Ce cycle thématique de conférences réunit les contributions de divers intervenants rattachés au Centre d’Études Médiévales de Genève : historiens, historiens de l’art, archéologues, philosophes, théologiens, spécialistes des langues et littératures médiévales. Cette année, les conférenciers se pencheront sur les expériences de conscience qui sortent de l’état de veille ordinaire: qu’il s’agisse de rêves ou songes intervenant pendant le sommeil ou de visions perçues par un personnage éveillé, diverses catégories de perceptions, affectées de valeurs diverses, se rencontrent dans la littérature, la documentation historique, l’analyse philosophique et les arts, tout au long du Moyen Âge.
Programme :
3 mars LUCIANO ROSSI «Le Roman de la Rose: rêve d’une défloration allégorique»
10 mars MATHIEU CAESAR «Une vision infernale: la mesnie Hellequin»
17 mars CEDRIC GIRAUD «Là, tout n’est que désordre et laideur… Invitations latines au voyage dans l’au-delà»
24 mars JULIA BRUSA, MIRKO PINIERI «Songe, vision et contemplation dans Li Mireoirs as dames de Watriquet de Couvin et la Minneburg (anonyme)»
31 mars THIBAUT RADOMME «Entre prémonition et apologie: les songes de Jean de Joinville dans la Vie de saint Louis»
14 avril AUDE SARTENAR Songe, fantasme, idéal: amour et rapports amoureux dans la lyrique occitane du Moyen Âge
21 avril OLGA LIZZINI «La vision prophétique selon les philosophes de langue arabe: quelques exemples»
28 avril JEAN-YVES TILLIETTE «Fantasmes et fantômes: les rêves de l’abbé Guibert de Nogent»
5 mai NATACHA CROCOLL «L’espace des songes: les prophéties dans la version castillane du Chevalier au Cygne»
12 mai ANDRE-LOUIS REY «La mise en œuvre des songes dans l’historiographie byzantine»
19 mai FLORIANE GOY «Visions et révisions, les nuits agitées des intellectuels du Moyen Âge»
Women’s networks – their relations with other women, men, objects and place – were a source of power in various European and neighbouring regions throughout the Middle Ages. This interdisciplinary volume considers how women’s networks, and particularly women’s direct and indirect relationships to other women, constituted and shaped power from roughly 300 to 1700 AD. The essays in this collection juxtapose scholarship from the fields of archaeology, art history, literature, history and religious studies, drawing on a wide variety of source types. The volume’s aim is to highlight not only the importance of networks in understanding medieval women’s power but also the different ways these networks are represented in medieval sources and can be approached today. This volume reveals how women’s networks were widespread and instrumental in shaping political, familial and spiritual legacies.
Table des matières :
Emma O. Bérat/Rebecca Hardie – Introduction
Julia Hillner/Máirín MacCarron – Female Networks and Exiled Bishops between Late Antiquity and the Early Middle Ages: The Cases of LiberiusofRome and Wilfrid of York Lucy K. Pick – Networking Power and Gender at Court: An Eleventh-Century Diploma and ‘Las Meninas’ Jitske Jasperse – With This Ring: Forming Plantagenet Family Ties Abigail S. Armstrong – English Royal Family Ties: EdwardIand his Breton Nieces Mercedes Pérez Vidal – Female Aristocratic Networks: Books, Liturgy and Reform in Castilian Nunneries Stephanie Hollis – Dynastic Visions: Founder Abbesses of Wilton and Barking and their Eleventh-Century Successors Alyssa Gabbay – Mothers, Liver-Eaters and Matrilineal Descent:Hind bint‘Utba, Mu‘a ̄wiya and Nasab(Filiation) in Early Islam Karen Dempsey – Herstory: Exploringthe Material Life of Gundrada de Warenne
Informations pratiques :
Relations of Power. Women’s Networks in the Middle Ages, dir. Emma O. Bérat, Rebecca Hardie, Irina Dumitrescu, Vandenhoeck & Ruprecht, 2021 (Studien zu Macht und Herrschaft, 5). 199 p. ISBN 978-3-8471-1242-6. Prix : 45 euros.
La seconde moitié du XIIIe siècle est une période charnière dans l’histoire de la culture écrite de l’Occident latin. Dans le comté de Flandre, sous Marguerite de Constantinople (1244-1278) et Gui de Dampierre (1278-1305), c’est le temps où la prédominance de la charte cède le pas à l’essor des pratiques administratives au sens large. Aurélie Stuckens a publié dans notre série Studies in Belgian History une monographie sur cette évolution.
Le développement de la principauté flamande s’inscrit dans une évolution qui touche, à quelques décennies d’intervalle, la plupart des administrations royales, princières et seigneuriales de l’Europe occidentale. L’originalité de la Flandre réside néanmoins dans sa précocité à mettre au point certains outils administratifs (registres, formulaires, mentions de commandement des actes, etc.), au soin porté à la conservation de l’écrit au sens large – notamment aux documents préparatoires – et à l’émergence progressive de premières fonctions bureaucratiques intimement liées au déploiement de ces pratiques documentaires. Parmi ces fonctions se distinguent particulièrement celles de receveur général des finances, de maître et receveur des « terres nouvelles » du comte et de « chancelier de facto ».
Ces agents princiers et leurs subalternes sont les acteurs talentueux d’un XIIIe siècle qui les a vus façonner l’administration du comté de Flandre, pôle culturel, économique et politique majeur de l’Europe du Nord-Ouest au Moyen Âge.
Informations pratiques :
Aurélie Stuckens, Les hommes de l’écrit : Agents princiers, pratiques documentaires et développement administratif dans le comté de Flandre (1244-1305), Bruxelles, Archives générales du Royaume, 2021 (Studies in Belgian History vol. 9), Archives générales du Royaume, Bruxelles, 2020. 17 x 24 cm, 454 p. ISBN : 978-9463911450. Prix : 29,95 euros.
April 6, 2020 marked the quincentenary of the death of Raffaello Sanzio (1483-1520), one of the most brilliant and consequential artists in the western tradition. Praised during his lifetime as “Prince of Painters” (pictorum princeps), a description rendered indelible by Giorgio Vasari, this characterization long served to obscure Raphael’s artistic achievements in other modes. He was in reality an impresario in many media: revered in his own day as Rome’s chief architect, Raphael was also an urbanist and a designer of landscape, as well as of sculpture, silver, prints, and tapestries. A series of international conferences and exhibitions held in 1983-84, the quincentenary of the artist’s birth, was a watershed in Raphael studies, and in the intervening years, building on those events and publications, new understandings of Raphael have begun to take form, not only as a designer in an array of media, but also in terms of his collaboration with other artists, patrons, advisors, and literati. This conference dedicated to Raphael brings together established and emerging scholars to take stock of what has been accomplished in the past 37 years, to assess current approaches to his astonishingly innovative, diverse, and influential body of work, to present new research, and to chart directions for further study. Expanding upon well-established lines of inquiry, the program reflects new approaches to the quintessential old master.
Programme :
Friday, April 9, 2021
I. Introduction / Raphael at Work 9:30-11:15 EDT
Welcome: William Hoynes, Dean of the Faculty and Professor of Sociology, Vassar College Chair: Yvonne Elet, Associate Professor, Vassar College
Chair: Linda Wolk-Simon, Visiting Professor, Institute of Fine Arts, New York University / Independent Curator
Canonization and its Consequences – Sir Nicholas Penny, Visiting Professor, The China Academy of Art, Hangzhou / Director, National Gallery of Art, London (2008-15).
Tracy E. Cooper, Professor, Temple University Yvonne Elet, Associate Professor, Vassar College Marcia B. Hall, Laura Carnell Professor of Renaissance Art, Temple University Sheryl E. Reiss, Newberry Library Scholar-in-Residence / University of Chicago, Graham School Linda Wolk-Simon, Visiting Professor, Institute of Fine Arts, New York University / Independent Curator
Produced by Yvonne Elet, assisted by Vassar Computing & Information Services and Alumnae/i Affairs
Sponsored by the Agnes Rindge Claflin Fund, Vassar College Department of Art
With special thanks to:
Baynard Bailey, Susan Brkich, Cammy Brothers, Brian Chickery, Blake De Maria, Brandon Deichler, Wes Dixon, Heather Graham, Christopher Kirbabas, Amy Laughlin, Sophia Quach McCabe, Caleb Mitchell, Andrea Monteleone, Nancy Myers, Naomi Pucarelli, Susan Quade, Thomas Sinistore, Steve Taylor, and Bronwen Wilson
Vers 1360, la carrière de Nicole Oresme connut un tournant capital, largement ignoré jusqu’à présent : après plus de vingt-cinq ans en Faculté des arts, il se fit théologien.
Se munissant d’un doctorat de théologie, il accomplit les étapes successives du cursus. Il faut s’en surprendre : la cohérence de son parcours de philosophe de la nature aurait pu le conduire aux mêmes choix que Jean Buridan qui s’était lui-même refusé l’accès aux Facultés supérieures et était demeuré à la Faculté des arts de Paris.
Ce tournant se manifeste dans un manuscrit, unique le Vat. Lat. 986, épais dossier issu, d’une circonstance universitaire précise, la résompte d’Oresme. Une introduction détaillée en donne la composition. Dans ce manuscrit, Alain Boureau pense avoir découvert le texte de dix longues questions sur les Sentences, inédites et même inconnues, dont la transcription et la traduction constituent les deux premiers tomes de cette série.
Alain Boureau est directeur d’études à l’EHESS, spécialiste d’histoire de la scolastique médiévale. Parmi ses ouvrages récents : En somme… Pour un usage analytique de la scolastique médiévale (2011), L’Errance des normes (2016) et une édition critique et bilingue des Questions disputées (six volumes parus aux Belles-Lettres depuis 2011) et des Quodlibets (trois volumes depuis 2015) de Richard de Mediavilla. Aux Belles Lettres, il dirige également avec Michel Desgranges la collection « Histoire » et avec Ruedi Imbach la « Bibliothèque scolastique ».
Table des matières :
TOME 1
QUESTIONS SUR LES SENTENCES DE PIERRE LOMBARD
Sommaire de l’introduction générale Introduction générale Annexes
Introduction à la Question I I. Le fidèle catholique doit-il concéder ce principe théologique : Dieu peut faire tout ce qui peut être fait, sans que cela n’implique une contradiction ?
Introduction à la Question II II. Sur la première distinction du premier livre, je demande s’il faut user ou jouir de toute chose et ne le faire ensemble pour rien.
Introduction à la Question III III. En second lieu, sur la même distinction première, je demande si l’utilisation ou la jouissance constituent une représentation ou bien une connaissance de leur objet.
TOME II
QUESTIONS SUR LES SENTENCES DE PIERRE LOMBARD
Introduction à la Question IV IV. À partir de la saisie qu’a de Dieu la créature en ce monde, peut-on conclure avec évidence qu’existe dans l’univers un principe infini ?
Introduction à la Question V V. À propos des distinctions où le Maître traite de l’immuabilité de Dieu, de sa simplicité et de sa généralité, par quoi il se trouve partout, je demande si, du fait que Dieu est partout, à la manière dont il est, et pas autrement, on peut conclure de façon suffisante que Dieu est simple et immuable.
Introduction à la Question VI VI . À propos de la distinction 17, je demande si un homme d’ici-bas peut être admis sans grâce à la vie éternelle.
Introduction à la Question VII VII . À propos de la distinction 33 et des suivantes, où le Maître traite de la prédestination, je demande si la contingence des choses est compatible ou peut l’être avec la prescience de Dieu et avec sa science certaine.
Introduction à la Question VIII VIII . On demande si l’action de la volonté divine est compatible avec la contingence dans notre volonté.
Introduction à la Question IX IX. À partir du sujet du quatrième livre des Sentences, je pose cette question : le pèlerin de la vie d’ici-bas est-il tenu de rendre des grâces à Dieu tout-puissant de façon égale pour tous ses bienfaits ?
Introduction à la Question X X. À propos du troisième livre des Sentences, je demande si, en raison de la bienheureuse union de la nature humaine au Verbe, il faut véridiquement accorder que Dieu s’est fait nouvellement homme.
Index des sources explicites Bibliographie
Informations pratiques :
Nicole Oresme, Écrits métaphysiques et théologiques. La résompte de 1362 (Tome I & II), éd. Alain Boureau, Paris, Les Belles Lettres, 2021 (Bibliothèque scolastique, 17). CXXX + 848 p., 12.6 x 19.3 cm. ISBN : 9782251451626. Prix : 95 euros.
We are writing about this year’s Thirteenth Century Conference, which will run between 6 and 8 September 2021. We have taken the decision to go ahead with the conference, but in virtual form. Our reasoning for taking an early decision on this is that we would rather plan for a virtual conference from the outset than plan for an in-person event and be forced to re-arrange it at the last minute. Taking this decision early means that we can optimise the format and, we hope, run a really good conference, with potentially the opportunity for more people than usual to join us. If it does turn out to be possible to meet in person, we will explore creating a hybrid conference in which we have both in-person and virtual delegates.
In the virtual format, we feel the conference should run across 1.5 days in the period 6-8 September: we think that we’ve all found that full days in front of the screen are both tiring and make it hard to concentrate, and that shorter sessions would therefore be a good
starting point. The plan is that papers will be submitted ahead of time and sent out to delegates before the conference either as text papers or pre-recorded videos, so that papers are not presented ‘live’ online, but rather read/watched in advance. The sessions will then consist of structured discussions of the papers.
The theme of the 2021 conference will be ‘Recovery and Renewal’. We are keen to see flexibility and creativity in proposed papers, and we are happy to receive ideas for longer texts of 7-8,000 words, or shorter texts (2-4,000 words), or video presentations of up to 45 minutes.
Please also feel free also to make joint proposals for multi-paper sessions, and we will, as usual, look to put together sessions with linked papers. We want to assemble at least one round table discussion of 3+ papers, for example.
Please send submissions to ams88@cam.ac.uk by 14 February 2021. If you are not interested in submitting a paper, but you would be interested in chairing a session, please let us know. We will consider all papers/contributions on the basis of merit and their connection to the theme and the other proposals that we receive.
Hand-bells are emblematic of early Christianity in Ireland, Scotland and Wales. Produced between the fifth century and the twelfth, they survive in large numbers and were used originally to regulate monastic time and to punctuate the liturgy. Several are attributed to specific saints ― including Patrick and Columba (Colum Cille) in Ireland, Kentigern (Mungo) in Scotland and David in Wales. This two-part book brings together for the first time all the hand-bells that exist or are known to have existed in Ireland and Britain. The first part deals with the morphology, production and distribution of bells, with their archaeological and historical contexts and with their enduring significance in late medieval times. The second part is a catalogue of all existing and recorded bells, offering both physical descriptions and individual case histories.
Published in association with the National Museum of Ireland
Cormac Bourke was a curator in the Ulster Museum for 26 years. He specialises in the study of early insular Christianity and has published widely on medieval metalwork and on the archaeology of saints and their relics. Editor Bio Copyedited by Emer Condit of Archaeology Ireland Designer Bio Designed by Fiachra McCarthy, designer of the award-winning Solar Bones and Notes to Self.
Informations pratiques :
Cormac Bourke, The Early Medieval Handbells of Ireland and Britain, Wordwall Books, 2020. 708 p. ISBN : 978-0-901777-88-1. Prix : 50 euros.
C’est dans les derniers jours de 2020 que Céline Van Hoorebeeck est partie sur la pointe des pieds, suscitant incrédulité et stupeur. Historienne du livre brillante, elle était devenue une figure incontournable de la production manuscrite dans les anciens Pays-Bas à la fin du Moyen Âge. Plusieurs contributions significatives, ainsi que la direction partagée d’actes de colloques et d’ouvrages de synthèse lui ont rapidement fourni l’occasion d’être reconnue comme spécialiste en la matière. C’est surtout sa thèse, défendue en 2007 et publiée en 2014 sous le titre Livres et lectures des fonctionnaires des ducs de Bourgogne (ca 1420-1520), qui témoigne des hautes qualités méthodologiques et analytiques déployées par Céline Van Hoorebeeck ; l’ouvrage, à n’en pas douter, est désormais une référence pour toute recherche sur ce « réseau du livre » dans l’espace bourguignon.
Attachée au Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque royale de Belgique à partir de 1997, elle devait contribuer à y œuvrer, avec professionnalisme et passion, aux divers développements que la « Librairie des ducs de Bourgogne » a connus ces dernières années, que ce soit en collaborant avec l’équipe en place pour la mise sur pied de prestigieuses expositions – citons seulement Miniatures flamandes, 1404-1482 et son magnifique catalogue, réalisés en partenariat avec la Bibliothèque nationale de France (2011-2012) –, en codirigeant, avec Bernard Bousmanne et Tania Van Hemelryck, le précieux inventaire descriptif de chacun de ses manuscrits via la collection La Librairie des ducs de Bourgogne (5 vol. parus à ce jour) et, in fine, en prêtant son expertise comme membre du Comité scientifique qui a présidé à la création du KBR Museum, dont les portes venaient de s’ouvrir en septembre dernier.
Depuis 2010, Céline Van Hoorebeeck avait rejoint l’Université de Namur en tant que conservatrice de la Réserve précieuse de la Bibliothèque universitaire Moretus Plantin, puis comme responsable de la Cellule « Patrimoine culturel de l’UNamur ». Elle contribua notamment à la mise en place d’une seconde réserve précieuse, destinée à recevoir les fonds de l’ancien Centre de Documentation et de Recherche Religieuses (CDRR), et facilita l’accueil de collections prestigieuses consacrées au Prince de Ligne.
Si, entre 2014 et 2019, elle avait assuré la présidence du groupe de contact FNRS « Documents rares et précieux », Céline Van Hoorebeeck avait auparavant (2004-2010) intégré le Comité organisateur du RMBLF. Il faut rappeler que, jeune chercheuse alors, elle avait déjà pris part à certaines journées d’études du Réseau des médiévistes qui avait vu le jour à l’automne 1998, que ce soit au titre de simple auditrice ou d’oratrice occasionnelle.
Celles et ceux qui ont connu Céline et partagé avec elle de stimulants échanges autour du livre à l’époque bourguignonne se souviennent de son esprit vif, de sa faculté à s’interroger, à douter des « acquits », à mettre le doigt sur des détails interpellants. Mais, au-delà de ses indéniables compétences scientifiques, Céline pouvait surtout faire montre de belles qualités du cœur où une réelle empathie et une écoute chaleureuse pour l’autre le disputaient à une amitié droite et fidèle. Dans un cas comme dans l’autre, Céline Van Hoorebeeck aurait encore eu beaucoup à nous apporter.
Les narrateurs du Bel Inconnu de Renaut de Beaujeu, de Florimont d’Aimon de Varennes et de Partonopeu de Blois posent leur voix dès le prologue à travers un dialogue avec les dédicataires dont la lecture ou l’écoute actualisent le processus. Un transfert à la fois énonciatif et scriptural parachève cette élaboration, offrant la possibilité aux auteurs de se couler dans la fonction du narrateur et de devenir les conteurs et les maîtres d’une narration qu’ils organisent à leur guise. Mais surtout, ils combinent leur « je » conteur à leur « je » amoureux dont les interruptions au caractère plus intime permettent la réalisation. Le récit subsume ainsi le discours lyrique, le fait sien, l’espace romanesque devenant le lieu d’une mutation lors de laquelle les narrateurs se projettent dans les personnages eux-mêmes, conçus comme des outils au service du « je ». Nous assistons donc à une narration plus intériorisée et à la manifestation d’un narrateur-auteur qui, en tant que sujet empirique, se sert de la fiction comme d’un véritable espace d’expérimentation.
Docteur ès lettres, agrégée de lettres modernes, membre associée de l’EA 173-CERAM de la Sorbonne Nouvelle, Nathalie Leclercq mène des recherches en littérature narrative du Moyen Âge.
Nathalie Leclercq, Les figures du narrateur dans le roman médiéval. Le Bel Inconnu, Florimont et Partonopeu de Blois, Paris, Honoré Champion, 2020 (Essais sur le Moyen Âge, 74). 352 p. ISBN : 9782745354013. Prix : 52 euros.
Le second numéro de la revue interdisciplinaire Textus & Musica créée par Christelle Chaillou-Amadieu (CNRS/CESCM) et Federico Saviotti (Université de Pavie) avec la collaboration de Vanessa Ernst-Maillet (CNRS/CESCM ) pour la mise en ligne vient de paraître.
La revue Textus & Musica propose d’accueillir et de promouvoir le dialogue entre les disciplines philologique et musicologique. Prenant naissance de l’expérience du groupe de recherche franco-italien « Philologie et Musicologie », Textus & Musica souhaite prolonger la réflexion interdisciplinaire sur les compositions poético-musicales du Moyen Âge et de la Renaissance, en valorisant les études sur les corpus chantés, de toutes formes et de toutes traditions, provenant de toute aire culturelle de l’Europe jusqu’en 1600.
La revue accueille des articles individuels ou collectifs, en français, italien ou anglais, portant un regard à la fois sur le texte et sur la musique. Publiée en accès libre, la revue, à cadence semestrielle, fera paraître chaque année : 1) un premier fascicule thématique, faisant l’objet d’un appel à contributions, ou bien contenant l’édition d’actes des rencontres « Philologie et Musicologie » ou d’autres journées d’études d’intérêt interdisciplinaire ; 2) un deuxième fascicule « mélanges » (dont les articles seront mis en ligne au fur et à mesure), contenant des études scientifiques de thématique libre, de courts essais ou notes et des comptes rendus d’ouvrages.
La conception de Textus & Musica est celle d’une publication en ligne, profitant de tout le potentiel qu’offre le support numérique, afin de favoriser le partage des produits de la recherche philologique et musicologique. L’intégration de contenus divers (images et schémas, éditions multimédia, enregistrements de performances philologiquement et musicologiquement fondées, etc.) est vivement encouragée.
Les articles du fascicule thématique sont soumis à évaluation de la part des curateurs et/ou du comité scientifique ; les autres articles sont évalués selon un principe de double expertise (double-blind peer-review). Les propositions d’articles peuvent être envoyées à l’adresse suivante : textusetmusica@ml.univ-poitiers.fr.
Le deuxième numéro de l’année 2020, Varia, rassemble cinq articles (Fabio Sangiovanni ; Gianluca Bocchino et Luca Gatti ; Christelle Cazaux et Anne-Zoé Rillon-Marne ; Davide Daolmi ; Stefano Milonia) et deux notes (Antonio Calvia ; Damien Poisblaud), portant sur des sujets divers : la poésie lyrique, monodique et polyphonique, des siècles XIIe, XIIIe et XIVe en français, occitan, italien et latin, et le chant grégorien.
Avec le soutien du FNRS, du CRHiDI (UCLouvain – Saint-Louis, Bruxelles), d'INCAL (UCLouvain), de PraME (UNamur), de sociAMM (ULB) et de Transitions (ULiège)
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