Publication – « Ars et commentarius. La grammaire dans le commentaire de Servius à Virgile », éd. Alessandro Garcea et Daniel Vallat

La grammaire présente dans le commentaire de Servius à Virgile reste encore peu connue. Mélangées à de nombreuses notes de toutes sortes, les scolies grammaticales constituent des remarques ad locum et forment un discours fragmenté et nécessairement partiel. Les seize contributions du présent volume mettent en valeur ce contenu grammatical en s’intéressant à la portée pédagogique, artigraphique et philologique de l’ars commentarii de Servius.

Alessandro Garcea est Professeur de Littérature latine et histoire des textes à Sorbonne Université.

Daniel Vallat est Maître de conférences en Latin et Grec à l’Université Lumière Lyon 2.

Table des matières :

Ars et commentarius. Pour une étude de la grammaire dans le commentaire virgilien de Servius (Alessandro Garcea)

I. Aperçu général de la grammaire et de la pédagogie de Servius
Qu’y a-t-il de « grammatical » dans le commentaire de Servius à Virgile ? (Frédérique Biville)
Learning Latin Grammar with Servius (Frances Foster)
La grammatica di Servio. Prime esplorazioni (Massimo Gioseffi)

II. Les catégories grammaticales
La declinatio nel commento serviano a Virgilio (Concetta Longobardi)
Gerunds, Supines and Participles: The modus gerundi in Servius’ Vergil Commentaries and the Latin Grammarians (Robert Maltby)
Quod ad omnes pertinet: The Impersonal in Servius’ Commentaries (Juliana Wekel)
Exempla elocutionum in Servio (Michela Rosellini)
Servius et l’antiptose (Daniel Vallat)

III. Les exemples linguistiques : modèles et anti-modèles
I difetti del poeta: il soloecismus in Servio (Maria Luisa Delvigo)
Servio e le Verrine (Paolo De Paolis)
Frequency as an Indicator of Regular Language in Servius’ Commentaries (Ute Tischer)

IV. Les frontières de l’ars commentarii
Servius entre philologie et grammaire (Fabio Stok)
Etymologia and Varronian Etymology in Servius (Jared Hudson)
Cornutus’ Fragments in the Virgil Commentarii of Servius (Gemma Bernadó Ferrer)
Concilier la perfection du texte virgilien et l’évolution de la langue. Servius et les réflexions linguistiques de Caper et Asper (Janyce Desiderio)

Index locorum antiquorum

Informations pratiques :

Ars et commentarius. La grammaire dans le commentaire de Servius à Virgile, éd. Alessandro Garcea et Daniel Vallat, Tunrhout, Brepols, 2022 ; 1 vol., 324 p. (Lingua Patrum, vol. 14). ISBN : 978-2-503-59375-3. Prix : € 150,00.

Source : Brepols

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Publication – « Encomium Emmae Reginae / Éloge de la reine Emma par un clerc de Flandre », éd. Françoise Orange

En 1002, Emma, jeune princesse normande, arrive en Angleterre pour épouser le roi anglo-saxon Æthelred II. Le pays est alors en proie à des incursions répétées des Vikings et, quand Æthelred meurt en 1016, le Danois Cnut devient roi d’Angleterre et épouse Emma, veuve de son adversaire. Celle-ci règne avec lui jusqu’en 1035.

Après la mort de Cnut, la continuité dynastique est assurée en la personne d’Emma, épouse de deux rois (Æthelred et Cnut) et mère de deux autres rois (Harthacnut et Édouard le Confesseur). Sans Emma, Guillaume le Conquérant n’aurait jamais pu prétendre à la couronne d’Angleterre.

L’Encomium Emmae reginae, commandité par la reine, rend compte de cette période troublée. La présente édition en offre la première traduction en français. Le texte a été établi en reprenant l’examen du manuscrit du XIe siècle et en tenant compte d’un nouveau manuscrit du XIVe siècle, découvert en 2008, qui oriente différemment les visées de cet éloge.

Cet ouvrage de Françoise Orange, agrégée de l’université, présente le texte latin, une traduction française et un commentaire à la fois historique et littéraire.

Informations pratiques :

Encomium Emmae Reginae / Éloge de la reine Emma par un clerc de Flandre, éd. Françoise Orange, Caen, Presses universitaires de Caen, 2022 ; 1 vol., 220 p. (Fontes et paginae). ISBN : 978-2-38185-174-7. Prix : € 18,00.

Source : Presses universitaires de Caen

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Publication – Myra Miranda Bom, « Constance of France. Womanhood and Agency in Twelfth-Century Europe »

Constance of France: Womanhood and Agency in Twelfth-Century Europe is a biography of Constance of France, sister of King Louis VII of France. Myra Bom recovers Constance’s life story and puts it in its medieval context by examining the historical evidence of chronicles, charters, seal imprints and letters. The countess’s long and interesting life makes for women’s history with a large geographical scope, including France, England, Toulouse and the Latin East. It touches on many aspects of life during the Middle Ages such as birth, marriage and divorce, gender roles, experience of time, and expectation for the afterlife. Bom demonstrates how and to what extent medieval women could, and did, take control of their own lives. This book is an account of the interplay of historical context and agency. 

Table des matières : ici

Informations pratiques :

Myra Miranda Bom, Constance of France. Womanhood and Agency in Twelfth-Century Europe, Londres, Palgrave Macmillan, 2022 ; 1 vol., 316 p. (The New Middle Ages). ISBN : 978-3-031-10428-2. Prix : € 105,99.

Source : Palgrave Macmillan

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Publication – Paolo Delogu, « Roma all’inizio del Medioevo. Storie, luoghi, persone (secoli VI-IX) »

Nei primi secoli del medioevo Roma, dopo aver perduto il ruolo di capitale dell’antico impero mediterraneo, si trasforma nel cuore morale di una nuova realtà – l’Europa continentale uscita dalle invasioni barbariche – e recupera in forme inedite la centralità e il prestigio di una capitale. Vicende politiche, trasformazioni sociali, modi di vita, dibattiti teologici, grandi personalità di papi costituiscono l’oggetto di questo libro, che narra in modo limpido e appassionante lo svolgersi degli eventi, soffermandosi in particolare sulle straordinarie manifestazioni artistiche nelle quali si espresse lo spirito dell’epoca.

Table des matières :

Presentazione
1. Il secolo VI
Il secolo VI a Roma. Uno sguardo d’insieme

Il ritorno di Roma all’impero/La gestione della città: la chiesa di Santa Maria Antiqua/La gestione della città: la chiesa di San Teodoro/La gestione della città: l’officina di piazza Madonna di Loreto/Il Liber pontificalis/San Lorenzo fuori le mura/Gregorio Magno/San Pietro/La custodia della città
2. Il secolo VII
Il secolo VII a Roma. Uno sguardo d’insieme

Dopo Gregorio Magno/Santa Agnese/Monotelismo/Nuove immagini, nuove devozioni/San Saba/Santa Maria Antiqua: i primi cicli pittorici/Crypta Balbi/La cultura materiale dei Romani/Devozioni orientali/La città dei martiri/Anglosassoni a Roma/La nuova società cittadina/La risposta del papato: Sergio I/Greci e Latini I
3. Il secolo VIII
Il secolo VIII a Roma. Uno sguardo d’insieme

Giovanni VII/L’adorazione del Cristo crocifisso in Santa Maria Antiqua/Il viaggio del papa Costantino a Costantinopoli/Greci e Latini 2 /I Romani e il papa. Consensi e conflitti/Iconoclastia/L’iconoclastia a Roma/ Gregorio III/San Crisogono/Diaconie/I patroni delle diaconie/L’oratorio del primicerio Teodoto/Le difficoltà della moneta/Domuscultae/La Repubblica dei Romani/Le nuove strategie del papato/Il papa Silvestro e l’imperatore Costantino/Il primicerio Cristoforo/Forestieri a Roma. Pellegrini e residenti/Gli itinerari di Einsiedeln/Adriano I/Carlomagno pontefice romano?/Riusi e trasformazioni
4. Il secolo IX
Il secolo IX a Roma. Uno sguardo d’insieme

Il papa Leone III/Il triclinio lateranense/Il ritorno dell’impero a Roma/Le chiese di Roma/Santi Nereo e Achilleo/Le chiese del papa Pasquale I/Il papa, l’impero e i Romani dopo Carlomagno/Furti sacri/Gregorio IV/Le chiese di Gregorio IV/Il mare e i suoi pericoli/La ricerca della sicurezza/Il muro di Leone IV/Le chiese di Leone IV/Un’altra Città Leoniana/Il papa, i Romani e l’impero a metà del IX secolo/Mutamenti e fine del Liber pontificalis/L’economia urbana/Le dimore dei Romani/I costumi dei Romani/Devozioni e committenze private/Giovanni VIII/La fine di un esperimento
Bibliografia
Indice delle chiese e di altri luoghi di interesse

Informations pratiques :

Paolo Delogu, Roma all’inizio del Medioevo. Storie, luoghi, persone (secoli VI-IX), Rome, Carocci, 2022 ; 1 vol., 428 p. (Biblioteca di testi e studi). ISBN : 978-8-82901-696-9. Prix : € 44,00.

Source : Carocci

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Publication – « Archéologie hospitalière en France du Moyen Âge aux Temps modernes », dir. Bruno Tabuteau

« À partir du XIIe siècle principalement, un acteur majeur, sinon politique et administratif comme lieu de pouvoir, du moins social et économique et fréquemment enjeu de pouvoir, intervient dans la transformation du paysage médiéval : c’est l’hôpital, qui accueille pauvres, malades et pèlerins. L’hôpital ou la léproserie est un établissement religieux à part entière, un locus religiosus au regard du droit canon, couramment constitué en prieuré et normalement placé sous la tutelle et protection éminente de l’évêque, nonobstant celle d’autorités concurrentes proprement ecclésiastiques (monastères et couvents, collégiales, ordres religieux, recteurs paroissiaux…) ou séculières (patrons laïques, communautés d’habitants, confréries…).

Les colloques consacrés aux hôpitaux et aux léproseries se sont enchaînés ces dernières décennies, qui ont fait sa place à l’archéologie pour nous renseigner sur l’espace et le bâti hospitaliers, l’insertion dans l’environnement, la vie matérielle, les populations accueillies.

Et parce que les fouilles de sites hospitaliers n’ont pas non plus cessé en France, le CAHMER a choisi, au titre des activités de son axe d’études hospitalières, d’inaugurer sur ce thème le cycle de ses « Archéologiques ». À l’occasion de la toute première réunion exclusivement dédiée à l’archéologie hospitalière précontemporaine, les chercheurs ont eu le loisir d’exposer les résultats de leurs travaux et d’échanger sur leurs problématiques, méthodes, pratiques et objectifs dans ce domaine particulier de la connaissance historique ».

Table des matières :

Hommages à Michel Rouche et à Philippe Contamine.

. Joël Schwerdroffer, Avant-propos.

. Bruno Tabuteau, Introduction.

. Patrick Chopelain, Du mythe de fondation aux vestiges matériels. Approche archéologique et historique d’un complexe hospitalier médiéval : l’hôpital du Saint-Esprit de Dijon.

. Stéphane Ardouin, L’apport des fouilles archéologiques pour la connaissance de l’Hôtel-Dieu de Lyon entre les xiiie et xixe siècles.

. Guillaume Lassaunière, Jérôme Tellier, Les grands travaux du xviie siècle à l’hôpital Notre-Dame de Seclin (Nord) : lecture historique, archéologique et architecturale.

. Françoise Paone, Philippe Mellinand, collab. Josiane Cuzon, L’Hôtel-Dieu de Marseille, évolution d’un ensemble hospitalier (xviie–xixe siècles).

. Philippe Calmettes, Michel Pichon, Brigitte Véquaud, La Maison-Dieu de Montmorillon (86). Résultats du diagnostic archéologique réalisé en 2016.

. Christian Scuiller, Orthez, un couvent, un hôpital et un cimetière : histoires croisées.

. Isabelle Abadie, L’hôpital de la Trinité à Paris (xiiie–xviiie siècle).

. Richard Jonvel, La prise en charge des épidémies à Amiens (xvie–xviie siècle) : la fouille partielle du cimetière des pestiférés de la paroisse Saint-Leu.

. Dominique Pouille, collab. Françoise Labaune-Jean, Véronique Montembault, Françoise Bouchet, Jean-Claude Paichelier, Le dépotoir de l’hôpital Sainte-Anne de Rennes. Témoignages mobiliers, animaliers et végétaux illustrant les dernières années de fonctionnement d’une structure hospitalière au début du xvie siècle.

. Lise Levieux et Bénédicte Guillot, Les premiers hôtels-Dieu de Rouen. Nouvelles données historiques et archéologiques.

. Johanne Lautridou et Sarah Le Beurier, La léproserie du Goulley à Condé-sur-Vire (50) : approche historique et archéologique.

. Julie Demar, Les institutions charitables à Noblat entre le xiie et le xvie siècle.

. Clément Fleury, Hospitalité et rang urbain dans les villes-têtes de l’Aquitaine médiévale.

Informations pratiques :

Archéologie hospitalière en France du Moyen Âge aux Temps modernes, dir. Bruno Tabuteau, Compiègne, CAHMER, 2023 ; 1 vol., 470 p. (Histoire médiévale et archéologie, 36). Prix : € 30,00.

Source : CAHMER

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Publication – Bruno of Merseburg, « The Saxon War », trad. Bernard S. Bachrach et David S. Bachrach

Bruno, a cleric who served the archbishop of Magdeburg and subsequently the bishop of Merseburg during the course of the 1060s to the 1080s, composed one of the most important historical works treating the tumultuous period in the history of the German kingdom in the second half of the eleventh century. Bruno’s main focus in his Saxon War is the civil wars that engulfed the German kingdom from the mid 1060s through the end of the 1080s. However, as a historian of contemporary affairs, Bruno also offers crucial insights regarding the so-called Investiture Controversy, which Bruno treats largely as a political conflict between a tyrannical German ruler and the Saxons with some papal intervention, social conflict within the German kingdom, as well as the development of economic and military institutions.

Unlike his contemporary Lampert of Hersfeld, Bruno was closely connected to the foremost leaders of the Saxon resistance against King Henry IV, and provides unique insights regarding their plans, hopes, and fears. Bruno also provides nearly two dozen full-text copies of letters that were sent by the main participants in the intra-German conflict as well as ten letters from Pope Gregory VII, four of which do not appear in any other source including the papal register.

An additional important feature of Bruno’s history is that he treats military matters in an extraordinarily detailed manner, and is the most important narrative source for understanding the conduct of war during the second half of the eleventh century. Bruno’s detailed treatment of military matters is based upon his very extensive contacts with leading military figures, as well as his own personal observations regarding the numerous battles that punctuated the struggle between the Saxons and their erstwhile ruler.

In sum, Bruno offers both unique perspectives and unique information about a crucial period in both German and European history, which make this text valuable not only for scholars, but also for a broader audience interested in the political, religious, and particularly military history of the eleventh century. This will be the first English translation of this work.

Bernard Bachrach is professor emeritus of history at the University of Minnesota. David Bachrach is professor of medieval history at the University of New Hampshire. They are the translators of Widukind of Corvey’s Deeds of the Saxons (CUA Press).

Informations pratiques :

Bruno of Merseburg, The Saxon War, trad. Bernard S. Bachrach et David S. Bachrach, Washington, The Catholic University of America Press, 2022 ; 1 vol. ISBN : 978-0-81323-496-0. Prix : USD 29,95.

Source : The Catholic University of America Press

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Publication – Gur Zak, « Boccaccio and the Consolation of Literature »

The reader of Boccaccio’s voluminous writings, from the early Filocolo through the Decameron and to the later Epistles, cannot help but marvel at the pervasive engagement with the power and reach of consolation. Time and again, his protagonists suffer heartache and tribulation and seek comfort in the words of others or, significantly, in the reading of literature. These scenes are accompanied, tellingly, by the author’s own declarations for the care and solace of his readers. Although scholars have long recognized its importance, this wide-ranging and multifaceted exploration of the consolatory value of literature has not received the attention it deserves. Boccaccio and the Consolation of Literature is the first sustained study of Boccaccio’s consoling fictions as well as his reflections on the way literature can, and should, offer solace.

Across five interlocking chapters, the book analyzes the affective, exemplary, and cognitive modes of consolation that mark the poet’s works; but it also underlines the critical dialogue with the ancient and medieval traditions Boccaccio inherits. While his narratives introduce figures and tropes that expound Stoic, Boethian, and Dantesque views of consolation – calling to overcome sorrow through curbing the passions that lead to grief – Boccaccio repeatedly dramatizes the limits of these traditions. In laying bare these limits and inviting readers instead to find comfort in shared sorrow or in the active pursuit of worldly desires Boccaccio fashions a new vision of consolatio for the later Middle Ages.

Gur Zak teaches in the Departments of Comparative Literature and Romance Studies at The Hebrew University of Jerusalem. He is the author of Petrarch’s Humanism and the Care of the Self (2010). His articles have appeared in I Tatti Studies in the Italian Renaissance, MLN, and Speculum, among other journals.

Informations pratiques :

Gur Zak, Boccaccio and the Consolation of Literature, Turnhout, Brepols, 2022 ; 1 vol., X–216 p. (Studies and Texts, 229). ISBN : 978-0-88844-229-1. Prix : € 95,00.

Source : Brepols

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Appel à contribution – Consommer et produire dans le monde rural du Midi de la France au Moyen Âge

L’économie de l’Occident médiéval, bien qu’animée au gré du développement des réseaux commerciaux et de la vitalité des villes, ne cesse de reposer sur les productions du monde agro-pastoral. La diversité de ces biens acquis ou transformés (faune et flore sauvages, plantes cultivées, produits de l’élevage, minéraux…) dépend de l’adaptation des sociétés rurales à leur environnement, des réseaux d’échanges qui les animent, ainsi que de leurs stratégies d’aménagement des territoires. Leurs évolutions au fil du Moyen Âge témoignent du dynamisme et de la polyvalence d’une paysannerie agricultrice, éleveuse, bûcheronne ou encore mineuse de matières premières et consommables indispensables à la structuration du monde rural, mais aussi à la survie des sphères alimentaires et artisanales urbaines.

La recherche archéologique et historique autour des relations entre sociétés médiévales et environnement a connu par le passé un fort engouement. Par une analyse croisée de l’état d’expansion des terres cultivées, de la démographie des sociétés rurales, ainsi que de leur niveau de développement technique, ces travaux ont accru notre compréhension de l’exploitation agro-pastorale médiévale (Bois, 1990). Le caractère dynamique et la plasticité des structures sociales qui ont pu être décelés au fil de ces études ont remis en cause les clichés historiographiques d’une économie rurale refermée sur elle-même ou figée dans des contraintes domaniales héritées de l’Antiquité tardive (Devroey, 2006).

Toutefois, l’état de nos connaissances sur les pratiques de consommation et de production de ces sociétés rurales demeure encore à ce jour bien lacunaire. Depuis une quinzaine d’années, l’archéologie préventive a accumulé une masse considérable de données relatives aux formes de l’habitat rural, à la diversité de ses activités ainsi qu’aux interactions entre sa population et le terroir environnant. Dans le même temps, historiens et historiens des arts ont, à l’aune des problématiques écologiques actuelles, accompli une relecture des visions et attentes des populations de l’Occident médiéval vis-à-vis de leurs environnements et plus largement de la nature (Mouthon, 2017). Enfin, le développement de la bioarchéologie, au travers de méthodes novatrices, a permis de mettre en lumière des pans entiers de l’histoire des campagnes médiévales jusqu’alors inaccessibles par les sources traditionnelles (e.g. Forest et Rodet-Belarbi, 2011 ; Ros 2020).

La création d’un espace de dialogue entre archéologues, historiens et historiens de l’art du monde rural est indispensable à la mise en concordance de tous ces savoirs. A la suite d’une première édition ayant permis en 2018 la rencontre d’archéobiologistes, archéologues du bâti et historiens autour du thème de l’économie de la sphère agro-pastorale, cette deuxième rencontre se veut une opportunité de croiser l’ensemble des récents travaux ayant permis d’appréhender les formes des paysages ruraux du Midi médiéval, ainsi que les modes de son exploitation par les sociétés humaines. De tels échanges, autour des nouvelles découvertes et récentes avancées des sciences humaines, constitueront la base d’un socle programmatique pour une recherche renouvelée sur l’évolution du monde paysan au cours des temps historiques.

Calendrier et modalités des soumissions

Les contributions sous forme d’un résumé de 2000 à 5000 signes (hors bibliographie et coordonnées de l’auteur·ice), comprenant un titre, une problématique, le nom de l’auteur·rice et son affiliation institutionnelle sont à envoyer à cyprien.mureau@umontpellier.fr

avant le 20 janvier 2023.

Une sélection définitive des propositions retenues sera faite pour le mercredi 25 janvier et la journée d’étude aura lieu le jeudi 30 mars. Le transport et l’hébergement sur place peuvent être pris en charge.

Coordination scientifique

C. Mureau (UMR 5554 ISEM, Montpellier), C. Puig (UMR 5608 TRACES, Toulouse), J. Ros (UMR 5554 ISEM, Montpellier), C. Vaschalde (UMR 7298 LA3M, Aix-en-Provence)

Bibliographie

Bois G. (1990) – La croissance agricole du haut Moyen Age : le maçonnais au Xe siècle, in J.-B.Marquette (dir.) La croissance agricole du Haut Moyen Âge, Dixièmes Journées internationales d’histoire, 9-10-11 septembre 1988, Toulouse, Presses universitaires du Midi, Comité départemental du tourisme du Gers, p. 37-52.

Devroey J.-P. (2006) – Économie et société rurales du Haut Moyen Age occidental : lecture dynamique des sources, compréhension dynamique de la société, Bulletin de la Classe des lettres et des sciences morales et politiques, 17, 1-6, p. 77-99.

Forest V., Rodet-Belarbi I. (2011) – Viandes animales en Languedoc-Roussillon rural médiéval : bilan 2010, in J. Klapste (coord.), Processing, Storage, Distribution of food – food in the medieval rural environment, Actes du congrès international Ruralia VIII, série Ruralia, éds Brépols, Prague, p. 91-112.

 Mouthon F. (2017) – Le sourire de Prométhée. L’homme et la nature au Moyen Âge, Paris, La Découverte, 320 p.

Ros J. (2020) – 2000 ans d’agriculture en Roussillon, Productions végétales et terroirs protohistoriques, antiques et médiévaux, Éditions Mergoil, collection Archéologie des Plantes et des Animaux, 07, 230 p.

Source : Calenda

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Appel à contribution – La sculpture bourguignonne du XVe siecle

11-13 décembre 2023 à Dijon

Le comité d’organisation :

Thomas Flum (université de Franche-Comté) Jean-Marie Guillouët (université de Bourgogne)
Sophie Jugie (musée du Louvre)
Michele Tomasi (université de Lausanne)


Les propositions devront être envoyées à Mme Melissa Nieto (melissa.nieto@unil.ch) et être constituées : d’un résumé de la logique de la communication proposée, faisant une page maximum ; d’une courte présentation biographique d’une demi-page. L’ensemble devra être envoyé avant le 1er février 2023.
Les réponses seront communiquées avant le 1er mars 2023.

Notre connaissance de la sculpture en France d’un long XVe siècle qui irait du gothique international à la première Renaissance se trouve dans une situation paradoxale. Elle a été enrichie de nombreuses études durant les dernières décennies, qui ont porté sur les artistes et les centres ou régions de production, sur les chantiers les plus significatifs, sur les commanditaires, sur certaines formes et sur certaines iconographies, sans oublier les matériaux et les techniques. Tous ces travaux ont souligné s’il en était besoin le dynamisme et la qualité de la production sculptée du dernier siècle du Moyen Âge dans le royaume de France et, au sein de celui-ci, tout particulièrement du foyer artistique bourguignon. Produit d’un dense réseau d’artistes et de commanditaires, la production sculptée des espaces rassemblés sous la domination des princes Valois de Bourgogne depuis Philippe le Hardi (1347-1404) jusqu’à leurs lointains héritiers impériaux au début du XVIe siècle a depuis fort longtemps retenu l’attention des historiens de l’art qui ont su y reconnaître un véritable « chaudron » de la sculpture française et européenne de la fin du Moyen Âge.

Pour autant, depuis les travaux de Louis Courajod (1841-1896), André Michel (1853-1925), Paul Vitry (1872-1941), Marcel Aubert (1884-1962) ou Pierre Quarré (1909-1980), les récits de la discipline ont peu évolué à propos de cette production : ils restent structurés par les personnalités artistiques des sculpteurs de l’atelier ducal (Claus Sluter, Claus de Werve, Jean de La Huerta et Antoine Le Moiturier) et continuent à relayer les mêmes poncifs sur les drapés animés et généreux, appelés à laisser place à ceux de la détente ligérienne qui, elle-même, prépare le terrain des nouveautés de la Renaissance. À y regarder de plus près pourtant, ces récits se heurtent à la contradiction obstinée et fréquente des œuvres comme des sources. La construction de ces récits à l’occasion des grandes synthèses des XIXe et XXe siècles, alors que les territoires restaient moins bien connus qu’aujourd’hui, pèse encore sur le regard que nous portons sur la sculpture bourguignonne du XVe siècle.

Cette histoire, telle qu’elle est ainsi racontée, est le produit de configurations idéologiques enracinées dans une époque bien déterminée, ce qui a déjà été souligné, mais on a moins souvent remarqué qu’il a rendu difficile toute réelle réappréciation de cette production. Quand André Chastel (1912-1990) fait de l’art du XVe siècle un jalon dans la constitution progressive d’un « goût français », d’une « manière française », mis en parallèle avec la marche vers l’unification politique du royaume, scandée par la chevauchée héroïque de Jeanne d’Arc jusqu’en 1431 puis l’intégration de l’Aquitaine en 1453, de la Bourgogne en 1477, de l’Anjou en 1481, de la Provence en 1487, de la Bretagne en 1521 ou du Bourbonnais en 1531, cette construction historiographique repose en premier lieu plus sur l’étude de l’architecture et de la peinture sous ses différentes formes que sur celle de la sculpture, qui n’est guère convoquée qu’à la marge. Louis Courajod avait lui antérieurement convoqué cette sculpture mais essentiellement pour en faire le vecteur d’un baptême septentrional de l’art français, venu contrebattre les influences, jugées délétères, de la latinité méridionale.

C’est l’ensemble de ces récits que le présent colloque veut remettre sur l’établi. Dans le cadre d’un partenariat noué par l’université de Bourgogne, l’université de Franche-Comté, l’université de Lausanne et le musée du Louvre, une réflexion collective est engagée depuis 2021 sur la sculpture bourguignonne du XVe siècle. Ce programme de recherche a déjà donné lieu à une rencontre, tenue à Lausanne en mai 2022, consacrée plus spécifiquement au rayonnement européen de cette sculpture, à ses sources comme à ses réceptions. Le colloque qui se tiendra à Dijon du lundi 11 au mercredi 13 décembre 2023 visera à prolonger cette discussion en abordant les différents aspects soulevés par ce patrimoine remarquable : ses enjeux historiographiques pour l’histoire de la discipline ; la manière dont découvertes et travaux récents ont dernièrement contribué à reconfigurer les récits anciens ; les questions méthodologiques soulevées par le rattachement des corpus d’œuvres aux grandes figures documentées ; l’insertion repensée de cette production dans le panorama strictement sculpté puis plus largement artistique du royaume à la fin du Moyen Âge ; les phénomènes de coexistence, de résistances et d’idiosyncrasies locales perceptibles dans le territoire, notamment dans sa production vernaculaire, tels que le paradoxe (et non des moindres) du constat d’une réception finalement numériquement fort réduite de l’œuvre de Claus Sluter, pourtant devenu figure tutélaire de la sculpture bourguignonne ; à ce titre, la manière dont la singularité géographique et politique de la division entre terres de par-deçà (la Bourgogne et la Franche-Comté géographiquement françaises) et de par-delà (les Pays-Bas méridionaux) a participé à façonner une possible identité visuelle de la sculpture bourguignonne. On espère, à l’occasion de ce colloque, faire surgir de nouvelles œuvres, de nouveaux ensembles sculptés jusqu’à présent ignorés ou mal pris en considération par la critique, comme on souhaite bénéficier des travaux les plus récents consacrés aux matériaux et aux techniques de cette sculpture.

Ce colloque est en lien direct avec le projet d’une grande exposition qui se tiendra au musée des Beaux-Arts de Dijon en 2026 et qui sera consacrée à la sculpture bourguignonne du XVe siècle. À ce titre, il sera aussi d’occasion de réfléchir collectivement au synopsis de cette exposition à venir et aux problématiques qu’elle pourrait être amenée à soulever (un atelier de travail sera ainsi consacré à cette réflexion en clôture de ces trois journées de colloque).

Pour ce projet, nous invitons donc les chercheurs et les chercheuses à soumettre aux organisateurs des propositions de communication pouvant concerner les aspects suivants de ce thème (liste non limitative) :

Des communications, donc,…

  • –  … visant à présenter des dossiers monographiques d’œuvres pas ou peu travaillées ;
  • –  … présentant des dossiers monographiques renouvelant nos connaissances sur des œuvres connues ;
  • –  … traitant de questions iconographiques propres à la sculpture bourguignonne du XVe siècle ;
  • –  … abordant les aspects techniques et matériels de cette production sculptée ;
  • –  … s’intéressant aux commanditaires de cette sculpture et aux enjeux politiques ou dévotionnels de cette commande ;
  • –  … envisageant cette sculpture bourguignonne du XVe siècle du point de vue de son rôle dans l’historiographie de la discipline depuis le XIXe siècle ;
  • –  … se servant de dossiers comparatifs avec d’autres territoires pour mieux mettre en évidence les singularités de cette production bourguignonne ou ses points communs.
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Publication – « The Metham Family Cartulary. Reconstructed from Antiquarian Transcripts », éd. David Crouch

The Methams were once a leading gentry family of Yorkshire, whose origins can be traced to a member of the twelfth-century minster community of Howden. By 1405 the family had reached a peak of its influence, with great estates spread across the East Riding and Vale of York acquired through marriage, the rewards of office and also by exploiting the debt market. At that point Sir Alexander Metham commissioned a cartulary, a book in which to register the family’s deeds and other documents, of which there were once well over a thousand. The cartulary survived till around 1680 and carried with it a large part of the history of the East Riding. But then it disappeared, though not before it had attracted the attention of two great Yorkshire antiquaries, Dr Nathaniel Johnston and James Torre. Their transcripts from this lost volume allow a reconstruction of over 700 items of its former contents, and with it open a new window on Yorkshire in the middle ages. The edition offers in addition a new biography of Torre and a key to the decoding of Johnston’s notorious handwriting, which has frustrated and defeated scholars for over two centuries.

David Crouch is a fellow of the British Academy and author of a number of editions of medieval documents, most recently The Acts and Letters of the Marshal Family (2015) for the Camden Society. He has written extensively on medieval politics and society, and was also editor of Volume 10 (Howden and Howdenshire) of the Victoria History of Yorkshire East Riding.

Informations pratiques :

The Metham Family Cartulary. Reconstructed from Antiquarian Transcripts, éd. David Crouch, Woodbridge, Boydell and Brewer, 2022 ; 1 vol., 384 p. (Yorkshire Archaeological and Historical Society Record Series, 167). ISBN : 978-1-91650-663-3. Prix : GBP 30,00.

Source : Boydell & Brewer

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