Publication — Marisa Galvez, « The Subject of Crusade. Lyric, Romance, and Materials, 1150 to 1500 »

In the Middle Ages, religious crusaders took up arms, prayed, bade farewell to their families, and marched off to fight in holy wars. These Christian soldiers also created accounts of their lives in lyric poetry, putting words to the experience of personal sacrifice and the pious struggle associated with holy war. The crusaders affirmed their commitment to fighting to claim a distant land while revealing their feelings as they left behind their loved ones, homes, and earthly duties. Their poems and related visual works offer us insight into the crusaders’ lives and values at the boundaries of earthly and spiritual duties, body and soul, holy devotion and courtly love.

In The Subject of Crusade, Marisa Galvez offers a nuanced view of holy war and crusade poetry, reading these lyric works within a wider conversation with religion and culture. Arguing for an interdisciplinary treatment of crusade lyric, she shows how such poems are crucial for understanding the crusades as a complex cultural and historical phenomenon. Placing them in conversation with chronicles, knightly handbooks, artworks, and confessional and pastoral texts, she identifies a particular “crusade idiom” that emerged out of the conflict between pious and earthly duties. Galvez fashions an expanded understanding of the creative works made by crusaders to reveal their experiences, desires, ideologies, and reasons for taking up the cross.

Table des matières :

List of Illustrations

Introduction The Courtly Crusade Idiom

Chapter One The Unrepentant Crusader: The Figure of the Separated Heart
Chapter Two Idiomatic Movement and Separation in Middle High German and Occitan Crusade Departure Lyric
Chapter Three The Heart as Witness: Lyric and Romance
Chapter Four Lancelot as Unrepentant Crusader in the Perlesvaus
Chapter Five Three Ways of Describing a Crusader-Poet: Adjacency, Genre-Existence, and Performative Reconfigurations
Chapter Six The Feast of the Pheasant as Courtly Crusade Idiom
Conclusion Toward a More Complex View of Crusade

Acknowledgments

Notes
Index

Informations pratiques :

Marisa Galvez, The Subject of Crusade. Lyric, Romance, and Materials, 1150 to 1500, Chicago, The University of Chicago Press, 2021. 280 pages | 14 color plates, 12 halftones | 5-1/2 x 8-1/2.

Source : The University of Chicago Press

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Exposition — La fille du Pape : Marguerite de Savoie

Du 26 mars au 4 juillet 2021
Château de Morges

Marguerite de Savoie est née il y a 600 ans au Château de Morges. Pour célébrer le destin de cette princesse, le Château de Morges s’est associé aux Archives de l’Etat du Bade-Wurtemberg ainsi qu’aux Archives d’Etat de Turin et propose au public de découvrir l’histoire d’une femme qui a étendu ses réseaux dans toute l’Europe.

Réfugiée à Morges alors que le duché de Savoie était frappé d’une épidémie de peste, Marie de Bourgogne donne naissance à Marguerite de Savoie au Château de Morges en 1420. Ce sera le début d’une vie internationale marquée par trois mariages successifs au sein de grandes maisons régnantes, les Anjou rois de Naples, les comtes du Palatinat et les comtes de Wurtemberg. Entre alliances et intrigues, Marguerite de Savoie se révélera comme une princesse plurilingue, politiquement intéressée et bibliophile.

Pour mettre en lumière la vie de cette femme, un partenariat a été noué entre le Château de Morges, les Archives de l’Etat du Bade-Wurtemberg ainsi que les Archives d’Etat de Turin. Prenant la forme d’une exposition itinérante et plurilingue, chaque institution s’est concentrée sur une étape de la vie de Marguerite de Savoie. A Morges du 26 mars au 4 juillet, des objets, tableaux et bijoux issus de l’environnement savoyard permettront de revenir sur ses premières années de vie sur les rives du lac Léman.

Du passage de Marguerite de Savoie au Château de Morges, on retiendra aussi les pieds de Servagnin que sa mère Marie de Bourgogne aura offert aux Morgiens pour les remercier de leur bon accueil. Ce cépage encore cultivé aujourd’hui fait partie intégrante du patrimoine viticole de la ville.

Des conférences (voir ci-contre) sont également prévues dans le cadre de cette exposition. Toutefois, selon l’évolution de la crise sanitaire, elles devront se tenir en ligne.

Programme, communiqué de presse & photos

Catalogue de l’exposition

Sous la direction Peter Rückert, Anja Thaller et Klaus Oschema, en collaboration avec Julia Bischoff.

2020. Stuttgart. Kohlhammer. 248 pages avec CD et Booklet. 22€, ISBN 978-3-17-039679-1

Source : Château de Morges

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Publication – « Norme per la descrizione dei manoscritti », éd. Teresa De Robertis e Nicoletta Giovè Marchioli

Il volume contiene norme di catalogazione dei manoscritti medievali, accompagnate da indicazioni per la costruzione della bibliografia e degli indici, oltre che da una serie di regole di trascrizione. Esse non sono rivolte solo ai collaboratori del progetto dei “Manoscritti datati d’Italia”, ma possono essere di indubbia utilità anche per tutti coloro che, con gli intenti più diversi, vogliono descrivere un codice secondo un protocollo aggiornato e scientificamente fondato.

Informations pratiques :

Norme per la descrizione dei manoscritti, éd. Teresa De Robertis e Nicoletta Giovè Marchioli, Florence, Sismel – Ed. del Galluzzo, 2020 (Manoscritti datati d’Italia, Strumenti, 01). Bros. pp. XIV-105. ISBN : 978-88-9290-047-9. Prix : 18 euros.

Source : Sismel – Ed. del Galluzzo

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Publication – Jean Fernel, « Des Causes cachées des choses / De abditis rerum causis », éd. et trad. Jean Céard

Le De abditis rerum causis (1548) de Jean Fernel (1497-1568) est un monument de l’humanisme philosophico-médical de la Renaissance. Précédé d’une préface qui célèbre en termes somptueux la Renaissance et pourrait rivaliser avec la célèbre lettre de Gargantua à son fils, l’ouvrage se présente comme un dialogue à trois personnages : Brutus (qui semble bien devoir son nom au Brutus des Tusculanes), voyageur exigeant, féru de philosophie grecque, et d’abord platonicienne ; Philiatre, étudiant en médecine (mais déjà très bien informé) ; et le savant Eudoxe, qui organise dans sa maison de campagne des entretiens et y reçoit les deux compagnons.

Faute d’études suffisamment nombreuses sur Jean Fernel, on ne sait pas assez ce que l’humanisme doit à la médecine. Fernel, qui en est une figure de premier plan, considérait l’ouvrage ici édité et traduit comme le socle de son oeuvre médicale : il y pose les fondements philosophiques de la connaissance du corps, plus largement de la connaissance du vivant, et illustre vigoureusement cette vision panthéistique de l’univers qui est le propre ou la tentation de la Renaissance. Constamment édité et réédité pendant un siècle et demi (de 1548 à 1680, on compte au moins quarante éditions), ce passionnant dialogue a été abondamment lu, cité, utilisé et même plagié. Écrit en un très beau latin d’inspiration cicéronienne, il mobilise une connaissance intime des oeuvres de Galien, Platon et Aristote, sans oublier Virgile, des poètes modernes comme Augurelli et des écrivains contemporains comme Marsile Ficin et Agostino Steuco.

Pourtant il n’existait, de l’ouvrage, qu’une édition moderne publiée en 2005 avec une traduction en anglais. Une édition moderne bien annotée et accompagnée d’une traduction française faisait donc cruellement défaut.

Jean Céard, auteur de nombreux travaux sur la littérature et la culture de la Renaissance, notamment sur Rabelais, sur Ambroise Paré, sur Pontus de Tyard, sur Aldrovandi, sur Fernel, sur Montaigne, a reçu en 2019 de l’Académie Française, au titre de ses grands prix, le Prix de la Critique pour l’ensemble de ses travaux critiques.

Table des matières :

Introduction

De abditis rerum causis, texte et traduction

Deux grandes additions de l’édition de 1551
Bibliographie
Index
Table des chapitres

Informations pratiques :

Jean Fernel, Des Causes cachées des choses / De abditis rerum causis, éd. et trad. Jean Céard, Paris, Les Belles Lettres, 2021 (Classiques de l’humanisme, 56). L + 680 p. 14.6 x 22.5 cm. ISBN : 9782251451701. Prix : 55 euros.

Source : Les Belles Lettres

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Séminaire (en ligne) – Texts, images and representations. Approaches and tools to rethink the Middle Ages and the Renaissance

3rd May to 12th June 2021
By Dr. Nadia Consiglieri and Dr. Silvina Vidal

This online seminar focuses on the difficult relationship between text and image, taking as chronological and spatial framework Europe from the Eleventh to the Sixteenth Centuries. Regarded as tools of analysis and reflection on different topics and objects of study (political, social, cultural, artistic, historiographic and ideological), working with texts and images implies for the researcher taking a stand in favor of one approach instead of another, according to his/ her discipline and area of expertise. However, in the day-to-day work with sources, a question still remains: Is there any possible dialogue between images and texts? Beginning by one of these terms could inevitably lead us to different ways of analysis and conclusions. Texts and images entail complex constellations of languages and effects of meaning that although in some cases may coincide or reinforce each other; in others tensions and contradictions may take place. On this view, the course aims at exploring a wide range of methodological tools and theories (drawn from cultural history and art history) regarding the relationship between texts and images, in order to provide Social Sciences and Humanities Doctoral students with an interdisciplinary approach when dealing with this kind of sources. The Seminar will be given in Spanish. Online inscription: From 11th April to 1st May 2021, in Doctorado // Formulario de Inscripción a Seminarios | Secretaría de Posgrado – FFyL

Programme : ici

Source : UBA

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Appel à contribution – Les juristes dans la République des lettres

Clio@Themis, n° 24/2023
Date limite le mardi 01 juin 2021

Cet appel à contributions a pour but de préparer le dossier du n° 24/2023 de la revue Clio@Themis ( https://publications-prairial.fr/cliothemis ).

Il s’adresse aux chercheuses et chercheurs – quelle que soit leur situation académique – de toutes les disciplines, travaillant sur des juristes de la Renaissance lato sensu (milieu du xive – milieu du xviie s.). Les responsables du dossier, dans une perspective de renouvellement des approches, souhaitent notamment l’ouvrir à de jeunes chercheuses et chercheurs, qui ne doivent pas hésiter à envoyer des propositions.

Les propositions d’article (intitulé et présentation générale d’un maximum de 3500 signes, espaces comprises) sont à adresser conjointement aux quatre responsables du dossier avant le 30 juin 2021 :

Géraldine Cazals : geraldine.cazals@u-bordeaux.fr 
Stéphan Geonget : stephan.geonget@univ-tours.fr 
Violaine Giacomotto-Charra : violaine.giacomotto@u-bordeaux-montaigne.fr 
Xavier Prévost : xavier.prevost@u-bordeaux.fr 

Pour les propositions acceptées par les responsables du dossier, l’article sera à remettre le 1er mai 2022 au plus tard. Il entrera alors dans le processus d’évaluation de Clio@Themis, dont la parution du n° 24 est prévue en juin 2023.

Argumentaire

Née sous la plume d’un savant lettré de la Renaissance, Francesco Barbaro (1390-1454), remerciant Poggio Bracciolini (1380-1459) de lui avoir communiqué la liste des manuscrits découverts pendant son voyage en Allemagne et de travailler pro communi utilitate, l’expression de « Respublica literaria » apparaît, dès cette première occurrence latine, comme désignant la communauté lettrée des humanistes européens, une communauté unie par des pratiques communes, un univers commun et une langue commune. Cette compagnie savante unit en son sein aussi bien philologues qu’archéologues, artiens, juristes ou théologiens, médecins et naturalistes, universitaires, officiers ou imprimeurs-libraires. Disséminés dans toute l’Europe, ceux-ci ont fréquenté les mêmes universités, se sont formés aux mêmes méthodes qui s’ouvrent progressivement aux usages et aux questionnements humanistes. Reliés par des pratiques communes d’échange et de savoir, ils partagent et font circuler dans d’imposantes correspondances tout ce qui peut leur tenir à cœur (nouvelles, questions, lectures, points de grammaire, interrogations philologiques et exégèses, recherches archéologiques, querelles littéraires, stylistiques, politiques, philosophiques ou scientifiques, etc.). Ils communiquent ainsi leurs trouvailles savantes (découvertes de textes, de manuscrits et de monuments antiques), des nouveautés concernant leurs travaux en cours, ainsi que toutes sortes d’informations sur les patrons, les amitiés, les conflits et les polémiques que ne manque pas d’alimenter le rapport passionné qu’ils entretiennent à ce patrimoine commun soigneusement cultivé.

Si d’importants travaux (comme ceux de Marc Fumaroli) ont de longue date attiré l’attention sur cette République des lettres, elle continue aujourd’hui de susciter un certain nombre d’interrogations, dont celle de sa définition même. Il faut en effet le souligner, l’expression « République des lettres » évoque surtout des « hommes de lettres », assimilés à des philologues, épistoliers et polygraphes, dont la figure de proue est Érasme (1469-1536). Pourtant, les « lettres », à la fin du Moyen Âge et au début de l’époque moderne, incluent des formes plus larges d’érudition. Les travaux récents ont ainsi mis en évidence l’importance de cette notion pour les mouvements de transformation des connaissances scientifiques : on y voit une communauté de savants s’écrire, s’envoyer des échantillons, poser des questions (parfois par des biais détournés pour contourner les inimitiés), visiter les cabinets de curiosités des uns et des autres, au point que parfois certaines œuvres peuvent être qualifiées aujourd’hui d’œuvres collectives ou semi-collectives. Des fables aux mathématiques, des questionnements sur la nature à l’astronomie et à la physique, les curiosités des lettrés du temps s’avèrent insatiables, comprenant également un champ du savoir dont l’historiographie sur la République des lettres parle trop peu, le droit.

Afin de combler cette lacune, le dossier sera consacré à la place des juristes au sein de cette République des lettres. Formés au droit et/ou exerçant des professions juridiques, les juristes ne sont pas pour rien dans l’essor de cette galaxie savante. Il suffit de penser aux rôles qu’ont pu y jouer Guillaume Budé (1448-1640), André Alciat (1492-1550), les Amerbach père (Bonifacius, 1495-1562) et fils (Basilius, 1533-1591), Joseph-Juste Scaliger (1540-1609), Francis Bacon (1561-1626), Nicolas-Claude Fabri de Peiresc (1580-1637), Hugo Grotius (1583-1645), Claude Saumaise (1588-1653) ou encore le licencié en droit René Descartes (1596-1650).

Ce dossier souhaite retenir une approche d’ensemble. Il ne s’agit pas ici de se limiter à une réflexion sur les relations entre littérature et droit, mais plus globalement de s’interroger sur les formes et les manifestations multiples d’une présence spécifique, celle de juristes ayant du fait de leur formation et de leurs pratiques, mais aussi de leur milieu, une identité propre, un mode de pensée et d’écriture (points qu’il s’agira aussi d’examiner), dans le monde des « belles et bonnes lettres » entendu au sens large que lui donne la Renaissance européenne. Pour ce faire, plusieurs perspectives pourront être envisagées.

Tout d’abord, on pourra mettre en lumière la position effectivement occupée par certains juristes dans la République des lettres. Pour cela, il est par exemple possible de questionner les réseaux de ces juristes (correspondances, échanges savants, dons et contre-dons savamment comptabilisés, voyages, visites…), de mesurer l’importance quantitative et qualitative des échanges manuscrits (dont l’imprimé n’est parfois qu’un reflet très partiel, voire trompeur), de voir, aussi, si certains lieux institutionnels sont des lieux importants de la République des lettres. Ainsi, d’un point de vue géographique, on peut se demander si, en France, les villes universitaires ou parlementaires ne sont pas des lieux essentiels de cette République. Développent-elles de ce fait des spécificités propres et lesquelles ? Existe-t-il des identités distinctives de chaque milieu juridique ; des liens privilégiés d’un milieu géographique à un autre ? L’examen des préfaces, mais également la présence des juristes dans les recueils collectifs ou la production de pièces d’escorte sont de précieux indicateurs de leur présence effective et de leur mode de présence dans la communauté des lettrés.

Ensuite, il sera aussi possible de déterminer la manière dont les juristes eux-mêmes se positionnent au sein de la République des lettres. Est-ce en tant que juristes, auteur d’œuvres consacrées au droit, animés par des préoccupations relatives à ce domaine du savoir, ou est-ce, plutôt, via d’autres types de préoccupations, plus spécifiquement axées vers d’autres savoirs ? Est-ce par le biais d’œuvres s’éloignant du droit ; mais alors avec quelles intentions ? Comment les juristes entrent-t-ils en interaction avec le reste de la communauté savante (médecins, écrivains, libraires…) ? Quel rôle jouent concrètement les juristes dans la production et la circulation des savoirs nés au sein de la République des lettres ? Comment la littérature est-elle éventuellement mise au service d’une pensée juridique et/ou politique ? On pourra ainsi s’interroger sur les spécificités du rôle que se donnent les juristes, spécificités certainement variables selon les pays et les régimes politiques, dans la construction d’une culture commune. Certains se font traducteurs ou vulgarisateurs, d’autres poètes ou tragédiens, en assumant un rôle de passeurs et de pédagogues : au service de qui et à quelles fins ? Les interrogations sur la production d’écrits dont le contenu n’apparaît pas directement ou pas du tout juridique, mais examinés du point de vue de l’identité de juriste de leur auteur, nous semble en particulier importantes. Il s’agira de voir aussi quelle est la place des savoirs juridiques dans cette République, notamment la place des interrogations relatives à l’État, au pouvoir, à sa légitimité, en une période qui est, pour reprendre la formule de Pierre Mesnard, celle de L’Essor de la philosophie politique. On pourra encore se demander s’il existe une forme de construction de la représentation des milieux juridiques par le biais de l’imprimé, par le biais des ouvrages collectifs, par le jeu des liminaires, parfois même – comme cela s’est fait pour les médecins – par la pratique du portrait ou la mise en scène des frontispices.

Ainsi, en acceptant – ou discutant – en particulier l’idée que l’imprimerie accompagne et permet la naissance de l’auteur, il s’agira également de tâcher de mieux identifier l’auctorialité que les juristes cherchent à mettre en avant en investissant ce lieu de production et d’échange des savoirs. On pourra s’interroger sur l’importance qui est accordée à ce nouveau statut et le rôle qu’il peut éventuellement jouer dans les carrières des juristes, soit au sein soit en dehors d’un univers juridique avec lequel ils décident, parfois, de prendre du recul. Comment se reflète là l’allégeance qui est celle de nombreux humanistes à l’idéal de l’orator cicéronien ? Avec quel sens de la chose publique exercent-ils les charges qui leur sont confiées dans les institutions publiques ? Comment cette auctorialité se traduit-elle dans leurs écrits ?

Enfin, il sera possible de questionner la manière dont l’existence d’une vaste communauté de savants, unis par des lectures, une formation, une langue, des échanges réciproques, favorise l’émergence de pratiques d’écritures commune : le récit de cas, le recueil de consultations, la mise en texte du témoignage, l’anecdote et la fable, l’usage de l’exemplum, se retrouvent sous la plume de nombreux lettrés. Comment le milieu des juristes s’approprie-t-il ou fonde-t-il des pratiques littéraires anciennes ou nouvelles ? Existe-t-il une poétique identifiable, au-delà de l’aspect technique de leurs écrits ? La notion de « genre épistémique » développée au sujet des textes médicaux a-t-elle ici une pertinence ?

Dans tous les cas et quelles que soient les pistes ouvertes, le lien entre ce que l’on peut nommer et chercher à définir comme une « identité de juriste » devra demeurer au cœur des propositions. La période couverte est celle d’une Renaissance entendue largement, à l’échelle européenne, de Pétrarque à Descartes (milieu du xive – milieu du xviie s.). Avec la montée des Lumières, c’est, en effet, un second temps de l’histoire de la République des lettres qui s’ouvre. Un temps où celle-ci se dote d’organes (les Nouvelles de la République des lettres, fondées par Pierre Bayle en mars 1684), s’institutionnalise, développant un rapport différent à l’État et aux institutions. L’espace informel qu’a pu occuper la République des lettres à la période précédente se fige en salons, cabinets, bibliothèques, laboratoires, académies et sociétés savantes. Surtout, après la fondation de l’Académie en 1635, le terme de littérature change de sens, la spécialisation des savoirs fait éclater l’unité précédemment proclamée par la république humaniste, rendant moins aigus les questionnements développés dans cet appel.

Source : Univ-Droit

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Publication – « Reading the Church Fathers with St. Thomas Aquinas. Historical and Systematical Perspectives », éd. Jörgen Vijgen et Piotr Roszak

In his richly documented and still valuable study of Aquinas and the Church Fathers, published in 1946, Gottfried Geenen, o.p. noted that the study of this aspect of Thomas Aquinas’s thought was just beginning to take place. More than seventy years later considerable progress has been made, both historically and doctrinally, not at least due to the technological advances in the area of the study of Aquinas’ writings. It has been argued both that Aquinas had a remarkable knowledge of a wide range of the Church Fathers and that he was actively engaged in acquiring new material from hitherto unknown Fathers. Due to Thomas’ profound commitment to both Latin and Greek patristic sources he was not only able to draw on the rich tradition of the past but also explore new possibilities and solutions. This commitment and interaction between tradition and speculative reason has led some to claim tentatively that one might characterize Thomas Aquinas’ theology as being ad mentem patrum.  The goal of this volume is to explore ways to corroborate this claim. In order to do so, the contributions investigate the presence and use of the Church Fathers in Aquinas’ thought both historically and systematically.

Piotr Roszak is Assistant Professor of Dogmatic Theology in the Faculty of Theology at the Nicolaus Copernicus University in Torun (Poland) and Associate Professor at the University of Navarra (Spain). He is an ordinary member of the Pontifical Academy of St. Thomas Aquinas (Vatican).

Jörgen Vijgen is Professor of Philosophy at the Major Seminary of the diocese of Haarlem-Amsterdam (Netherlands) and researcher at Faculty of Theology at the Nicolaus Copernicus University in Torun (Poland) and the Tilburg School of Catholic Theology (Netherlands). He is an ordinary member of the Pontifical Academy of St. Thomas Aquinas (Vatican).Contributors: Serge-Thomas Bonino o.p., Carmelo Giuseppe Conticello, Cajetan Cuddy o.p., Gilbert Dahan, Franklin Harkins, Andrew Hofer o.p., Bryan Kromholtz o.p., Conor McDonough o.p., Ezra Sullivan o.p., Piotr Roszak, Anton ten Klooster, Jörgen Vijgen, Joseph Wawrykow.

Table des matières :

Piotr Roszak, Jörgen Vijgen, Introduction
Gilbert Dahan, Jérôme dans les commentaires bibliques de Thomas d’Aquin
Carmelo Giuseppe Conticello, Theophylactus Latinus. La réception médiévale de Théophylacte de Bulgarie, source majeure de Thomas d’Aquin 
Piotr Roszak, How is the Patristic Method Shaping Sacra Doctrina in Aquinas?
Serge-Thomas Bonino o.p., Saint Thomas d’Aquin et les Pères de l’Église. Le cas de l’angélologie dans la prima pars de la Summa theologiae
Ezra Sullivan o.p., The Church Fathers’ Influence on Aquinas’s Account of Habitus
Cajetan Cuddy o.p., Isidore and Augustine in Aquinas’s Teaching on the Essence and Kinds of Law (ST I-II, qq. 90-91)
Joseph Wawrykow, The Fathers in the Summa’s Teaching about Grace
Anton ten Klooster, Aquinas and Augustine on the Gifts of the Holy Spirit
Andrew Hofer o.p., Aquinas’s Use of Patristic Sources in His Theology of Religious Life
Franklin T. Harkins, Christ’s Perfect Grace and Beatific Knowledge in Aquinas: The Influence of John Damascene
Conor McDonough o.p., Is Christ Head of the Church as Man? The History of a Problem between St. Augustine and St. Thomas
Jörgen Vijgen, The Patristic Sources of Thomas’ Treatise on Penance 
Bryan Kromholtz o.p., Reditus: The Eschatology of St. Thomas Aquinas and Eastern Patristic Sources
Bibliography
Indices

Informations pratiques :

Reading the Church Fathers with St. Thomas Aquinas. Historical and Systematical Perspectives, éd. Jörgen Vijgen et Piotr Roszak, Turnhout, Brepols, 2021 (Bibliothèque de l’École des Hautes Études, Sciences Religieuses, 189).

Source : Brepols

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Colloque (en ligne) – Rencontre autour des funérailles. Des os et des larmes : préparer les corps, pleurer et honorer les morts

Du mercredi 26 mai au vendredi 28 mai 2021
Distanciel

Programme : ici

La perte du sujet dans le groupe, c’est-à-dire la mort d’un proche, en tant que rupture, marque une perturbation sociale vécue différemment à tous ses échelons, de l’individu au groupe social ou familial élargi. Phénomène universel ou presque, les sociétés traditionnelles se sont attachées à le ritualiser. Dans l’émotion qui s’invite, cette perte déclenche une série de gestes de la part de « ceux qui restent », variable selon le temps, les cultures ou le niveau social au sein d’une même société. La cérémonie funèbre et le dépôt du corps en constituent le point d’orgue. Quelle que soit leur nature, les divers comportements funéraires peuvent être compris comme la manifestation volontaire d’intégrer cette rupture. Cela pourrait être comparé à un « travail du deuil », selon l’expression devenue classique de Freud, adaptée à l’échelle collective.

La 12e Rencontre du Gaaf se tiendra entièrement en distanciel en raison des conditions sanitaires incertaines, du 26 au 28 mai 2021. Elle aura pour objectif de discuter des funérailles, au sens le plus large du terme, autorisant le passage entre le jour de la vie et les ténèbres de la mort. Il s’agira donc d’aborder l’ensemble des gestes portés sur ou autour du corps et de la tombe, avant, pendant et après le dépôt du défunt, qu’ils soient anecdotiques ou révélateurs d’une chaîne opératoire. Un tel sujet permet en effet d’évoquer, non seulement les gestes techniques qui conduisent au bon déroulement des funérailles, mais aussi les gestes constitutifs de la tombe, les gestes rituels, les gestes de préparation du défunt ainsi que ceux liés à la Mémoire, réactivant le souvenir.

Discussions scientifiques et posters s’articuleront autour des trois grandes phases des funérailles :

  • Le temps de la préparation : préparation du corps, transport de ce dernier, creusement de la tombe, construction/taille du contenant, choix des essences, choix des dépôts, etc.
  • Caractériser les funérailles : gestion du corps, cérémonie associée ou non, nature des dépôts, etc.
  • La mémoire dans tous ses états : signalétique des tombes, gestes post-cérémoniels, réinterventions dans les sépultures, etc.

Les inscriptions pour cet évènement en ligne sont gratuites et ouvertes jusqu’au 24 mai 2021 midi via Helloasso

Toute personne inscrite à la Rencontre est automatiquement inscrite à la conférence plénière de William Van Andringa qui aura lieu le 26 mars à 18h30 : « De la trace au geste funéraire. Enquêtes de terrain autour des funérailles ».

Comité d’organisation : Émilie Portat (Direction de l’archéologie, Chartres)Stéphane Hérouin (Direction de l’archéologie, Chartres)Patrice Georges-Zimmermann (Inrap)

Comité scientifique : Yann Ardagna (Université Aix-Marseille)Valérie Bel (Inrap)Laurent Coulon (Direction de l’archéologie, Chartres)Sylvain Dhenin (Maison de l’Orient et de la Méditerranée)Henri Duday (CNRS)Alain Epelboin (CNRS, MNHM)Patrice Georges-Zimmermann (Inrap)Stéphane Hérouin (Direction de l’archéologie, Chartres)Olivier Labat (Service de l’archéologie préventive, CD 28)Sébastien Lepetz (CNRS, MNHM)Émilie Portat (Direction de l’archéologie, Chartres)Géraldine Sachau-Carcel (UMR 5199 – PACEA)Romedio Schmitz-Esser (Université de Gratz)Cécile Treffort (Université de Poitiers)William Van Andringa (EPHE, Paris)Christian Verjux (SRA Centre-Val-de-Loire)

Contact organisation :

  • Gaaf2020Chartres@gmail.com

Partenaires scientifiques, logistiques et financiers : Ville de ChartresChartres MétropoleInrapDRAC Centre Val-de-Loire

Source : GAAF

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Publication – Elena N. Boeck, « The Bronze Horseman of Justinian in Constantinople. The Cross-Cultural Biography of a Mediterranean Monument »

Justinian’s triumphal column was the tallest free-standing column of the pre-modern world and was crowned with arguably the largest metal equestrian sculpture created anywhere in the world before 1699. The Byzantine empire’s bronze horseman towered over the heart of Constantinople, assumed new identities, spawned conflicting narratives, and acquired widespread international acclaim. Because all traces of Justinian’s column were erased from the urban fabric of Istanbul in the sixteenth century, scholars have undervalued its astonishing agency and remarkable longevity. Its impact in visual and verbal culture was arguably among the most extensive of any Mediterranean monument. This book analyzes Byzantine, Islamic, Slavic, Crusader, and Renaissance historical accounts, medieval pilgrimages, geographic, apocalyptic and apocryphal narratives, vernacular poetry, Byzantine, Bulgarian, Italian, French, Latin, and Ottoman illustrated manuscripts, Florentine wedding chests, Venetian paintings, and Russian icons to provide an engrossing and pioneering biography of a contested medieval monument during the millennium of its life.

Elena N. Boeck is Professor of History of Art and Architecture at DePaul University. Her publications explore intellectual exchange in the Mediterranean and unconventional, fascinating forms of engagement with Byzantium’s legacy. She is the author of Imagining the Byzantine Past: The Perception of History in the Illustrated Manuscripts of Skylitzes and Manasses (Cambridge 2015). She held appointments as the Excellence Initiative Professor at Radboud University, and Director of Byzantine Studies at Dumbarton Oaks.

Table des matières :

Introduction

  1. Justinian’s Entry into Constantinople: He Came, He Saw, He Conquered
  2. The Making of Justinian’s Forum
  3. Defying a Defining Witness: The Bronze Horseman and the Buildings (De Aedificiis) of Prokopios
  4. The Horseman of Baghdad Responds to the Horseman of Constantinople
  5. Soothing Imperial Anxieties: Theophilos and the Restoration of Justinian’s Crown
  6. Debating Justinian’s Merits in the Tenth Century
  7. The Bronze Horseman and a Dark Hour for Humanity
  8. The Horseman Becomes Heraclius: Crusading Narratives of the Eleventh and Twelfth Centuries
  9. From Exile in Nicaea to Restoration of Constantinople
  10. A Learned Dialogue Across the Ages: Pachymeres Confronts Prokopios
  11. Orb-session: Constantinople’s Future in the Bronze Horseman’s Hand
  12. Justinian’s Column and the Antiquarian Gaze: A Centuries-Old ‘Secret’ Exposed
  13. A Timeless Ideal: Constantinople in Slavonic Imagination of the Fourteenth to Fifteenth Centuries
  14. The Horseman Meets its End
  15. Horse as Historia, Byzantium as Allegory
  16. Shadowy Past and Menacing Future
  17. After the Fall: The Bronze Horseman and Eternal Tsar’grad
    Postscript: The Horseman’s Debut in Print.

Informations pratiques :

Elena N. Boeck, The Bronze Horseman of Justinian in Constantinople. The Cross-Cultural Biography of a Mediterranean Monument, Cambridge, Cambridge University Press, 2021. 244 x 170 mm. ISBN : 9781107197275. Prix : £ 90.

Source : Cambridge University Press

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Publication – Grégoire de Nysse, « Homélies sur le Cantique des cantiques », t. I, « Homélies I-V », éd. Mariette Canevet et Françoise Vinel

Les Homélies sur le Cantique des Cantiques comptent peut-être parmi les pages les plus remarquables de la littérature patristique. Après Origène, elles livrent la fine pointe de la spiritualité chrétienne inspirée par ce chant biblique au plus intime de la relation à Dieu. L’épouse du Cantique représente pour l’exégète, au sein de l’Église, l’âme du chrétien, appelée à un progrès infini, « de commencement en commencement », vers un Dieu infini. Ce faisant, le Cappadocien ne fait pas seulement œuvre d’exégète, il jette les fondements philosophiques et théologiques de la mystique chrétienne ; il ne donne pas seulement sa légitimité religieuse à un livre « érotique », il exprime et formule le changement décisif que le christianisme opère dans le rapport au temps, au divin et à soi-même.

Même si elles s’arrêtent au verset 9 du chapitre 6, les 15 homélies, réécrites dans les années 390 après avoir été prononcées en assemblée, semblent constituer un tout achevé. Les cinq premières (jusqu’à Ct 2, 17), précédées d’un prologue général, marquent une première étape dans la progression spirituelle de l’épouse, figure de l’âme et de l’Église, une étape de purification des passions et de croissance dans le désir de voir l’Époux.

Mariette Canevet (Université de Strasbourg) se consacre depuis sa première traduction d’extraits des Homélies sur le Cantique des Cantiques (La colombe et la ténèbre, Paris 1967) et sa thèse sur L’herméneutique biblique de Grégoire de Nysse (Paris 1983), à l’étude de ce Père cappadocien. Elle a aussi publié: Philon d’Alexandrie : maître spirituel, Paris 2009, et Le discernement spirituel, Paris 2014.

Françoise Vinel (Université de Strasbourg) travaille conjointement sur la Septante et sur les Pères grecs. Elle a publié le volume Ecclésiaste dans la collection de la Bible d’Alexandrie et, dans les Sources Chrétiennes, les Homélies sur l’Ecclésiaste de Grégoire de Nysse (SC 416) et les Questions à Thalassios de Maxime le Confesseur (SC 529, 554, 569).

Informations pratiques :

Grégoire de Nysse, Homélies sur le Cantique des cantiques, t. I, Homélies I-V, éd. Mariette Canevet et Françoise Vinel, Paris, Éditions du Cerf, 2021 (Sources chrétiennes, 613). 416 p., 12,5 x 19,5 cm. ISBN : 9782204140348. Prix : 39 euros.

Source : Éditions du Cerf

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