Web – La bibliothèque de Clairvaux entièrement numérisée

La bibliothèque médiévale de Clairvaux, classée Mémoire du Monde de l’Unesco en 2009, a été reconstituée sur une plateforme numérique unique, sous le nom de Bibliothèque Virtuelle de Clairvaux (BVC). Le site www.bibliotheque-virtuelle-clairvaux.com sera inauguré mardi 13 octobre, à la Bibliothèque nationale de France (BnF).

Clairvaux - IRHTCette bibliothèque virtuelle donne un accès en ligne gratuit à la totalité du fonds médiéval de l’ancienne abbaye cistercienne, soit 1 150 manuscrits dont près d’un millier est conservé au sein de la Médiathèque du Grand Troyes. Le reste est préservé dans plusieurs bibliothèques prestigieuses d’Europe (Londres, Florence, Budapest, etc.).

Lancée à l’occasion des 900 ans de l’abbaye de Clairvaux, la BVC permet de consulter cette collection exceptionnelle, qui contient notamment la Grande Bible de Clairvaux, chef d’oeuvre de l’art du livre cistercien (xiie siècle) et les Lettres d’Héloïse et Abélard (copiées vers 1500 par le bibliothécaire de Clairvaux). La Bibliothèque virtuelle de Clairvaux intègre également des feuilletoires, lesquels donnent l’opportunité de tourner les pages des manuscrits et de zoomer.

Ce site est le fruit de 6 ans de travail minutieux mené par la Médiathèque du Grand Troyes, avec le soutien du Ministère de la Culture et de la Communication, l’Equipex Biblissima et l’Agence nationale de la Recherche. La Bibliothèque nationale de France a, quant à elle, apporté son expertise et son concours en matière de numérisation. La création de la BVC s’inscrit en outre dans un partenariat avec l’Institut de Recherche et d’Histoire des Textes, qui travaille depuis plusieurs décennies sur la bibliothèque de Clairvaux.

Pour la Médiathèque du Grand Troyes, ce projet remarquable s’est aussi révélé l’opportunité d’établir de nouveaux partenariats avec les différentes bibliothèques conservant une partie de la collection à travers l’Europe.

Un site ludique

Plusieurs contenus pédagogiques et ludiques portant sur le manuscrit, de son origine à nos jours, sont proposés sur la plateforme BVC. Accessibles aux enfants et adultes, ces « ateliers thématiques » permettent, par exemple, de s’informer grâce à des questionnaires à choix multiples très graphiques sur la manière dont travaillaient copistes et enlumineurs. Un jeu sur l’univers des manuscrits (jeu d’enquête avec des objets à retrouver dans une scène donnée) est également disponible sur la page Facebook de la BVC.

L’abbaye de Clairvaux : quelques repères historiques

1115 : fondation de l’abbaye par saint Bernard
Fin du 12e siècle : la bibliothèque de Clairvaux compte plus de 350 volumes et devient une des grandes bibliothèques d’Occident
1472 : sous l’abbatiat de Pierre de Virey, un catalogue recensant 1745 volumes est réalisé
1790-1795 : – nationalisation de la bibliothèque de Clairvaux, qui comprend 2 000 à 2 500 volumes manuscrits et 31 000 imprimés ; – transfert des collections à Troyes
1940 : début des travaux d’André Vernet, de l’Institut de Recherche et d’Histoire des Textes sur la bibliothèque de Clairvaux
1979 : début d’une opération de catalogage scientifique de la bibliothèque de Clairvaux
2009 : inscription des 1150 manuscrits subsistants au registre Mémoire du Monde de l’Unesco

Source : IRHT

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Publication – Victoria Smirnova, Marie Anne Polo de Beaulieu and Jacques Berlioz (éd.), « The Art of Cistercian Persuasion in the Middle Ages and Beyond. Caesarius of Heisterbach’s Dialogue on Miracles and its Reception »

Edited by Victoria Smirnova, Marie Anne Polo de Beaulieu and Jacques Berlioz

Focusing on the theory and practice of Cistercian persuasion, the articles gathered in this volume offer historical, literary critical and anthropological perspectives on Caesarius of Heisterbach’s Dialogus Miraculorum (thirteenth century), the context of its production and other texts directly or indirectly inspired by it. The exempla inserted by Caesarius into a didactic dialogue between a monk and a novice survived for many centuries and travelled across the seas thanks to rewritings and translations into vernacular languages. An accomplished example of the art of persuasion —medieval and early modern— the Dialogus Miraculorum establishes a link not only between the monasteries, the mendicant circles and other religious congregations but also between the Middle Ages and Modernity, the Old and the New World.

Césaire d'Heisterbach - Brill

Table des matières : ici

Informations pratiques :
Victoria Smirnova, Marie Anne Polo de Beaulieu and Jacques Berlioz (éd.), The Art of Cistercian Persuasion in the Middle Ages and Beyond. Caesarius of Heisterbach’s Dialogue on Miracles and its Reception, Brill, 2015 (Studies in Medieval and Reformation Traditions, 196). ISBN13: 97890043048263. Expected Date: November 2015. Prix : 115 euros.

Source : Brill

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Colloque – Flesh, Gold and Wood. The Saint-Denis altarpiece in Liège and the question of partial paint practices in the 16th century

The recent treatment of the Brussels altarpiece of the Church of St Denis in Liège by the KIK-IRPA has yielded much new information on the genesis and execution of this unique and monumental work of art. Above all, it has uncovered a partial polychromy that is exceptional in the context of the former Netherlands and the Prince-Bishopric of Liège in the 16th century. This unexpected discovery raises questions about the use of this type of polychromy in these regions. The conference will consider the new findings on this altarpiece and discuss the issues raised. The discovery of partial polychromy will also be placed in the context of European tradition (and that of German-speaking countries in particular). A comparison with analogous practices on other supports than wood will facilitate the exploration of these topics in depth and to reflect on their formal implications for sculpture.

flesh, Gold and WoodLe récent traitement par l’IRPA du retable bruxellois de l’église Saint-Denis à Liège a fourni une riche moisson d’informations nouvelles sur la genèse et la mise en œuvre de cette pièce monumentale unique. Elle a surtout mis en évidence une polychromie partielle tout à fait exceptionnelle dans le contexte des Pays-Bas et de la principauté de Liège au xvie siècle. Cette découverte inattendue interpelle sur la place de ce type de polychromie dans ces régions. Le colloque fera le point sur les connaissances aujourd’hui largement renouvelées qui touchent à ce retable autant que sur les mystères qui continuent à l’entourer. La réunion contextualisera d’autre part la découverte de cette semi-polychromie en s’attachant à l’ampleur de ce phénomène en Europe (et singulièrement dans les pays germaniques). Un comparatisme avec des pratiques analogues en usage sur d’autres supports que le bois permettra de réfléchir à ses enjeux et à ses implications formelles pour la sculpture.

Programme : ici

Informations pratiques :
22-24 octobre

Institut royal du Patrimoine artistique, parc du Cinquantenaire1
BE-1000 Bruxelles

Source : KIK-IRPA

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Publication – Savoirs et savoir-faire comptables au Moyen Âge. Actes de la table ronde internationale de Lille (6-7 octobre 2011)

Patrice Beck et Christine Jehanno, dir., Savoirs et savoir-faire comptables au Moyen Âge. Actes de la table ronde internationale de Lille (6-7 octobre 2011), revue Comptabilité(s). Revue d’histoire des comptabilités, 7, 2015.

La revue accueille toute recherche portant sur l’histoire et l’archéologie des documents comptables, des institutions qui les commanditent et des personnes qui les réalisent. Elle reçoit dossiers thématiques, articles de fonds et méthodologiques, éditions commentées de documents, comptes-rendus de thèses, de rencontres et d’ouvrages, notes d’actualités. Elle publie des textes dans toutes les langues européennes et les accompagne de résumés en français, anglais, allemand, espagnol.

Compta-ImageTable des matières :

Patrice Beck – Éditorial [Texte intégral]
Patrice Beck – Savoirs et savoir-faire comptables au Moyen Âge : propos introductifs [Texte intégral]

Articles

Gérard Minaud – Les outils comptables et leurs agents dans la littérature occidentale, du VIe au VIIIe siècle [Texte intégral]

Marc Bompaire – Compter au XIIIe siècle avec la diversité des monnaies : livres, sous et deniers [Texte intégral]
Jean-Baptiste Santamaria – Savoirs, techniques et pratiques comptables dans l’administration des Pays-Bas bourguignons, fin XIVe-début XVe siècle [Texte intégral]
Jean-Marie Yante – L’application des tarifs. Rigueur, approximation ou souplesse ? À propos de comptes de péages lorrains et luxembourgeois (XVe-XVIe siècles) [Texte intégral]
Christine Jéhanno – Les comptes médiévaux avaient-ils vocation à être exacts ? Le cas de l’Hôtel-Dieu de Paris [Texte intégral]
Matthieu Leguil – Le châtelain, le compte et le clerc. Les acteurs de la reddition des comptes de châtellenie en Bourgogne aux XIVe et XVe siècles, d’après l’exemple du bailliage d’Auxois [Texte intégral]
Sylvie Bepoix – Le savoir-faire comptable des receveurs du comté de Bourgogne au XVe siècle : fiabilité des chiffres et des opérations [Texte intégral]
Didier Boisseuil, Pascal Chareille, Leturcq Samuel et Stanley Théry – Contrôle et self-control dans les comptes de la ville de Tours (milieu XIVe-XVe siècle) [Texte intégral]
Philippe Bernardi – L’enregistrement des dépenses pontificales : calculs et pratiques comptables à Avignon au XIVe siècle [Texte intégral]
Sandrine Victor – Quantifier, compter, se tromper : le quotidien comptable des fabriques en Catalogne à la fin du Moyen Âge [Texte intégral]
Pierre Jaillard et Aude Wirth-Jaillard – Regards d’aujourd’hui sur les comptabilités médiévales : des chambres des comptes à la Cour des comptes [Texte intégral]

Christine Jéhanno – Savoirs et savoir-faire comptables au Moyen Âge : conclusion et perspectives [Texte intégral]

Varia

Antoine Fersing – Carrières des officiers et influence politique d’une institution d’État : la chambre des comptes de Lorraine (milieu du XVIe siècle – 1633) [Texte intégral]

Source : Comptabilités

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Offre d’emploi – Smithsonian Institution History of Art Fellowships

Applications for the 2016 Smithsonian Institution Fellowship Program are now open !

Background

The Smithsonian Institution Fellowship Program  is the Smithsonian Institution’s centrally-funded flagship fellowship program. SI Fellowships are awarded annually to scholars wishing to conduct independent study or research at one or more of the Smithsonian’s 19 units and research centers. These fellowships are offered through the Smithsonian’s Office of Fellowships and Internships, and are administered under the charter of the Institution, 20 U.S. Code section 41 et seq.

Enid A. Haupt Garden

Purpose

The Smithsonian Institution Fellowship Program supports independent research and study related to Smithsonian facilities, experts, or collection for the increase and diffusion of knowledge.

Program description

Smithsonian Institution Fellows conduct independent study and research related to SI collections, experts, or facilities in cooperation with at least one Smithsonian advisor. The Smithsonian Institution Fellowship Program is administered through the Smithsonian Office of Fellowships and Internships (OFI).

The Smithsonian Institution Fellowship Program is open to:
1. Graduate Students
2. Predoctoral Student
3. Postdoctoral Researchers and
4. Senior Researchers

More info on Smithsonian OFI

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Appel à contribution – Cultures de l’autre : rencontre, échange, rejet

Les études médiévales ont souvent donné du Moyen Âge l’image de sociétés unifiées par leur religion et leur culture, ou même repliées sur elles-mêmes. Pourtant l’autre et sa culture ont toujours intéressé les hommes et femmes du Moyen Âge.

En littérature, la confrontation à la figure de l’autre et à sa culture produit des portraits stéréotypés ou peut devenir le ferment d’une interaction positive. Comment rencontre-t-on l’autre dans la littérature du Moyen Âge ? Certains genres littéraires particuliers favorisent la mise en scène de ces rencontres. Quel rôle jouent-elles alors dans les dynamiques narratives ? Quels registres littéraires la culture de l’autre fait-elle surgir ? L’autre peut-il susciter l’admiration, et devenir matrice littéraire féconde ou bien n’est-il appréhendé que sous l’angle du rejet et de la méfiance ? Cette ambivalence, sensible dans La Chanson de Roland, en ce qui concerne les païens, mérite d’être interrogée. On s’intéressera aussi aux façons de décrire l’autre : réseaux lexicaux, métaphores, et à leurs effets sur le lecteur. Quel rôle jouent alors ces échanges dans la logique interne de l’œuvre littéraire ? On pourra adopter une perspective poétique : comment l’autre intervient-il dans l’œuvre ? Par le biais de récits enchâssés, ou d’une intertextualité telle la Disciplina clericalis qui emprunte à l’arabe ? On pourra également adopter une perspective comparatiste pour cartographier les territoires littéraires accueillant ces préoccupations : cet intérêt se rencontre-t-il uniformément dans les textes ou ne concerne-t-il que certains genres de textes ? Et qu’en est-il de la périodisation ? Est-ce que la rencontre avec l’autre a, en littérature, une histoire ?

D’un point de vue historique, on tentera de s’attacher aux aspects concrets qui constituent l’altérité. Au-delà de la notion de culture, y a-t-il des marqueurs privilégiés qui distinguent cet autre ? Religion, langue, vêtements, alimentation… différentes grilles de lectures peuvent apparaître lorsqu’il s’agit de caractériser celui qui est perçu différemment. Quels sont alors les critères de description qui paraissent les plus évidents et que nous disent-ils sur les perceptions de ceux qui les formulent ? Deux questions pourront alors se poser. Tout d’abord, alors que la rencontre est parfois lue à travers une épistémè propre à l’histoire de l’expansion européenne, en quoi la perception de l’autre au Moyen Âge est-elle singulière ? Par ailleurs, les rencontres étaient-elles nécessairement valorisées par leurs protagonistes et par les sociétés dans lesquelles ils s’inscrivaient ? C’est donc à partir d’éléments concrets que nous aimerions dépasser le caractère marginal de la rencontre avec l’autre pour comprendre son sens dans les sociétés médiévales.

Enfin la mise en scène de la culture de l’autre est aussi porteuse d’une vision symbolique qui prend valeur d’anthropologie littéraire. Est-elle au service d’un rejet systématique dans une perspective axiologique ? Dans son étude du Perceforest, Sylvia Huot interroge la place occupée dans le roman par la référence à l’Antiquité dans l’élaboration d’une identité nouvelle et chrétienne. La pensée d’Edward Saïd sur la construction imaginaire de l’Orient, ou l’Ailleurs païen dans le Perceforest, pourrait ici être convoquée, ne serait-ce que pour la questionner. Simon Gaunt est récemment revenu sur la notion de diversité chez Marco Polo, suivant les théories des post-colonial studies : qui parle de la culture de l’autre ? L’européen chrétien, qui contrôle la voix narrative, ou l’autre qui rend l’œuvre polyphonique et questionne les schémas de l’occident chrétien ?

Il s’agira donc, à travers une exploration vaste n’excluant, a priori, aucune ère géographique, de l’orient méditerranéen à la Scandinavie de se pencher sur les espaces, les sociétés, les œuvres et les discours où s’est posée, ou imposée, la question de la relation à l’autre dans sa dimension culturelle. La culture de l’autre en fait-elle nécessairement un estrangier rejeté ?

Les contributions à ce thème transdisciplinaire prendront la forme de communications de vingt minutes lors des séminaires de novembre et décembre (18h-20h, Maison de la Recherche de la Sorbonne). QUESTES est une association s’adressant aux jeunes chercheurs. Les propositions sont à envoyer à paulineguena@hotmail.fr et v.griveau.genest@gmail.com avant le 20 octobre 2015.

Source : Questes

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Appel à contribution – Mémoires de Trajan, mémoires d’Hadrien

L’année 2017 marquera le dix-neuvième centenaire de la mort de l’empereur Trajan et de l’accession au principat de son parent Hadrien. À l’occasion de cet anniversaire, nous souhaiterions étudier lors d’un colloque les mémoires contrastées et complexes de ces deux empereurs romains. Cette manifestation se déroulera les jeudi 28 et vendredi 29 septembre 2017 à l’université de Lille SHS-Lille 3. Elle s’inscrira dans la continuité de plusieurs événements et programmes scientifiques qui ont récemment marqué la région : le séminaire « Réception de l’Antiquité » de l’École doctorale SHS Lille Nord de France (depuis 2010), l’exposition « Hadrien, empereur » à la villa Marguerite Yourcenar (2011), l’exposition « Rome en pays nervien » à Ath et Bavay (2015), ou encore la journée d’étude « L’empereur Auguste et la mémoire des siècles » organisée à l’université d’Artois (mars 2015). Il s’inscrit dans les thèmes de recherche des principales équipes partenaires : le laboratoire « Histoire, archéologie et littérature des mondes anciens » (HALMA, UMR 8164, CNRS-Université de Lille SHS-Lille 3), l’unité de recherche « Histoire, langues, littérature et interculturel » (HLLI, EA 4030, Université du Littoral Côte d’Opale, Boulogne-sur-Mer), et l’équipe « Littératures et représentations de l’Antiquité et du Moyen Âge » (CELIS, EA 1002, Université Blaise-Pascal, Clermont-Ferrand).

Mémoires de Trajan, Mémoires d'HadrienÀ première vue, tout oppose la manière dont on s’est souvenu de Trajan et celle dont on s’est souvenu d’Hadrien. Le premier est apparu de son vivant comme « le meilleur des empereurs » : les textes des périodes ultérieures le présentent comme un prince conquérant, désireux d’étendre les frontières de l’Empire. Hadrien a connu des fortunes et des réputations plus contrastées, mais on peut dire que globalement son image est souvent symétriquement opposée à celle de Trajan : esthète, ami des arts et de la culture hellénique, il est parfois présenté comme efféminé, sa relation avec Antinoüs suscitant des réactions très diverses selon les périodes et les milieux ; il est aussi présenté par l’historiographie comme celui qui, à l’inverse de Trajan, a mis fin à l’expansion territoriale et a retranché l’Empire romain derrière le limes. Ainsi il semble que ces deux empereurs aient été pensés, et surtout pensés ensemble, dans l’historiographie comme dans les arts et la littérature, comme des modèles de prince diamétralement opposés : viril contre efféminé, conquérant contre prudent, ami du Sénat contre meurtrier des « quatre consulaires », ouvert contre calculateur, mais aussi soldat contre esthète, simple contre intelligent, voire Romain contre Grec. Trajan le Romain, défenseur du mos maiorum, a pu être vu comme le symétrique d’Hadrien, le « petit Grec » (graeculus).

Pourtant, bien des traits rapprochent ces deux personnages, et leur mémoire a pu garder trace de ces points communs. Tous deux descendants de colons romains implantés en Bétique, ils sont les premiers Romains provinciaux à accéder à l’Empire. Ils sont parents, et ce trait n’est pas anecdotique : au moment de la succession de 117, la logique de la parenté l’a emporté sur le discours sur l’optimus princeps. Tous deux ont enfin reçu une formation militaire : ce qui semble évident pour Trajan est aussi vrai d’Hadrien, qui a accompli trois milices et a participé à bien des campagnes.

Ces deux mémoires, bien souvent pensées ensemble, ont sans doute été actives dès les premiers moments du règne d’Hadrien, et elles se poursuivent jusqu’aux productions les plus récentes, qu’il s’agisse de discours savants (historiographie), d’œuvres d’art (littérature en particulier) ou de médiation culturelle (muséographie, expositions). Nous souhaiterions par conséquent étudier la mémoire de ces deux empereurs au cours de l’ensemble des périodes qui s’étendent entre 117 et 2017. Le colloque sera donc résolument pluridisciplinaire : il réunira entre autres des littéraires, des historiens, des historiens de l’art et des archéologues. Les communications pourront s’attacher à la mémoire d’un des empereurs en particulier, mais nous retiendrons en priorité celles qui proposeront une approche croisée de leurs mémoires.

Parmi les moments et les phénomènes sur lesquels on pourra mettre l’accent, on mentionnera sans exclusive :

  • La fortune de l’appellation optimus, accordée à Trajan, que l’on pourra contraster avec la mauvaise réputation qui a longtemps été le lot d’Hadrien. Il serait intéressant d’observer à partir de quand l’historiographie a considéré Hadrien comme un « bon empereur » et l’a pleinement intégré au discours positif sur le « Siècle des Antonins ».
  • L’entretien de la mémoire de Trajan par Hadrien, et des deux empereurs (mais aussi, dans une certaine mesure, de leurs épouses et de leurs parentés) par leurs successeurs qui ont pu se réclamer d’eux : à travers l’épigraphie, la monnaie ou le culte impérial, la reprise d’éléments de leur nom et de leur titulature.
  • La question de la personnalité des deux empereurs, en particulier les approches genrées de leurs personnalités, dans l’historiographie comme dans les arts. L’épisode Antinoüs tient une place essentielle dans ces considérations. La question de l’homosexualité et de son traitement dans les siècles ultérieurs (en particulier au XXe siècle) est intéressante, car elle concerne les deux empereurs, avec des portraits souvent très différents. Même leur pilosité peut s’avérer intéressante ! Le « viril » Trajan est (comme ses prédécesseurs) glabre, alors qu’Hadrien est (comme ses successeurs) barbu. Toutes les périodes sont ici concernées. Cette question peut être rapprochée de celle de leur rapport à l’art : Antinoüs a aussi à voir avec l’art, et Trajan ne s’en désintéressait pas, comme en témoigne le soutien apporté à Apollodore de Damas. Dans la continuité du rapport à l’art, on pourra se pencher sur leur rapport à l’humanisme, à la romanité et à l’hellénisme. Ici aussi, la pilosité peut être convoquée !
  • L’épisode de la succession de 117. Ce moment problématique a été traité de manières très diverses : il a pu être l’occasion de louer l’intelligence politique d’Hadrien, ou au contraire à le présenter comme un calculateur sans scrupules. Le roman Mourir à Sélinonte de François Fontaine (1984), mais aussi son pastiche Douze autres Césars (1985), sont des exemples intéressants de ce traitement, mais bien d’autres existent sans doute.
  • L’Histoire Auguste (IVe siècle), qui contient la première biographie d’Hadrien qui nous soit parvenue, et qui commence précisément à la mort de Trajan.
  • L’émergence à la fin de l’Antiquité et au début du Moyen Âge d’une mémoire chrétienne de Trajan et, dans une bien moindre mesure, d’Hadrien, en particulier dans l’hagiographie des martyrs et la mémoire des persécutions. Cette mémoire est complexe puisque Trajan est en général reconnu jusque dans l’historiographie moderne comme un persécuteur « modéré » des chrétiens, peut-être par contraste avec son homonyme du IIIe siècle Trajan Dèce, persécuteur par excellence. Cette expression curieuse devra bien sûr être questionnée. Hadrien de son côté est-il effectivement quasi ignoré des auteurs chrétiens du Moyen Âge ? et dans ce cas, pourquoi ?
  • L’émergence et les avatars d’une seconde mémoire chrétienne de Trajan, très différente de la première. Sauvé et admis au paradis grâce aux larmes du pape Grégoire le Grand, Trajan devient l’un des deux seuls païens que Dante admet dans son paradis. La fortune théologique et littéraire de cet épisode est immense.
  • L’existence d’un mémoire juive de ces deux empereurs. Tous deux ont été amenés à réprimer des révoltes juives, mais c’est surtout Hadrien qui est resté dans le souvenir des communautés juives : il est en effet un des seuls empereurs romains à être mentionné par son nom dans le Talmud.
  • La conservation au cours du haut Moyen Âge de pans aujourd’hui jugés fondamentaux de ces deux mémoires. Comme le rappelle Jean Stengers (Vertige de l’historien, Bruxelles, 1998), des textes aussi essentiels que le Panégyrique de Trajan, la correspondance de Pline le Jeune, ou encore l’abrégé de Dion Cassius par Jean Xiphilin ne sont connus que par des manuscrits uniques.
  • Tous les deux étaient des chefs militaires, mais l’un a été associé à la guerre d’expansion, l’autre à la pax Romana et au limes. La question des stratégies des deux empereurs dans l’historiographie pourra donc être abordée : leurs stratégies étant souvent présentées comme opposées, quand cette idée est-elle apparue ? et a-t-elle été contestée ?
  • La mémoire de Trajan et d’Hadrien bâtisseurs, reflétée par des monuments visibles au cours des dix-neuf siècles écoulés depuis. Trois monuments sont ici particulièrement importants : la colonne Trajane d’une part, le mur d’Hadrien et la villa de Tivoli de l’autre. On notera ainsi avec intérêt que, pendant de nombreux siècles, le mur qui coupe en deux l’île de Bretagne a été attribué à Septime Sévère : il y a donc eu à l’époque moderne une redécouverte d’une mémoire oubliée d’Hadrien, que ne conservait qu’un bref passage de l’Histoire Auguste. À ces trois monuments, on en ajoutera un quatrième, le Panthéon, qui symbolise à la fois la continuité et les ruptures entre les deux empereurs : envisagé par Trajan, réalisé par Hadrien, il aurait été critiqué par Apollodore. Pour chacun de ces monuments, on pourra en particulier se pencher sur les dessins, tableaux et gravures qui les ont représentés au fil des siècles.
  • Les représentations figurées des deux princes. Statues ou tableaux ont pu représenter l’un ou l’autre des empereurs. Comment la figure du prince est-elle représentée dans l’art, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours ?
  • L’œuvre de Marguerite Yourcenar. Le portrait de Trajan y est beaucoup moins positif que celui qu’en font la plupart des auteurs antérieurs. Au contraire, Hadrien se trouve en quelque sorte réhabilité par les Mémoires d’Hadrien. Un tel croisement des courbes de popularité, si l’on ose l’expression, est-il antérieur à Yourcenar ou participe-t-il de la réception du roman ?
  • Trajan et Hadrien au cinéma, dans la bande dessinée et dans toutes les formes artistiques relevant de la culture populaire. Curieusement, malgré des règnes riches en événements, Trajan et Hadrien n’ont guère inspiré Hollywood : John Boorman travaillerait depuis de nombreuses années à une adaptation des Mémoires d’Hadrien, mais elle n’a pas encore vu le jour. Le cinéma européen ne semble guère avoir abordé ces deux personnages : un passage du film de Xavier Beauvois, Souviens-toi que tu vas mourir, évoque le Panthéon et la villa de Tivoli. On pourra toutefois s’intéresser aux documentaires et aux téléfilms, qui semblent avoir plutôt porté sur Hadrien que Trajan. Dans la bande dessinée, on peut mentionner Le Bouclier de Mars, de Gilles Chaillet, chez Glénat. Pour l’anecdote, on notera que le nom « Trajan » est aussi utilisé en typographie pour désigner une police de caractères, souvent utilisée dans les affiches de cinéma et les génériques.

Les communications présentées lors du colloque de Lille s’inscriront dans un temps de parole d’environ 30 minutes, discussion comprise.

Pour proposer une communication, vous pouvez envoyer à Alban Gautier (alban.gautier@univlittoral.fr) les éléments suivants :
– titre de la communication ;
– bref résumé (une demi-page maximum) ;
– bref CV (affiliation, principales publications, adresse e-mail, site web).

Merci d’envoyer vos propositions avant le 31 octobre 2015.

Organisateurs :
Stéphane Benoist (histoire romaine, Université de Lille-SHS Lille 3)
Alban Gautier (histoire médiévale, Université du Littoral Côte d’Opale, Boulogne-sur-Mer)
Christine Hoët-Van Cauwenberghe (histoire romaine, Université de Lille-SHS Lille 3)
Rémy Poignault (littérature, Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand)

Source : CRHAEL

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Séminaire – Innovation, Politique et Autorité

L’axe « Innovations » de l’IRHiS (Université Lille-III) développe une réflexion historique sur les dimensions économiques et politiques, techniques et culturelles de l’innovation appréhendée dans la longue durée. Par les changements – voire les bouleversements – qu’elle implique, l’innovation suscite l’intérêt ou la méfiance des institutions politiques, qu’il s’agisse des États, de l’Église ou des groupements professionnels, par exemple. Aussi renvoie-t-elle à la question de sa validation politique comme condition même de son existence. C’est cette question qui sera au centre du séminaire de cette année.

Innovations-300x97Programme :

Les séances ont lieu à l’IRHiS de 17h à 19h en salle de réunion

8 octobre 2015
Séminaire de rentrée

12 novembre 2015
Jérémie Barthas (CNRS, IRHiS)
« Les innovations constitutionnelles de Machiavel »

10 décembre 2015
Jean-Baptiste Santamaria (U. Lille, IRHiS)
« Innover sans l’avouer : les fondations d’institutions de la fin du Moyen Âge »

7 janvier 2016
Bert De Munck (Université d’Anvers)
« Late Medieval and Early Modern Cities as Agents of Innovation: A Critical Perspective »

4 février 2016
Audrey Millet (U. Lille, IDHES)
« Inciter, encourager et réceptionner l’innovation. Quels acteurs ? quels pouvoirs ? (1750-1850) »

3 mars 2016
Émilien Ruiz (U. Lille, IRHiS)
« Savoir-pouvoir ou pouvoir savoir ? Innovations techniques et comptage des agents publics (XIXe – XXe siècle) »

21 avril 2016
« Les pouvoirs face à l’innovation»,
séance animée par Wim Blockmans (Université de Leyde) et Alain Chatriot (Science Po Paris)

19 mai 2016
Claire Châtelain (CNRS, IRHiS)
« Justice et innovation(s) sous Louis XIV »

Source : IRHiS

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Bourse – Bourses scientifiques de la Casa de Velázquez en 2016

Conformément au décret du 10 février 2011 relatif aux Écoles françaises à l’étranger (art. 25) et au règlement intérieur de l’établissement (art. 14), les « bourses » artistiques sont des aides spécifiques accordées à des étudiants. Destinées à de jeunes chercheurs doctorants dont les travaux nécessitent un séjour dans la péninsule Ibérique.

csm_CVZ_Warm_Grey_8_negativo_fe72165977Les dossiers de candidature sont à remplir uniquement en ligne.

Accéder au formulaire de candidature : ici

Les candidatures pour l’année 2015 devront être déposées en ligne avant le jeudi 29 octobre 2015 à 15 heures.

Public : Chercheurs doctorants dont les travaux nécessitent un séjour
court en péninsule Ibérique.
Profil du candidat : Être inscrit en doctorat et présenter un projet de recherche se rapportant à l’un des domaines de compétence de l’établissement
Condition d’âge : Être majeur
Conditions de nationalité : Aucune
Durée : 1 à 3 mois consécutifs
Consulter les conditions générales d’attribution : ici

Source : Casa de Velázquez

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Offre d’emploi – Post-doctorat : Acteurs du livre et Patrimoines Textuels

Dans le cadre du projet de recherche « Acteurs du livre et Patrimoines Textuels » financé par la région Champagne-Ardenne, le Centre de Recherche Interdisciplinaire sur les Modèles Esthétiques et Littéraires (CRIMEL- URCA EA 3311) recrute un post-doctorant pour un contrat d’un an (renouvelable 1 fois) à partir de janvier 2016. Le post-doctorant devra assurer la coordination scientifique de la mise en place d’une base de données sur les collectionneurs de livres en Champagne-Ardenne et assister le porteur et les chercheurs dans les activités du programme (manifestations scientifiques, expositions, publications).

Annonce

Conditions du recrutement
Affectation au CRIMEL (EA 3311 – Université de Reims Champagne-Ardenne), résidence à Reims. Le post-doctorant devra se déplacer en région (contact avec les bibliothèques patrimoniales de Champagne-Ardenne).

Contexte de recrutement
L’objectif du projet « Acteurs du livre et Patrimoines Textuels en Champagne-Ardenne » (ALiPat – 2015-2018) est d’articuler de façon innovante la question de l’histoire du livre et des patrimoines textuels aux pratiques contemporaines du livre en région, en partenariat avec la DRAC Champagne-Ardenne, Interbibly, et les principales bibliothèques régionales. L’attention se portera particulièrement sur l’un des usages culturels et sociaux du livre, celui de la collection.

Au centre du projet se trouve une base de données sur les collectionneurs de livres imprimés et manuscrits, en Champagne-Ardenne, dans une perspective diachronique, du XVIe au XXIe siècle. Cet outil numérique scientifique inédit et interconnecté aux plates-formes patrimoniales déjà existantes permettra l’exploitation de données collectées et leur diffusion auprès d’un public large.

Différentes manifestations – déclinant thématiquement l’action centrale – permettront de mettre en lumière des acteurs, des usages et des discours de la collection de livres à des époques différentes. Le projet vise ainsi à fédérer les énergies et à mettre en réseau les connaissances en région, dans un domaine patrimonial très riche, dont il contribuera à renforcer la visibilité auprès du public régional et national.

Le dossier de candidature est à déposer le 15 novembre 2015

Contacts
• Jean-Louis Haquette (jean-louis.haquette@univ-reims.fr)
• Benoît Roux (benoit.roux@univ-reims.fr)
Le dossier de candidature sera composé
• d’un CV ;
• d’une lettre de motivation ;
• d’une copie du diplôme de doctorat et du rapport de thèse ;
• et de tout document que le candidat jugera utile pour démontrer ses compétences en matière d’histoire du livre et des bibliothèques et d’humanités numériques (administration d’une base de données notamment).

Les candidatures sont à envoyer par voie postale ou, de préférence, par voie électronique :

Adresse postale
Université de Reims Champagne-Ardenne
UFR Lettres et Sciences Humaines – CRIMEL EA 3311
A l’attention de Benoît Roux
57, rue Pierre Taittinger
51096 Reims Cedex

Adresses électroniques : le dossier est à envoyer simultanément aux deux adresses suivantes :
• jean-louis.haquette@univ-reims.fr
• benoit.roux@univ-reims.fr

Modalités de sélection des candidatures
Les candidatures seront examinées par le comité scientifique du projet. Les candidats retenus seront auditionnés dans la deuxième quinzaine de novembre.

Post-doctorat
Durée : 12 mois (2016-2017) – renouvelables une fois
Rémunération : 3330 € brut chargé / mois

Travail envisagé

A) Base de données
1) participer à la définition d’un cahier des charges pour l’harmonisation des données
2) assurer les relations avec l’entreprise chargée de la création de la base de données
3) coordonner les stagiaires de Master chargés de la collecte des informations dans les bibliothèques
patrimoniales.
4) assurer l’alimentation de la base en données
5) assurer pour partie l’administration de la base

B) Aide au pilotage du projet
Participation à la conception et à la réalisation des manifestations (plusieurs journées d’étude), des deux expositions (bibliothèque Carnegie et Médiathèque du Grand Troyes) et des publications (papier et numériques) en lien avec les activités du Centre.

Compétences requises
• Formation doctorale en littérature et/ou histoire ;
• Connaissances approfondies du domaine du livre et des bibliothèques patrimoniales ;
• Pratique des archives et/ou fonds documentaires anciens ;
• Familiarité avec les Humanités numériques (notions en matière d’encodage XML-TEI) ;
• Expérience de travail au sein d’un centre de recherche ou d’un projet scientifique.

Source : CRIMEL

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