Publication – Justine Firnhaber-Baker, « The Jacquerie of 1358. A French Peasants’ Revolt »

The Jacquerie of 1358 is one of the most famous and mysterious peasant uprisings of the Middle Ages. Beginning in a small village but eventually overrunning most of northern France, the Jacquerie rebels destroyed noble castles and killed dozens of noblemen before being put down in a bloody wave of suppression. The revolt occurred in the wake of the Black Death and during the Hundred Years War, and it was closely connected to a rebellion in Paris against the French crown. The Jacquerie of 1358 resolves long-standing controversies about whether the revolt was just an irrational explosion of peasant hatred or simply an extension of the Parisian revolt. It shows that these opposing conclusions are based on the illusory assumption that the revolt was a unified movement with a single goal. In fact, the Jacquerie has to be understood as a constellation of many events that evolved over time. It involved thousands of people, who understood what they were doing in different and changing ways. The story of the Jacquerie is about how individuals and communities navigated their specific political, social, and military dilemmas, how they reacted to events as they unfolded, and how they chose to remember (or to forget) in its aftermath. The Jacquerie Revolt of 1358 rewrites the narrative of this tumultuous period and gives special attention to how violence and social relationships were harnessed to mobilize popular rebellion.

Justine Firnhaber-Baker is Senior Lecturer at the University of St Andrews and a former fellow of All Souls College, Oxford University. Her work focuses on violence, politics, and law in late medieval France from a social historical perspective. Her previous book, Violence and the State in Languedoc, was published by Cambridge University Press. Her articles have appeared in Past & Present, Speculum, French History, and The Journal of Medieval History.

Table des matières :

Introduction. Telling Stories: Sources and Approaches

  1. Complaints: The Aftermath of Poitiers
  2. New Marvels: Turning the World Upside Down
  3. An Unheard of Thing: The Massacre at Saint-Leu-d’Esserent
  4. All Masters: From Massacre to Movement
  5. Noisy Terrors: The Violence of the Jacquerie
  6. Captains and Assemblies: The Organization of the Jacquerie
  7. The Non-Nobles: Rebels and their Communities
  8. Strong Enough to Fight the Nobles: The Battles of Meaux and Mello-Clermont
  9. Hatred and Malevolence: The Counter-Jacquerie
  10. Good Love and Hard Words: The Legacy of Revolt
    Conclusion: Forgetting and Remembering the Jacquerie

Informations pratiques :

Justine Firnhaber-Baker, The Jacquerie of 1358. A French Peasants’ Revolt, Oxford, Oxford University Press, 2021 (Oxford Studies in Medieval European History). 336 p. ISBN: 9780198856412. Prix : USD 100.

Source : Oxford University Press

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Colloque – Marquer son église. Les princes en leurs collégiales (IXe-XVe s., Occident chrétien)

Un colloque est organisé du jeudi 3 au vendredi 4 juin au centre de colloques du Campus Condorcet autour des liens qui pouvaient exister entre les collégiales séculières et les pouvoirs princiers, à la fois institutionnels et politiques.

Depuis une trentaine d’années, les études sur le monde canonial ont analysé les liens qui pouvaient exister entre les collégiales séculières et les pouvoirs princiers, à la fois institutionnellement (jus patronatus, collation des prébendes, etc.) et politiquement (liens entre chapitres séculiers et chancelleries, etc.), cette dernière dimension mobilisant souvent une approche prosopographique (collégiales séculières comme viviers d’agents des politiques princières, carrières politiques des chanoines, recrutement de ces derniers dans certains lignages pour conforter des fidélités, etc.).

Les monographies et les synthèses régionales ont souligné la pluralité des rôles dévolus à une collégiale séculière, tout en insistant sur les motivations politiques et la logique de distinction sociale qui ont favorisé l’essor de ce type de fondations religieuses. Les liens plus personnels, matériels ou spirituels, entre les établissements canoniaux et leurs fondateurs, ou les héritiers et successeurs de ceux-ci, ont, en comparaison, été moins abordés.

Comment et pourquoi un prince investissait-il sa collégiale ? Y a-t-il une différence, pour un grand, entre les collégiales qu’il a fondées, celles dont il hérite et celles qu’il a captées ? Une collégiale sise in castro ou in palatio est-elle, par exemple, plus intensément occupée par un prince qu’une fondation hors les murs ? À l’intérieur de l’église, y a-t-il un lieu privilégié de l’appropriation princière (chapelle, nef, chœur, etc.) ? Quelles traces y a-t-il laissées, qui montrent sa présence effective ou son appropriation symbolique des lieux ? Voilà plusieurs des enjeux de la présente journée d’étude.

Programme :

Jeudi 3 juin 2021 (salle 100 du Centre de colloques)

  • 9h30-9h45 : Accueil et mot d’accueil
  • 9h45-10h15 : Introduction, Thomas LACOMME (EPHE/SAPRAT EA 4116) et Ewen THUAL (Univ. Limoges/CRIHAM EA 4270)

Session 1 : Signes et symboles de l’appropriation des collégiales par les princes. Présidence de séance : Laurent MORELLE (EPHE/SAPRAT EA 4116)

  • 10h15-10h45 : Arnaud BAUDIN (Archives et Patrimoine de l’Aube/LaMOP UMR 8589), Jean-Luc CHASSEL (Univ. Paris-Nanterre), Caroline SIMONET (Univ. Caen Normandie/membre associé du CRAHAM UMR 6273) : Les sceaux des collégiales princières (XIIe-XVe s.)
  • 10h45-11h15 : Antoine ROBIN (EPHE/SAPRAT EA 4116, ArmmA) : Marquer son église : manifestations et fonctions de l’héraldique princière dans les collégiales des Bourbons

11h15-11h30 : Pause

  • 11h30-12h : Laurent HABLOT (EPHE/SAPRAT EA 4116, ArmmA) avec la collaboration de Paul François BROUCKE (EPHE/SAPRAT EA 4116, ArmmA) : Lecture comparée de la mise en signe de collégiales bretonnes à la fin du Moyen Âge
  • 12h-12h30 : Julien NOBLET (Univ. Picardie Jules Verne) : Architecture et décor au service de la prééminence seigneuriale : l’exemple des collégiales et Saintes-chapelles castrales (XVe-XVIe s.)

12h30-14h30 : Déjeuner

Session 2 : Marquer une collégiale, rayonner sur un territoire. Présidence de séance : Murielle GAUDE-FERRAGU (Univ. Sorbonne Paris Nord/Pléiade EA 7338)

  • 14h30-15h : Lydie BRUNETTI (Univ. Saint-Etienne/LEM-CERCOR UMR 8584) : La collégiale Notre-Dame d’Espérance, joyau des comtes de Forez
  • 15h-15h30 : Vincent TABBAGH (Univ. Bourgogne/ArTeHIS UMR 6298) : En Bourgogne, le duc, la duchesse et trois collégiales (XIIe-XVe siècles)

15h30-16h : Pause

  • 16h-16h30 : Olivier MATTEONI (Univ. Paris I Panthéon-Sorbonne/LaMOP UMR 8589) : Géographie sacrale et politique à la fin du Moyen Âge : les ducs et duchesses de Bourbon en leurs collégiales

Vendredi 4 juin 2021 (auditorium 150 du Centre de colloques)

  • 9h-9h30 : Accueil

Session 3 : Vivre aux côtés des chanoines : enjeux de la proximité princière. Présidence de séance : Laurent HABLOT (EPHE/SAPRAT EA 4116, ArmmA)

  • 9h30-10h : Laurent RIPART (Univ. Savoie/LLSETI EA 3706) : Saints, rois et chanoines : les modalités de la médiation régalienne des chanoines de l’abbaye de Saint-Maurice d’Agaune
  • 10h-10h30 : Étienne LOUIS (Univ. Lille/IRHiS UMR 8529) : Création et débuts d’une collégiale comtale flamande : Saint-Amé de Douai, vers 950-vers 1025

10h30-10h50 : Pause

  • 10h50-11h20 : Véronique GAZEAU (Univ. Caen Normandie/CRAHAM UMR 6273) : Culte marial et pouvoir politique en Normandie : le duc Guillaume et la collégiale de Cherbourg
  • 11h20-11h50 : Olivier DEFORGE (Dép. de Seine-et-Marne) : Le palais des comtes de Champagne à Provins et ses collégiales : interactions, circulations

11h50-14h : Déjeuner

Session 4 : Réappropriations : capter la collégiale d’un autre prince. Présidence de séance : Éric SPARHUBERT (Univ. Limoges/CRIHAM EA 4270)

  • 14h-14h30 : Paul CHAFFENET (IRHT, ACTÉPI) : Principalis ecclesia. La collégiale Saint Quentin : un lieu privilégié d’expression des liens personnels entre comtes de Vermandois et chanoines séculiers ? (Xe-début du XIIIe siècle)
  • 14h30-15h : Lucie JARDOT (Univ. Paris I Panthéon-Sorbonne/LaMOP UMR 8589) : Stratégies territoriales et communication politique : les couples princiers en leurs collégiales, de Philippe le Hardi et Marguerite de Flandre à Philippe le Beau et Jeanne de Castille (XIVe-XVe siècles)

15h-15h20 : Pause

  • 15h20-15h50 : Julie GLODT (Univ. Paris I Panthéon-Sorbonne/HiCSA EA 4100) : Les textiles liturgiques de la Sainte-Chapelle de Dijon : mémoire ducale et « démarcation » royale ? (1419-1547)
  • 15h50-16h20 : Pierre COUHAULT (Sorbonne Université-Lettres/Centre Roland Mousnier UMR 8596) : Se réapproprier une église. La Sainte-Chapelle de Vincennes et les premiers Valois-Angoulême

16h20-16h30 : Pause

  • 16h30-17h : Conclusions, Anne MASSONI (Univ. Limoges/CRIHAM EA 4270)

Informations pratiques :

Ces journées d’études ont été organisées grâce au soutien : du laboratoire SAPRAT (EA 4116, EPHE) du laboratoire CRIHAM (EA 4270, Université de Limoges) de l’école doctorale de l’EPHE (ED 472) de l’IRHT de l’entreprise AAREC, au titre du mécénat de la Société d’histoire et d’archéologie de l’arrondissement de Provins, au titre du mécénat

Comité scientifique

Brigitte BOISSAVIT-CAMUS (Univ. Nanterre/ArScAn), Murielle GAUDE-FERRAGU (Univ. Sorbonne Paris Nord/Pléiade), Laurent HABLOT (EPHE/SAPRAT), Anne MASSONI (Univ. Limoges/CRIHAM), Brigitte MEIJNS (KU Leuven, Dép. d’Histoire), Laurent MORELLE (EPHE/SAPRAT), Éric SPARHUBERT (Univ. Limoges/CRIHAM).

  • Il demeure une incertitude sur les modalités de tenue de l’événement, qui aura donc lieu soit en présentiel sur le Campus Condorcet, soit en distanciel par Teams aux dates et horaires annoncés dans le programme.

Type d’événement: Colloque Conditions d’accès Libre Date des séances 03/06/2021 – 09:00 04/06/2021 – 09:00 Lieu :

Centre de colloques du Campus Condorcet

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Journée d’étude (en ligne) – European Romances Across Languages: Book Celebration and Research Perspectives

Monday, 7 June 2021
14:30 – 16:00 pm BST / 15:30 – 17:00 pm CEST
Register here: https://boybrew.co/3epwPUu

So a Lodén and Lydia Zeldenrust have both recently published books that look at romances across multiple languages and literary traditions. To celebrate the occasion, we invite you to join us for this online event, sponsored by the Centre for Medieval Literature (Odense/York) and Boydell and Brewer, and chaired by Elisabeth de Bruijn. Lydia and So a will talk briefly about their books, but instead of only looking back we want to take the opportunity to consider the future of the study of medieval European literature. To this end, we have invited three researchers working on romances from di erent areas of medieval Europe to each give a short reflection on what they see as the main obstacles, opportunities, and rewards in the transnational study of medieval romance (in manuscript and print). eir comments will serve as prompts for a general discussion, where all participants are welcome to ask questions and share their own reflections (although you are also welcome to just join and listen!). We aim to make use of the opportunities o ered by a digital setting in bringing together researchers from various countries, who may not usually have the opportunity to meet each other, to talk about the challenges and value of looking at literature beyond national canons. We hope that this event will spark new ideas and perhaps even open up opportunities for future collaborations.

Programme :

Welcome (14:30 – 14:35 BST / 15:30 – 15:35 CEST)
Book presentation and methodological re ections (14:35 – 15:00 BST / 15:35 – 16:00 CEST)

Sofia Lodén (Stockholm University and Swedish Collegium for Advanced Study, Uppsala): French Romance, Medieval Sweden and the Europeanisation of Culture, and
Lydia Zeldenrust (University of York): The Mélusine Romance in Medieval Europe

Reflections on the obstacles, opportunities, and rewards of transnational studies (15:00 – 15:20 BST / 16:00 – 16.20 CEST) (chair: Elisabeth de Bruijn, University of Antwerp)

Ana Pairet (Rutgers University – New Brunswick)
Marie-Sophie Winter (Université de Picardie, Karlsruher Institut für Technologie)
Bart Besamusca (Utrecht University)

General Discussion

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Appel à contribution – Les animaux comme matrices mnémotechniques et exégétiques de l’Antiquité au XVIe siècle

Journées d’étude internationales

8 octobre 2021 – Université de Lille
15 décembre 2021 – Université Catholique de Louvain

Organisation :
Naïs Virenque – Université Catholique de Louvain
Raphaël Demès – Université de Lille
Angélique Ferrand – Université de Nantes
Antoine Paris – Sorbonne-Université / Université de Montréal

Ce projet, qui s’articule autour de deux journées d’étude, croise l’histoire formelle et figurative des animaux, l’histoire de la modélisation de la pensée, l’histoire des arts de la mémoire et les études diagrammatologiques. Il vise à explorer la manière dont des formes empruntées à l’imaginaire zoologique servent de matrices exégétiques et mnémotechniques dans des textes, des images et/ou des objets iconotextuels de l’Antiquité au XVIe siècle. En se fondant sur des réflexions transversales et sur des études de cas, il s’agira de comprendre les raisons qui conduisent mnémotechniciens et exégètes à recourir aux animaux comme outils heuristiques et cognitifs, et de caractériser les occurrences de ce procédé en les replaçant dans leur contexte intellectuel, spirituel, épistémique, figuratif et littéraire.

Argumentaire

Durant les dernières décennies, l’histoire sociale, culturelle, épistémique, littéraire et figurative des animaux a fait l’objet d’études de plus en plus nombreuses, souvent interdisciplinaires, qui ont souligné le rôle majeur que l’imaginaire zoologique joue depuis l’Antiquité dans l’histoire des idées et de leur mode d’expression. Parallèlement, l’histoire de la pensée figurative, des diagrammes, des modèles de raisonnement, de même que l’iconologie, la sémiologie et les sciences cognitives se sont attachées aux notions de « structure » et de « matrice » afin de comprendre leur rôle dans la constitution des discours, des savoirs et des imaginaires. En revanche, aucune étude panoramique approfondie ne s’est concentrée sur l’interaction entre les deux. Afin de contribuer à une meilleure connaissance de cette interaction, les deux journées d’étude proposent d’envisager, dans une perspective diachronique qui s’étend de l’Antiquité au XVIe siècle, et de façon interdisciplinaire, le recours aux animaux et à l’imaginaire zoologique à des fins matricielles dans la composition mnémotechnique et/ou exégétique de productions verbales (écrites, lues, chantées ou encore écoutées), figuratives (toute sorte d’arts visuels, éventuellement dans leur rapport à l’architecture) et/ou iconotextuelles (toute sorte de figures, diagrammes ou graphes). Elles ne visent donc pas à s’interroger sur les animaux et l’imaginaire zoologique en tant que tels, mais sur la manière dont ils régissent, modélisent, matérialisent des progressions mentales, afin d’optimiser l’activité de la mémoire et de soutenir l’investigation exégétique. On entendra donc l’expression d’« animaux matriciels » à travers le sens que le CNRTL attribue au terme de « matrice », à savoir ce « qui est considéré comme étant à l’origine de quelque chose ». À la différence de la structure, qui organise une production de pensée, la matrice, susceptible d’être elle-même structurée, régit la forme que prend cette production de pensée.

Les deux journées d’étude s’intéresseront aux modalités selon lesquelles les animaux, par leur corporéité, leur variété ou encore leur capacité de transformation, pris dans leur globalité ou décomposés en fonction de leurs parties, ont pu servir de matrices mnémotechniques et exégétiques à des fins didactiques, spirituelles, parénétiques, axiologiques, épistémiques ou encore généalogiques. D’une part, en effet, les corps des animaux fournissent à qui veut se souvenir une structure solide et fiable pour localiser mentalement des idées sous la forme de textes et d’images, puis, selon le principe de l’art de la mémoire formulé dès l’Antiquité, les retrouver dans l’ordre dans lequel il les a mémorisées. D’autre part, et à l’appui de l’art de la mémoire, les corps des animaux disposent d’une efficacité symbolique et sociale considérables, qui en font des outils utiles aux exégètes pour examiner en profondeur des objets textuels et/ou visuels à des fins épistémiques ou spirituelles.

L’objectif de ces journées sera de proposer des réflexions d’ordre général, d’examiner des études de cas et de s’interroger sur l’évolution de la manière dont les corps des animaux constituent des matrices mnémotechniques et/ou exégétiques, capables de produire ou de mettre au jour des réseaux de sens dans des textes, des images et/ou des iconotextes. Dans la prédication médiévale, il est fréquent, par exemple, que l’introduction d’un discours soit associée à la tête de l’animal, chaque partie de son développement à une ou plusieurs de ses pattes, et sa conclusion, à sa queue. De même, les nageoires, les ailes, les cornes, les bois ou encore la langue de certains animaux, mais aussi les vermines, les créatures aux extrémités serpentines, les gueules léonines et les animaux d’inspiration mythologique sont autant de modèles susceptibles de constituer des lieux et/ou des images de mémoire, comme dans le cas de figures animales associées à des constellations à des fins mnémotechniques dès l’Antiquité grecque. Les extrémités du corps de l’animal, ses particularités, mais aussi son hybridité constituent ainsi des réservoirs inépuisables d’astuces, de modèles, de symboles utiles aux mnémotechniciens et aux exégètes.

Axes et pistes de réflexions

Formes et figurations

En tant que matrice exégétique et mnémotechnique, l’animal revêt des formes et des figurations dont il s’agira de prendre en compte les caractéristiques et la diversité. Les animaux exercent-ils une fonction matricielle grâce à leur corps entier, ou à une ou certaines de ses parties ? Certaines de leurs caractéristiques anatomiques, voire physiologiques, ou encore symboliques, sont-elles ignorées ou privilégiées ? Dans quelle mesure leur forme et leur figuration sont-elles mimétiques, ré-imaginées, fantasmées ou seulement suggérées ? En quoi et comment les animaux exercent-ils une fonction matricielle dans des textes, et en quoi cette fonction contribue-t-elle à produire une image mentale chez le lecteur ? Les animaux sont-ils présents à travers leur identité nominale ou font-ils partie d’un ensemble anonyme ? Sur quels procédés – énumération, évocation de leurs parties, accumulation d’attributs… – repose leur fonction matricielle ?

Réciprocités des variations, des transformations et des adaptations

La fonction matricielle des animaux dans les textes, les images et les iconotextes se caractérise par des variations, des transformations et des adaptations des uns et/ou des autres. Quelles actions réciproques s’exercent entre les animaux d’une part, et les textes, les images et/ou les iconotextes d’autre part ? Les formes et les figurations animalières s’adaptent-elles, voire se modifient-elles pour se conformer au texte, à l’image et/ou à l’iconotexte ? Au contraire, ces derniers s’agencent-ils en fonction de la physionomie de l’animal, qui exerce alors pleinement une fonction de matrice ? Animaux, textes, images et/ou iconotextes subissent-ils tous des changements de forme et/ou de structure pour favoriser leur efficacité mnémotechnique et/ou exégétique ?

Corporéités animales ; corporalités textuelles, visuelles et iconotextuelles

Lorsqu’il sert de matrice exégétique ou mnémotechnique, l’animal, et plus particulièrement son corps, rencontre le corps du texte, de l’image et/ou de l’iconotexte lui- même. Le corps de ces derniers peut se définir par sa cohérence et son intégrité visuelle, sémique et/ou plastique. Par quels procédés–description, énumération, mise en page, syntaxe, jonction plastique, distinction de champs visuels… – s’opère le lien entre le corps de l’animal et le corps du texte, de l’image et/ou de l’iconotexte ? Le corps de l’animal, voire l’animal lui-même, conserve-t-il son intégrité, voire son identité, lorsqu’il est utilisé en tant que matrice mnémotechnique et/ou exégétique, par exemple dans le cas où il sert de modèle formel à un diagramme ? Recourir à l’animal comme matrice présuppose-t-il de détruire son corps, voire son essence même ?

La diversité et les catégories animalières à l’épreuve de l’exégèse et de la mnémotechnie

Les animaux choisis pour exercer une fonction matricielle diffèrent selon le contexte exégétique et/ou mnémotechnique. Quelles raisons président au choix de tel ou tel animal ? Certains animaux sont-ils plus souvent utilisés que d’autres pour des raisons qui ne sont pas (ou pas seulement) symboliques? L’insertion de l’animal dans une catégorie préexistante–épistémique, spirituelle, sociétale…–joue-t-elle un rôle dans leur élection comme matrice exégétique et/ou mnémotechnique ? Si oui, quelles oppositions sont à l’œuvre ? Celle, en grec, entre zôon et thèrion ? Celle, d’inspiration augustinienne, entre pecus et bestia ? Celle qui distingue les animaux indigènes des animaux exotiques ? Les animaux réels et les animaux imaginaires ou mythiques ? Les animaux purs et les animaux impurs selon, par exemple, les catégories du Lévitique ? Quelle est la place des animaux hybrides, voire des hybrides d’humains et d’animaux ou de divers animaux parmi les animaux matriciels exégétiques et mnémotechniques ?

Spécificités des matrices animales

Les animaux ne sont pas les seuls à inspirer formellement et figurativement les exégètes et les mnémotechniciens. D’autres éléments de la nature – comme les plantes, et plus spécifiquement les arbres–mais aussi produits de la main de l’homme–comme les architectures, les roues, les chandeliers – sont susceptibles de jouer des rôles matriciels dont l’opérativité exégétique et mnémotechnique est proche de celle des animaux. Dès lors, quelle est la spécificité des matrices animales? Dans des contextes similaires, existent-elles concurremment à d’autres modèles formels et figuratifs ? Quelles raisons justifient de les privilégier, ou au contraire de les négliger, par rapport à d’autres ?

Comité d’organisation

Naïs Virenque – Université Catholique de Louvain
Raphaël Demès – Université de Lille
Angélique Ferrand – Université de Nantes
Antoine Paris – Sorbonne-Université/Université de Montréal

Modalités de soumission des propositions de communication

La date limite de soumission des propositions de communication est fixée au 31 mai 2021. Les propositions doivent contenir un titre, un résumé d’environ dix lignes en français ou en anglais, ainsi que les coordonnées institutionnelles de l’intervenant. Le comité d’organisation répartira les communications sur les deux journées d’étude en fonction de critères scientifiques, mais les intervenants sont invités à préciser s’ils préfèrent absolument intervenir dans l’une ou l’autre des journées.

Lieux

IRHiS, Université de Lille (Campus du Pont de Bois)
GEMCA, Université catholique de Louvain (Louvain-la-Neuve)

Mots-clés

Animaux, diagrammes, exégèse, mnémotechnie, Antiquité, Moyen Âge, structure, rapports textes / images

Contacts

je.animaux.matriciels@gmail.com

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Publication – « Justices croisées. Histoire et enjeux de l’appel comme d’abus (XIVe-XVIIIe siècle) », dir. Anne Bonzon et Caroline Galland

L’appel comme d’abus a souvent été considéré par l’historiographie comme une arme employée par le roi ou sa justice pour dépouiller le juge d’Église de sa juridiction. Pourtant, son usage ne se résume pas à un conflit entre juge ecclésiastique et juge royal, mais témoigne plutôt de chevauchements. Étudier l’appel comme d’abus oblige donc à distinguer sa mise en œuvre effective, sa construction théorique, son instrumentalisation politique, dans une contextualisation fine qui en explique les enjeux. Autant de dimensions qu’explore cet ouvrage, issu d’une enquête collective qui a fait dialoguer historiens et juristes.

En coédition avec la Société d’histoire religieuse de la France.

Avec le soutien de l’université Paris Lumières.

Table des matières : ici

Informations pratiques :

Justices croisées. Histoire et enjeux de l’appel comme d’abus (XIVe-XVIIIe siècle), dir. Anne Bonzon et Caroline Galland, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2021 (Histoire). 16,5 x 24 cm, 360 p. ISBN : 978-2-7535-8120-3. Prix : 30,00 €.

Source : Presses universitaires de Rennes

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Publication – « Calendriers d’Europe et d’Asie. De l’Antiquité à la diffusion de l’imprimerie », éd. Alain Arrault, Olivier Guyotjeannin et Perrine Mane

Alors que les aspects astronomiques et mathématiques des calendriers employés par les grandes civilisations sont relativement bien connus, le calendrier entendu comme objet, utilisé au quotidien pour « habiter le temps », le prévoir et le maîtriser, omniprésent dans les espaces privés et publics des sociétés anciennes, a été peu étudié pour lui-même. L’enjeu est ici de partir de sa matérialité, de son illustration, de son contenu ou encore de ses remplois, voire de ses usages détournés, qui trahissent autant d’appropriations, avant que l’introduction à des dates variées de la xylographie et de l’imprimerie n’accompagne de nouveaux usages et de nouvelles manipulations.

Fruit d’une recherche collective menée par l’École des hautes études en sciences sociales, l’École française d’Extrême-Orient et l’École nationale des chartes, le présent volume embrasse de larges horizons culturels et géographiques et permet de scruter et de confronter l’exceptionnelle diversité de ces objets. Les cycles calendaires manuscrits ou gravés produits dans l’Europe antique et médiévale entrent ainsi en résonance avec les calendriers retrouvés dans les tombes et grottes de Chine réalisés entre le IIIe siècle avant notre ère et le Xe siècle après notre ère, ou encore avec ceux qui furent conçus au Japon du VIIIe au XVe siècle et plus tardivement en Asie du Sud et du Sud-Est.

Table des matières :

Alain Arrault, Olivier Guyotjeannin, Perrine Mane. Avant-propos.

Calendriers et images

Valérie Huet – Les images des fêtes dans les calendriers romains en images (fin IIe-milieu IVe siècle apr. J.-C.)
Olivier Guyotjeannin – De signes et d’images : les calendriers « des illettrés » dans l’Europe médiévale et moderne

Calendriers du quotidien

Daniel Patrick Morgan – Les derniers jours du défunt. l’Empire et l’individu vus à travers les calendriers excavés des tombes du début de la Chine impériale
Alain Arrault – Les activités quotidiennes dans les calendriers de la Chine médiévale
Gerhard Leinss – The conversion of a state calendar into a personal diary: on a new function of the Chinese calendar emerging in 8th to 11th centuries’ Japan

Calendriers savants

Jean Lempire  – Calendriers et astronomie dans le monde byzantin
Gregory Kourilsky – Jours propices, jours funestes : calendriers traditionnels en milieu bouddhiste tai
Alexandre Tur – Éphémérides, almanachs et prédictions annuelles : les calendriers astrologiques du XVe siècle
Farouk Yahya – The Ketika Lima (Five Times): A Malay form of chronomancy

Calendrier et nature

Catherine Chadefaud – Activités rurales, crue du Nil et calendrier dans l’ancienne Égypte (de l’Ancien Empire à l’époque gréco-romaine, 2800 av. J.-C. au IVe siècle apr. J-C)
Li Guoqiang – Élaboration des systèmes phénologiques dans les calendriers chinois (XIIIe siècle AEC-IIe siècle EC)
Perrine Mane – Calendriers médiévaux et nature

Vers le calendrier imprimé

Christine Bénévent  – Usages et fonctions des calendriers aux premiers temps de l’imprimerie en Europe : l’exemple de quelques livres d’Heures incunables parisiens

Index
Crédits photographiques

Informations pratiques :

Calendriers d’Europe et d’Asie. De l’Antiquité à la diffusion de l’imprimerie, éd. Alain Arrault, Olivier Guyotjeannin et Perrine Mane, Paris, École nationale des Chartes, 2021 (Matériaux pour l’histoire). 21 x 27 cm, 100 ill. ISBN : 9782357231597. Prix : 49 euros.

Source : LCPDU

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Publication – David Carpenter,  » Henry III. The Rise to Power and Personal Rule, 1207-1258″

Nine years of age when he came to the throne in 1216, Henry III had to rule within the limits set by the establishment of Magna Carta and the emergence of parliament. Pacific, conciliatory, and deeply religious, Henry brought many years of peace to England and rebuilt Westminster Abbey in honor of his patron saint, Edward the Confessor. He poured money into embellishing his palaces and creating a magnificent court. Yet this investment in « soft power » did not prevent a great revolution in 1258, led by Simon de Montfort, ending Henry’s personal rule.

Eminent historian David Carpenter brings to life Henry’s character and reign as never before. Using source material of unparalleled richness—material that makes it possible to get closer to Henry than any other medieval monarch—Carpenter stresses the king’s achievements as well as his failures while offering an entirely new perspective on the intimate connections between medieval politics and religion.


David Carpenter is professor of medieval history at King’s College London. He is the author of numerous books including a new study of Magna Carta for the Penguin Classics series.

Informations pratiques :

David Carpenter, Henry III. The Rise to Power and Personal Rule, 1207-1258, Yale University Press, 2021. 800 pages, 5 1/2 x 8 1/2. 21 color illus. + 4 maps + 4 figures. ISBN : 9780300259193. Prix : 23 euros.

Source : Yale University Press

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Publication – Matthieu Rajohnson, « L’Occident au regret de Jérusalem (1187-fin du XIVe siècle) »

En 1187, après l’avoir possédée pendant près d’un siècle, les Latins perdaient Jérusalem. C’est le choc intense produit par cet événement dans tout l’Occident qu’aborde cet ouvrage, qui en analyse les répercussions et la manière dont il a modifié le rapport des chrétiens à l’égard de Jérusalem.

Table des matières : ici

Informations pratiques :

Matthieu Rajohnson, L’Occident au regret de Jérusalem (1187-fin du XIVe siècle), Paris, Classiques Garnier, 2021 (Histoire culturelle, n° 15). 968 p. ISBN : 978-2-406-10666-1. Prix : 45 euros.

Source : Classiques Garnier

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Appel à contribution – Figurations du sentir / Picturing Sensory Experiences / Figurazioni del sentire

Date limite de remise des propositions : 30 juin 2021, des articles : 1er février 2022
Numéro coordonné par Marta Battisti, Viktoria von Hoffmann et Érika Wicky

English follows / Segue l’italiano

Ce numéro d’Images re-vues vise à interroger les figurations multiples du sentir. Il a pour ambition de questionner, dans un même mouvement, les représentations visuelles de la perception et l’expérience sensible mobilisée lors de leur création et réception. Les contributions proposées s’inscriront dans le prolongement de recherches interdisciplinaires menées sur l’expérience sensible au cours des dernières décennies.

L’émergence de l’histoire des sens dans les années 1980 est contemporaine de celle de l’histoire des cultures visuelles, dont l’étude concerne à la fois le sens de la vue et les productions adressées au regard. Croisant ces approches, plusieurs travaux, qui s’inscrivent dans la lignée des recherches du médiéviste Carl Nordenfalk (1976), ont été consacrés à l’iconographie des cinq sens, faisant dès lors entrer les images parmi les matériaux de l’histoire du sensible. Ces études pionnières, dont le catalogue de l’exposition Immagini del sentire : i cinque sensi nell’arte (Ferino-Pagden, 1996) est un exemple, ont permis d’identifier, notamment, les allégories et symboles associés aux différents sens dans les cultures visuelles. Les évocations du sensorium – le plus souvent aristotélicien –, que l’on rencontre, par exemple, chez Floris et Cort (Les cinq sens, 1561), Brueghel l’Ancien et Rubens (Allégories des cinq sens, 1617) ou encore dans les riches collections d’emblèmes qui se développent à la Renaissance, sont aujourd’hui bien connues. Il s’agit, par exemple, d’un miroir pour la vue, d’un cerf ou d’un instrument musical pour l’ouïe, de fleurs pour l’odorat, d’un singe et de mets pour le goût ou encore de l’évocation d’un contact, avec du tissu, par exemple, pour le toucher, dont la finesse est symbolisée par celle de l’araignée. De telles études ont également permis de mettre en évidence les fonctions attribuées à chaque sens ainsi que les descriptions du fonctionnement des organes sensoriels. En s’appuyant à la fois sur cette tradition historiographique et sur les développements récents des sensory studies, inspirés par le dialogue fécond noué entre l’histoire des sens et l’histoire des émotions (Bodicce et Smith, 2020), cet appel à communications propose d’étudier les figurations du sentir en tant que relais de l’expérience sensible du monde.

Plutôt que les registres symboliques associés aux sens, nous souhaitons considérer les représentations visuelles des actes de la perception, qu’il s’agisse de représentations artistiques ou d’imageries scientifiques, en dialogue avec l’expérience sensible qui entre en jeu lors du processus de création et de réception de celles-ci. Analyser la façon dont la perception sensorielle, qui relève de l’invisible et s’inscrit dans le présent, a pu être représentée, nous amènera à prêter attention aux gestes, mais aussi aux appareils (tel le cornet acoustique ou le lorgnon) liés à l’acte de sentir, tout aussi bien qu’à son éventuelle impossibilité causée par une défaillance des sens, une perspective qui pourra s’enrichir de l’apport des disability studies. Nous envisagerons également les images en rapport avec les gestes sensibles de la création, en analysant la sensorialité de l’artiste lui-même et les possibilités de résonance de ses perceptions avec leurs représentations. Parallèlement, la réception des images du sentir et les réponses émotionnelles du spectateur face à la figuration de la sensation (dégoût, rire, plaisir) seront aussi prises en considération. Envisager les représentations visuelles du sentir comme expérience sensible du monde impliquera de réfléchir à l’intersensorialité implicite de ce genre de production, ainsi que d’évaluer la mobilisation, au niveau imaginatif, des sens du spectateur, nous conduisant à considérer tant la production que la consommation des œuvres. Nous interrogerons ainsi la dimension résolument esthésique (< aesthesis, la sensation) des figurations du sentir (Boutaud, 2012).

Une approche globale des figurations de la perception sensorielle permettra de mieux comprendre la construction des pratiques et des savoirs liés à l’acte de sentir, tout autant que les modèles sensoriels qui ont gouverné notre rapport au monde. La prise en considération de différents supports visuels (peintures, gravures, dessins, sculptures) et domaines culturels (arts, sciences naturelles, médecine, gastronomie, musique, religion) permettra d’interroger les fonctions de ces représentations et leur contribution à une esthétisation, une objectivation ou une réflexion sur l’expérience des sensations. L’absence de limites chronologiques et l’ouverture à toutes les ères culturelles nous donnera l’occasion d’explorer la diversité des réponses qui ont pu être données à ces questions, voire de nourrir une approche comparative des figurations du sentir.

Parmi les pistes de recherches pouvant être explorées, mentionnons :

– Les enjeux artistiques, religieux, économiques, philosophiques ou politiques que les représentations de la perception sensorielle peuvent revêtir, ainsi que les enjeux liés à la caractérisation sociale, genrée ou racisée des sujets de ces figurations.

– L’articulation entre les hiérarchies sensorielles et les cultures visuelles : les sensorialités réputées basses constituent-elles des sujets de prédilection pour les genres considérés comme inférieurs, telle la caricature ? Ou bien leur représentation nécessite-t-elle un détour allégorique ?

– Les stratégies visuelles permettant de figurer l’intensité des perceptions sensorielles.

– Les représentations visuelles d’autres imaginaires sensoriels que celui des cinq sens relevant du sensorium défini par Aristote. L’art pré-hispanique (Cruz Riviera, 2019) ou celui de l’islam médiéval (Le Maguer, 2013) invitent à d’autres exemples et analyses des figurations du sentir.

– Les lieux communs et les gestes du sentir inhérents aux imaginaires figuratifs sensoriels d’une culture et d’une époque données, comme, par exemple, les représentations de dissections anatomiques ou de banquets à l’époque moderne, ou encore les figurations fin-de-siècle des jeunes filles humant une fleur d’un air rêveur.

– Les représentations visuelles du sentir empruntant à d’autres systèmes de conventions qui, comme les cartes sensorielles ou les visualisations de l’activité cérébrale, échappent aux codes de représentation habituellement convoqués par les arts visuels.

Les propositions d’articles (750 mots maximum) en français, en anglais ou en italien précisant la problématique abordée et le corpus analysé devront être adressées à Marta Battisti, Viktoria von Hoffmann et Érika Wicky avant le 30 juin 2021. Les articles rédigés en anglais, en français ou en italien (entre 30 000 et 60 000 signes) seront attendus pour le 1er février 2022. Conformément aux pratiques habituelles de la revue, chaque article fera l’objet d’une double évaluation par le comité de rédaction puis par le comité scientifique d’Images re-vues.

Picturing Sensory Experiences

This special issue of the journal Images Re-vues explores various approaches to picturing sensory experiences. The aim is to interrogate both the visual representations of sensory perceptions and the sensory experiences shaped by the creation and reception of such images. The proposed contributions will build on the vibrant interdisciplinary research carried out in sensory studies in recent decades.

The history of the senses and the history of visual cultures both emerged in the 1980s, with the latter examining both the history of sight and works meant to be apprehended visually. Crossing these approaches, several works – building on the seminal research from the medievalist Carl Nordenfalk (1976) – have been devoted to the iconography of the five senses, thus including images among the materials of histories of sensory cultures. These pioneering studies, which include the catalogue of the exhibition Immagini del sentire: i cinque sensi nell’arte (Ferino-Pagden, 1996), have identified the allegories and symbols associated with the senses in visual cultures. For example, representations of the – most often Aristotelian – sensorium can be seen in Floris and Cort (The Five Senses, 1561), Brueghel the Elder and Rubens (Allegories of the Five Senses, 1617), and vast Renaissance collections of emblems. In these and other images, it is frequent to find sight pictured by a mirror, hearing represented in the form of a deer or a musical instrument, whereas flowers were a known symbol of smell, in the same way that monkeys and food symbolised taste. Touch could be alluded to by the depiction of contact with fabric, for example, and its finesse was characteristically suggested by the figure of the spider. Previous studies that have explored these issues have also highlighted the functions attributed to each sense and provided descriptions relating to the functioning of sensory organs.

Drawing on these works as well as more recent developments in the field inspired by the fruitful dialogue between sensory history and the history of emotions (Bodicce and Smith, 2020), this special issue proposes to study practices of picturing the senses as a window into the sensory experiences of the past. Rather than exploring the symbols representing the senses, we wish to consider how visual depictions of sensory perception intersect with the sensory experiences that come into play during the creation and reception of artistic and scientific imagery. Analysing how sensory perception, an invisible practice experienced in the present, could manifest in visual depictions will lead us to pay attention to bodily gestures and technological devices (such as the acoustic horn or the eyeglass) connected with sensory experience and its depiction. This perspective could also be enriched by considerations of sensory deprivation stemming from disability studies.

We will also consider the interplay between practices of creation – the senses of the maker – and the sensory experience depicted in the image, attempting to capture the resonances from one to the other. Likewise, the reception (and reactions of disgust, laughter, pleasure) by the viewer of the image will also be examined to evaluate the mobilisation, at the imaginative level, of the viewer’s senses. Considering the visual representations of the senses as sensory experiences of the world will lead us to discuss the implicit intersensory nature of visual representations of the senses, as we will consider both the production and consumption of images. In a word: our collective inquiry will question the esthesic dimension (< aesthesis, sensation) of picturing sensory experiences (Boutaud, 2012).

A global approach to the visual depictions of sensory perception will provide a fresh understanding of practices and knowledge related to sensory experience and the sensory models that have governed human relationships with the surrounding world. The consideration of different visual artistic media (e.g., paintings, engravings, drawings, sculptures) and of a wide variety of cultural fields (e.g., arts, natural sciences, medicine, gastronomy, music, religion) will help us interrogate the functions of these representations and their contribution to an aestheticisation, objectivation, or reflection about the nature of sensory experience. The absence of chronological and geographical boundaries will allow us to explore the diversity of answers to these questions and perhaps to develop a comparative approach interrogating multiple ways of picturing the senses.

Avenues of research that can be explored include but are not limited to:

– The artistic, religious, economic, philosophical, and political contexts informing the representations of sensory perceptions, as well as issues connected with the social, gendered, and racialised characterisation of the subjects of these representations.

– The intersection between hierarchies of the senses and the arts. Sample questions include whether the lower senses were natural subjects for artistic genres considered inferior, such as caricature? Alternately, did such representations require an allegorical detour?

– Which visual strategies could be employed to depict the intensity or deprivation of sensory perceptions?

– The visual representations of sensory imaginaries beyond the five senses of the sensorium defined by Aristotle. Pre-Hispanic (Cruz Riviera, 2019) and medieval Islamic art (Le Maguer, 2013) invite other examples and analyses of sensory experiences.

– The commonplace sensory imagination in a given culture and period, such as, for example, representations of anatomical dissections and banquets in the Renaissance, or the end-of-century representations of young girls dreamily smelling a flower.

– Visual depictions of sensory experiences offered by different conventional systems escaping the usual representational codes shaping the visual arts, like sensory maps and visualisations of brain activity.

Proposals for articles (750 words maximum) in French, English, or Italian describing the research questions and the corpus of sources should be sent to Marta BattistiViktoria von Hoffmann and Érika Wicky by June 30th, 2021. Articles (30,000 – 60,000 characters) will be expected by February 1st, 2022. Per journal policies, each article will be subject to a double-blind peer review by the editorial committee and the scientific committee of Images Re-vues.

Figurazioni del sentire

Questo numero d’Image re-vues intende studiare le molteplici figurazioni del sentire. La sua ambizione è di interrogare al tempo stesso le rappresentazioni visive della percezione e l’esperienza sensibile suscitata durante il loro processo di creazione e fruizione. I contributi proposti si iscriveranno nel prolungamento delle ricerche interdisciplinari condotte sull’esperienza sensibile nel corso degli ultimi decenni.

L’emergenza della storia dei sensi nel corso degli anni ’80 è contemporanea a quella della storia delle culture visive, volta sia allo studio del senso della vista che a quello delle creazioni destinate allo sguardo. Incrociando questi approcci, diversi studi, derivanti dalle ricerche del medievista Carl Nordenfalk (1976), sono stati consacrati all’iconografia dei cinque sensi, facendo in tal modo entrare le immagini tra le fonti di una storia del sentire. Questi studi, di cui il catalogo della mostra Immagini del sentire: i cinque sensi nell’arte (Ferino-Pagden, 1996) è un esempio, hanno portato all’identificazione delle allegorie e dei simboli associati ai diversi sensi nelle culture visive. Le evocazioni del sensorium, generalmente di derivazione aristotelica, che si riscontrano ad esempio in Floris e Cort (I cinque sensi, 1561), Bruegel il Vecchio e Rubens (Allegorie dei cinque sensi, 1617) o nelle ricche collezioni di emblemi del Rinascimento, sono oggi ben conosciute. Si tratta, ad esempio, di uno specchio per la vista, di un cervo o di uno strumento musicale per l’udito, di fiori per l’odorato, di una scimmia e di pietanze per il gusto o dell’evocazione di un contatto, per esempio con un tessuto, per il tatto, simboleggiato dal ragno. Tali studi hanno inoltre messo in evidenza le funzioni attribuite a ogni senso e le descrizioni del funzionamento dei diversi organi sensoriali. Sulla base di questa tradizione storiografica e degli sviluppi recenti dei sensory studies, ispirati dal dialogo fecondo tra la storia dei sensi e quella delle emozioni (Boccide e Smith, 2020), questa call for papers propone di studiare le figurazioni del sentire in quanto tramite dell’esperienza sensibile del mondo.

Piuttosto che i registri simbolici associati ai diversi sensi, desideriamo prendere in considerazione le figurazioni visive degli atti della percezione, che si tratti di rappresentazioni artistiche o di immagini scientifiche, in dialogo con l’esperienza sensibile implicata nel processo della loro creazione e fruizione. L’analisi del modo in cui la percezione sensoriale, propriamente invisibile e legata al presente, a potuto essere rappresentata ci porterà a studiare i gesti, ma anche gli apparecchi (come il cornetto acustico o l’occhialetto), legati all’atto del sentire o alla sua impossibilità dovuta a una carenza delle facoltà percettive – una prospettiva che si potrà arricchire del contributo dei disability studies. Saranno ugualmente prese in conto le immagini in rapporto con i gesti sensibili della creazione, attraverso l’analisi della sensorialità dell’artista stesso e delle possibili risonanze tra le sue proprie percezioni e le loro rappresentazioni. Al tempo stesso, saranno prese in esame la fruizione delle immagini del sentire e le risposte emotive dello spettatore davanti alla figurazione della sensazione (disgusto, riso, piacere). Considerare le rappresentazioni visive del sentire come esperienza sensibile del mondo implicherà da un lato una riflessione sull’intersensorialità implicita a questo tipo di produzione artistica, dall’altro una valutazione dell’attivazione, a livello immaginativo, dei sensi dello spettatore, portandoci ad analizzare tanto la produzione che la fruizione delle opere. In questa maniera, la dimensione risolutamente estetica (< aesthesis, sensazione) delle figurazioni del sentire potrà essere valutata (Boutaud, 2012).

Un approccio globale delle rappresentazioni della sensorialità permetterà una migliore comprensione della costruzione delle pratiche e delle conoscenze legate all’atto del sentire, come dei modelli sensoriali che hanno determinato il nostro rapporto al mondo. La presa in considerazione di diversi supporti visivi (pitture, incisioni, disegni, sculture) e ambiti culturali (arti, scienze naturali, medicina, gastronomia, musica, religione) permetterà di valutare le funzioni di queste rappresentazioni e il loro contributo ad un’estetizzazione, oggettivazione o riflessione sull’esperienza del sentire. L’assenza di limiti cronologici e l’apertura a tutte le epoche e culture offrirà l’occasione di esplorare la diversità delle risposte che sono state apportate a queste domande, come di nutrire un approccio comparativo delle figurazioni del sentire.

Tra i diversi assi di ricerca che potranno essere esplorati, citiamo:

– Gli aspetti artistici, religiosi, economici, filosofici o politici che le rappresentazioni della sentire possono detenere, come anche le implicazioni legate alla caratterizzazione sociale, di genere o di razza dei soggetti di queste figurazioni.

– L’articolazione tra le gerarchie sensoriali e le culture visive: le sensorialità ritenute basse appaiono essere dei soggetti prediletti per i generi artistici considerati inferiori, come la caricatura? Oppure la loro figurazione richiede un’interpretazione in chiave allegorica?

– Le strategie visive che permettono di rappresentare l’intensità delle percezioni sensibili.

– Le rappresentazioni visive di altri immaginari sensoriali rispetto a quello dei cinque sensi derivante del sensorium definito da Aristotele. L’arte preispanica (Cruz Riviera, 2019) o quella dell’islam medievale (Le Maguer, 2013) invitano a considerare altri esempi e analisi delle figurazioni del sentire.

– I luoghi comuni e i gesti del sentire inerenti agli immaginari figurativi e sensoriali tipici di una determinata cultura o epoca, come, per esempio, le rappresentazioni di dissezioni anatomiche o di banchetti all’epoca moderna, o ancora le figurazioni di fine Ottocento di giovani fanciulle sognanti che annusano un fiore.

– Le rappresentazioni visive del sentire derivanti da altri sistemi e convezioni, i quali, come le carte sensoriali o le visualizzazioni dell’attività cerebrale, sfuggono ai codici della figurazione generalmente convocati per le arti visive.

Le proposte di articoli (750 parole massimo) in francese, inglese o italiano, contenenti la tematica trattata e il corpus analizzato, dovranno essere indirizzate a Marta Battisti, Viktoria Von Hoffmann e Erika Wicky entro il 30 giugno 2021. Gli articoli redatti in inglese, francese o italiano (tra i 30000 e i 60000 segni) dovranno essere consegnati il 1° febbraio 2022. Conformemente alle pratiche editoriali della rivista, ogni articolo sarà l’oggetto di una doppia valutazione da parte del comitato di redazione e in seguito dal comitato scientifico di Images re-vues.

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Publication – Laura Viaut, « Quand le vent se lève… Essai sur la crise institutionnelle et juridique de l’an mille »

L’an mille, qui devait être le terrain d’une rencontre entre juristes et historiens, est surtout, depuis la seconde moitié du XXe siècle, le théâtre de leurs défiances réciproques… Les premiers y voient une entrée brutale dans la féodalité, les seconds une absence de rupture. La mutation féodale a ainsi cristallisé un vigoureux débat, sans que les exigences des uns et des autres aient pu être conciliées.

Pour tenter de désamorcer ce conflit né d’un problème épistémologique, on peut poser un nouveau regard sur ces sources anciennes. En raisonnant au prisme des mentalités médiévales, il est possible d’appréhender les transformations institutionnelles de l’an mille et leurs répercussions sociales. Car l’effondrement des institutions n’est pas synonyme de chaos. Au contraire, il fait émerger de nouvelles normes qui permettent de maintenir des éléments de cohésion du groupe.

Cet essai vise à rouvrir le débat sur la mutation féodale et, grâce à de nouvelles hypothèses de recherche, propose une conciliation entre les deux grandes écoles qui se sont opposées des décennies durant.

Laura Viaut est maître de conférences en Histoire du droit et des institutions à l’université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne. Elle est spécialiste des mécanismes de gestion des conflits au premier Moyen Âge. Ses axes de recherche, suivant une grille de lecture d’anthropologie historique du droit, sont essentiellement consacrés aux normativités, notamment au lendemain de la crise de l’an mil.

Informations pratiques :

Laura Viaut, Quand le vent se lève… Essai sur la crise institutionnelle et juridique de l’an mille, Dijon, Éditions universitaires de Dijon, 2021 (Essais). 118 p., 10,5 x 17,5 cm. ISBN : 978-2-36441-404-4. Prix : 9 euros.

Source : Éditions universitaires de Dijon

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