Appel à contribution – Medieval Latin and the Visual Arts

Date limite: 15 juillet 2016
Date et lieu du colloque: 17-21 septembre 2017, Vienne, Université de Vienne

In 2017 the International Medieval Latin Congress will be held in Vienna, a city that was the capital of a great multilingual empire. With the fitting title “Mittellatein vernetzt/ Medieval Latin networks!” the Congress will explore and celebrate the connectedness and connectivity of Medieval Latin.

Few areas in Medieval Studies are as fundamental as Medieval Latin: the study of this linguistic heritage, Medieval Latin Philology, connects almost all areas of medieval studies. Medieval Latin was not only a parent of the Romance languages: for centuries it was also the lingua franca that connected, nourished, and shaped, the culture of the Latin West, Christendom, and Western Europe. It underlies, and is embedded in, the traffic of translation with the various vernacular languages, the transmission of the classical heritage, the epistolary networks that connected writers across the medieval world, and even the capacity to communicate of travelers. Latin pervades medieval material culture in manuscripts as well as in inscriptions throughout Europe and beyond.

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Medieval Latin has aged with the world. Like the phoenix it is capable of renewal and new connectivity through the use of democratic evolving media such as the Internet. New media, in turn, have transformed the ways scholars work with and present texts, destabilizing aspects of printed philology and enabling new methods for getting and sharing information, modes that revive some aspects of the fluidity of the world of manuscript culture.

Medialatinitas 2017 will explore the connectedness and connectivity of Medieval Latin. We are looking for papers focused on Medieval Latin texts or language as well as contributions that explore Medieval Latin’s relationships with neighboring fields. The Congress will have two invitational strands: an historical-political one on the disciplinary history of Medieval Latin itself (“Putting Medieval Latin in its place”) and a didactic one (“Vox Magistri/ae”), which will offer a chance for established scholars to connect with students through the scholarly lectio of a Medieval Latin text. We have established a number of open strands, listed below, in order to encourage thematic continuities at the Conference.

We invite scholars at any stage in their careers to submit abstracts for original 20-minute papers that have not been previously delivered at an international congress. The revised submission deadline for abstracts is 15 july 2016.

Please take care in preparing your abstract to make clear the role of Medieval Latin in your paper. We are not seeking Medieval Studies papers that simply happen to work with Latin sources, but papers that have at the very least a 50% focus on Medieval Latin (as a language or as literature), yet also engage with their second area seriously.

Abstracts of 200-300 words may be submitted in English, French, German, Italian, Latin, or Spanish. Submissions will be evaluated by a Program Committee consisting of scholars from Vienna and experts from abroad.

The Abstract Submission Form is available for download at: http://mittellatein.univie.ac.at/eventsconferences/medialatinitas2017/

Universität Wien • Philologisch-Kulturwissenschaftliche Fakultät
Institut für Klassische Philologie, Mittel- und Neulatein
Universitätsring 1, 1010 Wien, Österreich
medialatinitas2017.mittellatein@univie.ac.at

Open Strands

  • Medieval Latin and the Visual Arts: Werner Telesko and Lioba Theis
  • Medieval Latin and the Digital World: Mariken Teeuwen
  • Medieval Latin Manuscripts and Palaeography: Christoph Egger and Mary Garrison
  • Medieval Latin and the Germanic World: Matthias Meyer
  • Medieval Latin and the British Isles: Nikolaus Ritt, Winthrop Wetherbee, and Charles D. Wright
  • Medieval Latin and the Romance Languages and Literatures: Tobias Leuker and Roger Wright
  • Medieval Latin and East Central Europe and the Slavic World: Lucie Doležalová and Stefan Newerkla
  • Medieval Latin and History: Philippe Buc, Anton Scharer and Andreas Schwarcz
  • Medieval Latin and Classical Greek, Classical Latin, or Neolatin: Christine Ratkowitsch, Danuta Shanzer, Kurt Smolak, and
  • Hartmut Wulfram
  • Medieval Latin and Points East: Johannes Koder
  • Medieval Latin, Philosophy, and Theology: Bernd Goebel, Gianluca Briguglia, and Thomas Prügl
  • Medieval Latin and Music: Birgit Lodes

Source : Blog de l’ApAhAu

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Appel à contribution – Circulations montagnardes, circulations européennes. 142e Congrès national des Sociétés historiques et scientifiques

Université de Pau et des Pays de l’Adour
24-29 avril 2017
Obstacle, frontière « naturelle », opposant nettement, sous ces latitudes moyennes, les versants d’ubac et d’adret (soulane et ombrée), marquée par l’alternance saisonnière de la fermeture et de l’ouverture de ses estives, et – longtemps – de plusieurs de ses cols et ports, la montagne représente depuis toujours le paradoxe d’un espace qui peut être refuge, mais qui est pourtant constamment traversé et parcouru. Elle a souvent donné lieu à des interprétations déterministes. On a pensé la montagne comme un espace immuable, résistant au changement au même titre qu’à l’érosion, un lieu d’élection de l’archaïsme. On l’a pensée enclavée et effacée plus souvent que traversée ou desservie. Fernand Braudel participait encore de cette approche lorsqu’il la présentait de manière statique, essentiellement pourvoyeuse d’hommes et de richesses tirées de ses sols et sous-sols, alors que les plaines et les rivages seuls étaient mus par les échanges, le changement, la modernité.

Il s’agit, ici, de s’interroger sur la montagne comme un espace animé par de multiples mouvements, même s’il faut tenir compte de la grande variété des espaces montagnards. En travaillant sur les genres de vie, et les sociétés montagnardes autochtones, allochtones, les métiers, les conflits, les régulations, les « écoles » géographiques ont porté une grande attention à la circulation intra ou trans-montagnarde. Il y a non seulement les circulations des montagnards eux-mêmes, de leurs bêtes et productions mais aussi celles induites par les populations des contrées, proches et lointaines, qui les bordent, autant matérielles qu’immatérielles : hommes, bestiaux, produits divers et idées. Leur observation, au-delà de la perception de l’obstacle, nous engagera alors à réenvisager la mutabilité de ces espaces montagnards, en France, Corse et départements d’Outremer et en Europe, sans s’interdire des comparaisons dans d’autres espaces.

Bien sûr, qu’elle soit « haute » ou « moyenne », périphérique (et alors souvent frontière) ou « centrale », la définition que nous envisageons du mot « montagne » ne se réduit pas aux espaces situés au-dessus d’une certaine altitude, ni à la toponymie, mais elle correspond à leur perception culturelle large, tant autochtone, qu’allogène, perception historique aussi, liée aux variations climatiques. La montagne est d’abord un milieu géographique spécifique, qui associe une certaine dynamique naturelle à une autre, sociale. Tout en s’affirmant comme « montagnarde », leur conjonction entraîne des situations variées.

Les « montagnards » révèlent une identité souvent forte, circonscrite, dans certain cas, à une vallée, ou à un regroupement de vallées. Celle-ci entretient des us communautaires et une économie spécifiques. Contraintes par les conditions naturelles, son habitabilité et son anthropisation sont autant d’adaptations à celles-ci. La longueur des jachères, la résistance des céréales privilégiées, les cultures en terrasses, le pastoralisme, les transhumances caractérisent l’agriculture. L’usage du saltus (friche) et de la forêt est régi par des pratiques codifiéesde défrichement et de culture temporaire, de cueillettes, de charbonnières et d’affouagement sur le communal et de mise en défens de certaines de leurs portions. L’utilisation des minerais, des bois et de l’eau des sources thermales, des rivières par l’artisanat puis l’industrie modifient l’espace montagnard. Nombre d’usines modernes s’enracinent d’ailleurs dans une industrie domestique d’hiver, dans les Carpates Occidentales, les Alpes ou encore le Jura : tissage, petite métallurgie, horlogerie, tournage etc. Si l’autarcie et la survie ont longtemps guidé la vie des plus humbles, elles n’ont pas exclu la pénétration tardive de l’agronomie et celle, précoce, de l’économie marchande : foires et marchés (aux

bestiaux, aux produits de la cueillette et de l’artisanat, aux spécialités locales, et en particulier aux fromages et à la charcuterie) tissent des liens recherchés avec de plus plats pays.

Bien des vallées ont su développer des technologies propres à la montagne, comme l’hydroélectricité, l’aluminium, l’informatique…

Des villes de piémont assurent souvent les échanges entre ces économies complémentaires. C’est particulièrement le cas dans les Pyrénées, qui ne bénéficient pas des cluses alpines, pénétrantes mais aussi sur les plateaux inhospitaliers du Massif central. L’urbanité demeure alors périphérique. Ailleurs, les rares villes implantées en montagne sont souvent spécialisées dans le tourisme d’hiver. En effet, ce n’est que récemment que des innovations logistiques, en venant à bout de nombre de difficultés topographiques (tunnels, viaducs, voies ferrées, routes et autoroutes, altiports, supports de télécommunications, etc.), ont permis d’accompagner le fort développement de circulations liées au tourisme d’été et d’hiver. Autre action sur le paysage : la rectification des torrents et le reboisement depuis le XIXe siècle.

L’accessibilité et la mobilité croissantes des personnes et des biens en montagne, au cours des deux derniers siècles, ont produit de grandes mutations. La première a été l’exode vers des milieux considérés comme plus cléments et générateurs de profits, entraînant une déprise rurale qui, à son tour, s’offre à diverses emprises spéculatives. Plus récemment, le souci de valorisation et de protection des espaces montagnards conduit à y aménager des réserves naturelles, qui peuvent même devenir des espaces artificiels. Les parcs naturels et reconquêtes d’espaces naturels modifient tout aussi profondément les rapports à la montagne.

La nécessité de la pluriactivité est générale et ancienne en montagne; elle s’accompagne de migrations saisonnières. Poussés par la nécessité et doués de spécialités (charbonniers, scieurs de long, chaudronniers, ramoneurs, etc.), les migrants allégeaient ainsi leurs familles, particulièrement en période hivernale, et rapportaient les témoignages de leurs périples au long cours ; le colportage créait et assouvissait quelques besoins matériels et intellectuels. Ces derniers relèvent majoritairement d’une culture largement dominée par l’oralité, aux déclinaisons aussi diverses que les nuances dialectales, variant d’une vallée à l’autre au sein d’une même province. Pour le cas français, l’enquête Maggiolo (1877-1879) en dit long sur les limites d’une alphabétisation que l’éloignement des petites écoles et l’utilisation soutenue d’une main-d’œuvre enfantine ne favorisent guère. Mais, à l’inverse, le cas des « enfants prêtres » du Massif Central, du Haut-Dauphiné ou du Comminges, puis des maîtres d’écoles du Queyras, du Briançonnais et de l’Ubaye, ou des colporteurs de librairie des Pyrénées centrales témoignent de l’ingéniosité d’une maîtrise des rudiments mise au service des migrants. Souvent cadets, les candidats au départ sont exclus de la dévolution du patrimoine et ils nous montrent que les logiques migratoires doivent être analysées, non seulement en relation avec les systèmes économiques, mais aussi en prenant en compte les systèmes coutumiers qui régissent les familles. Le maître livre d’Alain Collomp, La maison du père, a montré à partir de l’exemple de la vallée du Verdon, comme en Gévaudan ou Haut- Dauphiné (Michel Prost) l’organisation très contraignante de la famille souche autoritaire, qui organise l’émigration saisonnière ou lointaine des cadets pour survivre.

Milieu fragile ouvert vers des espaces plus riches, les montagnes sont des lieux de départ ou de refuge depuis toujours. Les migrations temporaires sont le lot des montagnards qui transportent leur identité quand leur déplacement se fait plus long, ainsi les gavots de basse-Provence et les gavachs du Sud-ouest, les deux variantes occitanes du terme signifiant les migrants montagnards, reconnaissables en particulier à leur accent. Les migrations montagnardes peuvent être lointaines : les Haut-Dauphinois au Portugal au XVIIIe siècle, les « Barcelonnette(s) » faisant fortune au Mexique au XIXe et début XXe ou les Rouergats en Espagne puis en Argentine. Les refuges sont celui des minorités persécutées qui modifient à leur tour les espaces montagnards, leurs traditions et leurs représentations. Les livres circulentavec eux, dans les ballots de marchandises. Toutes les vallées ont ainsi leurs étrangers installés pour des causes religieuses (juifs, vaudois, anabaptistes…) ou politiques (bandits, maquisards, communautés alternatives…) et repoussés par des institutions et des pouvoirs centraux.

Demeurent alors les figures centrales d’une oligarchie villageoise limitée (le prêtre, le notaire), ceux qui accompagnent dans les moments cruciaux de la vie personnelle ou collective, et qui parfois la déterminent. La puissance de la communauté d’habitants produit des élites villageoises particulières et, dans certains cas, peut contraindre, voire freiner, le développement seigneurial, monastique, et étatique. Le poids des structures familiales, telles les communautés taisibles de la montagne thiernoise observées par les Encyclopédistes, influe inévitablement sur les canaux de la politisation et les formes de la citoyenneté.

La montagne se confronte aussi, à la naissance d’entités politiques, soit en devenant limites d’États, soit en se transformant en États autonomes. Longtemps des communautés montagnardes ont voulu jouer le rôle de portiers, de gardiens de frontières incertaines et disputées. La volonté de maintenir leurs avantages pastoraux et commerciaux ont pu également engager à la mise en réseau de vallées, comme les lies et passeries des Pyrénées ou les escartons des Alpes. Les constructions étatiques modernes, modifient cette tendance sans l’inverser. Des vallées peuvent encore justifier par cette charge de garde des frontières leurs exemptions ou avantages fiscaux, et les défendre dans le cadre de petits états provinciaux. L’étude de l’évolution des entités à cheval sur les versants, de la Transylvanie au Val d’Aoste ou à la Valteline, au Val d’Aran et à l’Andorre…, permettraient de voir comment ces problèmes ont été résolus en Europe. Certaines vallées et groupements de vallées se sont aussi érigés en États particuliers, comme les cantons suisses ou l’Andorre, alors que la Savoie allait constituer le cœur d’un plus vaste État. Dans ces constructions, les confrontations, migrations et refuges religieux jouent un rôle important : valdéisme, calvinisme, catholicisme, judaïsme, plus loin : orthodoxie et islam, y compris les migrations des conversos et des morisques. La montagne est aussi le lieu d’expériences spirituelles radicales : les ermites, les ordres religieux de la Chartreuse et de Chalais, pour qui la montagne est le « désert » de l’Occident tout autant que les Réformés cévenols.

Les travaux d’Yves Castan nous en ont beaucoup appris sur les limites de la justice royale, les affrontements communautaires sur les hautes terres pyrénéennes. En chacun de ces lieux s’affirment des identités fortes, dont rendent compte le droit seigneurial, les habitus religieux ou culturels ainsi des mystères, du théâtre rural… Tardivement rattachés à la Couronne de France, le Dauphiné, la Provence, la Bretagne, la Franche-Comté… ne lui ont jamais marqué une totale allégeance : les révoltes sont légion, et la République ne les endigue pas, bien au contraire. Il est cependant des provinces plus anciennement rentrées dans l’apanage royal qui ne sont guère plus dociles. Les Grand jours d’Auvergne viennent, au besoin, l’illustrer. L’arasement des châteaux, qui en résulte, nous rappelle combien les éminences ont été propices aux fortifications et aux symboles bâtis des différents pouvoirs qui ont suivi l’évolution de l’architecture militaire jusqu’au XXe siècle, sur les frontières du moins.

Le procès des prêtres simoniaques ou libertins, qui accompagne les reprises en mains, en dit assez sur les libertés individuelles autorisées par l’éloignement des centres de pouvoir, fussent-ils religieux. Transformant la géographie administrative, le droit civil, les libertés civiques, la Révolution française n’éradique pas toutes les résistances à la centralité, toute la méfiance des petits bourgs, des hameaux, déjà peu ouverts à la sociabilité des Lumières (la cartographie de la franc-maçonnerie le prouve), par rapport aux chefs-lieux des districts, et a fortiori des départements. Les instituteurs jacobins, envoyés des principales sociétés populaires, l’apprendront souvent à leurs dépens en l’an II. L’anti- et la contre-Révolution vont trouver dans la montagne des caches pour les prêtres réfractaires et pour les soldats insoumis ou les conscrits déserteurs. Pour l’époque contemporaine les deux révoltes alpestres majeures sont la résistance républicaine au coup d’État de décembre 1851, magistralement étudiée par Philippe Vigier et Maurice Agulhon, et la Résistance, avec les maquis. Indifférent aux soubresauts nationaux ou les surmontant, le notable local y entretiendra toujours des réseaux plus resserrés et plus efficaces que les mailles imparfaites d’administrations en gésine ou trop dispersées sur de vastes territoires.

Propice à l’isolement et au refuge, la montagne est également un lieu de franchissement et de passage. Elle l’est assurément pour les stratèges, d’Hannibal passant les Pyrénées puis les Alpes à Bonaparte au col du Grand-Saint-Bernard, de la Montagne blanche à Monte Cassino. Jalonnées par les clans puis les seigneurs guerriers, les vallées ont été structurées par les Étapes des Habsbourgs dans les Alpes. Mais, longtemps, le déplacement, malgré de rares « guides » ou « indicateurs », est gêné par une connaissance très approximative des montagnes. La cartographie militaire, dans un premier temps, ne s’intéresse qu’aux passages, et elle reste relativement secrète, avant que les ingénieurs géographes ne réalisent de sensibles progrès au cours du XVIIe siècle. Pierre-Joseph de Bourcet hésitait encore entre la projection verticale et la perspective cavalière pour sa carte du Dauphiné (1749-1754) avant que la première technique triomphe à la fin du XVIIIe siècle. On a cartographié la circulation : les équipements, les flux, les réseaux. Pour représenter la troisième dimension et mesurer les montagnes ( on a eu recours aux alpinistes du début du XXe siècle au club alpin). La montagne est reconfigurée par l’architecture militaire – et l’on songe entre autres aux prouesses de Vauban, parfois dubitatif de sa propre œuvre, dont s’enorgueillissent pourtant les municipalités (ainsi, à Seyne-les-Alpes). Quand ils ne datent pas de la conquête romaine des Gaules, les routes et les relais sont souvent les héritages du passage des troupes. Les nombreux mercenaires suisses qui allaient, des siècles durant, vendre leurs services aux souverains de France, d’Italie ou d’Allemagne les empruntaient. Ces routes et relais, d’abord sécurisés par des monastères (chanoines de Saint-Maurice ou d’Aubrac…) viennent compléter l’entrelacs des chemins, qui ne sont pas tous contrôlés par les douanes ou les postes. Ils sont aussi les voies de fuite des proscrits : les cathares, les vaudois du Lubéron, les protestants du Refuge en route vers la Suisse, les émigrés fuyant le Révolution, etc.

Les ingénieurs géographes ne distinguaient habituellement que trois catégories de chemins : « ceux qui sont accessibles à l’artillerie et aux convois, ceux qui sont praticables à la cavalerie, et ceux qui ne livrent passage qu’aux piétons » (Numa Broc). Durant les derniers siècles, les notables progrès qui sont réalisés pour rendre les chemins carrossables entraînent des mutations profondes dans les procédés de transport des charges et les hommes qui les animent. Du colporteur, du muletier, du traînage, du flottage du bois sur les torrents, on passe aux chemins de la mâture avec la réformation des Eaux et forêts, aux chemins pour les canons qui permettent de détruire les derniers forts inexpugnables, aux routes thermales et autres voies carrossables, aux traversées ferrées… Les communications ferroviaires ont modifié la montagne par la construction de tunnels qui restent un problème encore au XXIe siècle. Plus récemment, la houille blanche permet d’inventer le lacis du transport de l’énergie électrique. L’accueil des voyageurs dans les hospices de montagne en est changé, alors qu’éclot une nouvelle corporation : celle des guides de haute montagne.

Bien souvent, comme les unités politiques intérieures à la montagne enjambent les cols, il en est de même des groupes linguistiques. C’est notamment le cas de la langue allemande qui s’étend, au Tyrol, de part et d’autre du col du Brenner, du français et du franco-provençal en Val d’Aoste, du basque ou du catalan aux deux extrémités de la chaîne des Pyrénées. Ces données ont une influence non négligeable sur les relations de voisinage, particulièrement dans une Europe contemporaine qui voit s’abaisser ses frontières internes… jusque sur le haut de ses montagnes.

La montagne est un objet d’étude et de représentations. On a pu l’ériger en un relief mythique qui a longtemps alimenté des croyances, des tabous, des peurs, et donc engagé à des parcours cérémoniels apotropaïques, des processions saisonnières d’ouverture des estives d’altitude, des pèlerinages vers différents ermitages. Parmi les grandes migrations temporaires de population face au malheur, on doit ajouter les sites montagneux de pèlerinage, dont beaucoup sont anciens (Saint-Maurice d’Agaune, le Mont-Saint-Michel, le Puy, la Sainte- Baume, le Laus) et d’autres nés à l’époque contemporaine : Lourdes, la Salette. Dans ces circulations, comme l’a démontré Marcel Durliat le long des chemins de Saint-Jacques-de- Compostelle, ce sont aussi des styles, des modèles, qui sont véhiculés. L’art, d’abord religieux, chemine par les montagnes. Mais sa diffusion peut être entravée lorsque l’Europe chrétienne se fractionne, comme le long des Pyrénées qui, sous le règne de Philippe II et de l’Inquisition, se dressent désormais comme une frontière autant politique que religieuse. La circulation des livres, et donc des idées, en reste affectée.

À l’avènement des Lumières, la montagne, d’abord sous l’influence des Anglais, devient la surface de projection d’une nouvelle sensibilité, d’une nouvelle perception de la nature, générant des voyages récréatifs et initiatiques, qui conduisent de la soif de compréhension et de connaissances au dépassement de soi avec «l’invention du Mont Blanc » (Philippe Joutard) et la naissance de l’alpinisme. C’est « le temps des voyageurs » (Serge Briffaud). Les Suisses jouent un rôle prédominant dans cette transformation et Jean- Jacques Rousseau (La Nouvelle Héloïse, 1761) est l’artisan de cette révolution qui, en portant une révélation esthétique ou sentimentale, influence la plupart des vocations de naturalistes au XVIIIe siècle. Elle est décrite dans les guides et la littérature, esquissée dans les gravures, magnifiée par la peinture (comme celle de Caspar David Friedrich), parfois avec une exagération qui la rend effrayante comme celle des voïvodes valaques qui inspirent la figure de Dracula. L’approche littéraire permet de construire un modèle esthétique qui va consacrer jusqu’à nos jours la gloire de maîtres du roman français : inépuisable décor des œuvres de Sénancour, George Sand ou Giono, Henri Pourrat ou Frison-Roche, elle sert à la fois de cadre mythique et de sujet imaginaire.

Elle devient un laboratoire de courses scientifiques pour les savants du XVIIIe siècle, férus de minéralogie, de botanique, ou intrigués par le volcanisme, dont les éruptions de l’Etna et du Vésuve ne cessent de rappeler la présence. Les populations à leur tour font l’objet d’études qui fondent la biologie humaines (des «crétins» des Alpes aux travaux sur l’ADN…) L’observation, qui mobilise tout le réseau savant européen, se veut aussi anthropologique ou ethnologique, à la recherche des origines de l’homme, de la mentalité des ruraux – recherche que revivifient les inattendues révoltes paysannes durant la Révolution, au bénéfice du celtisme cher à Le Coz ou à Cambry. On peut alors considérer que « l’étude des montagnes a constitué une voie d’accès privilégiée à la connaissance du monde » (Bernard Debarbieux).

Enfin les montagnes sont devenues à l’époque « le terrain de jeu de l’Europe », avec le développement d’un tourisme avide de voir des phénomènes naturels grandioses (mer de glace, cirque de Gavarnie), la conquête des sommets par l’alpinisme. Les sports d’hiver et la notion de « domaine skiable » ont transformé l’économie montagnarde et l’image de la montagne entre les Temps modernes et l’époque contemporaine : pour ne citer qu’un exemple, les départements des Hautes-Alpes et Alpes de Haute-Provence ont eu une image longtemps répulsive qui est devenue attractive au cours du XXe siècle. Leur démographie a été marquée par un effondrement entre 1850 et 1950 suivi d’une remontée qui peut être localement spectaculaire. Et le prestige des produits alimentaires connotés ou étiquetés « de montagne » donc « naturels » se renforce en même temps que certaines vallées se repeuplent de citadins.

Thèmes

  1. Des montagnards, leurs activités économiques et celles des autres : un espace d’échanges et de migrationsI.1. L’exploitation et la transformation des ressources naturelles
    I.2. Le contrôle des ressources : ententes, coutumes, pouvoirs…
    I.3. Les villes et villages de montagne, leurs fonctions et leurs mutations I.4. Familles et migrations
    I.5. Les mutations technologiques et économiques contemporaines
    I.6. La conquête de la montagne : des premières occupations humaines à l’anthropisation du milieu
    Atelier 1. Contrebande et contrebandiers. Une économie montagnarde ?
  2. Compositions et recompositions politiques et militaires : la montagne entre centre et périphérieII.1. Montagnes et frontières : protéger et défendre
    II.2. Éloignement des pouvoirs et négociations de l’autonomie II.3. Révoltés, bandits, proscrits et maquisards
    II.4. Anti- et Contre-Révolutions
    Atelier 2. La correspondance active d’Henri IV
  3. Des passages : contraintes, organisations, dynamiques
    III.1. Chemins de terre et chemins d’eau
    III.2. Passer et cartographier. Géographes, cartographes, stratèges et militaires
    III.3. Construire le chemin : chemins de fer, tunnels et réseaux divers III.4. Faire passer : ingénieurs et guides
    III.5. Voisiner. Les témoins linguistiques du passage
    III.6. Les montagnes : frontières naturelles, frontières culturelles
  4. Des montagnes parcourues et représentées : de la circulation des idées, des formes et des jeuxIV.1. Montagnes et montagnards comme objets d’explorations et d’études savantes et de typologies variées
    IV.2. Tabous et croyances en montagne
    IV.3. Rituels et sanctuaires de montagne

    IV.4. La montagne, espace touristique, un « retour à la nature » ?
    IV.5. La montagne, cadre et source d’inspiration littéraire et cinématographique
    Atelier 3. La circulation des idées protestantes d’un versant montagnard à l’autre (1517-1848)

Colloque 1. Monastères de montagne, des origines à nos jours

Dès l’An Mil, une relation privilégiée s’est établie entre des maisons de prière et la montagne : La Chaise-Dieu, la Grande Chartreuse, Saint-Michel de Cuxa, parmi de très nombreux monastères, mais aussi des commanderies templières et hospitalières, des maisons de chanoines réguliers, puis de prédicateurs de missions ont choisi de s’implanter en altitude. Il n’est pas exagéré d’affirmer que toutes les chaînes de montagnes de la Chrétienté ont été touchées par la vie monastique, sous quelque forme que ce soit, à commencer par la vieérémitique.

Par ailleurs bien des monastères montagnards se sont élevés au bord des routes, près des cols que franchissaient pèlerins, marchands et voyageurs, leur servant de gîte d’étape et cela dès le haut Moyen Âge : comme par exemple Saint-Maurice d’Agaune, dans le Valais suisse, l’abbaye de la Novalaise, en Piémont, fondée au VIIIe siècle sur la route du Mont Cenis, Saint-Chaffre du Monastier en Velay, Saint-Oyend, qui devient Saint-Claude au VIIe siècle, dans le Jura, ou encore l’abbaye de Hohenbourg sur le Mont-Sainte-Odile dans les Vosges, fondée à la fin du VIIe siècle.

Saint-Victor de Marseille, Cluny ou encore de la congrégation canoniale de Saint-Ruf, en attendant les Capucins, Jésuites, Recollets… et communautés nouvelles ont possédé de nombreuses dépendances et des maisons de retraite dans les Alpes, les Pyrénées ou le Massif Central, ont évangélisé mais aussi se sont vues confier par les évêques la desserte de paroisses nouvelles ou anciennes. De tout temps, ces établissements ont accueilli des pèlerins dans les hôtelleries.

Ils génèrent aujourd’hui un nouveau commerce de produits « naturels ». À l’âge des bêtes de somme comme des camions, il ne faut pas oublier également les circulations des animaux, des bois et des pierres, des livres, des touristes et des artistes enfin.

Une équipe grenobloise travaille depuis plusieurs années à l’étude des peintures murales, des chapelles de montagne dans les pays de l’arc alpin. D’autres routes, romanes, baroques ou « populaires » peuvent être étudiées dans leur fondation, leur établissement et leur renaissance…

Colloque 2. Montagne : enracinement, détachement et appropriation

Session proposée par l’Association internationale pour l’histoire des Alpes en articulation avec le Labex ITEM (Innovation et Territoires de Montagne) de Grenoble Les circulations induisent des bouleversements profonds des identités, qui résultent de la rencontre entre des facteurs exogènes et endogènes. Les départs, les passages ou les arrivées constituent des temps ou les individus comme les communautés se façonnent et se reconfigurent, par réaction, acceptation ou assimilation. La montagne, loin d’être un lieu fermé et figé, comme on l’a souvent dit et on le dit encore, est à la fois un territoire de mobilités de ses habitants et de passages ou d’arrivée de populations venues de l’extérieur. Elle a nourri des identités propres et fortes, qui ont commencé à s’affirmer à l’époque moderne, en relation avec des ethnotypes alors en pleine résurgence et la découverte des montagnes en tant qu’espace de savoirs, comme territoire politique voire comme territoire de jeu, puis comme territoire «préservé» à usage d’autrui (J-F Bergier, F. Walter, B. Debarbieux, G. Rudaz, Tissot). Quelles formes ces identités montagnardes ont-elles prises ? Quelle fut la place de la réalité de la montagne, en tant que terre spécifique, faite de pentes et de sommets, de rocs et de glaces, dans leur affirmation ou leur disqualification? Quelles influences, susceptibles de transformer la montagne et ses habitants, se sont-elles fait sentir ? Quelles stratégies, quelles résistances matérielles et symboliques, ont été développées pour assurer la pérennité des territoires dans une complémentarité toujours renouvelée entre les terres « hautes » et les terres « basses ».

Cette approche pose au final la question de savoir dans quelle mesure les circulations humaines ont-elles donné une place spécifique à la montagne, au point de la faire exister ou disparaître, entre le stéréotype de l’archaïsme et la terre d’innovations.

C.2.1 Identités revendiquées, abandonnées, reniées C.2.2 La terre, valeur réelle et symbolique

C.2.3 La montagne transformée : lieu d’expérimentation ou de tradition ? (accepter, adhérer ou refuser les modèles : aménagement, tourisme…)

C.2.4 Les nouvelles circulations: voyageurs et touristes: des migrants comme les autres ?

Rédacteurs principaux de ce programme, accepté par la section « Histoire du monde moderne, de la Révolution française et des révolutions » du CTHS :

Philippe Bourdin, Serge Brunet, Nicole Lemaitre, Philippe Chareyre, Daniel Le Blevec, Roger Nougaret, Jean-Louis Bergès, Hélène Richard, Sandrine Costamagno, Anne Dalmasso, Stéphane Gal, Anne Marie Granet

Sociétés partenaires

Société française d’étude du seizième siècle Société Henri IV
Société des Sciences lettres et Arts de Pau Centre d’Étude du protestantisme béarnais Académie de Béarn ?

Société des Amis du château de Pau
Association internationale pour l’histoire des Alpes

Avec le concours :

Archives départementales des Pyrénées-Atlantiques Archives de l’agglomération Pau-Pyrénées
Musée national du château de Pau
Musée Jeanne d’Albret, Orthez

TRACES (Travaux et recherches archéologiques sur les cultures, les espaces et les sociétés), UMR 5608, CNRS, université Toulouse – Jean Jaurès
Labex ITEM (Innovation et territoires de montagne) de Grenoble

Modalités d’inscription

au 142e congrès national des sociétés historiques et scientifiques « Circulations montagnardes, circulations européennes. » – 24-29 avril 2017 – Université de Pau et des Pays de l’Adour

Droits d’inscription : 80€
Gratuité pour les étudiants non salariés, les chômeurs et les membres de sociétés savantes des régions Aquitaine – Limousin – Poitou-Charentes et Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées Pour proposer une communication, la date limite est le 1er novembre 2016.

Inscrivez-vous directement en ligne sur le site du CTHS (paiement par carte bancaire sécurisé) à la page http://cths.fr/co/details.php?sc=in
ou envoyez par courrier postal à CTHS – 142e congrès – 110 rue de Grenelle 75357 PARIS cedex 07 :
– le règlement des droits d’inscription, par chèque bancaire à l’ordre de l’ASCSHS (Association de soutien aux congrès des sociétés historiques et scientifiques),
– le titre et le résumé de la proposition de communication (1000 caractères espaces comprises, soit une demi-page) en fichier .doc ou .rtf,
– la fiche d’inscription complétée (téléchargeable sur le site cths.fr : http://cths.fr/co/details.php?sc=in)
en précisant bien dans quel thème et sous-thème ou colloque vous souhaitez placer votre communication.

Le résumé doit viser à faire ressortir les points essentiels de la communication ; il en souligne les éléments nouveaux et les conclusions. Il doit faire clairement état des sources exploitées. Il ne doit prendre la forme ni d’une introduction générale, ni d’un plan.

Le Comité étudie en novembre 2016 toutes les propositions de communication. Il peut écarter celles ne lui paraissant pas convenir, sans avoir à motiver sa décision. Les droits d’inscription sont alors remboursés, sur demande, avant le 1er mars 2017 (de même si un congressiste annule sa participation).

Les communications acceptées seront affichées sur le site cths.fr, à partir de février 2017, par thème, par jour, par auteur : http://cths.fr/co/congres.php?sc=co&id=-1
Les intervenants seront informés personnellement par messagerie électronique.

Le temps de parole est fixé à 20 minutes par communication, de manière à laisser place ensuite aux débats (10 minutes).

Les Actes du Congrès national des sociétés historiques et scientifiques sont publiés principalement sous forme électronique. Ils sont disponibles gratuitement sur le site internet du CTHS, où ils peuvent être téléchargés à l’unité ou au volume entier : http://cths.fr/co/details.php?sc=au

Cette forme de publication permet une diffusion internationale ; tout lecteur potentiel aura accès aux articles par une simple recherche de mots-clés par l’intermédiaire des moteurs de recherche. Les volumes électroniques ont un titre et des références bibliographiques internationales ; ils sont préparés, remis aux normes et maquettés pour la publication. Ils sont répertoriés dans le catalogue des publications du CTHS, le copyright et le droit moral sur le texte restant la propriété de l’auteur. Les auteurs s’engagent formellement àprésenter un texte original et inédit, et à le conserver inédit pendant un délai d’un an après le congrès.

L’acceptation d’une communication ne constitue en aucun cas un engagement de publication. Le Comité examine en juin les textes reçus en juin et se réserve le droit de demander aux auteurs de corriger ou d’abréger leur texte, ou d’en refuser la publication.

Le processus de validation des articles de congrèset des ouvrages déposés au CTHS comporte une double expertise au minimum assurée par des pairs, comme pour toute publication à comité de lecture. Les pairs de ce comité de lecture sont choisis, pour chaque publication, parmi les membres du CTHS, en fonction de leur discipline scientifique.

Il est impératif d’observer les Instructions aux auteurs, qui sont affichées également sur le site du CTHS : http://cths.fr/co/details.php?sc=au

Si une communication n’est pas publiée dans les dix-huit mois suivant le congrès, l’auteur pourra, s’il le désire, contacter le secrétariat afin de reprendre son manuscrit.

Les inscriptions des auditeurs sont possibles jusqu’au dernier jour du congrès. Les frais de déplacement et d’hébergement sont à la charge du congressiste. Le secrétariat du congrès est fermé le jeudi.

Pour tout contact : congres@cths.fr

Fiche d’inscription au congrès « Circulations montagnardes, circulations européennes » Université de Pau et des Pays de l’Adour – 24-29 avril 2017

à remplir en lettres capitales et à retourner avant le 1er novembre 2016 si vous proposez une communication (les inscriptions des auditeurs sont possibles jusqu’au dernier jour du congrès)
à CTHS – 142e congrès – 110 rue de Grenelle 75357 Paris cedex 07

accompagnée de votre règlement à l’ordre de l’ASCSHS (Association de soutien aux congrès des sociétés historiques et scientifiques) : 80€
Étudiants, chômeurs, membres d’une société savante de la région Aquitaine – Limousin – Poitou-Charentes et Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées : gratuit

Nom :
Prénom : Adresse postale

Adresse électronique :

Téléphone : Profession :

Sociétés savantes auxquelles vous appartenez (en toutes lettres) :

Titre de votre communication :

Envoyez le résumé de votre communication (1000 signes) en fichier .doc ou .rtf avec cette fiche à congres@cths.fr
Avant le 1er novembre 2016

Votre communication intègrera de préférence lethème: 1–2–3–4
le sous-thème : 1 – 2 – 3 – 4 – 5 – 6

l’atelier : 1 – 2 – 3

ou le colloque : 1 – 2 session : 1 – 2 – 3 – 4

Source : CTHS

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Appel à contribution – Procédure ordinaire et procédure extraordinaire

Colloque organisé par l’Association Française des Jeunes Historiens du Droit en partenariat avec l’Association des Historiens du Droit de l’Ouest.

à l’Université Panthéon-Assas(Paris II), 23 et 24 juin 2017

Mais d’où provient l’étonnement, sinon d’une chose insolite, sortant manifestement de l’ordre des choses – Augustin d’Hippone, De ordine, I, 3, 8

Dans la pensée antique, la notion d’ordre, qu’elle s’applique au monde ou à la cité, renvoie à un ordonnancement juste et approprié où chaque personne et chaque chose est à sa place : l’ordre, affirme Cicéron, c’est la disposition et l’arrangement des choses dans les lieux convenables (De officiis, I, 40). Qu’il s’agisse d’un contexte stoïcien ou chrétien, cet ordre n’est pas le fruit du hasard : « L’ordre est ce qui conduit tout ce que Dieu a constitué » écrit Augustin dans le De ordine (I, 10). Par extension au domaine politique, il s’incarne dans « l’ensemble des lois et des institutions régissant une société ». On remarque alors régulièrement l’émergence concomitante de procédures offrant des garanties à l’accusé et dérogeant à ces mêmes règles.

L’usage du mot dans le domaine judiciaire est apparu en droit romain. Les termes d’ordre judiciaire privé et public (ordo judiciorum privatorum et publicorum) désignent, à la fin du IIe siècle, la réglementation de la procédure. Il est alors édifiant de voir émerger presque concomitamment la qualification de crimes extraordinaires (extraordinaria crimina) et au siècle suivant la cognitio extra ordinem, la procédure extraordinaire propre aux tribunaux impériaux.

Dans ce contexte antique, la dénomination est associée aux crimes publics d’une gravité telle qu’il est possible de déroger à la procédure habituelle pour en juger. L’évolution de cette marche du procès à cette époque a deux conséquences fondamentales. D’une part, le magistrat est doté d’un pouvoir d’interprétation accru qui confine parfois à l’arbitraire– bien que des règles procédurales encadrent encore la cognitio –, d’autre part, la procédure extraordinaire devient paradoxalement une procédure de droit commun. Aussi lit-on dans les Institutes de Justinien qu’« aujourd’hui, tous les jugements sont extra ordinem », renvoyant ainsi à la constitution sédimentée d’un droit et d’une procédure où s’agrègent des ordres, où l’ordre intègre ce qui fut extraordinaire.
Le vocable « extraordinaire » renvoie donc dans son usage courant à une démarche qui s’écarte de ce qui était, à l’origine, prévu par l’ordre légal, qu’il s’agisse de la peine, de la compétence ou du déroulement du procès mais peut aussi, conjoncturellement, devenir une démarche habituelle.

De cette dimension pénale émerge la notion d’ordre judiciaire au Moyen Âge. L’idéal du rectus ordo, du « jugement bien rendu », et de l’ordo accusationis, dans laquelle prend place la présomption d’innocence, se retrouvent dans les sources pontificales. À la fin du XIe siècle, la référence à l’ordo judiciarius est omniprésente et émerge déjà l’idée d’une distinction entre deux types de procédure, distincts l’un de l’autre par le respect ou non des garanties offertes à l’accusé. L’un s’applique aux crimes publics et l’autre aux cas douteux. C’est ainsi qu’au XIIe siècle apparaissent, à nouveau de manière concomitante, une littérature processuelle (ordines judicarii) consacrée aux règles et aux formes à respecter dans le cadre du procès, les manuels de procédure, et des principes dérogeant à ces règles pour culminer au début du XIIIe siècle dans la consécration de la procédure inquisitoire au Concile de Latran IV (1215). Cette procédure extraordinaire permet de contourner un certain nombre de principes propres à la procédure accusatoire, ce qui renforce à nouveau les pouvoirs du juge. Enfin, cette reconnaissance dans les manuels de procédure et le développement de la démarche inquisitoire à partir du XIIIe siècle mènent à distinguer très concrètement « extraordinaire » et « inhabituel » et à s’interroger sur la frontière entre procédure extraordinaire et de droit commun.

Le cadre de la procédure ordinaire semble donc être le principal garant de la sécurité juridique, du respect des droits de l’accusé et notamment de la présomption d’innocence tout comme un garde-fou face à l’arbitraire du juge. Quelles sont alors les causes et les circonstances historiques, politiques et juridiques qui justifient et légitiment la transgression d’un tel ordre ? La mise en place d’une procédure inquisitoire n’est-elle pas garante de l’ordre public ?

Si l’ordinaire et l’extraordinaire semblent constituer les deux pôles d’une procédure en équilibre entre droits de l’accusé et pouvoir du juge, la notion même de procédure inquisitoire ne constitue-t-elle pas une mise en ordre de l’arbitraire du juge ? Il est alors possible, au regard de l’histoire mais aussi du procès contemporain, de se demander si cette procédure est justement qualifiée : comment se signale l’intégration à l’ordre d’une procédure autrefois exceptionnelle ?

Par ailleurs, si l’ordre consiste à mettre chaque chose à sa place et le droit à attribuer à chacun son dû, en droit actuel, la mise en place contemporaine de procédures spéciales est-elle le moyen de proposer une réponse adaptée à chaque situation et à chaque matière ? Pourrait-on dire alors aujourd’hui, avec Justinien, que tous les procès sont extraordinaires ?

Ce colloque sera l’occasion de répondre à ces questions en confrontant les regards de chercheurs en histoire du droit, en droit contemporain mais aussi de praticiens. Il permettra d’identifier sur quels critères se fonde cette distinction entre ordinaire et extraordinaire, dans les domaines judiciaires civil et pénal, du droit du travail ou encore dans le champ du procès de droit administratif. Enfin, dépassant cette dichotomie, on pourra s’interroger sur la pertinence d’une telle distinction dans la sphère extrajudiciaire de l’arbitrage.

Comité scientifique :

Loïc Cadiet, professeur à l’Université Panthéon-Sorbonne (Paris I)
Cécile Chainais, professeur à l’Université Panthéon-Assas (Paris II)
Nicolas Cornu-Thénard, professeur à l’Université de Rennes I
Olivier Descamps, professeur à l’Université Panthéon-Assas (Paris II)
Claire Martin, avocate en droit international public (Hogan Lovells)
Franck Roumy, professeur à l’Université Panthéon-Assas (Paris II)
François Saint-Bonnet, professeur à l’Université Panthéon-Assas (Paris II) Françoise Salomon, conseiller référendaire à la Cour de Cassation
Sylvain Soleil, professeur à l’Université de Rennes I Charles-Louis Vier, avocat aux Conseils honoraire.

Comité d’organisation :

Rachel Guillas
Benoît Alix
Kouroch Bellis
Alexandre Mimouni
Doctorants à l’Université Panthéon-Assas (Paris II)

Modalités de l’appel à communication :

Les projets de communication sont à envoyer avant le 1er novembre 2016 à
colloqueordo2017@gmail.com

Le projet doit comporter :
– un court CV ;
– l’intitulé de la communication et sa présentation (n’excédant pas 2500 caractères).

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Exposition – La mode au Moyen Âge

L’aristocratie de la fin du Moyen Âge est l’instigatrice d’un renouvellement et d’une diversité des vêtements et des accessoires. Ce sont là les prémices des phénomènes de mode tels que nous les connaissons aujourd’hui. L’exposition rend compte, du bout des poulaines à la pointe du chaperon, de l’évolution de la silhouette à cette époque.

Commissaire de l’exposition : Nadège Gauffre Fayolle, EHESS
Conseillères iconographiques :
Perrine Mane et Danièle Alexandre-Bidon, CNRS-EHESS
Costumes : Sally Ruddock-Rivière, Isolde Kovalitchouk, Sylvie Pagnier

Mode au Moyen Âge

Paraître

Si, jusqu’au XIIIe siècle, les vêtements se portent larges, une véritable révolution débute à l’aube du XIVe siècle. Les vêtements amples font désormais place à des tenues ajustées. La cotte féminine, pourvue d’un décolleté, souligne la poitrine, la taille et les hanches. Le corps masculin est mis en valeur par un pourpoint, sorte de veste matelassée, et de longues chausses gainant les jambes. Le buste, artificiellement rembourré, est saillant et la cambrure marquée. Les moralistes ont très tôt fustigé cette mode effrontée, comparant ces hommes au corps étriqué à des lévriers !

Au XVe siècle, l’esthétique vestimentaire masculine et féminine se distingue plus nettement. Pour les hommes, la mode est aux carrures larges, aux torses longs et aux tailles abaissées. Au contraire, la silhouette féminine dessine un buste court et étroit, et une taille haute.

Les sous-vêtements s’adaptent aux modes nouvelles. L’ampleur des chemises se réduit, la longueur des braies ou caleçons masculins s’amenuise au cours du XVe siècle. En guise de soutien-gorge, les femmes bandent au besoin leur buste ou bien usent de « robes à sachets de poitrine ».

Se jouer du vêtement

Les cours sont les lieux privilégiés de l’excentricité. Les artisans des princes rivalisent d’inventivité, aussi bien dans la forme des vêtements que dans leur ornementation.

Le vêtement aristocratique comprend de nombreux accessoires et décorations : ceintures d’orfèvrerie à clochettes, découpures ornant le bas des robes ou les poignets des manches, broderies de fils d’or et de pierres précieuses.

Les couvre-chefs suivent ces excentricités. Les élégants jouent sur les multiples manières d’ajuster leur chaperon tandis que les élégantes portent des coiffes de plus en plus aériennes, comparables aux voilures d’un navire !

La chaussure s’affine, donnant naissance au XVe siècle à la poulaine, dont l’extrémité démesurée est rigidifiée par un rembourrage de mousse ou par une baleine. Pour déambuler dans les rues boueuses, rien de tel que les patins ou socques, sorte de sur-chaussures à semelle épaisse munies d’une lanière.

L’habit fait le moine

Pour les moralistes, le vêtement est le reflet de l’âme. Dès le XIIIe siècle, des lois somptuaires sont promulguées, obligeant chacun à être vêtu d’une façon qui reflète son rang dans la société.

Le vêtement est l’expression de la dignité, mais aussi de l’exclusion. Seuls les déguisements revêtus lors des fêtes permettent, pour un temps, un bouleversement des valeurs.

L’aristocratie aime à se distinguer en arborant sur les vêtements armoiries et emblèmes personnels, appelés devises, à la fois ornementations et véritables outils de communication.

Les princes attachent une grande importance à leur garde-robe et disposent de tailleurs à demeure. Certains pelletiers, brodeurs ou chapeliers sont fournisseurs officiels. Leur atelier en ville se trouve auréolé d’un prestige qui attire une clientèle fortunée, avide de copier la mode aristocratique.

Informations pratiques :
11 mai 2016 – 15 janvier 2017

Tour Jean Sans Peur
20, rue Étienne Marcel
75002 Paris
tél. : 01 40 26 20 28
http://www.tourjeansanspeur.com

13h30 – 18h00
du mercredi au dimanche

Renseignements et réservations :
tél. : 01 40 26 20 28
courriel : tjsp@wanadoo.fr

Source : Tour Jean Sans Peur

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Colloque – Le vêtement au Moyen Âge : de l’atelier à la garde-robe

Paris, 27 et 28 septembre 2016
Colloque organisé par le Groupe d’archéologie médiévale (GAM-EHESS)

Le présent colloque est dédié à la mémoire de Françoise Piponnier (1932-2013). Sa thèse sur le costume à la cour d’Anjou publiée en 1970, puis ses travaux à partir des inventaires après décès de la région dijonnaise ont renouvelé la manière d’envisager l’histoire du vêtement. Elle a donné l’impulsion à une histoire économique, sociale et technique du vêtement, tant chez les élites que dans les milieux modestes urbains ou paysans. À sa suite de nombreux chercheurs ont emprunté ce chemin.

À l’occasion de l’exposition « La mode au Moyen Âge », présentée du 11 mai 2016 au 15 janvier 2017 à la Tour Jean sans Peur à Paris, les membres du Groupe d’Archéologie Médiévale de l’EHESS (dont Françoise Piponnier fut directrice) ont voulu réunir des chercheurs autour de deux thématiques importantes : l’économie du vêtement et la culture vestimentaire.

À la recherche de la matière

Le vêtement dans la société médiévale est un bien coûteux. La qualité des étoffes de laine ou de soie est ce qui garantit, en premier lieu, la tenue et la beauté d’un habit. Les grandes foires sont des relais entre les centres de production d’étoffes et les détaillants présents dans chaque ville. Chacun, selon ses moyens, son état et ses envies, fait appel aux drapiers pour lui fournir des étoffes de laine, dont les plus onéreuses viennent de Flandre, et aux merciers et marchands de soie, qui lui propose des soieries communes de premier prix ou des tissages complexes mettant à profit les nouvelles techniques.

Production et circulation des vêtements

La compétence, l’habileté et l’inventivité des artisans de la confection font, en second lieu, la qualité du vêtement ou des accessoires de mode. Si dans les cours princières, les tailleurs sont minutieusement sélectionnés et ont toute latitude pour choisir leurs fournisseurs et les matières premières, les tailleurs ou couturiers ayant leur atelier en ville ne se laissent pas facilement cerner, si ce n’est à travers les aspects réglementaires ou économiques de leur activité. L’étude iconographique de ces métiers, confrontée aux découvertes archéologiques et aux inventaires après décès, permet d’approcher les gestes et l’outillage du tailleur comme l’organisation spatiale des ateliers. Le vêtement médiéval a souvent une seconde vie : il passe d’une garde-robe à une autre par le biais de dons, de legs, de saisies et de reventes.

Codification, transgression et usage sociaux

Le vêtement est un identifiant fort. Chacun s’habille selon son sexe, son âge, son rang et son rôle dans la société. Il différencie un groupe d’un autre, mais il peut également isoler un individu du groupe qui l’entoure. Les cours princières sont le théâtre privilégié de l’observation de ces jeux des apparences qui marquent la hiérarchie et les amitiés, où l’emblématique vestimentaire est un art politique subtil et nécessaire. Les lois somptuaires, qui se multiplient à partir du XIIIe siècle, témoignent des restrictions vestimentaires morales et économiques que les municipalités ou les principautés entendent faire respecter sur leur territoire. Ces codes, même s’ils sont souvent détournés ou bafoués, façonnent la société. Les aspects symboliques du costume, ne sont pas réservés aux humains : les habits des animaux domestiques, par exemple, sont eux aussi fortement connotés et contribuent à souligner le rang et l’aura de leur maître.

Imaginaire, héritage et réinterprétation

Déjà au Moyen Âge, les auteurs de récits et les artistes revêtent leur héros de vêtements allégoriques chargés de sens. De nombreux archétypes, comme celui de l’apparence de la sorcière, alimentent donc l’imaginaire collectif médiéval. Plus près de nous au XIXe siècle, alors que l’art troubadour s’empare d’un Moyen Âge rêvé, les motifs des étoffes médiévales sont des sources d’inspiration pour l’industrie de la soie. La question du vêtement dans la mise en scène au théâtre et au cinéma est cruciale de nos jours : si une certaine justesse historique est importante pour ancrer le spectateur dans un monde passé, la liberté de création des costumes nous offre, d’une part, la possibilité d’entrevoir les intentions artistiques des réalisateurs et metteurs en scène et, d’autre part, d’entendre ce que la société contemporaine nous dit d’elle-même.

Programme du colloque :

Première journée : Économie du vêtement
Mardi 27 septembre 2016
Tour Jean sans Peur

9h : introduction

À la recherche de la matière :

9h30 : Mickaël Wilmart (GAM-CRH, EHESS), Laines et tissus sur les foires de Champagne
10h : Rémi Rousselot-Viallet (LAMOP, Paris I), Iconographie du marchand drapier
10h30 : pause

10h45 : Sophie Desrosiers (GAM-CRH, EHESS), Soieries et autres tissus de soie dans la garde-robe des XIVe et XVe siècles
11h15 : Ingrid Houssaye Michienzi (Florence Gould Fellow à la Villa I Tatti), Suzanne Lasalle (Institut universitaire européen de Florence), Étoffes et vêtements dans l’inventaire après décès de Giovanni Maringhi, un marchand florentin à Constantinople au début du XVIe siècle
11h45 : discussion
12h30 : pause déjeuner

Le vêtement : production et circulation :

14h : Nadège Gauffre Fayolle (GAM-CRH, EHESS), Produire en urgence pour une délégation diplomatique en Savoie au XVe siècle
14h30 : Julie Claustre (LAMOP, Paris I), Un couturier parisien : le livre du tailleur Colin de Lormoye
15h : Perrine Mane (GAM-CRH, CNRS), Tailleurs et couturiers à travers l’iconographie médiévale
15h30 : pause

15h45 : Sophie Jolivet (ARTeHIS Dijon), Chapeaux, chaperons et autres couvre-chefs : une place de choix dans la garde-robe à la cour de Bourgogne
16h15 : Anne Kucab (Centre Roland Mousnier, Paris IV), Transmettre, donner, payer : les circulations du vêtement en ville à la fin du Moyen Âge
16h45 : discussion

Deuxième journée : Culture vestimentaire
Mercredi 28 septembre 2016
EHESS

Codification, transgression, usages sociaux :

9h : Christiane Klapisch-Zuber (CRH, EHESS), Les contrôles du luxe vestimentaire à Florence (XIVe siècle
9h30 : Philippe Bon (Château-musée Charles VII, Mehun-sur-Yèvre), Vêtir le prince. Un exemple : Jean de France, duc de Berry
10h : Mathieu Arnoux (GAM-CRH, EHESS/Paris VII), Nécessité et statut social : le curé Arlotto et ses manteaux (Florence, seconde moitié du XVe siècle)
10h30 : pause

10h45 : Michel Pastoureau (EPHE), La couleur des vêtements médiévaux : de la teinture à l’emblème
11h15 : Danièle Alexandre-Bidon (GAM-CRH, EHESS), Drôles d’habits : vêtements d’animaux familiers, de poupées et de statues
11h45 : discussion
12h30 : pause déjeuner

Imaginaire, héritage et réinterprétations :

14h : Maxime Perbellini (GAHOM-CRH, EHESS), « Laide comme une sorcière » ? Vêtir et dévêtir le péché dans les imaginaires médiévaux et modernes
14h30 : Florence Valantin (GAM-CRH, EHESS), Réinventer le Moyen Âge : textiles lyonnais néogothiques des XIXe et XXe siècles
15h : pause

15h15 : Sébastien Passot (Chercheur indépendant, costumier), Enjeux et contraintes du costume de scène et de cinéma : entre historicité et efficacité dramaturgique
15h45 : Yohann Chanoir (GAM-CRH, EHESS), Quand la Nouvelle Vague habillait le Moyen Âge. Le vêtement médiéval dans le cinéma de Rohmer, Bresson et Rivette
16h15 : discussion

Informations pratiques :

Comité d’organisation : Danièle Alexandre-Bidon, Nadège Gauffre Fayolle, Perrine Mane, Mickaël Wilmart

Lieux :

  • La première journée se déroulera à la Tour Jean sans Peur, 20 rue Étienne Marcel, 75002 Paris.
  • La seconde journée aura lieu à l’EHESS, salle Denis Lombard, 96 bd Raspail, 75006 Paris.

Inscription obligatoire (merci de préciser pour quelles journées) : colloque.vetement2016@gmail.com

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Publication – « État, minorités religieuses et intégration », éd. J. V. Tolan, I. Jablonka, N. Jaspert, J.-P. Schreiber

Judaïsme, christianisme, islam ont en Europe une histoire millénaire. Ces monothéismes se différencient par leur poids respectif, par les moments de leur inscription sur le continent et par leurs inégaux rapports avec le pouvoir : le christianisme a été adopté par un très grand nombre d’habitants et est devenu – avec d’importantes variations selon les lieux et les époques – une religion officielle, faisant face, dès lors, à des religions minoritaires. La structuration du continent en États et la division du christianisme lui-même, entre le Moyen Age et le XVIe siècle, ont placé les minorités dans une situation souvent instable et douloureuse. Ainsi s’expliquent, pour partie, la lutte contre les « hérésies », les guerres de religion, l’expulsion des juifs de plusieurs royaumes européens (et aussi l’expulsion de Musulmans de la Sicile et de la péninsule ibérique), la « question juive » au XIXe siècle et jusqu’à la Shoah. C’est ce passé que réveille, depuis la fin du XXe siècle, le débat sur la place de l’islam et les manières de manifester sa foi dans l’espace public.

dIS-9782503564999-1

Les 13 études réunies dans ce volume étudient les manières dont les États ont traité leurs minorités religieuses. On y voit des politiques diverses envers des minorités religieuses– répression, encadrement, intégration, tolérance, laïcité, indifférence – ainsi que de diverses manières dont les minorités ont accueilli les exigences de la majorité. La relation n’est pas unilatérale : au contraire, les politiques étatiques donnent lieu à des résistances, des négociations (sur le plan légal, politique, culturel, etc.) ou compromis. À l’aide d’exemples précis et originaux, on voit comment les acteurs – États, institutions religieuses, élites, fidèles – interagissent, tentent de se convaincre, s’influencent pour transformer des pratiques, mettre au point des normes communes et inventer un terrain d’entente, sachant que la dimension confessionnelle des majorités et des minorités « religieuses » n’embrasse pas la totalité de l’identité de chaque citoyen.

Informations pratiques :
J. V. Tolan, I. Jablonka, N. Jaspert, J.-P. Schreiber (éd.), État, minorités religieuses et intégration, Turnhout, Brepols, 2016 (Religion and Law in Medieval Christian and Muslim Societies , 6). 229 p., 15 b/w ill., 2 b/w tables, 156 x 234 mm. ISBN: 978-2-503-56499-9. Prix : 75 euros.

Source : Brepols

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Colloque – L’Église des laïcs. Attentes et objectifs de l’investissement dans le sacré (XIVe -XXe siècle)

Ce colloque analyse la participation des laïcs dans les activités ecclésiastiques dans la longue durée, avec l’objectif d’interroger le degré et la nature du contrôle exercé par ses acteurs sur les institutions religieuses et les usages qu’ils en font, en partant des retours qu’ils attendent de leurs investissements. L’enjeu est d’appréhender les inflexions et les rythmes de l’imbrication des dimensions religieuses et mondaines de leurs actions dans un monde qui n’a pas toujours été sécularisé et régi par une distinction entre une « Église » dirigée par le clergé et le monde laïc.

Eglise des laïcs

On espère ainsi remettre en perspective la rupture de la sécularisation des sociétés modernes, en proposant une histoire doublement comparée de ces activités, en élargissant l’analyse à l’Europe et aux Amériques et en offrant des points de comparaison dans d’autres confessions et d’autres religions. Les interventions interrogeront les recompositions du rapport entre clercs et laïcs au XIXe siècle, la question des vocations et du placement en religion, la promotion et les usages de l’honneur et de la mémoire familiale par le biais d’institutions religieuses, les activités de charité ou le financement des missions.

Programme : ici

Informations pratiques :

4 juillet – 6 juillet 2016
Madrid

Coord. : Aliocha Maldavsky (Université Paris Ouest Nanterre La Défense), Francisco Garcia Gonzalez (Universidad de Castilla-La Mancha)

Org. : École des hautes études hispaniques et ibériques (Casa de Velázquez, Madrid), Université Paris Ouest Nanterre La Défense, UMR 8168 (Mondes américains, Paris)

Coll. : EA 4705 (ERIAC, Université de Rouen Normandie), UMR 6258 (CERHIO, CNRS), UMR 8168 (Mondes américains, Paris), UMR 8596 (Centre Roland Mousnier, CNRS – Université Paris Sorbonne), Institut universitaire de France, Universidad de Castilla-La Mancha (SEHISP – Seminario de Historia de la Población)

Lieu de la manifestation :
Casa de Velázquez
C/ Paul Guinard, 3
28040 Madrid

Entrée libre et gratuite

Source : Casa de Velasquez

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Appel à contribution – Le discours de légitimation : construire la légitimité politique, de l’Antiquité à nos jours

Cette journée d’étude a pour objectif d’étudier les constructions discursives utilisées par les pouvoirs politiques en vue d’asseoir leur légitimité. Le propos porte sur le temps long, afin de repérer des points communs, sans oublier de souligner les éventuelles différences dans les stratégies employées. L’instrumentalisation de l’art, la réécriture du passé, le choix de vocabulaire, et bien d’autres techniques, participent à cette construction d’un pouvoir légitime. Il convient non seulement de repérer ces choix éminemment politiques, mais aussi d’en mesurer la réception et l’acceptation parmi les populations visées. Les échecs d’un pouvoir à se faire reconnaître comme légitime ne sont pas moins intéressants. Les travaux en histoire, en histoire de l’art et en sociologie sont invités à se répondre pour dresser un état des lieux constructif de ces discours de légitimation des pouvoirs politiques, de l’antiquité à nos jours.

Version complète de l’appel : ici

Les propositions seront envoyées en format Word (.doc et .docx), OpenOffice (.odt) ou pdf, et ne devront pas dépasser les 2 pages (3500/4000 signes).

Elles seront accompagnées d’une brève bibliographie et des coordonnées institutionnelles. L’envoi sera fait avant le 30 juin à l’adresse suivante : journee.legitimation@gmail.com.

Un retour sur l’examen des candidatures sera donné en juillet. La journée d’étude aura lieu le 22 octobre 2016.

Pré-programme :

9h15 – Accueil des participants
9h45 – « Construire la légitimité politique. Remarques préliminaires »

Première session : Mettre en avant les vertus du pouvoir (10h15-11h45)
Deuxième session : Légitimer le changement (13h30-15h30)
Troisième session : Réceptions du discours, contestations de la légitimité (16h-17h30)

Comité scientifique :
Marie-Françoise Baslez, professeur des universités, Paris Sorbonne
Christian Le Bart, professeur des universités, Rennes I
Frédérique Lachaud, professeur des universités, université de Lorraine

Comité organisateur :

Paul Cormier (Sociologie politique)
Xavier Gilly (Histoire Moderne)
Michaël Girardin (Histoire Ancienne)
Guillaume Pollack (Histoire Contemporaine)

Source : Calenda

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Publication – « The divorce of King Lothar and Queen Theutberga. Hincmar of Rheims’s De divortio », Edited by Rachel Stone and Charles West

In the mid-ninth century, Francia was rocked by the first royal divorce scandal of the Middle Ages: the attempt by King Lothar II of Lotharingia to rid himself of his queen, Theutberga and remarry. Even ‘women in their weaving sheds’ were allegedly gossiping about the lurid accusations made. Kings and bishops from neighbouring kingdoms, and several popes, were gradually drawn into a crisis affecting the fate of an entire kingdom.

This is the first professionally published translation of a key source for this extraordinary episode: Archbishop Hincmar of Rheims’s De divortio Lotharii regis et Theutbergae reginae. This text offers eye-opening insight both on the political wrangling of the time and on early medieval attitudes towards magic, penance, gender, the ordeal, marriage, sodomy, the role of bishops, and kingship.The translation includes a substantial introduction and annotations, putting the case into its early medieval context and explaining Hincmar’s sometimes-dubious methods of argument.

9780719082962

Table des matières :

Introduction
1. The political background
2. Hincmar of Rheims
3. De Divortio
4. Law and justice
5. Penance and confession
6. Christian marriage and Frankish society
7. Theutberga’s offences
8. Magic, witchcraft and the workings of the devil
9. Kingship and bishops
10. Aftermath
11. Conclusion
The text
Bibliography
Index

Informations pratiques :
The divorce of King Lothar and Queen Theutberga. Hincmar of Rheims’s De divortio, edited by Rachel Stone and Charles West, Manchester, Manchester University Press, 2016 (Manchester Medieval Sources). Pages: 368. ISBN: 978-0-7190-8296-2. Price: £19.99.

Source : Manchester University Press

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Enquête – Enquête COSME sur les corpus numériques des médiévistes

COSME continue ses travaux. Nous vous tiendrons au courant, sous peu, ici-même, de leur évolution.

COSME

Par ailleurs, nous voudrions dresser un état des lieux du paysage des corpus numériques mis en place par les chercheurs et les équipes en France, inédits comme édités, sources comme travaux… Nous avons pour objectif de publier cet inventaire ici. Celui-ci permettra de constater la diversité du paysage des corpus de médiévistes, de visualiser les corpus à soutenir matériellement et financièrement et de mieux prévoir la mise en lien de tous (« interopérabilité »).

Nous proposons à tout chercheur/toute équipe intéressée de remplir le formulaire de l’enquête (longue ou courte, format libre) accessible via le lien ci-joint :

http://goo.gl/forms/lCU4RapfqN08cXJ42

La clôture de l’enquête est fixée au 27 août 2016.

Source : COSME

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