Colloque – Minorités, migrations, mondialisation en Méditerranée, XIVe-XVIe siècles

Colloque organisé par Florence Bistagne(MCF HDR, Avignon Université) et Jérémie Ferrer Bartomeu (Université de Neuchâtel)

Les 4, 5 et 6 février 2020
Université d’Avignon
CAMPUS HANNAH ARENDT – SITE CENTRE-VILLE

Minorités - RMBLF

Programme :

Mardi 4 février

14h00 Accueil et mots d’introduction

SESSION 1 AU PRISME DE L’HISTOIRE DE L’ART

14h30 Victor Stoichita (Université de Fribourg) – L’Image de l’Autre. Noirs, Juifs, Musulmans et  » Gitans  » à l’aube des Temps Modernes
Pause

SESSION 2 TRANSFERTS CULTURELS, CIRCULATION DES SAVOIR-FAIRE (1) TRANSFERTS DE MOTIFS ARTISTIQUES

16h00 : Valentina Burgassi (HISTARA, École pratique des hautes études, PSL) – L’Ordre de Saint Jean de Jérusalem et la Renaissance à Malte : architecture et pouvoir dans une île au cœur de la Méditerranée
16h30 : Raphaël Tassin (HISTARA, École pratique des hautes études, PSL) – Guerre et pierre. Le trophée d’armes : migration et « mondialisation » d’un thème artistique à la Renaissance
Pause

SESSION 3 AU MIROIR DE LA RENAISSANCE / VISIONS CONTEMPORAINES (1)

17h15 : Annemarie Dinvaut (ICTT, Avignon Université) – La migration et le conte, deux pratiques sociales

Mercredi 5 février

Matin

SESSION 1 TRANSFERTS CULTURELS, CIRCULATION DES SAVOIR-FAIRE (2) HISTOIRE DU LIVRE (1)

9h00 : Accueil
9h30 : Fabien Simon (ICT, Université Paris-Diderot) – Rome, 1584-Paris, 1811 : circulations de la Tipografia Medicea
10h00 : Raphaële Mouren – (Warburg Institute, University of London) – Partir à l’étranger : migrations d’imprimeurs en Europe (milieu du XVIe siècle)
Pause

SESSION 2 TRANSFERTS CULTURELS, CIRCULATION DES SAVOIR-FAIRE (2) HISTOIRE DU LIVRE (2)

10h45 : Geri Della Rocca de Candal (Milan) – Printing in Venice for the foreign markets: Greek, Armenian and Church Slavonic
11h15 : Joana Barreto (LARHRA, Université de Lyon) – Ligador de libres : transferts d’artisans et de motifs entre Aragon et Royaume de Naples au XVe
Pause

Après-midi

SESSION 1 LES MINORITÉS DANS LE CONTEXTE DE LA RENAISSANCE

14h00 : Guido Castelnuovo (CIHAM, Avignon Université) – Les Italiens à Avignon à la fin du Moyen Âge, une minorité privilégiée ?
14h30 : Joël Schnapp(LUHCIE, Université de Grenoble Alpes) – Les Turcs en Italie 1453-1570 : acteur politique majeur ou minorité religieuse ? Minorités, migrations, mondialisation en Méditerranée, XIVe-XVIe siècles
15h00 : Pierre Savy (École française de Rome) – Port Jews et middlemen ? Retour critique sur les Juifs d’Italie avant les ghettos
Pause

SESSION 2 LA QUESTION DES IDENTITÉS EST-ELLE PERTINENTE / UNE EARLY GLOBALISATION ?

15h45 : Jérémie Ferrer-Bartomeu (Université de Neuchâtel) – Les vies de Thomas Morgan, gentilhomme gallois. Allégeances multiples et économie de la trahison à l’internationalisation des guerres de Religion (1586-1602)
16H15 : Giovanni Ricci (Université de Ferrara) – Habillés en Turcs, habillés en Chrétiens. Les pièges de l’identité dans la Méditerranée « mondialisée » des XV-XVIIe siècles

SESSION 3 AU MIROIR DE LA RENAISSANCE : VISIONS CONTEMPORAINES (2)

17h00 : Bernard Urbani (ICTT, Avignon Université) – À la recherche de la Princesse de Mantoue (1470-2002)

Jeudi 6 février

Matin

SESSION 1 QUESTIONS LINGUISTIQUES ET REPRÉSENTATIONS IDENTITAIRES (1)

9h00 : Accueil
9h30 : Florence Bistagne (Institut universitaire de France – Avignon Université et Liza Méry (Université Paris Nanterre) – La langue de Plaute, reflet d’une majorité populaire ou d’une minorité intellectuelle ?
10h15 : Carole Boidin (LIPO, Université Paris Nanterre) et Aurélien Robert, CESR, CNRS) – De l’éloge du Punique au relativisme astrologique : réflexions sur la translatio studii selon Galeotto Marzio
Pause

SESSION 2 QUESTIONS LINGUISTIQUES ET REPRÉSENTATIONS IDENTITAIRES (2)

11h30 : Jean-Claude Ternaux (ICTT, Avignon Université) – Les Italiens dans la comédie humaniste
12h00 : Olivier Pédeflous (CNRS, Iramat) – La Méditerranée de Rabelais. Panurge et Alcofrybas au carrefour des langues

Après-midi

SESSION 1 MIGRATIONS DES GENRES

14h00 : David Dominé-Cohn (EHESS) – L’Anabase des Bretons en Italie. Récit de migration et construction de l’identité à l’étranger au temps de la guerre de succession de Bretagne
14h30 Susan Baddeley (DYPAC, Université de Versailles-Saint-Quentin) – Le Quo Vadis de Joseph Hall (1617), ou l’anti-guide du
voyage
Pause

SESSION 2 DÉCENTREMENTS DE LA TRANSLATIO STUDII : LES PASSEURS

15h30 : Émilie Picherot (ALITHILA, Université de Lille) – L’arabe à Paris au début du XVIe siècle: le rôle des migrations espagnoles
16h00 : Annemarie Dinvaut (ICTT, Avignon Université) – Synthèse des communications : balises d’une entreculture ?

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Publication en ligne – Grégory Combalbert, « Actes des évêques d’Évreux (XIe siècle-1223) »

Accès : ici

L’édition numérique des actes des évêques d’Évreux du XIe siècle à 1223 a été réalisée par Grégory Combalbert dans e-Cartae, outil d’édition critique en XML-TEI, de publication et de consultation en ligne des corpus de chartes médiévales. Ces actes constituent le corpus expérimental qui a permis la mise au point d’e-Cartae. Le corpus numérique proposé ici se distingue d’une base de données textuelles et constitue une véritable édition, aux deux sens que le terme peut avoir en français pour les spécialistes des sources anciennes : il a fait l’objet non seulement d’un traitement critique complet par l’éditeur scientifique, pour garantir la fiabilité et la normalisation des textes, mais aussi d’un protocole éditorial classique aux Presses Universitaires de Caen. Les Actes des évêques d’Évreux constituent le premier volume de la collection « e-Cartae ». Celle-ci est destinée à rassembler d’autres volumes d’actes épiscopaux (ensemble « Actépi ») ainsi que d’autres corpus d’actes diplomatiques.

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Cette édition a été préparée avec le soutien du pôle Document numérique de la MRSH, de la TGIR Huma-Num (Consortium Sources Médiévales – COSME) et de la Région Normandie (dans le cadre du CPER et du projet VEXICAEN). Elle est liée au projet ACTÉPI, soutenu par l’Agence Nationale de la Recherche.

Remerciements : Richard Allen, Pierre Bauduin, Clémentine Berthelot, Michaël Bloche, Marie Bisson, Pierre-Yves Buard, Joffrey Charles, Jérôme Chauveau, Annie Dufour-Malbezin, Judith Everard, Jean-Luc Fray, Jean-Pascal Foucher, Tamiko Fujimoto, Véronique Gazeau, Anne Goloubkoff, Annick Gosse-Kischinewski, Claire de Haas, Toby Huitson, Barbara Jacob, Laurence Jean-Marie, Guillaume Lelièvre, Marie-Agnès Lucas-Avenel, Émeline Mancel, Christophe Maneuvrier, Laurent Morelle, Orderic-Vital Pain, Coline Pignat, Daniel Power, Thomas Roche, Chantal Senséby, David Spear, Benoît-Michel Tock, Nicholas Vincent.

Mme Chantal Senséby, maître de conférences à l’université d’Orléans, et Mme Véronique Gazeau, professeur émérite de l’université de Caen, ont été chargées de l’évaluation scientifique de cette publication, conformément aux statuts des Presses universitaires de Caen.

Source : e-cartae

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Publication – C. Edson Armi, « Cluny and the Origins of Burgundian Romanesque Sculpture.The Architecture, Sculpture and Narrative of the Avenas Master »

The role of individual sculptors in creating the ambulatory capitals in the largest basilica in Christendom at Cluny remains a mystery. The unresolved issue of individual creativity leaves open three important questions about this powerful abbey which controlled hundreds of monasteries throughout Europe in the eleventh century: What was the specific artistic context – the origin, training and career path of the major sculptors who worked at the mother church at the start of construction? What was the relationship, in time and influence, between the focal ambulatory capitals and similar sculptures at numerous local sites? And what role did artists play in determining the form and meaning of Cluny sculptures and related monuments?

This book traces the career of a sculptor who worked on the earliest capitals in the abbey church at Cluny. It documents his artistic preferences at previous Burgundian projects, gathering a variety of evidence intended to be on the one hand precise, complex and subtle, and on the other convincingly repetitious. He treated gesture, pose, anatomy, drapery, foliage, architecture, background and space not only consistently but also in a complementary fashion. Plainly put, he blurred the traditional distinction between sculpture and architecture, displaying a rich and unique combination of artistic preferences even as he worked with different kinds of patrons on various subjects at numerous and diverse monuments. These findings are supported with high-resolution photographs taken at telling angles from high ladders and scaffolding.

This version of the creative process at the mother church, in which the Cluniac brothers picked a local talent to carry out one of the most important sculptural commissions in Europe, differs markedly from the standard one based largely on presumed but undocumented artistic priorities of the monks. Prevailing theory assumes the monks had an international perspective when it came to art as they tried to establish at Cluny a new Rome as the centerpiece of their monastic empire. Rather than tap an experienced sculptor who worked in the indigenous masonry tradition, they would have looked toward foreign lands to find suitable artists who based their designs on high forms of art such as ivory, painting, and metalwork.

C. Edson Armi is a research professor at the University of California, Santa Barbara. He has written books on Cluniac architecture and sculpture, design and construction in Romanesque architecture, Gothic sculpture, and American car design. He received the Society of Architectural Historians Founders Award, the C.I.N.O.A. International Art History Prize, and a Guggenheim Fellowship.

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Table des matières :

Introduction

Chapter 1
Avenas
Altar and Later Comparisons
Charlieu Tympanum
Christ
Nativity
Annunciation

Chapter 2
Mcon
Christ Welcoming Souls, Last Judgment Tympanum

Chapter 3
Anzy-Le-Duc
Tympanum
Corinthian Capitals with Figures
Elder Capital

Chapter 4
Perrecy-Les-Forges
Angel Capital

Chapter 5
Vzelay
Capital of a Figure Playing a Monocord
Capital of an Angel with a Staff and Horn

Chapter 6
Montceaux-Ltoile
Tympanum and Lintel
Harpy (?) Capital
Portal
Excursus

Chapter 7
Cluny Ambulatory Capitals, Avenas Master
Fourth Tone
First Tone
Classicism at Cluny
Corinthian Capital with Figures

Chapter 8
Cluny Ambulatory Capitals
Second Tone
Liberal Arts (?)
Theological Virtues (?)
Four Winds

Conclusion

Bibliography

Informations pratiques :

C. Edson Armi, Cluny and the Origins of Burgundian Romanesque Sculpture. The Architecture, Sculpture and Narrative of the Avenas Master, L’Erma, 2019 (Bibliotheca Archaeologica, 58). 124, 6 b/w ill, 116 colour ill. Prix : 86 euros.

Source : L’Erma

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Offre d’emploi – Doctorant·e Fonds national suisse (FNS) : Les « traités d’ambassadeurs » : expérience personnelle et construction d’un discours normatif (XIIIe-XVIe siècle)

Entrée en fonction : 1er septembre 2020
Durée du contrat : 1 an renouvelable, max. 4 ans
Échéance : 1er avril 2020

La personne participera au projet « Les « traités d’ambassadeurs » : expérience personnelle et construction d’un discours normatif (XIIIe-XVIe siècle) » (PR00P1_185789), dirigé par Noëlle-Laetitia Perret.

Screenshot_2019-12-30 Les « traités d'ambassadeurs » expérience personnelle et construction d'un discours normatif (XIIIe-X[...]

Description :
• Développer une thèse de doctorat en relation avec la thématique du projet de recherche en se concentrant sur le Speculum legatorum de Guillaume Durand (vers 1279).
• Contribuer à la présentation des résultats des recherches du projet lors de communications dans des congrès et des publications.
• Coopérer aux tâches d’enseignement, d’administration et d’organisation d’événements scientifiques en rapport avec les recherches du projet.
• Collaborer de manière régulière avec les membres du projet ainsi qu’avec les autres chercheurs de l’Institut d’études médiévales de l’Université de Fribourg.

Qualités requises :
• Master en histoire et compétences en latin médiéval et philologie.
• Bonnes connaissances en paléographie et codicologie.
• Esprit d’initiative et aptitude au travail d’équipe.
• Intérêt pour le travail interdisciplinaire.
• Autonomie.

Salaire
Le projet est financé selon les normes du FNS.

Dossier de candidature
Les candidatures doivent inclure une lettre de motivation, un CV complet, copie des diplômes universitaires, une version électronique d’un travail de recherche (mémoire de master, travail de séminaire, présentation pour un colloque ou autre publication scientifique). Une lettre écrite par le directeur ou la directrice du mémoire de Master (ou par un·e autre professeur connaissant bien le ou la candidat·e) est également bienvenue.

Le dossier de candidature est à adresser à Noëlle-Laetitia Perret (noelle-laetitia.perret@unifr.ch).

Source : InfoClio

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Appel à contribution – Fake Blues: Exposures of Forgeries and their Aftermaths

Cambridge, Peterhouse
24 April 2020

This workshop will investigate the unhappy state of mind of those people in history who have been taken in by fakes and forgeries, as well as the afterlives of forged texts. What effect did the exposure and revelation of their gullibility have on the reception of forgeries? The Donation of Constantine, for example, was defended by high-ranking members of the Catholic Church for another century after Lorenzo Valla’s astute criticism. The Reformation lent further urgency to these discussions, when polemicists on both sides of the confessional divide – Catholic and Protestant – often accepted or rejected the results of the humanists on the basis of religious and political expediency.

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To date, many historians have focussed their attention on the discussion of forgery in ecclesiastical history. This workshop therefore aims to move beyond this genre, to discuss the study of forgery in other disciplines, such as the history of science, literature and art. It will ask questions such as: what were the similarities and differences in the reception of legends, myths, falsely attributed texts and forged documents? How did invention, translation, and circulation of texts inflect upon one another? And finally, how were more everyday objects such as safe-conducts or letters of recommendation subject to scrutiny as fakes or frauds, and how were those carrying them able to ‘prove’ their identities?

The workshop will take in Cambridge. It will be followed by a wine reception. Unfortunately, we cannot provide any reimbursement for costs of travel and accommodation.

Please send a 150-word paper proposal to the organizers by 15 January 2020:

Stefan Bauer (Royal Holloway, University of London)  stefan.bauer@rhul.ac.uk

Sam Kennerley (Peterhouse, Cambridge) sjk76@cam.ac.uk

Source : Fake Blues

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Appel à contribution – Recherche-Création sur le phénomène des musiques anciennes (et musiques de rituels) au XXIe siècle, considéré sous l’angle de la pensée complexe

Journées d’étude et de recherche dans le domaine de l’éducation et de la formation dont l’objectif est de contribuer à la connaissance de la connaissance d’un domaine d’étude où les objets d’étude ne peuvent être pensés que dans une pensée spéculative

17 & 18 mai 2020
Saint-Guilhem-le-Désert (34150), France

 Comité scientifique

Khaï-dong Luong, Doctorant en musicologie, CEMM (EA 4583), Université Paul-Valéry Montpellier 3, Directeur artistique de l’ensemble La Camera delle Lacrime

Gisèle Clément, Maîtresse de conférences en Musicologie médiévale, CEMM (EA 4583), Université Paul-Valéry Montpellier 3

Les musicologues qui étudient les musiques anciennes ou « à l’ancienne » sont confrontés à un dilemme inhérent à leur objet d’étude : les musiques anciennes ne prennent leurs « réalités » de musiques que si on peut les entendre et justement elles ne sont plus « entendables ». L’absence de ce fait sonore et musical suscite alors une puissance imaginante pour satisfaire le besoin et le désir d’entendre ce que nous ne pouvons plus entendre, en fabricant les musiques anciennes à partir des traces écrites ou iconographiques parvenues jusqu’à nous. Cette « réalité » musicale et spéculative de la musique ancienne soulève des questions fondamentales et globales qui ne concernent pas seulement la musicologie et que nous organisons dans le cadre de cette journée selon trois axes principaux (transmission et cécité, étude et analyse des dispositifs, connaissance de la connaissance) qui sont évidemment liés.

Transmission et cécité : Comment transmettre la connaissance d’une connaissance dont les objets d’étude ne peuvent être pensés que dans une pensée spéculative ? C’est-à-dire comment transmettre une connaissance dont le sujet reste un mystère et dont la stratégie de connaissance nécessite d’accepter ses limites, ses difficultés, et la dépendance de sa stratégie à son dispositif ? Comment transmettre la connaissance sur les musiques anciennes si celles-ci comme « réalités » musicales n’existent plus ? La question de la transmission est inséparable de la question des horizons d’attentes des individus touchés (créateurs, critiques, public, programmateurs, institutions, universitaires…) considérés comme unités complexes, par l’écologie de l’action de transmission des connaissances sur les musiques anciennes. A propos de l’éducation et de la formation, Edgar Morin a proposé en 1999 à l’UNESCO un texte intitulé Les sept savoir nécessaire à l’éducation du futur[1]. Parmi les sept savoirs nécessaires établis, le premier mentionné est celui de la connaissance de la connaissance (ses dispositifs, ses infirmités, ses difficultés) qui permettrait de doter chaque esprit d’outils et de méthodes pour se préparer à l’affrontement des risques permanents d’erreur et d’illusion qui l’encerclent dans son combat vital pour la lucidité. A cet effet, il rappelle qu’il est nécessaire de promouvoir une connaissance capable de saisir les problèmes globaux et fondamentaux pour y inscrire les connaissances partielles et locales. C’est-à-dire qu’il est nécessaire d’enseigner non seulement la condition humaine mais également de développer l’aptitude naturelle de l’esprit humain à situer toutes informations dans un contexte et un ensemble. La compréhension mutuelle entre humains est alors vitale pour que les relations humaines sortent de leur état barbare d’incompréhension. Compréhension-incompréhension deviennent alors des entités inséparables où il ne devient pas envisageable d’enseigner ou d’étudier l’un sans l’autre. La compréhension est à la fois moyen et fin de la communication humaine.

A propos des musiques médiévales, comme le rappelle la musicologue Marie-Noël Colette[2] : « On n’imagine pas de connaître et donc d’apprécier un phénomène musical sans en entendre la manifestation ». Pour autant, donner naissance à une manifestation sonore à partir de traces écrites (non sonores), c’est déjà créer la manifestation perceptible d’une musique devenue imperceptible aujourd’hui. Les pratiques de musiques anciennes dans les conservatoires, ou lors des concerts et/ou spectacles de musiques anciennes programmés dans les festivals et les lieux de diffusion donnent aujourd’hui aux musiques anciennes une réalité effective. Le phénomène des musiques anciennes au xxie siècle pose la question de ce qu’on désigne par musiques anciennes. La polysémie des termes « musiques anciennes » désignant à la fois ce qui n’existe plus et ce qui est recréé aujourd’hui tend à rendre difficile, mais pas impossible, la mission de faire advenir une pensée aporétique sur le phénomène des musiques anciennes au xxie siècle. En musicologie historique, dès que l’on veut pouvoir aborder la musique ancienne sous forme de fait musical, le chercheur est confronté à la nécessité d’une stratégie de connaissance qui relève alors d’un problème fondamental et global.

La disjonction (qui sépare ce qui est naturellement inséparable comme cerveau/esprit, homme/nature) et la réduction (qui croit expliquer un tout à partir des parties qui le constituent, alors que le tout produit des qualités inconnues des parties) produisent des cécités. Niels Bohr indique trois types de limites à la connaissance microphysique, qu’il a, du reste, généralisés : l’impossibilité d’unifier la connaissance, lié à l’apparition d’insurmontable contradictions, l’inséparabilité objet/instrument de mesure que l’on peut généraliser dans l’ inséparabilité du sujet et de l’objet de la connaissance[3]. Les progrès des connaissances scientifiques ont sans cesse révélé des nappes de plus en plus profondes et amples d’ignorance ; la nouvelle ignorance est différente de l’ancienne, qui vient du manque de connaissance ; la nouvelle émerge de la connaissance elle-même. Quelles sont alors les vrais limites de toute connaissance ? L’inconnu est énigme ; l’inconnaissable est mystère. L’inconnu est au cœur du connu. Dans certains cas, l’inconnu pourra être résolu par la connaissance. A la différence, le mystère échappe non seulement à la connaissance, mais il est aussi au cœur même de la connaissance. Le mystère, surgit de l’origine et de la fin de l’univers, de la nature de la réalité, de l’origine de la vie, de la créativité manifestée par les évolutions biologiques, de l’apparition d’homo sapiens/demens. Le mystère à la fois premier et ultime se trouve dans notre esprit/cerveau : c’est le plus fabuleux des mystères bien que, et parce que, c’est lui qui produit notre connaissance. Il n’est sans doute pas un hasard si le mot création convoque un mystère englobant l’être humain, son esprit/cerveau et par conséquent les créations de l’être humain aussi[4].  Et, la musicologie a pour objet d’étude une de ces créations.

Étude et analyse des dispositifs : Ces journées d’étude envisagées sous l’angle de la recherche-création[5] sont une opportunité pour  contribuer à la recherche sur l’éducation et la formation, pour contribuer au développement de la pensée complexe à l’université, pour contribuer à la recherche musicologique sur les musiques anciennes sans réduire l’approche ontologique à la question de « l’authenticité » ou du « vraisemblable » autour de son interprétation. C’est l’opportunité de saisir la chance offerte par le dynamisme de ces pratiques pour naviguer dans des territoires nouveaux de la connaissance où se révèle l’inséparabilité du trio connaissance, ignorance, mystère. C’est une invitation à un voyage aux limites de la connaissance dans la reconnaissance de ce mystère qui nous conduit d’une part, à abandonner définitivement : le règne de l’ordre déterministe, le réductionnisme et la division entre les disciplines, la réalité comme notion claire et distincte, et d’autre part à considérer la complexité de l’univers, de la vie, de l’humain[6]. Dans le vécu d’une expérience sensible faisant, entre autres, appel aux sens et aux émotions, comment s’organise notre rapport à la connaissance ? Quelles règles, quels principes commandent la pensée qui nous fait organiser le réel ? Comment sélectionne-t-on ou privilégie-t-on certaines données au regard d’autres qui sont éliminées ou « subalternisées » ? La relation entre la connaissance et la réalité pose le problème soulevé par la philosophie de la connaissance et la science du cerveau : dans la relation inséparable et circulaire entre réalité, connaissance, esprit, cerveau, que connait-on, que peut-on connaître de la réalité[7] ?

Quelle méthodologie et quelle stratégie de connaissance adopter pour surmonter les risques permanents d’erreur et d’illusion issus de la construction de connaissances relatives au vécu d’une expérience sensible (faisant appel aux sens et aux émotions) ? Cette partie concerne l’analyse et l’étude des stratégies de connaissances construites sur des dispositifs faisant appel aux sens et aux émotions. C’est une étude sur les limites, les difficultés, les incompréhensions inhérents à ces dispositifs. C’est aussi une invitation à penser l’incomplétude comme une chance de liberté pour l’esprit humain quand on touche à la fois à des questions des expériences sensibles, et des sujets qui ne se pensent que dans une pensée spéculative. C’est l’opportunité d’installer une réflexion qui tient compte de la part de mythe dans nos perceptions de la réalité. Dans la stratégie de connaissance sur les musiques anciennes, quelles sont les limites à l’expérience sonore des musiques anciennes ? Quelle différence pouvons-nous faire entre un workshop entre spécialistes et un événement ouvert au grand public ?

Connaissance de la connaissance : Comment s’organise et se structure la connaissance sur des objets d’étude qui ne peuvent être pensés que dans une pensée spéculative ? Qu’est-ce que l’expérience moderne des musiques anciennes ? Qu’entend-t-on quand on écoute aujourd’hui des musiques anciennes ? A quoi assiste-t-on quand on se rend à un concert/spectacle de musiques anciennes ?  Quelle performativité pouvons-nous attendre de ces événements ?

A l’image du travail de musicologie de terrain réalisé par Benoit Haug, ces journées d’étude pourraient accueillir des contributions sur les fabriques de musiques anciennes considérées sous l’angle de la pensée complexe qui rendent compte des dispositifs mis en œuvre pour faire advenir aujourd’hui la musique ancienne comme fait musical, et/ou qui décrivent les relations entre le fait musical perdu et inconnu, la trace parvenue jusqu’à nous et le fait musical créé, et/ou qui pensent sous une approche ethnoscénologique[8] l’expérience moderne des musiques anciennes. La thèse de doctorat de Benoit Haug intitulée Suzanne sous un nouveau jour, la fabrique d’une musique à l’ancienne et de ses singularités au prisme d’une musicologie de terrain[9] nous invite à suivre la fabrique d’un fait musical à partir d’une trace du passé. Dans cette thèse, l’émergence du fait musical se réalise par les corps des interprètes et la pratique d’ensemble. Il n’y a donc pas de fait musical sans ces corps et sans ces pratiques. Aussi, l’approche ethnoscénologique est essentielle pour comprendre la fabrique de musiques anciennes. La fabrique de musiques anciennes soulève donc un ensemble de questions relatives aux procédés de création, à la réception, à la critique, à l’esthétique, chacun pouvant s’inscrire dans une approche structurale ou historique. Arriver à penser sous l’angle complexe, les musiques anciennes à la fois comme fait musical du passé définitivement perdu et aussi comme fait musical du xxie siècle suppose d’essayer de reconnaître la multidimentionnalité du phénomène des musiques anciennes au xxie siècle, la présence de l’observateur/concepteur dans l’observation/conception (c’est à dire la présence du sujet dans l’objet), l’être humain comme unité complexe, les incertitudes liées à la connaissance et à l’écologie de l’action (dès qu’un individu entreprend une action, quelle qu’elle soit, celle-ci commence à échapper à ses intentions ; cette action entre dans un univers d’interactions et c’est finalement l’environnement qui s’en saisit dans un sens ou dans un autre) et d’accepter que c’est l’événement in toto qui fait sens.

Le dimanche 17 mai au soir, les participants seront conviés au spectacle donné par l’ensemble-école – Promotion 2020 et invités à susciter la discussion avec les étudiants qui le constituent autour des problématiques développées dans le cadre de ces journées d’étude. L’ensemble-école est un projet de formation par la praxis qui permet aux étudiants de se confronter aux enjeux et aux problématiques de la direction artistique et administrative d’un projet artistique professionnel. Son objectif est d’encourager les bénéficiaires à s’interroger sur toutes les questions ayant attrait directement ou indirectement au processus de création et de production d’un spectacle.

L’ensemble-école est un dispositif pédagogique imaginé par l’ensemble La Camera delle Lacrime avec le Centre International de Musiques Médiévales – Du Ciel aux Marges et l’université Paul-Valéry Montpellier 3. Réunis au sein d’une formation musicale à géométrie variable (dénommée ensemble-école) pendant une année scolaire et encadrés par Bruno Bonhoure et Khaï-Dong Luong, les bénéficiaires auront pour mission de créer un spectacle qui sera programmé dans le cadre du festival des Marteaux de Gellone.

Organisées en partenariat avec le Centre International de Musiques Médiévales de Montpellier (CIMM), partenaire de l’université Paul-Valéry Montpellier 3, ces journées d’étude sont partie intégrante du festival Les Marteaux de Gellone – Fabrique de musiques médiévales, qui aura lieu du 15 au 24 mai 2020 à Saint-Guilhem-le-Désert (34150), France.

Langues officielles des communications : français et anglais.

Les propositions de communication, composées d’un titre, d’un résumé de 200 à 300 mots et d’une brève et précise présentation du communicant, devront nous parvenir au plus tard le 1er février 2020 conjointement aux adresses suivantes :

khaidong@lacameradellelacrime.com

giseleclementdumas@gmail.com

Après expertise du comité scientifique, une réponse sera donnée le 10 février 2020.

Les frais de déplacement et d’hébergement seront à la charge des participants. Le comité d’organisation pourra toutefois accorder des bourses pour couvrir tout ou partie des frais engendrés aux chercheurs qui ne disposent pas de possibilités de financement par leur laboratoire ; les doctorants et les jeunes docteurs seront bien entendu prioritaires.

[1] Ce texte a été soumis à des personnalités issus d’un certain nombre de pays (dont l’Argentine, le Brésil, le Canada, la Chine, la Colombie, l’Espagne, la Hongrie, Italie, le Japon, le Maroc, le Mexique, les Pays-Bas, la Russie, la Turquie, l’Uruguay, les USA, le Venezuela, le Zaïre) avant d’être publié dans une version augmentée des propositions et commentaires suggérés par les uns et les autres.

[2] Directrice de recherches émérite, École Pratique des Hautes Études, 4e section, Paris. Cette phrase est extraite de la conférence plénière que Marie-Noël Colette a prononcée lors du 1er Congrès international Franco-Italien Musicologie et Philologie « Qui dit tradition dit faute ? La faute dans les corpus chantés du Moyen Âge et de la Renaissance », Saint-Guilhem-le-Désert, 21-24 mai 2017. Actes à paraître.

[3] À ce sujet, voir Edgar Morin, Connaissance, ignorance, mystère (Paris, Librairie Arthème Fayard / Pluriel, 2018).

[4] À ce sujet, voir Edgar Morin, ibid.

[5] La recherche-création est une pratique de recherche où la création est au cœur de la démarche et où un dialogue théorique s’instaure autour du processus. En 2018, Erin Manning a établi trente propositions pour la recherche-création.

https://www.acfas.ca/publications/decouvrir/2018/02/30-propositions-recherche-creation?fbclid=IwAR0Sn8isnickGxM-D_oqQ6yOAnLPA3pPKL-PXRZmwqWWrmI9WJnX9x4sm00

[6] À ce sujet, voir Edgar Morin, ibid.

[7] À ce sujet, voir Edgar Morin, ibid.

[8] L’ethnoscénologie étudie les pratiques et les comportements humains spectaculaires organisés [PCHSO] des divers groupes ethniques et communautés culturelles du monde entier. Jean-Marie Pradier rappelle que dans l’approche ethnoscénologique, le pouvoir captatif des éléments perceptibles ne doit pas faire oublier que c’est l’événement in toto qui fait sens, et non pas l’une ou l’autre de ses composantes. Dans ce cas, le “trans-port” se réfère non seulement au poids (de l’actuant) qu’aux énergies les plus subtiles, y compris celles qui appartiennent aux univers symboliques des participants. Extrait de l’article Ethnoscénologie : la chair de l’esprit par Jean-Marie Pradier de l’Université Paris 8.

https://effetsdepresence.uqam.ca/upload/files/articles/ethnoscenologie.pdf

[9] Soutenue à l’université François-Rabelais de Tours le 4 décembre 2017

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Conférence – Élisabeth Lusset, « Comparer les enfermements monastiques et carcéraux du Moyen Âge aux années 1930. Un bilan du programme de recherche Enfermements »

L’UR Transitions a le plaisir de vous inviter à la conférence que donnera Élisabeth LUSSET (U. Paris-1) : Comparer les enfermements monastiques et carcéraux du Moyen Âge aux années 1930. Un bilan du programme de recherche Enfermements.

Cette conférence, qui aura lieu le jeudi 9 janvier 2020 à 20h à la chapelle Saint-Roch (Liège, rue Volière) s’inscrit dans le cadre des manifestations destinées à célébrer le 500e anniversaire de la fondation à Liège du couvent des frères cellites. https://www.chapelle-voliere.be/500-ans/.

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Depuis 2009, le programme de recherche Enfermements. Histoire comparée des enfermements monastiques et carcéraux vise à rapprocher et à comparer des institutions aujourd’hui qualifiées de « milieux clos » et ayant fonctionné depuis le Moyen Âge jusqu’à l’époque contemporaine. Il est porté par quatre spécialistes, associés à de prestigieux laboratoires de recherches français : Julie Claustre, Élisabeth Lusset, Isabelle Heullant-Donat et Falk Bretschneider (en savoir plus : https://lamop.hypotheses.org/4982)

Depuis septembre 2018 un webdocumentaire, Le cloître et la prison. Les espaces de l’enfermement (cloitreprison.fr), a été mis en ligne à destination d’un public élargi. S’appuyant sur le cas de l’abbaye de Clairvaux transformée en prison au début du début 19e siècle, le webdocumentaire propose une visite interactive de neuf lieux-clés de l’abbaye-prison de Clairvaux (mur, porte, bâtiment des convers, réfectoire, église, dortoir, grand cloître, quartier disciplinaire et infirmerie) et examine à travers elle l’histoire des espaces de l’enfermement du Moyen Âge aux années 1930. Élisabeth Lusset viendra faire le point sur ce programme de recherche en adaptant son discours à un public de non-spécialistes. Sa conférence sera une excellente introduction au colloque sur le même thème organisé par Transitions en avril 2020.

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Appel à contribution – Les cornemuses médiévales : organologie, facture, modes de jeu, fonctions

3es SESSIONS D’ARCHEO-MUSICOLOGIE EXPERIMENTALE
ACTUALITES EN ARCHEO-LUTHERIE 21, 22 & 23 mai 2020
Saint-Guilhem-le-Désert (34150), France

Comité scientifique
Gisèle CLEMENT, Maîtresse de conférences en Musicologie médiévale, CEMM (EA4583), Université Paul-Valéry Montpellier 3
Lionel DIEU, Président de l’APEMUTAM
Denis LE VRAUX, Membre de l’APEMUTAM
Xavier TERRASA, Musicien, Directeur artistique de l’instrumentarium de Chartres Nelly POIDEVIN, Présidente de l’UNFI

Après le symposium international De organis dédié à l’orgue roman (2018), le colloque sur les Percussions et flûtes tambourines médiévales (2019), il s’agira cette année de rassembler différents types de spécialistes autour des questions liées à la connaissance, à la restitution, au jeu et aux fonctions sociales des cornemuses. Quoique beaucoup jouées aujourd’hui dans les musiques traditionnelles régionales, européennes et extra-européennes – et sans doute justement pour cette raison – les cornemuses médiévales ont peu suscité l’intérêt des chercheurs. En s’appuyant sur les travaux de l’APEMUTAM – Des muses aux cornemuses qui ont fait l’objet de quatre expositions en 2008, 2010, 2012 et 2015 – et sur les campagnes de restitution d’instruments récemment entreprises autour de l’instrumentarium de la cathédrale de Chartres, la réflexion et la formalisation interdisciplinaires proposées dans le cadre de ce colloque/atelier devraient s’avérer fructueuses. L’objectif est de croiser différentes méthodologies disciplinaires : musicologie, ethnomusicologie, archéologie, archéologie expérimentale, organologie, iconographie, histoire de l’art, littérature médiévale, histoire médiévale, facture instrumentale, performance musicale. L’approche pluridisciplinaire de l’archéologie musicale permet d’établir un dialogue entre le traité ou le manuscrit (trace écrite), le reste archéologique, la trace iconographique et l’occurrence littéraire, en mettant en lien l’instrument de musique avec les connaissances que nous donne l’histoire sociale de la fonction du musicien et des pratiques musicales au Moyen Âge. A cette fin, des spécialistes des domaines de la musicologie, de l’organologie, des matériaux, de l’iconographie, de l’histoire de l’art, de la philologie, de l’histoire médiévale, de l’ethnomusicologie, de la sémantique et de la websémantique, ainsi que des luthiers et des musiciens, sont invités afin d’étudier, réviser, discuter les sources, expérimenter les matériaux et techniques de restitution, restituer les instruments, proposer des modes de jeu plausibles et inscrire les cornemuses dans leurs différentes fonctions musicales et sociales.

Parallèlement à une exposition, ce colloque/atelier comprendra une 1e session accueillant les communications, un atelier d’expérimentation en archéo-lutherie, des expérimentations musicales et une 2de session de discussions et d’échanges entre les participants sous la forme d’une table ronde sur la base des communications et des ateliers expérimentaux.

Les participants sont invités à communiquer autour de ces axes :

Historiographie :
o Historiographie du processus de recréation des cornemuses médiévales
o Historiographie de la recherche scientifique sur les cornemuses médiévales
Sources : artes liberales vs artes mechanicae
o Perception de l’artisanat au Moyen Âge
o Contextes sociaux et culturels des sources iconographiques, littéraires, historiques o Matériaux et outillage utilisés pour les tuyaux
o Matériaux et outillage utilisés pour les sacs
o Relation entre les proportions dans le cadre de l’ars musica, accord et cosmologie

Performance (exécution) :
Relation aux sources musicales disponibles et à leurs différents champs contextuels qui peuvent permettre de proposer :
o des pratiques musicales au Moyen Âge
o des modes de jeu plausibles (contrafactum, improvisation,…)
o afin d’inscrire les cornemuses dans leurs différentes fonctions musicales et sociales

Méthodologies :
o Utilisation de l’archéologie expérimentale pour la restitution des instruments
o Ethnomusicologie: qu’apprendre de la comparaison avec les cornemuses
traditionnelles régionales, européennes ou extra-européennes o Enjeux liés au web-data
o Sémantique et websémantique

La matinée du 23 mai sera consacré à l’actualité en archéo-lutherie.

Organisé en partenariat avec le Centre International de Musiques Médiévales de Montpellier (CIMM), partenaire de l’université Paul-Valéry Montpellier 3, ce colloque/atelier est partie intégrante du festival Les Marteaux de Gellone – Fabrique de musiques médiévales, qui aura lieu du 15 au 24 mai 2020 à Saint-Guilhem-le-Désert (34150), France.

Langues officielles des communications : français et anglais.

Les propositions de communication (pour le Colloque/Atelier sur les cornemuses et pour l’Actualité en archéo-lutherie), seront composées d’un titre, d’un résumé de 200 à 300 mots et d’une brève et précise présentation du communicant. Elles devront nous parvenir au plus tard le 30 janvier 2020 à l’adresse suivante : giseleclementdumas@gmail.com

Après expertise du comité scientifique, une réponse sera donnée le 10 février 2020.

Les frais de déplacement et d’hébergement seront à la charge des participants. Le comité d’organisation pourra toutefois accorder des bourses pour couvrir tout ou partie des frais engendrés aux chercheurs qui ne disposent pas de possibilités de financement par leur laboratoire ; les doctorants et les jeunes docteurs seront bien entendu prioritaires.

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Publication – Stephen J. Spencer, « Emotions in a Crusading Context, 1095-1291 »

Emotions in a Crusading Context is the first book-length study of the emotional rhetoric of crusading. It investigates the ways in which a number of emotions and affective displays — primarily fear, anger, and weeping — were understood, represented, and utilized in twelfth- and thirteenth-century western narratives of the crusades, making use of a broad range of comparative material to gauge the distinctiveness of those texts: crusader letters, papal encyclicals, model sermons, chansons de geste, lyrics, and an array of theological and philosophical treatises. In addition to charting continuities and changes over time in the emotional landscape of crusading, this study identifies the underlying influences which shaped how medieval authors represented and used emotions; analyzes the passions crusade participants were expected to embrace and reject; and assesses whether the idea of crusading created a profoundly new set of attitudes towards emotions.

Emotions in a Crusading Context calls on scholars of the crusades to reject the traditional methodological approach of taking the emotional descriptions embedded within historical narratives as straightforward reflections of protagonists’ lived feelings, and in so doing challenges the long historiographical tradition of reconstructing participants’ beliefs and experiences from these texts. Within the history of emotions, Stephen J. Spencer demonstrates that, despite the ongoing drive to develop new methodologies for studying the emotional standards of the past, typified by experiments in ‘neurohistory’, the social constructionist (or cultural-historical) approach still has much to offer the historian of medieval emotions.

Stephen J. Spencer, Past and Present Fellow, Institute of Historical Research, School of Advanced Study, University of London.

9780198833369

Table des matières :

Introduction

Part I. Fear

1: To Fear Death or Trust in God?
2: The Multifaceted Nature of Fear

Part II. Tears and Grief

3: The Lachrymose Crusader
4: Discourses of Tears and Sorrow

Part III. Anger and its Management

5: Zealous Wrath for the Holy Land
6: Restraining Rage

Conclusion

Informations pratiques :

Stephen J. Spencer, Emotions in a Crusading Context, 1095-1291, Oxford, Oxford University Press, 2019. 320 p., 234 x 153 cm. ISBN : ISBN: 9780198833369. Prix : 65 £.

Source : Oxford University Press

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Publication – « Renseignement et espionnage pendant l’Antiquité et le Moyen Âge », éd. Patrice Brun et Éric Denécé

Dès la plus haute Antiquité apparaissent de nombreuses preuves de l’existence d’organisations de renseignement dans toutes les grandes civilisations : au Moyen-Orient (Mésopotamie, Egypte, Perse), en Extrême-Orient (Inde et Chine) et en Europe (Grèce, Carthage et Rome). L’espionnage est attesté par des textes nombreux : la Bible ; les inscriptions des temples de Louxor ; les récits d’Hérodote et ceux des historiens romains ; et les deux plus anciens traités de stratégie au monde : L’Arthasastra de Kautilya (Inde) et L’Art de la Guerre de Sun Tse (Chine).

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Au Moyen Âge, les pratiques du renseignement se pérenisent, notamment dans l’Empire byzantin et en Chine. Les Vikings y recourent systématiquement lors de leurs raids, tout comme les Normands pour la conquête de l’Angleterre. Pendant les Croisades, l’espionnage est pratiqué tant par les royaumes chrétiens que musulmans, comme pendant la guerre de Cent Ans. Les opérations clandestines s’observent également dans la péninsule ibérique lors de la Reconquista, dans l’Amérique préhispanique et au Japon, avec les mystérieux ninjas.

Ainsi, tout au long de l’Antiquité et du Moyen Âge, principautés, royaumes et empires qui s’affrontent pour la domination du monde conduisent des actions secrètes qui comportent tous les volets de l’espionnage moderne : espionnage, contre-espionnage, écritures secrètes, interception des courriers, assassinats ciblés… Ce sont quelques uns des plus beaux épisodes de l’histoire du renseignement de l’Antiquité et du Moyen Âge que ce livre propose au lecteur.

Table des matières : ici

Informations pratiques :

Renseignement et espionnage pendant l’Antiquité et le Moyen Âge, éd. Patrice Brun et Éric Denécé, Paris, Ellipses, 2019. 520 p., 16,5 cm x 24 cm. ISBN : 9782340035478. Prix : 28 euros.

Source : Ellipses

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