be considered or how they may be fundamentally differentiated and / or connected: Shinto animism and Western transcendentalism, the Greek Fatum, The Renaissance Wheel of Fortune and the Buddhist Wheel of Life and Wheel of Being…

May one then still speak of cultural gaps or shocks? Beyond immediate differences, could bridges be established? Could common philosophical schemata and ethics (or “trans-ethics”) or universal forms of humanism be delineated?

One may thus consider:

–  Material aspects of the medieval and early modern cultures east and west: the artefacts, weaponry and armours, and cult objects, whether they are real and / or represented.

–   The every-day rites and cultural or religious practices of the social classes or groups concerned.

–     Spiritual values or ethical ambiguities, namely concerning the samurai and the “ronin” (masterless samurai), the differences and/or similarities with the beliefs and values held by medieval knights.

–   The historical and legendary film set in medieval and post-medieval Asian contexts (India and China).

–  The ethical and aesthetic dimensions brought by the pictorial and cinematographic representation, notably how the legendary is construed or constructed and/or realistic reconstitutions, or both simultaneously.

Papers, in French or English, will not exceed twenty-five minutes. Oral presentations will be followed by a ten-minute discussion with the public.

A selection of papers may be published later.

Proposals (500 words maximum) with a short bio-bibliography (250 words maximum) indicating your affiliation and research interests should be sent by late March 2024 to

Anne-Marie Costantini-Cornède : amccde@gmail.com

& Pascale Drouet : pascale.drouet@univ-poitiers.fr

Source : Fabula

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Publication – « Current Trends in the Historiography of Inquisitions. Themes and Comparisons », éd. Irene Bueno, Vincenzo Lavenia, Riccardo Parmeggiani

This volume launches the book series of “Inquire – International Centre for Research on Inquisitions” of the University of Bologna, a research network that engages with the history of religious justice from the 13th to the 20th century. This first publication offers twenty chapters that take stock of the current historiography on medieval and early modern Inquisitions (the Spanish, Portuguese and Roman Inquisitions) and their modern continuations. Through the analysis of specific questions related to religious repression in Europe and the Iberian colonial territories extending from the Middle Ages to today, the contributions here examine the history of the perception of tribunals and the most recent historiographical trends. New research perspectives thus emerge on a subject that continues to intrigue those interested in the practices of justice and censorship, the history of religious dissent and the genesis of intolerance in the Western world and beyond.

Table des matières :

  • Introduction
  • I. Inquisitions in the Medieval West
    • Thomas Scharff, The Beginnings and Early Stages of the Medieval Inquisition: Traditional Interpretations and New Approaches
    • Irene Bueno, Papacy, Censorship and Government Through Investigation: The 14th Century
    • Jessalynn Bird, Inquisitions in France and the Crown of Aragon
    • Riccardo Parmeggiani, The Medieval Inquisition in the Italian Peninsula: A Historiographical Approach
    • Fiona Somerset, The Historiography of Anti-Heresy Repression in England
    • Thomas A. Fudge, Inquisitorial Culture in Medieval Central Europe
    • Kirsi Salonen, The Apostolic Penitentiary and Inquisition
    • Matteo Duni, Magic and the Witch-Hunt
  • II. The Iberian Inquisitions, Europe and the World
    • Kimberly Lynn, The Spanish Inquisition: Power, Minorities and Dissent
    • Claudia Geremia, Magical Objects and Inquisition in the Canary Islands (16th-18th Centuries)
    • Gabriel Torres Puga, Carlos Mejía Chavez, The Historiography of the Mexican Inquisition: Professionalisation and the Use of the Archive
    • M. Macarena Cordero Fernández, The District Court of the Lima Inquisition: A Historiographical Approach
    • José Pedro Paiva, Current Trends Regarding the History of the Portuguese Inquisition: What Has Been Done and What Remains
    • Bruno Feitler, Twenty Years of Historiography on the Portuguese Inquisition in Asia and in the Atlantic: Towards an Equilibrium?
  • III. Rome and the Congregations of the Curia
    • Vincenzo Lavenia, The Roman Inquisition: The Centre, the Peripheries and the Papacy
    • Giorgio Caravale, Censorship: Rome and the Others
    • Andreea Badea, Roman Censorship and the Shaping of a Catholic Thought Collective
    • Agnès Desmazières, The Inquisition After the Inquisition: Permanence and the Reshaping of Inquisitorial Practices in the Modern Holy Office
  • Index of Names
  • Index of Places

Informations pratiques :

Current Trends in the Historiography of Inquisitions. Themes and Comparisons, éd. Irene Bueno, Vincenzo Lavenia, Riccardo Parmeggiani, Rome, Viella, 2023 ; 1 vol., 412 p. (I libri di Viella, 463). ISBN : 979-1-25469-487-9. Prix : € 42,00.

Source : Viella

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Publication – « Fortunes, richesse, pouvoir » (Médiévales, 83, 2023)

À l’heure où les « super-profits » font l’objet de vives controverses, ce numéro de Médiévales se propose d’interroger les modalités par lesquelles richesse et fortune se sont établies, consolidées et parfois détruites au Moyen Âge en les liant aux questions du pouvoir et de la domination sociale. Si l’attention des historiens s’est principalement portée sur les pauvres et la pauvreté, elle a souvent négligé ses antonymes, les riches et la richesse. Pourtant l’étude de la fortune, de son acquisition, de sa composition et de sa transmission permet tout autant, sinon davantage, de comprendre les dynamiques sociales et économiques du Moyen Âge. Alors qu’est-ce qu’être riche entre les VIe et XVIe siècles ? Comment le devient-on et quand on l’est comment le demeure-t-on ? C’est ce que les articles ici rassemblés se proposent d’esquisser.

Table des matières :

Informations pratiques :

Fortunes, richesse, pouvoir, Médiévales, t. 83, 2023 ; 1 vol., en ligne. ISSN : 1777-5892.

Source : Médiévales

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Publication – Maria Szuppe, « Tamerlan et les Timourides. Asie centrale et Iran (mi-XIVe-début XVIe s.) »

Féroce conquérant, à l’instar de Gengis Khan, provenant des confins de l’Asie centrale et de la mythique Samarcande, Amir Timour ou Tamerlan est le fondateur éponyme d’une dynastie majeure : les Timourides (1370-1507). Après sa mort, cette dynastie a dominé l’Est du monde iranien et turco-iranien, et produit l’une des plus brillantes cultures du monde islamique : le fameux « quinzième siècle timouride », combinaison politico-culturelle unique de la tradition turco-mongole et de la tradition iranomusulmane.

Dans cette synthèse de référence, Maria Szuppe éclaire l’originalité de la civilisation timouride : structure de l’État, organisation du pouvoir et de la société, vie économique, religieuse, littéraire et artistique, mais aussi vie quotidienne sont ici racontées au moyen des sources originales, principalement en langue persane, et des recherches les plus récentes dans les domaines historiques, littéraires et archéologiques. Chronologies, cartes et illustrations viennent les compléter.

Informations pratiques :

Maria Szuppe, Tamerlan et les Timourides. Asie centrale et Iran (mi-XIVe-début XVIe s.), Paris, Les Belles Lettres, 2023 ; 1 vol., 358 p. ISBN : 978-2-25145-472-6. Prix : € 29,50.

Source : Les Belles Lettres

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Publication – « Die jüdischen Mitarbeiter und Mitarbeiterinnen der Monumenta Germaniae Historica », dir. Martina Hartmann, Annette Marquard-Mois, Maximilian Becker

Vorliegender Band mit 28 Portraits wissenschaftlicher Mitarbeiter der MGH jüdischer Herkunft, verfasst von Mediävistinnen und Mediävisten, die teilweise selbst die Forschungsarbeit der Portraitierten im 21. Jahrhundert fortführen, zeigt eindrücklich, mit welchen Schwierigkeiten jüdische Wissenschaftler und Wissenschaftlerinnen konfrontiert waren – bis hin zur Ermordung im NS-Regime. Die portraitierten Gelehrten hatten bedeutenden Anteil an den quellenkritischen Editionen der Zeugnisse des deutschen Mittelalters, die die MGH seit 1819 herausgeben. Ihre wissenschaftlichen Leistungen werden in diesem Band unter Beteiligung von 26 Autorinnen und Autoren gewürdigt. Einige Portraitierte sähen sich ungern unter dem Label ‚jüdische Mitarbeiter‘, wie Philipp Jaffé, Ernst Perels oder Richard Salomon. Dennoch waren alle Lebensläufe mehr oder weniger von antisemitischer Diskriminierung, Verfolgung und Emigration beeinflusst. Die historischen Zusammenhänge zur Entwicklung des Antisemitismus im 19. und 20. Jahrhundert, vor allem im akademischen Umfeld, werden in einem einführenden Beitrag dargestellt, der die gesellschaftlichen, politischen und ideologischen Hintergründe beleuchtet. Eine eindrückliche Studie über die jüdischen Mitarbeiter und Mitglieder der Bayerischen Akademie der Wissenschaften in der NS-Zeit bietet zudem Einblicke in eine Institution, die mit den MGH in vielfältigen Verbindungen steht.

Table des matières : ici

Informations pratiques :

Die jüdischen Mitarbeiter und Mitarbeiterinnen der Monumenta Germaniae Historica, dir. Martina Hartmann, Annette Marquard-Mois, Maximilian Becker, Wesbaden, Harrassowitz Verlag, 2023 ; 1 vol., XXVI–560 p. (Studien zur Geschichte der Mittelalterforschung 2). ISBN : 978-3-447-11975-7. prix : € 98,00.

Source : Monumenta Germaniae Historica

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