Appel à contribution – Fortifications savantes, fortifications de savants

Huitième colloque international de Bellecroix, du 22 au 24 octobre 2021, s. dir. Jean MESQUI et Hervé MOUILLEBOUCHE

Quoi de commun entre une fortification classique telle que Neuf-Brisach, un château Renaissance comme Maulnes, une tour maîtresse romane telle que Châtillon-Coligny ? Toutes trois sont l’expression d’un tracé savant, dont la conception exige une conceptualisation dépassant l’utilisation des stéréotypes que sont le quadrangle ou le cercle. Quelles logiques, quels référentiels de doctrine ont présidé à la mise au point de ces tracés extraordinaires de l’Antiquité à l’époque moderne ? Faut-il y voir la volonté de maîtres d’ouvrages savants, érudits ou férus d’ésotérisme? Faut-il y reconnaître l’inventivité pure de techniciens poussant à l’extrême leurs doctrines, voire l’expression de leur ego d’artistes ?

On sait depuis longtemps que le Quattrocento italien, puis le XVIe siècle européen, ont été une période rêvée pour l’expression de ces élucubrations savantes de maîtres d’ouvrage et de maîtres d’œuvre, pouvant aller jusqu’au délire inventif de certains traités ; mais cette présence du sachant, voire du savant, dans la conception de l’ouvrage, ne remonte-t-elle pas bien plus haut ? Utilisait-on les traités antiques, comme ceci a été souvent affirmé, pour concevoir les ouvrages, et quelles en sont les preuves ? Peut-on imaginer qu’il y ait eu des répertoires de formes et de tracés, comme les fameux Carnets de Villard de Honnecourt pour l’architecture religieuse ? Comment expliquer des plans aussi bizarres que la tour d’Étampes, des conceptions aussi sophistiquées que la tour de La Rochelle, des tracés aussi élaborés que le Castel del Monte ?

On s’attachera, dans ce colloque, à débusquer des exemples de cette expression savante depuis l’Antiquité jusqu’au début de la Renaissance ; non que la période qui suit n’ait pas été savante, puisqu’au contraire elle n’est plus que savante, et qu’elle a produit des théoriciens et des traités bien connus. Au contraire, c’est dans les périodes antérieures que ce colloque convoque formes et usages architecturaux savants, afin de proposer des interprétations raisonnées de leur genèse.

Propositions de communications à renvoyer avant le 1er mai à Jean Mesqui et Hervé Mouillebouche

A propos RMBLF

Réseau des médiévistes belges de langue française
Cet article a été publié dans Appel à contributions. Ajoutez ce permalien à vos favoris.