Publication – Grischa Vercamer, « Hochmittelalterliche Herrschaftspraxis im Spiegel der Geschichtsschreibung Vorstellungen von »guter« und »schlechter« Herrschaft in England, Polen und dem Reich im 12./13. Jahrhundert »

Die wichtige historische Epoche der „Renaissance des 12. Jahrhunderts“ oder auch der „Anfänge nationaler Geschichtsschreibung“ ist nicht nur durch entscheidende Veränderungen sozialer, politischer und wirtschaftlicher Natur gekennzeichnet, sondern in dieser Zeit wurden aufgrund der historischen Rahmenbedingungen Schreibtraditionen zur guten und schlechten Herrschaft begründet, die teils bis heute reichen.

6532_111

Grischa Vercamer untersucht in seiner Studie vergleichend die Vorstellungen hochmittelalterlicher Chronisten bezüglich praktischer Herrschaftsausübung in England, Polen und dem Heiligen Römischen Reich. Mittelalterliche Chronisten bzw. Historiographen beschreiben Herrschaft nicht abstrakt oder theoretisch, sondern anhand konkreter Personen und konkreter Handlungen. Dadurch lässt sich ein fundierter Eindruck davon gewinnen, wen damalige Autoren als „guten“ oder „schlechten“ Herrscher ansahen und auf welchen Handlungen sie ihr teils unbewusstes, teils verschleiertes Urteil begründeten. Es werden diffuse Ordnungs- und Rechtsvorstellungen fassbar, die eine Alternative zu herkömmlichen Rechtsquellen bieten. Der hier angewendete systematisch-analytische Zugriff auf die Werke mithilfe von soziologischen und narratologischen Werkzeugen ermöglicht es, ein ganzheitliches, belastbares Bild von Herrschaft aus den Chroniken herauszuarbeiten. Zudem wird nach eventuell vorhandenen Verschiedenheiten bei der Wahrnehmung von Herrschaft bezüglich der im Hochmittelalter sehr unterschiedlichen Nationen gefragt. Überraschend lassen sich dabei durchaus signifikante Unterschiede feststellen.

Informations pratiques :

Grischa Vercamer, Hochmittelalterliche Herrschaftspraxis im Spiegel der Geschichtsschreibung Vorstellungen von »guter« und »schlechter« Herrschaft in England, Polen und dem Reich im 12./13. Jahrhundert, Deutsches Historisches Institut Warschau, Harrassowitz Verlag, 2020. 17,00 × 24,00 cm, XII, 792 Seiten, 6 Abb. ISBN : 978-3-447-11354-0. Prix : 98 euros.

Source : Harrassowitz Verlag

Publié dans Publications | Laisser un commentaire

Conférence en ligne – Sergi Sancho Fibla, « Écrire la paraliturgie: Le Libro de devociones y oficios de Santo Domingo el Real (Madrid, XVe siècle) »

Le jeudi 14 mai 2020 à 10h00, Sergi Sancho Fibla (École des hautes études en sciences sociales) présentera une communication intitulée Écrire la paraliturgie: Le Libro de devociones y oficios de Santo Domingo el Real (Madrid, XVe siècle) dans le cadre du webinaire organisé par le groupe de recherche « H 37 – Histoire et cultures graphiques » (dir. Paul Bertrand, UClouvain).

Accès libre via Zoom : https://zoom.us/j/5994239729

webinaire-h37-1

Source : ReScript

Publié dans Colloque | Laisser un commentaire

Web – Online Resources for Teaching Art History (ICMA)

Many of us are suddenly facing the challenges of online teaching. We recognize that this shift can be disorienting, and we want to do what we can to offer support. So, we have compiled these resources in the hope that they help clarify the issues and provide useful information and guidance.

Below, you’ll find resources that encourage a positive attitude about online teaching, suggestions for how to communicate with students about the shift to online teaching, tips to help you adjust to the new teaching circumstances, and links that are particularly useful for teaching art history.

icmalogovector

Here is a presentation that will help with the practicalities of online teaching.

We compiled the resources on this page with the needs of the ICMA community in mind. But here is a general guide to Going Online in a Hurry from the Chronicle of Higher Education.

This site will be updated, so check back for further materials. And if you have suggestions for how to improve this library of resources, please email nrowe@fordham.edu.

Source : ICMA

Publié dans Web | Laisser un commentaire

Publication – « Figures littéraires grecques en France et en Italie aux XIVe et XVe siècles », dir. Catherine Gaullier-Bougassas

Aux XIVe et XVe siècles, la Grèce suscite en Italie et en France un engouement nouveau, dans une tension entre admiration et méfiance face à l’altérité mal connue et mal perçue tant de son univers ancien que de son devenir byzantin. Se multiplient les œuvres en latin, en français et en italien qui évoquent le passé de la Grèce ancienne. Les héros et les héroïnes de la Grèce ancienne entrent dans des univers scripturaires nombreux qui manifestent des exploitations littéraires et esthétiques, mais aussi politiques, religieuses et éthiques très diverses. Ces appropriations ne cessent de s’élargir à des formes d’écriture nouvelles jusqu’à la fin du XVe siècle, entre réinterprétation, instrumentalisation, recréation poétique ou fidélité aux textes peu à peu redécouverts. Le présent ouvrage étudie la présence et l’exploitation des figures de la Grèce ancienne en France et en Italie aux XIVe et XVe siècles, et les nouvelles formes d’ « actualité » qu’elles prennent dans les textes, avec l’évolution du regard et de l’interprétation des auteurs, avec aussi les décalages qui existent entre l’Italie et la France.

Catherine Gaullier-Bougassas est professeur de langue et de littérature médiévales françaises à l’Université de Lille et membre senior de l’Institut universitaire de France. Elle est l’auteur de nombreuses études sur la réception de l’Antiquité et de la figure d’Alexandre le Grand au Moyen Age.

dIS-9782503582238-1

Table des matières :

Catherine Gaullier-Bougassas, Un engouement pour la Grèce ancienne en Italie, en France et dans les Pays-Bas bourguignons

Des images nouvelles de la Grèce ancienne : la question de l’héritage

Enrico Fenzi, Petrarca, il mondo greco, lastoria
Jean-Yves Tilliette, Alcibiade et les autres : les grands hommes de la Grèce antique selon le De casibus virorum illustrium de Boccace
Jean Devaux, La cour de Bourgogne au miroir de la Grèce ancienne : figures héroïques et légitimation du pouvoir
Stefania Cerrito, L’image de la Grèce ancienne dans la mise en prose brugeoise de l’Ovide moralisé
Constantin Bobas, Présences-absences de l’Antiquité grecque dans le Livre de la conqueste de la princée de l’Amorée, Chronique de Morée (XIVe siècle)

Transpositions et réinterprétations

Raffaella Zanni,« Medea crudele e dispietata » (Amorosa visione, IX, 26) : la figure de Médée dans l’œuvre de Boccace
Prunelle Deleville, Marylène Possamai-Pérez, Médée au Moyen Âge : les interprétations de l’Ovide moralisé
Anne-Marie Legaré, De la représentation des dieux antiques dans les manuscrits du Livre des Eschez amoureux moralisés
Jean-Claude Mühlethaler, Pénélope entre Moyen Âge et Renaissance : les XXI Epistres d’Ovide(BnF, fr. 874) d’Octovien de Saint-Gelais en contexte
Sandrine Hériché-Pradeau, La Sappho du XVesiècle, de la clergesse à la poetesse amoureuse
Anne Schoysman, Traductions et lectures de Xénophon au XVe siècle et au début du XVIe siècle

Figures grecques et création poétique

Anne Robin, La figure de Thésée dans le Teseida delle nozze d’Emilia de Boccace (vers 1338-1341) : garant de la loi, juge et législateur
Hélène Casanova-Robin, Le mythe de Thésée dans la Théséide de Galassio Vicentino (XVe siècle) : enjeux littéraires et réflexions éthiques
Laurence Bernard-Pradelle, Le De laboribus Herculis de Coluccio Salutati et l’influence des trois Couronnes
Anne-Hélène Miller, Mythes et exempla de la Grèce antique ou la reconfiguration des sources et de la vérité dans la Fontaine amoureuse de Guillaume de Machaut et la Prison amoureuse de Jean Froissart

Figures grecques et écriture historique

Catherine Gaullier-Bougassas, Hercule dans la Bouquechardière de Jean de Courcy : une exemplarité contrariée
Elena Koroleva, La légende d’Œdipe et sa réécriture dans la Bouquechardière de Jean de Courcy
Michele Campopiano, Héros grecs et mythes de fondation des villes italiennes aux XIVe et XVe siècles
Sarah Baudelle-Michels, Léonidas dans les histoires universelles françaises
Corinne Jouanno, Thémistocle de Grèce en Occident : enquête sur la fortune d’un héros des guerres Médiques à l’aube de la Renaissance

Planches en couleur
Index des noms des auteurs, des artistes et des œuvres
Table des illustrations
Table des matières

Informations pratiques :

Figures littéraires grecques en France et en Italie aux XIVe et XVe siècles, dir. Catherine Gaullier-Bougassas, Turnhout, Brepols, 2020 (Recherches sur les Réceptions de l’Antiquité, 2). 359 p., 26 colour ill., 156 x 234 mm. ISBN: 978-2-503-58223-8. prix : 89 euros.

Source : Brepols

Publié dans Publications | Laisser un commentaire

Web – Plusieurs publications des Editions de l’Université de Bruxelles accessibles gratuitement

Les Éditions de l’Université de Bruxelles (ÉUB) sont la maison d’édition de l’Université libre de Bruxelles. Depuis leur création en 1972, elles développent un catalogue riche de plus de 450 titres qui couvrent les principales disciplines des sciences humaines et sociales, des mathématiques et des statistiques.

ULBpress

Liste des publications :

La performance des images – Accès : ici

La sacralisation du pouvoir – Accès : ici

Maître Eckhart et Jan van Ruusbroec – Accès : ici

Mystique, la passion de l’Un, de l’Antiquité à nos jours : ici

« Sectes » et « hérésies », de l’Antiquité à nos jours – Accès : ici

Art et religion – Accès : ici

Source : OAPEN

Publié dans Web | Laisser un commentaire

Publication en ligne – « Archéologie médiévale », t. 49, 2019

Accès : ici

couv_am49_hd-small200

Table des matières :

Nicolas Minvielle Larousse, Isabelle Commandré, Magali Fabre, Julien Flament, Bernard Gratuze, Guergana Guionova, Jérôme Ros et Olivier Thuaudet – Les ateliers-maisons des argentières du Colombier (Ardèche). Travailler et vivre aux XIe et XIIe siècles dans une exploitation minière cévenole

Christophe Vaschalde, Guillaume Duperron et Aline Doniga avec la collaboration de Fabrice Bigot, Philippe Bromblet et Patrice Cervellin – Le four à chaux FR 1430 de Saint-Martin-le-Bas (Gruissan, Aude) : éclairage interdisciplinaire sur la chaufournerie en pays narbonnais aux XIe-XIIIe siècles

Olivia Puel – L’église Saint-Martin de Savigny du XIe au XVIIIe siècle. Histoire et archéologie d’un monument disparu

Sylvain Burri, Vincent Labbas et Philippe Bernardi – De la forêt au bâtiment. Approche pluridisciplinaire des couvertures de bois dans le sud-est de la France (XIIe-XIXe siècles)

Dominique Fontaine, Françoise Labaune-Jean et Gaétan Le Cloirec – Renaissance musicale. Une partition gravée sur plaque de schiste au couvent des Jacobins de Rennes

Vincent Buccio – L’ouvrage à cornes de Saint-Jean à Soissons : vestiges archéologiques et essai de contexte historique

Chronique des fouilles médiévales en France en 2018
Bulletin critique

Source : Archéologie médiévale

Publié dans Publications | Laisser un commentaire

Publication – « Edward I: New Interpretations », éd. Andy King et Andrew M. Spencer

The reign of Edward I was one of the most important of medieval England, but the king’s activities and achievements have not always received the full attention they deserve. The essays collected here offer fresh insights into Edward’s own personality as well as developments in law, governance, war and culture. Edward the man emerges in chapters on his early life, his piety and his family, while the administrator king is discussed in evaluations of his two great ministers, his handling of the crucial issue of law and order and the way he managed the realm from abroad through his correspondence. Edward’s nobles, both in England and Scotland, naturally appear as vital to understanding the reign, while his rule is set in a British and European context. Overall, the book aims to move the debate on the reign beyond K.B. McFarlane’s hugely influential judgement that « Edward I preferred masterfulness to the arts of political management », by highlighting his skills — and failings — as a politician and manager.

9781903153727_1

ANDREW M. SPENCER Is Senior Tutor at Gonville & Caius College, Cambridge; ANDY KING is a Lecturer in Medieval History, University of Southampton.

Contributors: Rod Billaud, Michael Brown, Caroline Burt, Charles Farris, Richard Huscroft, Andy King, Lars Kjaer, Kathleen Neal, Louise J. Wilkinson

Informations pratiques :

Edward I: New Interpretations, éd. Andy King et Andrew M. Spencer, Boydell&Brewer, 2020. 203 pages. 23.4×15.6 cm. ISBN : 9781903153727. Prix : 60£.

Source : Boydell&Brewer

Publié dans Publications | Laisser un commentaire

Publication – Jean de Courcy, « La Bouquechardière de Jean de Courcy. Tome I : Introduction générale. Des origines de la Grèce jusqu’à Hercule », éd. Catherine Gaullier-Bougassas

Jean de Courcy, seigneur de Bourg-Achard en Normandie, écrit au début du XVe siècle la Bouquechardière. Dans ce large récit jusqu’ici inédit, il se démarque du modèle de l’histoire universelle, en sélectionnant avant tout l’histoire d’une partie du monde : la Grèce et les territoires européens et asiatiques qui lui sont liés. Son œuvre offre une histoire de la Grèce antique en six livres, depuis la fondation d’Argos et d’Athènes jusqu’à Alexandre le Grand et ses successeurs. Choisir, au début du XVe siècle et en France, de consacrer une œuvre entière à l’histoire de la Grèce ancienne constitue une innovation. La Bouquechardière conjoint alors deux héritages majeurs qui n’avaient pas encore été conciliés avec une telle ampleur, celui des fables mythologiques de l’Antiquité et celui des histoires universelles. Sa seconde originalité est que Jean de Courcy glose continûment le récit historique, selon les modèles de l’écriture des sermons. Il réussit alors à concilier deux objectifs : amplifier le récit de l’histoire de la Grèce antique, en louant les vertus de figures païennes illustres, et le « moraliser » continûment pour donner à son texte le statut d’une œuvre édifiante, offerte à la dévotion des lecteurs laïques.

Cette première édition critique se fonde sur un examen de tous les manuscrits connus et le présent volume, le premier, est consacré au récit des origines de la Grèce, de la fondation d’Argos et d’Athènes jusqu’à Hercule.

Catherine Gaullier-Bougassas est professeur de langue et de littérature médiévales françaises à l’Université de Lille et membre senior de l’Institut universitaire de France. Elle est l’auteur de nombreuses études sur la réception de l’Antiquité et de la figure d’Alexandre le Grand au Moyen Age.

dIS-9782503581620-1

Table des matières :

Jean de Courcy et la Bouquechardière

« Moy, Jehan de Courcy, chevalier normant plain de jours et vuidé de jennesce »
La vie de Jean de Courcy, son contexte familial et historique
Un succès posthume : La Bouquechardière, Rouen et la Normandie
L’ordonnancement des six livres de la Bouquechardière
Des Grecs antiques au Christ : une vision de l’Histoire particulière
Similitude, exposition et allégorie : Une histoire moralisée et la voix d’un prédicateur laïque
Les « histores de poeterie » : Vérités historique et allégorique des « fables » des « poetes »
Les lectures de Jean de Courcy

Les manuscrits de la Bouquechardière

Choix des manuscrits de base, de contrôle et de variantes et principes d’édition

Les groupes de manuscrits dans le prologue et le livre I (ch. 1-27)

Langue du manuscrit

Bibliographie

Tables des rubriques du manuscrit de Paris, BnF, fr. 20124

Édition critique

Sélection de variantes

Commentaire

Index des noms propres

Glossaire

Informations pratiques :

Jean de Courcy, La Bouquechardière de Jean de Courcy. Tome I : Introduction générale. Des origines de la Grèce jusqu’à Hercule, éd. Catherine Gaullier-Bougassas, Turnhout, Brepols, 2020 (Recherches sur les Réceptions de l’Antiquité, 1.1). 438 p., 156 x 234 mm. ISBN: 978-2-503-58162-0. Prix : 120 euros.

Source : Brepols

Publié dans Publications | Laisser un commentaire

Conférence – Struggling Toward God: Meditation and Prayer in the Eleventh- and Twelfth-Century Monastery

Registration is open! All graduate students should consider signing up for Dr. Lauren Mancia’s fascinating course on meditation and prayer in taking place during Summer Session 1. Outside of her many professional achievements you might recognize Dr. Mancia’s name from her contribution to Fordham’s Whose Middle Ages entitled « What Would Benedict Do? »

Poster Text:
MVST 5078 (CRN 12152) Graduate Seminar:
Struggling Toward God: Meditation and Prayer in the Eleventh- and Twelfth-Century Monastery

Professor Lauren Mancia
Online Course
Summer Session 1 | May 26-June 25, 2020
TR: 11:00am-3:00pm

93936792_2562614367176840_5891010841507004416_o

This 4-credit graduate course explores the dimensions of the medieval monastic contemplation in the heydey of Benedictine and Cistercian spiritual writing, the eleventh and twelfth centuries. The course will aim to answer the following questions: What did extra-liturgical prayer and meditation look like for medieval monks and nuns? When, where, and how was it practiced? Was there a set way to engage with monastic meditation, or were there a variety of medieval monastic meditative experiences in the eleventh and twelfth centuries? What did monks and nuns perceive as the limitations of monastic prayer and meditation? What extra-textual tools did monks and nuns rely upon to stimulate their practices of meditation? And what does monastic meditation reveal about the emotional lives of Benedictine and Cistercian monks and nuns in the high Middle Ages?

For more information:
laurenmancia@brooklyn.cuny.edu
medievals@fordham.edy

Publié dans Colloque | Laisser un commentaire

Hommage – André Matthys (1944–2020), Inspecteur général du Patrimoine à la Région wallonne

Ce 5 mai 2020, nous avons appris le décès d’André Matthys, à l’âge de 75 ans

Avant d’occuper le poste d’inspecteur général du Patrimoine à la Région wallonne de 1991 à 2007, il fut avant tout un archéologue du Service National des Fouilles. Il fait partie des fondateurs de l’archéologie médiévale de terrain en Belgique et dont la renommée des travaux a dépassé les frontières. Diplômé en Histoire et en Archéologie, formé auprès du professeur Joseph Mertens à Louvain, il avait été tout naturellement attiré par l’époque romaine. À ses côtés, il participa à plusieurs campagnes à Ordona dans les Pouilles en Italie et sa première fouille publiée portait sur la villa romaine de Jette. Plus tard, il étudia aussi celle de Vesqueville en Ardenne. C’est pourtant avec ses travaux sur la période médiévale qu’il va se distinguer. Dès ses années de formation, il réalisa que le Moyen âge réclamait une approche archéologique de terrain différente de l’analyse des historiens de l’art. Mais pour pouvoir s’y retrouver dans des stratigraphies sédimentaires, il lui paraissait indispensable d’avoir une connaissance suffisante de la culture matérielle à commencer par celle du marqueur chronologique le plus commun : la céramique. C’est ainsi qu’il avait suivi de près les fouilles par R. Borremans et R. Warginaire des ateliers de potiers à Andenne. Il s’était frotté à toutes les typo-chronologies encore en gestation entre Rhin et Meuse des périodes entre le XIe et XVe siècles et poursuivant même vers les XVIe et XVIIe siècles avec la production de Bouffioulx, non pas celle de luxe des cruches décorées et conservées dans des vitrines mais la plus banale, réduite à l’état de tessons sur les sites archéologiques. Il devint sans conteste l’un des meilleurs spécialistes de la céramique médiévale en Belgique. Pour qui veut approfondir ses connaissances, il n’y a pas de plus profitable méthode que d’entreprendre une bibliographie. La sienne parut en 1975, dans la jeune revue Zeitschrift für Archälologie des Mittelalters où il recense, en une quarantaine de pages, des milliers de références d’articles parus entre 1945 et 1972 classés par thématique commentée. Ainsi, d’un objet d’étude personnelle, il en faisait un outil mis à disposition de tous.

André Matthys

Une fois armé, il se lança, avec son complice de toujours – dont il partagea, pendant quasi deux décennies, un bureau sous les combles dans l’immeuble de l’IRPA à Bruxelles – Johnny De Meulemeester, dans l’aventure des chantiers du Premier Moyen âge. Vers le milieu des années 1970, le directeur du SNF, Héli Roosens, médiéviste formé à Gand, spécialiste de la période mérovingienne, confia à chacun un programme de recherches en parallèle : à l’un, les fortifications de terre en Flandre maritime, à l’autre, l’étude des sites fortifiées dans la vallée de la Semois. Et on aborde enfin le volet de la castellologie dont les deux comparses jetèrent les bases en Belgique. Outre leurs chantiers respectifs, ils réexaminèrent ensemble des fouilles restées inédites ou qui exigeaient des révisions chronologiques comme à Landen, Bruges ou Buzenol. Les recherches sur la Semois permirent à André Matthys d’envisager plusieurs occupations sur la longue durée et de les replacer dans leur cadre politique, celui du comté de Chiny, de l’évêché de Liège ou de la Terre de Saint-Hubert. Cette démarche le poussa dans les années 1980 à retourner à l’université, cette fois de Bruxelles, pour suivre le séminaire de Georges Despy dont il admirait l’esprit critique et de bon sens. S’il participa aux Journées lotharingiennes de Luxembourg où il put côtoyer Michel Parisse, disparu voici quelques semaines, c’était bien sûr pour apprendre mais aussi présenter aux historiens des textes des réalités matérielles qu’ils avaient trop longtemps négligées. Sur le plan archéologique, ses fouilles mirent en exergue les phases en terre et bois des premières occupations castrales. Il innova aussi en encourageant les études de la faune consommée sur ces sites castraux comme à Sugny. La grande exposition du Römisch-Germanischen Zentral Museum de Mayence, en 1992, consacrée aux Saliens, lui donna l’occasion de synthétiser quinze années de fouilles.

Au début des années 1970, il contribua aussi à la création d’Archaeologia Mediaevalis, journées annuelles offrant la possibilité aux professionnels comme aux amateurs de présenter leurs travaux de l’année écoulée. Vis à vis de ces derniers, il ne se contentait pas de leur donner des conseils mais à leur prêter main forte sur le terrain. Dans sa carrière de chercheur, les colloques occupèrent une place essentielle, pas seulement pour les aspects conviviaux mais bien pour s’informer et informer au plus vite sans attendre les publications. André Matthys était membre du comité permanent de Château Gaillard et de Ruralia dont il ne manqua jusqu’à sa retraite aucun colloque. Il était loin de considérer les visites de chantiers et de châteaux qui agrémentaient les colloques internationaux comme des distractions. Au contraire, il les préparait et consignait ses observations.

Pour une science comparatiste comme l’archéologie, la recherche se nourrit des liens entre chercheurs d’aires culturelles voisines. C’est pourquoi il ne cessa d’encourager, même lorsque ses fonctions d’inspecteur général l’empêchèrent d’y participer, les recherches archéologiques à l’étranger que ce soit en France, aux côtés de Jean-Michel Poisson à Albon, en Irlande avec Terry Barry et Kieran O’Conor, en Italie, au Portugal, en Jordanie, au Maroc ou en Espagne. En voici une anecdote significative : c’est en partant de l’étude de la motte de pierre de Sugny qu’avait germé l’idée avec son comparse Johnny De Meulemeester, par l’entremise d’André Bazzana alors directeur de la Casa de Vélasquez à Madrid, de fouiller, avec le céramologue de Montpellier François Amigues, un site perché en Andalousie, près de Murcie. Au début des années 1990, ils mettaient au jour le premier grenier collectif fortifié d’avant la Reconquête jamais découvert en Espagne. De là, l’idée de poursuivre l’étude par une enquête d’ethno-archéologie chez les Berbères du Maroc où subsistent encore quelques greniers de ce type toujours en usage. Depuis les archéologues espagnols ne cessent d’en retrouver !

Matthys était un pédagogue hors pair : que ce soit en faisant visiter son chantier de fouilles ou en le présentant dans un colloque scientifique, ses exposés en un discours clair et précis s’appuyaient sur des documents graphiques soignés. La première rencontre avec l’homme ne laissait personne indifférent et reste gravée dans la mémoire de beaucoup d’archéologues. Lors de colloques, à la fin de la présentation publique d’un jeune impétrant, qu’il écoutait pour la première fois, il se dirigeait vers lui et de sa stature imposante, l’air grave, marquant un temps d’arrêt, ménageant le suspense, le félicitait et lui glissait soit une information, soit un conseil. À chacun de ceux qui l’ont connu de se remémorer leur première rencontre.

Philippe Mignot, AWaP

Publié dans Le réseau | Tagué | Laisser un commentaire