Conférence – Amélie Vallée, « L’occupation mérovingienne du bassin de la Meuse moyenne à travers les données archéologiques »

Voici, grâce à la révision de l’ensemble des données archéologiques, un bilan de l’occupation mérovingienne du bassin de la Meuse moyenne, et notamment de la région namuroise. Cette analyse spatiale permet d’observer les dynamiques d’occupation du territoire, tant en milieu urbanisé qu’en milieu rural, et d’identifier les changements intervenus à partir de la fin du Bas- Empire.

Informations pratiques :

20 juin 2023, 12h30-13h30

Bourse, place d’Armes (Namur)

L’entrée est gratuite et sans réservation

Source : Société royale Sambre et Meuse

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Appel à contribution – Les sexualités ecclésiastiques et le corps social, Moyen Âge – époque moderne

English version below

Colloque international, Université Grenoble Alpes, 17-19 avril 2024

Les sexualités ecclésiastiques et le corps social (Moyen Âge – époque moderne)

Organisation : Véronique Beaulande-Barraud, UGA-LUHCIE

La sexualité du clergé a été abordée dans l’historiographie sous l’angle essentiellement de la ou des réforme(s) de l’Église, vue(s) du côté latin comme un long combat pour imposer le célibat et l’abstinence, s’opposant plus ou moins explicitement aux églises orientales, et à partir du XVIe siècle « protestantes », qui autorisent ou encouragent le mariage d’une partie au moins de leurs ministres du culte. Les travaux du dernier quart du XXe siècle ont ainsi tenté d’évaluer l’échec ou le succès relatif de ce combat, à partir d’une documentation plus pratique que normative. L’enquête s’est focalisée sur cette question du célibat, en reprenant un modèle clérical considéré comme idéal, avant sa remise en cause par les protestants, et a laissé de côté des pans entiers du sujet, théoriques (la réflexion juridique et théologique sur les liens entre sacerdoce, ministère et état de perfection morale) et pratiques (tant sur la « normalité » sexuelle que sur la sexualité proprement dite ou sur les modalités de correction des «déviances» cléricales). Seul le «tournant grégorien» a été traité plus largement, avec notamment des études sur les fondements théoriques de l’évolution faisant du célibat ecclésiastique un enjeu majeur du gouvernement de l’Église.

Plus récemment, différentes perspectives ont émergé, sur le long terme historique, ancrant la réflexion historique sur les sexualités ecclésiastiques dans une histoire du genre et de l’anthropologie chrétienne. Une histoire socio-culturelle des pratiques sexuelles des ecclésiastiques, hommes et femmes, réguliers et séculiers, et pour les siècles modernes catholiques et protestants, apparaît possible. Le colloque du printemps 2024, situé dans la continuité de deux journées d’études tenues en 2021 et 2022 à l’université Grenoble-Alpes, s’intéressera particulièrement à la manière dont le corps social dans son ensemble (clergé compris), envisage la sexualité des ecclésiastiques, qu’il s’agit de penser comme une pratique sociale et culturelle, ancrée dans des normes de comportement qui contribuent à fixer les rapports entre clercs et non-clercs, ministères et fidèles, hommes et femmes, en même temps que ces rapports influencent ces comportements.

Plusieurs axes de réflexion sont envisagés :

1. Quelle place tient la sexualité dans la définition du clergé et de l’Église militante ? Si le colloque veut cerner les pratiques, on sait que le discours, notamment juridique et théologique, d’une part ne peut pas être analysé indépendamment de son ancrage dans la société qui le produit, d’autre part entend influencer cette société et normer les comportements. Cette question se pose dans toutes les Églises, qu’elles aient fait le choix du célibat consacré ou au contraire du mariage de ses ministres.

  1. Quelles sont les pratiques sexuelles effectives des hommes et des femmes qui composent les clergés du Moyen Âge et des siècles modernes ? Des études de cas permettront d’éclairer les réalités de ces pratiques, dans la gamme la plus large possible. Sans prétendre à l’exhaustivité, pourront être sollicitées les archives des officialités, les registres des consistoires protestants, les actes des synodes et conciles, les consultations juridiques et théologiques, les archives de la Pénitencerie apostolique, les procès-verbaux de visites pastorales…. La dimension comparatiste sera ici essentielle, tant entre confessions pour l’époque moderne, qu’entre espaces pour toute la période considérée. Le colloque permettra, dans l’ouvrage collectif qui suivra, d’établir une typologie des pratiques évoquées par la documentation : concubinage de longue durée, « vagabondage » sexuel, pratique homosexuelle, adultère, recours à la prostitution, place du viol…
  2. Le traitement, pénitentiel et/ou pénal, de la sexualité ecclésiastique délinquante par les Églises pourra être abordé. Il s’agira notamment de cerner ses modalités différenciées selon le clergé, la pratique, la période.
  3. Enfin, on s’efforcera de comprendre la perception de la sexualité ecclésiastique hors de la sphère cléricale, en s’interrogeant notamment sur les dénonciations des clercs concernés, sur le poncif littéraire du clerc paillard, sur l’utilisation de l’inconduite sexuelle pour imposer l’autorité de l’État sur l’Église… Les sources littéraires et iconographiques (entre autres) trouveront ici toute leur place.

Les communications dureront 25 à 30 minutes (en fonction du programme établi). Dans la mesure du possible, les frais de mission en Europe seront pris en charge.

Les propositions de communication, d’une quinzaine de lignes, sont attendues pour le 30 septembre 2023. Elles doivent être adressées à veronique.beaulande-barraud@univ-grenoble-alpes.fr .

Le colloque donnera lieu à un volume collectif, dont les textes seront attendus pour l’automne 2024. Comité scientifique :

Jean-Pascal Gay, professeur d’histoire de la théologie à l’université catholique de Louvain-la-Neuve. Yves Krumenacker, professeur émérite d’histoire moderne à l’université de Lyon III.

Corinne Leveleux-Teixeira, directrice d’étude en sciences religieuses à l’EPHE et professeure d’histoire du droit à l’université d’Orléans.

Élisabeth Lusset, chargée de recherche au CNRS.

Ecclesiastical sexuality in the West, Middle Ages – modern period

Call for papers
International conference, Université Grenoble Alpes, April 2024

cclesiastical sexualities and the society (Middle Ages – modern period)

Organiser: Véronique Beaulande-Barraud, UGA-LUHCIE

The sexuality of the clergy has been approached in historiography mostly from the perspective of the reform – or reforms – of the Church, seen on the Latin side as a long struggle for celibacy and abstinence, more or less explicitly opposed to the Eastern churches, and from the sixteenth century onwards to the « Protestant » churches, which authorised or encouraged the marriage of at least some of their ministers. Studies in the last quarter of the twentieth century have attempted to assess the relative success or failure of this struggle, based on documentation that is more practical than normative. The survey focused on the question of celibacy, using a clerical model considered ideal before it was challenged by Protestants, and left out whole areas of the subject, both theoretical (cf. the legal and theological reflection on the relations between priesthood, ministry and moral perfection) and practical (on sexual « normality » as much as on sexuality itself or on the ways in which clerical « deviances » were corrected). However, the ‘Gregorian turn’ has been dealt with in a more general way, including studies of the theoretical foundations of this development, which made ecclesiastical celibacy a major issue in the governance of the Church.

Different perspectives have emerged more recently, focusing on the long term, anchoring historical reflection on ecclesiastical sexuality in a history of gender and Christian anthropology. A socio-cultural history of the sexual practices of clergymen and women, regular and secular, and for the modern centuries Catholic and Protestant, seems possible. The spring 2024 conference, following on from two study days held in 2021 and 2022 at the University of Grenoble-Alpes, will focus particularly on the way in which the social body (including the clergy) views the sexuality of ecclesiastics, which must be seen as a social and cultural practice, rooted in behavioural norms that help to determine the relationships between clerics and non-clerics, ministries and the faithful, men and women, while at the same time influencing these behaviours.

Several questions are envisaged:

1. What role does sexuality play in defining the clergy and the militant Church? While the conference is fundamentally intended as an approach to practices, we know that discourse, particularly legal and theological discourse, cannot be analysed independently of its roots in the society that produces it, and that it also claims to influence that society and standardise behaviour. This question arises in all Churches, whether they have chosen consecrated celibacy or marriage for their ministers.

2. What were the actual sexual practices of the men and women who made up the clergy of the Middle Ages and modern centuries? Case studies will shed light on the realities of these practices, in the widest possible range. Without claiming to be exhaustive, the archives of ecclesiastical courts, the registers of Protestant consistories, the proceedings of synods and councils, legal and theological consultations, the archives of the Apostolic Penitentiary, and the minutes of pastoral visits could all be used…. The comparative dimension will be essential here, both between religious denominations for the modern period, and between spaces for the entire period under consideration. The collective book which will follow the conference could establish a typology of the practices mentioned in the documentation: long-term concubinage, sexual ‘vagrancy’, homosexual practices, adultery, recourse to prostitution, the role of rape, etc.

3. The treatment, penitential and/or penal, of delinquent ecclesiastical sexuality by the Churches could be addressed. In particular, this will involve identifying the different ways in which this is dealt with, depending on the clergy, the practice and the period.

4. Finally, we will endeavour to understand the perception of ecclesiastical sexuality outside the clerical sphere, by examining in particular the denunciations of the clerics concerned, the literary cliché of the bawdy cleric, the use of sexual misconduct to impose the authority of the State over the Church, etc. Literary and iconographic sources (among others) will play a key role here.

Papers will last 25 to 30 minutes (depending on the programme). Wherever possible, travel expenses within Europe will be covered.

Proposals for papers should be around 15 lines long and are expected by 30 September 2023 at veronique.beaulande-barraud@univ-grenoble-alpes.fr.

The conference will result in a collective volume, the texts of which are expected in autumn 2024. Scientific Committee :
Jean-Pascal Gay, professor of the history of theology at the Catholic University of Louvain-la-Neuve. Yves Krumenacker, emeritus professor of modern history at the Université of Lyon III.

Corinne Leveleux-Teixeira, research director at the EPHE and professor of law history at the University of Orléans.

Élisabeth Lusset, Research Fellow, CNRS.

Source : Sexeo

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Colloque – Ecclésiastiques, intellectuels et artistes au service du prince, en pays bourguignons et italiens (XIVe-XVIe siècles)

64e Rencontres

Ferrare, 28 septembre 2023 – 1er octobre 2023

Palazzo Bonacossi, Via Cisterna del Follo, 5 – Salone d’Onore

En collaboration avec l’Istituto di Studi Rinascimentali (Ferrare)

Avec le soutien de la Fondation pour la Protection du Patrimoine Culturel, Historique et Artisanal (Lausanne)

Programme :

Jeudi 28 septembre

(7h45 : Comité exécutif)

Dès 09h00       Accueil des participants

09h30              Mot de bienvenue par le Prof. Marco Bertozzi, Directeur de l’Istituto di Studi Rinascimentali di Ferrara

                        Réponse au nom du CEÉB par S.A.S. le Duc Léopold d’Arenberg, Président du Centre

                        Introduction au colloque, par le Prof. Giovanni Ricci (Ferrare), La Borgogna del Sud : le ragioni di un convegno

Communications (10h00-12h15)

10h00-10h30

Matteo Provasi (Ferrare), Le armi del principe. Cardinali e intellettuali protagonisti della rete di relazioni tra le corti italiane e le corti transalpine nel XVI secolo

Pause (10h30-10h45)

10h45-11h15

Monique Maillard-Luypaert (Bruxelles), Au service de Dieu et du prince : Henri de Berghes, dernier évêque-comte de Cambrai (1480-1502)

11h15-11h45

Christophe MASSON (Liège), Jean de Neufchâtel, un cardinal bourguignon en sa cour

Pause-déjeuner (libre) – reprise à 14h00

Communications (14h00-17h00)

14h00-14h30

Jean-Luc Liez (Troyes), Autour de la famille d’Amboise-Saint-Belin : un aperçu de la sculpture en Barrois-Bassigny (1475-1535)

14h30-15h00

Fabio Ventorino (Lille), Il estoit puissant et ligier a merveilles. Les armuriers italiens en pays bourguignons sous Jean sans Peur et Philippe le Bon : l’art de la fabrication au service du prince

Pause (15h15-15h30)

15h30-16h00

Laure Fagnart (Liège), Léonard de Vinci au service de Ludovic Sforza : le départ à Milan

16h00-16h30

Pierre-Gilles Girault (Bourg-en-Bresse), Le portrait d’un chanoine attribué à Simon Marmion du Philadelphia Museum of Art

18h00              Visite du Palazzo Schifanoia, par le Prof. Marco Bertozzi, Directeur de l’ISR

Repas libre

Vendredi 29 septembre

Communications (09h00-12h00)

09h00-09h30

Théo Leblond (Lille / Liège), Jean Lejeune, évêque de Thérouanne : un cardinal familier des papes dans les cercles bourguignons

09h30-10h00

François Foulonneau (Paris), Le roi et l’évêque sur l’échiquier bourguignon : Jean d’Amboise, évêque et lieutenant général

Pause (10h15-10h30)

10h30-11h00

Jacky Theurot (Besançon), Universitaires et ecclésiastiques comtois au service des princes (1423-1530)

11h00-11h30

Paolo Fabbri (Ferrare), Stili internazionali e gusti locali : suoni diversi a corte

Pause-déjeuner (libre) – reprise à 14h00

Communications (14h00-17h15)

14h00-14h30

Federica Veratelli (Parme), Lavorare a fede. La vita economica degli artisti tra Quattro e Cinquecento nelle corti italiane e borgognone

14h30-15h00

Chiara Guerzi (Bologne), Artisti e opere in movimento tra corte estense e mondo franco-borgognone

Pause (15h15-15h30)

15h30-16h00

Matthieu Marchal (Lille), A la requeste de noble et puissant chevalier et mon treshonnoré seigneur Jehan, seigneur de Crecquy et de Canappes : l’entreprise littéraire de la mise en prose au service des ambitions d’un grand seigneur bibliophile

16h00-16h30

Cristina Montagnani (Ferrare), Il neufeudalesimo dell’Inamoramento de Orlando : un sogno di impronta franco borgognona ?

16h30-17h00

Irene Reginato (Nantes), La rhétorique du « bien commun » dans le Trésor des simples de Jean Germain (1447-1451) : une réfutation de l’islam au service du duc

Repas officiel du CEÉB (19h30)

Samedi 30 septembre

Communications (09h00-12h15)

09h00-09h30

Ghislain Tranié (Paris), François de Billon, secrétaire du duc de Parme Ottavio Farnese (ca 1551-ca 1556) : penser et mettre en pratique le service du prince depuis l’espace politique italien

9h30-10h00

André Rocco (Liège), Averardo Serristori (1497-1569), un intellectuel au service de Côme Ier de Médicis ?

Pause (10h00-10h15)

10h15-11h00

Laure Chevalier et Pauline Deschamps-Kahn (Paris), Les entrées triomphales à Milan, Florence et Bologne en 1515-1516 : les artistes italiens au service de Léon X et de François Ier

11h15-12h15

Assemblée générale statutaire du CEÉB

Pause-déjeuner (libre)

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Offre d’emploi – Contrat doctoral en Littérature médiévale/Histoire de l’art médiéval (Lyon 2)

Dans le cadre d’un projet ANR (Imaginarm), l’Université Lumière Lyon 2 et le laboratoire CIHAM lancent un appel à candidature pour un contrat doctoral en Littérature médiévale/Histoire de l’art. 

Le projet IMAGINARM vise à fournir une étude exhaustive de l’héraldique arthurienne. La recherche va explorer ce phénomène depuis ses débuts au XIIIe siècle jusqu’au XVIIe siècle, d’après ses trois canaux de transmission : 1) les textes où les armoiries sont décrites 2) les enluminures des manuscrits où les artistes ont peint des armoiries reconnaissables 3) les armoriaux (des catalogues d’armoiries) qui mettent en scène les écus des chevaliers. Ces sujets vont être abordés à l’aide d’une approche interdisciplinaire combinant les apports de l’histoire, la littérature, l’héraldique, la philologie, l’histoire de l’art, l’histoire du livre. 

La/le candidat.e doctoral sera amené.e à contribuer à ce chantier, en s’intéressant en particulier au corpus des manuscrits enluminés. Il/elle va proposer une enquête interdisciplinaire, au croisement entre littérature et histoire de l’art/codicologie, portant sur le traitement de l’imaginaire chevaleresque, et entre autres de l’héraldique, dans un corpus de témoins illustrés de la fin du Moyen Âge. Le sujet de thèse sera défini conjointement avec les directeurs de recherche, et pourra être établi en fonction des compétences du candidat/de la candidate. 

Le/la candidat.e sera inscrit.e en cotutelle ou codirection entre l’Université de Lyon 2 et l’Université d’Utrecht. Il/elle sera dirigé.e par Francesco Montorsi (Université de Lyon 2, littérature) et par Martine Meuwese (Université d’Utrecht, histoire de l’art).

Dans le cadre d’un partenariat avec la BnF, le/la candidat.e sera amené.e à rédiger pour le catalogue BnF Archives et Manuscrits (BAM – https://archivesetmanuscrits.bnf.fr/) les notices signées de manuscrits étudiés par lui/elle pendant son projet doctoral.  

La personne recrutée doit être titulaire d’un master à la date de septembre 2023. Il/elle doit disposer d’une maîtrise dans l’un des domaines concernés par le projet et doit manifester d’un véritable intérêt pour la recherche. 

Les candidats doivent envoyer au responsable du projet leur CV et une lettre de motivation. La lettre de motivation (max. 3 pages) doit exposer le parcours du/de la candidat.e et son adéquation avec le poste. Elle doit inclure également un résumé du projet doctoral envisagé par la/le candidat.e (max. 1 page, avec bibliographie ; le projet pourra être revu dans une deuxième phase).

 Des entretiens auront lieu en fin juin.

Le comité de sélection est composé par Francesco Montorsi (Université de Lyon 2), Martine Meuwese (Université d’Utrecht) et Graziella Pastore (BnF) 

Durée du projet : 36 mois 

Lieu de travail : Lyon (F), Université Lyon 2, laboratoire CIHAM

Responsable du projet : francesco.montorsi@univ-lyon2.fr

Date limite de candidature : 27 juin

Source : Fabula

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Appel à contribution – La fabrique des archives et des institutions (du Moyen Âge à 1870)

Université de Strasbourg

Archives de la Ville et de l’Eurométropole de Strasbourg

Archives d’Alsace (sous réserve)

16-17 novembre 2023

Organisées par des historiens et historiennes médiévistes et modernistes travaillant dans l’axe « Sources, Éditions, Corpus » du laboratoire ARCHE à l’Université de Strasbourg, ces journées d’études souhaitent réunir des chercheuses et chercheurs s’intéressant aux fonds d’archives antérieurs à 1870, séries désignées par les archives institutionnelles contemporaines comme « closes », « figées », « anciennes », « révolutionnaires et modernes »[1].

Ces lieux d’archives que nous fréquentons, et au-delà, toute institution – comprise ici comme une « organisation », repérable par une personnalité juridique associée à un nom propre, une démarcation entre un dedans et un dehors, un corps de règles et une participation consciente de ses acteurs (Fossier et Monnet 2009 ; Buton 2011) – ont l’avantage d’offrir a priori un cadre d’étude commode : elles sont productrices et conservatrices d’archives (Revel 1995) ; leurs inventaires invitent à approcher les fonds par producteurs, tels qu’ils furent perçus par leurs « inventeurs » aux temps de naissance de l’archivistique contemporaine (fin xviiie-xixe siècle). Un des pièges est alors d’envisager les fonds conservés comme le miroir de l’institution dont elles émanent. Le récit historique risque d’être téléologique et de ne conduire qu’à démontrer l’efficacité croissante d’institutions tenues pour immuables (Richet 1973, p. 67-68). Dans leur pratique, les historiens des temps anciens savent aussi combien il faut passer outre les catégories archivistiques modelées sur le temps long pour reconstituer la production scripturaire d’une époque donnée.

Puisqu’« […] il n’y a pas d’archives sans institutionnalisation et sans déplacement » (Nathalie Piégay-Gros, 2014) et pour mettre à distance le caractère « clos », « achevé » prêté aux archives anciennes, dans ces journées d’études, il s’agira de saisir à la fois les dynamiques qui interviennent dans la transmission et la conservation des écrits formant archives et la dimension processuelle de fabrique des institutions (Guéry, 2003). Par leurs activités archivistiques, les acteurs des temps passés ont affermi les institutions (Lemaigre-Gaffier et Schapira 2019). L’intérêt porté aux liens entre archives et institutions est une manière de dénaturaliser les unes et les autres, voire d’interroger de manière réflexive la manière dont l’histoire institutionnelle a pu se saisir des archives comme d’une évidence.

Afin de dépasser la naturalisation des archives et des institutions, nous proposons de mettre l’accent sur les dynamiques de transmission archivistique.

Le premier volet s’intéressera aux politiques d’archivage, quifondent et traduisent les dynamiques de mise en forme et de transmission. Des travaux récents ont montré les bénéfices qu’il y avait à étudier les constructions archivistiques au sein d’institutions qui n’étaient pas dévolues au premier chef à l’archivage (Chapron et Henryot 2023) : on s’intéressera donc ici aussi bien à une université, une abbaye, une municipalité, qu’à un secrétariat d’État ou une cour souveraine, etc.

À défaut de règlements explicites qui définissent ce que l’on garde et ce que l’on jette, qui décide de garder et qui garde, où et comment on ordonne etc., des inventaires d’archives contextualisés peuvent exprimer en creux ces processus. S’y ajoutent, pour l’époque moderne, des mémoires historiques, des histoires d’archives. L’examen sera attentif aux classements et catégories créés, mais aussi à ce qu’ils induisent en matière de destructions, d’occultations. On pourra aussi considérer les hiérarchisations produites par les supports, les contenants et les lieux de conservation.

Un deuxième volet considérera les individus, « producteurs » et/ou archivistes, et leur place dans les constructions archivistiques. Les « producteurs » dont l’archivistique fait aujourd’hui la référence principale des groupements d’archives[2] ne se dissocient pas nécessairement des archivistes aux temps médiévaux et modernes. Qui sont au fond les individus qui ont pris en charge les activités d’archivage ? Quels étaient leurs statuts ? En toutes circonstances, parce qu’il y a un « pouvoir de l’archive » (Schenk, 2014), archiver les constitue, en tant qu’individus ou que membres d’une organisation, autant qu’ils constituent les archives. Il faudra replacer leur action dans ses logiques sociales (où l’archivage reste réalisé parmi d’autres tâches), politiques (une activité prise enfin dans des rapports de pouvoir dans lesquels étaient impliqués ses auteurs), et enfin, savantes (une activité archivistique et historiographique). Les contributions pourront faire une place aux compétitions et rapports de pouvoir entre acteurs que traduisent ou induisent les transmissions documentaires.

Enfin, la construction archivistique et son rôle dans les processus d’institution(-nalisation) (Lamazou Duplan 2021) passent par les usages qui en sont faits en leur temps ou sur le temps long. L’éventail en est large : usages administratifs, mémoriels, historiens, politiques, sociaux, etc. S’il est courant, dans le champ du contemporain, d’avoir à lutter face aux institutions pour la communication d’archives ou de mettre au jour des expurgations d’archives opérées par leurs gestionnaires lors de changements de pouvoir, de tels phénomènes restent à inventorier à l’échelle des temps médiévaux et modernes.

Les propositions de communication d’une demi-page accompagnée d’un titre et d’une bibliographie succincte sont à envoyer jusqu’au 7 juillet 2023 à l’adresse jdeloye@unistra.fr accompagnées d’un court curriculum vitae des candidat.e.s comprenant leurs coordonnées.

Comité d’organisation

Thomas Brunner, maître de conférences en Histoire médiévale, Université de Strasbourg, UR3400.

Laurence Buchholzer, maîtresse de conférences en Histoire médiévale, Université de Strasbourg, UR 3400

Juliette Deloye, maîtresse de conférences en Histoire moderne, Université de Strasbourg, UR 3400


[1] La partition chronologique épouse celle des séries en Alsace et en Moselle, où les « séries modernes » sont closes en 1870.

[2] Archives : « Ensemble des documents, quels que soient leur date, leur lieu de conservation, leur forme et leur support, produits ou reçus par toute personne physique ou morale et par tout service ou organisme public ou privé dans l’exercice de leur activités » (art. L.211-1 du Code du patrimoine) quels que soient leur type et leur support, créé ou reçu de manière organique et utilisé par une personne physique ou morale dans l’exercice de ses activités ». Producteur : « personne physique ou morale, publique ou privée, qui a produit, reçu et conservé des archives dans l’exercice de son activité. »

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Colloque – L’invasion oubliée : l’expédition anglaise de Louis de France (1215-1217) dans son contexte européen

26-28 juin 2023
Boulogne-sur-Mer

Programme au format PDF : ici

À l’automne 1215, après l’implosion du consensus politique qui avait donné lieu à la Grande Charte, les barons révoltés contre Jean sans Terre se tournèrent vers le roi de France pour obtenir un soutien militaire.

À cette date, Philippe Auguste ne semble pas avoir voulu être directement impliqué dans les affaires anglaises : ce fut son fils Louis qui accepta l’offre du trône anglais faite par une partie des barons.

Louis mit sur pied une expédition destinée à venir leur porter secours comme à défendre ses droits et débarqua en Angleterre au mois de mai 1216 : au terme de plus d’une année de combats, marquée par les défaites de Lincoln (mai 1217) et de Sandwich (août 1217), il dut accepter un accord avec le gouvernement de régence dirigé par Guillaume le Maréchal et quitter l’Angleterre.

Le programme complet de l’événement est accessible en téléchargement sur le site de l’unité de recherche sur l’Histoire, les langues, les littératures et l’interculturel de l’Université du Littoral Côte d’Opale, Boulogne sur Mer.

Organisation

  • Frédérique Lachaud, professeure en histoire du Moyen-Âge à la Faculté des Lettres de Sorbonne Université
  • Claire Soussen, professeure en histoire médiévale à l’Université du Littoral Côte d’Opale, Boulogne sur Mer, et membre de l’unité de recherche sur l’Histoire, les langues, les littératures et l’interculturel

Partenaires de l’événement

Ce colloque est organisé par la Faculté des Lettres de Sorbonne Université en collaboration avec l’Université du Littoral Côte d’Opale, Boulogne sur Mer.

Source : Université du Littoral – Côte d’Opale

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Appel à collaboration – Édition critique de la Fleur des histoires de Jean Mansel

La Fleur des histoires est une vaste compilation d’histoire universelle en prose composée par Jean Mansel, fonctionnaire à la cour de Bourgogne, dans les années 1440. Restée longtemps dans l’oubli, elle connaît désormais un regain d’intérêt de la part des chercheur.se.s, mais son texte, demeuré à l’état manuscrit, est difficile d’accès et encore trop méconnu. Or, la Fleur a joui d’un succès considérable auprès des lecteurs nobles de la fin du Moyen Âge et est conservée par un nombre relativement important de copies, parmi lesquelles on trouve l’exemplaire richement enluminé ayant appartenu à la bibliothèque des ducs de Bourgogne (Bruxelles, KBR, 9231-9232).

Nous avons l’intention de proposer une première édition critique de cette compilation, plus précisément de sa version plus ancienne en trois livres qui racontent l’histoire du monde de la Création au couronnement de Charles VI (1380). Le texte, très riche et varié, ne se limite pas à une lecture linéaire des événements historiques, mais comporte, entre autres, des vies de saints, des exempla, des miracles, des traités didactiques et des anecdotes profanes.

Sous la direction d’Elena Koroleva, maître de conférences à l’Université Littoral Côte d’Opale, et de Prunelle Deleville, maître-assistante à l’Université de Genève, l’édition sera réalisée par une équipe qui se compose actuellement de huit chercheuses. Chaque membre de l’équipe sera chargé.e de l’édition d’une section précise du texte et publiera un volume en son nom, tout en contribuant à l’élaboration du cadre commun adopté pour l’ensemble des tomes envisagés. Aucun ordre précis ne sera imposé quant à la sortie des volumes qui paraîtront au fur et à mesure de leur achèvement. Un calendrier sur quatre ou cinq ans, à compter de l’automne 2023, sera toutefois défini afin d’assurer une meilleure réalisation des travaux. Une première réunion de l’équipe se déroulera en mode hybride à l’Université Littoral Côte d’Opale, UR 4030 HLLI (Boulogne-sur Mer), le 19 octobre 2023, date officielle de démarrage du projet.

Pour compléter notre équipe, nous sommes à la recherche de collaborateurs et collaboratrices qui seraient en mesure d’éditer les quelques sections non attribuées, consacrées à l’histoire biblique et / ou à l’histoire profane de Rome et de France. Si vous êtes intéressé.e par ce projet, nous vous invitons à nous contacter avant le 20 juin 2023 en écrivant conjointement aux adresses suivantes :

Elena.Koroleva@univ-littoral.fr

Prunelle.Deleville@unige.ch

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Pulblication – Yelena Mazour-Matusevich, « Le père du siècle: The Early Modern Reception of Jean Gerson (1363-1429). Theological Authority between Middle Ages and Early Modern Era »

This volume provides the first wide-ranging investigation of the post-fifteenth-century reception of Jean Gerson (1363–1429), chancellor of the University of Paris, guiding light of the Council of Constance, and arguably the most influential of late medieval theologians. His impact on early modern movements and thinkers paved the way for many developments still shaping our existence today. Besides his well-known influence in theology and church history, the chancellor left a significant impact in jurisprudence, human rights, art, music, education, literature, and even medicine; there is hardly an area of the humanities that did not pay at least some tribute to his authority, and there was almost no early modern political or religious movement in the West that neglected his name. Nearly all of the most prominent early modern intellectuals perceived him as an authority and father figure; an illustrious cohort of celebrities, including Thomas More, Martin Luther, King James I, Ignatius of Loyola, Girolamo Savonarola, Christopher Columbus, Bartholomew de Las Casas, and many others, relied on his writings and ideas. The geography of his late-fifteenth- and sixteenth-century reception reflects his pre-eminence, reaching from Spain to Scandinavia.

Yelena Mazour-Matusevich, PhD in French (1998), University of Illinois at Urbana-Champaign, USA, Doctorate in History (2018), EHESS, Paris, France, is currently Professor of French and History at University of Alaska Fairbanks. Author of Le siècle d’or de la mystique française: un autre regard, de Jean Gerson à Jacques Lefèvre d’Etaples (2004) and Saluting Aron Gurevich (2010), she has published extensively on Jean Gerson as well as on a variety of other topics and figures, including Nietzsche, Bakhtin, Calvin, Thomas More, Peter the Great and Camus.

Table des matières :

Acknowledgements

Introduction

Chapter 1. The Background: Gerson and the Long 15th Century
Part I. Early Reception in the Empire
Part II. Early Reception in France
Part III. Early Reception in Spain
Part IV. Early Reception in Italy
Part V. Early Reception in Sweden
Conclusion

Chapter 2. The Protestant Reception of Gerson
Introduction
Part I. Gerson’s Lutheran Reception
Part II. Reception in the Reformed Tradition
Conclusion

Chapter 3. Catholic Reception of Gerson
Introduction
Part I. Catholic Reception in the Empire
Part II. The Catholic Reception in the Low Countries
Part III. The Catholic Reception in France
Part IV. The Catholic Reception in Spain
Part V. The Early Jesuits
Part VI.  The Council of Trent
Conclusion

Chapter 4. The Reception of Gerson in England and Scotland
Introduction
Part I. Gerson’s Theological Influence
Part II. The Scottish Connection
Part III. The Very Special Case: Gerson and Thomas More
Part IV. Gerson’s Influence on the Growth of Common Law in England
Part V. Synderesis and the Notion of Conscience in English Literary and Philosophical Traditions
Conclusion

General Conclusion
Gersons’s Future

Bibliography
Name Index

Informations pratiques :

Yelena Mazour-Matusevich, Le père du siècle: The Early Modern Reception of Jean Gerson (1363-1429). Theological Authority between Middle Ages and Early Modern Era, Turnhout, Brepols, 2023 ; 1 vol., 522 p. (Lectio, 14). ISBN : 978-2-503-60225-7. Prix : € 110,00.

Source : Brepols

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Publication – Cassiodore, « Complexiones », éd. Paolo Gatti, trad. Michele De Lazzer

Le Complexiones, presentate qui in edizione critica con traduzione italiana a fronte, molto probabilmente sono la penultima opera di Cassiodoro. In essa l’autore ha cercato di sintetizzare (complecti) il contenuto dei libri del Nuovo Testamento, con l’esclusione dei Vangeli. Non si tratta di un vero e proprio commentario, ma l’intento di chi scrive è quello di non tralasciare niente di ciò che riguarda la sostanza, il contenuto dei testi sacri, e al tempo stesso di renderla più facilmente intellegibile. Il testo si basa sull’unico manoscritto conosciuto, Verona, Biblioteca Capitolare, XXXIX (37), che secondo alcuni studiosi potrebbe addirittura risalire alla biblioteca di Vivarium, dove operò lo stesso Cassiodoro.

Informations pratiques :

Cassiodore, Complexiones, éd. Paolo Gatti, trad. Michele De Lazzer, Florenze, SISMEL–Edizioni del Galluzzo, 2023 ; 1 vol., IV–294 p. (Edizione Nazionale dei Testi Mediolatini d’Italia, 64 ; Serie II, 31). ISBN : 978-88-9290-214-5. Prix : € 66,00.

Source : SISMEL

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Publication – Philippe de Vigneulles, « Mémoires », trad. Alain Cullière

Dans ses Mémoires, écrits vers 1520, Philippe de Vigneulles évoque son existence de marchand drapier à Metz, sur une cinquantaine d’années. Il relate ses apprentissages et ses épreuves, observe les faits divers aussi bien que les grands événements de son temps, mais sans jamais se mettre dans une position avantageuse. Il s’adresse surtout à ses proches, à qui il voudrait communiquer un idéal de vie modeste et ordonnée. Son texte, qui fourmille de détails sur le quotidien, intéresse évidemment les spécialistes d’histoire locale et de sociologie urbaine.

Mais ce n’est pas une simple chronique, cumulative et linéaire. L’œuvre, plus méditée qu’il n’y paraît, met en scène un homme au cœur d’une cité qui le légitime et le gouverne, elle-même située dans un monde qui la reconnaît et la menace à la fois. C’est en réalité un espace qui se déploie sous nos yeux, de façon dynamique et progressive, avec toutes ses interactions. Traduits en français moderne, ces Mémoires permettent une lecture moins sélective, plus globale, et se muent en véritable récit. L’auteur, quittant enfin le champ des curiosités régionales, accède au statut d’écrivain.

Alain Cullière est professeur émérite de l’Université de Lorraine (langue et littérature françaises) et professeur associé à l’Université du Luxembourg (études françaises).

Table des matières : ici

Informations pratiques :

Philippe de Vigneulles, Mémoires, trad. Alain Cullière, Paris, Honoré Champion, 2023 ; 1 vol., 558 p. (Classiques français du Moyen Âge. Traductions, 109). ISBN : 978-2-74535-834-9. Prix : € 48,00.

Source : Honoré Champion

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