Heritage, an international peer-reviewed open access journal of cultural and natural heritage science published quarterly by MDPI, has just launched the call for papers for a special issue entitled ‘New advances in stained glass research: materials, production techniques and conservation‘.
Many wrote about stained glass, but one must witness its splendour to understand the meaning of the words, the game of light and shadow, with coloured and colourless glass decorated with painted motifs. However, historic stained glass windows are exposed to the passage of time, facing physical attack and weathering conditions over time. Further changes introduced by restorations, reconstructions and interventions along with the degradation have a strong impact on the stained glass windows that we see today. Fortunately, scientific and technological advancements give, now, new and wider opportunities for preserving, sharing cultural heritage and better interpret its history, both in terms of manufacturing and past restoration actions.
This issue is dedicated to: – the technical aspects of the production of historical stained glass windows – the degradation of stained glass – stained glass conservation – the importance of databases in the field of stained glass research
This Special Issue will also be open to contributions dealing with other subjects related to the major research themes mentioned above.
Dr. Marcia Vilarigues Dr. Sophie Wolf Dr. Teresa Palomar Guest Editors
Original research papers and articles providing an up-to-date critical overview of the research in one of the above mentioned fields are invited. Manuscripts may be submitted from now until 31 August 2021 via the journal’s website. Articles will be available online as soon as they are accepted. The official launch of the special issue will be in January 2022 and coincide with the beginning of the International Year of Glass.
Heritage is an open access journal. The Article Processing Charge (APC) for publication is 1000 CHF (Swiss Francs). However, the publisher MDPI has several policies in place to support authors who cannot afford the APC. Please contact the Heritage Editorial Office (ginny.zhang@mdpi.com) for further information and conditions for support.
Comme chaque année, le Réseau des Médiévistes Belges de Langue Française vous adresse ses meilleurs vœux pour l’année nouvelle ! Nous vous souhaitons une très belle année 2021, pleine de réussite et d’accomplissements sur les plans personnel et professionnel.
Nous tenons également à vous remercier pour votre fidélité, qui, malgré la crise sanitaire et les confinements, ne s’est pas démentie. Sans battre le record de consultations de l’année précédente, l’Agenda du médiéviste s’est maintenu au niveau des 180 000 consultations annuelles, pour un peu moins de 900 annonces publiées. Par rapport à l’année dernière, le blog a été proportionnellement plus consulté dans les pays de langue anglaise, en Allemagne et en Pologne. Dans leur grande majorité, les utilisateurs de l’Agenda du médiéviste restent néanmoins originaires de France et de Belgique.
Nous comptons actuellement un peu plus de 4750 abonnés Twitter et un peu plus de 10 250 abonnés Facebook. Les annonces semblent désormais essentiellement consultées via ces canaux. N’oubliez pas, d’ailleurs, que nous pouvons relayer vos annonces à caractère scientifique. Pour cela, il suffit de nous contacter à l’adresse suivante : info.rmblf@gmail.com . Votre événement sera rapidement mis en ligne !
En 2021, le RMBLF a prévu organisera eux rencontres, auxquelles vous êtes toutes et tous les bienvenus. D’une part, le Congrès annuel de la SHMESP, qui se tiendra du 20 au 22 mai 2021 à l’Académie royale de Belgique, autour du thème Modèles, réseaux et échanges curiaux au Moyen Âge. Un second événement aura lieu plus tard dans l’année, à une date qui doit encore être définie. Intitulé Patrimoine et Archéologie en péril ! Quel avenir pour les sciences humaines ?, il devrait prendre la forme d’une journée de discussion et de débats autour de la préservation et de la valorisation du patrimoine en Wallonie et à Bruxelles. Des informations plus précises suivront au cours de l’année…
Pour terminer, il nous paraît important de remercier très sincèrement nos principaux soutiens financiers, à savoir le FNRS et la Fondation Wernaers pour la recherche et la diffusion des connaissances.
Comme chaque année, nous donnons la liste des dix annonces les plus consultées des douze derniers mois. Confinement oblige, les outils web et les podcasts se taillent la part du lion. C’est néanmoins la mise à disposition des vidéos du Temps des cathédrales de Georges Duby qui a eu le plus de succès, avec près de 2000 consultations !
1. Podcast – « Le temps des cathédrales » de Georges Duby en intégralité. Accès : ici
2. Web – Plusieurs publications des Éditions de la Sorbonne accessibles et téléchargeables gratuitement en ligne. Accès : ici
3. Web – Plusieurs publications de CNRS Éditions accessibles et téléchargeables gratuitement en ligne. Accès : ici
4. Web – Toutes les publications de la collection « Bibliothèque de la Faculté de Philosophie et Lettres de l’université de Liège » accessibles et téléchargeables gratuitement. Accès : ici
5. Web – Plusieurs publications des collections de l’École française de Rome accessibles et téléchargeables. Accès : ici
6. Web – Les ouvrages parus dans la collection « Tempus » des Presses universitaires du Midi intégralement accessibles en open access. Accès : ici
7. Web – L’œuvre de Jan van Eyck en ligne. Accès : ici
8. Web – Neumes, plain-chant et psautier : Neumz, l’appli entièrement dédiée au chant grégorien. Accès : ici
9. Exposition – Le Moyen Âge est à mourir de rire. Accès : ici
10. Publication – « The Cambridge History of Medieval Monasticism in the Latin West, I : Origins to the Eleventh Century » et « II : The High and Late Middle Ages », dir. Alison I. Beach et Isabelle Cochelin. Accès : ici
Pendant les trente années de 1987 à 2017, les recherches sur les manuscrits classiques latins et les bibliothèques médiévales ont fait des progrès spectaculaires grâce à la découverte de nouveaux matériaux et à une multitude d’études, qui nous ont procuré une connaissance plus précise et plus approfondie de la réception médiévale de la littérature antique. Le présent volume se propose d’en faire un bilan indispensable.
La première partie reprend le Catalogue, en donnant des renseignements bibliographiques, codicologiques et/ou philologiques sur près de deux mille manuscrits antérieurs au début du XIIIe siècle et en s’enrichissant de plus de deux cent cinquante nouveaux manuscrits et fragments. La deuxième partie ajoute une quinzaine de nouveaux inventaires et met à jour nos connaissances des scriptoria et des bibliothèques de la période qui ont laissé des inventaires ou qui ont copié ou possédé des textes classiques. La troisième partie rend compte des manuscrits disparus, retrouvés ou déplacés et donne une bibliographie des catalogues des bibliothèques actuelles. La quatrième partie, enfin, contient des Addenda et corrigenda aux tomes IV, 1 (Travaux philologiques) et IV, 2 (Manuscrits et textes).
Le volume se termine par des tables des noms des personnes médiévales et des incipit des nouveaux textes, ainsi que par un index des quelque deux mille cinq cents manuscrits de trois cent trente-deux bibliothèques différentes, qui sont cités ou traités.
L’ouvrage, en complétant et en mettant à jour les quatre volumes précédents, constitue ainsi un instrument de travail incontournable pour les philologues classiques, les médiévistes et les conservateurs de manuscrits.
Birger Munk Olsen, agrégé de l’Université, docteur en littérature française et docteur honoris causa de l’École normale supérieure, est l’auteur de nombreux travaux, qui traitent notamment des bibliothèques médiévales et de la réception de la littérature classique au Moyen Âge.
Informations pratiques :
Birger Munk Olsen, L’étude des auteurs classiques latins aux XIe et XIIe siècles – Tome V. Études et découverte d 1987 à 2017, Paris, CNRS Éditions, 2020. 592 p. ISBN : 9782271135308. Prix : 140 euros.
Healers in the Making investigates medical instruction at the University of Bologna using the lens of practical medicine, focusing on both anatomical and surgical instruction and showing that teaching medicine between the late thirteenth and mid-sixteenth centuries was a consciously constructed and vigorous project that required ongoing local political and cultural negotiations beyond books and curriculum. Using municipal, institutional, and medical texts, Kira Robison examines the outward structures of academic and civic power involved in the formation of medical authority and illuminates the innovations in practical medical pedagogy that occurred during this era. In this way, Robison re-examines academic medicine, the professors, and students, returning them to the context of the medical marketplace within a dynamic and flourishing urban landscape.
Kira Robison, Ph.D. (2012), teaches medieval history at the University of Tennessee, Chattanooga. Her research focuses on the intersections of medicine, law, and religion, including an recent article in the Journal of the History of Medicine and Allied Sciences.
Informations pratiques :
Kira Roinson, Healers in the Making: Students, Physicians, and Medical Education in Medieval Bologna (1250-1550), Boston – Leyde, 2020. ISBN ; 978-90-04-38038-7. Prix : 110 euros.
L’exégèse médiévale conjugue approche « confessante » et approche « scientifique ». L’une des manifestations de celle-ci est l’importance de la critique textuelle, notamment au XIIIe siècle. La réflexion herméneutique y contribue également : les concepts fondamentaux, ceux de sens littéral, d’allégorie, de symbole ou de fable, sont donc examinés soigneusement. Le rôle de la tropologie (différente de l’interprétation morale) est mis en valeur dans cet ouvrage ; appliquant les données des récits scripturaires à la situation actuelle de l’homme, communauté ou individu, elle peut être considérée comme l’élément le plus permanent de l’exégèse médiévale. De la sorte, il semble bien que celle-ci ait beaucoup apporter au travail contemporain sur la Bible – travail conçu sans solution de continuité dans l’intelligence d’une Parole considérée comme ne cessant de s’adresser à l’homme.
Quelques concepts à propos de l’exégèse médiévale La critique textuelle Permanence de l’exégèse tropologique
ABRÉVIATIONS UTILISÉES
I. LE TRAVAIL CRITIQUE
CHAPITRE PREMIER L’invention de la critique textuelle de la Bible : le moyen âge CHAPITRE II La critique textuelle dans les correctoires de la Bible du XIIIe siècle CHAPITRE III Critique et défense de la vulgate au XIVe siècle
II. L’EXÉGÈSE MÉDIÉVALE ET LES PÈRES
CHAPITRE IV Les Pères dans l’exégèse médiévale de la Bible CHAPITRE V Tradition patristique, autorité et progrès dans l’exégèse médiévale
III. LES PROCÉDURES EXÉGÉTIQUES
CHAPITRE VI Le sens littéral dans l’exégèse chrétienne de la Bible au moyen âge CHAPITRE VII Symbole et exégèse médiévale de la Bible (XIIe-XIIIe siècles) CHAPITRE VIII Les usages de l’allégorie dans l’exégèse médiévale de la Bible : exégèse monastique, exégèse universitaire CHAPITRE IX Autres réflexions sur l’allégorie dans l’exégèse chrétienne du moyen âge CHAPITRE X Le schématisme dans l’exégèse médiévale CHAPITRE XI Fabula, entre Muthos et ’Agada à propos de l’exégèse chrétienne du moyen âge CHAPITRE XII Note sur parabole et mashal à propos des talents CHAPITRE XIII Exégèse et prédication au moyen âge
ORIGINE DES TEXTES INDEX DES CITATIONS SCRIPTURAIRES INDEX DES MANUSCRITS CITÉS INDEX DES AUTEURS ANCIENS ET MÉDIÉVAUX INDEX DES AUTEURS MODERNES ET CONTEMPORAINS
Informations pratiques :
Gilbert Dahan, Étudier la Bible au Moyen Âge. Essais d’herméneutique médiévale II, Genève, Droz, 2020 (Titre courant, 72). 344 p. ISBN : 978-2-600-00572-2. Prix : 32 CHF.
Prophecy, Purgatory, and Popular Assent to War – Tuesday, January 12, 2021 at 14:00 GMT
Dr Lydia M. Walker has kindly agreed to present some of her current research on the treatment of violence and crusading in the hagiographic writings of Jacques de Vitry and Thomas of Cantimpré, in a paper entitled « Prophecy, Purgatory, and Popular Assent to War ». The poster for the event is attached to this email, and you can register for the event here: https://mysticismlivedexperience.wordpress.com/prophecy-purgatory-and-popular-assent-to-war/
Universität Tübingen Fachbereich Geschichtswissenschaft, Seminar für mittelalterliche Geschichte PLZ 72074 Tübingen Deutschland Vom – Bis 01.03.2021 – 29.02.2024 Bewerbungsschluss 15.01.2021
An der Eberhard Karls Universität Tübingen, Seminar für mittelalterliche Geschichte, ist zum 1. März 2021 die Stelle einer/s Wissenschaftlichen Mitarbeiterin/Mitarbeiters (m/w/d; E 13 TV-L, 100 %) befristet für die Dauer von drei Jahren zu besetzen.
1 Wiss. Mitarb. „Priests in a post-imperial world 900–1050“ (Univ. Tübingen)
An der Eberhard Karls Universität Tübingen, Seminar für mittelalterliche Geschichte, ist zum 1. März 2021 die Stelle einer/s Wissenschaftlichen Mitarbeiterin/Mitarbeiters (m/w/d; E 13 TV-L, 100 %) befristet für die Dauer von drei Jahren zu besetzen.
Das Aufgabengebiet umfasst die Mitarbeit als Post-Doc in dem bi-nationalen Forschungsprojekt „Priests in a post-imperial world 900–1050“, das von der DFG und dem AHRC gefördert wird (vgl. https://sites.google.com/sheffield.ac.uk/priests-post-imperial-world/). Das Projekt untersucht die Lebenswelten ländlicher Priester in Europa im langen 10. Jahrhundert. Der in Großbritannien angesiedelte Projektteil wird von Dr. Charles West (Sheffield) geleitet. Im Rahmen des Projekts sind Manuskripte für die Ausbildung von Priestern aus dem 10./11. Jahrhundert zu analysieren und die Ergebnisse in Form von Zeitschriftenartikeln und einem Buchkapitel zu publizieren. Ein drei-monatiger Gastaufenthalt an der Partneruniversität in Sheffield ist vorgesehen.
Vorausgesetzt werden eine abgeschlossene Promotion in mittelalterlicher Geschichte und gute Lateinkenntnisse, außerdem die Fähigkeit, französische und englische Forschungsliteratur zu lesen sowie hervorragende Kommunikationsfähigkeiten in Sprache und Schrift. Erwünscht sind Erfahrungen in der Zusammenarbeit im Team und in der codicologischen und paläographischen Erschließung frühmittelalterlicher Handschriften.
Schwerbehinderte werden bei gleicher Eignung bevorzugt berücksichtigt. Die Universität Tübingen strebt eine Erhöhung des Anteils von Frauen in Forschung und Lehre an und bittet deshalb entsprechend qualifizierte Wissenschaftlerinnen um ihre Bewerbung.
Ihre Bewerbung mit den üblichen Unterlagen richten Sie bitte bis zum 15. Januar 2021 per E-Mail an Herrn Prof. Dr. Steffen Patzold (steffen.patzold@uni-tuebingen.de).
Die Einstellung erfolgt durch die Zentrale Verwaltung.
Kontakt : Prof. Dr. Steffen Patzold (steffen.patzold@uni-tuebingen.de)
Colloque organisé à l’université de Tours 21-23 Octobre 2021 UMR 7324 CITERES − Laboratoire Archéologie et Territoires
Les propositions de communication ou de poster en français ou en anglais sont attendues avant le 1er mars 2021.
Elles devront inclure un titre, un résumé d’environ 300 mots en français ou en anglais ainsi que le rattachement institutionnel de l’auteur.
Les villes, ou plutôt les sociétés urbaines, entretiennent et ont entretenu, avec l’eau des relations multiples et complexes. Sous toutes ses formes (eau stagnante et zone humide, eau dynamique, souterraine ou de surface), l’eau est un préalable à l’installation d’une communauté humaine et presque toutes les villes s’accrochent aux rives d’un cours d’eau utilisé à des fins diverses (alimentaire, artisanale, source d’énergie, moyen de défense, transport…). Peut-être plus que n’importe quelle ville, l’agglomération médiévale est une ville où l’eau est omniprésente ce qui en fait un thème de prédilection des chercheurs comme l’illustrent les nombreux travaux publiés sur le sujet (Leguay 2002, Guillerme 1983). Parmi les colloques organisés jusqu’à présent sur l’eau à l’époque médiévale, la grande majorité des communications concernent la fin de la période pour laquelle les sources textuelles sont plus nombreuses et moins lacunaires. Parallèlement dans les colloques et publications portant sur la ville du haut Moyen Âge, le rôle de l’eau reste peu étudié ou en tout cas abordé de manière marginale (Hodges, Hobley 1988), même si certains exemples sont bien connus pour cette période comme la ville portuaire de Dorestad (Van Es, Verwers 1980) ou encore Douai (Louis, Demolon, Louis-Vanbauce 1990). En 2004 la publication d’un colloque du CTHS sur les fleuves et marais a renouvelé les approches relatives à l’anthropisation des fleuves et à la gestion des zones humides avec des exemples urbains comme Tours (Burnouf et Leveau 2004).
Partant du postulat qu’il existe une multitude de types de ville durant le haut Moyen Âge tant par leurs origines que par leurs fonction (villes d’origine antique, établies autour d’établissements monastiques, de sites castraux ou de pôles économiques…), nous proposons de réévaluer le rôle de l’eau dans ces villes selon trois échelles d’analyse de taille croissante : l’usage de l’eau en ville, l’eau à l’échelle de la ville et enfin l’eau et la constitution des réseaux de villes, en mettant en relief les différents rôles de l’eau à partir des découvertes archéologiques réalisées lors d’opérations préventives et programmées comme de l’analyse des sources textuelles.
1 – Vivre de l’eau, vivre avec l’eau en ville au haut Moyen Âge
Dans cette thématique nous nous interrogerons sur les utilisations de l’eau dans un cadre quotidien mais aussi dans le cadre productif en insistant sur les structures et infrastructures répondant à ces besoins à l’échelle des acteurs de l’espace urbain.
Utiliser quotidiennement l’eau
L’approvisionnement et l’évacuation de l’eau en ville constituent un premier thème. Pour les besoins quotidiens, l’accès à l’eau s’effectuait de deux manières : soit par un approvisionnement sur place (pompage et prélèvement de l’eau des rivières, captage des eaux souterraines ou encore récupération des eaux de pluie dans des citernes), soit par acheminement de l’eau venant d’une source plus lointaine (maintien des aqueducs antiques ou nouveaux aménagements). On pourra donc s’interroger à partir des vestiges archéologiques retrouvés (puits, citerne, système d’adduction, aqueduc) sur les niveaux de connaissance technologique des sociétés du haut Moyen Âge mais également sur l’apport des villes d’origine antique et le degré de continuité d’utilisation des systèmes hérités. Les propositions pourront également concerner les aspects hygiéniques de l’eau (bains, étuves), liturgiques ou rituels (baptistères, mikvés…).
Produire grâce à l’eau dans l’espace urbain
Cette thématique concerne les activités de production et de transformation en lien avec l’eau. On s’intéressera notamment aux activités halieutiques, aux pêcheries mentionnées dans les diplômes carolingiens et dont les vestiges constitués de pieux de bois sont parfois découverts dans les rivières. Vingt ans après les Rencontres internationales de Liessis sur la pêche en eau douce au Moyen Âge et à l’époque moderne, ce sera l’occasion de faire le point sur les nouvelles découvertes. Une place importante sera accordée aux contributions portant sur les moulins hydrauliques (à roue verticale ou horizontale) qui étaient souvent associés aux activités de pêche dans les villes du haut Moyen Âge. Avec le développement de l’archéologie préventive ces vingt dernières années, de nombreux exemples du haut Moyen Âge ont pu être fouillés à l’échelle de l’Europe ; nous souhaiterions accueillir ici des exemples du Nord-Ouest à caractère urbain ou périurbain. Enfin, ce sera également l’occasion d’évoquer les activités industrielles qui nécessitent un accès à l’eau comme les tanneries ou les draperies dont l’existence est parfois difficile à appréhender à cette période.
Transporter et franchir
L’archéologie des lits mineurs des fleuves en plein développement depuis une vingtaine d’années montre la richesse de ces espaces en ce qui concerne les aménagements liés au transport et à la circulation sur l’eau (ports, quai), ou à sa traversée (ponts, bacs). L’évolution de la Waterfront Archaeology et de l’archéologie préventive a notamment permis la fouille de structures portuaires en milieu urbain comme à Namur en Belgique, Bordeaux ou Lyon en France. Dans la vallée de la Loire certains sites sont toujours en cours d’étude comme le port d’origine antique de Rezé près de Nantes qui perdura jusqu’au haut Moyen Âge ou encore la ville de Blois avec ses ponts et pêcheries médiévales. L’attention sera portée à la présentation de cas de figures spécifiques liés à la découverte de vestiges archéologiques.
2 – L’eau en ville
A travers cette deuxième thématique nous chercherons à élargir le champ en ne nous intéressant plus aux structures archéologiques proprement dites mais à leur inscription dans le paysage urbain. On le sait depuis les travauxd’André Guillerme, la période qui nous intéresse ici est celle de la constitution dans les villes d’un réseau hydrographique de surface parfois très dense résultant essentiellement de deux phénomènes : les mises en défense successives et l’utilisation de l’eau à des fins artisanales tant intra qu’extra muros. C’est le temps de l’eau dynamique qui s’achèvera au milieu du 14e s. par l’apparition d’eau de plus en plus stagnante en raison des progrès de l’armement nécessitant de larges fossés de défense ouvrant une nouvelle ère de la relation entre société urbaine et eaux. Ce constat amène deux types d’interrogations aux temporalités différentes : une première sur la création et le fonctionnement de ces systèmes hydrographiques et une seconde sur le poids de ces aménagements du haut Moyen Âge dans la fabrique de la ville.
Comprendre le système hydrographique par les activités/jeux d’acteurs/ objectifs des habitants
Ces “petites Venise”, qui nous sont révélées par la documentation textuelle au mieux au 11e s. mais souvent à partir du 12e s., sont le résultat de plusieurs siècles de projets d’aménagements répondant à des besoins très variés. Si l’on peut s’interroger sur la reconnaissance des projets initiaux, leur ampleur, leurs commanditaires, les savoir-faire mis en œuvre…, il est tout aussi intéressant de s’intéresser à leur transformation qui ne se fait jamais sans heurts. L’installation d’un nouveau moulin ou d’un quartier de tanneurs nécessite une nouvelle dérivation qui vient perturber le système hydrographique antérieur reposant sur un savant compromis. Ainsi cette thématique cherchera à comprendre, derrière le réseau hydrographique, ce qui se joue à différents moments de l’histoire de la ville. Il s’agira de reconstituer, à partir des structures subsistantes, “un système hydraulique”, qui implique la reconnaissance de la démarche de ses créateurs : choix du site en fonction des potentialités topographiques (marais, zone humide), des opportunités foncières, des ressources hydrologiques, de leur aptitude à être organisées en flux de distribution destinés à desservir de multiples activités (meunerie, pisciculture, force motrice à l’usage d’artisanat comme le textile…) mais aussi à la défense. Même si la plupart des réponses sont certainement de l’ordre de l’hypothèse, elles permettent néanmoins de poser des éléments de réflexion comme la possibilité de lire la croissance urbaine du haut Moyen Âge par l’analyse de la formation du réseau hydrographique.
Mesurer le rôle de l’eau au haut Moyen Âge dans la fabrique de la ville
Une fois abordée la chronologie de la mise en place du réseau hydrographique et les buts poursuivis par les acteurs repérés, il est possible de s’interroger sur le rôle de l’eau non plus dans la vie des habitants mais comme élément structurant de l’espace urbain sur le temps long. Dans cette thématique nous nous proposons de réinterroger le poids du haut Moyen Âge dans la construction des réseaux hydrographiques des “petites Venise”. Mais aussi le poids du site (marais, paléo-chenaux) dans la construction de la forme urbaine (morphogène). Est-il possible de discerner une chronologie préférentielle dans les usages des canaux au cours du temps : rôle défensif, utilisation comme bief, assainissement de marais ?
3- L’eau et le réseau de villes en Europe du Nord-Ouest
Une dernière échelle pourra être abordée dans ce colloque, celui des réseaux de villes. En effet, la persistance et la croissance des villes d’origine antique comme les fondations de villes nouvelles sont souvent liées dans l’historiographie traditionnelle à un essor économique dont l’origine est encore discutée. Dans les deux cas, la localisation géographique proche de l’eau (rivage d’un fleuve ou d’une rivière, côte, estuaire…) et donc la possibilité d’un transport fluvial et/ou maritime aisé est certainement la cause de cet essor. On pourra donc s’interroger sur le rôle de l’eau dans ces systèmes de ville, leur origine, leur développement mais aussi sur les acteurs de ce commerce (grandes abbayes, grands laïcs…) qui ont pu mettre en place de véritables réseaux inter régionaux.
Les propositions de communication ou de poster en français ou en anglais sont attendues avant le 1ermars 2021. Elles devront inclure un titre, un résumé d’environ 300 mots en français ou en anglais ainsi que le rattachement institutionnel de l’auteur. Il est prévu de publier les actes de ce colloque.
Références citées dans le texte
Leguay 2002 Leguay, J.-P. – L’eau dans la ville au Moyen Âge. Presses universitaires de Rennes, Rennes.
Guillerme 1993
Guillerme, A. –Les temps de l’eau : la cité, l’eau et les techniques, Nord de la France, fin IIIe siècle-début XIXe siècle, Seyssel, Editions du Champ Wallon, Paris.
Hodges, Hobley 1988 Hodges, R. et Hobley, B. (eds) – The Rebirth of Towns in the West Ad 700-1050, Council for British Archaeology, London.
Van Es, Verwers 1980 Van Es, W. A. et Verwers, W. J. H. – Excavations at Dorestad 1. the harbour: hoogstraat 1, Amsterdam.
Demolon, Louis, Vanbauce 1990 Demolon, P., Louis E., Louis-Vanbauce, M. – Douai, Document d’évaluation du patrimoine archéologique des villes de France, Edition du Centre national d’Archéologie urbaine, Tours.
Burnouf et Leveau 2004 Burnouf, J. et Leveau, Ph., Fleuve et marais, une histoire au croisement de la nature et de la culture, Comité des travaux historiques et scientifiques, Paris.
Jeudi 28 Janvier Darwin Smith (CNRS, Lamop) Membra peregrinanda. Livres et bibliothèque à Notre-Dame de Paris
Jeudi 11 Février Pierre Chambert-Protat (Biblioteca Apostolica Vaticana) Travailler non seulement sur des textes, mais dans des livres. Florus et le milieu lyonnais face à la structure matérielle du codex
Jeudi 18 Février Laura Albiero (IRHT) La bibliothèque cachée. Fragments de manuscrits à la Bibliothèque nationale de France
Jeudi 4 Mars Kasser-Antton Helou (IUT d’Évry, Dypac) Les manuscrits produits à Saint-Jean d’Acre : méthodes, enjeux et difficultés d’identification
Jeudi 18 Mars Judith Kogel (CNRS, IRHT) La bibliothèque médiévale des Juifs de Colmar
Jeudi 8 Avril Alberto Torra (Archivo de la Corona de Aragón), Giorgios Magkanas, Héctor Bagan, Maria Carme Sistach et José F. García (Universitat de Barcelona, Secciò departamental de Química Analítica) Une reconstitution toujours en progrès : nouvelles miniatures et caractérisation matérielle du Liber Feudorum Maior
Avec le soutien du FNRS, du CRHiDI (UCLouvain – Saint-Louis, Bruxelles), d'INCAL (UCLouvain), de PraME (UNamur), de sociAMM (ULB) et de Transitions (ULiège)
Vous devez être connecté pour poster un commentaire.