Appel à contribution – De la page manuscrite aux « bòti » de carton : usages prophylactiques et propitiatoires du papier dans l’Italie de la Renaissance (XIVe-XVIe siècle)

« …le papier est un de ces matériaux caméléons apte à tout modelage et toutes transformations ».

Florence de Mèredieu, Histoire matérielle et immatérielle de l’art moderne, 1994

Argumentaire

À la faveur de l’histoire culturelle des matériaux initiée depuis le material turn, des auteurs démontrent depuis peu la resémantisation spécifique au papier à la Renaissance : prenant progressivement la relève du parchemin en tant que support consacré des sacrae paginae de l’Histoire sainte, le papier est alors perçu comme « substance de la grâce divine », y compris lorsqu’il est utilisé pour les ex-votos et effigies votives (Chessa, 2019). Dans les représentations peintes, de telles assertions se voient confirmées par les très nombreuses œuvres qui associent l’aspect visuel du livre manuscrit voire de la feuille imprimée à celui de la chair du Christ, Verbe Incarné (Bynum, 2011 ; Gerbron, 2013 ; Gertsman, 2013). Nous proposons donc d’étudier conjointement les étapes matérielles de transformation du papier et les vertus métamorphiques, effectives et imaginaires, dont cette matière malléable était investie.

D’une part, les récents travaux sur la matérialité de l’écriture aux époques médiévales et modernes ont mis l’accent sur les opérations plastiques inhérentes aux inscriptions, qu’elles soient gravées, sculptées ou tracées à l’encre, sur une grande variété de supports pérennes ou éphémères (Eastmond, 2015 ; Krauß, 2020). D’autre part, les approches anthropologiques se sont également attachées à expliciter l’activation efficace des offrandes votives sous leurs diverses formes – tavolette peintes, bòti de cire, de bois ou de papier mâché (Dittmar et alii, 2018) ; toutes ne présentant pas d’ailleurs nécessairement de caractères écrits, quand bien même les tracés mimétiques et marques de l’empreinte manuelle y tiennent un rôle important. De tels gestes et mises en forme étaient ainsi investis d’une charge émotionnelle d’autant plus intense lorsqu’ils visaient la réalisation de vœux (ex-voto, prière, formule protectrice), et d’attentes (divination, thème astral, prophéties figurées).

Dans la lignée de ces recherches, nous concentrerons notre attention sur les offrandes votives réalisées en papier (papier-mâché ou cartapesta, bòti de carton) ainsi que sur les feuillets manuscrits provoquant une transformation active voire performative du devenir individuel ou collectif, envisagés tant du côté de leur création que de leurs usages. A la jonction entre page manuscrite et réalisation en volume, philologues et médiévistes ont montré la vaste diffusion d’experimenta magiques traversant en bonne part les trois confessions religieuses coprésentes dans les péninsules italiennes et ibériques (tracé de caractères formant un sceau ou un talisman, figures ou « images astrologiques »). Le plus souvent privé ou semi-privé, ceux-ci étaient notamment pratiqués au Bas Moyen Âge et à la Renaissance par des frères mendiants, notaires, médecins (Weill-Parot, 2002, 2017) et membres de l’aristocratie ayant un accès privilégié aux livres et supports du savoir – on songe par exemple, au Quattrocento, à la cour lombarde des Visconti (Gal, Boudet, Moulinier, 2017). Par ailleurs, d’autres images et « iconobjets » de la sphère domestique quotidienne – xylogravures peintes à la main, coffrets a pastiglia historiés… – recouvraient également des usages propitiatoires (bonne fortune, enfantement) et prophylactiques (préservation du mauvais œil, aphrodisiaques) et demandent à être étudiés en les rattachant à ce contexte général de production.

Existe-t-il une corrélation entre la matérialité du papier et les usages propitiatoires dont il est investi ? Effigies votives ; manuscrits prophétiques ; prodiges astraux des feuillets volants (foglio volante, flugblatt) ; amulettes destinées à être pliées et intégrées à d’autres contenants en vue de les activer… Dans ces diverses réalisations, la surface du papier – peint, moulé, ouvragé devient un réceptacle matériel d’attentes. Or, la discontinuité entre la forme plane du livre et l’objectalité tridimensionnelle n’ont que peu permis jusqu’ici d’aborder conjointement ces diverses activités menées à des fins protectrices. Celles-ci restent le plus souvent apparentées à des disciplines distinctes : codicologie et paléographie d’une part, histoire sociale de l’art ou anthropologie de l’autre.

Cette journée d’étude se propose donc d’examiner les multiples applications créatives du papier dans les pratiques performatives, prophylactiques et propitiatoires (dévotionnelles ou échappant au cadre strict de la religion) de l’Italie de la Renaissance et de nous guider vers une compréhension plus large de l’impact innovant qui concerne l’utilisation du papier à cette époque. La nature du matériau, une masse plastique obtenue à partir de la macération de produits fibreux ou de la succession de feuilles mouillées et collées sur un squelette qui permet de créer des formes « en positif », a révélé un potentiel intrinsèque du papier, utilisé à la fois comme support visuel de la pensée religieuse et comme moyen d’inspiration pour les productions artistiques.

N’étant pas un matériau directement disponible dans la nature mais étant produit principalement par le « pourrissage » de chiffons, le papier apparaît comme un composé artificiel qui incarne un processus régénératif, de la matière humble à la matière perfectionnée, similaire à d’autres processus, comme celui auquel l’alchimie soumet les métaux. La technique de fabrication du papier mâché est décrite pour la première fois dans l’un des livres de secrets les plus populaires du Cinquecento, Les Secrets d’Alexis le Piémontais, publié en italien en 1555, qui la compare explicitement à la transmutation alchimique (Chessa 2019).

Il devient alors essentiel de comprendre les termes de cette altération et la valeur transformatrice que ce matériau assume entre les mains des artistes et des artisans au cours de l’époque de transition située entre XIVe et XVIe siècle, période de propagation de l’usage du papier généralisé à différentes sphères sociales et domaines d’activités, durant laquelle intervient l’invention de l’imprimerie amenée à devenir progressivement le principal consommateur de papier. Notre enquête se focalisera principalement sur la Péninsule italienne, avec quelques ouvertures possibles aux autres territoires européens, telle la Péninsule ibérique, ou encore les régions transalpines où l’avènement précoce de l’imprimerie a suscité des négociations inédites avec les opérations manuelles et les pratiques d’écriture (aménagements graphiques, addenda et à-plats colorés, etc.). Grâce aux récents apports de l’histoire des techniques quant aux procédés et expérimentations des fabriques de papier, notamment dans les manufactures pionnières situées à Fabriano dans les Marches (Castagnari, 2014), nous chercherons à saisir de quelles façons ont pu être pensées les étapes du processus de transformation auquel le papier est soumis.

Cette journée souhaite réunir des spécialistes et jeunes chercheurs issus de champs disciplinaires distincts (histoire de l’art, histoire des techniques, anthropologie et théorie artistique) afin de permettre un dialogue entre des études de cas offrant chacune l’occasion d’affronter des problèmes méthodologiques plus généraux et d’ouvrir des perspectives théoriques transversales.

Des questions connexes à notre sujet ne manqueront pas d’être ponctuellement soulevées, telles :

  • la définition des critères d’usages du papier en regard de ceux du parchemin ;
  • la question des occurrences de la préservation d’opérations manuscrites face à la généralisation progressive de l’imprimerie et de l’image gravée.

Modalités de participation

Les propositions de communication (2500 signes maximum) écrites en français, en italien ou en anglais, et accompagnées d’un bref CV, sont à envoyer aux organisatrices : Valeria Motta (Université de Lille, IRHIS, mottavaleria@gmail.com) et Gwladys Le Cuff (EHESS, Cral-Cehta / Université de Lille, gwladys.lecuff@gmail.com).

avant le 15 mai 2023.

Merci de mentionner « JE – De la page manuscrite aux bòti de carton » en objet. Les auteurs des présentations retenues seront prévenus au cours du mois de juin.

La journée d’étude se déroulera le vendredi 20 octobre 2023 à l’Université de Lille (Campus Pont-de-Bois, Villeneuve d’Ascq). L’Institut de Recherche d’Histoire du Septentrion prendra en charge le transport des intervenants dans la mesure du possible.

Source : Calenda

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Offre d’emploi – Assistant Professor in Viking Studies (Research and Teaching)

Closes: 10th May 2023

Do you have research and teaching specialisations in Old Norse language and literature, and interdisciplinary Viking Studies?  We are looking to appoint a full time Assistant Professor in Viking Studies to work in our team in the School of English at the University of Nottingham. You would join our team on a permanent research and teaching contract available from 1 September 2023.

We recognise that what helps us succeed are the different ideas and experiences of colleagues across our School, who come from different cultures and backgrounds. We believe that diverse academic and research teams provide the best opportunities to be innovative and forward-thinking. We are therefore seeking applications from candidates whose background, experience and identity broadens and enhances the diversity of our team and we would particularly welcome applications from scholars from different heritages and cultures and non-traditional backgrounds.

We strongly endorse Athena SWAN principles, and we have commitment at all levels of our organisation to address gender inequality. It is our mission to ensure equal opportunities, best working practices and fair policies for all.

You will be specialised in an area of interdisciplinary Old Norse and Viking Studies, with research expertise in Old Norse language and literature, and, for example, runology, onomastics, or health humanities.  

You will be able to undertake teaching in the areas of Old Norse language and literature and contribute more widely to our teaching, research and knowledge exchange activities in Medieval Studies. We are committed to considering a broad range of EDI issues in relation to our teaching and research activities, and welcome applications from those who can demonstrate familiarity with those issues within the broader context of Viking and Medieval Studies.   

You will have a PhD (or equivalent) in a relevant area of Viking Studies and an ability to teach at undergraduate and postgraduate levels. You will also have related research interests, a track record of publishing or other ways of disseminating your research, and evidence of your ability to contribute to our School’s future REF or other research assessment exercises.

This post is available on a permanent basis. Hours of work are full time (36.25 hours). Job share arrangements may be considered.

You can find further information about the School at: http://www.nottingham.ac.uk/english

Selection Process

The interview process will include a teaching presentation to 10-12 English staff and a formal interview with a panel of School of English staff including colleagues from our Medieval Language and Literature section.

If you have any informal enquiries, our Head of the Medieval Language and Literature section, Professor Jayne Carroll, will be happy to discuss these with you: jayne.carroll@nottingham.ac.uk

Please note that applications sent directly to this email address will not be accepted.

Soruce : Jobs.ac.uk

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Publication – « Le siècle des saints. Le VIIe siècle dans les récits hagiographiques », éd. Michèle Gaillard, Charles Mériaux

Les Vies de saints représentent la principale source d’informations sur la vie religieuse, sociale et politiques du royaume mérovingien à son apogée, sous les règnes de Clotaire II (613-629), de Dagobert Ier (629-639) puis de ses fils. Elles viennent ainsi compléter les informations fournies par la principale chronique de cette période dite « de Frédégaire ». Ce recueil rassemble des traductions inédites de Vies particulièrement représentatives. Elles montrent des évêques dans leurs activités administratives et politiques au sein de vieilles cités de fondation romaine (Didier de Vienne et Arnoul de Metz) comme dans les missions de conversion dans les marges du royaume (Amand dans la vallée de l’Escaut, Omer le long du littoral flamand) et, au-delà, jusqu’en Frise (Vulfran) et dans la lointaine Angleterre qui maintenait toutefois des liens étroits avec le continent ce qui justifie la présence de la Vie de saint Wilfrid d’York dans ce recueil. Le monde monastique est représenté par des fondateurs d’abbayes qui acquirent dès le VIIe siècle un rôle religieux, social et politique considérable : à Laon (Salaberge), Nivelles (Gertrude), Sithiu, aujourd’hui Saint-Omer (Bertin), Jumièges puis Noirmoutier (Philibert) et Chelles où se retira la reine Bathilde au début des années 660. Enfin, le célèbre récit de la vision du moine Baronte est un témoignage original de la spiritualité monastique du temps.

Éditeurs :
Michèle Gaillard est professeur émérite d’histoire du Moyen Âge à l’Université de Lille ; Charles Mériaux est professeur d’histoire du Moyen Âge à l’Université de Lille

Contributeurs : Michel-Lucien Belliart, François-Xavier Caillet, Marie-Céline Isaia, Monique Janoir, Mathilde Plaquet.

Table des matières :

Avant-propos
Introduction générale
Bibliographie

Les deux anciennes Passions de saint Didier de Vienne
Marie-Céline Isaïa
La Vie de saint Arnoul de Metz
Anne Wagner et Michèle Gaillard
La Vie de saint Amand (avec la lettre de Martin Ier à Amand)
Charles Mériaux et Michèle Gaillard
La Vie de sainte Gertrude de Nivelles
Monique Goullet, Boris Detant, François-Xavier Caillet et Michèle Gaillard
La Vie des saints Omer, Bertin et Winnoc
Monique Janoir
La Vie de sainte Salaberge de Laon
Michèle Gaillard
La Vie de saint Philibert
Isabelle Brousselle
La Vie de saint Bathilde
Anne- Marie Helvétius et Mathilde Plaquet
La Vie de saint Wilfrid d’York
Michel Belliard
La Vie de saint Vulfran
Stéphane Lebecq
La Vision de saint Baronte
Isabelle Brousselle

Conclusion générale

Informations pratiques :

Le siècle des saints. Le VIIe siècle dans les récits hagiographiques, éd. Michèle Gaillard, Charles Mériaux, Turnhout, Brepols, 2023 ; 1 vol., 258 p. (Témoins de notre Histoire, 22). ISBN: 978-2-503-59035-6. Prix : € 90,00.

Source : Brepols

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Offre d’emploi – Chair in Medieval English Literature and Culture (University of Groningen)

Primary Practice Group: Higher Education and Research

Salary & Benefits: The position is offered on a full-time basis. The gross monthly salary is dependent on previous qualifications and experience and ranges between €6,099 and €8,881 (scale H2 Collective Labour Agreement Dutch Universities). Salaries are supplemented with a holiday bonus of 8 % of annual salary and a year-end bonus of 8.3 % of annual salary per year.

Closing Date: 01/05/2023

Formal Interview Date: Applications will be considered by the selection committee in May and shortlisted candidates will be invited to interview on Monday 22nd May and Thursday 1st June. Selection of and negotiations with the preferred candidate and final campus visits will take place thereafter.

Chair in Medieval English Literature and Culture – University of Groningen

Situated in the bustling economic and cultural capital of the region, the University of Groningen is a research-intensive university with a truly global outlook that attracts a large number of staff and students from the Netherlands and internationally.

Since its foundation in 1614, the University of Groningen has established an international reputation as a dynamic and innovative university offering high quality teaching and research. Its 30,000 students are encouraged to develop their own individual talents through challenging study and career paths. The University of Groningen is an international centre of knowledge: it belongs to the best research universities in Europe and is allied with prestigious partner universities and networks worldwide. The University of Groningen has a strong commitment to the principles and practices of diversity and inclusion throughout the University community and welcomes candidates who enhance that diversity. 

The Faculty of Arts is building on a long-standing tradition of four centuries, and its mission is to create positive societal and academic impact through relevant, high-quality teaching and research. The faculty strives to remain an ambitious top-ranking faculty with excellent education and state-of-the-art research, with a strong international orientation, firmly rooted in the North of The Netherlands. The faculty builds and shares knowledge which benefits society, and educates over 5.000 Dutch and international students to become forward-looking, articulate and independent academics.

The faculty offers a multidisciplinary environment and a wide range of degree programmes. Its research, which is internationally acclaimed, covers the fields of Archaeology, Cultural Studies, History, International Relations, Journalism, Language and Literary Studies, and Linguistics.

Research conducted at the Faculty of Arts is very diverse and multidisciplinary and organised in research institutes, each comprised of multiple smaller research groups. Medieval English Literature and Culture encompasses the literatures of medieval England and continental Europe from late antiquity to around 1500, and includes literature in Old English, Early Middle English, Late Middle English and Older Scots. The curriculum of Medieval English Literature and Culture covers a wide variety of medieval and early modern texts as phenomena which are studied, criticised and edited from their original forms with a universal transcultural empathy adequate to the twenty-first century.

The Faculty of Arts is seeking to appoint a Chair of Medieval English Literature and Culture to complement and reinforce the existing strengths and the future of literary studies. This role is particularly suitable for an enthusiastic academic leader who shows a willingness and ability to lead the Medieval English Literature and Culture group and to strengthen its research profile and promote the academic talent and career development of the team.

The new Chair is an internationally recognised expert in Medieval English Literature and Culture with a focus on the literature of the later Middle Ages. A combination of literature in Middle English and Older Scots would be a welcome contribution to the groups’ coverage of medieval literature. The successful candidate will have an excellent track record of published research, as evidenced by high-quality monographs and/or articles in international peer-reviewed journals and successful, high-quality grant applications. The successful candidate is internationally renowned in the field and has a relevant, strategic national and international network – demonstrated, for example, by invited lectures and participation in conferences, conference organisation and a leading role in relevant professional organisations and editorial boards of academic journals in the field.

The new Chair is able to create and strengthen collaborations within the Faculty and University and with the broader research field and society. The Chair has a strong societal network and demonstrable experience with knowledge valorisation, being capable of translating research and teaching to societal partners and a general audience.

Person Specification

The successful appointee will evidence:

  • a PhD degree in Medieval English  Literature or a closely related discipline;
  • an excellent research track record, as evidenced by a proven excellence in academic research, by publications in leading international journals and books published by high-ranking publishers;
  • successfully obtained funding for research projects/submitted excellent grant applications;
  • a relevant, strategic international network, demonstrated by, for example, participation in internationally relevant conferences and leading roles on editorial boards;
  • extensive experience in and a passion for education, as well as an innovative view on teaching, including active learning and interdisciplinary teaching;
  • excellent leadership skills, including proven experience in supervising PhD students mentoring junior and more senior academic staff members and demonstrable organisational competences;
  • a strong societal network and demonstrable experience with societal impact;
  • fluency in English and Dutch or a willingness to learn the Dutch language for which support is available.               .

Conditions of Employment

The position is offered on a full-time basis. The gross monthly salary is dependent on previous qualifications and experience and ranges between €6,099 and €8,881 (scale H2 Collective Labour Agreement Dutch Universities). Salaries are supplemented with a holiday bonus of 8 % of annual salary and a year-end bonus of 8.3 % of annual salary per year.

The University of Groningen provides career services for partners of new faculty members moving to Groningen (http://www.rug.nl/about-us/work-with-us/that-is-why/dual-career-support/).

The University of Groningen has adopted an active policy to increase the number of female scientists across all disciplines of the University. Therefore, female candidates are especially encouraged to apply.

For more information on the terms of employment, please visit: https://www.rug.nl/about-ug/work-with-us/new-staff/

Appointment Process and How to Apply

An executive search exercise is being undertaken by Perrett Laver to support the university in identifying the widest possible field of qualified candidates and assisting in the assessment of candidates against the requirements for the role. Queries can be directed to Norbert Lieftink via Norbert.Lieftink@perrettlaver.com or +31 (0) 202 404 378.

Applications should consist of a cover letter stating motivation and a complete curriculum vitae including a publication list.

These can be uploaded at https://candidates.perrettlaver.com/vacancies quoting reference 6234.

The closing date for applications is 9am CEST on Monday 1st May 2023.

Applications will be considered by the selection committee in May and shortlisted candidates will be invited to interview on Monday 22nd May and Thursday 1st June. Selection of and negotiations with the preferred candidate and final campus visits will take place thereafter.

As defined under the General Data Protection Regulation (GDPR) Perrett Laver is a Data Controller and a Data Processor, and our legal basis for processing your personal data is ‘Legitimate Interest’. For more information about this, your rights, and our approach to Data Protection and Privacy, please visit our website www.perrettlaver.com/information/privacy-policy.

Source : Perret Laver

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Appel à candidature – Archéonumismatique. La monnaie dans son contexte

Au cours des trente dernières années, contrairement aux périodes antérieures, l’archéologie a multiplié ses efforts pour récupérer les découvertes numismatiques, qu’il s’agit de trouvailles ponctuelles lors de fouilles ou sous forme de trésors. Cette augmentation du nombre d’exemplaires à examiner fait passer l’approche traditionnelle de la monnaie d’un élément purement chronologique à une partie intégrante des archives archéologiques.

Le travail effectué par les numismates pour identifier et cataloguer les monnaies s’est enrichi de l’importance fondamentale du contexte archéologique dans l’interprétation de ces monnaies. Parallèlement, la discipline numismatique a également évolué dans le cadre des Digital Humanities ces dernières années. Des projets à grande échelle sont en cours d’élaboration dans toute l’Europe, avec dans de nombreux cas, la mise en ligne de plateformes de collections numismatiques, y compris des trésors et des découvertes ponctuelles lors de fouilles.

Il ne s’agit pas seulement de dater les monnaies, mais aussi de comprendre le contexte de la découverte, la circulation monétaire, la distribution et l’utilisation spécifique de certaines monnaies, les procédés métallurgiques et de frappe, l’interprétation de la répartition spatiale ou l’ordre chronologique des monnaies sur le site, les usages sociaux de la monnaie, les pratiques de thésaurisation ou les utilisations non monétaires de la monnaie (en contexte votif ou funéraire). C’est ce que nous appelons l’archéo-numismatique.

Géographiquement, nos intérêts se limitent à la Méditerranée centrale et occidentale et à la côte atlantique de l’Europe et du nord-ouest de l’Afrique.

Le cadre chronologique s’étend du premier millénaire av. J.-C au 7e siècle apr. J.-C.

Cet atelier s’adresse plus particulièrement aux étudiants en master et aux doctorants en archéologie ou en histoire ancienne des universités ou centres de recherche d’Europe et du Maghreb. L’objectif est d’offrir une formation en archéo-numismatique et de créer un espace d’échange d’expériences et d’analyse des pratiques et des méthodes dans les différentes traditions de recherche.

Ainsi, chaque participant aura la possibilité de participer activement à l’échange d’informations, de présenter son sujet de thèse en relation avec le sujet de l’atelier et d’apporter son point de vue à la réflexion collective.

Informations pratiques :

COORD. : Antony HOSTEIN (École Pratique des Hautes Études/PSL), Ruth PLIEGO (Universidad de Sevilla), Elena MORENO PULIDO (Universidad de Cádiz)

ORG. : École des hautes études hispaniques et ibériques (Casa de Velázquez, Madrid), École française de Rome, École Pratique des Hautes Études-PSL/Centre AnHiMA (UMR 8210),, Facultad de Geografía e Historia / Universidad de Sevilla, Universidad de Cádiz 

Dates de l’École thématique : 2 au 5 octobre 2023
 

LIEUX

  • Museo Histórico Municipal de Écija (Écija, Sevilla)
  • Universidad de Sevilla (Facultad de Geografía e Historia)

NOMBRE DE PLACES : 20

Date limite d’inscription : 5 juin 2023 (17h00, heure de Madrid)
À travers le formulaire en ligne

Les sessions auront lieu au Musée historique municipal d’Écija et à la Faculté de géographie et d’histoire de l’Université de Séville.

L’atelier sera suivi par 20 doctorants choisis parmi les candidats sur la base de la qualité de leurs projets de doctorat et de la relation entre leur sujet de recherche et le thème de l’atelier.

Il n’y a pas de frais d’inscription.

Les organisateurs accueilleront les candidats/es retenu/es du 1er au 6 octobre 2023 (5 nuits) et offriront, à ceux et celles qui en feront la demande, l’hébergement avec petit-déjeuner ainsi que les repas.

Les frais de voyage vers les lieux de la manifestation sont à la charge des participant-e-s, à l’exception des étudiant-e-s en provenance des pays du Maghreb qui en feraient la demande.

Les candidats peuvent s’inscrire via le formulaire en ligne jusqu’au 5 juin 2023 (17h, heure de Madrid).

L’acceptation ou la non-acceptation de leur candidature sera communiquée par courriel à partir du 15 juin.

Langues de l’atelier : anglais, français, italien, espagnol et italien, bien que les présentations graphiques seront toutes en anglais.

Source : Casa de Velázquez

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Publication – « Between Ostrogothic and Carolingian Italy. Survivals, revivals, ruptures », éd. Fabrizio Oppedisano

The victory of Justinian, achieved after a lacerating war, put an end to the ambitious project conceived and implemented by Theoderic after his arrival in Italy: that of a new society in which peoples divided by centuries-old cultural barriers would live together in peace and justice, without renouncing their own traditions but respecting shared principles inspired by the values of civilitas. What did this great experiment leave to Europe and Italy in the centuries to come? What were the survivals and the ruptures, what were the revivals of that world in early medieval society? How did that past continue to be recounted and how did it interact with the present, especially in the decisive moment of the Frankish conquest of Italy? This book aims to confront these questions, and it does so by exploring different themes, concerning politics and ideology, culture and literary tradition, law, epigraphy and archaeology.

Table des matières : ici

Informations pratiques :

Between Ostrogothic and Carolingian Italy. Survivals, revivals, ruptures, éd. Fabrizio Oppedisano, Florence, Firenze University Press, 2023 ; 1 vol., 262 p. (Reti Medievali E-Book). ISBN : 978-88-5518-663-6. Open-access.

Source : Firenze University Press

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Publication – Ina Nettekoven, « Das Stundenbuch der Herzogin Philippa von Geldern. Jean Coene IV. und die Buchmalerei in Paris um 1500 »

A richly illustrated book of hours was produced in the surroundings of the Parisian court at the beginning of the sixteenth century, presumably commissioned by Philippa von Geldern (1467– 1546), Princess of Lower Saxony and later Duchess of Lorraine. Jean Coene IV, one of the few illuminators of the time who is known by name, furnished the unusual work with a completely illustrated calendar and twenty-four — of formerly twenty-seven — large miniatures. The book of hours, which is privately owned, is now being presented to the public in its entirety for the first time — accompanied by an examination of the role of the client and of the classification of Jean Coene IV as an illuminator Roll within the context of Parisian book art around 1500.

Ina Nettekoven, freelance art historian, specialized in book illumination and book graphics of the 15th century, Bonn.

Informations pratiques :

Ina Nettekoven, Das Stundenbuch der Herzogin Philippa von Geldern. Jean Coene IV. und die Buchmalerei in Paris um 1500, Berlin, Deutscher Kunstverlag, 2022 ; 1 vol., 144 p. ISBN : 978-3-422-98695-4. Prix : € 38,00.

Source : Deutscher Kunstverlag

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Colloque – La création artistique à l’épreuve des héritages : continuités, mutations, ruptures

Nous avons le plaisir de vous adresser le programme des 14e rencontres du GRIM-IMAGO,

qui auront lieu le 8 juin 2023 à Paris

Direction scientifique : Charlotte Denoël (BnF), Isabelle Marchesin (INP), Anne-Orange Poilpré (Paris 1 Panthéon-Sorbonne), Cécile Voyer (Université de Poitiers)

INHA, 2 rue Vivienne, 75002. M° Bourse ou Palais Royal.

Salle Demargne (dans la Galerie Colbert)

Qu’est-ce que créer au Moyen Âge ? La culture de cette époque, où les mots « art » et « artiste » n’ont pas leurs significations modernes et où l’Église a longtemps généré l’essentiel des commandes, est marquée par des références permanentes aux autorités du passé. En outre, le seul geste authentiquement créateur est celui de Dieu à l’origine du monde et ne peut être égalé. S’appuyer sur une tradition, se prévaloir d’un héritage intellectuel ou esthétique explicite est ainsi revendiqué comme la seule manière de créer de la pensée : « des nains hissés sur les épaules de géants », selon la célèbre expression que Jean de Salisbury attribue à son maître, Bernard de Chartres. De nombreuses publications se sont penchées sur cette façon de faire naître du neuf à partir de l’ancien (Des nains ou des géants ? Emprunter et créer au Moyen Âge, éd. C. Andrault-Schmitt, E. Bozoky, Poitiers, 2016 ; Créer créateurs, créations, créatures au Moyen Âge, éd. F. Besson, V. Griveau-Genest, J. Pilorget, Paris, 2019 ; Les modèles dans l’art du Moyen Âge (XIIe-XVe siècles), éd. L. Terrier Aliferis, D. Borlée, Turnhout, 2018) et l’on souhaite ici poursuivre ce questionnement autour de l’image. La recherche récente dans ce domaine, réceptive aux apports de l’anthropologie historique, a montré combien ce versant de la production intellectuelle fait preuve d’une remarquable inventivité à exprimer, par les moyens du visuel, une conception du monde agencée par la cosmologie chrétienne en jouant de nombreux effets de continuité et de nouveauté.

Programme :

10h – Bertrand Cosnet (Université de Lille / IRHIS)

La vernacularisation de l’iconographie des traités de moralité au XIVe siècle : un héritage en mutation

10h40 – Maëlle Metais (Ausonius (UMR 5607) – Université Bordeaux Montaigne)

Méthodes et enjeux de l’étude de la représentation des funérailles dans le décor des tombes du Sud-Ouest de la France (XIIIe-XVe siècles)

11h10 – Pause

11h30 – Thomas Guglielmo(Université de Poitiers / CESCM)

La peinture infamante de Rodolfo II da Varano : entre appropriation, réinterprétation et création.

12h00 – Alexis Minault (Université de Poitiers / CESCM)

Modus dimicandiet modus illuminandi. Le codex I.33 et les marginalia gothiques : substrat ou superstrat

12h30

Déjeuner

14h – Nicolas Sarzeaud (EHESS)

Copier, créer ? Remarques sur l’usage de la notion de ‘copie’ appliquée à l’image médiévale.

14h30 – Flora Muntrez (INP)

Les représentations topographiques dans les mosaïques tardo-antiques de Jordanie (VIe-VIIIe siècles) : la christianisation d’un topos iconographique.

15h – Pierre Charrey (FNRS / UC Louvain)

Le sceau et l’icône. L’analogie comme mécanisme de production des images dans l’empire protobyzantin.

15h30

Pause

16h – Max Hello (École nationale des chartes)

De l’ornement à l’image. Reconsidérer la notion de création artistique dans l’enluminure mérovingienne (VIIe-VIIIe siècle) : l’exemple de la formule de l’œil cerné.

16h30 – Adèle Charransol(Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

La Seconde Bible de Charles le Chauve (Paris, BnF, lat. 2) et l’héritage insulaire au scriptorium de Saint-Amand : emprunter, réinterpréter, conjuguer.

17h – Aïda El Khiari (Sorbonne Université / INHA)

Mettre en image les fables de Kalila et Dimna : le rôle des procédés de reproduction mécanique dans la transmission et la création iconographiques.

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Publication – Elisa Mantienne, « Les Moines de Saint-Albans et le pouvoir (v. 1350 – v. 1440) »

Cette étude du monastère bénédictin anglais de Saint-Albans se penche sur les relations de la communauté et de ses membres avec les pouvoirs laïcs et ecclésiastiques à la fin du Moyen Âge. Elle s’intéresse à la façon dont ces liens s’exprimaient dans les productions intellectuelles du lieu.

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Informations pratiques :

Elisa Mantienne, Les Moines de Saint-Albans et le pouvoir (v. 1350 – v. 1440), Paris, Classiques Garnier, 2023 ; 1 vol., 524 p. (Histoire culturelle, 19). ISBN : 978-2-40614-268-3. Prix : € 54,00.

Source : Classiques Garnier

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Appel à contribution – La grammatica et les différentes facettes de la transmission du savoir. In memoriam Louis Holtz (1929 – 2023)

L’édition annuelle de la journée d’études des jeunes chercheurs et chercheuses (JEJC), organisée par l’association Chroniques chartistes en collaboration avec l’ENC, le centre Jean-Mabillon, les laboratoires IRHT et HTL du CNRS, et le Comité International de Paléographie Latine, aura lieu les 27 et 28 juin 2023 à l’École nationale des chartes. Cette journée est l’occasion pour les étudiant·e·s de master, doctorant·e·s et post-doctorant·e·s de se réunir autour d’une thématique commune. En hommage à Louis Holtz, les JEJC 2023 seront consacrées à l’exploration des liens entre grammaire, transmission des textes et des savoirs et humanités numériques.

chroniqueschartistes.jejc23@gmail.com

Louis Holtz, grande figure des études latines, spécialiste des grammairiens de l’Antiquité tardive et du haut Moyen Âge, fut professeur des universités de Rennes, Nantes, Angers et Lyon, et directeur de l’Institut de recherche et d’histoire des textes (IRHT) de 1986 à 1997. Sa méthode et ses objectifs dans le domaine de la grammaire consistaient à rendre sensible le lien essentiel entre le texte antique, les circonstances de sa tradition et sa réception médiévale. Selon lui, ce programme peut – et doit – s’appliquer non seulement aux textes techniques, mais aussi à tout autre texte, quel qu’en soit le genre littéraire. Inspirés par la contribution scientifique de Louis Holtz et afin de garder ouvert le dialogue entre une ancienne et une nouvelle génération de chercheurs, nous souhaitons ouvrir la discussion sur les apports scientifiques qui peuvent naître de la rencontre entre grammairiens, matérialité des sources et humanités numériques. Nous souhaitons par la même occasion questionner les enjeux que cette rencontre ne manque pas de soulever.

Illa circa grammaticam… : vers une définition

Pour cette journée d’études, nous avons entrepris d’examiner la grammatica non seulement en l’envisageant comme un genre littéraire véhiculant un contenu intellectuel spécifique, mais aussi en reconsidérant la fonction de la grammaire en tant qu’ars, ou instrument de pratique intellectuelle. Nous souhaitons également examiner les effets qu’elle exerce sur la transmission des savoirs. Nous entendons la grammatica dans le sens de la “grammatical culture”, terme introduit par M. Irvine (1994), qui considère le type de culture lettrée et littéraire soutenue et reproduite par la grammatica non seulement comme une discipline dotée d’un corps de connaissances circonscrit, mais aussi comme un modèle de culture textuelle qui s’étend au-delà du contenu objectif apparent d’une discipline. Concernée par l’étude des objets linguistiques dans deux divisions connexes composantes de la langue et de la littérature (d’une part la scientia recte loquendi scribendique, d’autre part l’enarratio ou scientia interpretandi), la grammatica offre des outils d’analyse et d’interprétation. Chacune des divisions méthodologiques de la grammatica (à savoir lectio, enarratio, emendatio, iudicium) faisant partie de l’arsenal méthodologique du grammaticus, compris ici au sens large de savant. En tant que discipline revendiquant à la fois l’objet linguistique et textuel comme sa sphère spéciale de connaissance, la grammatica n’est pas simplement transitive et descriptive, isolant et étiquetant les parties de son objet. Elle est aussi constitutive de connaissances. Elle fournit un réseau de présuppositions, de stratégies discursives et de règles d’argumentation qui régissent l’enquête et fournissent les bases de la possibilité et de la création même de la connaissance.

La journée d’études s’articulera autour de trois volets qui constituent le cœur de notre programme.


1. Histoire des textes.
Les grammatici, gardiens de la latinité

Les traités de grammaire ou artes grammaticae, souvent décriées pour leur style normatif et aride ainsi que leur « manque d’inspiration », occupent une place centrale dans le trivium et constituent, tout au long de l’Antiquité et du Moyen Âge, une pratique continue et fondamentale du cursus éducatif.

L’œuvre des grammatici, au premier rang desquels les grammatici Graeci comme Apollonios Dyscole, Hérodien et Denys le Thrace, et les grammatici Latini comme Charisius, Priscien, Servius, Donat, suivis de l’ensemble des auteurs connus et anonymes qui figurent dans l’édition monumentale de Keil, a contribué à l’évolution de la doctrine grammaticale et à la survie de la littérature antique (Keil H., 1857). Les grammairiens latins, qualifiés par Sénèque de custodes Latini sermonis, jouent un rôle important à la fois dans la préservation et l’évolution de la langue au fil des siècles, ainsi que dans la survie des textes antiques, pour lesquels les textes grammaticaux sont parfois notre seule source (par exemple les fragmenta des poètes archaïques). Cette survie doit également beaucoup au Moyen Âge – et tout spécialement à l’interprétation des textes par leurs commentateurs du haut Moyen Âge et de l’époque carolingienne. Des personnalités comme Sedulius Scottus, Jean Scot Érigène, Bède, Alcuin, Guillaume de Conches ont contribué à la tradition et au renouveau du savoir par le croisement des sources anciennes. Cette confrontation constitue un véritable continuum, qui va jusqu’à l’humanisme et au-delà, dont le dénominateur intellectuel commun, garant de l’accès à la connaissance, est la grammaire.

Des travaux importants dans le domaine de la grammaire antique ont été menés au cours des dernières décennies, avec un renouvellement important de ce champ d’études. Ainsi, le premier axe est consacré aux nouvelles recherches sur les grammatici et leurs grammaires ou sur leur contribution à la transmission des textes, de l’Antiquité à la modernité.


2. Paléographie.
La grammaire en tant qu’instrument textuel

La théorie littéraire tout au long de la période médiévale présuppose la forme manuscrite du texte, une forme avec ses propres caractéristiques distinctives telles que la variation textuelle d’une copie à l’autre, l’encodage de l’écriture et de la mise en page dans un système total de significations verbales et visuelles. Dans l’introduction de la traduction française du livre d’Ann Blair, Too much to know, Roger Chartier rappelle que « en s’attachant aux objets, les livres, bien sûr, mais aussi les notes manuscrites, […] en portant l’attention sur les pratiques les plus humbles (copier, découper, coller, classer, relier), elle rappelle, à distance, une histoire des idées réduite aux concepts, que les intellectuels pensent aussi avec leurs mains » (Blair A., 2020, p. 10.). Les sources textuelles représentent à la fois une unité matérielle et intellectuelle, particularité inhérente qui a joué un rôle essentiel pour la transmission des textes au fil des siècles. 

Plus particulièrement, la grammatica était responsable de certaines des caractéristiques importantes du format des manuscrits. Par exemple, la lectio grammaticale, ensemble de règles pour lire un texte à haute voix et établir le premier niveau d’intelligibilité, était intrinsèquement associée au format physique et visuel de la page du manuscrit : la division des mots, la ponctuation des clauses et des unités de sens, les gloses interlinéaires et les marques d’accent pour aider à construire le sens du texte. De même, l’enarratio grammaticale est méthodologiquement liée au développement du format « texte et glose » des manuscrits littéraires et grammaticaux dans lesquels les pages d’un livre étaient conçues pour inclure une glose ou un commentaire transcrits dans les marges en même temps que le texte principal. Les textes produits dans la culture grammaticale, indépendamment de leur contenu, étaient rarement fixes et clos dans l’état figé et codifié attendu des éditions imprimées modernes, et il est clair que pour le lecteur médiéval, tout ce qui se trouvait sur une page – mise en page, changements d’écriture, gloses, marques de contraction, notes, corrections – était perçu comme une caractéristique intégrale du système de signification qui constituait le livre (Irvine M., 1994, p. 17). L’écriture et la mise en page créent un langage secondaire, cette fois visuel, conférant à un texte une signification sociale.

Ainsi, la grammaire constitue le carrefour entre paléographie, codicologie et édition de textes. Les contributions sur les manuscrits glosés et annotés, les marginalia, avec un accent sur leur fonction de transmission de savoirs, sont les bienvenues.


3. Humanités numériques.

Ce troisième axe vise à permettre une réflexion sur les pratiques modernes de transmission et de survie des sources. La gestion, l’analyse et le stockage des informations ne constituent pas une approche méthodologiquement nouvelle, mais une approche récurrente, étroitement liée aux avancées technologiques. À l’ère du numérique, le changement (ou l’évolution ?) du modèle impose le passage du matériel au virtuel, du manuscrit au numérique, quelles que soient ses implications.

Ces dix dernières années, d’importantes questions méthodologiques ont été posées tant par les paléographes que par les spécialistes des humanités numériques pour faire avancer le champ et pour réconcilier les méthodes traditionnelles avec des approches novatrices (Pierazzo E. & Stokes P. A., 2011). De ces discussions, des questionnements importants émergent : comment traduire les outils traditionnels de gestion et de transmission du savoir dans l’environnement numérique, où l’édition, la structuration et l’analyse des sources anciennes constituent une sorte de métadonnée, de « méta-transmission » des sources ? Le concept d’édition numérique a été au centre des débats académiques et des outils de plus en plus complexes ont été développés et optimisés. Quelles sont les stratégies mises en place, les choix, les avantages et/ou les inconvénients de ces approches ? Quelles sont la grammaire et la syntaxe du paradigme numérique ? Construire des outils pour les éditions critiques est un défi, surtout lorsqu’il s’agit de plusieurs niveaux d’information et de paratexte, de mise en page complexe, etc. Comment y faire face (Kuhry E., 2020) ?


Cette journée d’étude sera l’occasion pour les jeunes chercheurs de différents horizons disciplinaires de se rencontrer et de discuter de l’importance de la grammaire dans la transmission des textes et des savoirs, ainsi que de son rôle dans les humanités numériques. Nous espérons favoriser avec un tel événement de nouveaux échanges et collaborations entre chercheurs issus d’horizons divers, et stimuler de nouvelles réflexions sur les enjeux actuels de l’étude de la grammaire et de la transmission des textes.

Cet appel à communication s’adresse à tou·te·s les jeunes chercheurs et chercheuses, masterant·e·s, doctorant·e·s ou post-doctorant·e·s, issu·e·s de toutes les disciplines des sciences humaines et sociales, de la littérature ou des langues, sans restriction temporelle ou géographique.
Nous vous invitons à soumettre vos propositions de communication en précisant les thématiques dans lesquelles elles s’inscrivent. Pour chaque proposition, un titre, un résumé de 300 à 500 mots (français ou anglais), un bref CV ainsi qu’une bibliographie restreinte et un éventuel exposé de vos travaux sont attendus.
Le comité d’organisation répondra aux propositions envoyées avant le 15 mai 2023, à l’adresse suivante :

chroniqueschartistes.jejc23@gmail.com.

Une aide financière peut être proposée aux participants afin de couvrir les frais de voyage et d’hébergement, dans la mesure des fonds disponibles.
La publication d’un volume des actes est prévue.


Partenaires institutionnels : École Nationale des Chartes – PSL  ; Centre Jean-Mabillon ; Institut de Recherche et d’Histoire des Textes – CNRS ; Laboratoire Histoire des Théories Linguistiques – CNRS ; Comité International de Paléographie Latine.

Comité d’organisation : Malamatenia Vlachou-Efstathiou (ENC, CNRS/IRHT) ; Hugo Forster (ENC) ; Svetlana Yatsyk (CIHAM).

Comité scientifique : Franck Cinato (CNRS/HTL) ; Jeremy Delmulle (CNRS/IRHT) ; Alessandro Garcea (Sorbonne Université) ; Anne Grondeux (CNRS/HTL), ; François Ploton-Nicollet (ENC) ; Marc Smith (ENC) ; Peter A. Stokes (EPHE) ; Dominique Stutzmann (CNRS/IRHT) ; Mariken Teeuwen (Huygens Instituut).

Source : Chroniques chartistes

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