Le Livre du corps de policie de Christine de Pizan, écrit pour le dauphin Louis de Guyenne en 1406-07, appartient à une longue tradition d’écrits didactiques qui s’étend chrono – logiquement de l’Antiquité jusqu’à l’époque d’Érasme et de Machiavel : les « Miroirs du prince », textes que l’on pourrait qualifier de traités pédagogiques ou de manuels de gouvernement, dans lesquels une succession de moralistes soumet en modèle au futur roi une image du prince parfait. Dans ce traité (le premier à être écrit par une femme-auteur), Christine s’implique directement dans les affaires de son temps, offrant, l’exemple intéressant d’un auteur « engagé » qui met sa voix et son autorité d’écrivain au service de la paix et de la réconciliation. Les réflexions de Christine jettent une lumière importante sur l’emprise que la monarchie héréditaire, seul gage de la stabilité du royaume, a pu exercer sur toute la mentalité de l’époque. L’importance primordiale des « Miroirs du prince » tels que le Livre du corps de policie réside dans le fait qu’ils véhiculent une « foi monarchique » qui va prévaloir en France jusqu’à la fin de l’Ancien Régime.
Cette nouvelle édition a pour but de mettre à la disposition du nombre toujours croissant de lecteurs qui s’intéressent à Christine de Pizan ou au Moyen Âge tardif une nouvelle transcription (basée sur des manuscrits autographes ou originaux) d’un de ses écrits didactiques les plus importants. L’apparat critique comprend une introduction, une liste des variantes et leçons rejetées, une liste des corrections faites par le copiste, une concordance entre l’édition Constant de Valère- Maxime et le manuscrit B. N. f. fr. 282 (la traduction glosée de Hesdin et Gonesse), une bibliographie, une table des noms propres, un glossaire et une table des rubriques.
Christine de Pizan, Le Livre du corps de policie, éd. Angus J. Kennedy, 2e éd., Paris, Honoré Champion, 2023 ; 1 vol., 274 p. (Études christiennes, 1). ISBN : 978-2-74536-152-3. Prix : € 48,00.
This book is a new cultural and intellectual history of the natural world in the early medieval Latin West. It examines the complex relationships between language, texts, and the physical world they describe, focusing on the manuscripts of the Physiologus—the foundation of the medieval bestiary. The Physiologus helped to shape the post-Roman worldview about the role and place of human beings in Creation. This process drew on classical ideas, but in its emphasis on allegory, etymology, and a plurality of readings, it was original and distinctive. This study demonstrates precisely how the early medieval re-contextualization of existing knowledge, together with a substantial amount of new writing, set the course of ideas about faith and nature for centuries to come. In doing so, it establishes the importance of multi-text miscellanies for early medieval written culture.
Anna Dorofeeva is Lecturer in Digital Palaeography at the University of Göttingen and was the recipient of the 2021 ANZAMEMS-Arc Humanities Award for Original Research
Table des matières :
List of Abbreviations
Preface
Introduction: The Physiologus Between East and West
Chapter 1: The Natural World in the Early Middle Ages
Chapter 2: The Early Latin Physiologus
Chapter 3: Miscellanies and Communities
Chapter 4: Nature and Salvation
Chapter 5: Nature and Learning in the Tenth Century
Conclusion
Appendix I. Descriptive Catalogue of Manuscripts
Appendix II. Physiologus Families and Physiologus Chapters by Family and Manuscript
Bibliography
Index
Informations pratiques :
Anna Dorofeeva, Reading Nature in the Early Middle Ages. Writing, Language, and Creation in the Latin Physiologus, ca. 700–1000, Leeds, ARC Humanities Press, 2023 ; 1 vol., 266 p. (Premodern Ecosystems-Climate, Environment, People). ISBN : 978-1-80270-002-2. Prix : GBP 107,00.
7èmes rencontres doctorales de l’Association des Doctorants du Centre d’Études Supérieures de la Renaissance (ADCESR) 29 mai 2024, CESR, Tours
L’Association des Doctorants du Centre d’Études Supérieures de la Renaissance organise à Tours, pour la septième fois, ses rencontres doctorales, le 29 mai 2024, sur le thème « Théorie(s) et pratique(s) ».
L’époque de la première modernité en Europe voit foisonner, dans toutes les disciplines, les écrits théoriques, à travers traités, préfaces, methodi, institutiones, et autres commentarii. Loin de s’opposer, la théorie et la pratique se nourrissent mutuellement. En effet, des De duplici copia verborum ac rerum commentarii duo d’Érasme à l’Idée de l’Histoire accomplie de La Popelinière en passant par la véritable « somme » d’architecture de Sebastiano Serlio, ou encore les Dialogi et Discorsi du musicien Vincenzo Galilei, les théoriciens sont à cette période presque toujours des praticiens, et réciproquement. Mais quelle fidélité entre ces discours et leur mise en œuvre ? La pratique légitime- t-elle les écrits ou au contraire leurs principes sont-ils la forme idéalisée d’un aboutissement de pratiques antérieures ? Peut-on dire qu’à la Renaissance, plus peut-être qu’à toute autre époque, pour reprendre l’expression de Patrick Boucheron, « la pratique n’est pas le brouillon de la théorie mais au contraire sa valeur et sa sève » ? Il s’agira donc de considérer non pas les écrits théoriques en eux-mêmes, mais à la fois les traces qu’ils laissent dans les œuvres et les pratiques concrètes, et les façons dont la théorie s’approprie ces pratiques.
S’inscrivant dans l’axe de recherche « Faire et Savoir-faire » du Centre d’Études Supérieures de la Renaissance, le colloque se veut résolument interdisciplinaire. Les communications concernant la littérature sous toutes ses formes, incluant la traduction, le commentaire ou l’histoire, ce dans toutes les langues européennes (y compris le néo-latin), les arts (peinture, sculpture, musique et architecture, mais aussi pourquoi pas les arts de la ponctuation, de la pédagogie, de la médecine ou de la politique), ou encore l’histoire des sciences et des techniques, seront examinées par le comité, sous réserve qu’elles concernent un domaine discuté et pratiqué à la Renaissance, sur une période allant de Pétrarque à Descartes.
Nous proposons les axes de réflexion suivants :
I- La théorie en pratique et la pratique en théorie
Quel écart existe entre ce qui est proclamé, voire défendu dans des contextes parfois polémiques, et les pratiques effectives ?
Comment s’effectue, dans tous les domaines, le processus de réduction en art qui vise à rassembler, à mettre en ordre, à actualiser et à diffuser par l’écrit un ensemble de savoirs hérités des Anciens et des connaissances des praticiens ?
II- Quand les œuvres interrogent la théorie
Quels liens s’établissent entre théorie et pratique dans les passages méta-artistiques des œuvres, ou, s’agissant d’autres disciplines, les passages où la théorie se questionne sur elle-même ?
III- Influence sur les pratiques de théories extérieures à la discipline
Quels transferts peut-on mesurer sur les pratiques depuis les théories extérieures à l’art (anatomie, physiognomonie), ou depuis les théories d’autres disciplines que celle pratiquée (influence de la rhétorique sur l’architecture, de la théorie de la peinture sur la poésie, de la pensée médicale sur la philosophie politique, par exemple) ?
Modalités de soumission des propositions de communication
– Nous invitons les jeunes chercheurs et chercheuses (en cours de master ou de doctorat, ou deux ans après la soutenance de doctorat au plus tard) à communiquer sur une durée de vingt minutes qui seront suivies d’un temps de questions. Les propositions de communications (300 mots) devront être envoyées accompagnées d’un court CV à cynthia.rodrigues@univ-tours.fr avant le 31 janvier 2024. La réponse sera transmise le 23 février au plus tard.
– Ces rencontres donneront lieu à une publication dans la collection « Travaux du Centre d’Études Supérieures de la Renaissance » chez Classiques Garnier (sous réserve).
– Les frais de déplacement et d’hébergement sont à la charge des intervenants ou de leur laboratoire de rattachement. Le déjeuner de la journée sera offert par le CESR.
– Pour les questions d’accessibilité PMR/PSH, n’hésitez pas à nous écrire.
Comité scientifique
Marie-Élisabeth Boutroue (Chargée de recherche CNRS, CESR) Colin Debuiche (Maître de conférences en histoire de l’art moderne, CESR) Philippe Canguilhem (Professeur de musicologie, Université de Tours, CESR)
Comité d’organisation
Marie Damond (doctorante en littérature française) Ugo Robert (doctorant en musicologie) Cynthia Rodrigues (doctorante en histoire de l’art)
Quels effets la musique produisait-elle au Moyen Âge ? Comment parlait-on de ces émotions et comment les représentait-on ? La vitalité du champ de l’histoire des émotions invite à s’intéresser aux différents affects produits par la musique et aux discours élaborés à leurs sujets : ce colloque propose d’examiner les théories, les représentations et les usages des émotions musicales à l’époque médiévale. Interdisciplinaire, l’événement propose de faire dialoguer spécialistes de littérature, d’histoire, de musique, d’images et de philosophie.
Informations pratiques :
Les journées du 14 et du 16 décembre se dérouleront à l’Université Paris Cité, bâtiment des Grands Moulins, aile C, 6e étage, salle Pierre Albouy, 5 rue Thomas Mann 75013 Paris (Métro : Bibliothèque François Mitterrand, ligne 14).
La journée du 15 décembre se déroulera à l’Institut d’Études Avancées de Paris, Hôtel de Lauzun, 17 quai d’Anjou, 75004 Paris (Métro : Sully-Morland ou Pont-Marie, ligne 7; Saint-Paul, ligne 1)
Inscriptions :
Pour assister aux communications du 15 décembre et/ou au concert donné par l’ensemble Alla Francesca (15 décembre à 18h), il est obligatoire de s’inscrire avant le 13 décembre auprès de colloque.emotions.musicales@gmail.com
Programme :
Jeudi 14 décembre (Université Paris Cité, Salle Pierre Albouy)
14h : Accueil des participants
14h30 : Introduction (Claire Donnat-Aracil et Amandine Mussou)
15h : Violaine Anger (Université d’Évry Val d’Essonne-École Polytechnique), « Les effets de la musique selon la légende d’Orphée rapportée par la Musica enchiriadis »
15h30 : Jean-Marie Fritz (Université de Bourgogne), « Le facteur instrumental : vents, cordes, percussions, à chaque instrument son effet ? »
16h : Discussion
16h30 : Pause
17h : Florence Mouchet (Université Toulouse-Jean Jaurès), « Ethos modal et émotion musicale dans la littérature théorique du Moyen Âge : réalité et chimère »
17h30 : Brenno Boccadoro (Université de Genève), « Aristote et la musique déviante (parekbasis). Lectures scolastiques »
18h : Discussion
Vendredi 15 décembre (Institut d’Études Avancées de Paris, Hôtel de Lauzun)
Session 2 : Effets du chant, effets des images – Présidence : Jean-François Cottier
10h : Christopher Lucken (Université Paris 8), « Du cor de Roland à la mort de Taillefer. À quoi nous entraîne le chant épique ? »
10h30 : Martine Clouzot (Université de Bourgogne), « Au risque des émotions : les effets des images de la musique sur les corps et les âmes autour de 1300 »
11h : Discussion et pause
11h30 : Hélène Dérieux (Université Paris Sorbonne), « Iconographie des mouvements de l’âme sous l’effet du chant liturgique »
12h : Dominique Demartini (Université Sorbonne Nouvelle), « Faut-il croire au chant du cygne ? Le lai mortel, du Tristan en prose à Christine de Pizan »
14h30 : Guillaume Oriol (Université Bordeaux Montaigne), « La musicalité du vers et l’expression des émotions. Les règles de composition poétique dans un corpus de troubadours et de trouvères »
15h : Emmanuelle Dantan (Université de Strasbourg), « Effets du chant féminin dans les pièces lyriques d’oïl des XIIe et XIIIe siècles »
15h30 : Discussion et pause
16h : Mathias Sieffert (Université Paul Valéry-Montpellier 3), « Guillaume de Machaut et la consolation musicale »
16h30 : Agathe Sultan (Université de Lausanne), « La sourde image. Pierres, ivoires et statues »
17h : Discussion
18h : Concert de l’ensemble Alla Francesca
Samedi 16 décembre (Université Paris Cité, Salle Pierre Albouy)
Next review date: Monday, Jan 15, 2024 at 11:59pm (Pacific Time) Apply by this date to ensure full consideration by the committee.
Final date: Thursday, Feb 1, 2024 at 11:59pm (Pacific Time) Applications will continue to be accepted until this date, but those received after the review date will only be considered if the position has not yet been filled.
Position description
The UCLA CMRS Center for Early Global Studies is pleased to announce a John W. Baldwin Post-Doctoral Fellowship for a recent Ph.D. whose work focuses on European medieval studies within the global comparative context. The position is for a maximum of 2 years, beginning July 1, 2024. To be eligible for consideration, applicants must have received their Ph.D. between September 1, 2018, and June 30, 2024.
The Post-Doctoral Fellow will be a scholar whose research aligns with the goals of the study of “Europe in the world” and who has demonstrated evidence of innovative methodologies. A successful applicant may be working in a discipline or between disciplines in the European Middle Ages, but should engage Europe in the world at micro and macro levels. We understand the European Middle Ages to include the period from the 3rd to the start of the 17th century, and where the 16th century is studied in continuity with the late medieval period. Mirroring the work of John W. Baldwin, for whom the postdoctoral fellowship is named, a successful applicant will conceive of Europe within a broader global context and be conversant across disciplines.
The Fellow will join the vibrant research and academic communities within the CMRS Center for Early Global Studies, with scholars working on all facets of early Global studies. He/she/they will have the following responsibilities and opportunities: develop their research agenda while participating regularly in CMRS-CEGS academic events; work collaboratively with a diverse group of scholars, graduate students, and other postdoctoral fellows; help to conceive Center’s programming (including public-facing programming). He/she/they will have the opportunity to prepare one scholarly event (workshop or small symposium) hosted by CMRS-CEGS in the second year.
Named to honor the legacy of the esteemed historian JOHN W. BALDWIN, this postdoctoral fellowship is made possible by a gift from Arcadia, a charitable fund that works to protect nature, preserve cultural heritage and promote open access to knowledge.
We are seeking to interview candidates with a demonstrable commitment to underrepresented and underserved populations and epistemologies, and with an enthusiasm for building ties across fields within the university. The appointment (which includes benefits) will be for a 24-month period. Salary will follow university standards for post-doctoral scholars and will reflect the applicant’s experience. Fellows are expected to be in residence for the duration of the fellowship period, and to maintain active research and publication programs.
Basic qualifications(required at time of application)
• Ph.D.; must have been awarded doctoral degree between September 1, 2018, and June 30, 2024. • Research specialization in relevant field • Commitment to cross-disciplinary and collaborative research • Proven track record in designing and completing research assignments • Ability to translate research findings into publishable research and public-facing formats
Application Requirements
Document requirements
Curriculum Vitae – Updated CV detailing both academic and professional achievements, including doctoral degree completion and any prior postdoctoral experience.
Cover Letter
Research Statement – Briefly describe research and training objectives for proposed Postdoctoral Scholar appointment, including an outline of how this research connects to the cross-disciplinary aims of the Baldwin fellowship.
Statement of Teaching (Optional)
Statement on Contributions to Equity, Diversity, and Inclusion – An EDI Statement describes a faculty candidate’s past, present, and future (planned) contributions to equity, diversity, and inclusion. To learn more about how UCLA thinks about contributions to equity, diversity, and inclusion, please review our EDI Statement FAQ document.
Evidence of Completion of Doctoral Degree – Copy of diploma, official transcript, or official statement from the awarding institution Registrar’s or equivalent student records office. Document must certify completion of all doctoral degree requirements.
Dissertation Thesis Abstract
Writing Sample – Sample publication or unpublished paper. Please limit to 35 pages, not including references and citations. (Optional)
Reference requirements
3-5 required (contact information only)
Applicants are asked to provide contact information, including email address, for 3 to 5 references.
As a University employee, you will be required to comply with all applicable University policies and/or collective bargaining agreements, as may be amended from time to time. Federal, state, or local government directives may impose additional requirements.
The University of California is an Equal Opportunity/Affirmative Action Employer. All qualified applicants will receive consideration for employment without regard to race, color, religion, sex, sexual orientation, gender identity, national origin, disability, age or protected veteran status. For the complete University of California nondiscrimination and affirmative action policy, see: UC Nondiscrimination & Affirmative Action Policy.
Mercredi 26 juin 2024 Maison des Sciences de l’Homme de Clermont-Ferrand Centre d’Histoire « Espaces et Cultures » (CHEC UPR 1001) Université Clermont Auvergne
Appel à communications
L’atlas historique régional se caractérise par deux composantes essentielles : d’une part il est un ensemble de données généralement multithématiques présentées sous forme de cartes accompagnées de textes, et parfois de graphiques, d’autre part il s’intéresse à un cadre spatial restreint. Cette dernière dimension suppose, de la part des concepteurs, une réflexion – sans doute inégalement poussée, néanmoins – à propos des limites de l’espace régional à cartographier, les choix n’étant jamais neutres : de nombreux découpages sont toujours possibles et les critères en sont variables.
En l’espèce, l’école allemande a particulièrement joué un rôle moteur, alors qu’elle est surtout connue pour la production d’atlas généraux. En effet, la configuration politique très éclatée des terres de l’aire germanophone a conduit les historiens à s’intéresser très tôt aux représentations cartographiques. Dès les débuts du XXe siècle, toute une série d’atlas historiques régionaux voient peu à peu le jour. Dans le cas français, des velléités apparaissent au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, avec le projet d’un Atlas du Dauphiné proposé par l’archiviste de la Drôme Jacques de Font-Réaulx (1893-1979). Ce coup d’essai est un échec en ce qu’il ne suscite pas un engouement de la communauté universitaire. Une véritable rupture historiographique intervient dans les années 1960. D’une part, en 1964, l’éditeur François Michel, avec l’appui de Robert-Henri Bautier et de François de Dainville, met en chantier un Atlas historique français par « provinces » (34 volumes prévus), « atlas qui ne fût pas seulement celui des divisions politiques et religieuses de notre pays, mais qui refléterait aussi la vie politique, sociale, économique » (J. de Font-Réaulx). Ce projet éditorial global n’a pas été mené à son terme. Toutefois, il a été repris par une structure associative associée à une SARL ad hoc, et plusieurs équipes constituées sont parvenues à publier, avec l’appui d’éditeurs différents, un atlas régional respectant le cahier des charges initial (un volume de cartes, un autre de textes) : sur la Provence (Édouard Baratier dir., 1969), l’Anjou (Robert Favreau dir., 1973), la Savoie (Jean-Yves Mariotte et André Perret dir., 1979), l’Agenais (Jean Burias dir., 1979). Parallèlement, est publié l’Atlas historique et statistique de Normandie, sous l’égide de Pierre Chaunu à partir de 1967. Celui-ci avait fondé l’année précédente à l’université de Caen le Centre de Recherche d’Histoire Quantitative. La réalisation d’enquêtes de grande ampleur permet la constitution de volumineuses bases de données. Ces dernières sont mises à la disposition des artisans des volumes de l’atlas, la première livraison étant consacrée aux cartes des communautés d’habitants. Dans les décennies les plus récentes, d’autres travaux s’inscrivent dans cet héritage, comme l’Atlas historique et statistique de la Savoie au XVIIIe siècle, paru en 2012. D’autres publications font le choix d’une thématique particulière appliquée à un territoire donné, tels que l’Atlas de la vie religieuse en Lorraine à l’époque moderne (2011) ou l’Atlas historique des pratiques religieuses. Le sud-ouest du Québec au XIXe siècle (initié en 1983, paru en 1998).
D’un point de vue technique, la cartographie historique a délaissé la planche à dessin pour l’ordinateur en deux grandes étapes. La première a été franchie dans les années 1980-1990, lorsqu’il a été possible de procéder à la digitalisation des fonds de cartes et de la combiner avec des traitements statistiques et avec la visualisation des données sur ordinateur. Cette activité s’est d’abord développée au sein de grands établissements comme l’EHESS, qui a créé un véritable atelier de « cartographie automatique ». Un des premiers grands projets intégrant ces outils, ici dans le cadre de thématiques traitées à l’échelle nationale, est l’Atlas historique de la Révolution française, paru en 11 tomes entre 1987 et 2000. La seconde étape est évidemment celle des développements géomatiques et numériques que nous connaissons actuellement. À l’ère du GPS, les progrès techniques de la cartographie ont modifié notre compréhension de l’espace. La création et la mise en œuvre d’un système d’information géo-historique nécessitent d’affronter un défi technologique. En l’espèce, une étape importante a été franchie récemment avec l’émergence des atlas historiques régionaux accessibles via internet, dont il convient d’interroger les modalités techniques et scientifiques de la mise en ligne. Celle-ci introduit par exemple un rapport à la diffusion du savoir bien spécifique, notamment concernant l’actualisation des contenus.
La construction et la production d’un atlas historique régional, si elles s’inscrivent dans une tradition savante et académique, dont elles tirent une véritable richesse, ont donc été profondément modifiées. Dans ce contexte, face aux outils développés par la géomatique, l’historien est invité à réviser ses modes de collecte, de documentation, de production, de visualisation et de diffusion des données historiques. Le chercheur ou la chercheuse s’appuient toujours sur les archives et les cartes patrimoniales, mais disposent de nouveaux outils pour les exploiter, les interroger, redessiner des circonscriptions territoriales disparues et matérialiser sur ces fonds des stratégies et des pratiques de maîtrise du territoire, traitant des données diverses ayant trait à l’histoire culturelle, sociale, économique, politique ou religieuse. La construction de bases de données concourant à une représentation dans l’espace, assistée par l’informatique, ne va pas sans interroger l’élaboration de stratégies de recherche. Les historiens doivent tout à la fois veiller à ne pas rompre le fil de la connaissance héritée et accepter une mutation professionnelle profonde, qui les place en situation d’apprentissage méthodologique et technique permanent.
C’est la vocation première de cette journée d’étude que d’établir un état des lieux, notamment à partir d’études de cas et d’ouvrir des perspectives, s’agissant de pratiques associant héritage historiographique et utilisations du numérique.
Les communications s’organiseront autour de plusieurs thèmes de réflexion :
– Une interrogation sur l’évolution de l’approche du concept de province ou de région dans le cadre d’atlas. La façon de considérer un territoire, n’a-t-elle pas été transformée, à la fois par la régionalisation puis par la décentralisation, et par le détachement voire le rejet qui se manifeste parfois vis-à-vis de la légitimité d’un cadre régional comme référence ?
– Une approche des chantiers éditoriaux et de recherche successifs, depuis les premières décennies du siècle dernier jusqu’aux programmes les plus contemporains. On sera particulièrement attentif aux modalités de réalisation de ces atlas, notamment leur dimension collective et les compétences mobilisées afin de caractériser les évolutions des thématiques traitées.
– La prise en compte, dans les atlas régionaux, des échelles nationale et internationale. En effet, ce serait une erreur de considérer l’espace régional pour lui-même, tel un îlot coupé d’un contexte plus global. Considérer les marges et les confins interroge également la notion de continuité spatio-temporelle.
– Les modalités de la publication en ligne des notices historiques et cartographiques. Cela pose la question de la mise à disposition de productions, de nature variée, s’adressant à différents publics, qu’il s’agisse de ressources géo-historiques disponibles au téléchargement, dans une perspective de libre accès, ou de science ouverte ou collaborative.
Nous vous invitons à proposer une présentation de vos travaux en nous envoyant une courte biobibliographie, un titre de communication accompagné d’un résumé d’une dizaine de lignes exposant votre projet, et indiquant le thème dans lequel celui-ci s’inscrit.
Date limite d’envoi des propositions, le 31 mars 2024 à : Stéphane Gomis, professeur d’histoire moderne stephane.gomis@uca.fr Vincent Flauraud, maître de conférences d’histoire contemporaine vincent.flauraud@uca.fr
Loin d’être une nouvelle histoire du livre, cet essai s’intéresse à la matérialité de sa forme moderne pliée, le codex, et à la manière dont elle nous invite à le manipuler. Il porte donc avant tout sur le livre comme un corps physique avec lequel le lecteur est invité à interagir par toute une série de gestes : l’ouvrir et le fermer, le feuilleter, le corner, y placer ses doigts comme marque-page, y laisser des souvenirs et des empreintes, s’y enfermer. L’articulation centrale qu’y est le pli permet de créer du mouvement (livre à système, pop-up, flip book), mais aussi de s’embrasser entre deux pages. Le livre, enfin, peut se faire oiseau. Il n’y a donc là aucune thèse, mais une approche presque phénoménologique du codex.
Le plan suivi mène de l’ouverture du livre vers son centre, de la couverture jusqu’en son coeur, le pli. Au fil des exemples illustrés par l’image et la citation, une libre promenade se déroule dans des livres et des oeuvres de toutes sortes : manuscrits ou imprimés, précieux ou simples, pour adultes comme pour enfants, du Moyen Âge à nos jours, afin de donner à voir et sentir comment le corps même du lecteur se trouve convoqué au dialogue par cet objet à la construction complexe. Objet qui, à force d’être devenu familier, parfois obsolète au profit de versions dématérialisées, a vu sa magie oubliée. Le parcours des textes choisis est éclectique : de Jean Froissart et Christine de Pizan à Charles Nodier et Georges Perec, de Walter Benjamin et Victor Hugo à Lewis Carroll, de Martin Le Franc à Harold Foster, André Franquin ou Thisou Dartois…
Sylvie Lefèvre est spécialiste de littérature française du Moyen Âge. Après avoir enseigné à l’ENS de la rue d’Ulm, à l’Université de Tours, à Columbia University à New York, elle est aujourd’hui professeur à la Sorbonne. Éditrice de textes (le Roman de Renart dans la Pléiade, L’Heptaméron de Marguerite de Navarre chez Champion, les Lettres d’amour du Moyen Âge au Livre de Poche), elle a travaillé entre autres sur Nicole Oresme, Antoine de La Sale, Charles d’Orléans. Correspondante de l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, elle est aussi chercheuse associée de l’Institut de Recherche et d’Histoire des Textes (CNRS).
Table des matières :
En guise d’introduction. Tourner la page
Ouvertures À livre ouvert : premières pages Un geste banal ? Ouvrir et fermer le livre La révolution du livre et de la page La double page : une autre ouverture Jeux de référence : colonne-treille, feuille-folio, page En belle page ? Commencer ou non sur un recto Invention de la page de titre
Seuils Labyrinthes Livres de sable Passages : portes et fenêtres Frontispices Portiques, tables et tableaux
Plans et affichages L’épaisseur du livre L’épaisseur de la page, endroit et envers Livres percés : vrais et faux trous Tendre le texte au lecteur : affichages et échafaudages La troisième dimension dans le livre : le livre animé par son lecteur (I)
Entre les pages Main(s) libre(s) Pulpitum in ecclesia : l’analogium Main, doigt et index Marque-page Souvenirs ou lector in libro Auteurs enterrés dans leur livre Serpentes Feuilles glissées : le cinéma dans le livre (II)
La magie du pli Articulation et frontière Traverser ou tourner la page Flip book et pop-up (III) : mouvement et troisième dimension. . Le pli et la croix Coeur simple, coeur double S’embrasser dans le livre
L’envol. De l’architecture à l’anatomie Verba volant, scripta manent Le livre animé et son corps L’aigle Livres volants
Notes Index des manuscrits ou livres anciens Index des noms et titres Index des sujets Taille des livres pour les légendes des images Crédits
Informations pratiques :
Sylvie Lefèvre, La Magie du codex. Corps, folio, page, pli, coeur, Paris, Les Belles Lettres, 2023 ; 1 vol., 292 p. ISBN : 978-2-25145-368-2. Prix : € 25,90.
Position overview Position title: Post-Doctoral Fellow, Race in the Global Past through Native Lenses Salary range: $64,480 – $77,327 Review timeline: January 15, 2024 until filled
Application Window
Open date: December 1, 2023
Next review date: Monday, Jan 15, 2024 at 11:59pm (Pacific Time) Apply by this date to ensure full consideration by the committee.
Final date: Thursday, Feb 1, 2024 at 11:59pm (Pacific Time) Applications will continue to be accepted until this date, but those received after the review date will only be considered if the position has not yet been filled.
Position description
The UCLA CMRS Center for Early Global Studies and UCLA American Indian Studies Center are pleased to announce a postdoctoral fellow position that is part of the “Race in the Global Past through Native Lenses” project funded by a grant from the Andrew W. Mellon Foundation. The project will initiate a substantive collaboration between UCLA and California Native and Indigenous communities, with the goal of creating disciplinary pathways and improving institutional climate to counter the lack of Native epistemes in academic disciplines and improve conditions for recruitment and retention of Indigenous faculty in the university.
One essential component of the project goals for institutional change is the epistemic and disciplinary rearticulation of museum and curatorial approaches and practice, including comparative historical-legal research on the processes and effects of racialization through collecting. Accordingly, one postdoctoral fellow will be housed within the UCLA Fowler Museum. The Fellow’s activities will concern the broader epistemic work of the grant, through interdisciplinary and comparative research focusing on the interaction of long histories and new theorizations with institutional practices, with the focus on the Native and Indigenous communities in the Pacific Rim. The Fellow will have access to the museum’s extensive collection, among whose many strengths are arts of the Northwest Coast and Oceania. Utilizing in-house archives, decades of university and community research on objects, and long-standing connections with international museums and arts agencies specializing in these arts, the Fowler staff will serve as an indispensable resource for the Fellow’s research.
The Fellow will be part of the larger cohort of postdoctoral fellows (3-5 fellows) and a key participant of a collaborative cohort composed of Native American, Pacific Islander and/or other Indigenous community scholars-in-residence, members and representatives of Indigenous communities, faculty and staff, graduate and undergraduate students. This cohort will explore comparative historical, legal, ethical and racial aspects of access to cultural heritage, ownership, and the articulations of heritage through quarterly research workshops. In addition to participating in the co-learning aimed at working simultaneously with histories of academic concepts and disciplines and Indigenous knowledges, the Fellow will serve as a liaison between the museum and academic/research units and will interface with the Native and Pacific Islander and other Indigenous communities with whom the grant will collaborate.
The postdoctoral fellow will be appointed for two academic years (2024-2025 and 2025-2026), with the start date of July 1, 2024. The Fellow will work under the direct supervision of the grant PI and be housed at the Fowler Museum.
Minimum requirements: Ph.D. in a related field in hand by time of appointment; a research agenda that aligns with the “Race in the Global Past through Native Lenses” project themes and premodern and comparative focus; and the ability to work with collaborative cohorts and California Native and Indigenous communities. Fellows are expected to be in residence for the duration of the fellowship period, and to maintain active research and publication programs.
Qualifications Basic qualifications (required at time of application)
Ph. D. in hand by June 30, 2024
Research specialization in relevant field(s)
Commitment to collaborative and community-engaged research
Evidence of community outreach
Ability to translate research findings into publishable research and public-facing formats Application Requirements Document requirements Curriculum Vitae – Updated CV detailing both academic and professional achievements, including doctoral degree completion and any prior postdoctoral experience. Cover Letter Statement of Research – Briefly describe your research, including an outline of how it connects to the proposed Postdoctoral Fellow appointment. Statement of Teaching (Optional) Statement on Contributions to Equity, Diversity, and Inclusion – An EDI Statement describes a faculty candidate’s past, present, and future (planned) contributions to equity, diversity, and inclusion. To learn more about how UCLA thinks about contributions to equity, diversity, and inclusion, please review our EDI Statement FAQ document. Reference check authorization release form – Complete and upload the reference check authorization release form Evidence of Completion of Doctoral Degree – Copy of diploma, official transcript, or official statement from the awarding institution Registrar’s or equivalent student records office. Document must certify completion of all doctoral degree requirements. Dissertation Thesis Abstract Writing Sample – Sample publication or unpublished paper, or other evidence of scholarly activity (exhibition entry; catalog entry, etc.). Please limit to 35 pages (not including references and citations). (Optional)
Reference requirements
3-5 required (contact information only)
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Der Workshop widmet sich jener Figur des euro- päischen Mittelalters, die wohl am tiefsten im kollektiven und kulturellen Gedächtnis Deutsch- lands, Frankreichs und der Benelux-Länder veran- kert ist: Carolus Magnus / Charlemagne / Karl der Große. Vom 8. Jahrhundert an wurde sie zum wirkmächtigen ‘Erinnerungsort’ mit kontinuierli- cher literarischer, ikonographischer, historiogra- phischer und politisch-publizistischer Präsenz diesseits und jenseits von Rhein, Maas und Mosel.
Am Umgang mit der Figur lassen sich grundle- gende Entwicklungen der deutsch-französischen, aber auch der europäischen Geschichte aufzei- gen. Im Mittelalter der Gründerahn und Verteidi- ger des christlichen Westens gegen den Islam schlechthin, wurde Karl seit der frühen Neuzeit zunehmend ‘nationalisiert’. Im ‘langen’ 1 9. Jahr- hundert versuchten deutsche und französische Historiker:innen, ihn für ihre ‘Sache’ gegen die je andere Seite zu vereinnahmen und nachhaltige ‘Karlsmythen’ zu erfinden, während das von Weltkriegen und ideologischen Exzessen trau- matisierte Europa nach 1 945 Karl als europäische Integrationsfigur begriff und aufbaute. Beide Interpretationsrichtungen sind modern, beruhen aber auf Missverständnissen und produktiven Umdeutungen, die oft weit in die Vormoderne zurückreichen. Sie haben eine lange Vorgeschich- te von regionalen, konfessionellen und hagio- graphischen Aneignungen, die schon im 9. Jahr- hundert einsetzen – mit mitunter durchaus berühmten Gewährstexten bis hinauf zu Einhards Karlsvita (um 840) und der französischen ‘Chan- son de Roland’ (um 1 1 00).
Forschungsatelier und Workshop
Der transdisziplinäre und transnationale Work- shop, der sich zugleich als Forschungsatelier ver- steht, richtet sich an Nachwuchswissenschaftler: innen. Er zielt auf eine Tiefenanalyse der Karls- figur im heutigen, postnationalen Europa. Der Mediävistik kommt hier eine wesentliche Rolle zu, weil sie fachlich in der Lage ist, auch das prä- nationale Erbe für das Europa der Gegenwart fruchtbar zu machen und eine Epoche ‘neu’ zu denken, die vor dem jahrhundertelangen krie- gerischen Ringen insbesondere Frankreichs und Deutschlands um die Vorherrschaft stärker von kulturellem Austausch und Kontakt geprägt war. Basis unserer Arbeit sind historische und literari- sche Quellen vom 9. Jahrhundert bis heute. Me- thodisches Kernanliegen ist der ‚gekreuzte Blick‘: Deutsch-französische und lateinische Texte wer- den in interkulturell-vergleichender deutsch-fran- zösischer Perspektive beleuchtet und komparatis- tisch in Bezug auf die darin vertretenen Karlsbil- der untersucht. Dieses Vorgehen schafft, so unse- re These, ein fundierteres Verständnis der Genese und Transformation nationaler Stereotype und auch nachnationaler Errungenschaften wie der deutsch-französischen Freundschaft und der europäischen Einigung. So wird ein durchaus eta- bliertes Thema aufgrund signifikanter Quellen (Texte, Bilder) zu Karl mit gegenwartsrelevanten Fragen ganz neu perspektiviert.
Diskussions- und Arbeitsformate
Keynotes und Impulsvorträge, Teamarbeit, inten- sive Lektüren und Diskussionen der Quellen. Die Kosten für Reise, Unterkunft und Begleitpro- gramm werden von den Veranstalter:innen dank Förderung durch die DFH-UFA getragen.
Termine
Vorbereitungstreffen online am 25.3. und 8.4.2024 Forschungsatelier und Workshop vom 1 3. bis 1 7.5.2024 in Strasbourg
Bewerbung
Erwartet wird die Bewerbung um Teilnahme mit einem aussagekräftigen Motivationsschreiben (max. eine Seite) bis 1 .1 .2024 und, bei Zusage, die Übernahme einer ‘Textpat:innenschaft’ mit Impulsreferat (5-7 min). Wichtig ist uns die (zu- mindest passive) Fremdsprachenkompetenz (Deutsch/Französisch, ggf. Überbrückung durch Englisch).
Informations pratiques :
Forschungsatelier und Workshop vom 1 3. bis 1 7.5.2024 in Strasbourg für Nachwuchswissenschaftler:innen
Organisation
Amelie Bendheim, Assistant Professor Université du Luxembourg Département Sciences humaines Institut de langue et de littérature allemandes et d’interculturalité
Mathias Herweg, Univ.-Professor Karlsruher Institut für Technologie Institut für Germanistik Department Mediävistik und Frühneuzeitforschung
Marie-Sophie Winter, MCF hdr. Université de Picardie Jules Verne U.F.R. de Langues et Cultures Étrangères Département d’allemand
Merveilleux abécédaire de la poésie médiévale, Le Don des lettres envisage chacun des signes de l’alphabet au prisme des jeux de lettres, de mots et d’esprit qui fleurissent dans la littérature manuscrite entre le XIIe et le XVe siècle.
C’est ainsi qu’au détour du chapitre consacré à la lettre R, on rencontre le Saint Louis de Joinville comparant aux râteaux du diable l’initiale du verbe rendre ou que, dans le chapitre M, un chevalier du Dit des huit couleurs de Watriquet de Couvin reçoit de Vénus l’initiale d’un prénom féminin qui consonne avec le verbe « aime ».
Destiné aux amatrices et amateurs de la littérature médiévale désireux d’en découvrir les richesses, ce livre assortit le texte d’un corpus de lettrines et de miniatures richement commentées. Le dialogue entre les mots et l’image éclaire ainsi d’une lumière inédite les rapports féconds de l’alphabet et de la poésie au Moyen Âge.
Marion Uhlig est professeure de langue et littérature françaises du Moyen Âge à l’Université de Fribourg (Suisse). Elle a enseigné aux universités de Genève, du Wisconsin-Madison, de Lausanne, de Neuchâtel et de Bâle. Ses travaux portent sur la poésie lettriste, la narratologie, la légende de Barlaam et Josaphat, les représentations littéraires de l’altérité et le roman idyllique.
Thibaut Radomme est maître de conférences en littérature médiévale à l’Université Jean Monnet Saint-Étienne (France). Il a mené ses recherches doctorales et postdoctorales dans les universités de Louvain, de Lausanne et de Fribourg. Ses travaux portent sur le bilinguisme latin-français, les jeux de lettres et de mots, la satire cléricale et la littérature franciscaine en langue vernaculaire.
Brigitte Roux est docteure en histoire de l’art médiéval. Elle collabore à des projets de recherche dans les universités de Neuchâtel et de Genève (Suisse), où elle a également enseigné. L’enluminure, l’iconographie ainsi que les reliquaires constituent ses domaines de spécialisation.
Informations pratiques :
Marion Uhlig, Thibaut Radomme, Brigitte Roux, Le Don des lettres. Alphabet et poésie au Moyen Âge, Paris, Les Belles Lettres, 2023 ; 1 vol., 656 p. ISBN : 978-2-25145-482-5. Prix € 59,90.
Avec le soutien du FNRS, du CRHiDI (UCLouvain – Saint-Louis, Bruxelles), d'INCAL (UCLouvain), de PraME (UNamur), de sociAMM (ULB) et de Transitions (ULiège)
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