Séminaire – Earlier Middle Ages (Institute of Historical Research)

Venue: Pollard Room N301, 3rd floor, IHR, North block, Senate House
Time: Wednesdays 17:30

Convenors: Julia Crick, Caroline Goodson, Peter Heather, Hugh Kennedy, Alice Rio, Antonio Sennis, Dionysios Stathakopolous, Alice Taylor, Alan Thacker

Postgraduate convenor: Irene Bavuso

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Programme :

18 October
18:15 The Galloway (2014) Hoard: Vikings (and Anglo-Saxons) in South-West Scotland
James Graham-Campbell
UCL, Institute of Archaeology, 31-34 Gordon Square, London WC1H 0PY

1 November
17:30 How and why was Domesday made?
Stephen Baxter
IHR Pollard Seminar Room, N301, Third Floor, IHR

15 November
17:30 Debating the Cult of Saints in Late Antiquity: Critics, Defenders, and Theorists in the Greek and Latin Traditions
Efthymios Rizos
IHR Pollard Seminar Room, N301, Third Floor, IHR

29 November
17:30 The Norman Conquest and the English Peasantry: Four Points of View and a Footnote
Ros Faith
IHR Pollard Seminar Room, N301, Third Floor, IHR

Source : Institute of Historical Research

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Appel à contribution – La transmission des savoirs. 143e Congrès du CTHS

Les inscriptions au 143e congrès qui se tiendra du 23 au 27 avril 2018 à l’Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO-Paris 13e) sur le thème de la transmission des savoirs sont ouvertes.

Vous trouverez ci-joint, pour information et diffusion, le texte intégral de l’appel à communication, son résumé et une fiche d’inscription.

Le congrès est ouvert à tout public. Pour proposer une communication, la date limite est le 1er novembre 2017. Inscrivez-vous directement en ligne sur le site du CTHS (paiement par carte bancaire sécurisé : 50€, gratuité pour les étudiants, les chômeurs et les membres du CTHS, 25 € pour les membres de sociétés savantes de Paris) ou envoyez par courrier électronique à congres@cths.fr le bulletin à télécharger.

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Il est nécessaire de joindre :

– le titre et le résumé de la proposition de communication (1000 caractères espaces comprises, soit une demi-page) en fichier .doc ou .rtf,

– la fiche d’inscription complétée (téléchargeable ici) en précisant bien dans quel thème et sous-thème ou colloque vous souhaitez placer votre communication, et, par courrier postal postal à CTHS (143e congrès – 110 rue de Grenelle 75357 PARIS cedex 07), le règlement des droits d’inscription, par chèque bancaire à l’ordre de l’ASCSHS (Association de soutien aux congrès des sociétés historiques et scientifiques) : les 50 € vous seront remboursés si votre proposition n’est pas acceptée.

Le résumé doit faire ressortir les points essentiels de la communication ; il en souligne les éléments nouveaux et les conclusions. Il doit faire clairement état des sources exploitées. Il ne doit prendre la forme ni d’une introduction générale, ni d’un plan.

Le Comité étudiera en novembre 2017 toutes les propositions de communication. Il peut écarter celles ne lui paraissant pas convenir, sans avoir à motiver sa décision. Les droits d’inscription sont alors remboursés, sur demande, avant le 1er mars 2018 (de même si un congressiste annule sa participation).

Les communications acceptées seront affichées sur le site cths.fr, à partir de février 2018, par thème, par jour, par auteur. Les intervenants seront informés personnellement par messagerie électronique.

Pour assister au congrès en tant qu’auditeur, les inscriptions sont possibles jusqu’au dernier jour du congrès. Inscrivez-vous directement en ligne sur le site du CTHS (paiement par carte bancaire sécurisé) ou envoyez par courrier électronique à congres@cths.fr– la fiche d’inscription complétée,et, par courrier postal (CTHS – 143e congrès – 110 rue de Grenelle 75357 PARIS cedex 07) le règlement des droits d’inscription, soit 50€ (ou 25€ pour les membres de sociétés savantes de Paris ; gratuité pour les chômeurs, les membres du CTHS et les étudiants) par chèque bancaire à l’ordre de l’ASCSHS (Association de soutien aux congrès des sociétés historiques et scientifiques).

Les frais de déplacement et d’hébergement sont à la charge du congressiste.Le temps de parole est fixé à 20 minutes par communication, de manière à laisser place ensuite aux débats (10 minutes).

Nous vous rappelons que des bourses d’aide au déplacement sont proposées aux doctorants sous conditions de ressources.

Source : CTHS

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Conférence – Paul Bertrand, « La maîtrise des cultures graphiques : le véritable quatrième pouvoir ? De la révolution documentaire médiévale à la révolution numérique contemporaine »

Le mercredi 18 octobre 2017, Paul Bertrand (Université catholique de Louvain) donnera une conférence publique intitulée La maîtrise des cultures graphiques : le véritable quatrième pouvoir ? De la révolution documentaire médiévale à la révolution numérique contemporaine à l’Université de Nancy.

Bertrand - Conférence publique

Informations pratiques :

18 octobre 2017 à 18h
Campus Lettres et Sciences Humaines, salle A226 23, boulevard Albert 1er – Nancy

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Colloque – Écrit et transferts culturels : pratiques et gouvernance princières (Lotharingie, France, Empire, XIIIe-début XVe siècle

Ouvert dans les années 1970, le chantier sur les pratiques médiévales de l’écrit est désormais bien installé dans l’historiographie internationale (Anheim-Chastang, 2009). Parallèlement, depuis les études de Hans Patze sur le « Geschäftsschriftgut » (c.-à-d. l’écrit administratif sous toutes ses variantes) des princes territoriaux (Patze 1971), il est bien connu que le développement de la pratique de l’écrit a largement contribué à l’essor des principautés territoriales à partir du XIIIe siècle. La multiplication de l’écrit au service du prince concerne toute une série de domaines qui sont autant de marques du développement de l’autorité princière et de la tentative progressive du pouvoir princier d’intégrer les différents éléments de la société médiévale dans les pré-États.

L’essor de la pratique de l’écrit concerne en effet aussi bien tous les aspects du fondement du pouvoir princier (« Machtgrundlagen »), que de sa mise en œuvre (« Herrschaftspraxis »). Il donne ainsi lieu à de nouvelles formes scripturales (à côté des documents diplomatiques, les censiers, les documents comptables, les livres de fiefs, les « records de justice », les lettres d’affranchissement) qui correspondent à autant de développements institutionnels (la chancellerie, les baillis, sénéchaux ou prévôts, les receveurs, la cour des nobles et chevaliers, les échevins et maires seigneuriaux et autres agents princiers).

L’étude de la pratique de l’écrit dans les principautés territoriales a fait de notables progrès suite aux travaux flamands sur les conditions de rédaction des actes princiers (Prevenier 1967 ; Kriusheer, 1979), allemands sur les chancelleries princières (Landesherrliche Kanzleien, 1983) et français sur les cartulaires (Cartulaires, 1991 ; Chastang, 2006). Depuis quelques années, des études régionales sont disponibles et une synthèse sur les pratiques des langues dans les chancelleries fait référence pour l’espace germanophone (Kanzleisprachenforschung, 2012). En zone frontière entre France et Empire, c’est l’étude de la langue des actes diplomatiques qui a été au cœur du renouveau. À l’Université de Trèves, le projet Urkundensprachen im Erzbistum Trier und in seinen deutschen und romanischen Nachbargebieten von 1250 bis 1350 a eu pour objectif l’étude des actes de la pratique et celle du premier usage des langues vernaculaires dans les grandes chancelleries de l’espace de la Grande Région, en particulier celle des archevêques de Trèves, au tournant des XIIIe et XIVe siècles, période charnière caractérisée par l’émergence des actes de la pratique rédigés en langue allemande. L’espace romanophone de la Grande Région a été le cadre d’études linguistiques et philologiques similaires menées par les chercheurs de l’Université de Zurich.

Née pendant les années 1980, la notion de « transfert culturel » a été forgée pour rendre compte des échanges qui affectent les espaces culturels, du passage de certains éléments d’une culture à une autre. Les transferts ainsi analysés dans le sens d’influences et de mutations concernent des concepts, des représentations, des mentalités, des institutions entre autres. L’idée maîtresse était de sonder les motivations et les usages mais aussi les modalités, les vecteurs qui sous-tendent de tels transferts (Espagne – Werner, 1987), afin de proposer une alternative à l’approche, alors dominante, du comparatisme littéraire et historique. Jugeant caduque la tendance à poser l’existence de cultures nationales qui seraient distinctes par essence puis destinées à être dépassées par la construction artificielle d’un niveau méta-national, les tenants de la théorie du transfert culturel montrent au contraire avec insistance qu’un tel transfert implique la mise en relation de deux systèmes autonomes et asymétriques et que son objet est nécessairement transformé afin de répondre aux besoins spécifiques du système d’accueil. Aussi l’étude des transferts culturels s’intéresse-t-elle plus aux interactions entre les sociétés – ou fractions et groupes à l’intérieur d’une société – qu’aux objets de transferts, et s’emploie à rendre compte des conditions qui ont marqué leur déclenchement et leur déroulement, à analyser les phénomènes d’émission, de diffusion, de réception et de réinterprétation qui les constituent. Prenant en considération une conception la plus large possible de la culture, la méthode insiste sur deux analyses : celle des contextes et de la « localisation » d’accueil et de départ d’un transfert et celle de ses vecteurs.

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Programme :

Mercredi 18 octobre : Écrit pragmatique et transferts culturels : pratiques princières et infra-princières

14h : accueil des participants
14h15 : Ouverture du colloque

14h30 : Thomas Brunner (Université de Strasbourg), Étude du petit corpus des actes des baillis comtaux de Douai au XIIIe siècle.
15h00 : Isabelle Bretthauer (CRAHAM, Université de Caen), Mise en place et diffusion d’un formulaire d’enregistrement des contrats passés devant les échevins en France du Nord.
15h30 : Christelle Balouzat-Loubet (Université de Lorraine), La comptabilité du duc de Lorraine Raoul Ier conservée à la BnF (collection Lorraine, vol. 48 f.70 et vol. 3 f.36-39) : modèles et influences.
16h00: pause

16h30: Mark Mersiowsky (Université de Stuttgart), Princes, administrateurs et marchands. Transferts du savoir-faire comptable dans les principautés de l’Empire aux XIVe siècle.
17h00: Discussion

18h Paul Bertrand (Université Catholique de Louvain), Conférence
Dîner libre

Jeudi 19 octobre

9h30 : Dominique Adrian (Université de Lorraine), Où les Augsbourgeois ont-ils appris à écrire ?
10h : Michel Margue (Université de Luxembourg) et David Kirt (Université de Luxembourg), Du comté à la royauté. Pratiques de l’écrit diplomatique chez Henri VII de Luxembourg (1288-1310).
10h30 : Anna Jagosova, Dynastiewechsel: Kontinuität oder Umbruchszeit ? Erste Regierungsjahre Johanns des Blinden in Böhmen im Spiegel seiner Urkunden und Kanzleipraxis.
11h : pause

11h30 : Anne-Katrin Kunde, Beobachtungen zu den Urkunden Johanns des Blinden.
12h : Olivier Canteaut (École nationale des Chartes) : Jean de Luxembourg et sa chancellerie, passeurs de techniques administratives entre France et Empire.
12h30 : Discussion
13h00: Buffet

La chancellerie : un milieu propice aux transferts

14h30 : Marjorie Lemeillat (Université de Bretagne occidentale-Brest), Bureau de chancellerie et réseaux de scripteurs à travers les actes de Jean Ier, duc de Bretagne (1237-1286).
15h : Hérold Pettiau, Timothy Salemme et Jean-Daniel Mougeot (Université du Luxembourg), Enregistrer les actes dans une principauté d’Entre-Deux: les cartulaires du comté de Luxembourg dans une perspective comparative (première moitié du XIVe s.).
16h Jean-François Nieus (Université de Namur), La pratique du formulaire, de l’administration pontificale à celle des comtes de Flandre : le cas du recueil du chancelier Pierre de Béthune (ca. 1290)
16h30 pause

17h00 Ellen Widder (Université de Tübingen), Cultural transfer or common knowledge? People from abroad and chancery innovation in late medieval southwestern German territories.
17h30 Léonard Dauphant (Université de Lorraine), Une triple frontière diplomatique ? La forme des actes des chancelleries de Lorraine et Barrois (2e moitié du XIVe-première moitié du XVe siècle).
18h : discussion
Dîner

Vendredi 20 octobre : Langues et images

9h15 : Jean-Christophe Blanchard (Université de Lorraine), Images en transfert : les sceaux des ducs de Lorraine Ferry III (1251-1303), Thiébaut II (1303-1312), Ferry IV (1312-1328) et Raoul (1329-1346).
9h45 : Laura Gili-Thébaudeau (Université de Lorraine), Enregistrement et conservation : les notes dorsales des actes lorrains.
10h15 : pause

10h45 : Ghislain Brunel (Archives nationales de France), Les actes ornés français de la fin du Moyen Âge.
11h15 : Isabelle Guyot-Bachy (Université de Lorraine), Expression et réception du pouvoir princier : titulatures et adresses dans les actes lorrains (1251-1347).
11h45: Yann Greub et Francis Carton (Université de Lorraine), Les actes lorrains et luxembourgeois : approche linguistique.
12h15 : Discussion

12h30 : Michel Pauly (Université de Luxembourg), Conclusions

Informations pratiques :

Colloque international organisé dans le cadre du projet ANR-FNR TRANSSCRIPT
Nancy, 18-20 octobre 2017

Source : CRULH

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Séminaire – Conférences de jeunes chercheurs sur la Bourgogne antique et médiévale

En collaboration avec l’Université de Bourgogne, la Maison des Sciences de l’Homme de Dijon et le laboratoire UMR 6298 ARTEHIS, ce cycle de dix conférences a pour but de valoriser et diffuser les travaux de jeunes chercheurs sur l’histoire, l’archéologie et l’histoire de l’art de la Bourgogne antique et médiévale. Il s’agit de présenter et mettre en avant les sources d’archives à partir desquelles travaille le jeune chercheur, ainsi que la manière dont il élabore le raisonnement scientifique lui permettant d’aboutir aux résultats de ses investigations. L’objectif est aussi de montrer l’articulation, en fonction des sujets, entre les sources conservées aux archives départementales de la Côte d’Or et les différents dépôts municipaux, tant archives que bibliothèques. Enfin, ces interventions offriront l’opportunité au public de prendre connaissance des dynamiques actuelles de la recherche sur la Bourgogne antique et médiévale, notamment en lui permettant d’accéder, durant les séances, aux originaux des documents utilisés par les différents intervenants.

Organisation et coordination : Rudi Beaulant et David Bardey (doctorants, UMR 6298 ARTEHIS, Université de Bourgogne-Franche-Comté).

Contacts : rudibeaulant@live.fr
bardey.david@gmail.com

Programme :

Mercredi 18 octobre 2017.
Rudi Beaulant (doctorant, UMR 6298 ARTEHIS, Université de Bourgogne-Franche-Comté)
Le prince et le prisonnier. L’exercice du droit de grâce du duc de Bourgogne dans la ville de Dijon

Mercredi 15 novembre 2017.
Nicolas Delferrière (doctorant, UMR 6298 ARTEHIS et UMR 8546 AOROC, Université de Bourgogne-Franche-Comté)
L’apport des archives à la connaissance des revêtements architecturaux gallo-romains : l’exemple du fonds de la Commission des Antiquités de la Côte d’Or (69 J)

Mercredi 13 décembre 2017.
Antoine Lacaille (doctorant, EA 4100 HiCSA, Université de Paris-I Panthéon-Sorbonne), Thomas Vergine (doctorant, UMR 6273 Centre Michel de Boüard-CRAHAM, Université de Caen)
L’utilisation des archives dans l’étude archéologique de la ville médiévale

Mercredi 10 janvier 2018.
David Bardey (doctorant, UMR 6298 ARTEHIS, Université de Bourgogne-Franche-Comté)
Faire l’histoire des derniers ducs capétiens de Bourgogne : sources, enjeux et méthodes

Mercredi 7 février 2018.
Anne-Laure Edme (doctorante, UMR 6298 ARTEHIS, Université de Bourgogne-Franche-Comté)
Les monuments funéraires gallo-romains à travers les documents d’archives des Sociétés savantes conservés aux Archives Départementales de la Côte d’Or 

Mercredi 7 mars 2018.
Julien Lagalice (doctorant, EA 2273 Centre Lucien Febvre, Université de Bourgogne-Franche-Comté)
Les révoltes populaires sous les ducs Valois. Regards croisés entre le comté de Bourgogne et les Pays-Bas bourguignons (1363-1477)

Mercredi 4 avril 2018.
Vincent Balland (doctorant, UMR 6298 ARTEHIS, Université de Bourgogne-Franche-Comté)
Sur les traces d’un vignoble « disparu » de l’Auxois : étude historique et archéologique de la vigne et des bâtis viti-vinicoles à Salmaise (du IXe siècle à aujourd’hui)

Mercredi 25 avril 2018.
Matthieu Leguil (doctorant, UMR 8589 LAMOP, Université de Paris-I Panthéon-Sorbonne)
Les comptabilités du bailliage d’Auxois des années 1360 aux années 1420 : normes comptables, modalités de production et reddition

Mercredi 23 mai 2018.
Maïwenn Jouquand (diplômée de Master 2, Université de Bourgogne-Franche-Comté)
Approches documentaire et historique des inventaires de biens et de créances confisqués chez les Juifs du duché de Bourgogne en contexte d’expulsion (1306)

Mercredi 20 juin 2017.
Emmanuel Roumier (doctorant, EA 3624 Centre Jean Mabillon et EA 4116 SAPRAT, ENC et EPHE)
Étude prosopographique des sigillants bourguignons, sources et méthodes

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Journée d’étude – La gestion et la conservation des textiles liturgiques

Afin de renforcer la concertation entre les diocèses francophones, la Commission Interdiocésaine du Patrimoine Religieux a été créée en 2016. L’objectif de la Commission est d’épauler les fabriques d’église dans leur mission de conservation. La Commission a édité récemment un manuel pratique Réaliser l’inventaire d’une église paroissiale. Depuis peu, elle propose un logiciel d’inventaire commun pour les quatre diocèses.

La commission souhaite également rencontrer des préoccupations plus spécifiques des fabriciens. Les mois qui viennent (2017-2018) seront consacrés à la protection des textiles liturgiques : élaboration de conseils pratiques et de procédures, conseils pour la conservation in situ des vêtements religieux ou aide à la constitution de vestiaires diocésains. Des formations sont prévues pour les fabriciens.

Une première rencontre est organisée à Namur ce 21 octobre dans le but de faire connaître les objectifs et les aides que la commission peut apporter aux fabriques d’église de Wallonie.

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Programme :

9h15 : accueil café
10h : mot d’accueil – Chanoine Eric de Beukelaer, Vicaire épiscopal en charge du temporel du culte, Liège

Matinée sous la présidence d’Hélène Cambier (Service Art, Culture et Foi Namur).

10h15 : L’identification des textiles dans une église paroissiale – Annemie Van Dyck, CRKC

11h00 : La conservation des textiles dans une église paroissiale – Griet Kockelkoren, IRPA
11h45 : Le vestiaire liturgique de la cathédrale de Bourges : sa redécouverte, son traitement, son inventaire et son nouveau conditionnement – Philippe Bardelot, Conservateur des antiquités et objets d’art du département du Cher
12h30 : Questions-réponses
13h00 : Lunch

Après-midi sous la présidence de Laurent Temmerman, (Responsable du service des Fabriques d’église, Vicariat du Brabant wallon – Archevêché de Malines-Bruxelles).

14h15 : Présentation du logiciel d’inventaire – Déborah Lo Mauro, Service Art, Culture et Foi, Tournai
14h45 : Un avenir pour le patrimoine religieux, pourquoi, comment et dans quelles perspectives – Christian Pacco, Président de la Commission interdiocésaine du patrimoine religieux
15h15 : Création d’une commission et d’un centre du patrimoine religieux – Monseigneur Van Cottem, Évêque de Namur et Évêque référendaire de la commission
15h40 : Intervention de Monsieur le Ministre René Collin, ministre du patrimoine de la Wallonie.
16h00 : Réception

Informations pratiques :

Où : Auditoire Pedro Arupe, Université de Namur, Sentier Thomas, 5000 Namur
Accès par la rue Joseph Grafé
Quand : Samedi 21 octobre 2017, de 9h à 17h

Renseignements pratiques:
Inscription : par mail à cipr.inscription@gmail.com avant le 15 octobre
Participation aux frais : 20€ à verser sur le compte BE76 5230 8078 3695 d’Art, Culture et Foi Namur (avec en communication: CIPR 21/10/2017, votre nom, prénom et la mention de votre fabrique d’église pour les fabriciens). Ce prix inclut : la participation aux exposés, pauses, lunch et réception. Le payement valide l’inscription.

Pour les fabriciens, le montant peut être porté en compte à l’article 11 sous rubrique des dépenses ordinaires de la fabrique d’église. Une attestation sera délivrée.

Organisation et contact :
Namur : Christian Pacco, acf.namur@gmail.com, 0475 28 93 84
Tournai : Déborah Lo Mauro, acf@evechetournai.be, 0470 102 468
Liège : Isabelle Leclercq, isabelle.leclercq@evechedeliege.be, 04 223 42 12
Brabant wallon : Laurent Temmerman, laurent.temmerman@diomb.be, 010 235 264

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Appel à contribution – En scène ! L’art de la représentation théâtrale et politique

Le 12 novembre 2017
Reims (Comédie de Reims)

Colloque international organisé par Yann Lignereux (Histoire moderne, Université de Nantes), Yves Sintomer (Science politique, Université Paris-Lumières, ANR/DFG CLAIMS), Noémie Villacèque (Histoire ancienne, Université de Reims), et Ludovic Lagarde, directeur de la Comédie de Reims, Scène dramatique nationale

Les propositions de communications (titre et résumé de 1000 signes environ) sont à adresser avant le 12 novembre 2017, conjointement à

– Yann Ligneureux, yann.lignereux@univ-nantes.fr

– Yves Sintomer, sy@cmb.hu-berlin.de

– Noémie Villacèque, noemie.villaceque@univ-reims.fr

Si le « théâtre politique » n’est qu’un sous-genre théâtral et une étiquette souvent plus apposée de l’extérieur que revendiquée par les auteurs et metteurs en scène, la politique a depuis toujours été abordée par le théâtre. Réciproquement, la politique est pleine de métaphores et expressions qui viennent du monde du théâtre. « La scène politique », « les acteurs politiques », l’exclamation « c’est du théâtre » accolée à tel ou tel responsable ou événement politique, reviennent très souvent dans les conversations et les analyses, et des notions comme « politique spectacle » ou « bête de scène », plus circonscrites, sont cependant spontanément compréhensibles par tous les citoyens. Ce langage a une vocation descriptive mais aussi évaluative, et il a très souvent une connotation péjorative.

Au-delà de la familiarité de l’évidence que révèle cet usage des mots – l’existence de liens étroits entre représentation politique et représentation théâtrale –, de nombreuses questions sont ouvertes. Comment faire une histoire « croisée » (Werner, Zimmermann) ou « connectée » (Subrahmanyam) de la représentation théâtrale et de la représentation politique ? Qu’est-ce que la représentation politique, qu’est-ce qu’une représentation théâtrale – et est-il possible de donner une définition unique et transhistorique de ces deux notions ? Dans la plupart des langues, la représentation théâtrale et la représentation politique ne se disent pas avec un mot commun : on distingue ainsi en allemand die Aufführung et die Vertretung (ou die Repräsentation), en anglais the performance ou the show et the representation, en chinois biǎoyǎn 表演 et dàibiǎo 代表. En français, le mot représentation a une extension sémantique très grande : cela a-t-il une quelconque incidence sur la pratique et la perception du politique ? Aujourd’hui, la représentation politique emprunte-t-elle davantage à la représentation cinématographique où à la représentation théâtrale ? Au-delà des mots familiers que nous avons évoqués, qu’y a-t-il de spécifiquement théâtral dans la représentation politique actuelle ?

Cette question doit être posée en regard de deux évolutions qu’il est important de restituer. D’une part, celle à l’œuvre au sein de la représentation dramaturgique elle-même, partagée entre une approche que l’on peut qualifier de « référentielle » (la représentation scénographique rendant accessible le texte de la pièce représentée) et une conception « performative » (le sens naissant dans la performance d’une pièce jouée par des acteurs devant mais aussi, et peut-être plus encore, avec le public). D’autre part, celle affectant la représentation politique, qui a pu être abordée en termes de simulation/simulacre (comme nous y invitent les travaux classiques de Baudrillard et ceux, plus familiers peut-être du grand public, de Christian Salmon). L’action de rendre présent le sens d’une pièce, tout comme celle de donner à voir le politique, oscillent alors entre des extériorités proprement révérencielles, qui peuvent être intimidantes et qui déclinent un spectre d’émotions égrenant les différents dimensions de l’admiration, et des épiphanies de sens, avec le risque d’une performance ratée. Le rapprochement entre ces deux espaces de la représentation dessine une géométrie de l’intention où la production politique, rituelle, théâtrale peut s’effectuer devant un public ou pour un public. On donnera ici un seul exemple : XVIIIe siècle constitue un moment charnière, une épreuve fondamentale de la représentation politique, révélée par une esthétique rituelle où les applaudissements se substituent au silence acclamatif, où le rôle politique du souverain, après le métier de roi, remplace l’exercice de la souveraineté royale entendue auparavant comme une vocation, où le vieil héritage de la représentation mosaïque du roi est abandonné au bénéfice d’une égalité du regard (cf. ici les travaux de Stéphane Lojkine sur les Salons de Diderot), et où la Révolution fera finalement surgir dans les institutions une forme renouvelée de la Souveraineté qui doit beaucoup au théâtral (Sabine Chaouche).

C’est à ces questions que nous voudrions commencer à répondre, en faisant dialoguer praticiens du spectacle, historiens, et théoriciens du théâtre et de la politique. Un temps de discussion grand public est prévu le samedi après-midi.

II

Il est important de « détruire la trompeuse familiarité que nous avons avec des mots, tel que “représentation”, qui font partie de notre langage quotidien » (Ginzburg). L’histoire des concepts (Hofmann, Podlech) a notamment montré que si le mot de représentation date de l’époque romaine, la notion est quant à elle médiévale. Elle surgit de deux grandes matrices dont la fusion sémantique n’a rien d’évident et qui ne se constate que dans certaines langues néolatines. D’un côté, une dialectique du modèle et de l’image, déclinée dans d’infinies variations esthétiques, épistémologiques, philosophiques, théologiques et politiques, et qui forme un univers sémantique que les Italiens désignent sous le terme de « rappresentazione ». Cette matrice est centrale dans la représentation théâtrale, mais elle est aussi présente dans la représentation politique (les expressions citées en introduction en témoignent, mais aussi d’autres, comme par exemple l’idée qu’une assemblée est ou n’est pas « représentative » de la diversité des citoyens). De l’autre, une catégorie spécifiquement juridico-politique, nommée en italien la « rappresentanza », par laquelle un ou des représentants forment avec les représentés une même personne juridique, ce qui rend les décisions des représentants, par exemple la fixation des impôts, contraignantes pour les représentés.

On peut définir la dialectique du modèle et de l’image comme la dimension symbolique de la représentation, en donnant une définition très générique de l’expression symbolique (la production de symboles au sens strict, mais aussi de signes, d’images, de concepts, de rituels, de signifiés – cf. Maurice Godelier). Très souvent, cette dialectique est rabattue sur l’une de ses significations : rendre présent une réalité ou un être absent. Cependant, cette première signification, celle de la représentation référentielle évoquée plus haut, n’est pas exclusive d’une autre, presque opposée, la représentation pouvant aussi relever de la performance et renvoyer à l’exhibition d’une présence. Les premiers dictionnaires en langue vulgaire différenciaient clairement ces deux sens. Ainsi, le fameux Dictionnaire de la langue française publié par Furetière en 1690 mentionne : (1) « Représentation : image qui nous remet en idée et en mémoire les objets absents, et qui nous les peint tels qu’ils sont », mais aussi (2) « Représentation, se dit […] de l’exhibition de quelque chose […] Se dit quelquefois des gens vivants. On dit d’une mine grave et majestueuse : Voilà une personne de belle représentation. » De même, Le grand Larousse du XXe siècle, dans son édition de 1932 rappelait : « Certains philosophes voudraient que la perception fut appelée « présentation » et que le nom de représentation fût réservé aux images et aux souvenirs. En réalité, le suffixe re dans le mot représentation n’exprime pas l’idée d’une reproduction, d’un renouvellement, d’un rappel : représenter, c’est rem praesentem facere. Le mot de représentation convient donc aussi bien à la perception qu’à l’image. » Suivant Louis Marin, Roger Chartier qualifie la première relation de « transitive » (on représente quelque chose ou quelqu’un), la seconde d’« intransitive » ou de « réflexive » (on se montre dans l’acte de représenter).

La représentation théâtrale contemporaine a sans doute ceci de particulier qu’elle couple de façon intrinsèque la représentation comme figuration et la représentation comme exhibition et mise en scène. Cependant, n’en va-t-il pas de même de la représentation politique, où les représentants prétendent figurer la communauté représentée, ses valeurs et ses intérêts, tout en se mettant eux-mêmes en scène ? Par ailleurs, ce n’est sans doute qu’à partir du XVIIIe siècle que le terme de représentation a été utilisé pour désigner la mise en scène publique d’une pièce de théâtre, et ce n’est pas le terme de représentation qui est utilisé à cette fin dans des langues européennes comme l’italien, l’espagnol, l’anglais ou l’allemand, ou extra-européennes comme le chinois ou l’hindi. Comment rendre compte de ces paradoxes ?

La seconde matrice, juridico-politique, a été développée dans le droit civil comme dans le droit public, international et constitutionnel. Il semble aujourd’hui aller de soi que la représentation politique, en tant que lien juridico-politique, repose sur l’idée de mandat et en particulier de mandat électoral. Or, ni les Grecs anciens ni les Romains n’avaient de mot leur permettant de désigner de façon unifiée un ensemble d’activités que nous associons aujourd’hui spontanément en qualifiant de « représentants » des ambassadeurs, des élus, des dirigeants d’une tendance politique, des porte-parole d’un groupe social. La notion de représentation-mandat est relativement récente et date du Moyen-âge. Elle devint politiquement hégémonique à partir du XVIIe et plus encore du XVIIIe siècle, avec la montée des théories du droit naturel et des idées républicaines, et elle impliqua comme corollaire l’idée de consentement. Avec les révolutions, la représentation des états auprès du souverain typique de l’Ancien Régime céda la place à l’idée du peuple délégant le pouvoir à un gouvernement représentatif. C’est à cette notion de représentation-mandat que les citoyens européens se réfèrent spontanément lorsqu’ils pensent à la représentation juridico-politique.

La représentation-mandat n’épuise cependant pas la relation juridico-politique de représentation. Une autre matrice conceptuelle était apparue quelques décennies avant elle au Moyen-âge. Elle fut essentiellement élaborée dans le droit des corporations et des communes médiévales, mais aussi par les théoriciens du conciliarisme et du Collège électoral chargés de désigner l’Empereur du Saint-Empire romain germanique. Dans cette perspective, la représentation implique l’incarnation juridico-politique d’une multiplicité dans un corps unique, plutôt qu’un transfert d’autorité juridique. Dans la représentation-identité, une partie est identifiée au tout, selon le motif de la pars pro toto que nous connaissons encore dans la poésie ou dans la langue quotidienne (posséder dix têtes de bétail signifiant posséder dix animaux). « Dans une certaine mesure, dans des actions spécifiques, le conseil « est » la commune, et le concile l’Église, sans pour autant que cette identification suffise à elle seule à déterminer ce que sont l’Église ou la communauté politique urbaine » (Hofmann). La notion fut reformulée par l’absolutisme, avec en particulier le fameux « l’État, c’est moi » attribué à Louis XIV. Par la suite, elle fusionna souvent avec la représentation-mandat : les mots les plus célèbres de l’histoire constitutionnelle étasunienne, « We the people », furent prononcés par les députés au moment de l’adoption de la constitution – et lorsqu’un président de la République française prend ses fonctions, le président du Conseil constitutionnel prononce une formule rituelle : « Maintenant, vous incarnez la France ». On pourrait même avancer que des prétentions à ce type de représentation politique, formulées cependant sans portée juridiquement contraignante, sont régulièrement énoncées par les institutions internationales (comme le Forum de Davos parlant au nom de l’économie mondiale) ou par les mouvements sociaux (les ONG de la COP 21 prétendant incarner la société civile mondiale et les manifestants d’Occupy Wall Street s’exclamant « nous sommes les 99% »). La théorie politique allemande a conceptualisé ces deux variantes de la représentation juridico-politique avec la dichotomie Vertretung/Repräsentation.

III

Une perspective historique montre que les relations entre ce que nous appelons aujourd’hui la représentation théâtrale et la représentation politique sont étroites, faites de passages et d’emprunts mais aussi de décalages. Quelques exemples historiques en témoignent.

Athènes. La cité attique est le lieu où l’on situe communément l’invention conjointe de la politique et du théâtre en Occident, et il est vrai que la démocratie, la tragédie et la comédie y naissent dans une même expérience historique. À l’époque classique, le théâtre et le lieu de réunion de l’Assemblée du peuple sont des espaces distincts mais leurs formes architecturales sont très proches. En outre, le public du théâtre est à peu de choses près le même qu’à l’Assemblée et dans les tribunaux ; la politique constitue un thème central pour la comédie comme pour la tragédie et, tout au long de leurs pièces, les poètes ne cessent de rappeler aux spectateurs leur qualité de citoyens. Cependant, la politique ne mobilise pas alors un équivalent grec du mot de représentation, et si Platon et Aristote utilisent, différemment certes, la notion de mimesis dans leur analyse du fait théâtral, elle ne renvoie pas à la représentation dramatique. Au-delà des mots, les Grecs ne connaissent pas la notion juridico-politique de représentation, et ne pratiquent que très partiellement ce que nous désignons désormais avec elle.

Dans une première phase historique, une homologie forte se note entre le peuple spectateur et le peuple politique, qui ne sont pas des récepteurs muets mais sont au contraire actifs, tandis que la dimension délibérative de la politique est plus fortement mise en avant que sa théâtralisation. Les choses changent à partir de la mort de Périclès, en 429 av. J.-C. Le topos de la « démocratie comme spectacle » (Villacèque) se répand largement, en particulier dans la bouche des détracteurs de la démocratie, à la fois pour décrier les citoyens-spectateurs, trop actifs et bruyants, et les « démagogues » qui par leur gestuelle et leur rhétorique toutes théâtrales sont censés manipuler les foules. La situation évolue encore au IVe siècle : le topos n’est plus utilisé comme un outil idéologique de disqualification de la démocratie mais comme une insulte personnelle pour disqualifier un adversaire qui est un mauvais acteur politique, dans un contexte où les acteurs de théâtre deviennent des vedettes internationales parlant au-delà du corps des citoyens athéniens, où le théâtre se dépolitise en partie et où la théâtralité des assemblées démocratiques finit par être pleinement assumée par les rhètores, les citoyens qui tendent à monopoliser les discours écoutés par la masse des non-spécialistes (les idiôtai).

Du théâtre baroque aux hémicycles révolutionnaires. Pour le théâtre baroque et élisabéthain, « le monde est un théâtre » (Shakespeare) et la politique n’y fait pas exception. Cependant, ce monde qui est représenté n’est pas celui de l’apparence : il renvoie de façon allégorique à une réalité transcendante que le théâtre rend présent, tandis que la théorie des deux corps du Roi inscrit elle aussi la représentation du souverain politique dans un lien avec la transcendance. Dans le théâtre baroque, les spectateurs ne sont pas passifs et il n’y a pas de frontière tranchée entre acteurs et public. Le sens de la pièce se fonde sur une composition de différents points de vue, qui suivent les mouvements des acteurs et ne permettent pas une perspective unique. Le théâtre n’a pas de lieu propre car il est une figuration parmi d’autres (picturales, politiques), et il se déroule en des bâtiments dont la forme architecturale est très proche des assemblées d’Ancien régime (Surgers). Comme ces dernières, le théâtre est le cadre d’une « représentation englobante » où s’incarne le bien commun.

Une profonde rupture a lieu avec l’introduction du théâtre à l’italienne : la représentation s’inscrit alors dans un plan d’immanence et doit représenter l’apparence, sur le modèle de la perspective dans les arts graphiques. Le théâtre se dote d’édifices propres, qui ont la forme que nous leur connaissons encore et où règne un point de vue unique, perspectiviste, celui des spectateurs qui font face à la scène, sont séparés d’elle et deviendront progressivement muets. En France, c’est le regard du Prince qui organise l’espace théâtral. Parallèlement, les portraits des souverains absolus perdent eux aussi leur dimension allégorique et font ressortir la puissance mondaine du représenté. Les rois dansent devant des milliers de spectateurs, et l’étiquette est une mise en scène de la représentation monarchique par laquelle il est possible de « faire le roi. » Cependant, les dynamiques conceptuelles et les espaces architecturaux de la représentation politique vont alors suivre des chemins qui s’écartent en partie de ceux de la représentation théâtrale. Les souverains prétendent représenter la nation à travers leur incarnation corporelle, et les assemblées politiques continuent de se rassembler dans les salles rectangulaires où la réunion des délégués des différents états auprès du Roi ou de l’Empereur complète l’incarnation du corps politique (Christin), le King-in-parliament anglais en représentant une variante. Les termes de « théâtralité » et de « représentation théâtrale » sont adoptés au moment où cette dernière est devenue une activité relevant du divertissement, quand bien même une part importante des thèmes traités continuent de relever de la politique.

C’est pourtant au XVIIIe et au XIXe siècle que naît l’espace public politique, qui se coule largement dans le modèle de l’espace public théâtral, avec ses acteurs, ses intermédiaires et ses spectateurs (Roueff). Il faudra cependant attendre la Révolution française pour que la représentation politique s’approprie l’architecture théâtrale en construisant des hémicycles pour les assemblées (Heurtin), au moment où elle rompt avec la représentation d’Ancien régime en représentant des individus et non plus des ordres, et en fusionnant représentation-mandat (avec les élections) et représentation-incarnation (exprimée par exemple dans la théorie de la souveraineté parlementaire). La théâtralité du politique devient alors un problème, qu’elle soit louée ou décriée.

Parallèlement à ces enjeux d’espace comme lieux ou territoires de la parole politique, il faut rappeler que celle-ci définit et discrimine des légitimités et des indignités. Sous l’Ancien Régime, le peuple « murmure » seulement, et ce frémissement provoque la répression car il faut éviter que ce balbutiement ne devienne une émotion qui se transformerait en révolte. Même médiatisée par l’institution des Parlements qui peuvent prendre la relève de la contestation, ce ne sont jamais que des « bruits de parlements » (Colbert) qu’il faut réduire au silence et le pouvoir royal ne parle finalement que pour qu’on ne lui réponde pas. Il ne se montre que pour ne pas avoir à se démontrer : un soliloque qui est celui du Verbe divin agissant dans le monde et pour lequel peu importe ce que lui répondent ses créatures. Dans l’opinion, à croire le témoignage, au XVIIIe siècle, de Valentin Jamerey-Duval, le roi est comparé à un géant à la voix formidable, écho assourdi d’une conception maniériste du pouvoir où le roi herméneute énonçait le sens des concepts et des images de la représentation de son pouvoir. Il serait intéressant de voir au XIXe siècle, dans la figure du poète-prophète hugolien, le déplacement de l’énonciation du monde qui accompagne « la souveraineté de l’artiste » (E. Kantorowicz) et le « sacre de l’écrivain » (P. Bénichou), dans ses succès (les obsèques nationales du nouveau patriarche républicain en 1885) comme dans ses limites (Lamartine en 1848).

Théâtre et politique au XXIe siècle. Au moment où fleurissent les expressions qui diagnostiquent ou dénoncent une théâtralisation de la politique, le théâtre et la politique entrent de nouveau dans une période où décalages et transferts sont renouvelés.

À partir du XIXe et du XXe siècle, la représentation picturale et la représentation littéraire sont bousculées par l’invention de la photographie et du cinéma et bouleversées par le cubisme et les avant-gardes. La représentation théâtrale se renouvelle en profondeur, notamment avec l’émergence de la figure du metteur en scène, qui devient le pivot de l’art théâtral (Surgers). Progressivement, la mise en spectacle de la politique s’accentue de nouveau. Elle est pleinement assumée en coulisse par les représentants et leurs conseillers en communication, mais elle est déniée ou très rarement thématisée publiquement de façon réflexive par les acteurs politiques, fussent-ils des critiques radicaux du système en place. Cette évolution contraste fortement avec la place éminente qu’occupe la réflexion critique de la représentation théâtrale sur l’acte de représentation – une réflexion qui passe également par des dynamiques d’hybridation avec d’autres genres de représentation artistique, à commencer par la vidéo. Parallèlement, avec le passage du centre de gravité de l’activité publique de représentation de l’hémicycle parlementaire à la télévision, les modes de mise en spectacle de la politique et le jeu de ses « acteurs » se rapprochent davantage de ceux du cinéma et du petit écran que de ceux du théâtre. Réciproquement, la représentation théâtrale, du moins dans les théâtres publics, continue d’être fortement nourrie par des thématiques politiques, tout en essayant, pour paraphraser Godard, de mettre le théâtre dans la politique plutôt que la politique dans le théâtre – le théâtre militant n’occupe ainsi qu’une place relativement marginale. Ces thèmes politiques renvoient d’ailleurs moins à la politique institutionnelle, fondée sur la représentation élective, que sur la mise en discussion des problèmes de la cité.

La fin du XXe siècle et le début du XXIe siècle sont marqués en Europe par un affaiblissement de la légitimité du système politique institutionnel, fondé sur les élections et une coupure nette entre représentants et représentés. Cette coupure est remise en question par les évolutions qui réclament une démocratie plus participative ou plus « réelle », ou par les mouvements qui occupent la rue et les places. De leur côté, nombre de représentations théâtrales expérimentent des dispositions architecturales nouvelles et un rôle moins passif pour le public. Les études théâtrales rejoignent celles, plus récentes, sur la représentation politique, qui contestent la dichotomie forme/fond qui sous-tend les critiques de la « politique spectacle » et qui affirment que la représentation politique implique irrémédiablement une figuration et une mise en scène ou, pour reprendre les termes évoqués plus haut, une représentation symbolique (Kolesch). S’il ne saurait y avoir de « rappresentanza » sans « rappresentazione », la question normative n’est plus dès lors de dénoncer le spectacle de la politique mais de construire des critères permettant de « bonnes » mises en représentation de la politique et de la démocratie. Cela passe par exemple par le rôle accru donné aux simples citoyens, qui ne sont plus forcément réductibles au rôle de spectateurs passifs, par un rapport plus réflexif à l’acte de représentation, ou par la multiplication de représentants qui ne font pas reposer leur légitimité sur le mandat électoral. Sur tous ces points, praticiens et théoriciens du théâtre ne sont-ils pas en mesure de transmettre beaucoup de choses aux acteurs et analystes de la représentation politique ?

IV

A l’occasion de la création de Narcisse par Ferdinand Barbet à la Comédie de Reims (http://www.lacomediedereims.fr/page-spectacle/629-narcisse), nous voudrions discuter de ces hypothèses, en organisant la discussion autour de plusieurs problématiques.
Comment analyser le sens du mot « représentation », dans les diverses périodes historiques évoquées, et comment comprendre en particulier l’émergence et les évolutions des notions de « représentation politique » et de « représentation théâtrale » ? Comment rendre compte sans anachronisme de phénomènes que nous désignons par ces notions dans des époques ou dans des civilisations qui ne connaissent pas ce terme, et quelle est la portée de ces variations sémantiques et de vocabulaire ? Quelles sont en particulier les opportunités et les risques de court-circuit conceptuel que porte la grande extension du terme de « représentation » en français, et en particulier le fait que le mot puisse s’appliquer au théâtre aussi bien qu’à la politique ? Quels ont été les rapports du théâtre et de la politique dans les périodes historiques que nous avons évoquées, mais aussi dans d’autres – et dans d’autres aires géographiques ? Est-il possible d’avancer vers une historie globale et connectée de la représentation théâtrale et de la représentation politique ?

Quels sont aujourd’hui les traits les plus marquants de l’évolution de la représentation théâtrale et de la représentation politique, ainsi que de leurs rapports ? Comment les praticiens du théâtre intègrent-ils ces réflexions dans leur travail ? Que peut nous apprendre un dialogue croisé des théoriciens du théâtre et de la politique ?

Source : Fabula

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Publication – « Communauté des vivants, compagnie des morts. Actes des 35e Journées internationales d’archéologie mérovingienne 9-11 octobre 2014, Douai », dir. Inès Leroy et Laurent Verslype

Les témoignages des vivants et des morts se côtoient dans la problématisation et la conceptualisation des questions de recherche qui nous animent. Leurs compagnies s’imbriquent aussi de plus en plus fréquemment concrètement, dans les établissements qui parsèment nos campagnes, et à mesure que l’on progresse dans la période qui a focalisé l’attention des 35e Journées internationales d’archéologie mérovingienne de Douai. À la faveur d’importantes fouilles récemment conduites par plusieurs opérateurs régionaux, et des projets de recherche et de publication qu’elles ont nourris, la tenue de ces journées dans le département du Nord offrait l’occasion de remettre à l’honneur plusieurs thèmes spécifiques à l’archéologie funéraire.

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Il est donc certes question de valoriser dans ce volume les nombreuses découvertes et recherches réalisées dans le Nord, dans le Pas-de-Calais, dans certaines régions plus éloignées aussi et « outre Quiévrain », tant par le programme dense des communications alors délivrées et la publication de la plupart d’entre elles, que par les deux sessions de posters successives qui ont également nourri les actes, riches de plus de trente contributions variées.

Table des matières : MEM_33b

Informations pratiques :

Inès Leroy et Laurent Verslype, Communauté des vivants, compagnie des morts. Actes des 35e Journées internationales d’archéologie mérovingienne 9-11 octobre 2014, Douai, Saint-Germain-en-Laye, 2017 (Mémoires de l’Association française d’Archéologie mérovingienne, 33). Prix : 40 euros.

Commande à adresser à afameditions@yahoo.fr

Source : AFAM

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Appel à contribution – L’insulte et l’injure

Dans des sociétés médiévales reposant en grande partie sur l’honneur et la réputation (la fama), l’outrage que constitue l’injure peut-être un facteur de troubles aussi puissant que soudain. S’il suffit souvent d’un mot, d’un geste ou même d’un sous-entendu, l’affront n’en est pas moins lourd de conséquences : en témoignent les nombreux récits médiévaux, comme Erec et Enide de Chrétien de Troyes, dont l’intrigue est lancée par une insulte.

Qu’elle ait été proférée sous le coup de la colère ou de manière préméditée, voire répétée, qu’elle soit dirigée contre une personne, un groupe, une institution, voire directement à Dieu dans le cadre du blasphème, l’insulte met des mots (ou des gestes) sur une haine, un mépris ou un conflit préexistant, parfois latent ou intériorisé, qu’elle attise et qu’elle publie. L’insulte peut aussi servir de défi ou de provocation ouvrant la voie à la violence physique, comme lorsque deux armées en ordre de bataille s’invectivent l’une l’autre – manière de galvaniser les troupes tout en exaspérant l’adversaire, le poussant parfois à rompre le rang pour défendre son honneur. Ces épisodes viennent ensuite fleurir les chroniques, où l’insulte rapportée alimente le pittoresque et le comique tout en faisant valoir l’esprit ou la grossièreté des protagonistes.

L’injure est une atteinte à la renommée ; en termes bourdieusiens, elle affecte le « capital social » de la personne offensée, ses relations sociales au sein de son réseau, la confiance qu’on lui accorde – surtout quand elle est proférée en public. Lorsqu’elle n’est pas démentie, réparée, oubliée, la réputation d’infamie de l’injurié se construit et se diffuse de manière presque irréversible. En témoignent ces personnages célèbres qui portent l’injure jusque dans le nom qu’ils laissèrent à la postérité : Jean sans Terre, Charles le Mauvais ou encore Jean de Dunois, « bâtard d’Orléans ». Cela explique que même strictement verbale, l’injure ait été passible, lorsqu’elle était dénoncée, de poursuites judiciaires et d’amendes que les lois et coutumes fixaient avec précision.

Insulte et injure : les deux termes sont proches, phonétiquement et sémantiquement. Ils sont même parfois tout à fait interchangeables. Néanmoins, l’insulte nous semble insister davantage sur le mot ou sur le geste lui-même, tandis que l’injure renvoie à l’outrage en tant que tel, c’est-à-dire à la charge offensive de l’acte.

Le rapport entre insulte et injure nous semble ainsi toucher à la subjectivité de l’insulteur et de l’injurié, et poser les questions de la réception de l’insulte par son destinataire et de sa perception par les spectateurs ou ceux qui viendraient à en entendre parler. Car pour être efficace, l’insulte doit être perçue comme telle : sa cible doit s’y reconnaître et considérer que « la limite entre la mesure et la démesure du verbe et du geste » (Gauvard) a été franchie. Mais où passe cette limite, que définit un ensemble de codes sociaux et moraux ? Est-elle la même partout, pour tous et en toutes circonstances ? Si elle recoupe parfois celle, très mouvante, entre les différents registres d’une langue, toutes les insultes ne sont pas vulgaires : certaines, non moins blessantes, témoignent même d’une réelle recherche rhétorique qui rejaillit parfois favorablement sur la renommée de l’agresseur. Enfin, rappelons que toute insulte ou injure n’est pas nécessairement verbale : l’insulte, étymologiquement, renvoie à toute forme d’attaque, sans distinction.

Les participants à ce séminaire seront donc invités à s’interroger sur les liens entre la diversité des fonctions sociales de l’insulte et de l’injure, et la manière de les percevoir, de les rapporter et de les représenter dans les différentes formes de discours médiévaux.

Quelques axes d’études :

  • Par quels mots désigne-t-on l’insulte et l’injure au Moyen Âge ? Peut-on déceler des stratégies de mise à distance pudique de l’insulte ? Peut-on signifier l’injure sans l’énoncer ?
  • Les représentations de l’insulte et de l’injure dans l’art pictural, voire dans la musique.
  • Injure et grossièreté. Dans quelle mesure les textes nous permettent-ils de saisir le niveau de langage ou de distinction d’une injure ? Les limites entre niveaux de langue étaient-elles aussi nettement perçues qu’aujourd’hui ?
  • Formes de l’injure : les mots, les gestes, les attitudes. Souvent, elle repose sur le sous-entendu, le non-dit. Comment l’historien peut-il percevoir l’insulte lorsqu’elle repose sur le ton même sur lequel la phrase est prononcée ?
  • Cela pose la question de la réception de l’injure : en tant qu’elle est un affront, un outrage, elle constitue une atteinte à l’honneur. Encore faut-il que le destinataire se sente visé par elle, qu’il s’y reconnaisse et s’y identifie.
  • Comment réagir à une injure ? La dénoncer, c’est se donner les chances d’obtenir réparation, mais c’est aussi la faire connaître.
  • Conséquences de l’injure sur la vie sociale de la victime, mais aussi sur celle de l’agresseur.
  • L’injure appelle réparation, et même une fois que réparation a été faite, comment faire oublier l’affront ?
  • L’injure peut viser un individu, mais aussi un groupe, voire une institution. Cela ne l’empêche pas d’être prise personnellement par les individus qui le composent ou la représentent. Leur réaction à l’insulte devient ainsi un révélateur de leur attachement ou de leur identification au groupe.
  • De l’insulte proférée de manière impulsive, sous la colère, à l’injure mûrement réfléchie et lancée dans le but de défier un rival, elle peut avoir plusieurs fonctions.

Conditions de soumission :

Cet appel à communication s’adresse aux étudiants de master, de doctorat et aux jeunes chercheurs en études médiévales, quelle que soit leur discipline. Les propositions de communication, limitées à 300 mots, seront accompagnées d’une mention du sujet de mémoire et/ou de thèse du candidat. Elles devront être envoyées à Nicolas Garnier (niegarnier@gmail.com) ou à Tobias Boestad (tobias.boestad@gmail.com) avant le 13 octobre 2017, en vue d’une présentation de vingt-cinq minutes durant l’une des deux séances du séminaire, qui se tiendront le 17 novembre et le 15 décembre 2017, et d’une publication dans la revue de l’association (www.questes.revues.org). En fonction du nombre de candidatures, une troisième séance le 19 janvier 2018 pourra être envisagée.

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Appel à contribution – Vérité et fiction. 15e congrès de la société internationale des médiévistes de Paris (IMS-Paris)

English version below

28-30 juin 2018

En 2016, dans le contexte des élections américaines et du référendum sur le Brexit, les dictionnaires d’Oxford ont choisi de consacrer comme mot de l’année, l’expression « post-vérité ». Cette dernière visait à souligner la tendance des faits objectifs à être moins influents dans les choix des individus que l’appel à leurs émotions, y compris lorsque celles-ci étaient suscitées par des « faits alternatifs ». Ce rapport à la vérité, au mensonge et à la fiction, qui se déconstruit sous nos yeux, est pourtant un héritage de longue date, que l’on peut faire remonter au Moyen Âge. C’est pourquoi, il nous paraît nécessaire de sonder selon différentes approches comment ce rapport à la vérité et à la fiction s’est construit et manifesté au cours du Moyen Âge.

Un premier aspect concernera le nouveau rapport à la Vérité introduit par la réforme grégorienne. Au niveau philosophique et doctrinale, d’une part, l’idée de l’infaillibilité du Pape, « docteur de la vérité », est introduite par Grégoire VII, reprenant à son compte les paroles du Christ, disant qu’il était la vérité (via, veritas et vita). D’un point de vue liturgique et sacramentel, d’autre part, on pourra étudier la capacité de l’Église à imposer la doctrine de l’eucharistie comme transsubstantiation à la fois comme défi pour le sens commun et comme mystère pour l’entendement humain, et ce, malgré les démonstrations rationnelles les plus sophistiquées. Ici se noue en effet un rapport très particulier à la vérité, marqué par le recours à l’émotion et à une profonde dévotion, mais aussi par toute une construction intellectuelle rationnelle imposant la nécessité de l’acte de foi plutôt que celle de la vérification. Les communications pourront ainsi porter sur la manière dont la réforme grégorienne place la question de la Vérité au centre des exigences de la société : par la construction de cette « idéologie de la vérité », mais aussi et, surtout, par la mise en œuvre de dispositifs tels que la prédication – qui vient dire la vérité aux chrétiens – et la confession, qui introduit l’obligation à tout un chacun de dire la vérité pour le salut de son âme. On s’intéressera en particulier à la place et au rôle des fictions dans ces dispositifs (sermons, exempla, vita, etc.).

Un deuxième angle pour aborder cette thématique se concentrera sur le langage, les discours et les formes narratives qui avaient pour fonction de produire des effets de vérité. On pourra ainsi s’interroger sur les rapports entre histoire et littérature et leur ambiguïté par rapport à la vérité. Pas plus que les Grecs n’ont cru à leurs mythes, les hommes du Moyen Âge ne confondaient l’histoire et la fiction. Cependant, les récits historiques fictionnalisés qui se développent au XIIe siècle se voyaient créditer une certaine véracité, parce qu’ils offraient une manière de décrypter l’ordre social comme le rappelle Jean de Salisbury lorsqu’il écrit que « même les mensonges des poètes servent la vérité […]». Les communications pourront ainsi explorer les rapports entre vérité et fiction à travers la question des genres historiques et littéraires (roman, épopée, etc.) et des effets de vérité qu’ils produisaient en donnant un cadre de pertinence à partir desquels il était possible de croire aux faits relatés. Le poids de ces fictions historico-littéraires face à ce que Paul Veyne appelle « la doctrine des choses actuelles » pourra également être pris en compte.

Autres langages de vérité : le droit et la rhétorique qui viennent structurer le langage politique à partir du XIIe siècle. La rhétorique permet – entre autres – de contrôler le rapport entre l’auteur du texte et ses destinataires et de mettre en scène son statut de véridicité. On s’intéressera notamment à la manière dont la rhétorique associe étroitement la musique à la parole et utilise la métaphore comme moyen supplémentaire d’approcher la vérité. On pourra ainsi étudier la virtuosité des effets de vérité produit par le dictamen ou bien la quaestio scolastique, en tant que méthode permettant d’établir la vérité avec certitude, et la place de la fiction dans ces nouveaux langages politiques.

Un troisième aspect de cette question pourra prendre en compte le rôle des artefacts dans la production de ces effets de vérité et leur recours à des fictions. Selon saint Augustin, l’image n’est pas la vérité, mais le moyen de faire appréhender le vrai. L’esthétique qui en découle vise ainsi à rendre concrète des abstractions par des représentations particulières et individualisées. À titre d’exemples, on peut citer la perspective comme instrument de vraisemblance ou la technique du liant à l’huile qui permet l’exactitude du détail, dans le portrait comme dans les autres genres, tout en hybridant cette image vraie avec des formes symbolistes héritées des périodes antérieures.

Enfin dernier aspect des processus de véridiction qui auront une place dans ce colloque : la diffusion de l’enquête et le développement des procédures inquisitoires, en ce qu’elles illustrent un rapport nouveau à la vérité entretenu par les sociétés du Moyen Âge central. A partir du XIIe siècle, la généralisation de cette procédure, qui tend à marginaliser épreuves et ordalies, imposa la prestation du serment de vérité, mais surtout le témoignage ou bien l’aveu comme mode de preuve et comme moyen de connaître la vérité – vérité des actes authentifiés et des faits relatés lors de procès. On accordera un intérêt particulier aux usages et au statut des faits fictifs dans ces procédures inquisitoires, ainsi qu’à la manière dont les fictions sont démasquées à l’occasion de procès. La façon dont la participation des individus à l’enquête constitua tour à tour un instrument de légitimation du pouvoir laïc et ecclésiastique et un moyen de faire reconnaître leur propre vérité et interprétation des faits pourra également être explorée.

Cette diversité des thématiques entend permettre la participation de chercheuses et de chercheurs aux formations et aux domaines d’expertise les plus variés : historiens, historiens de l’art et du droit, musicologues, philologues, littéraires, spécialistes des sciences auxiliaires (paléographes, épigraphistes, codicologues, numismates)… Comme c’est l’usage, l’IMS-Paris se concentre prioritairement sur l’espace de la France médiévale, sans exclusivité cependant. En réunissant des propositions aussi diverses, le colloque de l’IMS entend poser un nouveau regard sur la notion de Vérité et son articulation avec celle de Fiction, dans la culture médiévale.

Les résumés de 300 mots maximum (en français ou en anglais) pour une communication de 20 minutes devront être envoyés à communications.ims.paris@gmail.com.

La date de clôture des formulaires de dépôt en ligne des résumés est le 24 novembre 2017.

Le processus de sélection de propositions sera effectué par un comité scientifique composé de Catherine Croizy-Naquet (Univ. Paris 3/CERAM), Marie Dejoux (Univ Paris 1/LAMOP), Lindsey Hansen (IMS) et Fanny Madeline (LAMOP/IMS) et Valerie Wilhite (Univ. of the Virigin Islands/IMS).

Cette procédure, très compétitive, s’effectue en préservant l’anonymat des propositions.

L’IMS-Paris fera connaître sa réponse par courriel dans le courant du mois de décembre. Les titres des communications retenues seront disponibles sur le site internet de l’IMS. Les auteurs dont les communications auront été sélectionnées prendront en charge leurs dépenses personnelles de voyage et leurs frais d’inscription au colloque (35 € par personne, 20 € pour les étudiants, gratuit pour les membres du LAMOP et du CERAM + frais d’adhésion à l’IMS-Paris 10 €).

L’IMS-Paris est une association interdisciplinaire et bilingue (français-anglais) créée pour favoriser les échanges entre les médiévistes qui effectuent des recherches, travaillent ou étudient en France. Pour plus d’informations sur l’IMS et le calendrier des colloques des années passées, merci de consulter notre site internet : http://www.ims-paris.org et https://imsparis.hypotheses.org

IMS-Paris Prix pour doctorants

La Société Internationale des Médiévistes propose un prix qui sera décerné pour la meilleure proposition de communication de la part d’un(e) doctorant(e). Le dossier de candidature qui sera envoyé à communication.ims.paris@gmail.com avant le 17 novembre 2017 comprendra :

1) la proposition de communication,

2) une esquisse du projet de recherche actuel (thèse de doctorat),

3) les noms et coordonnées de deux références universitaires.

Le lauréat sera choisi par le bureau de l’IMS-Paris et un comité de membres honoraires ; il en sera informé dès l’acceptation de sa proposition. Une prime de 150 € pour défrayer une partie des coûts d’hébergement et de transport à Paris depuis la France (350 € depuis l’étranger) lui sera versée lors du Congrès.

15th Annual Conference of the International Medieval Society-Paris (IMS)
28-30 June 2018

Truth and Fiction

In the wake of the US presidential election and the Brexit referendum, the Oxford English Dictionary chose the expression “post-truth” as its word of the year. This expression underlines the growing tendency to dismiss objective facts in favor of impulsive—and often prejudicial—feelings, frequently supported by “alternative facts.” The contentious relationship between the truth and lies, or truth and fiction, which is currently playing out in the public arena has, in fact, a long-standing legacy—one which can be traced back to the Middle Ages. For this reason, this year’s IMS conference seeks to investigate the variety of different approaches to truth and fiction that existed in the Middle Ages.

One possible avenue of inquiry concerns new ideas of Truth introduced by the Gregorian reforms. On a philosophical and doctrinal level, the idea of the infallibility of the Pope, the “Doctor of Truth,” was introduced by Gregory VII who, taking up the words of Christ, contended that he was the Truth (via, veritas, et vita). From a liturgical and sacramental point of view, on the other hand, we can study contemporary tenets of Eucharistic doctrine as a challenge to common sense as a mystery of human understanding—albeit articulated in rationalist terms. Papers thus might address the manner by which the Gregorian reforms placed the question of truth at the center of the demands of society: by constructing this “ideology of truth,” but also—and above all—by implementing mechanisms like preaching, which spread Truth to Christians, and confession, which introduced the obligation to speak the truth. We are particularly interested in the place and the role of Fictions in these devices (sermons, exempla, vita, etc.).

A second approach to this theme is through language, discourse and narrative forms that aimed to produce a supposed truth. We could examine the relationships between literature and history and their ambiguity with respect to the truth. For example, fictionalized historical narratives throughout the medieval period were frequently thought to be true because they provided a means of decrypting the social order. As John of Salisbury wrote, “even the lies of poets served the Truth.” Papers might explore relationships between truth and fiction through the lens of historical and literary genres (novels, epics, etc.) and the ‘truths’ they produced, placing special emphasis on the way that it was possible to believe the facts related in these works. The importance of these historico-literary fictions—what Paul Veyne called “doctrine in the face of facts”—might also be taken into account.

Law and rhetoric also construct notions of truth. Rhetoric permits the control of the relationship between the author and the audiences of a text and the establishment of the status of a text as veridic, among other things. It can even create direct links between music and words, using metaphor as a means of approaching the truth. Papers could consider, for instance, the virtuosity of the effects of Truth produced by the dictamen or even the quaestio scholastique as a method for establishing Truth with certitude, as well as the place of fiction within these new political languages.

Images throughout the medieval period play a fundamental role in the construction or undermining of truth(s). According to Augustine, the image is not truth, but rather a means of understanding Truth. For him, the work of art renders abstractions concrete using representations hat are both specific and individualized. What is the art object’s role in dispelling truth or decrying falsehoods? Through what formal and material means does it achieve either? Papers might consider the use and forms of medieval diagrams, the role of the art object in spiritual form, etc.

Finally, the conference aims to examine the origins and development of interrogative procedures in the medieval period, in that they illustrate relationships with the truth maintained by medieval societies. We are especially interested in the uses and status of fictive facts in inquisitorial trials, the manner that fictions were revealed during trials, or even how the participation of individuals in inquisitorial trials was viewed as an instrument of legitimization of power and as a way of acknowledging those individuals’ own truths and interpretations of facts.

This great diversity of themes opens participation to researchers working in a variety of different fields and coming from a variety of backgrounds: historians, art historians, musicologists, philosophers, literary scholars, specialists in auxiliary sciences (paleographers, epigraphists, codicologists, numismatists)… While we focus on medieval France, compelling submissions focused on other geographical areas that also fit the conference theme are welcomed. In bringing together such diverse proposals, the IMS conference seeks to take a new look at the notion of Truth, its articulations, and its relationship with Fiction in the medieval world.

Abstracts of no more than 300 words (in French or English) for a 20-minute paper should be sent to communications.ims.paris@gmail.com. Each proposal should be accompanied by full contact information, a CV, and a list of the audio-visual equipment required for the presentation.

The deadline for abstracts is 24 November 2017.

Paper selections will be made by a scientific committee composed of Catherine Croizy-Naquet (Univ. Paris 3/CERAM), Marie Dejoux (Univ. Paris 1/LAMOP), Lindsey Hansen (IMS), Fanny Madeline (LAMOP/IMS), and Valerie Wilhite (Univ. of the Virgin Islands/IMS), as well as the members of the Board of Directors of the IMS.

Please be aware that the IMS-Paris submissions review process is highly competitive and is carried out on a strictly anonymous basis.

The selection committee will email applicants in mid-December to notify them of its decisions. Titles of accepted papers will be made available on the IMS-Paris website thereafter.

Authors of accepted papers will be responsible for their own travel costs and conference registration fees (35€ per person, 20€ for students, free for members of LAMOP and CERAM; 10€ membership dues for all participants).

The IMS-Paris is an interdisciplinary, bilingual (French/English) organization that fosters exchanges between French and foreign scholars. For more than a decade, the IMS has served as a center for medievalists who travel to France to conduct research, work or study. For more information about the IMS-Paris and for past symposium programs, please visit our websites: http://www.ims-paris.org and https://imsparis.hypotheses.org.

IMS-Paris Graduate Student Prize:

The IMS-Paris is pleased to offer one prize for the best paper proposal by a graduate student. Applications should consist of:

1) a symposium paper abstract

2) an outline of a current research project (PhD dissertation research)

3) the names and contact information of two academic referees

The prize-winner will be selected by the board and a committee of honorary members, and will be notified upon acceptance to the Symposium. An award of 350€ to support international travel/accommodation (within France, 150€) will be paid at the symposium.

Source : IMS – Paris

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