Journée d’étude – Rotulus. Écrire sur rouleau au Moyen Âge

Les Archives nationales proposent un cycle de conférences intitulé Retour aux sources où des chercheurs présentent au public leurs travaux inédits.

La séance du 13 mars 2023 s’inscrit dans le prolon- gement de l’exposition Rotulus, un patrimoine médiéval à dérouler, présentée dans le hall du CARAN, du 18 janvier au 14 mars, qui donne à voir les différents usages des rouleaux à la période médiévale, leurs modes de réalisation et leur extension géographique.

Un cartulaire permettait, au Moyen Âge, à une institution ou un individu, de copier ses titres de propriétés dans un codex et parfois dans un rouleau. Cette forme singulière du rouleau a-t-elle constitué une exception ? Correspondait-elle à des besoins spécifiques du monde monastique ? Ces questionne- ments furent au centre des travaux de l’équipe de recherche du projet ROTULUS qui, de 2019 à 2022, a repéré, identifié, décrit et cartographié les rouleaux-cartulaires conservés en France.

Ce Retour aux sources, intitulé Rotulus. Écrire sur rouleau au Moyen Âge, débutera par une visite commentée de l’expo- sition qui présente les résultats de l’équipe de recherche. La première intervention, par Laurent Morelle et Jean-Baptiste Renault, dressera un panorama général du cartulaire sous forme de rouleau à l’époque médiévale. Les interventions suivantes porteront sur des exemples précis, le cartulaire-rouleau de l’abbaye de Notre-Dame de la Charité d’Angers par Chantal Senséby, l’usage du rouleau à l’abbaye de Savigny (Manche) et en Normandie au XIIe siècle par Thomas Roche, le char- trier des comtes de Toulouse relatif à la seigneurie de Gémil (Haute-Garonne) par Jean-François Moufflet. Cette dernière intervention sera également l’occasion d’exposer en séance l’original du rouleau-cartulaire issu du chartrier des comtes de Toulouse réuni au Trésor des chartes des rois de France.

Cette séance se veut, donc, une nouvelle incitation à mieux découvrir ou redécouvrir toute la richesse des sources médiévales conservées en France et plus particulièrement aux Archives nationales.

Table des matières :

13 h

Accueil

13 h 15 – 13 h 45

Visite de l’exposition Rotulus – Hall du CARAN
par Jean-Baptiste Renault, ingénieur d’études à l’Université

de Lorraine

14 h – 14 h 15

Introduction

par Amable Sablon du Corail, responsable du département du Moyen Âge et de l’Ancien Régime (DMAAR)

14 h 15 – 15 h

Le cartulaire-rouleau dans la France médiévale (XIe – XVe siècle)

par Laurent Morelle, directeur d’études à l’École pratique des hautes études (EPHE-PSL)
et Jean-Baptiste Renault, ingénieur d’études à l’Université de Lorraine

15 h – 16 h

Le cartulaire-rouleau de l’abbaye Notre-Dame de la Charité d’Angers

par Chantal Senséby, maître de conférences HDR à l’Université d’Orléans

16 h – 16 h 15

Pause

16 h 15 – 17 h

L’usage du rouleau à l’abbaye de Savigny et en Normandie, au XIIe siècle

par Thomas Roche, directeur des Archives départementales de l’Eure

Le chartrier des comtes de Toulouse relatif à la

seigneurie de Gémil : présentation d’un cartulaire-

rouleau du Trésor des chartes

par Jean-François Moufflet, conservateur en chef du patrimoine au département du Moyen Âge et de l’Ancien Régime

17 h – 17 h 30

Conclusions Les Rotuli aux Archives nationales
par Ghislain Brunel,
directeur des publics aux Archives nationales

Informations pratiques :

Lundi 13 mars 2023, 13h00-17h30
Archives Nationales

Retrouvez les enregistrements de Retour aux sources

Les vidéos des séances de 2016 à 2018 sont disponibles sur Dailymotion et sur la page web de Retour aux sources : http://www.archives-nationales.culture.gouv.fr/fr/ web/guest/retour-aux-sources

Organisation et contact

Retour aux sources est organisé par Christèle Tabusse, responsable du département de l’accueil des publics de Paris.

Entrée libre et gratuite

Réservation possible par message électronique : christele.tabusse@culture.gouv.fr

Publié dans Colloque | Laisser un commentaire

Appel à contribution – Émotions, masculinités et violence du Moyen Âge à nos jours

En 2018, Damien Boquet et Dider Lett lançaient un appel aux historien-nexs pour confronter les émotions « à l’épreuve du genre » (Boquet, Lett: 2018). Lieu d’exacerbation affective, empreint d’un imaginaire particulièrement genré, l’événement violent offre une voie d’accès privilégiée pour répondre à cette invitation.

La violence est un fait social qui varie en formes et en intensité selon la période et le contexte. Notion aux contours poreux, elle peut aussi bien s’insérer dans les relations interpersonnelles que des dynamiques politiques ou sociales. L’historiographie de la violence, souvent appréhendée au travers du prisme de l’appareil judiciaire, s’est d’abord concentrée sur sa criminalisation (Castan: 1980, Nassiet: 2011, Porret: 1995, Spierenburg: 2013). Les recherches consacrées au contexte européen parviennent à un constat univoque : les résultats des analyses quantitatives menées sur la question de la violence saisie à travers les archives judiciaires sont largement dominés par un dimorphisme sexué et marqués par une nette surreprésentation masculine.

Étudier ce fait social invite donc à intégrer une perspective de genre, dont l’impact se mesure aussi bien dans les constructions normatives que dans les perceptions et les positionnements individuels (van der Heijden: 2016, Walker: 2003). Sous l’impulsion de l’histoire des femmes, puis du genre, l’historiographie s’est emparée de cette catégorie d’analyse, que ce soit pour interroger la violence sexuelle, conjugale, ou encore celle émanant des femmes. Le genre impacte non seulement la manière dont les actes brutaux sont normalisés, pratiqués et régulés, mais ses effets s’observent également dans la définition même du geste violent.

La surreprésentation masculine invite à porter le regard plus spécifiquement sur les liens entre masculinités et violence. Dans cette perspective, il ne suffit pas seulement de penser aux normes de la virilité et au code d’honneur masculin. En effet, l’historiographie a démontré la richesse d’une approche intersectionnelle qui prend en considération l’ensemble des hiérarchies sociales. Penser les normes, les expériences et les représentations de manière dynamique et plurielle, au sein même de la catégorie du masculin, permettrait d’apporter un éclairage approfondi sur les liens entre violence et genre.

Intimement liée à l’expérience sensible, l’histoire de la violence bénéficierait grandement de l’apport de l’histoire des émotions, qui s’est imposée depuis une vingtaine d’années comme un champ de recherche dynamique et en constant renouvellement. Les émotions, renvoyées à de simples mécanismes corporels, ont longtemps été considérées comme anhistoriques. Ce désintérêt découle des paradigmes dichotomiques qui structurent la pensée occidentale, tels que nature-culture, conscient-inconscient, langage-expérience, qui opposent raison et émotions pour rejeter les affects dans la sphère physiologique. Depuis quelques décennies, de nombreux travaux, émanant notamment des médiévistes, se sont emparés de l’univers affectif et ont démontré que les émotions évoluent également en fonction du contexte historique (Boquet, Lett: 2018; Nagy: 2018, 2020, 2021; Rosenwein: 2006, 2015, 2017). Alors que les premières synthèses sur ce champ historiographique commencent à être formulées, les liens entre violences, masculinités et émotions demeurent encore peu explorés (Corbin, Courtine, Vigarello: 2016 ; Broomhall: 2015).

Ce colloque propose d’interroger l’évolution de la violence sur la longue durée. L’articulation entre masculinités, violence et émotions adopte des formes et des enjeux différents selon le contexte historique dans lequel elle s’inscrit. La violence étant pensée et définie de manière variable d’une époque à une autre, ou d’un discours à un autre, la thématique interrogée est aussi révélatrice des enjeux culturels et de l’imaginaire propre à un moment historique.

L’objectif de cet événement consiste donc à s’interroger sur cet impensé historique en traitant premièrement de la question des sources, qui varie selon les époques et impacte la représentation du rapport entre violence, genre et émotions. Comment appréhender les émotions masculines dans les archives, avec quels documents et quelle méthodologie ? Quelles sont les particularités et difficultés posées par cette approche ? En parallèle, quelle est l’expérience émotionnelle des historien-nexs face aux sources de la violence ?

Il s’agira également de questionner le rôle des émotions dans le discours produit autour de la violence. Les expériences émotionnelles sont-elles mobilisées dans les récits, par exemple pour justifier de la violence des hommes ? Dans quelle mesure font-elles écho à des structures narratives préétablies ? Que disent-elles des identités de genre et des stratégies individuelles ? Font-elles également objet de réappropriations, y compris de la part des femmes ? Existe-t-il des différences de genre dans les témoignages et les descriptions ?

Ce colloque propose troisièmement de s’intéresser au rôle des émotions comme moteur d’engagement masculin dans l’action violente, qu’elle soit d’ordre politique ou interpersonnelle. Dans cette perspective, des événements de grande ampleur (moments révolutionnaires, troubles collectifs…) pourraient être étudiés spécifiquement. Les périodes de bouleversements sont également propices à des transgressions affectives qui amènent à une fluidité nouvelle dans les délimitations sociales et culturelles des frontières de genre.

Modalités de contribution

Pour toute proposition de participation, merci de renvoyer à l’adresse ci-dessous un titre, un résumé de 500 mots maximum, ainsi qu’une brève bio-bibliographie, en français ou en anglais

avant le 15 mars 2023. 

Adresses de contact : clarissa.yang@unige.ch; eleonore.beck@unige.ch.

Informations pratiques

Le colloque se tiendra les 19 et 20 octobre 2023 à Genève.

Le comité d’organisation dispose d’un petit budget pour financer la venue des internant-exs qui n’ont pas d’autres possibilités de financement. Veuillez nous indiquer si vous souhaitez en bénéficier.

Comité d’organisation scientifique 

  • Francesca Arena
  • Camille Bajeux
  • Eléonore Beck
  • Loraine Chappuis
  • Anne-Lydie Dubois
  • Taline Garibian
  • Clarissa Yang

Source : Calenda

Publié dans Appel à contributions | Laisser un commentaire

Publication – « Graeco-Arabic Astronomy for Twelfth-Century Latin Readers. Ptolomeus et multi sapientum (Abraham Ibn Ezra Latinus) — Robert of Chester, Liber canonum, pt. II », éd. C. Philipp E. Nothaft

This volume makes available two little-known twelfth-century Latin sources on mathematical astronomy: the anonymous Ptolomeus et multi sapientum… (c.1145), which is attributable to the famous Jewish astrologer Abraham Ibn Ezra, and the surviving second part of Robert of Chester’s Liber canonum, which accompanied the Tables of London (c.1150). Both texts are introductory-level works originally written to educate a Latin Christian audience in the concepts and techniques involved in computing with astronomical tables. They are here presented in critical editions with facing English translations. The accompanying introductions and in-depth commentaries elucidate their significance in the context of twelfth-century Latin astronomy.

C. Philipp E. Nothaft, Ph.D. (2012), University of Munich, is a research fellow at Trinity College Dublin. He has published widely on the history of chronology, calendars, and astronomy in medieval Europe, including Medieval Latin Christian Texts on the Jewish Calendar (Brill, 2014).

Table des matières : ici

Informations pratiques :

Graeco-Arabic Astronomy for Twelfth-Century Latin Readers. Ptolomeus et multi sapientum (Abraham Ibn Ezra Latinus) — Robert of Chester, Liber canonum, pt. II, éd. C. Philipp E. Nothaft, Leyde–Boston, 2022 ; 1 vol., XII–357 p. (Time, Astronomy, and Calendars, 12). ISBN : 978-90-04-52691-4. Prix : € 164,00.

Source : Brill

Publié dans Publications | Laisser un commentaire

Appel à contribution – Texte parodique au Moyen Âge et concept de « parodie » dans les études médiévales

Colloque international organisé dans le cadre des colloques franco-russes qui se sont déroulés de 2004 à 2021 à Moscou.

Texte parodique au Moyen Âge et concept de « parodie » dans les études médiévales

27 au 30 août 2024, MSH de Clermont-Ferrand



Les dernières décennies ont été marquées par l’intérêt qu’a porté la critique à la parodie, y compris la parodie médiévale à laquelle des articles, des ouvrages critiques et des colloques, dont les actes sont publiés, ont été consacrés[1]. On y rappelle, conformément à la conception moderne de la notion, que la parodie est, étymologiquement, « un palimpseste dans lequel jamais l’hypotexte ne se laisse oublier sous la récriture dont le paradoxe est de le présenter sans cesse tout en le pervertissant, tout en remplaçant la convenance par la disconvenance »[2], mais il ressort aussi de différentes études que le concept de « parodie » prend une signification spécifique dans la production littéraire médiévale. Ainsi, selon Madeleine Jeay, la définition de parodie comme imitation d’un texte précis dans le but de le ridiculiser, telle qu’elle est donnée à l’époque moderne, n’est pas applicable à la littérature médiévale. À l’appui d’un article de Sanda Galopensia-Erutescu, M. Jeay considère que la parodie médiévale, à la différence des parodies plus tardives, a un caractère archaïque et syncrétique ; il est important de souligner pourtant que S. Galopensia-Erutescu, quant à elle, ne mentionne que brièvement la parodie de l’Antiquité, en se fondant principalement sur les travaux de M. Bakhtine, sans prêter une attention à la parodie médiévale. Tout en insistant sur la spécificité de la parodie du Moyen Âge, Madeline Jeay ne juge pas cependant inapproprié d’employer le terme en question pour les études médiévales. Elle constate, en fin de compte, qu’à l’époque médiévale la parodie est polyfonctionnelle et qu’il est difficile de la distinguer du jeu littéraire, de l’ironie et de la satire, avant d’être amenée à reconnaître que la réception du texte comme texte parodique est hautement subjective, et que l’effet parodique est créé non seulement par l’écriture mais aussi par la lecture[3]. 

De son côté, Jean-Claude Mühlethaler relève dans « À la recherche de la parodie médiévale »  que le désir de voir de la parodie dans chaque texte comique vide le terme de son sens, et il prévient contre un usage trop large de l’emploi de celui-ci[4]. Dans un autre article il propose une définition de la parodie médiévale, proche de celle qui est utilisée pour l’analyse de la littérature de l’époque moderne : selon lui, la parodie reproduit dans un registre ludique certains éléments de son modèle, les plaçant « sous un éclairage inattendu, de manière à interpeller le lecteur qui, prenant un recul nécessaire, est amené à s’intéresser — ne serait-ce qu’un instant — au procédés de l’écriture plutôt qu’à l’histoire »[5]. D’autre part, J.-C. Mühlethaler associe le concept de « parodie » au repérage des liens intertextuels entre l’œuvre analysée et d’autres textes : étudiant les Cent nouvelles nouvelles, il montre l’existence des liens de ce type entre les nouvelles et plusieurs œuvres de la littérature médiévale, parfois chronologiquement éloignées (liens qui ne nous apparaissent pas toujours avec évidence), signalant alors qu’un texte « renverse » l’autre et qualifiant le premier de « parodique »[6]. Le critique souligne que la possibilité de repérer ces liens dépend de l’horizon intellectuel du lecteur, en reconnaissant, comme M. Jeay, que la réception du texte comme parodique est dans une large mesure subjective. 

Estelle Doudet propose de distinguer la parodie, le pastiche et la satire : la proximité de ces trois formes de comiques est grande, car ils exigent de la part de l’auteur un « travail sur la fonction poétique du langage », si ce n’est que, d’une part, à la différence de la satire, parodie et pastiche n’ont pas de référent, et que, d’autre part, la parodie se caractérise par une « intention de travestissement comique ou ironique du texte-source ». Reste qu’en analysant les farces de Pierre de Lesnaudrie, E. Doudet associe étroitement parodie, pastiche, satire, ironie et tous les jeux intertextuels[7]. 

Étudiant la complainte du Roman de Fauvel remanié de Chaillou de Pestain (BnF, fr. 146), Thibaut Radomme met lui aussi en perspective satire et parodie pour montrer que celle-ci est au service de celle-là, et il relève des critères internes et externes permettant d’identifier le discours parodique[8]. L’écriture de la complainte du Roman de Fauvel l’amène à formuler une définition de la parodie très proche de celle qui est couramment retenue : elle consiste « en l’imitation et le détournement d’un modèle (texte ou discours) relevant d’une norme esthétique (langagière, stylistique, générique, etc.) propre à un domaine d’autorité́ particulier (littéraire, religieux, juridique, médical, etc.). La complainte produit par « le mécanisme du dévoiement esthétique, un contre‐texte (ou contre‐discours), voire un anti‐texte (ou anti‐discours). » 

Pour sa part, Élisabeth Gaucher prend, semble-t-il, des distances avec l’emploi trop large du terme « parodie ». Soulignant le fait, à la suite d’autres chercheurs, que le mot est absent des traités médiévaux, elle préfère évoquer non pas la parodie en tant que telle, mais « un esprit parodique » : les textes qui en portent la marque usent de clichés littéraires et contribuent non pas à la critique, mais au renouvellement de la littérature. Elle rapproche, apparemment, la parodie médiévale du procédé que les formalistes russes nommaient une « estrangisation » ou « défamiliarisation »[9]. Ce sont eux, ainsi que Mikhaïl Bakhtine qui ont donné au concept de parodie son sens le plus large, comme c’est le cas pour Victor Shklovsky, Iouri Tynianov, Boris Tomachevsky qui ont accordé une attention particulière à l’écriture parodique. Pour Shklovsky qui est à l’origine du concept de l’« estrangisation » du procédé artistique, le roman parodique est un phénomène typique de la littérature mondiale ; Tomachevski, lui, définit la parodie comme « estrangisation » du procédé qui, faisant partie du sujet de l’œuvre, a pour but de ridiculiser et de démasquer l’école littéraire de l’adversaire (Théorie de la littérature. Poétique, 1925)[10] ; Tynianov, pour sa part, insiste sur l’« augmentation des sens » que la parodie permet.

S’appuyant sur les travaux d’Olga Freydenberg, Mikhaïl Bakhtine, à la fois principal opposant des formalistes et leur interlocuteur privilégié, pensait qu’une des fonctions importantes de la parodie de l’Antiquité et du Moyen Âge consistait à ressusciter les genres et les formes littéraires. Selon lui, presque tous les genres de discours, ainsi que les genres littéraires ont leurs analogues parodiques (cf. la remarque de Freydenberg: « au début tout ce qui était le plus sacré fut parodié »). D’après lui aussi, les genres parodiques ne reproduisent pas la forme de l’objet de parodie ; d’autre part, l’un des facteurs permettant de créer de la parodie réside dans la présence d’une distance entre l’auteur et l’objet qu’il représente dans son œuvre[11].

Nous proposons de revenir sur les problèmes que pose la parodie afin de comprendre si sa convocation est efficace pour analyser les littératures médiévales, et afin de voir si l’emploi de ce terme est pertinent. Suivant cette perspective, il convient de déterminer la possibilité de distinguer la parodie médiévale des autres formes de ridiculisation et de critique d’un texte ou d’un groupe de textes. D’autre part, il convient aussi de voir si les littératures médiévales permettent de retrouver les différentes formes de la parodie — notamment celles qui correspondent à la notion de parodie au sens étroit du terme (c’est-à-dire la parodie d’un texte précis), et celles qui ressortissent à une notion de parodie au sens large.

Dans ce but, une attention particulière peut être portée aux questions suivantes.

(a) La critique et le concept de parodie :
Comment s’explique l’intérêt pour la parodie dans l’histoire de la critique littéraire et, en particulier, pour la parodie médiévale ? Quelles en sont les causes au XXe-XXIe siècle et dans quel contexte intellectuel, littéraire, philosophique s’inscrivent-elles ? Par ailleurs, est-il possible de penser que la recherche des liens intertextuels, qui sont l’une des directions majeures de la critique contemporaine, entraîne la qualification des textes comme « parodiques » ? Et, si c’est bien le cas, le critique, n’attribue-t-il pas des traits parodiques à un texte qui, dans le contexte médiéval, ne les avait pas ?

(b) L’œuvre « parodique » et sa réception par le lecteur médiéval : 
Le lecteur médiéval, est-il capable d’apprécier les aspects parodiques du texte qui semble les avoir, aux yeux du critique de notre époque ? Si oui, quelles données faut-il convoquer pour en témoigner ? Suivant cette perspective se pose aussi la question de savoir comment repérer le comique dans des textes médiévaux. 

(c) Parodie et contexte :
La parodie est-elle un instrument universel ou, au contraire, chronologiquement limité ? Existe-t-il des conditions — sociales, littéraires — justifiant l’apparition et le développement d’une écriture parodique ou, au contraire, son retrait et sa disparition ? Jelle Koopmans, notamment, a montré, à partir des œuvres de Pierre de Lesnauderie, l’importance du contexte politique pour saisir la dimension parodique des textes dramatiques : c’est dans le cadre de l’“inversion festive”, cadre des débats et des enjeux, qu’elle donne sa pleine mesure[12]. 

(d) Parodie et rhétorique :
Comme les chercheurs l’ont relevé à plusieurs reprises, la parodie n’est pas mentionnée dans les arts poétiques médiévaux[13]. On l’a rapprochée de la satire, de l’ironie, de l’antithèse, parfois de la plaisanterie, du bon mot (avec un renvoi à Quintilien, VI, 3, 96-98), et, si on utilise la terminologie contemporaine, du « renversement », de l’« inversement », du « déplacement » et du « pastiche »[14]. Y-a-t-il d’autres termes auxquels la parodie médiévale peut être associée ? Est-il possible de trouver des dénominations génériques et des titres donnés par les auteurs à leurs œuvres susceptibles de mettre au jour leur caractère parodique ?[15]

(e) Parodie et genre
Certaines études associent la question de la parodie avec celle des genres littéraires médiévaux[16]. Toutefois, comment concilier l’usage de la notion de « genre », généralement contestée par la critique, notamment par Paul Zumthor, en raison de l’instabilité des formes narratives médiévales, avec la notion de parodie ? Peut-on envisager que tous les genres littéraires puissent faire l’objet d’une parodie ? Ou cette possibilité est-elle limitée à certains types de textes ?

(f) Parodie et écriture :
Un rapprochement entre la parodie médiévale, d’une part, la satire et l’ironie, d’autre part, permet-il de conclure à l’indépendance de la première ? Quels sont les rapports entre la parodie et des expressions comme « poésie ludique » ou « dimension ludique » ? L’ironie, on le sait, irrigue les chansons des troubadours et des trouvères, des épisodes comiques ne sont pas absents des chansons de geste et le rabaissement ironique est perceptible dans les romans de Chrétien de Troyes, etc., pourtant peut-on, en l’occurrence, parler pour autant de parodie ? Enfin, ne faut-il pas supposer que le contre-texte, pour devenir parodique et se distinguer de l’ironie et des autres espèces de critique, doive en présenter certaines caractéristiques formelles ?

(g) Parodie et discours religieux :
Comment se définit le concept de parodie sacrée, quelles en sont les formes littéraires et quel en est le statut au Moyen Âge ? Entre plaisir festif et interdiction, quelle relation ce type de parodie entretient-il avec la société et la culture médiévales[17] ? 

Comité organisateur du colloque :

Ludmilla Evdokimova (Institut de Littérature mondiale Moscou / Université Saint-Tikhon Moscou) ;
Natalya Dolgoroukova (École des Hautes Études en Sciences Économiques Moscou)
Françoise Laurent (Université Clermont Auvergne Clermont-Ferrand)

Modalités de participation :

Les propositions de communication accompagnées d’un argumentaire d’une dizaine de lignes et d’un bref curriculum vitae sont à envoyer avant le 30 juin 2023 à :
ludmila.evdokimova@gmail.com
Natalia.dolgoroukova@gmail.com
francoise.laurent@uca.fr

Après évaluation du comité organisateur, les résultats de la sélection des contributions seront diffusés le 3 septembre 2023.

Langues de travail : français, anglais.

Les Actes du colloque seront publiés comme ceux de tous les colloques franco-russes qui ont précédé. 

 
[1] Cf. en particulier les actes des colloques : Burlesque et formes parodiques dans la littérature et les arts : actes du colloque de l’Université du Maine (Le Mans, du 4 au 7 décembre 1986), Isabelle Landy-Houillon, Maurice Ménard dir., Seattle, Tübingen, W. Leiner, 1987 ; Formes de la critique : Parodie et satire dans la France et l’Italie médiévales, Jean-Claude Mühlethaler avec la collaboration d’Alain Corbellari et de Barbara Wahlen dir., Paris, Champion, 2003 ; Formes et fonctions de la parodie dans les littératures médiévales : actes du colloque international, Zurich, 9-10 décembre 2010, Johannes Bartuschat, Carmen Cardelle De Hartmann éds., Firenze, Edizioni del Galluzzo, 2013 ; Parodies courtoises, parodies de la courtoisie, Margarida Madureira, Carlos Clamote Carreto et Ana Paiva Morais dir., Paris, Classiques Garnier, 2016. — N’ayant pas la possibilité d’énumérer de nombreux travaux consacrés à la parodie, mentionnons toutefois le numéro spécial de la revue Cahiers de recherches médiévales et humanistes, v. 15, 2008 (Tentation du parodique dans la littérature médiévale). 
[2] Eglal Doss- Quinby, Marie-Geneviève Grossel et Samuel N. Rosenberg, « Sottes chansons contre Amours », Parodie et burlesque au Moyen Âge, Paris, Champion, 2010, p. 25.
[3] Madelaine Jeay, « Polyphonies textuelles. Écriture de la parodie », Parodies courtoises, parodies de la courtoisie, op. cit., p. 360-361 (avec renvoi à Sanda Galopensia-Erutescu, « Parodie, pastiche et textualité », Le singe à la porte. Vers une théorie de la parodie, textes rassemblés et édités par Groupar, New York, Peter Lang, 1984, p. 117-133, notamment p. 122), p. 384-385.
[4] Jean-Claude Mühlethaler, « Préface. À la recherche de la parodie médiévale », Formes de la critique : parodie et satire dans la France et l’Italie médiévales, op. cit., p. 7-14, ici p. 11-12, citation p. 8.
[5] J.-C. Mühlethaler, « Renversement, déplacement et irradiation parodiques. Réflexions autour du Conte du papegau », Poétique, t. 157, 2009, p. 3-17.
[6] J.-C. Mühlethaler, « Irradiation parodique et logique de recueil : l’exemple des Cent nouvelles nouvelles », Formes et fonctions de la parodie dans les littératures médiévales, op. cit., p. 193-212. Ainsi, en analysant la nouvelle n°46 où les amants se donnent aux plaisirs d’amour sous le poirier, J.-C. Mühlethaler inclut dans son analyse le contexte biblique avec l’arbre du Paradis, puisque le poirier lui ressemble, Le Roman de la poire, les Confessions de saint Augustin puisqu’il avoue d’avoir volé les poires ou encore du Cligès de Chrétien de Troyes, car la chute de la poire a réveillé Fénice. En analysant la nouvelle n°45 où le nom du héros est « donne Marguerite », il suppose que ce nom renvoie à sainte Marguerite de la Légende dorée de Jacques de Voragine et conclut que la nouvelle est une vie de sainte parodique (p. 202-203 ; 206-207). — Pour la parodie et l’intertextualité voir également M. Jeay, « Polyphonies textuelles. Écriture de la parodie », Parodies courtoises, parodies de la courtoisie, op. cit., p. 360.
[7] E. Doudet, « Parodies en scène. Textes et contextes dans le théâtre de Pierre de Lesnauderie (Caen, 1493-1496) », Cahiers de recherches médiévales et humanistes, t. 15 (Tentation du parodique dans la littérature médiévale), op. cit., p. 31-43, citation : p. 32; cf. également p. 36, 40, 42, 43.
[8] Cf. Thibaut Radomme, « Satire et parodie dans la ‘Complainte’ du Roman de Fauvel remanié de Chaillou de Pestain (Paris, BnF, fr. 146) : pourquoi et comment rit-on des puissants au XIVe siècle », dans Le rire : formes et fonctions du comique. Actes du colloque de Lausanne (9-10 juin 2016), Marta Caraion, Laurence Danguy, dir., 2017 ; consultable en ligne sur HAL.
[9] É. Gaucher, « Avant-propos », Cahiers de recherches médiévales et humanistes, t. 15 (Tentation du parodique dans la littérature médiévale), op. cit., p. 1-2, ici p. 1. 
[10] Pour la traduction française de ces ouvrages, cf. Théorie de la littérature. Textes des formalistes russes, réunis, présentés et traduits par Tzvetan Todorov, préface de Roman Jacobson, Paris, Seuil, 1966, p. 263-307.
[11] Cf. son ouvrage « Эпос и роман » (« Épopée et roman »).
[12] Jelle Koopmans, « La parodie en situation. Approches du texte festif de la fin du Moyen Âge », CRMH, 15, 2008. 
[13] É. Gaucher, « Avant-propos», Cahiers de recherches médiévales et humanistes, t. 15 (Tentation du parodique dans la littérature médiévale), op. cit., p. 1-2, ici p. 1. 
[14] J.-C. Mühlethaler, « Récriture et parodie : l’idéal chevaleresque et l’idéal politique à l’épreuve du Livre du Cuer d’amours espris de René d’Anjou », Formes de la critique : Parodie et satire dans la France et l’Italie médiévales, op. cit., p. 235-259, en particulier p. 247 ; J.-C. Mühlethaler, « Irradiation parodique et logique de recueil : l’exemple des Cent nouvelles nouvelles», Formes et fonctions de la parodie dans les littératures médiévales, op. cit., p. 193-212, ici p. 194, 199, 201, 205, 207. De plus: E. Doudet, « Parodies en scène. Textes et contextes dans le théâtre de Pierre de Lesnauderie (Caen, 1493-1496) », op. cit.
[15] Cf. en particulier Jelle Koopmans, « La parodie en situation. Approches du texte festif de la fin du Moyen Âge », op. cit., p. 89, qui cite certaines de ces nominations pour la littérature de la fin du Moyen Âge (adj. « joyeux »).
[16] Cf. en particulier : Isabelle Arseneau, Parodie et merveilleux dans le roman dit réaliste au XIIIe siècle, Paris, Classiques Garnier, 2013. – É. Gaucher, « Avant-propos », Cahiers de recherches médiévales et humanistes, t. 15 (Tentation du parodique dans la littérature médiévale), op. cit., p. 2; en outre : Elizabeth Dearnley, « Parody, Transexualyty and the Breton Lay », Parodies courtoises, parodies de la courtoisie, op. cit., p. 235-248; Chiara Concina, « Quelques notes sur les jeux-partis parodiques », ibid., p. 403-415; Marie-Geneviève Grossel, « Intertexe et contre-texte, l’exemple de la sotte chanson », ibid., p. 279-291. 
[17] Voir Jelle Koopmans et Paul Verhuyck, Sermon joyeux et truanderie, Amsterdam, Éditions Rodopi, 1987 ; Jelle Koopmans, Recueil de Sermons joyeux, Genève, Droz, 1988. 

Source : Fabula

Publié dans Appel à contributions | Laisser un commentaire

Exposition – Bruegel and his Time

Exhibition: 15 February – 24 May 2023

Albertina
Albertinaplatz 1
1010 Vienna (Wien)
Austria

Sensitive chiaroscuro drawings, critical morality pieces, portraits, or expansive landscapes: virtually no other period of European history witnessed such an astounding variety in the art of drawing as sixteenth century Netherlands. With sublime technical virtuosity and extraordinary inventiveness, artists created images of their radically changing world, in which the Reformation, expanding colonial trade and increasing urbanization led to a profound renegotiation of societal norms. Whether in cartoons for the windows of imposing cathedrals and private residences or in sketches for precious luxury objects, paintings, and prints, drawing found a wide range of applications. At the same time, works on paper also came to be regarded as a means of autonomous artistic expression, receiving new-found attention among the wealthy elites as valuable collectors’ items.

The exhibition at the ALBERTINA Museum presents a selection of some 90 works from the museum’s own holdings that exemplify this incomparable flourishing of drawing practices. Alongside famed masterpieces by Pieter Bruegel the Elder and outstanding drawings by artists such as Jan de Beer, Maarten van Heemskerck or Hendrick Goltzius, several newly restored works will be presented to a broader public.

Source : Codart

Publié dans Exposition | Laisser un commentaire

Appel à contribution – La Ville : représentation, matérialité, spatialité

Jeudi 6 et vendredi 7 avril 2023

Ces journées d’études sont organisées par JANUA, l’association des étudiants de master et doctorants de l’Université de Poitiers qui regroupe les laboratoires HeRMA (Hellénisation et Romanisation dans le Monde Antique), CESCM (Centre d’Études Supérieures de Civilisation Médiévale) et CRIHAM (Centre de Recherches Interdisciplinaires en Histoire, Histoire de l’Art et Musicologie). L’objectif de ces deux journées d’études est de présenter les travaux de jeunes chercheurs sur le thème « La Ville : représentation, matérialité, spatialité », dans une perspective pluridisciplinaire et méthodologique. Ce thème, large et foisonnant, est un objet d’études pour de nombreuses disciplines et intéresse toutes les périodes historiques.

L’étude de l’espace urbain est très ancienne ; elle connaît cependant un essor aux XVIe et XVIIe siècles. Les érudits Humanistes, mais aussi les congrégations religieuses s’emparent de ce sujet. L’accent est alors mis sur la ville comme lieu de pouvoir, sur les symboles de puissance qui la parsème ou encore sur les grands hommes qui sont à son origine. Au XIXe siècle, les études urbaines se démultiplient dans un contexte de mutations profondes des structures urbaines, en lien avec l’industrialisation. Les villes croissent et les populations augmentent de manière exponentielle. C’est dans cette même optique que sont réalisées les études de la ville dans la première moitié du XXe siècle : la population urbaine explose et passe de 55% au milieu du siècle à 85% à son terme. Dans la seconde moitié du XXe siècle, la ville est un objet de recherche particulièrement l’école des Annales, qui consacre notamment, en 1970, un numéro spécial des Annales d’histoire économique et sociale sur l’ « Histoire et urbanisation ». La ville a longtemps été étudiée donc au niveau social culturel et politique. Les études archéologiques ne sont pas en reste, en raison notamment des destructions occasionnées par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Ces dernières se sont multipliées depuis, bien que les synthèses globales soient difficiles, la définition de la ville sur une période aussi large étant difficile.

Les formes ainsi que l’organisation des ensembles urbains changent en fonction de l’ère chronologique et géographique. La définition de la ville change selon le contexte spatio-temporel. Ces mutations urbaines s’appuient à la fois sur une continuation, une réappropriation des structures précédentes ainsi que sur des transformations plus profondes. Les villes sont des structures essentielles des régions dans lesquelles elles se situent, rassemblant des fonctions de pouvoir, administratives et religieuses ; trois domaines liés jusqu’à la fin de la période médiévale au moins. La ville est structurante démographiquement, réorganisant les dynamiques entre les différentes catégories sociales, mais également économiquement. La ville entretient des centres d’échanges aux longues ramifications, bien plus que ceux de la campagne. Par son activité artisanale, puis industrielle, la ville demeure un centre de production. Précédées par le système aristotélicien du Lycée antique, les universités fleurissent à partir du XIIe siècle, renforçant la ville comme un centre intellectuel et culturel.

Dans cette optique, les présentations pourront être organisées selon trois axes différents :

  • Le premier axe s’articulera autour des représentations de la ville : comment la ville et ses habitants sont pensés, représentés dans les arts visuels et littéraires ? Le paysage urbain est une “image fragmentaire de la ville”, mais il manque ici un élément : la ville se caractérise surtout par une multiplicité ? “surtout la multiplicité d’images”, comme le dit Maria Luiza Carrozza1. L’espace urbain est le théâtre de textes littéraires, tout comme l’objet de récits qui mettent en scène la ville en mutation, la ville industrielle ou détruite, la « ville-marché », la ville, lieu de Centre de diffusion, il est une source d’inspiration pour les artistes. Avec ses préoccupations, ses populations, et ses représentations, la ville constitue un cadre singulier : elle se différencie ainsi des milieux extra-urbains. Sa matérialité est façonnée par les innovations techniques et technologiques.
  • Le second axe abordera la ville dans son aspect matériel. La ville est conditionnée par une culture matérielle propre et singulière. Centre commercial, artisanal et industriel, la ville est un foyer de production et un carrefour dans la circulation des Elle est donc un pôle de commerce, local mais également régional voire international, et ce, toutes périodes confondues. En raison des fonctions spécifiques à l’espace urbain, l’architecture, les objets et les méthodes archéologiques doivent être pensées de façon connexe. Par ailleurs, la matérialité se traduit par les productions textuelles issues des institutions inhérentes au bon fonctionnement de la ville. Outre la représentation textuelle des institutions, la concrétisation matérielle du pouvoir passe par le paraître architectural, à l’image de Versailles comme reflet de l’absolutisme royal.
  • Le dernier axe s’intéressera à la spatialité de la ville par l’observation de ses structures matérielles et l’analyse de l’occupation de cet espace – documents planimétriques, des outils de cartographie, documentation textuelle et artistique. Parmi les divers outils d’analyse spatiale, le système d’information géographique (SIG) s’impose depuis ces dernières décennies comme majeur dans les approches historiques et archéologiques en permettant une gestion et une analyse des données issues de la densité matérielle et de la pluralité fonctionnelle des espaces spatio-temporels. Le SIG a notamment été le centre du projet ALPAGE (AnaLyse diachronique de l’espace urbain PArisien : approche Geomatique) de 2006 dirigé par Hélène Noizet . La topographie, la répartition des données spatiales, mais aussi la manière dont l’espace urbain est l’objet d’enjeux de pouvoir, d’appropriations et de représentations, sont à considérer. Les méthodes de l’analyse spatiale constituent une approche supplémentaire pour appréhender et exploiter des sources de nature différente qui relèvent de champs disciplinaires variés. À l’image du programme SICAVOR (Système d’Information Contextuel sur les Caves et Cavités d’Orléans) dirigé par Clément Alix, l’analyse spatiale permet une approche sociologique de l’espace, menant à définir une socio- topographie urbaine complexe à partir des données issues des différentes sources rencontrées, et émanant aussi bien de la suprastructure que de l’infrastructure, le tout mis en perspective dans un SIG .

Les propositions de communication (environ 500 mots) doivent être envoyées, accompagnées d’un CV, à l’adresse suivante : association.janua@gmail.com avant le 6 mars 2023.

Les communications retenues ont impérativement vocation à être publiées l’année suivante dans les Annales de Janua http://annalesdejanua.edel.univ–poitiers.fr


Une réponse sera communiquée aux intervenants sélectionnés au début du mois de mars.
L’événement se déroulera sur deux journées. L’hébergement des communicants pour deux soirs consécutifs est pris en charge par l’association, ainsi que les deux repas du midi et une partie des
frais de transport à hauteur de 50€ par intervenant. La possibilité d’effectuer des conférences en distanciel peut être envisagée.

Source : CESCM

Publié dans Appel à contributions | Laisser un commentaire

Appel à contribution – Innovationes Lovanienses: Crossroads of Knowledge Transfer between Antiquity, Middle Ages, and Renaissance

KU Leuven, 6-8 December 2023*

The XIIth Annual Conference of LECTIO in 2023 will examine the foundation and first centuries of the University of Leuven as a unique crossroads of the transfer of knowledge between Antiquity, Middle Ages and Renaissance. It serves as a stepping stone for the celebrations of 600 years KU Leuven in 2025.
Check our hashtag #Leuven1425.

Between 1425 and 1432, Louvain was founded as a rather prototypical medieval studium generale, modeled after similar institutions for higher education in Paris and Cologne, and vested with charters copied from contemporary foundations such as Rostock and Genève. At this crossroads of Europe, the University of Leuven would soon function as a distinctive nucleus for receiving and transferring ancient and modern ideas and teachings. Until the abolition of the university in 1797, scholars and students in Louvain innovated and refashioned the results of antique scholarship and schooling, both in teaching and writing, while also engaging in the renewal of the Catholic faith and discipline as a reaction to the Protestant Reformation. The

Louvain legacy of ideas, texts, and teaching practices will be situated in the European and worldwide ‘web of knowledge’ by offering transregional as well as global perspectives. The conference will examine the legacy of Louvain scholars and students and their intellectual and geographical itineraries in Europe and the broader Habsburg World.

The LECTIO conference is collaborating with Museum M on the occasion of their exhibition on Dieric Bouts, and the ‘City Festival’ in Leuven on ‘Bouts, New Perspectives’. Therefore, the conference also welcomes contributions to the visual culture at the time of Dieric Bouts in Leuven, and the new and changing perspectives he brought about. Special attention can be paid to: the impact of Modern Devotion on the iconography and functions of the devotional object (empathy & Andachtsbild, the animated devotional object, mutual gazing between Christ and the spectator), the role of new optics and scholarship (perspective, organizations of space in painting, metaphors of theater and staging, techniques to involving the spectator in space, etc.), the use of details in a non-symbolic manner (the idea of the Barthesian ‘reality effect’, the use of banality in painting), the development of the landscape in painting (the need to show real or fantasy landscapes in a changing society, the landscape as a virtual, symbolic or social space of meaning).

Confirmed keynote speakers

Susanna Berger (University of Southern California) Monica Brinzei (IRHT-CNRS)
Lidia Lanza (Lisbon)
Valentina Lepri (Warsaw)

Jacob Schmutz (UCLouvain)

Abstracts

Please send your proposal to marleen.reynders@kuleuven.be and violet.soen@kuleuven.be before 15 March 2023. Proposals should consist of a (provisional) title, an abstract of 250-300 words, and information concerning your name, current position, academic affiliation and contact details You will receive notification of acceptance no later than 15 May 2023. The conference volume will appear within the LECTIO series at Brepols Publishers in February 2025 to mark the sixth centenary of the first university foundation. Therefore, we will work with pre-circulated papers before 25 October 2023 and final submission on 1 March 2024.

Organizing committee:

Barbara Baert (KU Leuven), Wim Decock (UCLouvain), Wouter Druwé (KU Leuven), Ralph Dekoninck (UCLouvain), Wim François (KU Leuven), Violet Soen (KU Leuven), Gerd Van Riel (KU Leuven), with the assistance of LECTIO’s Managing Director Marleen Reynders

Check these online datasets about Leuven’s ‘Old University’

  • Magister Dixit (digitized college notes by Louvain students)
  • Lovaniensia & its Scholars page (printed books by Louvain scholars)
  • Manuale Lovaniense (textbooks printed for the Louvain academic market)
  • Impressae (Women printers in Louvain and Douai)
  • Dalet.be (database of the Leuven Trilingue)
  • Leonardi.DB (The Leuven Ontology for Aristotelian Diagrams Database)
  • Aristoteles Latinus Environment (DALE)
  • Impressa Catholica Cameracensia (Books printed in the francophone sister university of Habsburg Douai)
Publié dans Appel à contributions | Laisser un commentaire

Journée d’étude – Krise und Aufbruch. « Deutschland » und « Italien » im Zeitalter der Konflikte (ca. 1050–ca. 1130)

Veranstalter : Étienne Doublier, Universität zu Köln
Veranstaltungsort :Universität zu Köln, Seminargebäude, Raum S12

31.03.2023 – 31.03.2023
Deadline : 26.03.2023

Étienne Doublier (Universität zu Köln) und Enrico Fini (Università degli Studi di Firenze) laden zum Symposium des von ihnen geleiteten DFG-Netzwerks « Krise und Aufbruch. « Deutschland » und « Italien » im Zeitalter der Konflikte (ca. 1050–ca. 1130) » ein. Im Rahmen einer Posterausstellung und vier Podiumsdiskussionen sollen die in den vergangenen drei Jahren gewonnenen Erkenntnisse vorgestellt werden.

Krise und Aufbruch. « Deutschland » und « Italien » im Zeitalter der Konflikte (ca. 1050–ca. 1130)

Die Zeit um 1100 gilt als eine bedeutende Zäsur in der europäischen Geschichte. Etablierte Praktiken, Dynamiken und Strukturen wurden ab der zweiten Hälfte des 11. Jahrhunderts erfolgreich infrage gestellt, stillschweigend beiseitegelegt oder überwunden. Diesen Wandel hat die Forschung durch Kategorien und Modelle wie Kirchenreform, Investiturstreit, mutation feodale sowie Wirtschafts- und Bevölkerungswachstum erklärt, wobei sich in den einzelnen nationalen Traditionen bestimmte Ansätze und Konzepte herauskristallisiert haben.

Das von Enrico Faini und mir koordinierte DFG-Netzwerk „Krise und Aufbruch“ hat sich in den vergangenen drei Jahren hauptsächlich mit der Frage auseinandergesetzt, inwieweit bestimmte Veränderungen im ursächlichen Zusammenhang mit Aspekten des Bündels an Ereignissen und Phänomenen stehen, welche unter dem Begriff des Investiturstreits subsumiert werden. Dabei ging es nicht darum, diese und noch weitere Kategorien abzuschaffen, sondern jenseits dieser zu blicken und über komplexere Erklärungsmodelle zu reflektieren.

Um diesem Vorhaben gerecht zu werden, hat das Netzwerk die Gesamtproblematik aus vier Blickwinkeln, in komparatistischer Perspektive sowie unter Heranziehung aktueller Forschungsansätze behandelt. Die erzielten Befunde sollen nun am 31. März 2021 der interessierten Öffentlichkeit im Rahmen eines Symposiums präsentiert werden, zu dem ich Sie hiermit sehr gerne einlade. Hierzu haben wir uns nicht für eine traditionelle Tagung, sondern für ein innovatives Format entschieden, das eine Poster-Ausstellung und vier Podiumsdiskussionen umfasst.

Eine Anmeldung via Mail (e.doublier@uni-koeln.de) bis zum 26. März wird erwünscht.


Programm

10:00 Uhr
Étienne Doublier, Universität zu Köln
Eröffnungsvortrag: Jenseits des Investitur-Streits

11:00 Uhr
Posterausstellung der Mitglieder des DFG-Netzwerkes « Krise und Aufbruch »

12:30–14:00 Uhr Mittagspause

14:00–18:00 Uhr
Podiumsdiskussionen
Themenbereiche: Herrschaft, Diskurse, Netzwerke und Schriftlichkeit

Kontakt

E-Mail: e.doublier@uni-koeln.de

Source : H-Soz-Kult

Publié dans Colloque | Laisser un commentaire

Publication – Christiane Klapisch Zuber,  » Florence à l’écritoire Écriture et mémoire dans l’Italie de la Renaissance »

La Florence de la première Renaissance est une ville de négociants, d’industriels, d’artisans, de peintres. Ces hommes tiennent des livres de comptes et beaucoup ne lâchent pas la plume en rentrant chez eux. Certains se piquent même de généalogie. Si cette écriture domestique qui enregistre, calcule et transmet est la pierre angulaire de la confiance réciproque et de l’identité sociale, elle est en revanche encore mal partagée entre hommes et femmes. Celles-ci s’efforcent toutefois de s’en approprier l’usage pour participer à la vie quotidienne et à la mémoire collective de leurs lignées.

Grande historienne de la parenté et des mentalités, Christiane Klapisch-Zuber montre dans cet essai que le recours à l’écrit offre également une issue aux conflits qui mettent en cause l’honneur du groupe. Que les « livres de famille » gardent la trace des affrontements ou, au contraire, les passent sous silence, ils sont toujours au cœur des relations sociales : c’est tout l’art florentin de la mémoire.

Informations pratiques :

Christiane Klapisch Zuber, Florence à l’écritoire Écriture et mémoire dans l’Italie de la Renaissance, Paris, Éditions de l’EHESS, 2022 (EHESS Poches) ; 1 vol., 254 p. ISBN : 978-2-7132-2953-4. Prix : € 13,00.

Source : Éditions de l’EHESS

Publié dans Publications | Laisser un commentaire

Publication – Heather Tanner, « Lordship and Governance by the Countesses of Boulogne (1160–1260) »

Traditional scholarship argues that the changes fostered by the growth of royal power and feudalism in Western Europe directly impacted women’s public power and authority in the later twelfth and thirteenth centuries. Focusing on the inheriting countesses of Boulogne (1160–1260) and their neighbours in northern France, this monograph investigates the influence of the rise of centralized government on elite women’s power. This chronological and comparative analysis highlights successive countesses’ governance of inherited lands, the roles they played in their spouses’ lands and in political affairs outside their inherited lands, along with crucial assessments of the social identity and status of the family. It challenges the established interpretation and shows that the establishment of feudalism did not curtail elite women’s access to or exercise of lordship to any significant degree.

Table des matières :

Introduction

Chapter 1: Mothers and Daughters: The Private Lives of the Countesses of Boulogne

Chapter 2: The Law, the Fief, and the Heiress

Chapter 3: By Order of the Countess: Lordship and Governance

Chapter 4: The Countesses’ Dynastic, Religious, and Spousal Powers

Chapter 5: Power and Persuasion: Politics and Diplomacy

Chapter 6: Patronage and Commemoration

Conclusion

Appendices

Bibliography

Informations pratiques :

Heather Tanner, Lordship and Governance by the Countesses of Boulogne (1160–1260), Leeds, ARC Humanities Press, 2023 ; 1 vol., 177 p. (Gender and Power in the Premodern World – ARC). ISBN : 978-1-80270-010-7. Prix : € 123,00.

Source : Amsterdam University Press

Publié dans Publications | Laisser un commentaire