Publication – « Notre-Dame d’Aiguebelle. L’art cistercien réinventé », Yves Bottineau-Fuchs

L’abbaye d’Aiguebelle, située entre Montélimar et Grignan dans le département de la Drôme, a subi diverses reconstructions et aménagements pour s’adapter aux besoins de la communauté monastique. Conçue au XIIe siècle pour une communauté réduite, elle en a accueilli près de 240 au XIXe siècle. Fait marquant, les nouveaux bâtiments furent réalisés en conservant l’enveloppe et le plan masse d’une abbaye cistercienne type. Tel n’est pas le cas au Thoronet, à Sénanque ou à Silvacane, abbayes cisterciennes voisines privées de tout ou partie des bâtiments de la clôture. La communauté d’Aiguebelle, quant à elle, conserva sa cohérence à l’ensemble des bâtiments.

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Cet ouvrage de l’historien Yves Bottineau-Fuchs retrace l’histoire de l’abbaye, depuis sa création en 1137 jusqu’à l’époque actuelle : la fondation de l’abbaye, la réforme de l’ordre cistercien, les liens avec les puissances politiques voisines et les autres abbayes de la région, la tourmente de la Révolution, l’expulsion et le retour des moines trappistes qui à leur tour fondent d’autres abbayes (notamment l’abbaye de Tibhirine en Algérie).

Il explore aussi en détail, à partir d’une étude archéologique menée sur plusieurs années, les fondements et l’évolution de l’architecture d’Aiguebelle. Il relève que les interventions menées par les moines au cours des temps, dans la tradition des moines bâtisseurs, aboutissent à un art « cistercien » du xxe siècle. La stricte observance adoptée à Aiguebelle s’inscrit donc dans le respect des visions esthétiques propres à l’ordre de Saint Bernard. Cet ouvrage propose ainsi une réflexion sur le style cistercien et sa réinvention à travers les âges.

Il retrace enfin la vie des moines sur le site, les différentes exploitations et politiques adoptées pour vivre en autarcie, dont la fameuse chocolaterie d’Aiguebelle, disparue en 1978, fut un exemple parmi d’autres. Une invitation à suivre une abbaye sur près de dix siècles, à partir de nombreuses illustrations anciennes et actuelles.

Yves Bottineau-Fuchs est historien et historien de l’art, spécialiste du Moyen Âge et de la Renaissance. Il a enseigné à l’école d’architecture, Paris Val-de-Seine.

Informations pratiques :
Yves Bottineau-Fuchs, Notre-Dame d’Aiguebelle. L’art cistercien réinventé, Paris, Éditions Picard, 2017. 22 x 28 cm, 264 pages, relié cartonné. 205 illustrations en couleurs. Parution : juin 2017. Prix : 39 euros. ISBN : 978-2-7084-1021-3

Source : Éditions Picard

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Conférence – Rose-Marie Ferré et Matthieu Faury, « Histoire de l’art médiéval, patrimoine et création contemporaine : regards croisés au château de Tarascon »

Dressé en bordure du Rhône, le château de Tarascon fut une place forte et une résidence somptueuse pour les ducs d’Anjou aux XIVe et XVe siècles. En effet, protégé depuis 1840, ce monument historique est emblématique du patrimoine de la Provence médiévale. Aujourd’hui, il accueille régulièrement des expositions d’artistes contemporains qui offrent un nouveau regard sur le site. Dans le cadre du projet culturel Patrimoine et Création contemporaine du Centre d’art René d’Anjou, le plasticien et sculpteur Matthieu Faury a ainsi proposé une réflexion sur la figure du roi René grâce à un ensemble de sculptures mimant une audience royale monstrueuse (2012). L’artiste a aussi réinventé la figure du château fortifié en créant une œuvre qui met en scène une architecture dansante présentée dans le cadre de l’événement Si les châteaux m’étaient contés, organisé par le Centre des monuments nationaux (2015).

Cette communication présentera ces deux expositions et invitera à réfléchir sur le dialogue entre l’art médiéval et la création contemporaine.

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Informations pratiques :

Mercredi 7 juin 2017
Rencontre du Centre André Chastel
Galerie Colbert, 2 rue Vivienne, 75002 Paris
Salle Ingres (2e étage)
Entrée libre

Cette conférence s’inscrit dans le cadre des Rencontres du Centre André Chastel. Pour la sixième année consécutive, le Centre André Chastel propose un cycle mensuel de rencontres scientifiques, dans des champs variés de l’histoire de l’art médiéval, moderne et contemporain. Conférences, tables rondes et présentations d’ouvrages permettent de faire connaître au public les travaux les plus récents de ses membres et correspondants. Les rencontres du Centre André Chastel seront coordonnées cette année par Sabine Berger (université Paris-Sorbonne) et Stéphane Castelluccio (CNRS).

Ouvertes à tous, elles ont lieu le mercredi de 18h30 à 20h.

Source : Blog de l’ApAhAu

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Colloque – L’archéologie au village. Le village et ses transformations, du Moyen Âge au premier cadastre

Colloque (Perpignan – 20-22/10/2017)
L’archéologie au village.
Le Village et ses transformations, du Moyen Âge au premier cadastre

Archéologie au village

Organisé par le Département des Pyrénées-Orientales – Service Archéologique Départemental et Université de Perpignan Via Domitia

Programme et inscriptions : ici

Source : CEM Auxerre

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Appel à contribution – Une histoire comparée de la marginalisation sociale et spatiale des minorités en Europe et en Méditerranée (XVe- XIXe s.)

Rome, 29 août – 1er septembre 2018
Appel à contribution pour la conférence de l’AEHU

Organisation : Luca Andreoni, Michaël Gasperoni, Lucia Masotti Informations et inscription : https://eauh2018.ccmgs.it/

Cette session se propose d’engager une réflexion sur la structure sociale des minorités et sur la relation qu’elles entretiennent avec les espaces urbains où elles habitent, dans une perspective pluridisciplinaire, comparative et de longue durée. Le lien entre minorité, « étrangers » et villes a été au centre d’une série d’études particulièrement fécondes qui, à partir de l’Europe centrale et méridionale, s’est ouverte au versant oriental et méridional du bassin méditerranéen au cours des périodes médiévales et modernes (Bottin, Calabi 1999 ; Kaiser, Moatti 2007 ; Calabi, Christensen 2007 ; González-, Martini, Kaplan 2008 ; Dumons, Hours 2010, Dakhlia, Vincent 2011).

Trois principales lignes de recherche se distinguent de ces recherches. La première insiste sur la question du statut juridique des minorités comme terrain d’enquête des mécanismes d’inclusion ou d’exclusion des villes, à l’intérieur du processus de formation des États modernes (Kirschner, Mayali 2002 ; Sonkajärvi 2008 ; Cerutti 2012, Todeschini 2016). La deuxième se focalise sur la question de la propriété. La focale est ici posée sur les dynamiques dérivant des différentes formes de jouissances des biens immobiliers, sur la relation entre droit et économie et sur les mutations que ces processus produisent au niveau spatial (Barbot 2008 ; Béaur, Schofield, Chevet, Pérez Picazo 2013; Bargaoui, Cerutti et Grangaud 2013; Andreoni 2013; Gasperoni 2015). La troisième approche interroge les évolutions de l’articulation de l’espace urbain avec les espaces de vie des minorités, ainsi que les mécanismes et l’évolution des pratiques d’appropriation de l’espace dans les différentes phases de leur installation (Calabi, Lanaro 1998, Masotti 2004 ; Calafat 2012). Ces trois aspects ne sont évidemment pas dissociés mais étudient trop souvent le lien qui existe entre tissu urbain et minorité à partir d’une conception unitaire et homogène du groupe marginalisé minoritaire. Enfin, les différences existantes d’une cité et/ou d’un groupe minoritaire à l’autre et à l’intérieur même des communautés supposent et génèrent des dynamiques politiques, économiques sociales et spatiales qui restent en grande partie à étudier (Wirth 1928 ; Sebag 1959 et 1991 ; Kriegel 1979 ; Allegra 1996 et 2009; Calabi 1997 ; Bottin-Calabi 1999; Miović 2005 ; Siegmund 2006 ; Raymond 2006 ; Klein 2006).

Tout en gardant à l’esprit que le lien entre marginalisation et protection est souvent étroit et impossible à scinder en deux concepts distincts et séparés à l’époque moderne, ce panel se propose d’élargir horizontalement l’enquête à l’ensemble de la Méditerranée et en particulier à l’Empire ottoman et à l’Afrique du Nord et, verticalement, aux mécanismes de fonctionnement internes des communautés singulières dans le but de relever les modalités d’interaction avec l’espace et ses structures. Les études comparatives et diachroniques concernant tout type de minorités, entendues comme groupe en infériorité numérique (et/ou juridique), sont les bienvenues.

Liste de sujets potentiels se rapportant au thème de la session :

1. La relation que les élites minoritaires entretiennent avec le contexte majoritaire (processus d’imitation, de différentiation, de distinction).
2. Le lien entre espace et société : « concession / négation/négociation » et gestion des espaces entre la société majoritaire et les différentes composantes du groupe minoritaire.
3. La relation entre les choix matrimoniaux et patrimoniaux des minorités et les investissements sur et dans les espaces urbains.
4. La comparaison entre les statuts juridiques qui régulent la propriété et les modalités de la possession des maisons de la part des minorités.
5. Dans quelle mesure et selon quel(s) critère(s) les stratégies d’acquisition du prestige social s’insèrent dans les dynamiques d’acquisition, de modification / amélioration et de vente des immeubles dans les quartiers habités par les minorités.
6. Impact des flux migratoires et des structures démographiques sur les quartiers habités par des minorités, tant du point de vue spatial que social, culturel ou économique.
7. Évolution et mutation des quartiers habités par les populations minoritaires en lien avec le changement économique de ces populations ou du contexte urbain.
Nous favoriserons les approches interdisciplinaires et comparatives entre les différentes modalités et contextes de marginalisation de populations en Europe et en Méditerranée à la lumière du récent renouvellement historiographique et de la réflexion et interprétation géographique, en favorisant une approche globale, interdisciplinaire et de longue durée.

Informations et inscriptions : https://eauh2018.ccmgs.it/

Coordonnées des organisateurs de la session :
Luca Andreoni (historien)
Chercheur indépendant – Email : luca.andreoni20@gmail.com

Michaël Gasperoni (historien)
CNRS – Centre Roland Mousnier (UMR 8596) – Email : michael.gasperoni27@gmail.com

Lucia Masotti (géographe)
Università degli Studi di Verona – Email : lucia.masotti@univr.it

Source : Academia.edu

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RMBLF – La Lettre du Réseau, n° 12 (2017/1)

Chers amis médiévistes,

C’est avec plaisir que nous vous faisons parvenir le douzième numéro de la Lettre du Réseau. Outre les rubriques habituelles (liste des mémoires, actualité des dépôts d’archives, annonces à caractère scientifique, etc.), vous trouverez au sommaire les résultats de l’enquête de satisfaction que nous avions lancée à la fin de l’année dernière ainsi que le résumé des communications présentées à l’occasion de la journée d’étude Réformes. Renouveaux ecclésiastiques et mutations religieuses au Moyen Âge.

Télécharger la Lettre : ici

RMBLF - Site

Bonne lecture !

Bien cordialement,
L’équipe du RMBLF

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Publication – « Les livres des maîtres de Sorbonne. Histoire et rayonnement du collège et de ses bibliothèques du XIIIe siècle à la Renaissance », dir. par Claire Angotti, Gilbert Fournier, Donatella Nebbiai

Le collège de Sorbonne a été créé en 1257 à Paris sous les auspices des pouvoirs royaux et pontificaux. Parmi les collèges séculiers, il innove en se dotant de bâtiments et de revenus réguliers et en accentuant sa vocation intellectuelle, dont la bibliothèque est le dispositif principal. Elle renferme plus de 1 000 volumes à la fin du XIIIe siècle et est organisée en deux dépôts, l’un destiné à la consultation sur place, l’autre au prêt, pour répondre aux besoins des sociétaires, des étudiants et des maîtres.

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Cet ouvrage s’attache à étudier les livres du collège, de leur acquisition par les maîtres jusqu’à leur entrée dans l’établissement. Il analyse leur circulation au sein des divers dépôts et leurs usages par les sorbonistes ou par des lecteurs étrangers. Il éclaire les relations du collège avec son environnement institutionnel et social, et l’influence culturelle exercée par la bibliothèque du Moyen Âge à la Renaissance. Deux instrumenta complètent cette publication : un guide codicologique sur les manuscrits du collège et une bibliographie exhaustive des travaux portant sur sa bibliothèque. Mobilisant plusieurs disciplines (histoire, littérature, sociologie et philosophie), ce livre offre les premiers jalons d’une histoire renouvelée des bibliothèques universitaires.

Informations pratiques :

Claire Angotti, Gilbert Fournier, Donatella Nebbiai (dir.), Les livres des maîtres de Sorbonne. Histoire et rayonnement du collège et de ses bibliothèques du XIIIe siècle à la Renaissance, Paris, Publications de la Sorbonne, 2017 (Histoire ancienne et médiévale). 352 p., 16 x 24 cm. ISBN : 978-2-85944-993-3. Prix 30,00 €.

Source : Publications de la Sorbonne

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Offre d’emploi – MIRABILE. Zeno Karl Schindler Foundation Fellowship in Digital Humanities

The Zeno Karl Schindler Foundation (www.zenokarlschindler-foundation.ch) has established two fellowships, each of them for six or twelve months, to support the development of the MIRABILE project (www.mirabileweb.it) maintained by SISMEL (International Society for the Study of Medieval Latin).

The grant will allow to a backend developer, specialising in information retrieval, to spend a period at the seat of the SISMEL in Florence (Via Montebello 7, I-50123 Florence: http://www.sismelfirenze.it) following the development agenda of the MIRABILE project, with a monthly stipend of 2,500 Swiss francs (CHF).

Applications should be submitted (with curriculum vitae and motivation letter) by July 15, 2017, via email to: Prof. Jean-Yves Tilliette (Jean-Yves.Tilliette@unige.ch).

Applications will then be submitted to the MIRABILE Fellowship Scientific Committee for evaluation. The results of the evaluation procedure will be published by August 31, 2017.

Winners will be given the opportunity to start the fellowship from the beginning of October 1st, 2017.

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MIRABILE Fellowship core objectives

I. The project aims to analyze the functionalities and the reliability of the databases available in the web, with specific focus on medieval manuscripts. It has the purpose to control that permanent and not permanent links toward the relevant information could be formally valid and functioning.

The project aims moreover to develop system functionalities, in relation with research work on medieval manuscripts through the web:

– it shall establish links from all medieval manuscripts present in MIRABILE (and in the Integrated Archive of the Middle Ages [AIM] of the SISMEL) – more than 150.000 – to external resources available in the web
– it shall improve the functionalities of geographical lists present in MIRABILE in order to constitute an Atlas of the diffusion of latin medieval culture, able to reconstruct the diffusion of medieval authors and works through the medieval manuscripts

II. The main digital purpose of the project is to develop an application that can verify the state of links associated to data present in Mirabile. The candidate will develop an application able to scan the state of the page referenced in Mirabile.

Through the use of a static analysis of the page, the application should evaluate if the content of the page is available or moved or changed. For each change the application should notify the Mirabile and AIM maintainers to check the content of the page.

The application must be able to scan any kind of page: permalink or form based search of any kind.

This position would particularly benefit a developer with an interest in humanities research and in solving real-world problems with an international community of users.

MIRABILE Fellowship candidates: required skills
1. good knowledge of the http protocol
2. experience in software development
3. good written and oral english
4. good knowledge of javascript language (nodejs)

Plus:
1. good knowledge of ES6
2. linux system
3. scm software (GIT)
4. unit testing (mocha, jasmine, chai, etc.)

For further information :

presidenza@sismelfirenze.it http://www.sismelfirenze.it
Jean-Yves.Tilliette@unige.ch http://www.zenokarlschindler-foundation.ch

THE FOUNDATION WILL NOT GIVE ANY INFORMATION, JUSTIFICATION NOR REASON FOR THE DECISIONS CONCERNING THE ACCEPTANCE OR NOT OF AN APPLICATION.
Please consider that no reply will be given to such requests.

Source : Academia.edu

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Journée d’étude – Quand l’interprétation se fait loi (IVe – VIIIe siècle). « L’esprit des lois » de l’Antiquité au premier Moyen Âge

Le vocabulaire de la norme, à l’émergence du premier Moyen Âge, révèle un champ d’étude immense. Les lois sont désignées à Rome par une terminologie -leges, constitutiones, decreta, mandata, edicta – qui est de moins en moins maîtrisée non seulement par les praticiens mais également par les législateurs eux-mêmes. La difficulté ne vient pas du seul phénomène de désuétude du droit, liée à la méconnaissance de concepts juridiques et à un personnel de moins en moins qualifié. C’est avant tout la preuve d’un bouleversement des sources du droit (ius/leges) et de l’adaptation du système juridique romain, déjà commencée avant la fin de l’empire. Ce mouvement est cependant accentué par la confrontation à d’autres systèmes normatifs, issus des pays anglo-saxons et des traditions germaniques. La terminologie normative issue de ces traditions non romaines (telles que les notions très riches et protéiformes de ae(w) ou lagu par exemple) parait incompatible avec le lexique juridique, finalement rassurant, de la lex romana. La « loi » est donc nécessairement perçue de manière très diverse selon l’époque et la géographie données. Il serait bien prétentieux d’établir un tableau définitif et complet de cette notion en Europe Occidentale pour les IVe – VIIIe siècle.

Pour se confronter à « l’esprit des lois » de cette période charnière de l’histoire du droit, plusieurs approches seront proposées. La première, objet de cette première journée d’étude, sera consacrée à « l’interprétation qui se fait loi ». L’intention du projet n’est pas de se conformer systématiquement au cadre proposé par les théoriciens du droit. D’autres approches seront les bienvenues, car elles permettront par leur complémentarité d’appréhender au mieux les normes altimédiévales. L’affirmation de Justinien, extraite d’une constitution (C.J. 1, 14, 12, 3) et devenue depuis un adage : Eius est interpretari legum cuius est condere (« A celui qui a le pouvoir de faire la loi, le pouvoir de l’interpréter »), cache une réalité plus complexe. Le rapport à la loi n’est pas autant sacralisé que dans nos sociétés, notamment depuis le XIXe siècle et l’autorité des législateurs altimédiévaux n’a aucune mesure avec le modèle romain. Quelle est finalement la place accordée à l’auteur de l’interprétation ? Et quel est-t-il ? L’interprétation peut-elle devenir loi, une norme à part entière, sans nécessairement une volonté du législateur ou d’une autorité suprême ? L’interprétation peut-elle être autonome et créatrice de norme sans la volonté de son auteur (l’interprétation peut-elle se faire elle-même loi) ? Peut-on alors encore parler de loi si ces critères initiaux n’existent plus ou deviennent secondaires ? Les interpretationes du bréviaire, les actes de la pratique et les recueils semi-officiels (épitomés) sont des exemples parmi d’autres de l’appropriation de ce rôle d’interprète dont les législateurs depuis le Haut Empire affirment en conserver l’exclusivité.

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Programme :

9h30 Accueil

10h00 Propos d’ouverture – Patrick Charlot, Université de Bourgogne, CREDESPO

10h05 Introduction – Alain Dubreucq, Alexandre Jeannin : « Entre deux mondes : les migrations du droit »
1re séance

Présidence : Jean-Jacques Clère

Université de Bourgogne

10h15 – Hadrien Chino, Université Paris II : « Quand l’interprétation des Prudents succède à la loi »
10h45 – Pierre Ganivet, Université Clermont Auvergne : « L’Epitome Monachi et son prologue »
11h30 – Alexandre Jeannin, Université de Bourgogne, CREDESPO : « Autour de l’Epitome Guelpherbytana : l’interprétation des dispositions romaines à propos de l’emptio-venditio »
12h00 – Alain Dubreucq, Université Jean Moulin Lyon 3 : « De la loi à l’interprétation et de l’interprétation à la loi : l’affaire Aunegilde et le droit romano-burgonde »

2e séance

Présidence : Alain Dubreucq

Université Jean Moulin Lyon 3

14h00 – Agathe Baroin, Université Reims : « Une interprétation contra legem au haut Moyen Age ? Le divorce dans la pratique altimédiévale »
14h30 – Elena Gianozzi, Université Paris II : « Les problèmes d’interprétation des Compilations de Jus­tinien dans les Basiliques : le cas de la détermination de l’objet de la dot »
15h30 – Gilduin Davy, Université Paris Nanterre X : « Les lois de saint Olaf : de la narration à l’interprétation des lois fondamentales dans la Scandinavie médiévale »
16h00 – Fabrice Hoarau, Université de Bourgogne, CREDESPO : « L’esprit des lois altimédiévales d’après l’œuvre de Claude Fleury »

16h30-17h00 Discussion générale « L’esprit des lois : concepts et réalités »

Informations pratiques :

9 juin 2017
Université de Bourgogne, UFR Droit, rez-de-chaussée, Salle du Conseil – 4 boulevard Gabriel
Dijon, France (21)

Organisation :
Organisé par Alexandre Jeannin et Fabrice Hoarau, enseignants-chercheurs en Histoire du droit au CREDESPO, et Alain Dubreucq, Professeur émérite de l’Université Jean Moulin Lyon 3

Source : Calenda

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Journée d’étude – Supports, instruments, pratiques. La fabrique des savoirs du Moyen Âge au XIXe siècle

Jeudi 15 juin 2017
Salle Delisle (Sorbonne, Esc. U – Paris)

IVe journée d’études doctorales du laboratoire Saprat

Pour tout renseignement s’adresser à : pauline.lafille@gmail.com ou thibault.miguet@irht.cnrs.fr

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Le jeudi 15 juin 2017 se tiendra une nouvelle édition des journées doctorales du laboratoire Saprat. Depuis 2012, ces journées d’études rassemblent, autour d’une thématique commune et fédératrice, l’ensemble des doctorants du laboratoire. L’objectif de ces journées a toujours été de proposer un temps d’échange entre les doctorants venant présenter leurs travaux ainsi que les premières grandes lignes et résultats de leurs recherches. Cette présentation est l’occasion pour les doctorants de confronter leurs méthodes et leurs approches avec celles d’autres doctorants, pouvant parfois se rejoindre dans l’étude d’un document ou d’un support.

Cette année, les doctorants de Saprat seront invités à apporter une réflexion sur leurs travaux autour du thème : «Supports, instruments et pratiques. La fabrique des savoirs du Moyen Âge au XIXe siècle». Même si les supports peuvent être différents dans l’étude et l’analyse, les approches et le contact entre les diverses disciplines qui composent le laboratoire peuvent être analogues.

Véritable mémoire des savoirs, les supports conditionnent la conservation de ces objets et la transmission des connaissances dont ils sont le vecteur.

Les instruments, qu’il s’agisse d’outils, d’instruments de mesure ou de machines, ont permis l’émergence des connaissances scientifiques consolidées au fil des siècles.

Les pratiques, enfin, mettent l’accent sur le rôle des hommes qui les utilisent, les transforment et les adaptent par le biais de l’utilisation de telles connaissances.

Programme :

8h30-9h : Accueil des participants et du public

9h-9h15 : Ouverture de la journée
Mot d’accueil de Brigitte Mondrain (directrice du laboratoire Saprat)

9h15-11h15
Session 1: Acteurs de savoirs, faiseurs de pratiques
présidée par Joël Coste

9h15-9h35 : Ilario Mosca : « Souvenirs et copies de lettres : les marchands florentins de la seconde moitié du XVIe siècle et leurs pratiques épistolaires »
9h35-9h55 : Laurène Haslé : « Adolphe Lemoine-Montigny au Gymnase (1844-1880) : le savoir-faire d’un directeur de théâtre »
9h55-10h15 : Anne-Sophie Pimpaud : « Le Sepulchretum de Théophile Bonet (1679) : de la pratique des nécropsies à l’ébauche d’une science de l’anatomie pathologique au XVIIe siècle »
10h15-10h35 : Sergio G. Americano : « Un nouveau fragment d’Antiochos de Saint-Sabas dans la Chaîne du Cantique des Cantiques du Marcianus gr. Z 23 (496) »

10h35-10h50 : questions du public
10h50-11h15 : pause

11h15-12h30
Session 2: Adapter, transformer, transmettre
présidée par Anne-Marie Turcan-Verkerk

11h15-11h35 : Ottavia Mazzon : « Apprendre en extraits : le cas de la miscellanée grammaticale transmise par le Paris. Suppl. gr. 1194, le Marc. gr. X 3 et le Darmstadt. 2773 »
11h35-11h55 : Carole Hofstetter : « Réception des textes antiques et adaptations byzantines : qu’a vraiment écrit Platon ? »
11h55-12h15 : Angela Cossu : « Dans le laboratoire de Micon de Saint-Riquier : supports, instruments et pratiques scolaires d’un maître au IXe siècle »

12h15-12h30 : questions du public

Pause repas : 12h30-14h

14h00-15h20
Session 3 : De l’image aux images : pratiques, rôles et interprétations
présidée par Jean-François Bolhoste

14h-14h20 : Thomas Cocano : « Britannia et image du pouvoir souverain sur la médaille »
14h20-14h40 : Nadia Mariana Consiglieri : « Les images zoomorphiques comme outil dynamique dans la construction du savoir médiéval. Praxis, matérialité et signification de la représentation animale dans les Beatus »

14h40-14h55 : questions du public
14h55-15h20 : pause

15h20-17h
Session 4 : Des savoirs et des lieux. Approches locales des pratiques savantes
présidée par Laurent Morelle

15h20-15h40 : Thomas Lacomme : « P pour Pierre de Bruyères ou Pierre de Clesles ? Les initiales et anthroponymes du cartulaire de la collégiale Saint-Étienne de Troyes face au Dictionnaire historique d’Alphonse Roserot »
15h40-16h : Océane Boudeau : « Le plain-chant dans la péninsule Ibérique : point de rencontre de plusieurs pratiques liturgiques »
16h-16h20 : Wissem Gueddich : « Les vies des documents, La Genizah du Caire l’archive malgré elle »

16h20-16h35 : questions du public
16h35-17h : pause

17h-18h15
Session 5: Savoirs entre deux rives, savoirs voyageurs
présidée par Jean-Claude Waquet

17h-17h20 : Ciro Giacomelli : « Le texte du Ps.-Aristote entre Orient et Occident : la traduction latine du De mirabilibus auscultationibus par Barthélémy de Messine (XIIIe s.) »
17h20-17h40 : Antonin Durand : « Pratique des mobilités étudiantes à la fin du XIXe et au premier XXe siècle en France et en Italie »
17h40-18h : Marijke Michielin : « Florence dans les relations de voyage par des Français au XVIIe siècle : quelques pistes d’études »

18h-18h15 : questions du public

18h15 : Conclusions et clôture de la journée

Source : Saprat

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Publication – « L’historien et les fantômes. Lectures (autour) de l’œuvre d’Alain Boureau », éd. Béatrice Delaurenti, Blaise Dufal, Piroska Nagy

L’œuvre d’Alain Boureau, multiple et dense, se déploie sur les quarante dernières années en abordant de nombreux domaines de l’histoire du Moyen Âge et du christianisme latin. Elle suit les pérégrinations personnelles et professionnelles d’un chercheur à travers un monde peuplé de silhouettes incertaines : figures de l’hagiographie, faux-semblants de l’État moderne, anges, démons, cadavres et somnambules, vagues individus scolastiques qui eux-mêmes parlent de créatures étranges. Autant de fantômes d’un passé persistant qu’il a suivis avec ténacité tout au long de sa carrière, et qui nous embarquent à leur tour à travers l’histoire.

Ce volume entend garder la trace vivante des deux journées qui furent organisées à Paris en mai 2015 autour de l’œuvre d’Alain Boureau. Ce Liber amicorum d’un genre un peu particulier, production scolastique en quelque sorte, donne à voir les membres d’un studium, ce qu’était le séminaire d’Alain Boureau : les amis, les collègues, les proches, celles et ceux qui l’ont accompagné au cours de ses années passées à l’EHESS. Les textes rassemblés rendent compte de trajectoires et de réalisations, ils en montrent les apports scientifiques et les enjeux intellectuels. Ils racontent, aussi. Ainsi se manifeste la richesse d’une œuvre singulière, construite aux croisements de différentes pratiques des sciences sociales dans une démarche souvent collective, toujours originale et novatrice.

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Table des matières :

Introduction : L’historien et les fantômes – Béatrice Delaurenti, Blaise Dufal, Piroska Nagy 

Pratiques et expérimentations

Charles de Miramon : L’historien, le caillou et le lac
Elsa Marmursztejn : Le goût de la scolastique
Maaike van der Lugt : L’entonnoir et la passoire
Marion Lieutaud : Le dynamisme d’un triangle : la scolastique, le présent et la psychanalyse
Blaise Dufal : L’hérésie de l’historien : lignes de fuite du Moyen Âge

Projets et objets

Piroska Nagy : L’invention de l’anthropologie scolastique
Emmanuele Coccia : L’alchimiste des sciences sociales
Isabel Iribarren : Le rat et le labyrinthe : scolastique et censure
Nicolas Weill-Parot : Pourquoi fallait-il que Satan devînt hérétique ?
Martine Ostorero : Les papes et les sorcières : la postérité de Super illius specula
Corinne Péneau : L’ange et le roi nain. Réflexions sur la royauté suédoise à la fin du Moyen Âge
Fanny Cosandey : Trouver ailleurs ce qu’on ne cherche pas
Pierre Antoine Fabre : Si la Santa Casa de Loreto avait été transportée par des anges

Histoires d’un Historien

Béatrice Delaurenti : Vingt ans de séminaire
Christian Jouhaud : Arriver dans le livre
Etienne Anheim : Histoire, alter histoire, ego histoire
Michel Gribinski : Entre les lignes
Ruedi Imbach : « Qui suis-je réellement ? » Notes marginales à quelques pages de Jorge Luis Borges

Annexes
Annexe 1 : Bibliographie d’Alain Boureau
Annexe 2 : Enseignement d’Alain Boureau à l’EHESS (1989-2016)
Annexe 3 : Thèses de doctorat soutenues sous la direction d’Alain Boureau
Liste des contributeurs

Informations pratiques :
Béatrice Delaurenti, Blaise Dufal, Piroska Nagy (éd.), L’historien et les fantômes Lectures (autour) de l’œuvre d’Alain Boureau, Paris, Les Belles Lettres, 2017. 240 pages, 15 x 21.5 cm, 330 g. EAN13 : 9782251447032. Prix : 25,50 euros.

Source : Les Belles Lettres

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