Appel à contribution – Translatio : Appel à communication état de la recherche (journée du 31 mars 2023)

Souhaitant accomplir pleinement son rôle de Groupe de contact F.R.S.-FNRS, compliqué ces dernières années par la crise sanitaire, Translatio organise une journée consacrée à l’état de la recherche sur l’Antiquité tardive et le haut Moyen Âge en Fédération Wallonie-Bruxelles. Celle-ci se tiendra le 31 mars 2023 à l’Université libre de Bruxelles. Elle sera l’occasion de (re)découvrir les thématiques et méthodes de la recherche actuelle.

Dans cette perspective, le présent appel à communication est lancé tant aux jeunes chercheurs et chercheuses (Master diplômé·es, doctorant·es) qu’aux chercheurs et chercheuses confirmé·es émanant de toutes disciplines (histoire, archéologie, histoire de l’art, linguistique, paléoenvironnement, etc.). Les communications auront pour objet des projets de recherche individuels ou collectifs en cours ou récemment achevés. D’une durée de 20 à 25 minutes, elles pourront adopter une approche historiographique, méthodologique ou présenter les résultats d’une enquête achevée. Priorité sera accordée aux chercheurs et chercheuses issu·es de la FWB. Les propositions de communication (150 à 300 mots) sont à faire parvenir à l’adresse suivante avant le 15 janvier 2023 : nschroed@ulb.ac.be.

Publié dans Appel à contributions | Laisser un commentaire

Appel à contribution – Les maisons médiévales et le genre, nouvelles approches historiques (XIIIe–XVIe siècle)

Depuis les années 1980, dans la lignée des travaux d’urbanisme et de sociologie, plusieurs publications consacrées à la maison interrogent les nouveaux modes d’habiter (en témoigne par exemple la revue Housing studies, créée en 1986). En histoire médiévale, penser la maison invite d’abord à un effort de définition, puisqu’elle désigne aussi bien un lieu d’habitation que l’ensemble des personnes vivant sous son toit, ou encore les membres d’un même lignage. À la complexité de la définition s’ajoute la diversité du vocabulaire. Ainsi, le terme « maison » englobe les significations des substantifs mesnie et mesnage, qu’il semble d’ailleurs remplacer progressivement. Ces enjeux ne sont d’ailleurs pas propres à l’aire francophone, et l’historiographie de langue anglaise a déjà relevé les problèmes posés par la pluralité des termes dans les sources de l’Angleterre médiévale : house, home ou household. Pour contourner cette difficulté sémantique, certain·e·s chercheur·euse·s recourent alors à la terminologie latine, distinguant domus et familia (Davis, Muller & Rees Jones, 2003).Depuis les années 2000, la production historiographique en langue anglaise étudie les maisons médiévales sous l’angle de la culture matérielle ; cette approche demeure celle des travaux les plus récents (French, 2021 ; De Groot, 2022). Dans la lignée de Simone Roux (1976), l’historiographie francophone a davantage privilégié l’archéologie du bâti et l’histoire de l’architecture. Dans les années 1990, sous l’impulsion de l’archéologue Yves Esquieu notamment, les horizons de ces recherches s’élargissent, une attention nouvelle étant accordée aux habitats ordinaires. Aux côtés des travaux d’historien·nes de l’art (Le Deschault de Montredon, 2015), les renouvellements historiographiques les plus récents sont menés par le groupe de recherche sur les plafonds peints, qui entend faire une anthropologie historique de l’image domestique (Dittmar, 2018).  Prenant acte de l’irréductible polysémie de la maison, les sociologues voient dans la transdisciplinarité un moyen de sortir d’une impasse sémantique et conceptuelle (Handel, 2019 ; Mallet, 2004 ; De Neergard, 2022). Un des aspects féconds de cette démarche est la remise en question du lien trop évident entre hétérosexualité et espace domestique (Morrison, 2012), dont on serait tenté de voir les prémices à la fin de la période médiévale. Entre XIIIe et XVIe siècles, en effet, on observe des mutations cruciales dans les rapports de genre. L’important article d’Ellen E. Kittell et Kurt Queller, à partir des sources de l’échevinage de Douai (2000), suggère ainsi l’émergence d’un « chef de maison » au masculin au cours du XIVe siècle. De même, une inflexion patrilignagère affecte les représentations de la parenté à partir de la même période, comme Christiane Klapisch-Zuber l’a observé dans les livres de ricordanze des hommes florentins (1990, 2020). Par cette journée d’étude, nous proposons de contribuer aux recherches foisonnantes sur la maison pour cette période (voir bibliographie ci-dessous) dans une perspective proprement historienne et par le genre. Faire de la maison médiévale un objet d’histoire du genre permet de croiser une réflexion sur l’habitat (son organisation spatiale notamment) et les pratiques qui y ont cours. Ainsi, on envisagera la maison comme un cadre d’interactions sociales, sans négliger sa dimension matérielle concrète : ses différents espaces (intérieurs comme extérieurs), les meubles et objets. Sources de la pratique (notariales ou judiciaires) et sources normatives (comme les traités d’éducation) révèlent-elles des rapports de genre différents dans l’espace domestique ? Celui-ci est-il conçu ou vécu comme un lieu assigné aux femmes ? Les sources iconographiques seront les bienvenues dans ce cadre de réflexion.

Les propositions de communication pourront s’inscrire dans un ou plusieurs de ces axes thématiques (liste non exhaustive) :

Construire la maison

Les maisons médiévales constituent des lieux multifonctionnels qui remettent en question la pertinence d’une distinction entre sphère privée et sphère publique. Les relations et les formes de sociabilités qui s’y nouent sont de nature familiale et vicinale, économique et politique. On posera donc la question de la coexistence de fonctions diverses et de leur conflictualité éventuelle.

Tenir la maison

La reproduction biologique apparaît comme la fonction fondamentale de la maison. Dans une perspective aristotélicienne, le bon gouvernement de la maison et de la famille est placé dans la continuité du bon gouvernement de soi et de la cité. Pédagogues et prédicateurs ont pu contribuer par exemple à encourager la division du travail domestique selon le genre. Qu’en est-il, par comparaison, dans les sources de la pratique ? Cet axe de réflexion suggère d’étudier la maison comme lieu de production de différentes formes de domination, à la croisée du genre, du social (maître·sse/serviteurs-servantes) et de la classe d’âge (pères et mères sur fils et filles mineur·e·s).

Défaire la maison

Il s’agira d’envisager cet objet dans des moments de crise (voir notamment le numéro pluridisciplinaire de Home Cultures, Baxter & Brickell, 2014). Peut-on considérer la maison en dehors des rapports de production et de reproduction qui la constituent ? On s’intéressera aux événements affectant aussi bien la famille conjugale ou le lignage que l’habitat : on peut songer, à titre d’exemples, aux rapts et viols avec effraction de domicile, aux morts et aux destructions occasionnées par les guerres ou les épidémies. Quelles sont les conséquences matérielles et sociales de la disparition du chef de famille ou de son épouse ?

Modalités de proposition

Les propositions de communication (2000 signes espaces compris) ainsi qu’une courte biographie devront être envoyées à l’adresse électronique suivante : maisons.medievales@gmail.com

avant le 30 janvier 2023.

La journée d’étude aura lieu le 1er juin 2023.

Comité organisateur :

Solène Baron, doctorante en histoire médiévale (Université Paris-Cité / Université Lumière – Lyon 2) – Laboratoire ICT Les Europes dans le mondeClémentine Girault, doctorante en histoire médiévale (Université Paris-Cité / EHESS) – Laboratoire ICT Les Europes dans le monde

Source : Calenda

Publié dans Appel à contributions | Laisser un commentaire

Appel à contribution – Perspective : actualité en histoire de l’art : L’autonomie

La notion d’autonomie est centrale pour appréhender l’œuvre d’art au moins depuis l’essor de la philosophie esthétique au xviiie siècle. Elle constitue une donnée majeure de l’histoire de l’art du siècle dernier, au point que le critique Clement Greenberg put en faire la clé de son approche formaliste de la peinture moderniste. A contrario, certains théoriciens tel Peter Bürger (Theorie der Avantgarde, 1974) ont perçu l’offensive menée par les artistes contre l’autonomie de l’art comme le dénominateur commun de l’avant-gardisme.

Ces débats, apparemment circonscrits à la sphère esthétique, invitent pourtant à formuler un constat plus général : si la notion d’autonomie est disputée, c’est qu’elle renvoie à des signi cations multiples dans les différents domaines des sciences humaines et sociales. Elle peut concerner l’art ou l’esthétique (par rapport aux champs politique, social, moral ou encore religieux), les œuvres d’art elles-mêmes (leur référentialité et, plus largement, leur vie propre – en ce sens elle renverrait aussi à leur réception), l’artiste (dont il conviendrait de lire l’histoire à l’aune de celle de l’avènement de l’individu ou encore, par exemple, à partir de sa dé nition romantique, plus tardive) et en n l’histoire de l’art (comme discipline autonome), toutes périodes et aires géographiques confondues. En parallèle de contributions sur les xixe et xxe siècles qui semblent au premier chef concernés, la revue souhaite donc proposer aux spécialistes de l’histoire de l’art moderne, de la Renaissance, du Moyen Âge et de l’Antiquité de sonder la préhistoire de cette notion partout où l’ordre politique, les structures religieuses et les dynamiques culturelles et sociales ont façonné ou présagé ses définitions contemporaines.

La rédaction invite les contributeurs, en portant leur attention sur les contextes aussi bien extra- occidentaux qu’européens, à repenser l’autonomie avec, pour toile de fond, les déplacements intervenus dans le champ intellectuel au cours des dernières décennies, suivant cinq axes principaux qui constituent autant de pistes de réflexion à partir desquelles des propositions de contribution pourront être formulées :

1. Il s’agit en premier lieu de réfléchir aux conditions d’application actuelles de l’autonomie en histoire de l’art, à partir des questions apparues d’abord dans le champ de la sociologie institutionnelle. Tout en produisant une critique de cette notion, Andrea Fraser a par exemple souligné la centralité que revêt toujours l’autonomie dans l’art contemporain, en tant qu’indépendance des œuvres visuelles « vis-à-vis de toute rationalisation, de tout usage ou de toute fonction spécifique, qu’ils soient d’ordre moral, économique, politique, social, matériel ou émotionnel » (dans Alberro, 2005, p. 56). Dans quelle mesure ce besoin de conceptualiser s’est-il ou non généralisé ? Quelles dé nitions disciplinaires nouvelles, quelles notions situées de l’autonomie sont apparues, et par quels canaux ?

2. Ce numéro souhaite aussi interroger le versant esthétique de ce concept, et travailler à un inventaire de l’héritage de la critique d’art formaliste. Comment les formes artistiques ont-elles accompagné ou refaçonné l’idée d’autonomie, passée de la peinture moderniste défendue par Greenberg à la sculpture minimale, puis à la photographie contemporaine ? Et que reste-t-il de l’utopie de l’autonomie esthétique moderniste, entendue comme levier d’émancipation du spectateur ?

3. Du point de vue de l’histoire de la discipline, il s’agit de consacrer un axe à l’autonomie de l’histoire de l’art, mais aussi à celle de l’archéologie, des études photographiques et cinématographiques, etc., en tant que savoirs disciplinaires indépendants et spécialisés, en particulier à l’aune des transformations récentes de leurs champs de recherches (appels récurrents à l’interdisciplinarité, importation des studies anglo-américaines, nouvelles méthodes et approches, etc.).

4. Parallèlement, un axe de ré exion spéci que sera consacré à la dimension politique de la notion d’autonomie appliquée à l’art. Plusieurs fois dans l’histoire, des mouvements artistiques, des artistes, des architectes ou même des historiens de l’art se sont approprié les formes et/ou les discours de certains courants idéologiques ou politiques, et ont tissé des liens avec eux – pensons par exemple aux artistes et théoriciens liés au marxisme ouvriérisme italien, à partir des années 1960 (Galimberti, 2022). Toutefois, l’histoire de l’autonomie politique en art se limite-t-elle à ces seuls usages circonscrits et revendiqués ? Peut-on envisager plus largement les jalons de son histoire ?

5. Nous souhaiterions en n aborder, à partir des nouvelles formes d’autonomie de l’imagerie induite par les technologies actuelles, la dimension technique de cette question (savoir-faire artistiques, statut de l’œuvre d’art, auctorialité, etc.). Le cinéaste Harun Farocki l’a souligné très tôt avec son concept d’« image opérationnelle » : le visible est devenu un terrain que les machines organisent pour elles-mêmes. Cette « culture visuelle invisible » peut être un point de départ pour interroger, rétrospectivement, une histoire plus longue de l’autonomie de l’œuvre d’art et des images (Paglen, 2016).

Les auteurs veilleront à tenir compte de la réciprocité entre les objets et les idées : que nous enseignent une image, une œuvre, une forme sur les dé nitions de l’autonomie qu’elles convoquent ? Que nous apprend l’autonomie sur d’autres éléments du vocabulaire artistique (l’interactivité, l’immersion, …), politique (l’émancipation, l’autodétermination, …) ou savant (l’hétéronomie, la critique, …) ? Quel que soit le sujet proposé, les contributions doivent s’inscrire dans la ligne éditoriale de Perspective qui publie des bilans ou des essais historiographiques inédits sur des questions de fond et/ou relevant de l’actualité de la discipline au sein de la thématique envisagée. Les études de cas ne seront acceptées que dans la mesure où elles sont l’occasion d’aborder des questions critiques de portée plus générale concernant les approches, les orientations et les enjeux de la discipline histoire de l’art.

Perspective : actualité en histoire de l’art

Publiée par l’Institut national d’histoire de l’art (INHA) depuis 2006, Perspective est une revue semestrielle dont l’ambition est d’exposer l’actualité plurielle d’une recherche en histoire de l’art qui soit toujours située et dynamique, explicitement consciente de son historicité et de ses articulations. Elle témoigne des débats historiographiques de la discipline sans cesser de se confronter aux œuvres et aux images, d’en renouveler la lecture, et de nourrir ainsi une ré exion globale, intra- et interdisciplinaire. La revue publie des textes scienti ques offrant une perspective inédite autour d’un thème donné. Ceux-ci situent leur propos dans un champ large, sans perdre de vue l’objet qu’ils se donnent : ils se projettent au-delà de l’étude de cas précise, et interrogent la discipline, ses moyens, son histoire et ses limites, en inscrivant leurs interrogations dans l’actualité – celle de la recherche en histoire de l’art, celle des disciplines voisines, celle en n qui nous interpelle toutes et tous en tant que citoyens.

Perspective invite ses contributeurs à actualiser le matériel historiographique et le questionnement théorique à partir duquel ils élaborent leurs travaux, c’est-à-dire à penser, à partir et autour d’une question précise, un bilan qui sera envisagé comme un outil épistémologique. Ainsi, chaque article veillera à actualiser sa ré exion en tissant autant que possible des liens avec les grands débats sociétaux et intellectuels de notre temps.

La revue Perspective est pensée comme un carrefour disciplinaire ayant vocation à favoriser les dialogues entre l’histoire de l’art et d’autres domaines de recherche, des sciences humaines notamment, en mettant en acte le concept du « bon voisinage » développé par Aby Warburg.

Toutes les aires géographiques, toutes les périodes et tous les médiums sont susceptibles d’y gurer.

Autonomie, no 2024 – 1
Rédaction en chef : Marine Kisiel (INHA) et Matthieu Léglise (INHA) Numéro coordonné avec Maxime Boidy (université Gustave-Eiffel) Voir la composition du comité de rédaction.

Prière de faire parvenir vos propositions – un résumé de 2 000 à 3 000 signes, un titre provisoire, une courte bibliographie sur le sujet et une biographie de quelques lignes – à l’adresse de la rédaction (revue-perspective@inha.fr) avant le 16 janvier 2023.

Perspective prenant en charge les traductions, les projets seront examinés par le comité de rédaction quelle que soit la langue dans laquelle ils seront rédigés. Les auteurs des propositions retenues seront informés de la décision du comité de rédaction en février 2023, tandis que les articles seront à remettre pour le 1er mai 2023. Les articles soumis, d’une longueur nale de 25 000 ou 45 000 signes selon le projet envisagé, seront définitivement acceptés à l’issue d’un processus anonyme d’évaluation par les pairs.

Source : Perspectives

Publié dans Appel à contributions | Laisser un commentaire

Appel à contribution – Images d’Isis en France et en Italie (XIVe – XVIe siècle)

Boulogne-sur-Mer, 18 octobre 2023
Université Littoral Côte d’Opale, UR 4030 HLLI
Organisateurs : Elena KOROLEVA, Jean-Louis PODVIN

Le culte d’Isis est introduit en Campanie, puis à Rome dès le IIe siècle avant J.-C. et c’est à partir de l’Italie qu’il se propage ensuite en Gaule. La fermeture du temple d’Isis à Philae, vers 535 de notre ère, marque la disparition officielle du culte dans le monde méditerranéen, mais la mémoire d’Isis et des divinités de sa « famille » – parmi lesquelles on compte notamment Osiris, Sérapis et Harpocrate, mais aussi Anubis, Apis et Bubastis – perdure au fil des siècles et est constamment renouvelée jusqu’à l’époque moderne. Si des recherches ont déjà été menées sur la réception de la figure d’Isis et de sa gens1, les réécritures de leur légende aux derniers siècles du Moyen Âge et à la Renaissance, sur lesquelles nous souhaitons concentrer notre investigation, n’ont jamais bénéficié d’une étude spécifique.

Dans le cadre de cette journée qui croisera les approches de l’histoire des textes et de l’histoire de l’art, il s’agira d’examiner aussi bien la réception des traditions gréco-latines que la création de mythologies nouvelles autour de la figure d’Isis et des divinités du cercle isiaque, en France et en Italie. Pour la période médiévale, ce sont les Métamorphoses d’Ovide qui ont servi de source majeure sur Isis, ses pouvoirs et son entourage, avec l’identification d’Isis à l’amante de Jupiter, Io, au livre I et le récit de la métamorphose d’Iphis en homme au livre IX. Si le texte fait l’objet de gloses dès le XIe siècle, c’est au XIVe siècle que les Métamorphoses sont traduites, relues et amplifiées grâce à l’exégèse tropologique et allégorique : en France, par l’auteur anonyme de l’Ovide moralisé (vers 1320), en Italie, par Giovanni Bonsignori da Città di Castello (1375). Les deux œuvres ont connu une fortune remarquable aux XVe-XVIe siècles : elles circulent sous forme manuscrite et imprimée et sont une source d’inspiration pour de nombreux textes qui recourent à ces adaptations ovidiennes pour construire leur récit mythologique. C’est encore au XIVe siècle que les humanistes italiens, dont Boccace, redécouvrent L’Âne d’or d’Apulée, qui consacre le livre XI de son roman à Isis et à l’initiation de Lucius. Annotateur d’un manuscrit d’Apulée aujourd’hui conservé à Florence, Boccace renoue toutefois avec Ovide et les sources médiévales lorsqu’il présente Isis dans sa collection de biographies de femmes illustres, De mulieribus claris. Ce texte s’imposera comme un ouvrage de référence pour les écrits consacrés à la défense des femmes en France au XVe siècle, comme la Cité des dames de Christine de Pizan. Mais L’Âne d’or ne sera plus oublié. Après une première édition par Arnold Pannartz et Konrad Sweynheim pour Giovanni Andrea Bussi (1469), le XVIe siècle voit la parution de multiples traductions de L’Âne d’or en langues vernaculaires, dont pas moins de quatre en français (Guillaume Michel, 1517 ; Georges de La Bouthière, 1553 ; Jean Louveau, 1553 ; Jean de Montlyard, 1602) et celle en italien par Boiardo (1518). Toujours au XVIe siècle, c’est un autre texte, plus ancien encore et de langue grecque, qui apportera des informations nouvelles sur Isis : le Sur Isis et Osiris de Plutarque. Dès le début des années 1480, Ange Politien présente des excerpta de ce traité au public savant de Venise et de Vérone (Miscellaneorum centuria una, Florence, 1489, ch. 83). Le traité est publié à Venise en 1509 dans le cadre d’une édition intégrale des Œuvres morales de Plutarque qui seront transposées à leur tour en plusieurs langues vernaculaires, en français par Jacques Amyot (1572), en italien par Marc-Antonio Gandino (1598). Enfin, on ne doit pas oublier un faux resté célèbre qui s’inscrit dans la grande vague de redécouvertes de textes antiques, à savoir les Antiquitates de Giovanni Nanni, dit Annius de Viterbe (1498). En mettant au premier plan Osiris, Annius puise à Diodore de Sicile pour assigner au dieu égyptien le rôle civilisateur que le Moyen Âge réservait plutôt à son épouse : dans les Antiquitates, ce n’est plus Isis qui enseigne les lettres et les arts « aux sauvages Egiptiens », pour reprendre l’expression du Champion des dames de Martin Le Franc, mais Osiris qui entreprend un voyage dans le sens inverse pour accomplir une mission civilisatrice en Italie, en transmettant aux Italiens l’art de labourer la terre et l’art de la vigne. Le récit d’Annius inspirera, entre autres, Jean Lemaire de Belges dans ses Illustrations de Gaule et singularitez de Troie (1511-1513) où Hercule de Libye, fils d’Isis et d’Osiris, apparaît comme un ancêtre des rois de France.

La journée d’études permettra d’étudier les portraits d’Isis et des divinités de son cercle qui résultent de l’amalgame de ces multiples traditions. Dans quelle mesure les différentes adaptations et traductions restent-elles fidèles à leurs sources en ce qui concerne l’histoire d’Isis ? Quelle(s) image(s) des divinités isiaques véhiculent-elles ? Quel impact ont-elles eu sur la production littéraire et artistique de la période ? Telles sont les questions auxquelles les interventions de la journée tenteront de répondre.

Cette journée fournira enfin l’occasion de se pencher sur les représentations picturales d’Isis. Les manuscrits, suivis par les premiers imprimés, illustrent en effet les différents moments de l’histoire d’Isis telle qu’elle est diffusée au Moyen Âge et à la Renaissance : Isis / Io transformée en vache, puis naviguant la mer lors de son voyage en Égypte, Isis enseignant les lettres et les arts, Isis plantant des arbres, Isis recueillant les membres éparpillés d’Osiris… Certains témoins, manuscrits et imprimés, des chroniques universelles offrent également des images liées au culte isiaque, comme les festivités données en l’honneur d’Isis ou encore l’adoration des idoles des divinités isiaques. Plus rares, les représentations d’Isis dans la peinture pourront elles aussi être abordées. Citons, à titre d’exemple, les fresques de Pinturicchio montrant Isis, Osiris et Apis dans les appartements Borgia du Vatican, dont l’iconographie témoigne de l’influence d’Annius de Viterbe, ou encore le programme iconographique du « lavatoire » d’Isis imaginé par Pontus de Tyard pour les peintures du château d’Anet et décrit dans ses Douze fables de fleuves ou fontaines.

Les propositions de communication accompagnées d’un argumentaire d’une dizaine de lignes et d’un bref curriculum vitae sont à envoyer aux organisateurs avant le 31 janvier 2023 : elena.koroleva@univ-littoral.fr, jean-louis.podvin@univ-littoral.fr

Source : Université du Littoral

Publié dans Appel à contributions | Laisser un commentaire

Bourse – Oschinsky Research Associate (Cambridge, 2023-2024)

The Library Syndicate invites applications for the Oschinsky Research Associateship for the tenure of 1 October 2023 to 31 July 2024 in collaboration with Girton College. The Oschinsky Research Associate will be free to pursue research of their choosing in any aspect of the University Library’s collections relating to its medieval manuscripts or medieval archive collections, including their palaeography, diplomatic or codicology. The Library’s medieval collections include manuscripts in Arabic, Hebrew and other Middle Eastern languages as well as Latin and European vernaculars. The proposed research should be of benefit to scholars using the collections in the future. The Fellow will also be expected to participate fully in the life and activities of the University Library, e.g. through participation in the Library’s research and public engagement programmes (comprising activities such as talks, seminars, displays, participation in social media, and other events). It is expected that a non-stipendiary fellowship at Girton College will be offered to the successful candidate.

The Fellowship is open to graduates in any discipline of any university and nationality. Applicants should hold a doctorate in a relevant field and the following criteria will be considered when evaluating applications:

  • Academic record of the candidate, taking into account the career stage of the applicant
  • Suitability of the research proposal within the fields of medieval manuscript or archival studies, including palaeography, diplomatic and codicology
  • Potential of the research proposal to be of benefit to future scholars using the collections of the University Library
  • Evidence of ability to contribute fully to the life and activities of the University Library and Girton College.

Fixed-term: for 10 months until 31 July 2024.

We welcome applications from individuals who wish to be considered for part-time working or other flexible working arrangements.

We particularly welcome applications from candidates from a BME background for this vacancy as they are currently under-represented at this level in our institution.

Click the ‘Apply’ button below to register an account with our recruitment system (if you have not already) and apply online.

Informal enquiries are welcomed and should be directed to Dr Suzanne Paul, Keeper of Rare Books and Early Manuscripts at sp510@cam.ac.uk

Please note you will need to upload a statement outlining your research proposal (a maximum of 2 A4 single-spaced pages) alongside your covering letter and CV, as well as completing the online application form. Please include details of three referees; references will only be taken up for shortlisted candidates.

The closing date for applications is Sunday 22 January 2023.

Interviews are expected to take place on Monday 27 February 2023.

Please quote reference VE34603 on your application and in any correspondence about this vacancy.

The University actively supports equality, diversity and inclusion and encourages applications from all sections of society.

The University has a responsibility to ensure that all employees are eligible to live and work in the UK.

Source : University of Cambridge

Publié dans Bourse, Offre d'emploi | Laisser un commentaire

Publication – « Il breviario-messale di Salerno del Museo Leone di Vercelli », dir. Maddalena Vaccaro et Gionata Brusa

La straordinaria scoperta presso il Museo Leone di Vercelli di un Breviario-Messale iemale proveniente da Salerno e databile agli anni dell’arcivescovo Romualdo II Guarna (1153-1181) ha individuato il più antico testimone noto della liturgia cittadina, che trasmette ricche e preziosissime informazioni sotto molteplici punti di vista e che si affianca al gruppo dei codici conservati presso il Museo Diocesano « San Matteo ». Il manoscritto per la prima volta è qui illustrato attraverso le sue pagine più significative e indagato attraverso nuove e mirate ricerche, i cui risultati dimostrano il ruolo prominente del Breviario-Messale non solo per la città campana, ma anche per l’intera complessa tradizione codicologica, liturgica, musicale, artistica e culturale del Medioevo italomeridionale ed europeo.

Table des matières : ici

Informations pratiques :

Il breviario-messale di Salerno del Museo Leone di Vercelli, éd. Maddalena Vaccaro, Gionata Brusa, Battipaglia, Laveglia & Carlone Editore, 2022 ; 1 vol., 542 p. (Studi e ricerche di storia dell’arte). ISBN : 978-8-88685-494-8. Prix : € 60,00.

Publié dans Publications | Laisser un commentaire

Colloque – La force de la copie. Le pouvoir de la copie, entre philologie, archéologie et histoire de l’art. Regards croisés sur les copies d’œuvres antiques et leur réception

La copie surprend par son omniprésence et pas seulement là où l’on l’attend, dans le kitsch ou le commerce des reproductions à plus ou moins vil prix. De fait, elle abonde en art et en philologie : en Art elle reste l’un des outils nécessaires non seulement de la formation, mais aussi de la création ; en philologie, elle participe à l’acte irremplaçable de transmission. Elle a nourri réflexions et enquêtes scientifiques depuis la fin du XXe s. qui ont toutes pointé la porosité des frontières entre l’original et la copie. L’histoire de l’art antique, plus spécifiquement romain, a constitué un domaine d’application particulièrement fécond tant les rapports de Rome à la Grèce, sous forme d’emprunts et de transferts culturels, y invitent naturellement : la copie est un phénomène largement attesté à Rome, quelles que soient les réserves que l’on puisse émettre sur la notion de « copies romaines d’art grec ». Par ailleurs, le lien constant entretenu par le Moyen Age avec les œuvres antiques, ainsi que la redécouverte de l’Antiquité à la Renaissance et au XVIIIe s., ont nourri des entreprises d’édition, de collection et de restauration qui impliquent à des degrés divers un travail et une réflexion sur l’original.

Le colloque sur le pouvoir de la copie entend associer deux domaines, l’archéologie et l’histoire de l’art d’une part, la philologie de l’autre, qui, tout en appréhendant le phénomène, ont jusqu’ici largement fonctionné de façon indépendante. Tandis que la question de la copie reste fondamentale en histoire de l’Art, les travaux du critique littéraire G. Genette, qui s’était donné pour objet de cerner les notions de copie, face à celles de citation, d’allusion ou de plagiat, ont permis de rapprocher les points vue philologiques et artistiques. Se dégagent quelques questions importantes comme par exemple celles de la pratique de la copie, de l’identité de l’auteur et de son style, du contexte d’insertion et de réception des œuvres.

Le colloque offrira l’occasion de réévaluer ce que cache encore le terme de copie, tant dans le domaine philologique qu’artistique et de prendre en compte les évolutions historiques de cette notion, ainsi que le contexte et la réception de ces productions qui sont tout sauf secondaires

Programme :

Jeudi 12 janvier, Uni Philosophes, salle Phil 211

Concevoir la copie

13 :45 – 14 :15 Accueil, ouverture

  • 14 :15 – 14 :45 François Blanchetière, La copie à l’épreuve des mots et des techniques
  • 14 :45 – 15 :15 Lorenz E. Baumer, La copie comme concept intellectuel – historiographie d’un terme crucial dans l’histoire de l’art antique

Copies et textes 1

  • 15 :15 – 15 :45 Sam Mirelmann, Copying. Bilingual Scholarship and the Reception of Antiquity in Early Mesopotamia

15 :45 – 16 :15 Pause

  • 16 :15 – 16 :45 Jean-Camille Richer, Autocitation, performance et chant amébée : trois modalités de la copie dans les Idylles de Théocrite
  • 16 :45 – 17 :15 Damien Nelis, Exemplaria graeca : comment reproduire la poésie grecque à Rome
  • 17 :15 – 17 :45 Luke Roman, The poetics of simulation in Martial’s Epigrams : objects, substances, places

17 :45 – 18 :15 Pause

Keynote lecture, Uni Philosophes, salle Phil 201

  • 18 :15 – 19 :00 Eugenio Polito, Copie et original dans la sculpture classique : réflexions sur les effets d’une déconstruction

19 :30 Dîner

Vendredi 13 janvier, Uni Philosophes, salle Phil 211

Copies et textes 2

9 :00 – 9 :15 Café d’accueil

  • 9 :15 – 9 :45 Emmanuel Dupraz, Copie sur matériel périssable, copie sur bronze, copie sur pierre : les texte normatifs de l’Italie médio-républicaine et leur affichage
  • 9 :45 – 10 :15 Alice Borgna, Une copie de voyage : le De medicina Plinii

10 :15 – 10 :45 Pause

Réception et copies 1

  • 10 :45 – 11 :15 Immacolata Eramo, Copier pour innover en guerre. La réception des modèles classiques dans la littérature militaire byzantine
  • 11 :15 – 11 :45 Audrey Denis-Bosio, Auguste Verchères de Reffye et les machines de guerre romaines : copies et expérimentation dans l’archéologie sous le Second Empire
  • 11 :45 – 12 :15 Julien Bellarbre, La copie des œuvres de l’Antiquité dans l’historiographie monastique aquitaine : l’exemple de la Chronique de Saint-Maixent (XIIe siècle)

12 :15 – 14 :00 Déjeuner

Réception et copies 2

  • 14 :00 – 14 :30 Maurice Brock, La « copie » du Laocoon de Baccio Bandinelli (1520-1524) et sa réception contemporaine
  • 14 :30 – 15 :00 Virginie Nobs, Copies ou recréations ? La transmission des modèles statuaires dans l’Antiquité et à l’époque moderne
  • 15 :00 – 15 :30 Hélène Bédoire-Besson, Originaux ou copies ? Les bronzes campaniens de l’atelier Sabatino De Angelis

15 :30 – 16 :00 Pause

Art et technologie 1

  • 16 :00 – 16 :30 Emeline Hedrich, « Copié.e d’après l’antique » : un juteux marché au 17e siècle
  • 16 :30 – 17 :00 Manuel Royo – Antoine Parlebas, Le Génie et la Méthode : refaire de l’antique au XVIIIe s., un débat entre Diderot et Caylus

17 :00 Déplacement et visite de la Collection des moulages de l’Université de Genève

19 :00 Dîner

Samedi 14 janvier, Uni Philosophes, salle Phil 211

Art et technologie 2

9 :00 – 9 :15 Café d’accueil

  • 9 :15 – 9 :45 Vasiliki Barlou-Jaeggi, Embellir le passé ? Les reproductions galvanoplastiques de Gilliéron
  • 9 :45 – 10 :15 Corentin Luneau, « Haut en couleur » Éclairages sur la mise en couleur des épreuves archéologiques, autour des « Cours de sculptures » du Crystal Palace et des productions de l’atelier Gilliéron

10 :15 – 10 :45 Pause

  • 10 :45 – 11 :15 Patrizia Birchler Emery, Copier pour comprendre : l’archéologie expérimentale comme méthode de recherche
  • 11 :15 – 11 :45 Michel Tarpin, La réplique au temps de NTF

11 :45 – 12 :00 Clôture 12 :30 Déjeuner et départ

Informations pratiques :

Site Uni Philosophes – Boulevard des Philosophes 22
Genève, Confédération Suisse (1204)

12-14 janvier 2023

  • E. Baumer, Dept des Sciences de l’Antiquité, Université de Genève
  • Royo, CeTHiS université de Tours,
  • Vial-Logeay, ERIAC université de Rouen

Source : Calenda

Publié dans Colloque | Laisser un commentaire

Appel à contribution – Le ridicule en question à l’époque médiévale

Journée d’étude internationale
Le ridicule en question à l’époque médiévale
27 mars 2023, Bordeaux
Université Bordeaux Montaigne, UR 24142 Plurielles

Cette manifestation scientifique propose d’aborder la question du ridicule dans l’art et la littérature du Moyen Âge, en se fondant sur différents types de récits et d’œuvres, afin d’explorer sa fabrication, ses mises en scène, ses objets, ses visées, ses rejets et ses effets. Il s’agira aussi d’analyser le rapport que ces œuvres ou passages ridiculisants entretiennent, d’une part, avec le monde, d’autre part, avec l’art lui-même. Si les notions voisines de comique et de grotesque ont été étudiées de longue date dans l’art médiéval, notamment par le biais du rire – grâce à l’historien Jacques le Goff, par exemple – ou du comique, en relation étroite avec le tragique et le sérieux – ainsi que l’ont montré les travaux d’Élisabeth Lalou[1] –, la question du ridicule quant à elle demeure peu travaillée.

La plupart des travaux sur le sujet ne touchent pas la sphère francophone. En outre, les études parues à ce jour s’inscrivent avant tout dans les domaines sociologique, politique, philosophique et ont trait à des époques antérieures ou postérieures au Moyen Âge. Par exemple, Michael Billig, dans Laughter and Ridicule. Towards a Social Critique of Humour (2005)[2], étudie en diachronie le rapport de la notion de ridicule avec la norme sociale. Un peu plus tard, dans Rhetoric of ridicule[3], Greg Grewell reprend la distinction établie par Renate Lachmann entre force centripète et force centrifuge dans l’humour carnavalesque[4]. Il différencie dans sa théorie deux manières de construire le ridicule : un discours monologique et un discours dialogique. Le premier discours, de type centripète, tend à conformer l’individu à une norme sociale et le second, de type centrifuge, dans un mouvement inverse, amène ce même individu à faire voler en éclat les représentations normées de l’objet ou du sujet ridiculisé. Ce dernier modèle de discours permet alors l’invention de nouveaux codes et donc un décentrement par rapport aux normes préétablies, voire une désacralisation de ces dernières. Nous pouvons sans doute envisager le ridicule dans les œuvres littéraires et artistiques selon cette double dynamique. Au niveau littéraire, les études ont été plutôt ponctuelles, elles concernent des auteurs en particulier, comme Molière ou Scarron[5], ou encore des genres spécifiques comme la comédie[6]. Toutefois, la notion de ridicule dépasse le simple cadre des genres comiques, nombreux et identifiés au Moyen Âge (farce, fabliau, fatrasie, sottie, théâtre) et relie des genres d’aspect très divers si bien qu’elle conduit à les mettre en perspective.

Aussi, dans une approche interdisciplinaire et transgénérique, nous souhaiterions confronter et comparer, dans leurs différences, les genres, les supports et les approches scientifiques afin d’enrichir une réflexion autour d’une notion très présente dans la production médiévale. Ridiculiser vise avant tout à faire rire, mais tourner en ridicule c’est aussi déprécier, porter un jugement de valeur, c’est enfin faire ressortir l’absurdité, le non-sens d’un être, d’une chose ou d’une situation et se placer ainsi sur le terrain du sens, en particulier du bon sens. Ridiculiser permet autant d’écarter que de souligner, de faire rire que de susciter de la compassion. Semblent se nouer des rapports aux normes, au pouvoir, au sens, à un ordre et à des effets variés, qui, tous, contribuent à installer la richesse registrale et interprétative de l’art médiéval, quel qu’il soit. Le ridicule semble être ainsi le lieu de l’évidence autant que de l’ambiguïté.

Axes de recherche

           Fabliaux, récits de voyage, chansons de geste, poésies, nouvelles, enluminures, statues, etc. : nombreux sont les supports qui accueillent et fabriquent le ridicule au Moyen Âge. Le corpus est immense. Nous souhaitons travailler selon différents axes afin de cerner progressivement la notion et ses fonctions tout autant que la variété de ses apparitions.

  • Axe 1. Les différents sujets et objets de ridicule

Il s’agira d’observer les thèmes et les sujets du ridicule afin d’installer l’étude : quelles sont les récurrences et les irrégularités en la matière ? La ridiculisation du clergé et de la scolastique est fréquente dans l’art profane et les genres comiques ; en est-il de même dans d’autres domaines ? Quelles sont les figures ridiculisées et de quoi sont-elles la cible ? L’homme, l’étranger, la femme, le vilain, le chevalier sont autant de personnages typiques fréquemment caricaturés, moqués. Quelle est ainsi la visée de ces peintures grotesques, qui tournent en ridicule leur objet ?

  • Axe 2. Ridiculiser : mode d’emploi et style(s)

L’examen des différentes manières de ridiculiser, des plus évidentes aux plus subtiles, retiendra l’attention. Le ridicule se limite-il à la parodie ? Quels effets ou quelles figures sont mobilisées pour construire le ridicule ? Les procédés de grossissement, de rétrécissement, de déplacement, d’ironie sont-ils préférentiellement employés dans un genre ou chez un auteur ? Produisent-ils des effets identiques ?

  • Axe 3. La déconstruction ou le renforcement d’une norme

Interroger le rapport à la norme de manière plus générale en explorant les visées des auteurs permettra de voir s’il s’agit de ridiculiser pour dénoncer, rire, défaire ou refaire un modèle, de manière à comprendre quelles postures sont adoptées et quelles valeurs sont déconstruites. Qu’en est-il par ailleurs du rapport aux genres et aux normes génériques ?

  • Axe 4. Non-sens ou bon sens ?

La question du langage, littéraire ou artistique, pourrait aussi nourrir la réflexion autour du sens. Si le ridiculum dictum chez Plaute peut renvoyer à l’idée de bon mot, peut-on envisager le recours au ridicule comme simple jeu sur le sens ? Le jeu de pouvoir se nouant autour du ridicule amène-t-il à la construction d’un bon sens, autant qu’il permet de révéler les absurdités d’un code ou d’une norme ?

D’autres réflexions pourront bien sûr venir étayer cette étude.

Modalités de participation

Les propositions de communication accompagnées d’un argumentaire d’une dizaine de lignes et d’un bref curriculum vitae sont à envoyer aux organisatrices avant le 20 février 2023.

Raphaëlle LABARRIÈRE, r.labarriere@hotmail.fr

Priscilla MOURGUES, priscilla.mourgues@gmail.com

Le logement et le repas du midi seront financés par l’organisation, les frais de transport seront laissés à la charge des équipes de recherche des participant.e.s.


[1] E. Lalou, « Le théâtre médiéval, le tragique et le comique : réflexions sur la définition des genres », dans Tragique et comique liés, dans le théâtre, de l’Antiquité à nos jours (du texte à la mise en scène), Rouen, Publications numériques du CÉRÉdl, 2012, disponible en ligne, URL : <http://ceredi.labos.univ-rouen.fr/public/?le-theatre-medieval-le-tragique-et.html&gt;.

[2] M. Billig, Laughter and Ridicule : Towards a Social Critique of Humour, Londres, Thousand Oaks, New Dehli, SAGE, 2005.

[3] G. Grewell, Rhetoric of ridicule, ProQuest Dissertations Publishing, 2013, disponible en ligne, URL : <https://www.proquest.com/docview/1500846086?parentSessionId=safon260V7ZDX4wQheTQckcsZWknSQf5LZdtVH3L5Z8%3D&pq-origsite=primo&accountid=9671>.

[4] R. Lachmann, Bakhtin and Carnival : Culture as Counter-culture, Center for Humanistic Studies, College of Liberal Arts, University of Minnesota, 1987.

[5] P. Dandrey, Molière Ou L’esthétique Du Ridicule, Paris, Klincksieck, 1992.

[6] On peut par exemple citer P. Lerat, Le ridicule et son expression dans les comédies françaises de Scarron à Molière (thèse dir. R. Lathuillère, Lille, ANRT, 1980, URL : https://excerpts.numilog.com/books/9782307481843.pdf) et E. Pinon, « Perdican et « la fleur nommée héliotrope » : ridicule et sacré du classicisme au romantisme » (Toulouse, Littératures, 2009, p. 75-86, URL : https://doi.org/10.4000/litteratures.2030)

Publié dans Appel à contributions | Laisser un commentaire

Web – Navigating Early Medieval Europe (NEME)

Accès : ici

Navigating Early Medieval Europe (NEME) is a product of the Rural Riches project financed by the European Research Council (ERC advanced grant no 741340). The main research question of the project is: What role did the mass of the rural population play in the post-Roman economic development in north-western Europe and what was the nature of that economy?Such research is not possible without creating a new overview of Merovingian sites in Northern Gaul. Such an overview did not exist and the team members set themselves the task of creating a new comprehensive, interdisciplinary database on archaeological sites, historical attestations and inscriptions. Moreover, a lot of data was recorded on various aspects of those sites including several types of finds, characteristics of the burial rites, settlement features etc. This portal allows to enter this database.We started in 2018 and continued since then to add information to the database. Of course, not every available piece of information has yet been recorded, but we are progressing and welcome participants in this endeavour.Moreover, this is the first step. The database contains much more information than available via this portal now, but we will advance by continually opening up new parts of the database.We are convinced that this database will greatly enhance the research on early medieval Europe and we hope that its geographical scope will increase to cover an ever-larger part of Europe!For more information about the database and its contents go to ‘Manuals and Comments’ .Finally NEME intends to provide information on the Research Community for Early Medieval Europe

The Team

Principle investigator: Frans Theuws Programming/technical realization: David Schaper GIS programming/archaeologist: Roeland Emaus Archaeologists: Martine van Haperen, Line van Wersch, Mette Langbroek, Femke Lippok Historian: Jip Barreveld Numismatist: Arent Pol Research assistants: Marieke van Winkelhoff, Robbin van Splunder, Sophie Vullings, Veronica Jackson, Katarina Mokranova, Dusan Maczek 

Contributors

Laurent Verslype (Université Catholique de Louvain, Belgium) Partners and associates Olivier Vrielynck (Service Public de Wallonie, Belgium)  Rica Annaert (Agentschap Onroerend erfgoed Vlaanderen, Belgium) Luca Villa (archaeologist, Friuli Venezia Giulia, Italy)When thinking about the form and layout of the portal we were inspired by the Thanados portal which is about recording data on Austrian early medieval burials. We considered it important to have comparable portals. The differences are however also substantial.


Source : Rural Riches

Publié dans Web | Laisser un commentaire

Colloque – Concordance et discordance documentaires : des gestes, des textes et de la matière aux époques médiévale et moderne

Comité d’organisation : Étienne Anheim (EHESS-CRH), Catherine Rideau-Kikuchi (UVSQ-DYPAC), Lise Saussus (CRH-C2RMF)

26 janvier 2023, 9h-18h
Guyancourt de l’Université Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines (1er étage, bâtiment Vauban, Mezzanine Vauban)

Sur inscription : lise.saussus@uclouvain.be

Inhérent à l’histoire des techniques et des matériaux depuis plusieurs décennies, le décloisonnement des disciplines historique, archéologique, anthropologique, voire ethnologique, augmentées des apports des sciences des matériaux, implique la confrontation de documentations diverses, jusqu’à leur entremêlement. Ces documentations sont soumises aux méthodes distinctes de ces champs disciplinaires, dans la constitution des corpus, leur critique et leur interprétation, dans un effort de dénaturalisation qui rappelle que les termes de “sources” ou de “données” dissimulent des mécanismes complexes de construction socio-historiques. En outre, la mise en relation de ces éléments est plus qu’une addition d’informations. Elle fait naître des questions nouvelles, multiplie les possibles et enrichit les problématiques : que ce soit en ce qui concerne la question du geste dans l’atelier, les usages des objets et les modes de consommation, l’identification des matériaux et des techniques, la transmission des savoirs et savoir-faire… Cependant, elle pose également des difficultés liées à leur hétérogénéité et à leurs éventuelles discordances. La documentation textuelle, et en particulier archivistique, n’a souvent aucun lien direct avec le matériel archéologique ou iconographique, ce qui exclut souvent des recoupements d’informations sur un même objet. Les questions de temporalités, entre des séries constituées sur le temps long et une documentation plus rassemblée et ponctuelle, interrogent également leur mise en comparaison et leur complémentarité. Enfin, le traitement appliqué et les données qui sont issues des analyses qualitatives ou quantitatives, dans certains cas physico-chimiques, nécessitent des opérations de traduction qui ne sont pas neutres sur le plan épistémologique. L’interdisciplinarité, si elle souhaite dépasser un affichage de posture, ne nécessite-t-elle pas une méthode intrinsèque à sa pratique, la combinaison de type de documentations et des approches ne relevant pas de l’évidence ?

Programme :

9h00-9h30 : Accueil des participants

9h30-10h00 : Introduction, Étienne Anheim (EHESS-CRH), Catherine Rideau-Kikuchi (UVSQDYPAC), Lise Saussus (CRH-C2RMF).

10h00-11h : Encres noires, vitriol et parchemin. L’interdisciplinarité à l’épreuve des matériaux
de l’écrit, Nicolas Ruffini-Ronzani (Université de Namur et Archives de l’État (Belgique),
Pierre Chastang (UVSQ Université Paris-Saclay)

11h00-11h15 : Pause-café

11h15-12h15 : Pratiques de l’interdisciplinarité et écriture de l’histoire : le cas de la sidérurgie
médiévale, Catherine Verna (Université Paris 8 Vincennes – Saint-Denis), Philippe
Dillmann (Laboratoire Archéomatériaux et prévision de l’altération IRAMAT UMR7065

CNRS et NIMBE UMR3685 CEA/CNRS)
12h15-13h30 : Déjeuner

13h30-14h30 : Stratifications et percolations : matières, documents et disciplines, Claire Bosc-
Tiesse (École des hautes études en sciences sociales, CNRS, Institut des mondes
africains), Sigrid Mirabaud (Institut national d’histoire de l’art)

14h30-15h30 : Archives matérielles : explorer la mémoire de l’albâtre, Wolfram Kloppmann
(Bureau de recherches géologiques et minières), Aleksandra Lipinska (Kunsthistorisches
Institut der Universität zu Köln)

15h30-15h45 : Pause-café

15h45-16h45 : Le projet « techniques de vernissage d’instruments de musique XVIe–XVIIIe s. »
comme point de départ de réflexions sur les méthodologies de recherche, Jean-
Philippe Échard (Musée de la Musique, Cité de la musique – Philharmonie de Paris.
Centre de Recherche sur la Conservation, CRC- UAR 3224 (CNRS, MNHN, MC)
– Sorbonne Université), Loïc Bertrand (Université Paris-Saclay, PPSM, ENS Paris-
Saclay, CNRS).

16h45-18h00 : Discussion générale

Publié dans Colloque | Laisser un commentaire