Cycle de conférences – Conférences de jeunes chercheuses et chercheurs sur la Bourgogne. 2023-2024

En collaboration avec l’Université de Bourgogne, la Maison des Sciences de l’Homme de Dijon et le laboratoire ARTEHIS (UMR 6298), ce cycle de conférences a pour but de valoriser et diffuser les travaux de jeunes chercheures et chercheurs sur l’histoire, l’archéologie et l’histoire de l’art de la Bourgogne. Il s’agit de présenter et mettre en avant les sources d’archives à partir desquelles travaille le jeune chercheur, ainsi que la manière dont il élabore le raisonnement scientifique lui permettant d’aboutir aux résultats de ses investigations. L’objectif est aussi de montrer l’articulation, en fonction des sujets, entre les sources conservées aux Archives départementales de la Côte-d’Or et les différents dépôts municipaux, tant archives que bibliothèque. Enfin, ces interventions offriront l’opportunité au public de prendre connaissance des dynamiques actuelles de la recherche sur la Bourgogne, notamment en lui permettant d’accéder, durant les séances, aux originaux des documents utilisés par les différents intervenants. Ce cycle montre la vitalité de la recherche en Bourgogne, et il la met à la disposition de tous au coeur de la ville de Dijon.

ORGANISATION ET COORDINATION :

Baptiste Rameau (doctorant, UMR 6298 ARTEHIS, Université de Bourgogne). Contact : baptiste.rameau@u-bourgogne.fr

Mercredi 31 janvier 2024

Lucie Jardot (doctorante, UMR 8589-LAMOP, Université Paris I Panthéon-Sorbonne) : « Le couple princier : genre et géographie du pouvoir dans les Pays-Bas bourguignons et le duché de Bourbon à la fin du Moyen Âge (XIVe-XVIe siècles) ».

Le mariage de Philippe le Hardi et de Marguerite de Flandre, princesse héritière, en 1384 ouvre une phase nouvelle pour l’administration de ce territoire. Face au caractère bicéphale de cet ensemble, le duc mobilise une nouvelle réponse politique et fait du couple princier l’instrument et le support de son gouvernement. De la première moitié du XIVe à la seconde moitié du XVIe siècle, le couple princier apparaît comme une solution aux défis géographiques, politiques, diplomatiques posés aux ducs de Bourgogne. Enfin la comparaison menée avec la principauté bourbonnaise permet de souligner le recours collectif au couple princier comme union solidaire exerçant le pouvoir de manière conjointe mais aussi toute la singularité du modèle bourguignon dans ce domaine.

Mercredi 14 février 2024

Mégane Mignot (doctorante, UMR 6298-ARTEHIS, Université de Bourgogne) : « L’apport des archives cartographiques à l’étude géoarchéologique : l’exemple du territoire de Vix/mont Lassois (Côte-d’Or) au bord de la Seine ».

Cadastres, cartes, plans, atlas, photos aériennes, terriers, … nombre de documents conservés aux Archives renferment des informations cartographiques à même de renseigner l’évolution d’un territoire sur le temps long. Grâce aux outils numériques tels que les Systèmes d’Informations Géographiques (SIG), ces documents peuvent être précisément mis en relation et comparés, à la fois entre eux et avec les cartes actuelles. En prenant l’exemple du site protohistorique de Vix/mont Lassois, qui fait l’objet d’une thèse en cours à l’Université de Bourgogne, cette conférence discutera de l’apport de différentes archives cartographiques à la démarche géoarchéologique et à la restitution des paysages passés.

6 mars 2024

Nicolas Broisin (doctorant, UMR 5190-LARHRA, Université Grenoble Alpes) : « Dijon, une capitale savoyarde ? L’occupation française de la Bresse, du Bugey et du Valromey dans les archives du Parlement et la Chambre des comptes de Bourgogne (1536-1559) ».

De 1536 à 1559, la majeure partie du duché de Savoie est occupée par le royaume de France. Alors que la Savoie propre et le Piémont sont pourvus d’institutions particulières, la Bresse, le Bugey et le Valromey sont rattachés au Parlement et à la Chambre de Bourgogne. Que nous apprennent les documents conservés aux Archives départementales de la Côte d’Or sur la mise en place et l’organisation d’une telle tutelle ? Comment se gèrent les relations entre les institutions bourguignonnes et la récente et éphémère conquête française ?

27 mars 2024

Cédric Mottier (docteur, UMR 6249-Chrono-environnement, Université de Franche-Comté) : « Marguerite d’Autriche, comtesse de Bourgogne ».

De 1509 à son décès, en 1530, la fille de Marie de Bourgogne posséda la Franche-Comté à titre personnel et effectif. Elle la gouverna pour son propre compte, en « souveraine dame », avec son conseil privé et des finances, qui était distinct du conseil privé des Pays-Bas, avec lequel elle gouverna par ailleurs, au nom de son neveu Charles, le reste de l’héritage maternel subsistant.

Cette conférence est l’occasion de nous intéresser à Marguerite d’Autriche non pas en régente des Pays-Bas, selon l’angle historiographique habituel, mais en tant que princesse territoriale, en comtesse de Bourgogne.

10 avril 2024

Alix Giordano (doctorante, UMR 6298-ARTEHIS, Université de Bourgogne) : « Les origines d’une confusion historiographique : le cas de Montrond (39) et de Montrond-le-Château (25) du XIIIe au XXIe siècle ».

« Montrond » est un toponyme fréquent, en France jusqu’à 10 commues ont porté ce nom dont 4 au sein de l’ancienne région Franche-Comté. A moins de 50 km d’écart, les villages de Montrond (39) et de Montrond-le-Château (25) possèdent tous deux un château médiéval avec une occupation simultanée. Un problème de localisation des sites se pose alors dans sources médiévales car la dénomination « le-Château » n’a été ajoutée qu’au début du XXe siècle. Ainsi, comment identifier et différencier ces deux châteaux avec certitude dans les archives ? La comptabilité du bailliage d’Aval apporte une nouvelle clef de compréhension sur l’histoire de ces deux sites et élucide une confusion née il y a de plus de 700 ans.

15 mai 2024

Capucine Poirier (Professeure agrégée d’Histoire) : « « Por donter bat-on le chien devant le lyon » : l’usage des proverbes dans le Banquet du Faisan du 17 février 1454 d’après les Mémoires d’Olivier de la Marche ».

Les proverbes au Moyen Âge sont de formidables outils de communication à la portée universelle ; intégrés à un discours symbolique et allégorique, ils permettent une approche originale de la mise en scène du pouvoir. C’est le cas du Banquet du vœu du Faisan, dans lequel trois proverbes sont représentés dans les entremets – sortes de tableaux vivants accompagnant les plats servis lors du Banquet. Celui-ci est organisé à Lille en 1454 pour mettre en scène l’appel à la croisade de Philippe le Bon (1396-1467) en réaction à la prise de Constantinople par les Turcs. Les plus grands aristocrates européens se rassemblent autour du duc lors d’un moment politique fort, destiné à rester dans les mémoires. Chroniqueur au service des ducs de Bourgogne, organisateur du Banquet, Olivier de la Marche (v. 1426-1502) en fait le récit dans ses Mémoires, dont une version imprimée en 1566 est conservée aux Archives départementales de la Côte-d’Or.

22 mai 2024. Séance à la Bibliothèque municipale de Dijon

Adrien Frénéat (doctorant, UMR 6298-ARTEHIS, Université de Bourgogne) : « Un menu pour servir à l’histoire de Gabriel de Mortillet (1821-1898) : les « Dîners préhistoriques » de l’École d’anthropologie ».

La bibliothèque municipale de Dijon conserve plus de seize mille menus qui témoignent du moment collectif qu’est le repas, entre le début du XIXe siècle et aujourd’hui. Le menu d’un «Dîner préhistorique» du 4 novembre 1895 est conservé dans ce fonds. Il célèbre l’enseignement de Gabriel de Mortillet (1821-1898), personnalité centrale de l’archéologie préhistorique. Illustrée par Léon Coutil (1846-1953), un archéologue-artiste proche de celui-ci, cette feuille témoigne de la renommée de Mortillet et de la constitution d’un groupe matérialiste au sein de la Société d’anthropologie de Paris. Inhérents à la seconde moitié du XIXe siècle, ces rituels commémoratifs s’ancrent aisément dans une discipline préhistorique traversée en France par des luttes institutionnelles et personnelles. Gabriel de Mortillet était un frondeur, et un grand savant. Il organisait les dîners Lamarck et laissera, après lui, les « Dîners Mortillet » qui auront lieu jusqu’en 1946. En s’appuyant sur une correspondance restée inédite, nous présenterons cette célèbre figure de l’archéologie pré- et protohistorique et nous examinerons ce que signifie cette remarquable postérité.

19 juin 2024

Harmonie Mariette (doctorante, UMR 7366-LIR3S, Université de Bourgogne) : « Entre vie clandestine et vie publique : le Comité départemental de Libération de la Côte-d’Or ».

En 1943, le Conseil national de la Résistance engage la création des Comités départementaux de Libération (CDL) avec deux objectifs essentiels : participer à la libération des territoires et restaurer la République sous l’égide du général de Gaulle. En Côte-d’Or, le CDL est créé dès la fin de l’année 1943 à Dijon et regroupe d’abord une dizaine de résistants. D’abord dans l’action secrète et clandestine, le CDL prend ses fonctions officielles en 1944 aux côtés du préfet. Ses missions sont multiples et soulèvent de nombreux enjeux, sociaux, économiques et politiques.

3 juillet 2024

Maxime Perbellini (doctorant, UMR 8558-Centre de Recherches Historiques, EHESS et Université Libre de Bruxelles) : « Le crime de sorcellerie en Bourgogne à la fin du Moyen Âge ».

Le crime de sorcellerie était devenu, à la fin du Moyen Âge, un crime énorme, fondu dans les systèmes de l’hérésie et de la démonolâtrie et construit autour de l’imaginaire du sabbat, évoquant l’idée d’une secte secrète, se réunissant la nuit pour adorer le diable et nuire à la société chrétienne. À partir du XVe siècle, les fonds judiciaires conservés aux Archives départementales de la Côte-d’Or témoignent d’une importante activité répressive contre ce crime et soulignent la diffusion des imaginaires dont il relève. À travers les quelques cas que nous exposerons, la richesse de ces fonds permet d’apprécier la singularité de l’espace bourguignon qui constitue, à bien des égards, un maillon essentiel de la conceptualisation des théories et des pratiques qui façonnent le crime de sorcellerie à la fin du Moyen Âge.

Publié dans Colloque | Laisser un commentaire

Colloque – Giusto di Gand Reconsidered

On the occasion of the 550th anniversary of the Communion of the Apostles (Urbino, Palazzo Ducale), scholars from all over the world will convene in Rome and Urbino to reconsider the oeuvre attributed to its enigmatic Flemish painter, recorded as Giusto di Gand in Urbino and likely synonymous with the Ghent painter Joos van Wassenhove. Over the course of history the number of paintings attributed to this master has grown, to include works such as the magnificent Triptych of the Calvary (Ghent, Cathedral) and the Adoration of the Magi (New York, Metropolitan Museum). Recent research has offered new insights on their context of creation, dating and attribution. There is no better place to discuss new thoughts and theories about this painter than Urbino, the home of the painter’s principal work of reference made in 1473-1474. The attributed works will be studied in depth and discussed within the broader context of panel and manuscript painting in Ghent and of the arts at the ducal court Federico da Montefeltro in Urbino.

MONDAY 13 MAY

Venue: Rome, Academia Belgica

13:30 – 14:00 Registration and welcome coffee

14:00 – 14:15 Introduction by the Director of the Academia Belgica

14:15 – 14:30 Introduction by Anne Laure Léger, General Representative of Flanders

14:30 – 14:45 Welcome words and chair: Francesca Bottacin (Università degli Studi di Urbino Carlo Bo)

14:45 – 15:15 Paula Nuttall (Victoria and Albert Museum, London)The Enigma and Phenomenon of ‘Giusto da Guanto’

15:15 – 15:45 Tommaso di Carpegna Gabrielli Falconieri (Università degli Studi di Urbino Carlo Bo)The Ducal Court of Federico da Montefeltro: History and Historiography

15:45 – 16:15 Erik Eising & Stephan Kemperdick (Gemäldegalerie, Berlin)Hugo van der Goes, Joos van Wassenhove & Giusto da Guanto

16:15 – 16:45Bart Fransen (KIK-IRPA, Brussels)The Ghent Calvary Triptych and the History of Attributions

16:45 – 17:00 Discussion

TUESDAY 14 MAY

Meeting point for departure by bus from Rome to Urbino

9:00 Departure from Rome (exact location tbc).

13:45 Arrival in Urbino. Lunch (on your own).

Venue: Urbino, Aula Magna del Rettorato

Session on the Ghent Triptych of the Calvary

15:00 – 15:10 Welcome by Giorgio Calcagnini, Rector of the Università degli Studi di Urbino Carlo Bo

Chair: Maryan Ainsworth (Metropolitan Museum, New York)

15:10 – 15:30 Dominique Deneffe (KIK-IRPA, Brussels) Laureins De Maegh, Louise Van Hove and the Commission of the Ghent Calvary Triptych

15:30 – 15:50 Danny Praet (Ghent University)Medieval anti-Judaism and the Siege of Jerusalem. Theological Links between the Ghent Calvary Triptych and the Predella (Ghent, Museum of Fine Arts)

15:50 – 16:10 Thomas Kren (J. Paul Getty Museum)The Ghent Calvary Altarpiece and Manuscript Illumination at the Burgundian Court

16:10 – 16:30 Livia Depuydt & Françoise Rosier (KIK-IRPA, Brussels)Brussels)The Painting Technique of the Ghent Calvary Triptych

16-30 – 16:50 Steven Saverwyns, Alexia Coudray (KIK-IRPA, Brussels) and Frederik Vanmeert (Rijksmuseum, Amsterdam)Non-invasive Pigment Identification on the Ghent Calvary Triptych ; Pascale Fraiture, Christophe Maggi (KIK-IRPA, Brussels) Dendrochronological Analysis of the Ghent Calvary Triptych and the Predella Supports

16:50 – 17:00 Discussion

17:00 – 17:30 Coffee break

Session on the Communion of the Apostles

Chair: Mari Pietrogiovanna (Università degli Studi di Padova)

17:30 – 17:50 Francesca Bottacin (Università degli Studi di Urbino Carlo Bo)“The only known and authentic one of Justus of Ghent”: considerations on Giusto di Gand’s Communion of the Apostles and its critical reception in Italy

17:50 – 18:10 Gianluca Poldi (Università degli Studi di Udine)The truly special underdrawing of Giusto in Urbino.

18:10 – 18:30 Maria Letizia Amadori (Università degli Studi di Urbino Carlo Bo) Justus of Ghent in Urbino: painting materials and technique

18:30 – 18:45 Discussion

19:30 Conference Dinner

WEDNESDAY 15 MAY

Venue: Urbino, Galleria Nazionale delle Marche

10:00 Welcome by Luigi Gallo, Director of the Galleria Nazionale delle Marche
Welcome by Maurizio Gambini, Mayor of the City of Urbino

Study of the Communion of the Apostles and visit to the Palazzo Ducale.

12:30 – 13:30 Lunch break (on your own)

Session on the artists in Urbino and Ghent

Chair Luigo Gallo (Galleria Nazionale delle Marche)

14:00– 14:20 Laura Baratin (Università degli Studi di Urbino Carlo Bo)Digital technologies to support art-historical analysis: a comparative research of Giovanni Santi’s Communion of St Peter and Giusto di Gand’s Communion of the Apostles.

14:20 – 14:40 Fernando Marías (Universidad Autónoma, Madrid)From “Petrus Hispanus“ to “Magister Petrus Spagnuolus”: Pedro Berruguete?

14:40 – 15:00 Maryan Ainsworth & Sophie Scully (The Metropolitan Museum, New York)The Met Adoration of the Magi and its Relationship to the Giusto di Gand/Joos van Wassenhove Group

15:00 – 15:20 Machtelt Brüggen Israëls (Universiteit van Amsterdam)Purposing and Painting the Studiolo in Urbino

15:20 – 15:40 Discussion

15:40 – 16:10 Coffee break

Chair: Bart Fransen (KIK-IRPA, Brussels)

16:10 – 16:30 José Juan Pérez Preciado (Museo del Prado, Madrid)The Calvary with Donors by a Ghent painter c. 1475

16:30-16:50 Nicola Christie & Lorne Campbell (The Royal Collection Trust)Federico da Montefeltro and others listening to a discourse

16:50 – 17:10 Till-Holger Borchert (Suermondt-Ludwig-Museum, Aachen)The design of landscape in Ghent painting at the time of Joos van Wassenhove and Hugo van der Goes

17:10 – 17:30 Discussion

17:30 – 17:45 Closing Remarks by Maximiliaan Martens (Ghent University)

Mon, 13 May 2024 13:30 – Wed, 15 May 2024 18:00 CEST

Urbino Via Saffi, 2 61029 Urbino Italy

Source : Giusto di Gand

Publié dans Colloque | Laisser un commentaire

Appel à contribution – Les appropriations de l’eau, de l’Antiquité à nos jours

L’eau est une ressource inégalement répartie et souvent convoitée. Le premier conflit historiquement documenté concerne déjà l’appropriation d’un territoire irrigué : la guerre qui opposa les cités mésopotamiennes de Lagash et d’Umma il y a près de 4 500 ans. Cet exemple illustre la question fondamentale de l’appropriation de l’eau, c’est-à-dire sa prise de contrôle par les acteur⋅ices afin de répondre à leurs besoins et de servir leurs intérêts. Ces acteur⋅ices peuvent être les pouvoirs politiques, les institutions religieuses, les communautés d’habitant⋅es ou encore les entreprises et les acteurs économiques.

Posséder l’eau, c’est soumettre la ressource et le territoire alentour à son pouvoir. Cependant, du fait de sa fluidité naturelle, il est particulièrement difficile de se l’approprier (Charbonnier, 2020 ; Fournier, Lavaud, 2012). C’est pourquoi les sociétés ont très tôt et de manière récurrente mis en place des processus juridiques, sociaux ou matériels, pour organiser l’exploitation de la ressource comme pour résoudre les conflits d’usage. On peut ainsi identifier la propriété juridique et économique sur les eaux, les restrictions physiques d’accès, l’affirmation par la guerre ou par le droit d’une souveraineté politique, l’aménagement des cours d’eau (Lemire, 2011)… Ces différentes stratégies dépendent des acteurs, de leurs échelles d’action ou de la situation hydrologique. Des raisons naturelles comme le flux amont/aval ou les différences saisonnières de débit, mais aussi anthropiques, posent également la question de la répartition de l’eau et encouragent parfois les acteur⋅ices à mettre en place des politiques de coopération voire de partage, dont la gestion comme bien commun est un exemple (Ingold, 2008). Enfin, les évolutions théoriques et écologiques récentes ont entraîné une remise en cause de l’appropriation humaine des cours d’eau, allant jusqu’à l’attribution d’une personnalité juridique à des rivières (O’Donnell, 2018).

Les processus d’appropriation peuvent être perturbés quand les sociétés peinent à garantir un approvisionnement suffisant, du fait d’épisodes environnementaux peu favorables (manque de pluviométrie, canicules, inondations qui rendent les eaux impropres à l’utilisation, gel, aridité, etc.). Dans les contextes de pénurie ou de risque de pénurie, les incertitudes mènent à des tensions plus ou moins fortes autour de l’accès à l’eau (se matérialisant de différentes manières, de la fraude au conflit) et questionnent la légitimité des acteur⋅ices à se l’approprier. Dans ces contextes de tension, cette légitimité des différentes entités (association, pouvoir public, administration) à arbitrer la répartition de la ressource est remise en cause, de même que leurs critères de gestion (Ingold, 2012, 2014, Locher, 2020). Ce sont alors les modalités d’appropriation de l’eau qui sont discutées, notamment son statut comme bien personnel ou bien commun. L’enjeu est aussi de hiérarchiser les activités consommatrices d’eau, de l’usage alimentaire et domestique aux moulins, de l’agriculture à l’industrie en passant par des usages ludiques ou récréatifs. On constate aussi comment, alors que la vulnérabilité de certaines de ces activités aux événements naturels diminue progressivement, ces hiérarchisations évoluent (Vidal-Naquet, 1993, Le Roy Ladurie, 1967).

Outre la pénurie, la contamination de l’eau par celles et ceux qui se l’approprient (de fait ou de droit) est aussi génératrice de tensions. Les activités artisanales comme la tannerie ou le lavage des laines sont des sources permanentes de pollution (Jarrige, Le Roux, 2017). À l’âge industriel, la dégradation des cours d’eau s’aggravent, ceux-ci étant de plus en plus exploités par les détenteur⋅ices des moyens de production, notamment dans le secteur textile (Gagnepain, 2021). En outre, du fait de l’urbanisation croissante des sociétés contemporaines, les cours d’eau sont souvent devenus des égouts à ciel ouvert, où se déversent massivement les déchets industriels et domestiques. 

L’impact sanitaire de ces pollutions n’est pourtant pas ignoré. Hippocrate voyait déjà dans la salubrité de l’eau (mais aussi celle de l’air et des sols) un élément essentiel au maintien de la bonne santé des individus. Jusqu’au XIXe siècle, la théorie hippocratique des miasmes est restée dominante dans les pays où la culture grecque a imprégné la pensée médicale. D’après cette théorie, les milieux insalubres rejetteraient des substances aussi invisibles que toxiques. Une fois polluée, l’eau contaminerait ainsi l’air, engendrant des épidémies (Fournier, 2010). La théorie microbienne avancée par Pasteur a battu en brèche cette conception miasmatique, mais elle n’affirme pas moins qu’une eau polluée est potentiellement vectrice de maladies.

De la même manière que les sociétés ont depuis longtemps produit des savoirs complexes sur la nocivité d’une eau insalubre, elles ont une conscience ancienne des modifications de leur environnement, et plus particulièrement des déséquilibres qui affectent le cycle de l’eau (Fressoz, Locher, 2020). Dès l’époque moderne, les débats se multiplient autour de l’influence néfaste de la déforestation, de son rôle dans la pluviométrie trop variable et dans la multiplication des sécheresses et des inondations, de même que dans la difficulté des sols à absorber l’eau de pluie et à renouveler les aquifères. Les questions d’appropriation se couplent alors d’enjeux de bonne gestion. Cette conscience d’un impact fort des activités humaines sur le cycle de l’eau n’empêche pas l’appropriation accrue de cette ressource par des activités de plus en plus consommatrices. Ce phénomène commence avec la révolution industrielle et s’accentue tout au long des XXe et XXIe siècles, alimentant le déséquilibre dans le cycle de l’eau et l’appauvrissement de la ressource. 

Depuis le début des années 2000, l’impact des sociétés humaines sur l’environnement est pleinement reconnu par les sciences du système Terre, avec l’entrée dans l’Anthropocène, époque dans laquelle l’humanité est une force géologique à part entière (Bonneuil, Fressoz, 2016). Dans cette époque, le dépassement de la limite planétaire de l’eau douce et la pollution des réservoirs naturels (mers et océans, cours d’eau, glaciers, aquifères) font des guerres de l’or bleu un sujet toujours très actuel, 4500 ans après le premier conflit lié à cette ressource.

Bibliographie

BONNEUIL C. FRESSOZ J.-B., L’événement Anthropocène. La Terre, l’histoire et nous, Paris, Seuil, 2016

CHARBONNIER P. Abondance et liberté. Une histoire environnementale des idées politiques, Paris, La Découverte, 2020

FOURNIER P., « Zones humides et “aérisme” à l’époque moderne », in Zones humides et santé. Actes de la journée d’étude 2008 du Groupe d’Histoire des Zones Humides, Paris, GHZH, 2010

Id., LAVAUD S. (dir.), Eaux et conflits dans l’Europe médiévale, Toulouse, Presses universitaires du Midi, 2012

FRESSOZ J.-B., LOCHER F., Les Révoltes du ciel. Une histoire du changement climatique, XVe-XXe siècles, Paris, Seuil, 2020

GAGNEPAIN Y., « Du canal de Roubaix à l’insalubrité de la vallée de l’Espierre. Une histoire environnementale du contrôle de l’eau par les industriels de Roubaix au XIXe siècle », Histoire Politique [En ligne], vol. 43, février 2021

INGOLD A., « Les sociétés d’irrigation : bien commun et action collective », Entreprises et Histoire, vol. 50, no. 1, 2008, p. 19-35

Id., « Conflits sur les eaux courantes en France au XIXe siècle entre administration et justice. De l’enchevêtrement des droits et des savoirs experts », in id., (ed.), Faire la preuve de la propriété. Droits et savoirs en Méditerranée (Antiquité – Temps modernes), Rome, Ecole française de Rome, 2012

Id., « Les communs au prisme de l’État au XIXe siècle. Propositions pour sortir l’histoire des communs de l’ombre portée de l’administration étatique », in LOCHER F. (dir.), La nature en communs. Ressources, environnement et communautés (France et Empire français, XVIIe-XIXe siècle), Paris, Champ Vallon, 2020

JARRIGE F. LE ROUX T., La contamination du monde. Une histoire des pollutions à l’âge industriel, Paris, Seuil, 2017

LE ROY LADURIE E., Histoire du climat depuis l’an mil, Paris, Flammarion, 1967

LEMIRE V., La soif de Jérusalem. Essai d’hydro-histoire, Paris, Éditions de la Sorbonne, 2011

O’DONNELL E., Legal Rights for Rivers: Competition, Collaboration and Water Governance, Londres, Rootledge, 2018

VIDAL-NAQUET P., Les ruisseaux, le canal et la mer. Les eaux de Marseille, Paris, L’Harmattan, 1993

Attendus 

Cet appel à communication s’adresse en priorité aux doctorant.e.s, post-doctorant.e.s et jeunes chercheur.euse.s. Les contributions pourront porter sur tous types de territoires, d’échelles géographiques et de périodes historiques. Il est cependant attendu de bien définir le cadre territorial et de s’appuyer sur un travail d’archives. 

Les communications devront durer 20 minutes et seront acceptées en français et anglais.

Les propositions doivent pouvoir s’intégrer dans un ou plusieurs des axes suivants :

  • modes de gouvernement et de gestion de l’eau
  • conflits d’usage et tensions entre acteurs
  • pollutions et qualité de l’eau
  • accessibilité et répartition de la ressource, inégalités d’accès

Calendrier

15 mars 2024 : date limite pour soumettre une proposition (2.000 signes), accompagnée d’un court CV

12 avril 2024 : sélection des propositions

12 juin 2024 : tenue de l’événement à l’université de Lille SHS (salle de séminaire de l’Institut de Recherches Historiques du Septentrion)

Contact

appropriationh2o@gmail.com

Publié dans Appel à contributions | Laisser un commentaire

Publication – Chiara Frugoni, « Au lit au Moyen Âge. Comment et avec qui »

Au Moyen Âge, le lit est un extraordinaire lieu de vie. On le trouve non seulement dans la traditionnelle chambre à coucher de tout un chacun, mais aussi dans quantité de lieux différents, prêt à accueillir des hommes et des femmes désireux de s’y reposer et de donner libre cours à leurs pensées et à leurs émotions.

Symbole de reconnaissance sociale, refuge contre le froid et les vicissitudes de la nuit, le lit médiéval est la pièce maîtresse où l’on reçoit et s’entretient avec ses hôtes, où l’on prend ses repas, joue aux échecs ou tient des rendez-vous galants.

Au lit, au Moyen Âge, comment et avec qui. C’est cette histoire captivante, agrémentée d’illustrations somptueuses, que nous raconte la grande médiéviste Chiara Frugoni.

Informations pratiques :

Chiara Frugoni, Au lit au Moyen Âge. Comment et avec qui, Pris, Les Belles Lettres, 2024 ; 1 vol., 160 p. ISBN : 978-2-25145-513-6. Prix : € 21,00.

Source : Les Belles Lettres

Publié dans Publications | Laisser un commentaire

Publication – Heather A. Badamo, « Saint George Between Empires Image and Encounter in the Medieval East »

This volume examines Saint George’s intertwined traditions in the competing states of the eastern Mediterranean and Transcaucasia, demonstrating how rival conceptions of this well-known saint became central to Crusader, Eastern Christian, and Islamic medieval visual cultures.

Saint George Between Empires links the visual cultures of Byzantium, North Africa, the Levant, Syria, and the Caucasus during the Crusader era to redraw our picture of interfaith relations and artistic networks. Heather Badamo recovers and recontextualizes a vast body of images and literature—from etiquette manuals and romances to miracle accounts and chronicles—to describe the history of Saint George during a period of religious and political fragmentation, between his “rise” to cross-cultural prominence in the eleventh century and his “globalization” in the fifteenth. In Badamo’s analysis, George emerges as an exemplar of cross-cultural encounter and global translation.

Featuring important new research on monuments and artworks that are no longer available to scholars as a result of the occupation of Syria and parts of Iraq, Saint George Between Empires will be welcomed by scholars of Byzantine, medieval, Islamic, and Eastern Christian art and cultural studies.

Heather A. Badamo is Assistant Professor in the Department of the History of Art and Architecture at the University of California, Santa Barbara.

Informations pratiques :

Heather A. Badamo, Saint George Between Empires Image and Encounter in the Medieval East, University Park Penn State University Press, 2023 ; 1 vol., 264 p. ISBN : 978-0-271-09522-6. Prix : USD 119,95.

Source : Penn State University Press

Publié dans Publications | Laisser un commentaire

Publication – Jean-Pierre Maisonnas, « Mérindol et Cabrières. Vaudois, Garrigue, permis de tuer »

Cette Provence chatoyante et rugueuse à la fois, durablement attachée à ses traditions, résiste à la normalisation voulue par son nouveau Prince, François Ier. En sus des avanies, climatiques ou sanitaires, les guerres de religion naissantes ravagent tout. Cette terre aride se fertilisera donc au Moyen-Âge des flots de sang déversés par une inoubliable tragédie judiciaire.

Pas encore protestants, mais déjà jugés hérétiques, les « vaudois » se heurtent à l’Église. En novembre 1540, le Parlement de Provence condamne vingt d’entre eux à mort. En avril 1545, les mêmes magistrats exécutent, dans la déraison, leur sentence. Résultat : 3 000 tués au moins !


Malgré cette époque où la vie ne vaut rien, le scandale ternit l’image du pays. Comment la France de la Renaissance, des artistes et de la tolérance, a-t-elle pu atteindre ce point d’inhumanité ?

L’auteur plonge, en professionnel des tribunaux depuis un demi-siècle, dans les coulisses de ce chaos. À partir de documents inédits et des travaux antérieurs, il fournit une autopsie détaillée du cheminement qui mène une juridiction à l’horreur. Le constat tombe, effrayant : il suffit d’un juge banal qui respecte les procédures ordinaires.

À l’occasion de drames récents, avons-nous imaginé des solutions meilleures que celles d’Henri II ?

Jean-Pierre Maisonnas est docteur en histoire du droit. Après avoir enseigné et longuement étudié les règles de la profession d’avocat à laquelle il appartient depuis un demi-siècle, il a écrit sur ses confrères français de l’autre côté du monde. Il s’est aussi longtemps penché sur des épisodes historiques marquants de la vie des pauvres gens, tant lors de la 2ème Guerre mondiale, objet d’un roman et d’un essai, que du Moyen Âge dans cette Provence qu’il chérit tant.

Jean-Pierre Maisonnas, Mérindol et Cabrières. Vaudois, Garrigue, permis de tuer, Paris, L’Harmattan, 2024 ; 1 vol., 274 p. ISBN : 978-2-336-40486-8. Prix : € 28,00.

Source : L’Harmattan

Publié dans Publications | Laisser un commentaire

Colloque – Hagiographie interdisziplinär: Aktuelle Themen und Tendenzen in der hagiographischen Forschung

Der Arbeitskreis für hagiographische Fragen widmet sich seit 1994 der interdisziplinären und internationalen Vernetzung von Forschung, die sich unter anderem mit der Hagiographie, den Heiligen, der Materialität des Sakralen, der Liturgie und religiösen Praxen in Zusammenhang mit dem Kult befasst. Die Fragestellungen, mit denen sich der Arbeitskreis beschäftigt, gehören dabei den Geschichts- und Literaturwissenschaften, der Theologie und Kirchengeschichte, der Kunstgeschichte und Archäologie, der Religionswissenschaft und Anthropologie an.

Zum 30jährigen Bestehen des Arbeitskreises stellt die Tagung die methodischen Herausforderungen einer Beschäftigung mit hagiographischen Fragen in den Mittelpunkt und bietet aktuellen Forschungsinteressen und -vorhaben unterschiedlicher Fächer ein Forum. Sie soll die Forschungsfelder hagiographischer Forschung ausloten, zum methodischen Austausch anregen und nach künftigen Aufgaben und Arbeitsfeldern fragen. Was leistet das eigene Fach zur Erforschung hagiographischer Fragen, was kann eine interdisziplinäre Öffnung erreichen? Welche Aufgaben stellen sich einer künftigen, international ausgerichteten Hagiographie-Forschung?

Mittwoch, 10. April 2024

18:00 Uhr
Abendessen

Kennenlernen in der Denkbar

Donnerstag, 11. April 2024

08:00 Uhr
Frühstück

09:00 Uhr
Begrüßung und Einführung
Julia Weitbrecht (Köln) / Andreas Bihrer (Kiel) / Felicitas Schmieder (Hagen) / Johannes Kuber (Stuttgart)

Panel 1: Religiöse Modelle und Beschreibungsmöglichkeiten
Moderation: Andreas Bihrer

09:30 Uhr
Hagiographie und (evangelische) Theologie. Eine nicht immer einfache Beziehung und ihr interdisziplinäres Potenzial
Peter Gemeinhardt (Göttingen)

10:30 Uhr
Kaffee & Butterbrezeln

11:00 Uhr
Alternative Konzepte? Subalterne Kritik? Christliche Lebensentwürfe in der mittelalterlichen Hagiographie
Daniela Blum (Aachen)

12:00 Uhr
Mittagessen

13:30 Uhr
Bibel und Hagiographie im lateinischen Frühmittelalter. Grundlinien einer Rezeptions- und Transfergeschichte
Gordon Blennemann (Montréal)

Panel 2: Hagiographie – Legende – Mirakel. Abgrenzungen und Interferenzen
Moderation: Felicitas Schmieder

14:30 Uhr
Holy Mothers. An Interdisciplinary Approach to Hagiographical Motherhood
Stavroula Constantinou (Nikosia)

15:30 Uhr
Kaffee & Kuchen

16:00 Uhr
Stiefkinder mit Potential. Mirakel als Aufgabe einer germanistischen Legendenforschung
Nina Nowakowski (Magdeburg/Mainz)

17:00 Uhr
Heilige Jungfrau, schmerzensreiche Mutter, demütige Magd und la Conquistadora. Die Transformationen des Erzählens von Maria im 16. Jahrhundert
Marina Münkler / Antje Sablotny (Dresden)

18:00 Uhr
Abendessen

19:30 Uhr
Round Table: 30 Jahre Arbeitskreis für hagiographische Fragen
Cordelia Hess (Greifswald) / Elke Koch (Berlin) / Hedwig Röckelein (Göttingen)
Moderation: Klaus Herbers

gesellige Runde in der Denkbar

Freitag, 12. April 2024

08:00 Uhr
Frühstück

Panel 3: Praktiken im Umgang mit dem/den Heiligen
Moderation: Matthias Kloft

09:00 Uhr
Hagiographie als extrakanonische Heterotopie. Zum Spannungsfeld zwischen Person und Patrocinium, Reliquie und Text sowie Liturgie und Historiographie
Jörg Bölling (Hildesheim)

10:00 Uhr
Fragmentierte Narrationen in Leben-Jesu-Darstellungen
Susanne Wittekind (Köln)

11:00 Uhr
Kaffee & Butterbrezeln

Panel 4: Methodische Herausforderungen rezenter Hagiographieforschung
Moderation: Matthias Kloft

11:30 Uhr
Eine neue Einführung in die deutschsprachige Bibel- und Legendenepik des Mittelalters. Werkstattbericht
Norbert Kössinger (Bamberg) / Rabea Kohnen (Wien)

12:30 Uhr
Mittagessen

Moderation: Felicitas Schmieder

15:00 Uhr
Die Formalisierung der Vielgestalt? Zu den Möglichkeiten konzeptueller Digitalität in der Hagiographieforschung
Patrick Nehr-Baseler (Kiel)

16:00 Uhr
Kaffee & Kuchen

16:30 Uhr
Hagiographische Handschriften als Plattformen von Wissensvernetzung
Maximilian Diesenberger (Wien)

18:00 Uhr
Abendessen

19:30 Uhr
Öffentlicher Abendvortrag
Heiligenforschung in Bewegung. Zwischen Textualität und Materialität
Hedwig Röckelein (Göttingen)

gesellige Runde in der Denkbar

Samstag, 13. April 2024

08:00 Uhr
Frühstück

Panel 5: Heilige in Prozessen der Identifikation und produktiven Aneignung
Moderation: Julia Weitbrecht

09:00 Uhr
Heilige predigen. Hagiographische Modellierungen religiöser Rede
Elke Koch (Berlin)

10:00 Uhr
Faszinationstyp Hagiographie im bürgerlichen Zeitalter
Nicolas Detering (Bern)

11:00 Uhr
Kaffee & Butterbrezeln

11:30 Uhr
Heiligkeit und Identität. Impulse aus der angloamerikanischen Forschung
Eva von Contzen (Freiburg)

12:30 Uhr
Schlussdiskussion

13:00 Uhr
Mittagessen
Ende der Tagung

Informations pratiques :

11.04.2024, 09:00 Uhr – 13.04.2024, 14:00 Uhr,

Tagungsleitung

Prof. Dr. Julia Weitbrecht, Universität Köln
Prof. Dr. Andreas Bihrer, Universität Kiel
Prof. Dr. Felicitas Schmieder, Fernuniversität Hagen
Dr. des. Johannes Kuber, Akademie der Diözese Rottenburg-Stuttgart

Wenn Sie als Studierende Interesse an einem Stipendium für diese Tagung haben, melden Sie sich bitte bei Johannes Kuber (kuber@akademie-rs.de). Der Förderverein der Akademie kann bei entsprechender Eignung die Kosten bis auf einen geringen Eigenanteil übernehmen. (Rechtsweg ist ausgeschlossen.) 

Akademie der Diözese Rottenburg-Stuttgart
Fachbereich Geschichte
Assistenz: Simone Storck
Im Schellenkönig 61, 70184 Stuttgart
Tel: +49 711 1640 752
E-Mail: storck@akademie-rs.de

Source : Akademie der Diözese Rottenburg-Stuttgart

Publié dans Colloque | Laisser un commentaire

Conférence – « Une communauté de moniales cisterciennes en Namurois : l’abbaye Notre-Dame du Vivier au XVe siècle »

Fondée au cours des années 1230-1240 dans des circonstances qui restent à éclaircir, intégrée à l’ordre de Cîteaux en 1247 au plus tard, l’abbaye Notre-Dame du Vivier figure en bonne place parmi les communautés de moniales cisterciennes implantées en Namurois, aux côtés notamment des maisons de Salzinnes et de Boneffe. Alors que ses archives médiévales sont d’une richesse exceptionnelle – près d’un millier de chartes conservées, principalement en langue française – et que certains de ses bâtiments anciens sont encore en partie préservés, l’histoire de cette abbaye de femmes n’a curieusement jamais fait l’objet d’investigations approfondies. Tout au plus en connaît-on les grandes lignes pour la période médiévale.

L’objectif de cette intervention sera de mieux cerner l’histoire de cette institution au cours du 15e siècle – son âge d’or –, en ce compris sur des aspects encore largement méconnus. Trois aspects seront envisagés : a) Le recrutement des moniales et la composition de la communauté monastique ; b) Le cadre matériel et la topographie de Marche-les-Dames de Marche-les-Dames ; c) L’originalité des pratiques d’écriture adoptées par les moniales.

Cette présentation sera assurée par Justine Lohay (étudiante en Histoire de l’Art et Archéologie, Université de Liège), Lise Rappe (étudiante en Histoire, Université catholique de Louvain) et Adam Bertrand (étudiant en Histoire, Université de Namur), encadrés par Nicolas Ruffini-Ronzani (chef de travaux, Université de Namur et Archives de l’État à Namur).

Informations pratiques :

Abbaye Notre-Dame du Vivier, réfectoire

15 février 2024, 18h00-20h00

PAF : 10 € – Étudiants : 5 €. – Réservation par mail indispensable : info@andv.be

Publié dans Colloque | Laisser un commentaire

Journée d’étude – Les Capétiens au XIIe siècle

Le XIIe siècle est reconnu depuis longtemps comme le temps de l’essor de la dynastie capétienne. Les grandes étapes en sont bien connues. Philippe Ier louvoie entre le pape et l’empereur; Louis VI remet en ordre le domaine; Louis VII prend la tête de la croisade et veut imposer la paix dans le royaume; Philippe Auguste met à bas les Plantagenêts et s’expose à Bouvines. Solidement documentée par les travaux des historiens depuis l’école méthodique et renouvelée par l’essai récent de Dominique Barthélemy (La France des Capétiens, 987–1214,2012), l’étude du XIIe siècle continue à faire l’objet de recherches actives. Celles-ci portent sur l’abbaye de Saint-Denis, les relations avec la papauté et les évêques, la chevalerie ou les grandes familles aristocratiques, sans oublier la vision que donnent de la période les œuvres d’une littérature en pleine floraison. La journée d’étude sera l’occasion de faire le point sur les travaux en cours, qu’ils portent sur les sources (corpus documentaires, cartulaires et chroniques) ou sur les thèmes en lien avec la royauté capétienne.

Programme :

9.00 Accueil
9.15 Mot de bienvenue – Klaus Oschema (IHA)

1ère section
Présidence: Laurent Morelle (EPHE)

9.45 Introduction – Rolf Große (IHA) et Xavier Hélary (Sorbonne Université)

10.15 Thomas Kohl (univ. Passau) – Suger, der Kaiser und die Kapetinger – ein neuer Blick auf den Tag von Saint-Denis 11.00 Pause-café

11.30 Jean-Charles Bédague (Archives de France) – Louis le Jeune en ses actes ou Pourquoi éditer un »Recueil des actes de Louis VII« au XXIe siècle?

12.15 Anne Greule (univ. Göttingen) – Studium et regnum revisité. État des lieux et potentielles pistes de recherches

13.00 Déjeuner

2ème section
Présidence: Claire Lamy (Sorbonne Université)

14.30 Thomas Lacomme (univ. Namur, FNRS) – Les comtes de Champagne et les Capétiens au XIIe siècle

15.15 Fanny Madeline (univ. Paris 1 Panthéon-Sorbonne) – La circulation des femmes entre Capétiens et Plantagenêt. Un objet d‘histoire politique, de la parenté et du genre

16.00 Pause-café

16.30 Frédérique Lachaud (Sorbonne Université) – Louis VII et les affaires du royaume de France vus par les chroniqueurs anglais: une vision périphérique?

17.15 Conclusions – Dominique Barthélemy (Sorbonne Université)

Informations pratiques :

11 mars 2024, 9h-17h30
Institut historique allemand

Inscription pour une participation sur place: event@dhi-paris.fr
Inscription pour une participation en ligne: Zoom

Événement en français et en allemand.

Source : Institut historique allemand
 

Publié dans Colloque | Laisser un commentaire

Appel à contribution – Cultural History of Monarchy

Call for Chapter proposals

Cultural History of Monarchy with Bloomsbury Cultural History Series

Deadline: 15 March 2024

The editorial team for Bloomsburyʼs Cultural History of Monarchy welcome proposals for the six volumes in our collection. Please note that this call is different to a normal edited collection where authors propose topics on varied subjects which relate specifically to their research. Instead, we are looking for proposals from authors who are interested in writing one of the specific chapters (see information below) in one of the particular volumes of the series.

For full details of the call, the structure and editorial team of the publication, and general guidance, click here to download a PDF of the full call.

If you have any questions about the Cultural History of Monarchy collection or the proposal process or experience any technical difficulties with the submissions form, please contact the General Editor, Dr Elena (Ellie) Woodacre (Ellie.Woodacre@winchester.ac.uk)

Source : Royal Studies Network

Publié dans Appel à contributions | Laisser un commentaire