Publication – « La fabrique de l’habit. Artisans, techniques et production du vêtement (XVe-XVIIIe siècle) », éd. Astrid Castres et Tiphaine Gaumy

Au Moyen Âge et tout au long de l’époque moderne, le vêtement était un bien coûteux, aux modes d’acquisition et d’entretien spécifiques. Sa production relevait de logiques d’économie du matériau (récupération, piéçage), amenées à évoluer après l’essor de l’industrie textile et de la confection, l’apparition des grands magasins et l’invention de la machine à coudre au XIXe siècle.

Chercheurs et spécialistes du vêtement (archéologues, conservatrices-restauratrices du patrimoine, historiens, historiennes de l’art et professionnels du costume de scène) explorent dans ce livre la culture technique des artisans de l’habillement entre le XVe et le XVIIIe siècle. Le dialogue entre les disciplines ici représentées permet d’envisager sous un angle neuf les pratiques professionnelles et les cadres de fabrication des vêtements et des accessoires de mode en Occident dans les sociétés pré-industrielles.

Au-delà d’une approche pluridisciplinaire, cet ouvrage soulève des questionnements méthodologiques liés aux recherches sur l’histoire du vêtement, notamment sur la manière de documenter l’histoire de savoir-faire textiles, dont certains relèvent d’un patrimoine immatériel à préserver.

Table des matières ;

Préface

Introduction

Partie I. Dans l’atelier, la fabrique de l’habit

Nadège Gauffre Fayolle – Pierre de Chignin (1396-1425 ?), un tailleur au service d’Amédée VIII de Savoie
Tiphaine Gaumy – Du poil au chapeau en passant par la cloche : la complexe technicité chapelière dans le Paris de la première modernité
Entretien avec Cécilia Aguirre, conservatrice-restauratrice du patrimoine textile, spécialisée en teintures naturelles

Partie II. Les vestiges matériels : une source pour l’histoire du vêtement

Véronique Gendrot, Gaël Barracand, Sylvie Duchesne, Olivier Laurent et Rozenn Colleter
– Costumes et textile archéologique du XVIIe siècle en contexte funéraire : de la découverte à l’étude
Emmanuelle Garcin – Le costume comme source historique : pour une philologie de la matière
Entretien avec Sébastien Passot, costumier et membre de The School of Historical Dress

Partie III. Suivre les modes : s’adapter, innover, diffuser

Astrid Castres – À propos de quelques nouveautés dans la production de vêtements à Paris au XVIe siècle
Pascale Cugy – Jean Dieu de Saint-Jean, l’invention de l’image de mode et le Mercure galant: quelques remarques sur la réception et la diffusion des modes gravées
Sophie Lemahieu – Entre tradition et innovation technique : fabriquer et entretenir les costumes à la Comédie-Française

Résumés
Glossaire
Index

Informations pratiques :

La fabrique de l’habit. Artisans, techniques et production du vêtement (XVe-XVIIIe siècle), éd. Astrid Castres et Tiphaine Gaumy, Paris, École nationale des chartes, 2020 (Études et rencontres de l’École des chartes). 232 p., 50 ill. ISBN : 9782357231573. Prix : 28 euros.

Source : LCDPU

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Publication – Hugh M. Thomas, « Power and Pleasure. Court Life under King John, 1199-1216 »

Although King John is remembered for his political and military failures, he also resided over a magnificent court. Power and Pleasure reconstructs life at the court of King John and explores how his court produced both pleasure and soft power.

Much work exists on courts of the late medieval and early modern periods, but the jump in record keeping under John allows a detailed reconstruction of court life for an earlier period. Power and Pleasure: Court Life under King John, 1199-1216 examines the many facets of John’s court, exploring hunting, feasting, castles, landscapes, material luxury, chivalry, sexual coercion, and religious activities. It explains how John mishandled his use of soft power, just as he failed to exploit his financial and military advantages, and why he received so little political benefit from his magnificent court. John’s court is viewed in comparison to other courts of the time, and in previous and subsequent centuries.

Hugh M. Thomas, Professor and Director, Center for the Humanities, University of Miami, USA

Hugh M. Thomas specializes in the social and cultural history of England during the central Middle Ages. He has published four previous books and a number of articles. The recipient of several prestigious fellowships in the US and the UK, he has taught at the University of Miami since 1988.

Table des matières :

1:Introduction
2:Hunting and Falconry
3:Luxury and Material Culture at Court
4:Aspects of Court Culture
5:Religious Practices at Court
6:Food and Feasting
7:Places and Spaces
8:King John and the Wielding of Soft Power
9:John’s Court in a Comparative Context: A Preliminary Sketch

Informations pratiques :

Hugh M. Thomas, Power and Pleasure. Court Life under King John, 1199-1216, Oxford, Oxford University Press, 2020. 288 p., 234x156mm. ISBN: 9780198802518. Prix : £75.00.

Source : Oxford University Press

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Publication – « Art et économie en France et en Italie au XIVe siècle. Prix, valeurs, carrières », éd. Nicolas Bock et Michele Tomasi

Ce volume invite à se jouer des frontières disciplinaires et à s’aventurer sur un terrain encore trop peu exploré pour le XIVe siècle, l’un des plus grands siècles de l’art européen.

Les contributions réunies ici éclairent les rapports entre art, économie et société à l’aide de quelques études de cas, en adoptant différentes démarches: de la microanalyse de la production d’un seul artiste à la réflexion sur l’organisation de toute la chaîne de valeur, de la fabrication jusqu’aux réseaux de commerce et d’échange de marchandises artistiques. De Giotto à l’orfèvre parisien Jean le Braelier, d’Avignon à Naples en passant par Majorque, en abordant des tableaux, des monuments funéraires, des fresques, des lambrissages en bois précieux et même un faldistoire royal, les auteurs s’interrogent sur l’impact des facteurs économiques sur la création artistique.

Ces articles ouvrent ainsi le débat en montrant l’intérêt d’enquêtes qui osent franchir les limites entre histoire de l’art, histoire sociale et histoire économique, afin d’appréhender de manière globale les conditions d’élaboration et de réception des œuvres.

Table des matières :

Nicolas Bock, Michele Tomasi — À propos de ce livre (p. 7-22)
Texte intégral disponible sur OpenEdition Journals

Étienne Anheim — The consumption of Italian paintings in Avignon in the 14th century (p. 23-42)

The relocation of the Papal Court from Italy to France at the beginning of the 14th century and its installation in Avignon for several decades from 1309 gives the opportunity to reflect on the practices of consumption of Italian paintings outside the peninsula. We are first dealing with the construction of an artistic labor market based on the mobility of artists, and then with the construction of a market for works of art, very gradually established, thanks to the new mobility of paintings. Avignon thus played the role of a laboratory for the diffusion of Italian painting in late medieval Europe, both from an aesthetic and economic point of view.

Damien Cerutti — Giotto & Cie. Stratégies entrepreneuriales et coûts décoratifs de chapelles funéraires dans la Florence des années 1330 (p. 43-72)

À la fin de sa carrière, Giotto déléguait à des collaborateurs qualifiés de son atelier florentin l’exécution de fresques, dans certains chantiers dont il avait la responsabilité. Cette stratégie entrepreneuriale permettait à Giotto de garder – grâce à l’autonomie relative de son atelier – une forme de contrôle sur le segment supérieur du marché artistique florentin, à une époque où ses nombreuses activités à l’extérieur de la Toscane ne lui permettaient plus de s’impliquer directement dans la réalisation de fresques. La démonstration est en partie basée sur des calculs de prix des différents éléments décoratifs des chapelles funéraires de l’époque.

Paola Vitolo — Spese della morte : investimenti per l’aldilà (e per l’al di qua) e pratica artistica (Italia, XIV secolo). Studi sull’economia funeraria, primi appunti (p. 73-94)

L’investimento nella costruzione di cappelle funerarie, con i relativi arredi, crebbe nel corso del Basso Medioevo con il fine di rendere stabile e duratura la celebrazione della memoria personale e dinastica dei defunti. Accanto allo studio degli elementi di stile e di iconografia, la valutazione dell’entità della spesa potrebbe aprire interessanti squarci sull’attività delle botteghe, sull’organizzazione dei cantieri, sulla circolazione dei modelli, ma anche sul valore riconosciuto al lavoro dell’artista e più in generale al significato simbolico attribuito nel Medioevo a questi prodotti. Attraverso l’analisi di alcuni casi di studio, il saggio presenta alcune riflessioni sul tema, quali esito di una prima esplorazione dell’argomento.

Doron Bauer — La peste noire et la rémunération des peintres au Royaume de Majorque (p. 95-110)

L’examen des paiements versés aux peintres à Majorque tout au long du XIVe siècle révèle deux tendances importantes. Premièrement, le prix des retables a augmenté de manière spectaculaire, passant d’une dizaine de libras avant la peste noire à plus de 100 libras par la suite. Deuxièmement, les peintres ont cessé de recevoir un salaire journalier et ont été payés à la commande. Réunis, ces deux changements ont eu de profondes répercussions. Après la peste noire, les peintres pouvaient accéder à plus de richesse. Ils se distinguent également d’autres artisans, comme les charpentiers, par la façon dont le prix de leur travail était établi. Ces développements ont ouvert la voie à une plus grande mobilité sociale et à une reconfiguration du statut du peintre et de son art.

Giampaolo Distefano — Sur Jean le Braelier, « aurifabro Parisiensi » et « varlet de chambre du Roy » Jean le Bon : art et économie (p. 111-134)

À Paris, au milieu du XIVe siècle, dans un moment de transformation en ce qui concerne le travail des métaux précieux, l’orfèvre Jean le Braelier, qui fut sans doute aussi ivoirier, représente un cas exemplaire d’artiste oeuvrant auprès d’une cour princière. Une documentation abondante décrit en détail ses activités, permettant de reconstruire sa carrière d’artiste, ainsi que son rôle dans la vie économique de la cour de Jean le Bon.

Alain Salamagne — Le bois dit de Danemarche dans le décor de la demeure aristocratique vers 1400 (p. 135-154)

Le rôle du lambrissage dans le décor intérieur de la demeure aristocratique reste encore peu connu. Pourtant les comptabilités, et quelques ensembles conservés comme celui du château royal de Vincennes, montrent l’importance qui était accordée à ces décors comme une marque du statut aristocratique de la demeure noble. Certains lambris dits de Illande, Ollande ou Danemarche, termes qui renvoient à leur origine géographique, la Livonie, ou à leur transit commercial par la Hollande ou le Danemark, étaient particulièrement recherchés. Si ce type de décor fut mis en oeuvre dès le début du XIVe siècle dans la demeure aristocratique, le relais des chantiers royaux après 1350 – probablement depuis les régions les plus septentrionales –, semble avoir été essentiel dans sa réception puis sa diffusion dans les logis princiers, particulièrement en Bourgogne, Berry et Poitou.

Michele Tomasi — Prix des oeuvres et appréciation esthétique à la fin du XIVe siècle en France: quelques remarques à partir des chroniques de Jean Froissart et Michel Pintoin (p. 155-175)

Alors qu’aujourd’hui il est souvent de bon ton de ne pas évoquer de «basses» questions d’argent au sujet de l’art, l’attitude est tout autre au Moyen Âge. Cet article veut en donner une preuve en s’attachant à montrer comment la question du prix des oeuvres, somptuaires notamment, est abordée par deux chroniqueurs de la fin du Moyen Âge, Jean Froissart et Michel Pintoin. Ces deux auteurs permettent de restituer le regard porté sur les biens de luxe par l’aristocratie en France à la fin du XIVe siècle. La lecture de leurs textes permet d’apprécier à quel point la valeur monétaire de certains objets était indissociable non seulement de leur fonction sociale, mais aussi de leur appréciation esthétique.

Informations pratiques :

Art et économie en France et en Italie au XIVe siècle. Prix, valeurs, carrières, éd. Nicolas Bock et Michele Tomasi, Lausanne, 2020. ISBN : ISBN 978-2-940331-75-8. 22 CHF / 20 €

Source : Université de Lausanne

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Appel à contribution – Praesentia / Absentia. Nouveaux espaces d’échanges dans le domaine des études romanes

9 et 10 Septembre 2021

L’Institut des langues et littératures romanes de l’Université de Zurich organise la onzième édition du Dies Romanicus Turicensis. Cet événement s’adresse en priorité aux jeunes chercheurs spécialisés dans les disciplines romanes (linguistique, littérature et études culturelles) et offre la possibilité d’échanger sur le plan scientifique dans le cadre d’un colloque international.

La situation sanitaire actuelle liée à la propagation de l’épidémie du coronavirus a entraîné de profondes transformations dans les différentes formes de relations que nous entretenons avec autrui. La distanciation sociale comme manifestation du (non) contact ou de l’absence constitue un défi de taille dans le champ académique des sciences humaines et sociales. La consolidation des nouveaux espaces de circulation et d’échanges scientifiques, que l’on observe notamment dans les études romanes, permet l’émergence de nouvelles méthodes et perspectives dans le domaine de la linguistique, de la littérature et des études culturelles.

Dans son texte « La invención de una epidemia » (« L’invention d’une épidémie »), Giorgio Agamben s’interroge sur les répercussions sociales de la Covid-19 et met en garde contre le déclin des activités productives et des échanges culturels, qui pourrait s’expliquer par « la peur d’être contaminé au contact des autres » (« el temor a contagiarse de otros » (2020 : 17). Les divers clivages susceptibles d’en découler et la manière dont ils peuvent être surmontés exigent une analyse rigoureuse des pratiques de communication orales, textuelles et matérielles, examinant dans quelle mesure ce lien à distance peut être abordé dans les espaces traditionnels de convergence et de contact comme celui de la Romania. À la lumière de cette constellation critique et à partir des concepts clés de l’absence et de la présence (Absentia et Praesentia), la onzième édition du Dies Romanicus Turicensis invite les jeunes chercheurs à envoyer leurs propositions de contribution portant sur des thèmes récurrents tels que le contact et la créativité linguistiques, l’appropriation et la contamination textuelles, l’inter- et la transmédialité, mais aussi des contributions sur des phénomènes plus récents impliquant une interaction virtuelle (langage télématique, littérature numérique et podcasts).

Thèmes de recherche dans le domaine de la linguistique :

  • La présence ou l’absence d’un ou de plusieurs traits phonétiques, morphologiques ou syntaxiques (et influence sur le système) ;
  • L’étude de variétés linguistiques qui n’ont pas été examinées ni décrites, et pour lesquelles on ne dispose pas encore de grammaires ni de dictionnaires, contrairement à celles qui ont déjà fait l’objet de descriptions exhaustives et documentées (comparaison de traits déjà traités avec ceux pour lesquels une description est en attente) ;
  • La présence ou l’absence de variation et de normes linguistiques, de langues par élaboration ;
  • L’étude des contacts linguistiques et l’importance de la présence ou de l’absence d’un ou de plusieurs traits pour déterminer leur évolution ;
  • L’étude linguistique diachronique et synchronique et la disparition ou l’apparition de traits structurels dans une variété ;
  • L’importance de la présence ou de l’absence dans la reconstruction étymologique et dans la grammaire historique comparative et reconstructive;
  • L’effet du déclin ou de l’apparition de nouvelles formes sur le lexique général d’une langue ; créativité linguistique (particulièrement dans un contexte bilingue ou multilingue) ;
  • L’impact de la présence ou de l’absence d’un signifiant dans le domaine de la pragmatique ;
  • L’influence de la pandémie sur la langue (la signification des nouvelles mesures de protection pour la recherche linguistique et les propositions pour de nouveaux modèles de recherche ; la refonctionnalisation d’éléments lexicaux; la création de nouvelles unités linguistiques; les nouvelles technologies qui favorisent les interactions intersubjectives, de même que les implications de telles technologies, etc.).

    Thèmes de recherche dans le domaine de la littérature et des études culturelles :
  • L’étude de l’intertextualité et des phénomènes de réception (types d’interaction avec l’auctoritas ; présence et absence de modèles; théorie et pratique de l’aemulatio et de l’imitatio; etc.) ;
  • Le thème du silence et les techniques rhétoriques qui lui sont associées (praeteritio, ellipses narratives, phénomènes d’accélération, ineffable, deus ex machina, etc.) et inversement de l’éloquence ;
  • La présence et l’absence sur le plan narratif (différents degrés de présence ou d’absence dans le texte d’un auteur réel ou implicite, d’un narrateur, et différentes combinaisons possibles) et l’impact éditorial (par exemple dans le cas d’Elena Ferrante) ;
  • La présence et l’absence en tant que thèmes littéraires (la disparition, le deuil, la nostalgie, la méditation, le motif romantique de la solitude, la dualité de la vie et de la mort, l’invisibilité des personnages, etc.) ;
  • L’écriture autobiographique et l’autofiction (différents degrés de présence/absence dans les événements narrés et à partir d’eux et décalage éventuel entre événements vécus et événements narrés) ;
  • La construction du canon littéraire (intégrations et exclusions) ;
  • La reconstruction philologique ;
  • La matérialité du texte (techniques et choix typographiques de mise en page, rapport image-texte, ponctuation, etc.) ;
  • L’absence et la présence d’acteurs et de structures culturels (maisons d’édition, revues spécialisées, intermédiaires intellectuels, traducteurs) au sein du système littéraire et répercussions sur la production littéraire ;
  • La relation entre oralité, réalité extratextuelle et “médiation” de l’écriture et réflexion sur le rapport entre le mot et la vérité ;
  • La théorie des mondes possibles en littérature (Marie-Laure Ryan, Thomas Pavel, Lubomir Doložel) et la complétude et l’incomplétude des mondes fictionnels, comment ils sont traités dans la critique littéraire (rapport entre l’univers référentiel et fictionnel ; opposition entre le monde fictionnel et le texte, qui essaye de le décrire, etc.);
  • Le transvestisme comme ressource d’écriture et de représentation et comme présence dissimulée ;
  • Le souvenir et la mémoire comme éléments constitutifs, vestiges et traces dans la littérature.

Les propositions de contributions doivent être envoyées sous la forme de résumés anonymes (comportant un titre, un résumé de 2000 signes maximum ainsi qu’une bibliographie) jusqu’au 20 février 2021 à l’adresse suivante : diesrom@rom.uzh.ch. Le nom et l’affiliation de l’auteur/e ainsi que le titre de la contribution devront figurer dans le courriel d’accompagnement. Les présentations dureront vingt minutes et seront suivies d’une discussion de dix minutes en séance plénière. Les contributions doivent être originales et ne peuvent pas avoir fait l’objet d’une publication. Le comité d’organisation sélectionnera les contributions qualitativement convaincantes en vue de les publier.

Comité d’organisation Martina Albertini, Larissa Binder, Stefano Bragato, Marguerite Dallas, Dayron Carrillo-Morell, Charlotte Defrance, Bárbara Garrido Sánchez-Andrade, Alberto Giudici, Antony Kussmaul, Stefano Negrinelli

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Publication – « Fasti Ecclesiae Gallicanae : Diocèse d’Évreux », éd. Vincent Tabbagh

Les Fasti Ecclesiae Gallicanae présentent, pour chaque diocèse de France entre 1200 et 1500 :

  • des notices biographiques des évêques, auxiliaires de l’évêque, dignitaires et chanoines prébendés du chapitre cathédral,
  • des tables chronologiques pour les évêques, leurs auxiliaires, les dignitaires et les chanoines du chapitre cathédral,
  • une présentation des institutions diocésaines et des sources, avec une bibliographie,
  • quelques notices faisant le point sur les aspects particuliers de chaque diocèse.

Les notices biographiques offertes par ce nouveau volume concernent les trente-trois prélats élevés sur le siège épiscopal d’Évreux, et près de 700 auxiliaires de l’évêque, dignitaires et chanoines identifiés pour la période considérée dans un chapitre relativement modeste. Le volume propose également des synthèses sur plusieurs thèmes en relation étroite avec le clergé de l’Église d’Évreux : la cathédrale et son environnement dans la cité, le quartier cathédral dans la ville médiévale, les représentations des évêques et des chanoines dans les verrières de cet édifice et enfin ses stalles.

Les Fasti Ecclesiae Gallicanae,ce sont aussi des chercheurs, débutants ou confirmés, rassemblés dans une équipe qui se réunit une fois par an, ainsi qu’une base de données réunissant désormais 21 000 enregistrements d’individus, enrichie chaque jour, qui doit être mise en ligne et diffusée sur le site Brepolis de Brepols Publishers. L’équipe dispose d’un site web offrant de nombreuses informations sur ses activités : https://fasti.huma-num.fr/

Informations pratiques :

Fasti Ecclesiae Gallicanae : Diocèse d’Évreux, éd. Vincent Tabbagh, Turnhotu, Brepols, 2020 (Fasti Ecclesiae Gallicanae, 20). XII+496 p., 31 b/w ill., 156 x 234 mm. ISBN: 978-2-503-59136-0. Prix : 70 euros.

Source : Brepols

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Offre d’emploi – Contrat doctoral : « Vitium, defectus, macula. Le corps « incapable » dans la pensée juridique de l’Occident médiéval latin (XIIe-XVe s.) »

Dans le cadre du programme Fil_IAM, un financement de 36 mois est réservé à la conduite d’une recherche doctorale sur les questions relatives aux « vices » et « défauts » des corps dans les productions normatives médiévales.

Dates prévisionnelles du contrat : 1e avril 2021-31 mars 2024

Sujet : Vitium, defectus, macula. Le corps « incapable » dans la pensée juridique de l’Occident médiéval latin (XIIe-XVe s.)

Plus d’informations ici

Pour structurer la réflexion sur les régimes de filiations « à défaut » et les enjeux normatifs et sociaux à penser et vivre le handicap juridico-social et/ou physique, un séminaire « Corps empêchés » est programmé à raison de trois séances par an pendant le temps du contrat doctoral. Ainsi, le ou la doctorant.e bénéficiera de l’animation de la recherche rendue possible par ces rencontres pluridisciplinaires régulières. Il.elle pourra également être associé.e aux actions de recherche engagées dans les autres axes du programme Fil_IAM (https://anr.fr/Projet-ANR-19-CE41-0004).

Le ou la doctorante sera par ailleurs membre à part entière du laboratoire TEMOS et participera aux différentes activités de l’unité, spécialement au sein de l’axe 1 : Enfance, Genre, Traces de soi (https://temos.cnrs.fr/le-laboratoire/).

Calendrier et procédure

Pièces à envoyer avant le 15 janvier 2021 à carole.avignon@univ.angers.fr et mireille.loirat@univ-angers.fr :

  • un curriculum vitae académique
  • une lettre de motivation
  • la version électronique (.pdf) du mémoire de Master-2 (ou équivalent)

Source : Fil_IAM

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Appel à contribution – Présence de Juvénal

Organisé les 18, 19 et 20 novembre 2021
à la MSH de Clermont-Ferrand
par le CELIS et le Centre de recherches André Piganiol-Présence de l’Antiquité sous la direction de Fabrice GALTIER et Rémy POIGNAULT

Le colloque Présence de Juvénal se situe dans le sillage des précédentes réunions scientifiques issues de la collaboration établie depuis longtemps entre le CELIS et le centre André Piganiol-Présence de l’Antiquité, dont l’objectif est la réception de l’Antiquité.

Il s’agit, en l’occurrence, d’explorer la réception des Satires de Juvénal, œuvre dont le rayonnement et l’influence suscitent depuis quelques années un regain d’attention. En 2005, le Cambridge Companion to Roman Satire en réinterrogeait déjà certains aspects. Mais l’intérêt pour cette question s’est accru depuis, comme en témoignent, en Italie, le colloque qui s’est tenu en 2014, Giovenale tra storia, poesia e ideologia, dont les actes ont été publiés par A. Stramaglia, S. Grazzini et G. Dimatteo (Berlin/Boston, De Gruyter, 2016) et celui qui est prévu à Aquino en mars 2021 sur La fortuna di Giovenale nella letteratura europea, centré surtout sur la littérature italienne, en France, la journée d’études organisée par H. Casanova-Robin et S. Grazzini en mars 2019 sur « La satire de Juvénal et sa postérité », et, tout récemment, le colloque « De la satire à la juvénale : formes et enjeux de la satire chez Rétif de la Bretonne », qui soulignait la filiation entre le satiriste romain et l’auteur français. Cependant, ce vaste champ d’exploration n’a jusqu’ici fait l’objet d’aucune véritable enquête d’ampleur. L’angle d’approche choisi pour la mener à bien concerne, au-delà du seul genre satirique, l’apport de Juvénal à l’expression littéraire des réalités, thèmes ou idées qu’il entend représenter et la manière dont cet apport a été perçu, traduit ou assimilé dans la culture occidentale.

Les principaux axes de réflexion, à titre indicatif, sont les suivants :

  • –  Juvénal et la satire : son rapport au genre et à ses prédécesseurs (Théophraste, Lucilius, Horace, Perse…) ; son influence sur les auteurs de satires (Mathurin Régnier, Théophile de Viau, Boileau, Johnson…)
  • –  Les apports de Juvénal à l’écriture satirique dans l’Antiquité et au-delà, sa réception et son influence : Lucien et la seconde sophistique, les textes satiriques chrétiens (Tertullien, Commodien, Arnobe, Lactance, Prudence, Claudien…), Agrippa d’Aubigné, La Bruyère, Quevedo, Rétif de La Bretonne, Victor Hugo, Léon Bloy, Barbey d’Aurevilly, Octave Mirbeau, Paul Léautaud…
  • –  La satire de Juvénal au carrefour des genres littéraires : épopée (Juvénal et Virgile…) ; histoire (Juvénal et Tacite…) ; philosophie ; rhétorique ; théâtre…
  • –  Juvénal et l’empire romain :
    . la réalité de l’empire au prisme du regard du satiriste . Juvénal inspirateur d’images de l’empire romain dans la littérature et les arts à l’époque moderne et contemporaine
  • –  Éditions, traductions, gloses de Juvénal… Comité scientifique – Frédéric Duplessis, ENS de Lyon
    – Fabrice Galtier, Université Clermont Auvergne, CELIS – Stefano Grazzini, Université de Salerne
    – Catherine Notter, Université de Strasbourg
    – Rémy Poignault, Université Clermont Auvergne, CELIS – Antonio Stramaglia, Université de Bari

Comité d’organisation

– Grégoire Blanc, doctorant sous contrat, CELIS – Fabrice Galtier
– Rémy Poignault

Les actes du colloque feront l’objet d’une publication dans la collection « Caesarodunum » du Centre de recherches André Piganiol-Présence de l’Antiquité.

Prière d’adresser le titre de votre proposition de communication avec un bref résumé à fabrice.galtier@orange.fr et remy.poignault1@orange.fr avant le 28 février 2021.

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Publication – « Debating medieval Europe. The early Middle Ages, c. 450–c. 1050 », ed. Stephen Mossman

Debating medieval Europe serves as an entry point for studying and teaching medieval history. Rather than simply presenting foundational knowledge or introducing sources, it provides the reader with frameworks for understanding the distinctive historiography of the period, digging beneath the historical accounts provided by other textbooks to expose the contested foundations of apparently settled narratives. It opens a space for discussion and debate, as well as providing essential context for the sometimes overwhelming abundance of specialist scholarship.

Volume I addresses the early Middle Ages, covering the period c. 450-c. 1050. The chapters are organised chronologically, and cover such topics as the Carolingian Order, England and the ‘Atlantic Archipelago’, the Vikings and Ottonian Germany. It features a highly distinguished selection of medieval historians, including Paul Fouracre and Janet L. Nelson.

Stephen Mossman is Senior Lecturer in Medieval History at the University of Manchester

Table des matières :

How to use this book: a guide for students – Stephen Mossman
1 The transformation of the Roman world, c. 450-c. 550 – Craig H. Caldwell III
2 The Successor States, 550-750 – Paul Fouracre
3 The Carolingian moment – Janet L. Nelson
4 Translatio imperii: Ottonian Germany – T. J. H. McCarthy
5 Feudal revolution? Transformations around the year 1000 – Paul Fouracre
6 Vikings and the ‘age of iron’ in the North Sea – Charles Insley
7 Early medieval Spain, 800-1100: the Christian kingdoms and al-Andalus – Robert Portass
8 England and the Atlantic Archipelago from Alfred to the Norman Conquest – Charles Insley
9 The Norman world, c. 1000-c. 1100 – Paul Oldfield
Index

Informations pratiques :

Debating medieval Europe. The early Middle Ages, c. 450–c. 1050, ed. Stephen Mossman, Manchester University Press, 2020. 320 p. ISBN : 978-1-5261-1733-5. Prix : 18,99 £.

Source : Manchester University Press

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Appel à contribution – Le Moyen Âge des sciences sociales / The Middle Ages of the Social Sciences

Date limite de réception des propositions : 1er février 2021
English version below

Au tournant du XVIIIe et du XIXe siècle, le « Moyen Âge », comme notion et comme période, est devenu une référence centrale des savoirs historiques européens. Le processus de temporalisation conduisant les sociétés à se penser désormais explicitement comme « modernes » a parallèlement engendré une figure historique de l’altérité, cet âge « moyen » esquissé par les penseurs de la Renaissance pour désigner le millénaire qui les séparait de l’Antiquité. Dans la perspective d’un temps orienté vers le progrès par la Révolution et l’industrialisation, cette définition était négative, mais le romantisme et les Anti-Lumières en ont simultanément fait l’emblème d’un paradis perdu, celui d’un monde chrétien et solidaire. Ce Moyen Âge imaginaire, aux profondes résonances artistiques et littéraires, a aussi pris place dans la grande réorganisation des savoirs qui s’est déroulée durant tout le siècle, conduisant à la naissance du système moderne des disciplines au XIXe siècle.

En histoire, dans les études littéraires, en linguistique et en philosophie, l’étude du Moyen Âge a alors été profondément renouvelée. La constitution de la médiévistique en savoir, la progressive entrée à l’université de ses diverses sous-disciplines, la création de revues dédiées aux mondes médiévaux, la fondation de sociétés pour l’étude du Moyen Âge et l’organisation de congrès internationaux se sont alors jouées sur deux fronts au moins. La promotion par l’Église catholique d’un Moyen Âge moral et scientifique, que le pape Léon XIII a sanctionnée le 4 août 1879 par la lettre encyclique Aeterni patris « sur la philosophie chrétienne », s’inscrit dans un mouvement social et intellectuel vaste de réhabilitation de la pensée médiévale. Le philosophe et prêtre catholique Franz Brentano, dont Edmund Husserl et Sigmund Freud ont suivi les cours à l’université de Vienne, convoquait par exemple le réalisme de Thomas d’Aquin pour renouveler la philosophie de langue allemande, gangrenée par le spiritualisme moderne.

Sur un deuxième front, les études médiévales constituées au XIXe siècle ont été mises au défi par l’intérêt croissant pour le Moyen Âge dont témoignaient des savoirs universitaires récemment constitués, notamment la sociologie, la nouvelle anthropologie et la science politique, des entreprises dont les orientations conservatrices ont parfois été sous-estimées. Chez Marcel Mauss, Émile Durkheim, Max Weber, Ferdinand Tönnies ou encore Georg Simmel, le Moyen Âge présente un terrain d’expérimentation et un négatif de la modernité1. L’intérêt pour la religion définie comme système d’interprétation et fait social total, ainsi que la distinction structurante entre la société (Gesellschaft), moderne, et la communauté (Gemeinschaft), primitive ou médiévale, ont contribué à faire du Moyen Âge, envisagé comme religieux, communautariste et corporatiste, un objet anthropologique et sociologique.

Des sciences historiques à la psychanalyse, les sciences sociales et de l’homme ont été irriguées par le Moyen Âge mais aussi par les savoirs modernes constitués à propos de lui dès la fin du xixe siècle. Leurs textes, leurs objets, leurs agendas sociopolitiques et leurs élaborations méthodologiques ont circulé hors du champ des études médiévales proprement dites. Réciproquement, la médiévistique a été renouvelée, au xxe siècle, par les sciences sociales, en particulier l’anthropologie. La nébuleuse médiéviste qui se formait autour des Annales et l’histoire des mentalités en fournissent des exemples éclatants.

Ce numéro de la Revue d’histoire des sciences humaines veut proposer une série d’enquêtes sur des usages spécifiques de la référence médiévale dans les sciences sociales au XXe siècle, qu’elle soit issue d’une fréquentation documentée du Moyen Âge, d’outils élaborés par la médiévistique (pour aborder la matérialité des manuscrits, l’histoire orale, l’écriture avant l’imprimerie, les circulations de savoirs) ou encore de médiations culturelles complexes, par exemple à travers la religion ou la littérature. Ces usages peuvent être étudiés à partir de trajectoires socio-intellectuelles individuelles ou d’entreprises collectives, au travers d’institutions en un sens large qui comprennent les écoles, les écoles de pensée, les revues ainsi que d’autres stratégies éditoriales et de communication des savoirs. Le terrain d’enquête s’étend de la théorie des médias à la psychanalyse, en passant par la sociologie, l’histoire, l’anthropologie, l’histoire des sciences, l’histoire de l’art et la philosophie.

Considérons quelques illustrations. Avec Panofsky, Ruskin et Warburg, le Moyen Âge s’est imposé comme un terrain emblématique de l’histoire de l’art. En 1923, seize ans avant ses travaux sur la physique de Galilée, Alexandre Koyré publiait une étude sur Saint Anselme2. Plus tard, sa lecture critique de Pierre Duhem, qui situait la naissance de la science au Moyen Âge, informera ses élaborations méthodologiques3. Avant de devenir le spécialiste des discours et de la narrativité historiographiques, l’historien américain Hayden White était un médiéviste classique. Dans les archives vaticanes, il a travaillé à sa thèse de doctorat sur le grand schisme papal de 1130. Dans les années 1950-1960, il publiait une série d’essais sur Bernard de Clairvaux, Pontius de Cluny et la curie romaine4. Même dans des disciplines dont le canon était depuis longtemps dominé par l’antiquité et la modernité, comme la philosophie universitaire allemande, le Moyen Âge devint un objet possible pour l’obtention des grades au xxe siècle. Pour sujet de sa thèse d’habilitation, Martin Heidegger n’a choisi ni un texte antique, ni une œuvre moderne, mais un traité Sur les modes de signifier qu’il pensait être du franciscain Jean Duns Scot (autour de 1300)5.

L’élaboration de la théorie des médias et de la communication par Marshall McLuhan et son cercle permet d’illustrer la variété des modalités d’information des SHS par la médiévistique et de donner un exemple du type d’études que nous sollicitons. McLuhan a consacré la majeure partie de sa thèse de doctorat, soutenue en 1943, à la tradition grammaticale médiévale6. Dans sa constellation socio-intellectuelle, par exemple chez son élève le plus célèbre, le jésuite Walter J. Ong, le manuscrit médiéval sert de témoin emblématique du passage d’un monde sensoriel à un autre : celui de l’oral et de l’audition à celui de la vision. Dans la Galaxie Gutenberg de McLuhan, la scolastique médiévale marque le début d’un processus qui aboutit à l’empire moderne de l’écrit. Le village global contemporain, le monde à nouveau multi-sensoriel des médias électroniques, est défini au moyen d’un adage tiré d’une œuvre latine du xiie siècle (le Livre des 24 philosophes) : une sphère dont le centre est partout et la circonférence nulle part7. Or McLuhan, converti au catholicisme en 1937, a dit son admiration pour Étienne Gilson, qui avait contribué à faire de la Librairie J. Vrin, à Paris, un vivier de la médiévistique et qui avait fondé le Pontifical Institute of Medieval Studies (PIMS) à Toronto en 1929. De 1950 à 1973, Gilson était professeur à Toronto, au PIMS. Le PIMS et sa revue lancée en 1939 (Medieval Studies), les cours de Gilson, l’enseignement littéraire de McLuhan, ses travaux avec Carpenter, Innis et Havelock, puis le Centre for Culture and Technology créé pour lui en 1963 à l’université de Toronto furent autant de lieux à travers lesquels la médiévistique a pu rencontrer et irriguer une discipline nouvelle, la théorie des médias.

Nous invitons les acteurs des différentes disciplines des SHS (comprenant, entre autres, la psychanalyse, la sociologie, l’anthropologie historique, l’histoire, l’histoire des savoirs et de sciences, l’histoire de l’art, la philosophie) à contribuer à ce numéro soit par une étude de cas, soit par une réflexion à portée méthodologique ou épistémologique plus vaste sur leur savoir et leurs pratiques scientifiques envisagés dans une perspective historique. Nous aimerions privilégier les approches plurielles, qui inscrivent des objets matériels ou intellectuels dans une histoire des institutions, des idées et des pratiques savantes. Cependant, la méthode étant elle-même le produit de pratiques disciplinaires spécifiques, elle demeure libre. L’enjeu méthodologique de ce numéro est aussi de déployer une variété d’approches. Son objectif est de mettre en évidence un aspect particulier de la critique de la modernité par les sciences sociales, un dispositif différent de ceux qui sont élaborés par les critiques des Lumières. À partir de Horkheimer et Adorno, la contestation de l’héritage des Lumières fut souvent frontale, car les Lumières étaient pensées dans un rapport de continuité avec le XXe siècle. Par contraste, le Moyen Âge, objet vitrifié sous le regard de ses spécialistes, n’avait pas à être rejeté ou défendu. Pourtant, la constitution du Moyen Âge par une modernité qui s’était affirmée en se démarquant de lui s’est accompagnée d’un processus dialectique par lequel cette même période s’est trouvée jouer un rôle paradoxal au XXe siècle : elle a été le moyen d’une critique de la modernité par le savoir réflexif qui la caractérise le mieux, les sciences sociales.

Consignes

Des propositions d’article (3 000 signes maximum), en anglais ou en français, sont à envoyer avant le 1er février 2021 aux deux adresses suivantes : etienne.anheim@ehess.fr, catherine.koenig-pralong@ehess.fr.

Les articles seront ensuite à envoyer, aux mêmes adresses électroniques, avant le 1er janvier 2022.

La revue publie des articles en anglais et en français, de 40 000 à 60 000 signes (espaces comprises).

Les consignes éditoriales sont disponibles sur le site de la revue : https://journals.openedition.org/rhsh/1273.

The Middle Ages of the Social Sciences

At the turn of the nineteenth century, the Middle Ages, both as a concept and as a period, became a point of reference for the historical sciences. The process of periodization through which European societies conceived themselves as “modern” produced an historical representation of alterity: the “middle” age that Renaissance thinkers conceived as the millennium separating them from Antiquity. In a temporal framework that was oriented towards the Revolution and industrialization, the Middles Ages were conceived of negatively. However, Romanticism and the Anti-Enlightenment singled them out as an emblem of a lost paradise, that is, a united, Christian society. These imagined Middles Ages, fleshed out by arts and literature, played a significant role in the reorganization of the sciences that took place over the nineteenth century, giving rise to the modern system of disciplines.

In history, literary studies, linguistics and philosophy, medieval studies were deeply renewed. Scientific endeavors in medieval studies gave rise to the gradual integration of medieval disciplines into the university, the creation of journals and the establishment of societies dedicated to the study of the Middle Ages, as well as the organization of international congresses. These undertakings played out on two fronts. First, the Catholic Church promoted the Middle Ages both as a moral and a scientific age. On August 4, 1879, in the encyclical Aeterni patris, Leo XIII defended the value of “Christian philosophy” for modern societies. He thereby expressed a broad intellectual and social trend towards the rehabilitation of medieval thought. In his lessons at the University of Vienna, which were attended by Edmund Husserl and Sigmund Freud, the Catholic philosopher Franz Brentano mobilized Thomas Aquinas’ realism in order to renew German philosophy, which he considered corrupted by modern spiritualism.

On a second front, the medieval studies that had been institutionalized in the nineteenth century were challenged by the growing interest in the Middle Ages showed by practitioners of new university disciplines, notably sociology, historical anthropology and political science—intellectual endeavors that were not deprived of conservative agendas. To the eyes of Marcel Mauss, Émile Durkheim, Max Weber, Ferdinand Tönnies, and Georg Simmel, the Middle Ages, seen as the flipside of modernity, provided a field for experimentation.1 The interest in religion defined as an interpretation system and a “total social fact”, on the one hand, and, on the other, the foundational distinction between modern society (Gesellschaft) and primitive or medieval community (Gemeinschaft) made the Middle Ages, seen as religious, communitarian and corporatist, a core issue in anthropology and sociology.

The Middle Ages have nourished the social sciences and humanities (SSH), from history to psychoanalysis, both directly and through the modern sciences that resulted from their study. Indeed, from the end of the nineteenth century onwards, writings, topics, sociopolitical agendas, and methodological endeavors from medieval studies circulated outside the field. Conversely, the social sciences, especially anthropology, in the twentieth century renewed these studies. The constellation of medievalists that formed around the Annales and the ‘histoire des mentalités’ provides a paradigmatic example of this phenomenon.

The present issue of the Revue d’histoire des sciences humaines intends to gather inquiries into specific uses of the Middle Ages in twentieth century social sciences. The reference to the Middle Ages may result from a scholarly acquaintance with the medieval world, as well as from tools forged by medieval studies in order to address the materiality of manuscripts, oral history, writing before printing, or circulation of knowledge. Alternatively, it may be correlated with intricate cultural mediations, for example through religion or literature. These uses can be studied in individual socio-intellectual trajectories or collective undertakings, via institutions in a broad sense, comprising schools, ‘schools of thought’, journals, as well as other editorial and knowledge dissemination strategies. The issue’s scope includes media theory, psychoanalysis, sociology, anthropology, science studies, art history, and philosophy.

Let us consider a few examples. In Panofsky’s, Ruskin’s and Warburg’s oeuvres, the Middle Ages became an emblematic terrain of art history. In 1923, sixteen years before his writings on Galileo’s physics, Alexandre Koyré published a study on Saint Anselm.2 Some years later, he challenged Pierre Duhem’s interpretation according to which modern science was born in the Middle Ages; that criticism played a significant role in Koyré’s own epistemology.3 Before becoming a specialist in historiographical discourse and narrativity, the American historian Hayden White was a classical medievalist. In the Vatican Archives, he worked on his PhD thesis dealing with the great papal schism of 1130. Between 1950 and 1960, he published studies on Bernard of Clairvaux, Pontius of Cluny and the Papal Curia.4 Even in disciplines with canons oriented towards antiquity and modernity, like German university philosophy, the Middle Ages could be a topic for obtaining degrees in the twentieth century. For his habilitation thesis, Martin Heidegger chose neither an ancient text nor a modern author, but a treatise On the ways of signifying that he falsely attributed to the Franciscan John Duns Scotus (around 1300).5

The way Marshall McLuhan and his circle elaborated media and communication theory illustrates the various modes according to which medieval studies have shaped the SSH, as well as the kind of papers we are calling for. McLuhan dedicated most of his PhD thesis, which he defended in 1943, to the tradition of medieval grammar.6 In his socio-intellectual constellation, for instance in his most famous disciple, the Jesuit Walter J. Ong, the medieval manuscript embodies the passage from a sensory world to another, from orality and audition to vision. In The Gutenberg Galaxy, McLuhan considers medieval scholasticism as the beginning of a process that culminates in the modern empire of writing. As for the contemporary global village, a world of electronic media that is again multisensorial, it is defined by the means of a sentence taken from a twelfth century Latin work (the Book of the Twenty-Four Philosophers): a sphere whose center is everywhere and whose circumference is nowhere.7 Yet, McLuhan converted to Catholicism in 1937 and was an admirer of Étienne Gilson, who had contributed to promoting the publishing house J. Vrin, in Paris, as a hub for medieval studies. Furthermore, in 1929 Gilson founded the Pontifical Institute of Medieval Studies (PIMS) in Toronto. From 1950 to 1973, he was a professor at PIMS. That institute, its journal (Medieval Studies, launched in 1939), Gilson’s courses, McLuhan’s teaching in literature studies, his exchanges with Carpenter, Innis and Havelock, as well as the Centre for Culture and Technology created for him in 1963 at the University of Toronto, were the places through which medieval studies met and nourished a new discipline, Media Theory.

We would like to invite the practitioners of the various disciplines of the SSH (psychoanalysis, sociology, historical anthropology, history, the history of science and knowledge, art history, and philosophy, among others) to contribute to this issue of the RHSH either with a case study, or with a broader methodological or epistemological reflection on their scientific and knowledge practices envisioned from an historical point of view. We would like to favor multifaceted approaches that situate material or intellectual objects in the history of institutions, ideas and scholarly practices. Nevertheless, as method is itself the product of specific disciplinary practices, we will not restrict submissions in this way. This journal issue also aims at embracing a range of different approaches. It intends to highlight how the SSH have challenged modernity, and how this challenge is very different from that raised by the critics of the Enlightenment. From Horkheimer and Adorno onwards, the criticism of the legacy of the Enlightenment often took the form of a frontal assault, since it assumed continuity from the Enlightened Society to the twentieth century. In contrast, the Middle Ages, a vitrified object under the gaze of its specialists, did not have to be rejected or defended. However, the invention of the Middle Ages by a modernity that had distinguished itself from them involved a dialectical process in which the Middle Ages played a paradoxical role: in the twentieth century, the Middle Ages were used to challenge modernity through the the very sciences that embodied modern reflexivity, that is, the SSH.

Instructions for authors

Article proposals (3000 characters maximum), in English or French, should be sent by February 1st, 2021 to the following addresses: etienne.anheim@ehess.fr, catherine.koenig-pralong@ehess.fr

The papers should be sent to the same addresses, by January 1st, 2022.

The journal accepts articles in English and French, from 40,000 to 60,000 characters (spaces included).

Instructions for authors can be found here: https://journals.openedition.org/rhsh/1273.

Source : Revue d’Histoire des Sciences humaines

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Publication – « After Charlemagne. Carolingian Italy and its Rulers », éd. Clemens Gantner et Walter Pohl

After Charlemagne’s death in 814, Italy was ruled by a succession of kings and emperors, all of whom could claim some relation to the Carolingians, some via the female line of succession. This study offers new perspectives on the fascinating but neglected period of Italy in the ninth century and the impact of Carolingian culture. Bringing together some of the foremost scholars on early medieval Italy, After Charlemagne offers the first comprehensive overview of the period, and also presents new research on Italian politics, culture, society and economy, from the death of Charlemagne to the assassination of Berengar I in 924. Revealing Italy as a multifaceted peninsula, the authors address the governance and expansion of Carolingian Italy, examining relations with the other Carolingian kingdoms, as well as those with the Italian South, the Papacy and the Byzantine Empire. Exploring topics on a regional and local level as well as presenting a ‘big picture’ of the Italian or Lombard kingdom, this volume provides new and exciting answers to the central question: How Carolingian was ‘Carolingian Italy’?

Table des matières :

  1. Italy after Charlemagne: scope and aims of the volume – Clemens Gantner and Walter Pohl
  2. A brief introduction to Italian political history until 875 – Clemens Gantner

    Part I. Was There a Carolingian Italy?:
  3. Talking about the Carolingians in eighth- and ninth-century Italy – Thomas F. X. Noble
  4. The name of the kingdom – Paolo Delogu
  5. Was there a Carolingian Italy? Politics, institutions and book culture – François Bougard

    Part II. Organizing Italy:
  6. The government of a peripheral area: the Carolingians and north-eastern Italy – Stefano Gasparri
  7. Vassals without feudalism in Carolingian Italy – Giuseppe Albertoni
  8. Shaping a kingdom: the sees of Parma and Arezzo between the reigns of Louis II and Berengar – Igor Santos Salazar

    Part III. Carolingian Rulers:
  9. Staying Lombard while becoming Carolingian? Italy under King Pippin – Marco Stoffella
  10. Carolingian fathers and sons in Italy: Lothar I and Louis II’s successful partnership – Elina Screen
  11. A king in training? Louis II of Italy and his expedition to Rome in 844 – Clemens Gantner

    Part IV. Cities, Courts and Carolingians:
  12. A Byzantine cuckoo in the Frankish nest? The Exarchate of Ravenna and the Kingdom of Italy in the long ninth century – Tom Brown
  13. Urbanism as politics in ninth-century Italy – Caroline Goodson
  14. Rome and the others: saints, relics and hagiography in Carolingian north-eastern Italy – Francesco Veronese
  15. Between the palace, the school and the forum: rhetoric and court culture in late Lombard and Carolingian Italy – Giorgia Vocino
    Bibliography.

Informations pratiques :

After Charlemagne. Carolingian Italy and its Rulers, éd. Clemens Gantner et Walter Pohl, Cambridge, Cambridge University Press, 2020. ISBN : 9781108840774. Prix : 75 £.

Source : Cambridge University Press

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