Publication – Gerardus Magnus, Anthonius Henricus Viersen, Ioannis Rusbrochius, Godefridus Wevel, « Opera omnia, V, 2 Versiones latinae mysticorum », éd. R. Hofman, M. van den Berg, G. De Baere

CC CM, 172A contains the editio princeps of two Latin translations made by the late medieval Dutch Church reformer Geert Grote (Gerardus Magnus, 1340-1384) and a revised edition of another translation, made by Anthonius Henrici de Viersen (fl. 1460-1490), Brother of the Common Life in Butzbach and collaborator of the proto-humanist Gabriel Biel. The source texts had originally been composed in Middle Dutch, by the great Brabantine mystic Jan van Ruusbroec (1293-1381) and by Godfried Wevel, one of his fellow canons regular at Groenendaal near Brussels from 1360 until his death in 1396. Another editio princeps completes the volume: a Middle Dutch adaptation of Meister Eckhart’s Reden der Unterweisung, the main source for Wevel’s Vanden twaelf dogheden. This adaptation was probably compiled in Grote’s entourage, if not by him personally, and is here edited as Eyn boeck van der gelatenheit. The publication of Grote’s adaptation of Eckhart and the accompanying convincingly underpinned analysis may mean a landslide for the proper assessment of Eckhart’s reception in the Low Countries and adjacent territories in modern western Germany during the later Middle Ages. Each of the edited texts is accompanied by an apparatus comparatiuus, indicating in detail all discrepancies between the translations and the source texts. Lengthy introductions complete the volume.



Rijcklof Hofman (1958-) is Research Fellow at the Titus Brandsma Instituut, Radboud University, Nijmegen (The Netherlands) and at the Department of Practical and Missional Theology, Faculty of Theology and Religion, University of the Free State (South Africa), and editor of the Gerardi Magni Opera Omnia, published in Corpus Christianorum, Continuatio Mediaeualis, vol. 172 (2000), 192 (2003), 235 (2011). Marinus van den Berg (1949-) has published several Medieval Dutch texts, including De Noordnederlandse historiebijbel. Een kritische editie met inleiding en aantekeningen van Hs. Ltk 231 uit de Leidse Universiteitsbibliotheek (1998) and Het Gaesdonckse-traktatenhandschrift. Olim hs. Gaesdonck, Collegium Augustinianum, ms. 16 (2005). Together they have published Gerardi Magni Opera Omnia, Pars II.2. Scripta contra simoniam et proprietarios (CC CM, 235A, 2016). Guido de Baere (1940-) is best known as editor in chief of Jan van Ruusbroec, Opera omnia (Corpus Christianorum, Continuatio Mediaeualis, 101-110).

Informations pratiques :

Gerardus Magnus, Anthonius Henricus Viersen, Ioannis Rusbrochius, Godefridus Wevel, Opera omnia, V, 2 Versiones latinae mysticorum, éd. R. Hofman, M. van den Berg, G. De Baere , Turnhout, Brepols, 2021 (Corpus Christianorum Continuatio Mediaevalis, 172 A). 642 p., 155 x 245 mm, 2021 ISBN: 978-2-503-59135-3. Prix : 380 euros.

Source : Brepols

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Appel à contribution – Regards médiévaux sur l’écrivain antique

Paris, le 29 juin 2022
ED 120 / CERAM – EA 173

Date limite d’envoi des propositions : 20 mars 2022

Argumentaire :

Si les travaux s’intéressant à la réception médiévale des textes de l’Antiquité sont aujourd’hui nombreux, les chercheurs se sont interrogés de manière moins systématique sur la perception médiévale des auteurs de ces textes. 

Désireuse d’approfondir ce sujet, la journée d’études proposée réunira des interventions concernant la représentation physique et morale des poètes, historiens, philosophes ou exégètes antiques (grecs ou latins, païens, bibliques ou patristiques, historiques ou mythiques) dans les arts du Moyen Âge. Il s’agira de se demander comment les figures d’autorité que sont les auteurs anciens sont eux-mêmes objets d’un discours ou d’une mise en scène. 

Cette question, qui intéressera les domaines de l’histoire, des littératures latine et vernaculaire ou encore de l’histoire de l’art, pourra être portée par l’analyse de plusieurs types de supports : 

– les représentations iconographiques (telles les enluminures représentant Darès et Dictys dans les manuscrits du Roman de Troie de Benoît de Sainte-Maure) ; 

– les textes à prétention hagiographique (Vie de saint Jean l’Évangéliste) ou pseudo-biographique (Les Faits merveilleux de Virgile) ;

– les textes affichant leur dimension fictionnelle, dans lesquels un auteur antique – réel ou mythique – intervient en tant que protagoniste (Lai d’Aristote, Sir Orfeo) ou comme personnage d’une intrigue secondaire (Hippocrate ou Salomon dans l’Estoire del Saint Graal) ; 

– les péritextes qui guident la réception de textes antiques, de leurs traductions ou réécritures (gloses et commentaires, préfaces, prologues…) ;

– et enfin, les cas d’attributions erronées ou fictives susceptibles de nous renseigner sur le regard que le Moyen Âge porte sur un auteur antique (le Lunaire de Salomon, le Dit d’Aristote de Rutebeuf qui, tout en traduisant un passage de l’Alexandréide de Gautier de Châtillon, l’attribue directement au philosophe antique). 

Nous proposons d’organiser la réflexion autour de deux grands axes d’analyses, qui ne sont pas exclusifs l’un de l’autre : 

1 – Un premier axe de réflexion pourra être consacré à l’établissement d’une typologie des représentations de l’écrivain antique : peut-on définir un canon pour ces dernières ? Ce questionnement pourra se décliner autour de plusieurs interrogations :

– Y a t-il des spécificités propres à la représentation des auteurs antiques par rapport aux auteurs médiévaux ? Les études sur la représentation d’un auteur antique au Moyen Âge insistent par exemple sur l’ambivalence caractéristique de ces représentations (ambivalence morale d’un Virgile à la fois prophète et magicien, ambivalence intellectuelle et sociale d’un Aristote à la fois grand savant et grand naïf, honoré par Alexandre et humilié par la femme qu’il courtise) : dans quelle mesure ce rapport conflictuel au savoir est-il propre ou non aux représentations de l’écrivain antique ? 

– Quelles sont les grilles d’analyse à partir desquelles se construisent les représentations de l’écrivain antique ? On pourra s’interroger ainsi sur leurs représentations humorales et sur les tempéraments attribués aux figures de l’Antiquité, ou sur la convocation d’outils exégétiques aboutissant à des interprétations spirituelles des épisodes de leur vie ; 

– Quelles relations établir entre peinture de l’homme et réception de son œuvre ? La carrière d’Aristote en tant que personnage de fiction s’achève par exemple au moment où ses écrits philosophiques sont véritablement redécouverts par la scolastique, comme si la reconnaissance de son autorité savante anéantissait son potentiel littéraire ; on peut alors se demander quelle place est accordée, dans la représentation des écrivains antiques, à leur activité créatrice; 

– Ce constat invite enfin à se demander si l’on ne pourrait pas penser cette typologie en termes génériques : quelle relation établir entre le genre pratiqué par un auteur antique et la représentation qu’en propose le Moyen Âge ? À l’inverse, quels sont les genres médiévaux les plus enclins à véhiculer ces représentations ? 

2 – Un deuxième axe de réflexion, situé dans une perspective théorique, pourra être consacré aux fonctions de ces représentations, qui mettent en jeu les notions d’auctor et d’auctoritas. On pourra s’interroger entre autres sur : 

– le champ de compétences que l’auteur médiéval octroie à l’auctoritas : L’ambivalence des représentations d’un Virgile ou d’un Aristote incite en effet à interroger la portée de l’autorité d’un écrivain érigé tout à la fois en modèle et en repoussoir (pensons au prologue du Roman de Troie, dans lequel Benoît de Sainte-Maure présente Homère à la fois comme un grand sage et comme un menteur) ;

– l’artificialité de l’auctoritas: Si la mention de l’autorité littéraire a pour fonction de légitimer le travail de l’écrivain médiéval, la représentation de cette auctoritas relève pourtant d’une construction qui s’effectue à partir de grilles d’analyse et de modèles construits par le Moyen Âge (la représentation d’Aristote est ainsi inspirée par le personnage de Merlin dans les narrations du XIIe et du XIIIe siècles). Partant de ce constat, on pourra légitimement s’interroger sur la démarche de l’auteur médiéval construisant le portrait de l’autorité dont il se réclame (ou se distingue) ; 

– Enfin, on pourra se demander comment l’évolution de la conception médiévale de l’auteur contribue à façonner le discours sur les auteurs anciens : par exemple, le développement de la subjectivité littéraire au XIIIe siècle entraîne-t-elle ou non l’émergence d’une conscience de l’individualité des écrivains du passé ? 

Modalités d’organisation : 

– La journée se tiendra le 29 juin 2022 en format hybride, à la Maison de la Recherche de la Sorbonne Nouvelle (rue des Irlandais) et en visioconférence

– Les communications dureront environ 25 minutes et seront suivies d’une discussion

– Les propositions de communication (titre et résumé de maximum 500 mots) sont à envoyer, assorties d’une courte bio-bibliographie mentionnant l’établissement de rattachement et le sujet de recherche, avant le 20 mars 2022 à l’adresse : regardsmedievaux@gmail.com 

– Une réponse sera donnée début avril.  

Organisateurs : 

– Claire Donnat-Aracil (Université Paris 3 / CERAM)

– Charlotte Guionneau (Université Paris 3, CERAM / ED 120) 

– Sung-Wook Moon (Sorbonne Université / EA 4349)

Bibliographie sommaire : 

Céard, Jean,  « Virgile, un grand homme soupçonné de magie », dans Raymond Chevallier (dir.), Présence de Virgile, Paris, Les Belles Lettres, « Caesarodunum », 1978, p. 265-278.

Cerrito, Stefania, et Possamaï-Pérez, Marylène,(dir.), Ovide en France du Moyen Âge à nos jours. Études pour célébrer le bimillénaire de sa mort, Paris, Classiques Garnier, « Rencontres/Ovidiana », 2021

Corbellari Alain, La voix des clercs. Littérature et savoir universitaire autour des dits du XIIIe siècle, Genève, Droz, « Publications romanes et françaises », 2005.

Haquette, Jean-Louis et Ueltschi, Karin (dir.), Les Métamorphoses de Virgile. Réception de la figure de l’Auctor. Antiquité, Moyen Âge, Temps modernes, Paris, Champion, « Colloques, congrès et conférences. Moyen Âge», 2015. 

Hériché-Pradeau, Sandrine, « La Sapho du XVe siècle, de la clergesse à la poetesse amoureuse », dans Catherine Gaullier-Bougassas (dir.), Figures littéraires grecques en France et en Italie aux XIVe et XVe siècles, Turnhout, Brepols, « Recherches sur les Réceptions de l’Antiquité », 2020, p. 161-177.

Minnis Alastair J., Medieval Theory of Authorship. Scholastic Literary Attitudes in the Later Middle Ages [1984;1989], 2ᵉ éd., Philadelphia, University of Pennsylvania Press, 2010. 

Mora, Francine,  « Virgile le magicien et l’Énéide des Chartrains », Médiévales, n° 26, 1994, p. 39–57.

Sherman, Claire Richter, Imaging Aristotle: Verbal and Visual Representation in Fourteenth-Century France, Berkeley, University of California Press, 1995.

Réception et représentation de l’Antiquité, Bien dire et Bien aprandre n° 24, Lille, Centre d’Études médiévales et dialectales de Lille 3, 2006.

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Publication – Jeanette Patterson, « Making the Bible French: The Bible historiale and the Medieval Lay Reader »

From the end of the thirteenth century to the first decades of the sixteenth century, Guyart des Moulins’s Bible historiale was the predominant French translation of the Bible. Enhancing his translation with techniques borrowed from scholastic study, vernacular preaching, and secular fiction, Guyart produced one of the most popular, most widely copied French-language texts of the later Middle Ages.

Making the Bible French investigates how Guyart’s first-person authorial voice narrates translation choices in terms of anticipated reader reactions and frames the biblical text as an object of dialogue with his readers. It examines the translator’s narrative strategies to aid readers’ visualization of biblical stories, to encourage their identification with its characters, and to practice patient, self-reflexive reading. Finally, it traces how the Bible historiale manuscript tradition adapts and individualizes the Bible for each new intended reader, defying modern print-based and text-centred ideas about the Bible, canonicity, and translation.

Jeanette L. Patterson is an associate professor of French, Medieval Studies, and Translation Studies at Binghamton University.

Tale des matières :

Illustrations
Tables
Acknowledgments

Introduction

1. Making the French Bible, or Making the Bible French

2. Telling it Right: Confronting Reader Resistance

3. Soothing Listeners’ Ears: Narrative Aesthetics and Poetic Faith

4. Les paroles dont je vous ay fait mention: The Bible historiale’s Two Books of Job

5. The Patient Reader

Conclusion: Asking the Right Questions

Appendix: Table of Selected Manuscripts
Notes   
Bibliography

Informations pratiques :

Jeanette Patterson, Making the Bible French: The Bible historiale and the Medieval Lay Reader, Toronto, University of Toronto Press, 2022. 264 p. ISBN : 9781487508883. Prix : USD 65.

Source : University of Toronto Press

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Appel à contribution – Construire et détruire les représentations officielles des pouvoirs : Images, symboles, allégories de l’Antiquité à l’époque contemporaine

5ème Journée d’Études des Jeunes Chercheur·ses du CRHEC

Utilisant différents supports : sculpture, peinture, gravure, architecture, photographie, dessin, film, objets, les pouvoirs ont toujours eu besoin de créer et concevoir des représentations de leur autorité. La 5e édition de la journée des jeunes chercheur·ses du CRHEC se propose de faire dialoguer ces différentes représentations des pouvoirs à travers toutes les époques historiques.

Dans son livre L’historien et les Images, Francis Haskell a écrit : « on a accusé l’historien de se montrer sommaire et froid quand il s’appuie sur le témoignage de l’iconographie – d’avoir négligé la délicatesse de touche, la finesse du dessin, l’harmonie ou le défaut d’accord des couleurs, la transposition de la réalité dans l’imaginaire et tout le brio de l’exécution, susceptibles d’altérer radicalement la nature de l’image qu’il s’efforce d’interpréter » [F. Haskell, 1995]. Il serait possible de dire, comme l’écrit Nicolas Pierrot, « que la finalité principale de l’histoire de l’art demeure la compréhension des œuvres elles-mêmes, alors que l’histoire entreprend de les observer en tant que traces, en tant que miroirs (plus ou moins déformants) de la réalité historique, sans pour autant les reléguer, à priori, au statut de simples documents iconographiques » [N. Pierrot, 2002]. À la fin années 1960, les historien·nes des mentalités manifestent justement leur intérêt pour les images : certains objets jusqu’alors négligés par les historien·nes de l’art – comme les ex-voto ou les supports de l’imagerie populaire – sont utilisés non plus seulement comme illustrations – usage traditionnel des images par les historien·nes – mais comme sources d’une histoire des représentations individuelles et collectives. L’histoire visuelle a depuis souligné comment le pouvoir et l’omniprésence des images régissent les sociétés. Contrant une perspective uniquement esthétique qui donne une vision partielle de l’histoire, la notion d’agency de l’image est ainsi introduite. L’image est un « agent social » constitué d’un système complexe comprenant l’auteur, la représentation, le message et le destinataire [A. Gell, 2009]. La question du regard, du visible et du lisible est ici posée. En prenant comme exemples l’(in)visibilité de la colonne Trajane à Rome ou encore celle des peintures réalisées dans les églises au Moyen Âge, Paul Veyne avait souligné l’importance de distinguer la réception des images par les passants ou illettrés et leur conception par les représentants de l’idéologie officielle et par les artistes. Ainsi, « pour l’architecte, un décor figuré n’est guère que décoratif et sert à rehausser l’édifice. Pour un propriétaire privé ou un maître de maison, donner aux visiteurs le sentiment d’un décor luxueux suffit généralement à son bonheur. Pour les fidèles d’un sanctuaire, les mosaïques ou fresques de leur église n’étaient guère que la toile de fond d’un théâtre sacré sur lequel se déroulaient de dramatiques cérémonies liturgiques qui contenaient plus de sens que le décor lui-même » [P. Veyne, 2002].

Mais il faut souligner ici la différence entre apparat et propagande, si l’un est lié à une fonction politique (par exemple, la royauté), l’autre vise à conquérir les esprits. Les pouvoirs ont saisi cette puissance des images et les ont abondamment utilisés. La vitalité de l’image est alors questionnée et la puissance d’une représentation réside dans sa capacité à produire des affects et des actions. Dans les périodes de crises politiques, le pouvoir, restauré ou instauré, est souvent accompagné d’une stratégie de légitimation symbolique-matérielle mise en œuvre par les gouvernements. Ce processus a été défini par Olivier Christin comme « révolution symbolique » [O. Christin, 1991] qui peut aller jusqu’à la destruction des images produites. De nombreux travaux ont montré cette capacité des appareils symboliques et allégoriques à pénétrer dans le quotidien des individus. On peut citer Patrick Boucheron, dans le livre consacré à la fresque du « Bon gouvernement » de Sienne, qui, à propos de l’allégorie politique, évoque le « lien direct entre l’image et la signification et s’évitant le détour par l’identification à l’image religieuse, elle est sémantiquement première mais historiquement seconde. Car elle suppose, pour être comprise, une familiarité avec la pensée politique (…) et une disponibilité intellectuelle envers l’abstraction » [P. Boucheron, 2013]. Michel Pastoureau, dans son ouvrage sur la couleur bleue souligne que « c’est la société qui fait la couleur, qui lui donne sa définition et son sens, qui construit ses codes et ses valeurs, qui organise ses pratiques et détermine ses enjeux » [M. Pastoureau, 2000]. La capacité des symboles à communiquer constamment un message révèle les articulations entre la sphère politique et la psychologie des individus : observer, comprendre et réélaborer sont les phases qui s’entremêlent avec la capacité de mettre en scène des actions à valeur politisante [C. Fletcher et al., 2021]. Les images, symboles et allégories liés aux pouvoirs, comme l’écrit Emmanuel Fureix, sont donc « inscrits dans des habitus sociaux, elles sont chargées d’affects, voire de sacralité et à ce titre, investies de passions politiques qui se sont parfois exprimées dans la violence » [E. Fureix, 2012]. Les images, en tant que représentations officielles et privilégiées des pouvoirs, peuvent devenir des cibles lors de périodes de crises, ces gestes exprimant l’opposition aux pouvoirs.

Pour discuter ces points qui font actuellement l’objet d’interrogations, nous proposons trois axes autour de problèmes bien définis qui peuvent nous permettre d’alimenter une réflexion. Le premier d’entre eux posera la question de ce qui motive la production des représentations visuelles, et les réseaux de relations qu’elle induit : les commanditaires, les « exécutants » (artistes, artisans, intellectuels etc.), les objectifs politiques et les emplacements choisis pour ces représentations, le degré de sacralité qui leur est affecté. Nous pouvons citer quelques exemples de relations entre politiques et artistes célèbres comme Mausole et son mausolée à Halicarnasse, dont la construction fut dirigée par Pythéos de Priène; la reine Marie-Antoinette et sa portraitiste Élisabeth Vigée Le Brun; les nombreuses représentations de la monarchie orléaniste en France, notamment étudiées par Michael Marrinan dans l’ouvrage Painting Politics for Louis-Philippe [1988], ainsi que Benito Mussolini et l’architecte Marcello Piacentini, montrant les liens entre politique et architecture [P. Nicoloso, 2018].

Il apparaît ensuite important de se concentrer sur les destinataires de ces représentations et d’analyser la diffusion et la réception de ces images en portant une attention particulière aux gestes d’adhésion et leur éventuelle ritualisation. Nous songeons ainsi aux médailles représentant le roi, finement étudiées par Louis Marin, dans Le portrait du Roi [L. Marin, 1981] ou encore aux cocardes tricolores, massivement diffusées, et parfois imposées, pendant la Révolution française [R. Reichardt, 2008 ; R. Wrigley, 2002], ainsi qu’aux bouquets de fleurs ou offrandes déposés aux pieds des monuments [S. Le Men, 2004] pendant les cérémonies et fêtes, ou encore l’important cérémonial qui accompagne l’inauguration ou le dévoilement du monument et qui peut rassembler des foules entières [J. Lalouette, 2018]. On peut aussi citer les différentes réceptions du film Nuit et Brouillard réalisé par Alain Resnais en 1956 et commandité par le Comité d’histoire de la Seconde Guerre mondiale, organisme interministériel [S. Lindeperg, 2007 ; 2010].

Enfin, le troisième axe est consacré aux oppositions aux représentations des pouvoirs, ce qui comprend les actes de destruction, de détournement, de récupération ainsi que la damnatio memoriae. On peut citer l’enfouissement de la Domus Aurea de Néron par Trajan qui construisit ses thermes par-dessus; la destruction de la colonne Vendôme pendant la Commune [E. Fureix, 2019] ou encore les monuments à Cecil Rhodes, cibles des récentes manifestations du mouvement « Rhodes Must Fall » à Cape Town. Un geste, produit dans le cadre de manifestations « spontanées » et qui consiste à recouvrir, voiler ou cacher les monuments, geste qui pourrait être davantage apparenté à l’iconoclash qu’à l’iconoclasme, suivant la typologie proposée par Bruno Latour [B. Latour, 2002].

Modalités de contribution :

Les propositions de communications peuvent être envoyées jusqu’au 4 avril 2022 à l’adresse suivante : journeedoctorantcrhec@gmail.com

Elles doivent comporter un titre, un résumé de la communication (1000 caractères maximum, espaces compris) et doivent être accompagnées d’une courte présentation de l’auteur·trice et d’une bibliographie de quelques titres. Les communications ne devront pas dépasser vingt minutes pour laisser la place aux questions et discussions.

Les réponses seront connues au début du mois de mai 2022.

La journée d’études se déroulera le jeudi 2 juin 2022.

Comité d’organisation

  • Iris Pupella-Noguès, doctorante en histoire contemporaine (Université Paris-Est Créteil / Università degli Studi di Trieste)
  • Gabriel Redon, doctorant en histoire du Moyen Âge (Université Paris-Est Créteil)
  • Franziska Seitz, doctorante en histoire contemporaine (Université Paris-Est Créteil)
  • Marine Tesson, doctorante en histoire ancienne (Université Paris-Est Créteil)

Lieu : Université Paris-Est Créteil – Campus Centre – Créteil (94)

Calendrier :

03 février 2022. Diffusion de l’appel à communications

04 avril 2022. Date limite de l’envoi des propositions de communications

02 mai 2022. Réponses et élaboration du programme

02 juin 2022. Journée d’études

Mots-clefs :

Histoire, pouvoirs, représentation, image, réception, diffusion, iconoclasme

Contacts :

Iris Pupella-Noguès – iris-agathe.pupella-nogues@u-pec.fr

Gabriel Redon – gabriel.redon@hotmail.fr

Franziska Seitz – franziska.seitz@u-pec.fr

Marine Tesson – marine.tesson@outlook.fr

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Bourse – Bourse Mabillon (2022)

Pour contribuer au développement des études dans son champ d’activité (histoire religieuse et monastique), la Société Mabillon attribue en 2022 des bourses de recherche en faveur de jeunes chercheuses et chercheurs de toutes nationalités. Ces bourses, d’un montant de 500 à 1 000 €, sont destinées à apporter une aide financière à des recherches dans les archives et bibliothèques, notamment pour la préparation d’articles. Elles sont  attribuées à des chercheuses ou chercheurs préparant le doctorat ou titulaires de celui-ci depuis moins de quatre ans à la date de candidature. Exceptionnellement, pourront aussi être retenues des candidatures n’entrant pas dans ces catégories.

Les dossiers de candidature, rédigés en français, sont à adresser avant le 31 janvier (prolongé jusqu’au 28 février 2022) à la Société (aux deux adresses suivantes : stella.querol@cnrs-orleans.fr et sebastien.barret@cnrs-orleans.fr). Ils comporteront :

a.    Un curriculum vitae de la candidate ou du candidat, incluant une liste de ses travaux et publications antérieurs ;
b.    Une note de présentation du projet pour lequel elle ou il sollicite une bourse (max. 5000 signes) ;
c.    Une évaluation des coûts prévus pour la réalisation du projet ;
d.    Une attestation du directeur de thèse ou d’une personnalité scientifique appuyant le projet.

Le Bureau de la Société confie l’examen de chaque dossier de candidature à un membre du Conseil d’administration, qui rédige un rapport écrit. La décision d’attribution des bourses appartient à un comité composé du Bureau de la Société, du directeur de la Revue et du responsable de la Rédaction. Les décisions, qui ne peuvent faire l’objet de réclamations ou de recours, sont notifiées aux intéressés avant le 30 avril suivant.

Les bénéficiaires d’une bourse fourniront à la Société (mêmes adresses que les dossiers de candidature), avant le 31 janvier suivant la date d’attribution, un compte rendu scientifique et financier d’utilisation de la somme allouée. Ils sont invités à accorder une priorité à la Revue Mabillon pour publier une étude éventuellement issue des travaux financés par la bourse. Cet article sera soumis aux procédures ordinaires d’évaluation en vigueur pour les textes proposés à la Revue, qui pourra ou non le retenir.

Source : SHMESP

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Offre d’emploi – Senior Researcher in Medieval Studies (Université d’Oslo)

A temporary position of Senior Researcher (SKO 1109) in Medieval Studies is available at the Department of Archaeology, Conservation and History, University of Oslo.

The position will be linked to the ERC Advanced Grant project 101018645 MINiTEXTS “Minuscule Texts: Marginalized Voices in Early Medieval Latin Culture (c. 700–c.1000),” led by Professor Ildar Garipzanov.

The position is available for a period of 3 years starting as soon as possible.

Successful candidate will become a senior member of the project team. In close collaboration with the project leader, s/he will identify and record early medieval minuscule texts (“guest texts”/”microtexts”) added to Latin manuscripts before c. 1000 and will analyze such texts’ codicological contexts. S/he is also expected to analyze independently the paleographic characteristics of such texts for the purposes of dating and tracing their provenance, and to systematize relevant data for the project’s database.

For more information about the project please contact the project leader, Ildar Garipzanov.

Qualification requirements

  • PhD or equivalent academic qualifications within medieval studies with a specialization in areas relevant for the project
  • Competence in medieval Latin
  • Training in Latin paleography and codicology and academic experience of working with early medieval Latin manuscripts
  • Fluent oral and written communication skills in English
  • Personal suitability and motivation for the position

The doctoral dissertation must be submitted for evaluation by the closing date. Appointment is dependent on the public defense of the doctoral thesis being approved. 

In the evaluation of the applications, emphasis will be placed on:

  • The applicant’s estimated academic and personal ability to carry out his/her research tasks and contribute to the main project
  • Academic qualifications and academic production in the field of medieval manuscript studies
  • Relevant academic experience in early medieval Latin manuscript culture (c. 750–c.1000)
  • International peer-reviewed publications
  • Experience with digital databases of medieval manuscripts
  • Experience with research projects
  • Ability to create and contribute to a positive environment for collaboration
  • Good co-operative skills, and the ability to successfully join in academic collaboration within and across disciplines on an international level

In the evaluation of the qualified candidates the full range of these criteria will be explicitly addressed and assessed.

We offer

Source : Universitetet i Oslo

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Appel à contribution – Humour et Moyen Âge

Modernités médiévales” organise en 2022 un séminaire en ligne, sur le thème “Humour et Moyen Âge, de Rabelais à Twitter“. L’événement, ouvert à toutes et à tous, s’intéressera aux usages humoristiques de la période médiévale et de son imaginaire.

Si l’humour médiévaliste de certaines œuvres, notamment audiovisuelles, a déjà été largement étudié[1], d’autres aspects de l’utilisation du Moyen Âge à des fins humoristiques restent encore à explorer plus en détail. Les propositions pourront en particulier étudier les spécificités comiques de l’utilisation du Moyen Âge, tantôt trivial, tantôt macabre, comme le font par exemple des auteurs comme François Rabelais ou Jean Teulé, mais aussi absurde ou coloré, comme dans de nombreuses productions médiévalistes pour la jeunesse. Parmi de nombreuses approches possibles, il pourra également être question du détournement des enluminures médiévales via des visuels cinématographiques[2] ou des memes, comme le propose le générateur MedievalMemes.org.

Bien évidemment, les jeunes chercheur.se.s sont également invité.e.s à participer à ce séminaire.

Le séminaire se déroulera en ligne au printemps 2022, et pourra être prolongé à l’automne 2022.

Lundi 4 avril, 17h-19h : Séminaire 1

Mercredi 4 mai, 17h-19h : Séminaire 2

Jeudi 2 juin, 16h-19h : Séminaire 3 et assemblée générale de « Modernités médiévales »

Les propositions de communication, composées d’un titre et d’un résumé d’environ 1500 signes, et accompagnée d’une brève notice bio-bibliographique, seront envoyées pour le 21 février 2022 à l’adresse suivante : modmed [at] modernitesmedievales.org

[1] Voir entre autres Lucy Mazdon, France on Film. Reflections on Popular French cinema, Londres, Wallflower, 2001 ; Justine Breton, Monty Python : Sacré Graal !, Paris, Vendémiaire, 2021 ; Clément Pélissier, Explorer Kaamelott. Les dessous de la table ronde, Paris, Third Éditions, 2021.

[2] Simon De Thuillières, Le Codex, 2021.

Source : Modernités médiévales

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Appel à contribution – Corps en transition : une réflexion sur l’histoire des représentations du corps en mutation

Numéro dirigé par Quentin Petit dit Duhal, Jessica Ragazzini

Date limite d’envoi des propositions (5000 signes espaces compris) : 30 avril 2022 ; date limite de remise des articles (45000 signes espaces compris maximum) : 1er octobre 2022.

Les propositions sont à envoyer aux adresses électroniques suivantes : jessica.ragazzinicastello@gmail.com, quentinpetitdd@hotmail.fr

Ce dossier est consacré à l’évolution de la corporalité, en tant que perception visuelle des corps, dans leurs rapports aux transidentités et aux développements technologiques dans les arts et l’histoire. Notre enjeu est de réfléchir, dans les représentations culturelles au sens large, aux limites et aux transformations des corps en transition, celle-ci étant ici comprise comme une mutation au niveau biologique qui produit un écart quant aux normes de genres, de sexes, de races, de classes, ou de situations dites de « handicap ».

L’histoire de l’art et de la pensée permet d’identifier des mutations face aux considérations des corps atypiques ou dans un état de redéfinition des normes esthétiques. Depuis les années 1970, les études de genre ont montré que les rapports sociaux entre les hommes et les femmes ne sont pas réductibles à un déterminisme biologique, mais sont une construction sociale qui attache au féminin et au masculin un certain nombre de comportements et de rôles spécifiques. Les rapports de pouvoir entre les genres ont été pensés par Donna Haraway en mobilisant le potentiel émancipateur de la science-fiction féministe et en utilisant la figure du cyborg comme critique sociale et politique : il s’agit d’un être hybride fusionnant l’organique et la machine et qui trouve en cela sa définition au-delà du déterminisme biologique (Haraway, 1984). Ce principe de multiplicité et de fluidité de l’identité, au cœur des études queer, amène Paul B. Preciado à affirmer que toute identité échappant à la portée universelle du corps blanc, masculin, hétérosexuel et valide est considérée par l’humanisme moderne hérité des Lumières comme subalterne (Preciado, 2019). Avec les mouvements de libération des femmes, des homosexuel·le·s et des personnes transgenres, de nouveaux modes de subjectivation visent ainsi à dépasser les catégories de genre et leurs relations de pouvoir.

Les études féministes et queers et les questions transhumanistes, en tant que recherche de perfectionnement, se rejoignent dans la quête d’une redéfinition de l’identité qui passe par la création de corps en dehors de tout déterminisme biologique. Au cours du xxe siècle, des pratiques médicales et des procédés technologiques tels que la prise d’hormones, le recours à la chirurgie et l’application forcée ou non de la contraception semblent influencer des investigations artistiques. En corrélation, le queer et le transhumanisme pourront questionner la représentation du non-sexe (Aziz et Cucher suppriment le sexe de leurs sujets tout en gardant leurs genres), du non-genre (Genesis P-Orridge ou SMITH qui donnent à voir la métamorphose des corps en transition, ou encore ORLAN qui interroge le « transsexualisme de femme en femme » lors de ses opérations chirurgicales avant d’entamer des métissages artistiques et culturels) et revisiteront la représentation  du non-corps par l’objectivation totale ou partielle (Matthew Barney ; Stacy Leigh ; Vanessa Beecroft ; Cindy Sherman ; Martine Gutierrez ; Formento+Formento…) parmi lesquel·le·s certain·e·s  assument l’artifice et d’autres jouent avec l’ambivalence du totalement humain ou totalement objet.

Ces questions ne concernent pas seulement la société contemporaine, comme l’indique Clovis Maillet qui démontre, à travers des figures historiques et religieuses telles que Jeanne d’Arc ainsi que des saint·e·s ayant changé de genre, que la transidentité est une réalité également présente à l’époque médiévale (Maillet, 2020). Magali Le Mens examine également la construction artistique, entre réalité et imaginaire, de l’ambiguïté sexuelle des « hermaphrodites », ancien terme pour qualifier les personnes intersexuées, considérées comme le symbole du Beau idéal de la seconde moitié du xviiie siècle, notamment sous la plume de Johann Joachim Winckelmann, jusqu’à l’émergence de l’abstraction (Le Mens, 2019).  L’un des objectifs du volume serait donc d’adopter une perspective transhistorique, en s’interrogeant sur les continuités et ruptures dans les phénomènes de variation d’identité et de forme corporelle au fil du temps et jusqu’à aujourd’hui.

En pensant le transhumanisme au sein des transidentités, ce dossier proposera d’analyser ces deux réalités conjointement en proposant le vocable de « trans-représentation » compris dans la perspective d’une imagerie du corps à l’état transitoire. Faisant suite aux enjeux soulevés par le programme international de recherche Images en tr@nsit : territoires et médiums initiés par Jean Arnaud, Christine Buignet et Anna Guilló (LESA – Laboratoire d’Études en Sciences des Arts, Aix-Marseille Université, France), ce numéro souhaite aborder de manière plus spécifique le rapport à une corporéité en transit au travers d’images qui ébranlent la figuration. Cette proposition conceptuelle permettrait de questionner à la fois les transidentités et la manière dont les différentes stratégies de représentation (pratiques artistiques, esthétiques, médiums et pratique de l’exposition) la façonnent. Il s’agira alors d’examiner la manière dont les différents acteurs (artistes, médias, institutions) refont à la fois une figure – un visage  et refont une figuration  une image physique ou mentale.

De manière non exhaustive, ce dossier traitera notamment des thématiques suivantes :

– Art et science : le virtuel, le Bio-Art, la photographie, la performance, la vidéo…

– Art et société : les questions transgenres, le métissage, le transhumanisme, le posthumanisme…

Source : Images re-vues

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Publication – Julia Exarchos, « Liturgy, Society, and Politics. Liturgical Performance and Codification in the High Middle Ages »

The book addresses the significance of the liturgy in medieval society. While historical studies of the liturgy and liturgical texts have up until now focused predominantly on their theological and practical liturgical context, this investigation turns to examine the political and social significance of the liturgy and its texts. The study explores both the liturgical acts themselves and the complex codification of liturgical rituals. Using case studies and a diverse, partially unedited corpus of sources, the book illustrates how the liturgy and its codification were influenced by (local) social and political factors and how liturgical texts were deliberately used for specific political agendas. It thus questions traditional views on liturgical texts, especially on pontificals, and advocates an expansion of their uses. The study thus contributes to a deeper understanding of the complexity of the liturgy in medieval society and demonstrates how valuable the inclusion of the liturgy and its texts can be for the examination of the wider medieval social and political contexts.

Die Untersuchung widmet sich der Bedeutung der Liturgie in der mittelalterlichen Gesell- schaft. Wurden Liturgie und liturgische Texte in geschichtswissenschaftlichen Studien bisher überwiegend hinsichtlich ihrer theologischen und liturgiepraktischen Bedeutung untersucht, legt diese Studie den Schwerpunkt auf die politische und soziale Bedeutung von Liturgie und ihren Texten. Im Zentrum stehen dabei sowohl die liturgischen Handlungen selbst wie auch die komplexen Kodifizierungsprozesse liturgischer Rituale. Anhand von Einzelstudien und unter Heranziehung eines diversen, teilweise unedierten Quellenkorpus illustriert die Studie, wie Liturgie und ihre Kodifizierung von (lokalen) sozialen und politischen Faktoren beeinflusst und wie liturgische Texte bewusst für bestimmte politische Agenden verwendet wurden. Damit hinterfragt die Arbeit traditionelle Sichtweisen auf liturgische Texte, vor allem auf Pontifikalien, und plädiert für eine Erweiterung ihrer Verwendungszwecke.

Informations pratiques :

Julia Exarchos, Liturgy, Society, and Politics. Liturgical Performance and Codification in the High Middle Ages, Husum, Matthiesen Verlag, 2021 (Historische Studie, 516). 359 Seiten, geb. Format 16 x 24 cm € 49,– ISBN 978-3-7868-1516-7.

Source : Matthiesen Verlag

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Appel à contribution – Vicious, Antisocial, Sinful

Workshop and Anthology ‘Vicious, Antisocial, Sinful’ (VAS)
University of Jyväskylä

The medieval stream of VAS is pleased to invite papers for its workshop on vice, sin, and anti-sociality in late medieval moral and political thought (13th-15th centuries), to be held at the University of Jyväskylä, Finland. The workshop will take place in early 2023 (date TBC). Papers presented at the workshop will be considered for publication in the VAS’s anthology. Nine scholars have so far confirmed their participation, and we are able to offer up to four places for papers selected from the call.

Vicious, Antisocial and Sinful (VAS) is an Academy of Finland-funded project that explores the social and political dimension of vice, and its theological counterpart sin, in medieval and early modern philosophy (link here to read more). The project examines how the relationship between human wickedness and social life has been understood, with a particular focus on charting the (dis)continuities between the medieval and early modern periods, and with an eye towards reflecting on relationships between historical views and contemporary philosophy.

Scholarly discussions of late medieval moral thought have traditionally focused on the good and the virtuous, and relatively little has been said about its opposite – the vicious and the sinful – especially in a social and political context. Medieval moral theology understands human nature as fundamentally corrupted and sinful after the Fall, which is in turn complicated by the social and political considerations of the Aristotelian and Ciceronian traditions. Human wickedness can be detrimental not only to one’s own salvation, but also to the wider society as a whole. Yet, the idea of the ‘political animal’ may seem to be at odds with both the tenets of monasticism and the notion that the human society is a consequence of the Original Sin. The human disposition for sociability does not necessarily lead to the good and virtuous, but does the lack of such social disposition result in the vicious and sinful?

The workshop seeks to add to our understanding of relationships between ideas of vice, sin, and the human capacity for social life in the late medieval period, in order to illuminate how sociability and anti-sociability were conceptualised in moral and political thought from the thirteenth to the fifteenth century.

We are particularly interested in (but not limited to) contributions that consider one or more of the following themes:

– conceptions of vice in late medieval moral philosophy and psychology; – the relationship and distinction between the concepts of vice and sin; – the understanding of vice and sin in relation to human sociability;
– conceptions of the ‘antisocial’ in late medieval thought;

– the interplay between theological premises and philosophical discussions of sociability; – the connections between the moral, the legal, and the theological;
– the continuities and changes between scholastic and early humanist moral thought.

Please send an abstract of 300-500 words and a short biography to Niklas Hintsa at niklas.a.j.hintsa@jyu.fi by 14 April 2022.

Co-authored papers are welcome, but please do not propose a panel. Abstracts will be blind reviewed, and selected proposals will be notified soon after the deadline.

For questions, please contact the organisers:

Juhana Toivanen (Jyväskylä) juhana.toivanen@jyu.fi Ziang Chen (Jyväskylä) zchen@jyu.fi

Confirmed participants:

Marta Celati (Warwick)
Iacopo Costa (CNRS, Paris)
Bonnie Kent (UC Irvine)
Maria Morras (UPF Barcelona)
Alexander Stöpfgeshoff (Stockholm)
Simona Vucu (Toronto)
Irene Zavattero (Trento)

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