RMBLF – La Lettre du Réseau (2016/2)

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Dans une certaine continuité avec la journée d’études organisée, il y a un an, autour « des sciences (humaines) sans conscience » (4 décembre 2015), le RMBLF, soucieux du rôle du chercheur dans la société, a organisé en octobre dernier, en collaboration avec Ménestrel, une journée d’études consacrée au « Moyen Âge dans les (nouveaux) médias ». Celle-ci fut l’occasion non seulement de s’interroger sur la place qu’occupe l’histoire médiévale dans les différents médias, mais aussi sur le rôle que pourrait/devrait y occuper le médiéviste, sur les opportunités offertes comme sur les risques inhérents. L’argumentaire et les résumés des communications présentées permettront, nous l’espérons, de vous faire (re)vivre cette journée stimulante qui, une fois n’est pas coutume, se déroula dès le début du mois d’octobre (Liège, 7 octobre).

Nous avons en outre souhaité vous communiquer les résumés de la Masterclass avec Barbara Newman (Northwestern University), co-organisée avec nos homologues néerlandophones du Vlaamse Werkgroep Mediëvistiek, autour d’une autre problématique qui n’est pas sans résonances actuelles, à savoir la question des rapports de genre, en particulier tels qu’ils se définissent dans le cadre de la religion, et du potentiel de résistance à ces rapports tel qu’il se laisse saisir au Moyen Âge (« Gender, Religion, and the Power of Resistance in the High and Late Middle Ages », Bruxelles, 16 juin). Reflet de la langue utilisée pendant la Masterclass, la majorité de ces résumés seront ici, à titre exceptionnel, fournis en anglais.

Le constat que de nombreux médiévistes se trouvent aujourd’hui intégrés, dans leurs universités, au sein d’unités de recherche non seulement interdisciplinaires mais résolument transpériodes, nous a amenés à ouvrir les colonnes de la rubrique consacrée à « La recherche en Belgique » au CRHiDI, Centre de Recherches en Histoire du Droit et des Institutions (Université Saint-Louis – Bruxelles). Éric Bousmar, professeur d’histoire médiévale et co-directeur du centre, nous y livre une interview passionnée et passionnante sur les opportunités et les défis qui en découlent pour le médiéviste.

Cette 11e Lettre du Réseau vous apporte bien sûr également son lot d’actualités de la recherche médiévale. Une fois n’est pas coutume, les actualités des archives, peu fournies en ce second semestre 2016, ont été reportées pour être insérées dans la lettre du premier semestre 2017. Les résumés de thèses défendues en études médiévales durant l’année académique écoulée ainsi que de très nombreux appels à communication, colloques, conférences, séminaires, formations, expositions et nouveaux outils informatiques attesteront néanmoins, une fois de plus, de la réelle vitalité des études médiévales, tant en Belgique qu’au-delà de nos frontières.
Enfin, si le comité du Réseau a accueilli trois nouveaux membres en cette année 2016, il tient aussi à exprimer sa gratitude envers Gilles Docquier (Musée royal de Mariemont) qui, appelé à d’autres charges, l’a quitté après plusieurs années d’engagement fort apprécié.

Nous vous souhaitons d’ores et déjà d’excellentes fêtes de fin d’année et une année 2017 riche en découvertes « médiévales »

Bonne lecture !

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Table des matières :

Édito
‣ Résumés des communications présentées à la journée « Le Moyen Âge dans les (nouveaux) médias » (Liège, 7 octobre 2016)
‣ Résumés des communications présentées à la Masterclass « Gender, Religion, and the Power of Resistance in the High and Late Middle Ages », avec Barbara Newman (Bruxelles, 16 juin 2016)
‣ Thèses en études médiévales soutenues dans les universités belges francophones (2015-2016)
‣ La recherche en Belgique – Le CRHiDI, Centre de Recherches en Histoire du Droit et des Institutions (Université Saint-Louis – Bruxelles)
‣ Annonces – appels à contributions, colloques et journées d’études, expositions, offres d’emploi, bourses, outils informatiques

Numéro coordonné par Michaël Depreter
Liste des thèses établie par Christophe Masson et Nicolas Ruffini-Ronzani
Annonces compilées par Nicolas Ruffini-Ronzani
Mise en page par Ingrid Ingrid Falque

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Offre d’emploi – 12-month Post-Doctoral Fellowship at Durham University

Date: Tue, 13 Dec 2016 15:25:40 +0000
from: Admin-Imems S.T. <admin.imems@durham.ac.uk>

The Institute of Medieval and early Modern Studies at Durham University is pleased to announce details of a new post-doctoral fellowship to carry out research in the context of the Durham Priory Library Recreated digitisation project [1]. Further information is attached and the online job advertisement is available here: http://bit.ly/2gfEfxg [2]

We would be grateful if you could circulate it as widely as possible:

Zeno Karl Schindler Foundation / Durham University Post-doctoral Fellowship

Deadline for applications: 12 noon, 9th January 2017
Interview date: 20th January 2017
Start date: 1st March 2017

durham

Purpose: To conduct post-doctoral research in the context of the Durham Priory Library Recreated digitisation project [1]. This project is a collaboration between Durham Cathedral and Durham University for the digitisation of 480 volumes of manuscripts and several dozen printed books belonging to the pre-Reformation Cathedral Library and dating from the seventh century AD onwards. The fellow will work on material that has been, or is being, digitised in one of five (overlapping) research areas:

(1) History of the Book;
(2) Community Living: Liturgy, Rules and Well-Being;
(3) Scholastic Learning and Philosophical Enquiry;
(4) Science, Knowledge and the Natural World;
(5) Digital Recreations

Institute of Medieval and Early Modern Studies
World Heritage Site Visitor Centre|7 Owengate|Durham|DH1 3HB
Tel: +44 191 334 6574 | Email: admin.imems@durham.ac.uk

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Appel à contribution – Le sang. Famille, parenté, transmission du Moyen Âge à nos jours

Paris, 23-24 novembre 2017
Date limite de l’appel : 15 janvier 2017

Le sang est devenu un objet d’histoire sociale et culturelle depuis une vingtaine d’années (Collard, 2011). Si les métaphores du sang sont inhérentes aux représentations de la famille et de la parenté en Occident, la catégorie du sang connaît des redéfinitions multiples au fil des siècles (Sabean, Teuscher et. al., 2013). Ancrant la famille dans le corps, la référence aux liens du sang est l’enjeu de croyances, de gestes, de savoirs juridiques ou médicaux en constante évolution suivant les espaces, les sociétés, les périodes considérées.A la croisée de la démographie et de l’histoire de la famille, convoquant l’histoire de l’art, l’histoire politique et religieuse, le droit, la médecine et l’anthropologie, ce colloque pluridisciplinaire a pour but de cerner les manières dont les imaginaires du sang impactent ou s’expriment dans des discours, des normes, des représentations, ainsi que dans des pratiques et des comportements, pour documenter les reconfigurations de la famille et de la parenté dans les espaces européens et coloniaux depuis le Moyen Âge.

Unissant les vivants et les morts dans la chaîne des générations, la rhétorique du sang donne corps aux liens de parenté inscrits dans la nature (Klapisch-Zuber, 2000, 2003). Historiquement contingente, la catégorie n’est pas réductible à un donné biologique. On pourra examiner comment elle est définie, exaltée, légitimée ou contestée, quels en sont les acteurs et les supports (généalogies, tables de consanguinité, dispenses matrimoniales, livres de cérémonies, sources littéraires et iconographiques, écrits du for privé…), à quelles significations idéologiques, politiques, esthétiques ou religieuses elle renvoie, à quels rituels, pratiques sociales ou comportements démographiques elle donne lieu. Un véritable « culte du sang » (A. W. Lewis, 1986) s’affirme en Europe avec l’émergence des grands lignages aristocratiques ou princiers forgeant des stratégies conservatoires (contrôle des alliances, lutte contre les mésalliances, exclusion progressive des bâtards…), des pratiques rituelles et classificatoires (princes du sang, sang-mêlé, métis) ainsi que des rapports de domination fondés sur la pureté ou l’impureté du sang (Carrasco et. al., 2011, Schaub et Sebastiani, 2015).

Source de légitimité, de puissance ou de tabou, le sang a partie liée avec la distribution des honneurs, des pouvoirs, des droits et des devoirs. Différentes traditions juridiques (droits canonique, civil, coutumier ; législations royale, impériale, ecclésiastique…) prohibent l’inceste, définissent les interdits de parenté, aggravent les homicides entre consanguins. Dans le même temps, sont affirmés des droits (dévolution des biens) et des devoirs (d’entraide et de solidarité) reposant souvent, sinon exclusivement, sur la consanguinité et sa mesure (degrés de parenté). La régulation des liens du sang est-elle comparable à celle dont d’autres types de parenté (spirituelle, par alliance) font l’objet ?

On pourrait aussi se demander dans quelle mesure les règles de la prohibition de l’inceste sont respectées en Europe et dans les mondes coloniaux. Quelle est la marge de manœuvre des acteurs ? Quelles sont leurs stratégies de contournement, légal ou non (dispenses matrimoniales, redoublements ou enchaînements d’alliances…) ? On pourrait enfin évoquer l’évolution de ces pratiques (unions entre cousins par exemple) qui tendraient à s’amplifier dès la fin de l’époque moderne (Delille,2007; Sabean, 1998). Autour de la question du sang, l’illégitimité, les mariages mixtes, le métissage mettent notamment à jour, dans les sociétés coloniales, la construction de liens familiaux éloignés des modèles dominants en Europe.

« Véhicule de l’âme » dans les sociétés traditionnelles (Pouchelle, 1988), le sang est un fluide corporel qui inscrit la parenté dans le corps sexué que focalisent de multiples théories sur la génération. Le rôle du sang menstruel dans la formation du fœtus intéresse par exemple les savoirs médicaux, permettant de revisiter les frontières de genre dans le processus d’engendrement en contexte chrétien comme juif (McClive, 2015 ; Marienberg, 2003 ; Rabello, 2002). La question du sang se pose aussi pour les hommes dans le cas de la circoncision (Heymann et Perez, 1997). Entre ruptures et continuités, ces cultures familiales du sang doivent être examinées dans la longue durée.

Avec le déclin politique et social des aristocraties qui accompagne l’essor des bourgeoisies libérales en Europe, la mystique du sang vecteur de la pureté de la « race » semble refluer dans les savoirs positifs émergeant au XIXe siècle (médecine, psychiatrie, anthropologie criminelle, théories biologiques, idéologie darwinienne racialiste…). Du lignage à la race, les notions d’hérédité et de dégénérescence reposent sur une lecture organiciste du sang vecteur de la santé ou des pathologies familiales contaminant le corps social et national. Refondée par de nouvelles rationalités scientifiques, la pureté du sang motive des politiques d’exclusion dans les Etats totalitaires, à l’instar du nouveau droit matrimonial, de l’eugénisme et de l’antisémitisme que légitime la « loi du sang » dans l’Allemagne nazie (Chapoutot, 2014). Ces préoccupations autour de la qualité de la population perdurent sous différentes formes au-delà de 1945, comme dans le souci de différencier les sous-populations sur des fondements biologiques (à partir des groupes sanguins par exemple).

Du XVIIIe à la fin du XXe siècle, les nouveaux savoirs sur la reproduction reconfigurent la problématique de la transmission, faisant se répondre imaginaire du sang et imaginaire du sperme. Depuis les années 1970, les nouvelles techniques de procréation, la révolution des biotechnologies et le rôle de l’ADN pour établir la paternité et la filiation manifestent le retour de définitions physiologiques de la parenté fondées sur une analogie avec le sang (Edwards, 2015 ; Porqueres i Genè, 2015). In fine, historiciser la catégorie du sang devrait permettre de réfléchir à la porosité des conceptions sociales ou biologiques de la parenté saisies dans la longue durée.

Thèmes des sessions

1) La chair et le sang : J. Doyon et I. Robin

Durant le Haut Moyen Âge, les rapports de la parenté sont assimilés à la chair (union charnelle) plutôt qu’au sang (consanguinité) dans le discours de l’Eglise. Dans la doctrine canonique médiévale, la notion de « consanguinité » en vient aussi à désigner tous ceux à qui le mariage est interdit. Au XIIIe siècle, le canoniste Hostiensis assimile la « consanguinité » et la « cognation », ou la parenté naturelle, laquelle incluait les enfants naturels et les parents par les femmes (Roumy, 2008). La représentation agnatique de la consanguinité, telle qu’elle prévalait chez les jurisconsultes de l’époque romaine, se voit renversée. Sous le régime de la patria potestas, en effet, le fils adopté pouvait devenir le consanguineus de son père adoptif. Ainsi définie, la consanguinité romaine revêtait surtout les caractères d’une construction juridique. Enfin, c’est au sortir du Moyen Âge que la référence au sang s’émancipe de la chair et de la théologie de l’incarnation pour progressivement désigner les liens de la descendance et de la filiation. Les catégories juridiques de la modernité tendent à distinguer une parenté par le sang d’une parenté par l’alliance.

On le voit, la prise en compte des contextes discursifs dans lesquels les vocables sont employés et l’évolution de leurs champs d’application s’imposent comme une nécessité pour questionner sans anachronisme les contours de la parenté charnelle ou par le sang. L’étude des valeurs, des canons esthétiques, médicaux, juridiques ainsi que des pratiques sociales qui les mettent en œuvre ou les contournent permettront de définir les rôles respectivement dévolus à la chair et au sang, à l’alliance et à la consanguinité dans les images, les usages et les savoirs sur la parenté depuis le Moyen Âge. Si la rhétorique du sang devient omniprésente à l’époque moderne, la symbolique de la chair n’a pas disparu. Le sang ne se mêle-t-il pas à la chair du fœtus qu’il contribue à former ? Le lait maternel n’est-il pas du sang « réchauffé » dans le corps de la mère ? Des cas complexes comme ceux de l’illégitimité ou de la bâtardise (enfants « naturels » exclus des droits dévolus aux légitimes, du moins sous l’Ancien Régime) interrogent la prévalence de l’alliance ou de la filiation dans la définition de la parenté.

Cette session voudrait en outre réfléchir à la reconfiguration des conceptions de la chair et du sang en regard des mutations de la famille contemporaine (légalisation de l’adoption, du divorce, égalité juridique des enfants « illégitimes », statut de la belle parenté, de la mono parentalité, de l’homo parentalité…) qui font exploser les frontières traditionnellement admises entre parenté par le sang et par l’alliance. A travers les discours, les pratiques, les revendications ou les conflits entre les divers acteurs de la régulation des familles (parents, Eglises, Etats, associations, groupes de pression…), les nouvelles conceptions de la parenté qui émergent n’abolissent pas nécessairement toute référence à la notion de chair et de sang.

2) Mariages au plus proche et systèmes de transmission : sang et patrimoine – M. Gasperoni, C. Grange

En imposant une exogamie rigoureuse par des empêchements de mariages nombreux et étendus, tant dans la consanguinité que l’affinité, l’Église prétendait notamment à étendre la caritas ou encore à éviter une concentration du pouvoir et des patrimoines au sein de quelques grandes familles (Goody, 1983). Défini comme un système « complexe » ou « cognatique », le système européen de parenté prohibe « de manière symétrique autour d’Ego l’ensemble des apparentés sans définir de classes privilégiées de partenaires possibles » (Barry, 2008, 187). Les conceptions de la parenté et la prohibition de l’inceste ont pris corps et évolué au cours du temps, en incorporant des notions et des concepts – la conjugalité ou encore la Una Caro – ayant une influence primordiale dans l’élaboration d’une idéologie de la parenté dont l’Église s’est progressivement faite le héraut en s’appuyant sur l’héritage antique. L’extension des prohibitions dans l’affinité sur le modèle des interdits de consanguinité est, à cet égard, paradigmatique. Poussée à son extrême, cette idéologie tend de fait à « consanguiniser » les alliés et à étendre le nombre de conjoints interdits. C’est dans cet univers mental et pratique que les acteurs doivent naviguer et exploiter au mieux l’ensemble des possibilités logiques qui s’offrent à eux, soit en contournant les interdits matrimoniaux en ayant recours aux dispenses matrimoniales délivrées par les autorités religieuses ou laïques, soit en adoptant des comportements et stratégies de contournements pour resserrer la parenté en respectant les interdits, que les ethnologues ont appelés « renchaînements d’alliance » (Jolas, Verdier et Zonabend, 1970). Toutes les sociétés n’ont toutefois pas adopté un système d’alliance aussi rigide : que ce soit en Asie, en Afrique ou sur le continent américain, la plupart des sociétés permettent des unions entre proches parents (mariages entres cousins croisés ou parallèles voire entre oncle et nièce).

Il s’agira ici de s’interroger sur la relation, considérée comme intuitivement évidente mais parfois contradictoire, entre systèmes de transmission – patrimoniale et/ou symbolique – et mariage dans la parenté proche (en deçà du 4e degré de consanguinité et/ou d’affinité). Comment l’idée d’une proximité de « sang » se conjugue-t-elle à des stratégies de transmission patrimoniale ou d’honneurs symboliques ? La session se veut poursuivre une problématique chère aux historiens ruralistes et à l’anthropologie historique alors qu’aujourd’hui son approche empirique bénéficie de nouveaux instruments méthodologiques.

3) Le sang mêlé : C. Avignon, V. Gourdon et V. Cousseau

L’un des lieux majeurs de construction de la répulsion du mélange des sangs est le monde hispanique. A la fin du XIVe siècle, la politique de conversions forcées accompagnant les offensives militaires des Couronne d’Aragon et de Castille contre les différentes formes de souveraineté musulmane était d’essence religieuse : la goutte de sang juif, ou maure, ou nouveau converti, restait soluble dans l’eau du baptême et n’excluait pas l’accès aux principales charges publiques de la Monarchie catholique (Carrasco, Molinié-Bertrand, Perez, 2011). Avant la fin du XVe siècle, il n’y avait guère de réflexion articulée entre pureté de la foi et pureté du sang (Sicroff, 1960). En 1492, la chute du dernier émirat andalou et l’expulsion des juifs refusant la conversion imposée par les Rois Catholiques entraîne une conception nouvelle de la Limpieza de sangre, ou « pureté du sang » et l’exaltation, à partir du XVIe siècle, d’un sang « pur de toute macule de sang juif ou maure » qui détermine une nouvelle stratification sociale, raciale, complémentaire de la hiérarchie sociale fondée sur la noblesse. Si la bâtardise est d’abord un régime juridique avant d’être un donné biologique, la mobilisation d’une rhétorique somatisée de la « macule » et de la « souillure » dans les législations de « pureté de sang » fait écho aux discours des juristes de l’époque moderne, qui attribuent aux enfants nés hors mariage légal une « tache », une « macule », voire une « note d’infamie » (Jonin, 2008 ; Steinberg, 2016).

L’extension impériale du monde ibérique aux XVe-XVIe siècles, en Afrique et aux Indes, entraîne l’exportation de cette notion dans les espaces coloniaux selon une chronologie qu’il conviendra de questionner afin d’élargir la réflexion aux enjeux du métissage et aux différentes lectures et adaptations que les sociétés coloniales ont connues. Jusqu’au XXe siècle, l’enfant métis des sociétés coloniales, à l’image du bâtard dans les familles des métropoles, est perçu comme un facteur de déstabilisation de l’ordre familial ainsi que de l’ordre social, en ce qu’il brouille les hiérarchies. Cette perception de la menace peut susciter une réaction légale qui, dans les deux cas, vise à construire des limites (juridiques, morales, économiques) au mélange des sangs. Dans quelle mesure les pays d’Europe occidentale sont-ils influencés par cette obsession d’origine ibérique de la pureté ? Quelles régulations spécifiques mettent-ils en place dans leurs espaces coloniaux en fonction des leurs équilibres sociaux et culturels propres ? En retour, l’ouverture aux populations extra-européennes transforme-t-elle la perception de l’hérédité par le sang et les comportements des populations en Europe ?

En outre, les normes relatives à la limitation du mélange des sangs ont été élaborées selon des chronologies différentes, et appliquées avec une rigueur très variable, la déviance pouvant, en certains cas, s’instaurer en norme parallèle. Le discours médico-biologique de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle donne une assise scientifique à l’idée de déclassement puis de dégénérescence associée au mélange des sangs. Il se traduit dans les sociétés coloniales par un refus plus affirmé des alliances métissées et une ségrégation plus forte des enfants qui en sont issus, souvent relégués du côté du parent de statut ethnico-social inférieur. Ce phénomène touche aussi les sociétés métropolitaines à travers la figure du « corps » de la Nation, qu’il convient de préserver de tout mélange qui détruirait son essence et sa force vitale. Les périodes modernes et contemporaines seraient donc caractérisées par la tentation de créer des entités homogènes fondées sur le sang, en particulier pour la noblesse et la couleur. Tout au long de la période considérée, notamment à partir du XVIIIe et jusqu’au XXe siècle, les limites assignées au mélange des sangs font l’objet d’oppositions variées, de nature religieuse, philosophique, scientifique ou juridique. Il s’agira d’articuler à ces constructions juridiques complexes des analyses de pratiques sociales. Outre la question de l’ampleur et des modalités de contournement des interdits, cette session voudrait analyser les trajectoires de ces individus aux sangs mêlés, ainsi que leur degré d’intégration dans des dynamiques familiales afin de mesurer à différentes échelles du corps social les incidences d’une stigmatisation sans cesse recomposée au fil des siècles.

4) Hérédité et maladies, la transmissions par le sang : N. Sage Pranchère, F. Cahen

Le sang entendu comme vecteur d’hérédité permet la transmission des caractères moraux ou physiques, perçus comme positifs (qualités, identité) ou négatifs (pathologies, « tares », anomalies…). Il interroge dès lors l’évolution des savoirs sur la transmission (Van der Lugt, Miramon, 2008). La question de la consanguinité comme vectrice de maladies spécifiques ou de tares chez les descendants constitue un autre aspect de cette transmission (Diane B. Paul, 1998). La transmission par le sang de maladies définies comme héréditaires est très tôt envisagée entre mère et enfant pendant la grossesse comme l’évoque Chambers dans sa Cyclopedia au XVIIIe siècle. La compréhension de l’indépendance des circulations sanguines est suffisamment tardive pour laisser perdurer jusqu’au XXe siècle un imaginaire du sang nourricier ou contaminant, relayé par l’émergence de maladies à l’étiologie longtemps perçue comme complexe (syphilis ou plus récemment VIH) (Corbin, 1981 ; De Luca, 2009). Cet imaginaire est d’ailleurs réactivé par les recherches sur la perméabilité de la barrière placentaire à des molécules présentes dans le sang maternel (alcool, nicotine), suscitant le développement d’un discours sur les devoirs de la femme enceinte dans une perspective de santé publique. Les recherches sur les caractéristiques du sang (définition des groupes sanguins, des rhésus) ont sur la définition biologique de la parenté des conséquences non négligeables, entre autres le développement des recherches en paternité, désormais aussi fondées scientifiquement et non plus seulement socialement (Okroi, Voswinckel, 2003). Ces recherches expliquent aussi les manifestations pathologiques induites par la parenté : mise en lumière des incompatibilités foeto-maternelles et de leurs effets en termes de morbidité et de mortalité néo-natale et infantile.

L’hérédité de certaines maladies sanguines ajoute encore aux liens déjà étroits entre famille et imaginaire du sang : les conséquences de la transmission féminine de l’hémophilie parmi les ancêtres de la reine Victoria en sont un exemple parmi d’autres.
Calendrier et modalités pratiques

Les propositions de communications (titre, résumé d’une page max., bref CV) devront parvenir en français, anglais, italien, espagnol aux organisateurs avant le 15 janvier 2017.

Elles seront examinées et évaluées par les organisateurs du colloque, faisant fonction de comité scientifique. La sélection des communications sera indiquée aux proposants avant le 15 février 2017.

Les communications pendant le colloque pourront se faire en français, anglais, italien, espagnol et devront être accompagnées d’un powerpoint dans une autre langue pour une meilleure compréhension générale.
Institutions mobilisées

Société de Démographie Historique, Centre Roland Mousnier (UMR 8596, université Paris IV).

Comité d’organisation et comité scientifique :

  • Carole Avignon,
  • Fabrice Boudjaaba,
  • Fabrice Cahen,
  • Vincent Cousseau,
  • Julie Doyon,
  • Michael Gasperoni,
  • Cyril Grange,
  • Vincent Gourdon,
  • Isabelle Robin,
  • Nathalie Sage-Pranchère.

Contacts : envoyez vos propositions à Julie Doyon (julie[point]doyon[at]free.fr) et Isabelle Robin (isabelle[point]robin[at]paris-sorbonne.fr).

Source : Calenda

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Publication – Susanne Zwierlein, « Studien zu den Arengen in den Urkunden Kaiser Ludwigs des Frommen (814–840) »

Die Arengen mittelalterlicher Diplome stellen eine wichtige Quelle für die Art und Zielsetzung herrscherlichen Handelns und das damit einhergehende Selbstverständnis dar. Die vorliegende Studie bietet eine eingehende philologisch-historische Analyse und Interpretation der Arengen in den Urkunden Kaiser Ludwigs des Frommen. Die systematische Untersuchung des gesamten Arengencorpus nach thematischen Gesichtspunkten stellt diese aussagekräftigen Urkundenbestandteile in einen größeren Zusammenhang und bietet auch Einblicke in die Arbeitsweise der Kanzlei. So zeigt sich, daß die Urkundenschreiber nicht an starren Mustern festhielten, sondern flexibel aus einem gemeinsamen Formelfundus schöpften. Dabei wird ein kreativer Umgang mit der Tradition erkennbar: Im Vergleich mit den Arengen der Vorgänger zeigen sich zahlreiche Neuerungen, die in vielen Fällen auch vorbildlich für nachfolgende Herrscherurkunden waren. In sprachlicher Hinsicht manifestiert sich ein Qualitätssprung, der von einem souveränen Umgang der Notare mit neu entwickelten Standards als konkret greifbare Auswirkung der sog. karolingischen Renaissance zeugt. Die inhaltliche Analyse läßt die Komposition der Arengen aus Einzelmotiven nach dem Baukastenprinzip erkennen. Dabei ist eine bewußte Zäsur und inhaltliche Akzentverschiebung gegenüber den Vorgängern im Sinne einer Spiritualisierung der Arengenmotive greifbar, die sich zudem in den zeitgenössischen Reformdiskurs einbetten läßt. So spiegeln die Arengen eine für Ludwig und seinen Umkreis spezifische Herrschaftskonzeption wider, die von Verantwortungsbewußtsein für die Kirche und den Gottesdienst geprägt und zunehmend an jenseitigen Zielen orientiert war.

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Table des matières : ici

Informations pratiques :
Susanne Zwierlein, Studien zu den Arengen in den Urkunden Kaiser Ludwigs des Frommen (814–840), Wiesbaden, Harrassowitz Verlag, 2016 (Monumenta Germaniae Historica, Studien und Texte, 60). XXXIV und 472 S. 8°. ISBN : 978-3-447-10561-3 geb. EUR 78, —

Source : Monumenta Germaniae Historica

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Appel à contribution – Comitatus: A Journal of Medieval and Renaissance Studies

Comitatus: A Journal of Medieval and Renaissance Studies, published annually under the auspices of the UCLA Center for Medieval and Renaissance Studies, invites the submission of articles by graduate students and recent PhDs in any field of medieval and Renaissance studies.

Submission deadline for volume 48 (2017): 1 February 2017.

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The Comitatus editorial board will make its final selections by early May 2017. Please send submissions as email attachments to Dr. Blair Sullivan, sullivan@humnet.ucla.edu.

UCLA Center for Medieval and Renaissance Studies

http://www.cmrs.ucla.edu/publications/comitatus.html

Source : Medieval Art Research

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Publication – Craig M. Nakashian, « Warrior Churchmen of Medieval England, 1000-1250. Theory and Reality »

An examination of the actions of clerics in warfare in the eleventh and twelfth centuries, looking at the difference between their actions and prescriptions for behavior.
Christianity has had a problematic relationship with warfare throughout its history, with the middle ages being no exception. While warfare came to be accepted as a necessary activity for laymen, clerics were largely excluded from military activity. Those who participated in war risked falling foul of a number of accepted canons of the church as well as the opinions of their peers. However, many continued to involve themselves in war – including active participation on battlefields.

This book, focusing on a number of individual English clerics between 1000 and 1250, seeks to untangle the cultural debate surrounding this military behavior. It sets its examination into a broader context, including the clerical reform movement of the eleventh and twelfth centuries, the development of a more comprehensive canon law, and the popularization of chivalric ideology. Rather than portraying these clerics as anachronistic outliers or mere criminals, this study looks at how contemporaries understood their behaviour, arguing that there was a wide range of views – which often included praise for clerics who fought in licit causes. The picture which emerges is that clerical violence, despite its prescriptive condemnation, was often judged by how much it advanced the interests of the observer.

Craig M. Nakashian is Associate Professor of History at Texas A&M University-Texarkana.

9781783271627

Table des matières :

Introduction: Churchmen and Warfare

Clerics and War in the First Millennium
Papal Centralization and Canonical Prescriptions
The Epic Archetype: Evidence from Chivalric Literature
The Norman Conquest: Odo of Bayeux and Geoffrey of Coutances
Negotiating a New Anglo-Norman Reality
The Civil War between Stephen and Matilda
The Angevins, Part I: (Henry II and Richard I) Royal Servants
The Angevins, Part II: (Richard I, John, and Henry III) Crusaders for King and Christ

Conclusion: The Thirteenth Century and Beyond
Bibliography

Informations pratiques :

Craig M. Nakashian, Warrior Churchmen of Medieval England, 1000-1250. Theory and Reality, Boydell & Brewer, 2016. 304 pages, 23.4×15.6 cm. ISBN: 9781783271627. Prix : 60 £.

Source : Boydell & Brewer

 

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Appel à contribution – “Texts and Contexts”: sensory approaches to medieval world

Mar del Plata
5th – 7 th April, 2017

Theoretical foundations
Sensory History: Its Meaning and Importance

Mark M. Smith (University of South Carolina, USA)

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Sensory history stresses the role of the senses—including explicit treatments of sight and vision—in shaping peoples’ experiences in the past and shows how they understood their worlds and why. It is careful not to assume that the senses are some sort of « natural » endowment but, rather, locates their meaning and function in specific historical contexts. Sensory history generally is less inclined to reject vision in favor of the other senses or to define itself against a field or subject. Instead, sensory history is positioned within the coordinates of multiple fields. At its most powerful, sensory history is explanative, allowing historians to elucidate by reference to both visual and non-visual senses something that makes little or less sense if understood simply or exclusively as a scopic phenomenon.

Sensory historians rarely argue that attention to the sensate radically reinterprets what we already know about the place and time under study. Instead, they tend to claim that attention to the sensory past allows us a deeper appreciation of the texture, meaning, and human experience of that past and that this in itself sometimes helps us to reinterpret in modest but important ways what we already know. For the most part, sensory history is largely about texturing, deepening, and complicating issues with which we are already familiar but that nevertheless require deeper interrogation and understanding. It helps fulfill one of the prime mandates of historical inquiry: to expand understanding of the human experience.

Sensory history, then, is both field and habit and offers historians of all periods and places a way of thinking about the past, and a way of becoming attuned to the wealth of sensory evidence embedded in any number of texts, evidence that is quickly apparent once and, ironically, looked for.

These words of Professor Mark Smith, whom we thank the courtesy of thinking and writing them as a foundation for our call, reflect the importance of sensory studies. It is precisely in the context of the expansion of these studies that the Medieval Research and Study Group of the Center of Historical Studies of the Department of Humanities of the National University of Mar del Plata (Argentina) organizes the Seventh International Symposium “Texts and Contexts: sensory approaches to the medieval world”, we welcome the participation of all medievalists, regardless of the discipline in which they develop their studies – Social or human sciences, literature, an so on –, to present and discuss the various issues that shape our sensory research agenda.

The timetable for the presentation of papers will be from 4th July, 2016 until 28th February, 2017. Papers must be sent to the following email address: jornadas@giemmardelplata.org

General Coordinators:
Dr. Gerardo Rodríguez (National University of Mar del Plata/CONICET, Argentina)
Lic. Gisela Coronado Schwindt (National University of Mar del Plata / Southern
National University/CONICET, Argentina)

Source : Department of Humanities of the National University of Mar del Plata

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Publication – Roland Recht, « Revoir le Moyen Âge. La pensée gothique et son héritage »

Ce nouvel ouvrage du grand médiéviste Roland Recht, professeur honoraire au Collège de France, part de l’idée que l’art gothique n’a pas été saisi à la fois dans ce qu’il a d’innovant et de créatif par rapport à la période romane, mais aussi à travers l’histoire de sa réception, qu’elle soit médiévale ou bien moderne. L’auteur commence par analyser les aspects spécifiques de la production artistique au Moyen Âge : la grande mobilité des hommes, des modèles et des œuvres ; la lente conquête d’une représentation du corps et du portrait ; la redécouverte de l’espace privé et de la nature ; la relation dialectique entre les manières et les comportements de la société et leur stylisation dans l’art autour de 1400 ; l’invention proprement révolutionnaire de l’architecture dite gothique. Autant de caractères originaux des derniers siècles du Moyen Âge.

9782708410183

Il aborde ensuite la question de la réception de l’architecture gothique entre le XVIe et le XXe siècle, en mettant l’accent sur la façon dont celle-ci a été considérée comme un modèle à la fois théorique et technique par les architectes des XVIIIe et XIXe siècles. Il attire notamment l’attention sur la cathédrale comme nouvel objet de la sensibilité chez les romantiques, tournant qualifié par l’auteur de « moment Goethe ». L’ouvrage conclut avec une réflexion stimulante dont la longue durée de l’art gothique est comme le fil rouge : la question de la « muséification » du Moyen Âge et celle de l’« invention » du Moyen Âge, une idée au service de la nation et au cœur de la naissance de l’histoire de l’art.

Table des matières : ici

Informations pratiques :
Roland Recht, Revoir le Moyen Âge. La pensée gothique et son héritage, Paris, Picard, 2016. Relié, 19,5 x 24 cm, 320 p., 107 illustrations en couleurs. ISBN 9782708410183. Prix : 39 euros.

Source : Picard

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Offre d’emploi – Postdoctoral researchers in Medieval history, ERC Starting Grant New Europe College, Bucharest

Two postdoctoral positions as part of the European Research Council Starting Grant Record-keeping, fiscal reform, and the rise of institutional accountability in late-medieval Savoy: a source-oriented approach. The positions will be held at New Europe College – Institute for Advanced Study, Bucharest, for two years starting on 1 October 2017.

Candidates must have a doctorate in medieval history awarded in the last five years and a solid knowledge of medieval Latin and palaeography. Familiarity with the history of medieval Savoy and the capacity for interdisciplinary research in historical anthropology / sociology are a plus.

Each postdoctoral researcher will select a sample of two fourteenth-century Savoyard castellanies and conduct the systematic analysis of their fiscal records (‘computi’). Developments in record-keeping and administration should be analysed in conjunction with local socio-economic trends. The postdoctoral researchers’ work is meant to complement the Principal Investigator’s study of five castellanies in the heartland of medieval Savoy, c. 1270-1375. Among the possible areas for the postdoctoral researchers’ sample of material are Bresse, Bugey, Chablais, Novalaise, Val d’Aosta, and Vaud.

Each postdoctoral researcher will contribute a chapter to a collective volume to be published as part of the project and an article for publication in a peer-reviewed journal.

Candidates should familiarise themselves with the description of the ERC Starting Grant project, available at http://www.nec.ro/data/pdfs/projects/castellany.pdf

New Europe College (http://www.nec.ro/) is an independent research institute in Bucharest, member of the Network of European Institutes for Advanced Study; it fosters an interdisciplinary research atmosphere by bringing together international scholars from all fields of the humanities and social sciences.

The researchers will divide their work time between New Europe College and field research in the relevant archives in France, Italy, and Switzerland.

The net monthly salary is approximately 1,700 euro; there is an annual travel allowance of 4,000 euro.

For inquiries, contact the Principal Investigator, Ionuț Epurescu-Pascovici, at IEpurescu@nec.ro

To apply, send (1) cover letter describing research experience and interest in the project, (2) academic CV, (3) research proposal detailing the selection of source material, the proposed methodology, and the envisaged contribution to the overall project (not more than 2,500 words, not counting references), (4) a sample of academic writing (such as a peer-reviewed article or chapter), and (5) a scan of the PhD diploma to applicationsERCStG@nec.ro, by 1 February 2017. All application materials should be in English, with the exception of the writing sample, which can be in any major language.

Short-listed candidates will be interviewed via Skype at the beginning of March 2017.

Source : The Medieval Academy blog

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Publication – Olivier de Solan, « La réforme du calendrier aux conciles de Constance et de Bâle »

La réforme du calendrier occidental en 1582 est à l’origine du calendrier grégorien actuel. Il s’agissait d’apporter un remède à plusieurs défauts du calendrier julien, en usage jusqu’alors, fondé sur une durée insuffisamment précise de l’année solaire et des mois lunaires. Au fil des siècles, la date de Pâques, fête centrale du calendrier chrétien, censée survenir aussitôt après la première pleine lune de printemps, devenait peu à peu une fiction et l’occasion d’un scandale grandissant dans l’Église.

cv-constancebale

La genèse de la réforme grégorienne du calendrier fut longue. Après avoir été surtout débattue entre astronomes, la question du calendrier fut mise à l’ordre du jour des grands conciles du XVe siècle : à Rome, à Constance, et plus encore à Bâle. Au-delà de ses aspects scientifiques, le sujet fut enfin abordé de manière pratique, suscitant réticences et enthousiasmes.

Ces discussions donnèrent lieu à plusieurs textes importants, ici édités et traduits, qui témoignent à la fois des connaissances scientifiques de l’époque, de la vie de l’Église, des relations entre Orient et Occident : Exhortatio super kalendarii correctione de Pierre d’Ailly, Tractatus Phase, Phaselexis et Compendium paschale de Hermann Zoest, Kalendarium de Johannes Keck…

Une introduction permet de comprendre le contexte et les rebondissements, de comparer les hypothèses scientifiques et les solutions pratiques.

Olivier de Solan est archiviste paléographe et conservateur général du patrimoine. Il a consacré sa thèse de l’École des Chartes à la réforme du calendrier au XVe siècle. Il est actuellement directeur des Archives départementales de la Somme.

Informations pratiques :
Olivier de Solan, La réforme du calendrier aux conciles de Constance et de Bâle, Paris, CNRS Éditions, 2016 (Sources d’histoire médiévale, 42). ISBN : 978-2-271-09196-3. prix : 79 euros.

Source : IRHT

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