Appel à contribution – Perception et appréhension du risque naturel dans l’Antiquité et au Moyen Âge

Selon une définition classique, nous entendons par aléa les phénomènes naturels susceptibles de se produire et par risque la confrontation des sociétés à ces aléas, qui se mesure par la gravité des enjeux et la vulnérabilité des populations. 

Sur un site donné, à partir des sources textuelles, cartographiques ou archéologiques, l’analyse ponctuelle des dégradations, destructions, pathologies des espaces naturels et anthropisés pouvant advenir suite à un événement soudain (glissement de terrain, séisme, inondation…) ainsi que l’analyse des mutations progressives du milieu naturel (déforestation, transformations agraires, fluviales, maritimes…),  est susceptible de fournir de solides indicateurs sur la façon dont les sociétés ont compris et géré les risques auxquelles elles étaient confrontées. Le questionnement portera sur la façon dont les hommes perçoivent et se représentent le risque, avant, pendant et après sa survenue ; la façon dont ils perçoivent leur vulnérabilité face à ce risque, et comment il y font face, dans le discours et dans l’action. 

Cet atelier ne vise pas à l’exhaustivité historique mais invite à réfléchir collectivement sur une méthodologie cohérente et pertinente sur ces questions de risque et de vulnérabilité, au-delà des différences liées au contexte géographique et chronologique. Quelles sources employer et comment ? A quelle échelle de temporalité ? A quelle échelle spatiale ? A travers quels concepts ? Quels enseignements tirer des travaux récents sur l’histoire des catastrophes, des risques, de l’environnement, et comment apporter de nouvelles perspectives ? 

Cette mise au point méthodologique s’inscrit dans le courant épistémologique de l’histoire environnementale, domaine de recherche très dynamique pour les périodes ancienne et médiévale depuis une trentaine d’années, qui a offert un important renouvellement thématique, méthodologique et épistémologique (voir Annales, 2022/1), en exploitant de nouveaux types de données archéologiques, géoarchéologiques et paléo-environnementales (Durand 2003, Valette & Carozza dir. 2019, Carcaud & Arnaud-Fassetta dir. 2015, Archaeomedes 1998, Archaedyn 2022), en promouvant interdisciplinarité et études de terrain fructueuses.

Le projet présenté s’inspire aussi des travaux sur l’environnement et la notion de risque en sciences sociales et en histoire contemporaine, qui ont posé la question de la prise en charge du risque par la société (Beck 1986), des objets hybrides (Latour 1991) et de la réflexivité environnementale des sociétés (Fressoz & Locher 2010). Il prend également en compte l’histoire des catastrophes (Thély 2016, Labbé 2020) et des formes du récit environnemental (Cronon 1992 & 2016).

Pour les périodes anciennes, l’analyse des perceptions et des représentations de l’environnement est un biais méthodologique essentiel, qui passe par l’étude critique des sources littéraires, épigraphiques, archéologiques. L’observation des aménagements et l’analyse du bâti peuvent permettre de mesurer non seulement la vulnérabilité des populations mais aussi, par les réponses ponctuelles ou globales qu’elles ont apportées, la conscience qu’elles en avaient. Pour le Moyen Âge, l’étude des chroniques, des sources littéraires, iconographiques, de la pratique (c’est-à-dire de gestion et d’administration) peut révéler la façon dont les sociétés construisent le récit du risque et de la catastrophe, et dont elles le prennent en charge (collectivement ou non, juridiquement, administrativement, économiquement etc.). 

En raison de la nature des sources et des spécificités des périodes anciennes, où il est difficile voire impossible de disposer de sources sérielles, notre souhait est de mener un travail de réflexion collectif à partir d’études de cas particuliers. C’est donc principalement à partir de ces études de terrain que le questionnement méthodologique sera envisagé, afin d’évaluer les potentialités du sujet et ses éventuelles apories, de questionner le choix des sources et leur mode d’exploitation, de réfléchir sur des concepts et des questionnements mis en avant par les recherches récentes.

Pour mener à bien ce travail, un workshop sur deux journées se tiendra les 7 et 8 octobre 2024 à Orléans (France). Il inclura d’une part les communications d’une douzaine de participants (de format 30 minutes), et d’autre part un travail collectif à partir des études de cas présentées dans les différentes communications. Ces travaux donneront lieu à une publication rendant compte de l’ensemble des travaux menés pendant le workshop. Les frais de déplacement et de séjour des participants sont pris en charge par le programme.

Pour le workshop, nous souhaiterions mettre en avant deux questions qui nous paraissent centrales : la conscience du risque d’une part, et la réflexivité environnementale des sociétés d’autre part, c’est-à-dire « leurs manières complexes, historiquement déterminées (…) de penser les conséquences de l’agir humain sur l’environnement » (Fressoz et Locher 2010). Pour creuser ces notions, nous proposons quatre axes de questionnement qui pourront servir de structure au workshop :

  • La perception de l’aléa: peut-on déterminer dans quelle mesure et comment les sociétés anciennes percevaient – ou au contraire ne percevaient pas ou peu – les possibles aléas auxquels elles pouvaient être confrontées (présence ou absence d’observations, d’enquêtes et de relevés sur le terrain…) ? 
  • L’appréhension du risque: une fois le risque perçu, comment était-il analysé et compris ? Quelles causes étaient-elles avancées ? Dans quelle mesure les effets de l’activité humaine étaient-ils pris en compte ? Une fois le diagnostic posé, comment le risque était-il pris en charge ? Donnait-il lieu à des prises de décision, des transformations ?   
  • La mesure de la vulnérabilité: comment la société considérée mesure-t-elle sa vulnérabilité face au risque ? Sur la base de quels critères ? Comment l’exprime-t-elle ? Quels sont les acteurs impliqués ? D’autre part, comment l’historien peut-il mesurer la vulnérabilité de ces sociétés face au risque ?  
  • La mémoire de la catastrophe: peut-on déceler une mémoire de la catastrophe et à travers quelles sources ? Comment cette mémoire est-elle entretenue ? Quel récit est construit autour de la catastrophe ?

Informations pratiques

Ce workshop est organisé dans le cadre du projet PARAMA porté par la MSH Val-de-Loire, les laboratoires POLEN EA 4710 et IRAMAT UMR 7065.

Dates : 7-8 octobre 2024

Lieu : Hôtel Dupanloup, Orléans (France)

Durée de chaque intervention : 30 minutes

Conditions de candidature

Titre et résumé (300 mots) attendus pour le

15 mars 2024 au plus tard

Contact : juliette.dumasy@univ-orleans.fr ; amelie.perrier@univ-orleans.fr

Comité de sélection

  • Juliette Dumasy-Rabineau (MCF histoire médiévale U. Orléans, POLEN)
  • Amélie Perrier (MCF histoire ancienne U. Orléans, IRAMAT)
  • Didier Boisseuil (MCF HDR histoire médiévale, U. Tours, CETHIS)
  • Jean-Baptiste Rigot (MCF en géoarchéologie et archéomatique, U. Tours, CITERES)
  • Alexis Vrignon (MCF histoire contemporaine, U. Orléans, POLEN)

Source : Calenda

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Prix – Prix Arthur Merghelynck

Académie royale de Belgique
Périodicité annuelle
Créé en 1995.

Le Prix annuel est décerné alternativement par la Classe des Lettres et par la Classe des Arts. Les années paires, le Prix couronne un ouvrage portant sur l’histoire de l’art du territoire actuel de la Belgique à toutes les époques, publié l’année du dépôt de la candidature ou l’année civile précédant celle-ci.

Le jury est composé des membres de l’Orientation Histoire de l’Art, Théorie et Critique. Ceux-ci peuvent s’adjoindre des experts extérieurs.

On ne peut obtenir le prix qu’une seule fois. Un candidat qui n’a pas obtenu le prix peut se représenter, mais uniquement avec un autre ouvrage.

Un exemplaire de l’ouvrage primé sera déposé à l’Académie.

Toute candidature est soumise aux conditions générales.

Pour toute information complémentaire, nous vous prions de contacter Catherine Leclercq.

Vingt-neuvième période annuelle

Période : du 01/01/2024 au 31/12/2024

Date limite d’inscription : 15/12/2024

Objet du prix : Les candidats au prix enverront ou déposeront leur curriculum vitae et leur livre en trois exemplaires, au Palais des Académies.

Personne à contacter : Mme Catherine Leclercq :
Tél : 02 421 73 15 ou E-mail : catherine.leclercq@academieroyale.be
Palais des Académies, rue Ducale, 1, 2e étage
1000 Bruxelles

Source : Académie royale de Belgique

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Publication – Muriel Debié, « Alexandre le Grand en syriaque. Maître des lieux, des savoirs et des temps »

La figure historique d’Alexandre et les légendes qui lui sont attachées n’ont cessé de susciter fascination et admiration, bien au-delà des frontières de la Méditerranée et de l’Europe. Les récits sur Alexandre, historiques et légendaires, sont bien connus, mais quels échos ce personnage a-t-il trouvé dans les régions mêmes où il avait été actif (Proche et Moyen- Orient, Asie centrale et Inde) ? Pour le découvrir, cet ouvrage propose pour la première fois une plongée dans la littérature sur Alexandre rédigée en langue syriaque, qui a ensuite circulé en arabe et en persan et de là en malais, turc ou éthiopien.

Cette littérature compte à la fois des traductions de sources grecques (notamment du célèbre Roman d’Alexandre – avec plusieurs épisodes inconnus des versions occidentales – des sentences morales et philosophiques, des textes de numérologie et d’alchimie) et des textes originaux composés en syriaque dans l’Antiquité tardive, sous la forme d’apocalypses chrétiennes. Dans ces textes, dont certains ont un écho jusque jusque dans le Coran, la figure d’Alexandre est étonnamment mêlée à des éléments de cosmographie mésopotamienne antique et à des conceptions politico-religieuses des premiers siècles de la chrétienté.

L’ouvrage traduit ces textes, souvent hauts en couleurs, et les rend accessibles grâce à de brèves introductions. Dans chacune des trois parties, la traduction des textes syriaques est suivie d’un dossier complet, faisant état des recherches les plus récentes sur la datation, la circulation, les sources et l’interprétation de ces textes qui mettent en lumière l’importance d’Alexandre devenu, bien après sa mort, explorateur du monde et de ses mystères, protecteur des chrétiens syriaques contre les Perses sassanides et pivot du temps et de l’histoire.

Muriel Debié est directrice d’études à l’École pratique des hautes études (chaire « Christianismes orientaux ») et membre senior de l’Institut universitaire de France.

Remerciements
Introduction

Partie I
Alexandre aux confins du monde oriental

1. Le Roman d’Alexandre syriaque
Le portrait d’Alexandre
L’épitomé du Roman
Le voyage en Orient (livre III)
2. Le voyage du Roman d’Alexandre : l’histoire du texte
L’histoire des rédactions grecques et des premières traductions
Du syriaque à l’arabe et au persan
Le Roman en dehors du Roman
La version syriaque du Roman d’Alexandre
Alexandre en Inde : la guerre contre Poros et la rencontre avec les brahmanes
Les lettres des merveilles envoyées par Alexandre
Conclusion
Les avatars des « merveilles » rencontrées par Alexandre

Partie II
Alexandre le roi philosophe et maître des savoirs : les sentences philosophiques

1. La sagesse du jeune Alexandre
2. Alexandre et les philosophes indiens
Les questions d’Alexandre aux gymnosophistes dans le Roman
Alexandre et Dandamis
L’opuscule de Pallade d’Hélénopolis
La version syriaque de la rencontre
3. Les sentences philosophiques
Alexandre et Poros, le roi des Indiens : la maîtrise de la colère
La sentence d’Alexandre sur les filles de Darius : la tempérance
Les « histoires drôles » de Barhebraeus sur Alexandre
4. Les derniers jours d’Alexandre
Les sentences funèbres des philosophes
5. Les exempla rhétoriques
Métaphore et aphorisme
Un exemplum sur la métaphore et la moquerie
6. Le traité pseudo-aristotélicien Sur l’univers
7. Alexandre, le maître des savoirs
Nectanébo et les pratiques magiques et astrologiques
L’astronomie : le zij d’Alexandre
La numérologie : prédire les victoires
L’alchimie et la théosophie
La magie : médaillons et manteau magiques d’Alexandre
Alexandre et le prophète Jérémie contre les serpents

Partie III
Alexandre aux confins des temps : les histoires syriaques

1. Alexandre et la chronologie du monde
2. Alexandre dans les chroniques
La Chronique jusqu’en 846
La Chronique sur la fin des Sassanides et les débuts de l’islam
La Chronique de Michel le Syrien
La Chronique anonyme jusqu’en 1234
Le Taʾrikh Mukhtaṣar al-duwal de Barhebraeus
Le Livre de l’abeille de Salomon de Baṣra
3. Alexandre prophète et roi : une histoire christianisée
Le royaume des Grecs dans la succession des empires terrestres
L’histoire d’Alexandre syriaque au VIe siècle
L’Histoire d’Alexandre dans la Chronique de Zuqnin jusqu’en 775
Le Mimro sur Alexandre
L’Exploit d’Alexandre
Les contours de l’Histoire d’Alexandre syriaque
4. Alexandre et les conquêtes arabo-musulmanes du VIIe siècle
L’Apocalypse du Pseudo-Méthode
L’Apocalypse édessénienne
Les Témoignages des prophètes et des anciens justes sur l’Économie du Christ

Conclusion
Bibliographie générale
Sources concernant Alexandre
Bibliographie générale des sources
Bibliographie secondaire
Index des noms de lieux
Table des textes syriaques traduits
Table des figures

Informations pratiques :

Muriel Debié, Alexandre le Grand en syriaque. Maître des lieux, des savoirs et des temps, Paris, Les Belles Lettres, 2024 ; 1 vol., 656 p. (Bibliothèque de l’Orient chrétien, 7). ISBN : 978-2-25145-490-0. Prix : € 45,00.

Source : Les Belles Lettres

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Colloque – Authority and Identity in the Middle Ages

Studies of medieval art have often focused on works of art featuring, or patronised by, those in positions of authority.  More recently scholars have moved towards a wider understanding of the ways in which works of art established a sense of authority and impacted the identity of the communities who viewed and used them.  However, concepts of ‘authority’ and ‘identity’, and their complex interrelationship, are rarely interrogated in a holistic way.

The two concepts are often inextricably linked.  Identities were shaped by those in positions of authority; images endowed with ‘authority’ could influence how those interacting with them self- identified; patrons claimed authority through images, often forging their public identity as charitable, pious figures.  But what does it mean to claim authority in the Middle Ages?  And what exactly did it mean to have an identity?  Even today, these concepts are complex and multi-faceted – most notably one self-identification can differ dramatically from that imposed by others.

In this colloquium, we want to address these topics afresh, exploring how art and material culture reflect and produce concepts of identity and authority.  We will also consider how alternative perspectives could reinforce or subvert ideas of an authoritative voice or image.

The colloquium begins at 10am at The Courtauld Institute of Art in Vernon Square.

Programme :

Session 1 – Power of Popes and the Shaping of Monastic Identity (chaired by Sam Truman, Courtauld PhD student)

  • Emma Iadanza, Courtauld PhD student, ‘A New Reconstruction of Leo X’s Liturgical Manuscripts’.
  • Vittoria Magnoler, PhD student, University of Genoa, ‘Stating the Authority of Aquinas. The Triumph by Bonaiuti as an Identity Manifesto of the Dominicans of Santa Maria Novella’.
  • Blanche Lagrange, PhD Student, University of Poitiers (CESCM), ‘The reform at Saint-Bertin during the 10th century: new institutional authority and identity in Boulogne-sur-Mer, BM, MS. 107’.

12.15 – 13.15: Break

Session 2 – Religion and Shaping of Individual Identity (chaired by Sophia Dumoulin, Courtauld PhD student)

  • Sophia Adams, Courtauld PhD student, ‘“Þat tyme þis schrowyll I dyd wryte”: Canon Percival of Coverham’s Prayer Roll, Morgan Library and Museum, Glazier MS 39’.
  • Natalia Muñoz-Rojas, Courtauld PhD candidate, ‘ “We first settlers”: The altarpieces of San Bartolomé and Virgen de la Antigua in the Parish Church of San José in Granada’.
  • Lucy Splarn, PhD student in the Centre for Medieval and Early Modern Studies at the University of Kent, ‘The identity of pilgrims through the art of souvenirs’.

14.45 – 15.15: Break

Session 3 – Church Architecture and Shaping of Community Identity (chaired by Helen Dejean)

  • Florence Eccleston, Courtauld PhD student, ‘Moral and Political Identity in Late Medieval English Wall Paintings of Sin’.
  • Klaudia Sniezek, PhD student, Jagiellonian University in Cracow, ‘Unveiling Identities in Stone: Burial in the Portico of Czerwinsk Abbey’.
  • Isabelle Chisholm, MPhil student, University of Cambridge, ‘The “Afterlife” of The Rajhrad Dormition of the Virgin (1375-1380): defining Czech Nationaism Across Transcultural Impulses’.

16.45: Drinks Reception

Organised by Courtauld PhD students Jane Stewart, Laura Feigen, Irakli Tezelashvili and Florence Eccleston. 

Source : Medieval Art Research

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Appel à contribution – La philosophie de Marguerite Porete

De Marguerite Porete ne nous est parvenu qu’un seul ouvrage, Le miroir des âmes simples et anéanties et qui seulement demeurent en vouloir et désir d’amour. Dans ce traité d’édification spirituelle sont décrites les différentes étapes que l’âme peut parcourir jusqu’à l’état mystique. L’autrice y soutient que l’âme n’est véritablement libre que lorsqu’elle abandonne son agentivité à Dieu et que l’âme qui connaît l’état mystique n’est plus sous le joug des vertus ni d’« Église-la-petite ». Marguerite manifesta elle-même quelque chose de la liberté dépeinte dans son livre alors qu’elle défia l’interdit de diffusion de son ouvrage, refusa de prendre part aux procédures de son procès et émut par son attitude digne la foule qui assista à son exécution. Le Miroir des simples âmes fut en effet condamné et brûlé sur la place publique de Valenciennes autour de 1300 par l’évêque de Cambrai et connut à nouveau l’autodafé à Paris en 1310, cette fois avec son autrice. Bien que plusieurs études récentes aient contribué à mettre au jour la pensée de Marguerite, différents aspects de celle-ci demeurent encore à établir ou à approfondir. Les acceptions de « vertu », la division et le rapport des objets de l’intellect et de la volonté, la conception de la liberté ou encore le rapport entre la volonté et la liberté en sont quelques exemples.

La question de l’appartenance de la pensée de Marguerite à la philosophie et celle de son inclusion dans le canon philosophique peuvent également être soulevées. D’une part, le Miroir des simples âmes se présente comme un essai de mystique spéculative, un champ théorique aux confins de la philosophie par son recoupement avec la théologie. D’autre part, le miroir possède des traits qui ont incliné à juger d’une qualité philosophique moindre les textes écrits par des femmes au fil des siècles. En effet, il n’est pas composé sous la forme d’un traité structuré et ne présente pas de pensée systématique. Les développements théoriques sont par ailleurs intimement liés à des considérations relatives à l’action ou à un mode de vie à promouvoir.

Mettre au jour les contributions philosophiques de Marguerite Porete et discuter de celles-ci, telle est la visée du dossier « La philosophie de Marguerite Porete ». Celui-ci s’inscrit dans la volonté de développer le canon philosophique en l’étendant aux figures jusqu’à présent en marge de l’histoire de la pensée. Il invite, d’une part, des contributions sur la philosophie de Marguerite Porete et, d’autre part, des réflexions métaphilosophiques sur les apports de l’autrice à l’histoire de la philosophie. En conséquence, sont bienvenues les contributions mettant au jour ou discutant les notions, présupposés, thèses, distinctions et arguments que présente le Miroir des simples âmes (notamment en situant ces éléments par rapport à des positions antérieures, contemporaines ou postérieures à celui-ci) et les propositions discutant des enjeux soulevés par l’inclusion de la pensée de Marguerite dans le canon et la discipline philosophiques.

Soumission d’une proposition

Le dossier paraîtra dans la revue Philosophiques, revue de philosophie et d’histoire de la philosophie en accès libre sur Érudit, au printemps 2025.

Les textes doivent être soumis à la fois à Geneviève Barrette (genevieve.barrette@mcgill.ca) et à Marie Laplante-Anfossi (laplante-anfossi.marie@courrier.uqam.ca)

pour le 31 août 2024

Le texte soumis doit être rédigé en français. Il doit compter environ 11 000 mots et être précédé de deux résumés, le premier en français et le second en anglais (maximum 1000 caractères chacun, incluant les espaces).

Chaque texte sera évalué anonymement par au moins deux évaluatrices ou évaluateurs externes. Il est ainsi demandé que le fichier soumis soit exempt de toute indication susceptible de révéler l’identité de son autrice ou de son auteur (noms, coordonnées, références dans le corps du texte ou en notes, etc.).

Le détail de la politique éditoriale et des directives pour la préparation des manuscrits peut être consulté ici : laspq.org/philosophiques/publier.

Source : Calenda

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Publication – Cécile Lanéry-Ouvrard, « L’hagiographie latine à Rome et en Italie du Sud entre 550 et 750 »

Dans l’Italie des VIe-VIIIe siècles, déchirée entre Lombards et Byzantins, l’hagiographie fut la forme littéraire la plus pratiquée, et sans doute aussi la plus communément appréciée. À Rome et en Italie du Sud, clercs et moines s’affairèrent à composer en latin, ou à traduire du grec en latin, des textes qui témoignaient de leur dévotion pour les martyrs du temps des persécutions. Leurs récits romanesques, de qualité et d’intérêt très divers, accompagnèrent ainsi l’entrée de la péninsule dans le Moyen Âge. Ils alimentèrent la curiosité des pèlerins et des fidèles pour les saints anciens, comme pour ceux, venus d’Orient, dont le culte avait pris plus récemment racine en Italie. Ce gisement documentaire, vestige inestimable d’une époque contrastée et parfois dramatique, est toutefois d’un abord difficile : les pièces concernées constituent un ensemble complexe de dossiers enchevêtrés, de textes anonymes, souvent très approximativement datés ou localisés.

Dans la continuité des chapitres précédemment publiés sur l’hagiographie latine d’Italie dans la collection Hagiographies, le présent ouvrage propose donc un répertoire critique des textes produits à Rome et dans le Mezzogiorno, entre 550 (rétablissement de la Préfecture d’Italie) et 750 (chute de l’exarchat). Une trentaine de dossiers y font l’objet de recherches a novo, et ces analyses détaillées permettent d’esquisser les contours littéraires et historiques d’une production hagiographique qui fut ensuite largement plébiscitée par les éditeurs de légendiers médiévaux.

Cécile Lanéry-Ouvrard est chargée de recherches à l’Institut de Recherche et d’Histoire des Textes (CNRS). Elle est spécialiste d’hagiographie latine (textes et manuscrits). Ses recherches actuelles sont plus précisément concentrées sur l’Italie des Ve-VIIIe siècles.

Introduction.
A. Le contexte historique.
B. Remarques préliminaires.

I. Rome et ses environs.
A. Les Passions latines.
B. Les traductions du grec.

II. Le Mezzogiorno.
A. L’Italie méridionale.
B. La Sicile.
C. La Sardaigne.

Table récapitulative des dossiers examinés.
Cartes.
Bibliographie

Informations pratiques :

Cécile Lanéry-Ouvrard, L’hagiographie latine à Rome et en Italie du Sud entre 550 et 750, Turnhout, Brepols, 2024 ; 1 vol., 962 p. (Hagiographies, 9). ISBN : 978-2-503-60028-4. Prix : € 385,00.

Source : Brepols

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Publication – Anna Gutgarts, « Frankish Jerusalem. The Transformation of a Medieval City in the Latin East »

Focusing on Jerusalem under Frankish rule following the Crusader conquest of 1099, this book sheds light on the dynamic socio-economic factors that shaped Jerusalem’s gradual urban transformation. In exploring the extensive corpus of medieval property records, it reveals that the growth of Jerusalem’s monumental and symbolic landscape, as befitted its new status as the capital of the Latin Kingdom, was in tandem with more mundane facets of life in the city, such as growing residential settlement patterns, and the expansion of its rural hinterland. This places the history of Frankish Jerusalem in a broader theoretical framework by analyzing the socio-economic and institutional mechanisms – such as immigration and the formation of medieval trust – that shaped the cityscape during a particularly tumultuous period in its history, and places it against the backdrop of medieval urbanisation processes in other regions.

Anna Gutgarts, Frankish Jerusalem. The Transformation of a Medieval City in the Latin East, Cambridge, Cambridge University Press, 2024 ; 1 vol., 296 p. ISBN : 978-1-00941-832-4. Prix : GBP 95,00.

Source : Cambridge University Press

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Appel à contribution – A Imagem Medieval: História e Teoria

MARGINALIA, FRONTEIRAS DA CONEXÃO
7, 8 e 9 de agosto de 2024
Universidade de São Paulo

Margens não são meros espaços vazios: nelas podem se inscrever as mais varia- das marcas de produção e consumo de um manuscrito. É nelas, por exemplo, que a coloração do pergaminho fica mais evidente e onde por vezes podem ser vistos os furos para o raiado. Mais importante ainda, lá podem ter sido incluídas anotações e imagens de vários tipos. As margens serviriam, portanto, como es- paço de múltiplas trocas internas e externas ao livro.

Mas as margens não são exclusivas aos manuscritos: elas podem ser espaços físi- cos em escala geográfica, arquitetônica ou mesmo simbólica. À margem da cida- de, por exemplo, habitavam viajantes, famélicos, prostitutas, leprosos e outros marginais que não apenas subvertiam os padrões sociais [1], mas os reinventa- vam, tornando-se veículos de circulação de práticas culturais entre centro e peri- feria e entre diferentes regiões periféricas.

Enquanto fronteiras da conexão, as margens eram o primeiro território a ser alcançado pela fome, pela peste, pelos forasteiros e pelas trocas comerciais, era o

[1] HOOKS, Bell. Choosing the margin as a space of radical openness. Framework: The Journal of Cinema and Media, n. 36, p. 15-23, 1989.
[2] BOURDIEU, Pierre. Razões práticas: sobre a teoria da ação. São Paulo: Papirus, 1996.
[3] SCHMITT, Jean-Claude. A história dos marginais. In: LE GOFF, Jacques. A História Nova. São Paulo: Martins Fontes, 1990. p. 261-290.

OBJETIVO

O Encontro “Marginalia, Fronteiras da Conexão” busca ser, por meio do estudo das imagens e de seus modos de produção no Medievo, um espaço de discussão sobre as margens e a marginalidade como fronteiras de conexão e de encontro. Serão acolhidos trabalhos que analisem as estratégias de conexão en- tre centro/periferia e entre diferentes espaços periféricos, bem como a dicoto- mia centro-margem. A questão fundamental a ser respondida é: Como as mar- gens produziam e davam a ver espaços de conexão no Medievo?

Jacobus de Voragine, Legenda Aurea, séc. XIV. Fribourg,
Bibliothéqué cantonalé ét univérsitairé, Ms. L 34, fol. 177v. 1

SUBMISSÕES DE PROPOSTAS DE COMUNICAÇÃO

As propostas de comunicação devem ser enviadas para o e-mail lathimm.usp@gmail.com até o dia 30 de abril de 2024. Os resumos expandi- dos, a serem publicados em um caderno específico, devem conter título, resumo de 5.000-7.000 caracteres (com espaços), 3 palavras-chave, indicação de 4 refe- rências bibliográficas essenciais e eixo pretendido para a comunicação. As co- municações podem ser feitas em português, inglês e espanhol, e a titulação míni- ma para proposição é a de mestrando.

Todas as comunicações deverão buscar responder, a partir do estudo de caso realizado, à mesma questão: Como as margens produziam espaços de conexão no Medievo? As comunicações serão alocadas em três eixos, como sugerido abaixo:

TERRITÓRIO MARGINAL: a margem como espaço

  •   As margens dos manuscritos como espaços de inventividade ou interação com o centro da página ou com outras obras. Estudo de iluminuras, margens ornamentadas, glosas ou garatujas.
  •   Molduras,encadernaçãoe/ouarquiteturacomfunçãodesuporteesuasinte- rações com a imagem.
  •   Imagensdeviajantes,meiosdetransporte,comércioinformalerotascomer- ciais em espaços de marginalidade. DESCONFORMIDADE MARGINAL: a margem como estranhamento
  •   Imagens de grupos marginalizados: enfermos, portadores de deficiência, mi- norias de gênero e sexuais, prostitutas, bêbados, andarilhos, pobres e/ou fa- mélicos, instituições de caridade, pobres voluntários, etc.
  •   Soluções para defeitos materiais na produção de imagens (cortes, furos, cica- trizes, etc.). SUBVERSÃO MARGINAL: a margem como disputa

 Imagens de grupos em disputa contra-hegemônicas: escravizados, minorias e oposições políticas. Movimentos heréticos, disputas religiosas, criminalidades e sistema de justiça.

Jacobus de Voragine, Legenda Aurea, séc. XIV. Fribourg,
Bibliothéqué cantonalé ét univérsitairé, Ms. L 34, fol. 177v. 2

CRONOGRAMA

Envio de propostas até 30 de abril de 2024.

Divulgação dos aprovados e da programação até 10 de maio de 2024. Publicação do caderno de resumos até o dia 31 de julho de 2024. Encontro entre os dias 7 e 9 de agosto de 2024.

MODALIDADES DE PARTICIPAÇÃO

O Encontro ocorrerá no formato presencial no Auditório Nicolau Sevcenko – Departamento de História – FFLCH, USP, São Paulo, sendo obrigatória a parti- cipação presencial para pesquisadores que se encontram no Brasil. A participa- ção à distância será permitida apenas para pesquisadores que se encontram em outros países. Dúvidas, esclarecimentos e pedidos de participação à distância

devem ser enviados ao e-mail

ORGANIZAÇÃO

lathimm.usp@gmail.com.

Laboratório de Teoria e História das Mídias Medievais (LATHIMM-USP).

Projeto Temático “Uma história conectada da Idade Média: comunicação e circulação a partir do Mediterrâneo” (FAPESP 21/02912-3).

Apoio:
Faculdade de Filosofia, Letras e Ciências Humanas, Universidade de São Paulo.

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Journée d’étude – Érasme et le livre. Hommage au Professeur Franz Bierlaire

Jeudi 11.04.2024
14:00>17:00 + drink
Maison d’Érasme, Anderlecht

Des chercheurs passionnés par Érasme partagent leurs dernières recherches, pour un public d’amateurs et de curieux. Renaud Adam, Christine Bénévent, Annick Delfosse, Hélène Rabaey, Alexandre Vanautgaerden

Réservation Gratuit ! Réservation en ligne obligatoire

Le Professeur Franz Bierlaire (ULiège) nous a quittés en novembre 2023. Avec lui, nous perdons un grand spécialiste de la Renaissance et un grand pédagogue qui a su donner la passion de l’histoire à des générations d’étudiants et d’étudiantes. Il a dédié sa carrière à l’étude de la figure d’Érasme, mais aussi à la question du livre scolaire et à l’éducation au cours de la Renaissance.

En guise d’hommage, la Maison d’Érasme, le groupe de contact FNRS « Documents rares et précieux » et l’unité de recherches Transitions (ULiège) organisent la rencontre Érasme et le livre en mémoire du grand intérêt que portait Franz Bierlaire au rapport qu’entretenait Érasme au(x) livre(s).
Des chercheurs passionnés par Érasme partagent leurs dernières recherches, pour un public d’amateurs et de curieux.

Rencontre organisée en collaboration avec le groupe de contact FNRS « Documents rares et précieux » et l’unité de recherches Transitions (ULiège).

14h Introduction par Annick Delfosse (Université de Liège)

14h30 Christine Bénévent (École nationale des chartes) : Érasme et ses ‘contrefacteurs’

15h Renaud Adam (Université de Liège) : Érasme censuré

15h30 Hélène Rabaey (Université Le Havre Normandie) : La traduction d’Érasme en Europe au XVIe siècle

16h Alexandre Vanautgaerden (C.S.R., Université de Warwick / Réseau des médiathèques, Charleville-Mézières, Ardenne Métropole) : Écrire au milieu des presses

16h30 discussion

17h drink

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Journée d’étude (en ligne) – Archéologie au féminin

Cette journée d’étude vise à redonner une place aux femmes dont la contribution et les travaux de terrain et de recherche en archéologie ont été minimisés, voire invisibilisés.

Ces dernières années ont permis l’émergence et la libération de la parole dans les pays européens francophones, non sans retard sur le monde anglo-saxon, et ont vu la création de collectifs et d’associations dont l’objectif est de sensibiliser le grand public et le monde de la recherche à ces phénomènes. Cette dynamique a accompagné la reconnaissance de biais dans la manière dont les sociétés humaines du passé ont pu être appréhendées lors de la construction scientifique de la discipline, et restitue l’importance des femmes archéologues sur les chantiers dès le XIXe siècle.

Cette journée inaugure un cycle quinquennal qui se tiendra annuellement, tous les 8 mars, au MAN pour mettre en lumière les recherches et études sur ce sujet.

Programme : ici

Une table ronde

Celle-ci portera sur la situation actuelle et envisagera les freins, les résistances ou les atteintes que les femmes archéologues peuvent encore aujourd’hui rencontrer, sur le terrain et dans le milieu universitaire. Quels témoignages et études récentes permettent d’établir de façon tangible les faits suivants et les dépasser : attitudes sexistes sur le chantier, accès restreints à certains sujets de recherche ou à leur publication, orientation prédéterminée ou abandon contraint de carrière… Il s’agira d’évaluer les évolutions qui peuvent être décelées au cours de ces dernières années, et comment l’historiographie contemporaine tente de renouveler les approches.

Un cycle de conférences

Il apportera un éclairage sur les (re)découvertes récentes ou en cours de femmes ayant joué un rôle important dans la constitution du savoir archéologique depuis le XIXe siècle, sur une large échelle géographique, avec la volonté de susciter de nouvelles recherches sur le sujet.

L’exposition itinérante Archéo-Sexisme

Elle sera  visible tout le week-end dans la cour du château.


Suivez la journée en direct sur notre chaîne YouTube : https://www.youtube.com/watch?v=6XJz5lznRdk

Source : Musée d’Archéologie Nationale

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