Séminaire – Le papier et le parchemin. Séminaire 2020-2021 « Matérialités » du Laboratoire DYPAC

Matérialités 2020-2021
Séminaire du laboratoire DYPAC
Avec le soutien de la Fondation des Sciences du Patrimoine

Le papier et le parchemin : La technique du pliage: Les « bat books » au Moyen Âge
 

5 octobre 2020, 10h – 12h
Bâtiment Vauban, salle 524


 

Intervenants :
Alexandre Tur (chargé de collections au département des manuscrits de la Bibliothèque nationale de France), « Grand à l’intérieur e‌t petit à l’extérieur : les livres plicatifs ou bat books à la fin du Moyen Âge »

Marine Valla (doctorante DYPAC), « L’homme veineux dans les almanachs plicatifs médicaux anglais des XIVe et XVe siècles »

Source : DYPAC – UVSQ

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Publication – Jane H. M. Taylor, « Poétiques en mouvement pour le Moyen Âge finissant »

La collection d’articles qu’a réunie Jane H. M. Taylor témoigne de la dynamique des recherches en littérature médiévale tardive depuis un demi-siècle, et de la remise en valeur d’une littérature longtemps parente pauvre des études universitaires, grâce à des démarches critiques diverses : le structuralisme des années 1970 pour étudier le Perceforest, alors quasiment inconnu ; une approche anthropologique pour le Roman de Mélusine ; la réception pour Jehan de Saintré à travers les miniatures, et celle des œuvres de Boccace à travers leur traduction ; la sociologie d’un Pierre Bourdieu ou d’un Michel de Certeau pour éclairer la poésie lyrique. Jane H. M. Taylor a tenu à faire connaître ainsi non seulement les « grands » – les Villon, les Charles d’Orléans – mais aussi les ouvrages alors presque inconnus : Le Chevalier des Dames, Le Jardin de Plaisance. L’ouvrage retrace un parcours placé sous le signe de l’exploration et de l’innovation.

Professeur émérite de l’Université de Durham, et ayant autrefois enseigné à Manchester et à Oxford, Jane H. M. Taylor a consacré ses recherches à la littérature du Moyen Âge tardif. Elle s’est penchée sur les immenses romans en prose (avec notamment une édition pionnière du début du Perceforest, Genève, 1979) ; sur la poésie lyrique, avec, entre autres, des livres sur François Villon (The Poetry of François Villon, Cambridge, 2001), et sur les anthologies lyriques (The Making of Poetry, Turnhout, 2007) ; sur les romans arthuriens de la Renaissance (RewritingArthurian Romance in Renaissance France, Cambridge, 2014).

Table des matières : ici

Informations pratiques :

Jane H. M. Taylor, Poétiques en mouvement pour le Moyen Âge finissant, Paris, Honoré Champion, 2020 (Essais sur le Moyen Âge, 76). 406 p. ISBN : 9782745353405. Prix : 60 euros.

Source : Honoré Champion

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Publication – Giuseppe Seche,  » Un mare di mercanti. Il Mediterraneo tra Sardegna e Corona d’Aragona nel tardo Medioevo »

Mercanti e navigatori cagliaritani, Antoni, Arnau, Julià e Nicolau Dessì portarono avanti i propri affari nelle principali città del Mediterraneo catalano-aragonese, collaborando con colleghi iberici e italiani. Partendo dalle loro vicende, il libro analizza la costruzione delle reti sociali, i problemi della navigazione, la gestione delle transazioni e traccia i profili di piccoli e medi uomini d’affari, la cui attività permise la connessione tra i mercati regionali e il commercio internazionale, favorendo iniziative imprenditoriali locali e lo sviluppo di distretti produttivi specializzati.

Lo studio si basa su una fonte nuova ed eccezionale, costituita da centinaia di lettere commerciali e carte familiari che, oltre a dimostrare le abilità scrittorie di artigiani, donne e operatori economici, consentono di gettare nuova luce su quel grande mare di mercanti che fu il Mediterraneo quattrocentesco.

Giuseppe Seche è assegnista di ricerca presso l’Università di Cagliari e docente a contratto di Storia medievale presso l’Università di Sassari. I suoi interessi di studio si focalizzano sulla storia culturale, economica e sociale del Mediterraneo tardomedievale. Tra le sue ultime pubblicazioni, Libro e società in Sardegna tra Medioevo e prima Età moderna (Firenze, Olschki, 2018).

Table des matières :

Introduzione

1. Fonti e produzione scritta nella Sardegna tardomedievale
2. La società mercantile: uomini d’affari e reti commerciali
3. Merci, trasporti e produzioni
4. Il circuito commerciale

Conclusione

Appendici
Bibliografia
Indice dei nomi di persona
Indice dei nomi di luogo

Informations pratiques :

Giuseppe Seche, Un mare di mercanti. Il Mediterraneo tra Sardegna e Corona d’Aragona nel tardo Medioevo, I Libri di Viella, 2020. pp. 308, 15×21 cm, bross. ISBN: 9788833134505. Prix : 35 euros.

Source : Viella

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Publication – « Anthologie commentée des traductions françaises du XIVe siècle », vol. 1 : « Autour de Charles V. Culture, pouvoir et spiritualité », éd. Charles Brucker

Ce recueil de traductions françaises du XIVe siècle est destiné à montrer, dans les limites d’une période précise, celle qui s’étend des derniers Capétiens aux premiers Valois, la diversité des pratiques de traduction en moyen français et à mettre en valeur ses conséquences sur le mode d’expression de ceux qui traduisaient les auteurs latins, antiques ou médiévaux. Ces traductions sont presque toutes commanditées par un prince, une princesse ou un roi, si bien que des liens plus ou moins étroits se tissent entre le dédicataire et le « translateur » ; dans ces conditions, ce genre littéraire reflète nécessairement une certaine conception du pouvoir que se fait le traducteur, et le pouvoir politique participe au renouveau de l’humanisme du XIVe siècle en France. Enfin, à cette époque, la conception de la royauté est liée à la spiritualité, dont l’expression revêt des formes diverses : Charles V est le « sage roi dévot ».

Charles Brucker est professeur émérite à l’Université de Lorraine (Lettres, Nancy). Sa spécialité porte sur l’histoire du vocabulaire français et sur l’édition de textes inédits du moyen français, notamment de traductions du latin classique et médiéval. Il a enseigné l’histoire de la langue française, la linguistique comparée des langues romanes ainsi que la langue et la littérature françaises du Moyen Âge.

Table des matières : ici

Informations pratiques :

Anthologie commentée des traductions françaises du XIVe siècle, vol. 1 : Autour de Charles V. Culture, pouvoir et spiritualité, éd. Charles Brucker, Paris, Honoré Champion, 2020. (Linguistique, traduction et terminologie, 2). 976 p. ISBN : 9782745353368. Prix : 98 euros.

Source : Honoré Champion

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Appel à contribution – Marco Manuscript Workshop 2021: ‘Immaterial Culture’

Remotely from the Marco Institute for Medieval and Renaissance Studies, the University of Tennessee, Knoxville

Presenters will receive a $500 honorarium for their participation. The sixteenth annual Marco Manuscript Workshop will take place Friday, February 5, and Saturday, February 6, 2021. Sessions will meet virtually via an online platform.

The workshop is led by Professors Maura K. Lafferty (Classics) and Roy M. Liuzza (English), and is hosted by the Marco Institute for Medieval and Renaissance Studies at the University of Tennessee, Knoxville.

This year’s workshop will consider some of the recent challenges that researchers have faced with the suspension of travel, the closing of libraries and universities, and the quarantine restrictions that have kept so many of us in our homes.

How can our field, which has always emphasized the importance of physical place and tactile artifacts, work successfully in isolation and at a distance? What does it mean for us when our work takes place in an incorporeal world of light and numbers rather than ink and flesh, in matrices of data rather than dusty rooms?

We propose to explore the advantages and disadvantages of this “immaterial culture,” and to think about how our work is shaped by access or lack of access to manuscripts, texts, catalogues, and objects. We would like to hear about experiences working remotely, discoveries made using virtual archives or catalogues, or advice on how to study manuscripts without visiting archives or how to teach codicology without a library. We welcome stories of scholars who have been productive in constrained circumstances.

We would also like to learn from the experience of those for whom archives have been inaccessible for other reasons – scholars who are homebound, visually impaired, or otherwise physically challenged, or those whose access to libraries and collections has been restricted or denied. How have these constraints shaped your work? What can these experiences tell us about our discipline? We welcome presentations on any aspect of this topic, broadly imagined.The workshop is open to scholars and graduate students in any field who are engaged in textual editing, manuscript studies, or epigraphy.

This year’s workshop will be virtual, but we hope to retain as much of the format and the flavor of our in-person meetings as possible. Individual 75-minute sessions will be devoted to each project; participants will be asked to introduce their text and its context, discuss their approach to working with their material, and exchange ideas and information with other participants.

We will prepare an online repository where presenters can place abstracts, presentations, or supporting material for access by all attendees. As in previous years, the workshop is intended to be more like a class than a conference; participants are encouraged to share new discoveries and unfinished work, to discuss both their successes and frustrations, to offer practical advice and theoretical insights, and to work together towards developing better professional skills for textual and codicological work.

We particularly invite the presentation of works in progress, unusual problems, practical difficulties, and new or experimental models for studying or representing manuscript texts.The deadline for applications is October 9, 2020.

Applicants are asked to submit a current CV and a two-page abstract of their project to Roy M. Liuzza, preferably via email to rliuzza@utk.edu.

The workshop is also open at no cost to scholars and students who do not wish to present their own work but are interested in sharing a lively weekend of discussion and ideas about manuscript studies. In order to keep the virtual sessions manageable, preregistration will be required and spaces will be limited.

Further details will be available later in the year; please contact the Marco Institute at marco@utk.edu for more information.

Source : Medieval Art Research

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Séminaire – Yale Lectures in Late Antique and Byzantine Art and Architecture, 2020-2021

This lecture series is organized by Robert S. Nelson, Robert Lehman Professor in the History of Art, and Vasileios Marinis, Associate Professor of Christian Art and Architecture at the ISM and YDS. Support is provided by the Department of Classics and the Department of the History of Art. 

Zoom lectures begin at 12 noon Eastern Time
[Registration and viewing link coming soon]

11 September 2020
Visual Epitome in Late Antique Art
Jaś Elsner, University of Oxford
Respondent: Maria Doerfler, Yale

9 October 2020
Visual Mastery of the Hippodrome?: Rethinking the Imperial Image in Byzantium
Paroma Chatterjee, University of Michigan
Respondent: Jacqueline Jung, Yale

13 November 2020
Everlasting Monument [արձան մշտնջենաւոր]: Ani Cathedral and its Contexts
Christina Maranci, Tufts University
Respondent: Vasileios Marinis, Yale

11 December 2020
What do Mosaics Want? Or, Wall Mosaics and the Space between Viewer and Viewed
Liz James, University of Sussex
Respondent: Robert S. Nelson, Yale

8 January 2021
The Nativity Church in Bethlehem in the Light of Recent Restorations
Michele Bacci, University of Fribourg
Respondent: Ariel Fine, Yale 

12 February 2021
From Domestic to Divine: The Mosaics of Late Antique Syria
Sean Leatherbury, University College, Dublin
Respondent: Örgü Dalgıç, Yale

12 March 2021
Africa in Late Antiquity: Faith, Politics, and Commerce between the Mediterranean and the Red Sea
Andrea Achi, The Metropolitan Museum of Art
Respondent: Felicity Harley, Yale

9 April 2021
Auro, argento, aere perennius: Byzantine Art in and through Coins 4th–15th Centuries  
Cécile Morrisson, CNRS and Académie des Inscriptions et Belles-Lettres
Respondent: Benjamin Dieter R. Hellings, Yale

More information can be found here.

Source : Medieval Art Research

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Journée d’étude – Rencontres Interdisciplinaires sur les Métaux

10e séance
jeudi 19 novembre 2020 de 13h à 17h45 MSH Mondes, Nanterre, salle 1

Programme :

Alexandre Disser (Docteur en archéologie associé au LMC-IRAMAT – UMR5060) – Économie du fer et techniques au Moyen Âge en Lorraine à travers le prisme de l’archéologie et de l’analyse des matériaux

Florian Téreygeol (CNRS – LMC-IRAMAT – UMR5060) – Évolution des appareils de production du fer : l’exemple pyrénéen de Castel-Minier ( n XIIIe- mi-XVIe s.)

Maxime L’Héritier (Université Paris 8 – ArScAn – UMR7041) – Fer et plomb à Notre Dame de Paris : les travaux en cours du Groupe de Travail métal du chantier scientifique CNRS/MC

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Bourse – École d’été du CERCOR : « Humanités numériques et corpus (époques médiévale et moderne) »

Saint-Étienne
6-8 septembre 2021

Organisée par Noëlle Deflou-Leca et Thierry Pécout noelle.deflou-leca@univ-grenoble-alpes.frthierry.pecout@univ-st-etienne.fr

Avec le développement des outils informatiques, les corpus documentaires d’édition de sources et de bases de données en histoire, histoire de l’art, archéologie ou littérature se sont multipliés. La question de l’intérêt de ces données numériques est double : d’une part celle de la collecte et de la diffusion des fonds et d’autre part celle de leur exploitation. Le premier volet qui vise à la constitution d’instruments de recherche facilitant l’accès à une documentation ample et dispersée est aujourd’hui le plus avancé autour de l’élaboration de corpus (natifs ou recomposés, numérisation, encodage) et de leur diffusion (SGBD, sites, bibliothèques numériques…). En bouleversant bien davantage les pratiques et en introduisant de nouvelles méthodologies de travail, le second est moins répandu. Le traitement des données par l’analyse et la visualisation s’appuie notamment sur leurs explorations sérielles, stylistiques, sémantiques ou spatio-temporelles à travers la mise en place d’outils statistiques dédiés.

L’atelier sera organisé selon des sessions matinales comportant des synthèses et exposés des formateurs, suivies des sessions de l’après-midi pendant lesquelles seront proposés des ateliers pratiques. Chacun devra se munir de son ordinateur, en veillant selon le modèle à disposer d’une connectique Ethernet et éventuellement d’un adaptateur Ethernet/USB pour se connecter par voie filaire.

LE LEM-CERCOR offre 12 bourses (prise en charge de l’hébergement[1] et des repas de midi[2])

Les candidats devront envoyer avant le 15 novembre 2020, à l’adresse cercor@univ-st-etienne.fr, un dossier comprenant :

–       un bref curriculum vitae (avec liste de publications éventuelles)
–       une lettre de motivation indiquant le sujet de recherche et argumentant la candidature

Un temps sera réservé à chaque auditeur pour présenter ses sujet de recherche et méthodes. On n’attend en aucune façon des résultats précis et il est tout à fait possible de faire état de doutes et questionnements, auxquels la discussion qui suivra tentera d’apporter quelques éléments de réponse. La lettre de motivation doit préciser rapidement le ou les points que le candidat se propose de traiter (en une dizaine de minutes).

À l’issue de l’École d’été, les participants qui le souhaitent pourront proposer une présentation de l’état de leur recherche, en une dizaine de pages (2000 signes/page), qui sera soumise au comité de lecture du Bulletin du Cercor et pourra paraître dans le numéro de 2022.

Le Comité scientifique se réserve la possibilité d’accueillir, comme auditeurs, d’autres participants qui prendraient à leur charge les frais de séjour et montreraient leur intérêt à suivre l’École d’été.

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Exposition – Vêtements cultes… une exposition à soutenir !

Dans le cadre du projet de recherche Brain Ornamenta Sacra (Belespo), plusieurs chercheurs du GEMCA participent à l’élaboration d’une exposition sur desvêtements liturgiques somptueux datant du 18e siècle. L’exposition, intitulée « Habiller le culte. Les fastes du textile de la cathédrale de Tournai », se tiendra au Musée de la tapisserie et des arts textiles de Tournai (TAMAT) du 11 septembre au 28 novembre 2021. L’exposition permettra non seulement de ravir les yeux des amateurs et des curieux, mais elle sera aussi l’occasion de resituer ces pièces dans le contexte du culte dans lequel elles prennent tout leur sens. Il s’agira donc de rendre accessible au grand public une partie des résultats scientifiques du projet… une belle manière de créer des ponts entre la recherche à l’université et le grand public !

Mais avant de pouvoir être exposées, ces pièces nécessitent d’être restaurées. Il s’agit d’un patrimoine exceptionnel pourtant en péril par manque de financement, une situation qui ne s’améliore guère avec les conditions actuelles. Avec l’équipe du musée, nous faisons donc un appel aux dons qui permettra de préserver ce patrimoine en participant à sa restauration.

En un clic, vous trouverez une présentation du projet et le moyen de participer au financement via la plate-forme de crowdfunding. Toutes les contributions sont les bienvenues, même un montant de 5 ou 10 €, cela permettra de montrer l’intérêt pour ce patrimoine (il y a des propositions de montant à partir de 25 € avec contreparties, mais il est aussi possible de donner un montant au choix, c’est au bas de la page…).

Sur Facebook, une page de présentation de l’exposition sera mise à jour régulièrement, n’hésitez pas à suivre l’événement FB !  

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Appel à contribution – La Fabrique des récits médiévaux (XIIIe-XVIe siècles)

Bordeaux – Boulogne-sur-Mer, 12 mai 2021 et 11 février 2022
Université Bordeaux Montaigne, UR 4593 CLARE Université Littoral Côte d’Opale, UR 4030 HLLI
Organisatrices : Grace BAILLET, Priscilla MOURGUES

Cette manifestation scientifique répartie sur deux journées les 12 mai 2021 et 11 février 2022 proposera une réflexion sur la fabrique du texte médiéval, sa matérialité et l’évolution des procédés de mise en forme du XIIIe siècle au XVIe siècle en se fondant sur différents types de récit. Dans le cadre d’autres réflexions, des chercheurs se sont attelés à analyser les techniques d’écriture dans les récits médiévaux et ont appréhendé ces textes pour comprendre les modalités de transmission et de diffusion de la culture française. Pour aborder cette thématique sous un angle plus neuf, dans une double perspective, diachronique et comparatiste, nous envisagerons de sonder la structuration des récits médiévaux classiques et tardifs en laissant de côté les problèmes que peut rencontrer l’éditeur actuel lors de l’élaboration d’une édition critique pour mieux nous concentrer sur le texte dans son époque.

Argumentaire :

Les recherches menées sur les récits médiévaux et leur élaboration ont bien souvent permis d’éclairer l’esthétique et les divers enjeux, poétiques, littéraires et historiques, subordonnés à la tradition de ces textes. Déjà dans les années 1970, Paul Zumthor adoptait dans son Essai de poétique médiévale un point de vue formaliste en décrivant et en analysant par la forme des modèles d’écriture. À la même époque, le théoricien du langage Henri Meschonnic esquissait la notion de « forme-sens » en avançant l’idée que l’œuvre crée sa propre forme. Ce concept sera repris quelques décennies plus tard dans le domaine des études médiévales et développé dans les travaux de Danièle James-Raoul, notamment dans « Forme-sens : du legs de la tradition à la modernité créatrice » (2002), dans la mesure où celui-ci permet d’envisager le sens des textes médiévaux, en particulier la matière arthurienne, à partir de la forme qu’ils adoptent. Ce constat prouve le besoin d’inscrire le texte dans une forme pour mieux l’éprouver. D’autres études de ce début du XXIe siècle ont tendu à présenter les textes dans une structure. En 2001, Alberto Varvaro s’interrogeait ainsi sur l’« Élaboration des textes et modalités du récit dans la littérature française médiévale » pour comprendre le mélange des genres dans les manuscrits des XIIe et XIIIe siècles et la mouvance des textes narratifs. Dans une perspective plus générale, en 2008, Pierre Chastang, dans son article sur « L’archéologie du texte médiéval », définit deux niveaux d’études complémentaires du texte pour mieux le contextualiser : le premier stade est la restitution d’une stratification textuelle grâce à l’examen du manuscrit ; le second est la nécessité de « situer le matériel dans son environnement1 ». Sans toutefois sonder les procédés de mise en forme du récit lui-même, de telles données abordent de plus en plus la notion de structure et démontrent l’intérêt de repositionner le matériel dans son époque. Par ailleurs, la multiplication des manifestations scientifiques de la dernière décennie témoigne une fois encore du désir de saisir avec exactitude l’esthétique et les techniques d’écriture à une époque définie. Nous songeons, entre autres, aux nombreuses contributions de Maria Colombo Timelli sur les mises en prose et aux manifestations qui furent consacrées à ce phénomène (Mettre en prose aux XIVe et XVIe siècles) en combinant des approches diversifiées sur le sujet (linguistiques, philologiques, littéraires, etc.). Nous pensons également aux études qui, dans un but similaire d’approfondissement, se concentrent plus spécifiquement sur l’art de la mise en prose dans un atelier localisé, tel celui du Maître de Wavrin, qui a fait l’objet d’un ouvrage collectif, L’Art du récit à la cour de Bourgogne, coordonné par Jean Devaux et Matthieu Marchal (2018). Dans la lignée de ces manifestations, des journées d’étude et colloques ont prolongé la réflexion en interrogeant la transmission et la diffusion de ce fonds littéraire médiéval au tournant de la fin du Moyen Âge et de la première Renaissance, en lien avec le changement de média que constituent les premiers imprimés (Les premiers imprimés français et la littérature de Bourgogne (1470-1550), colloque organisé en 2015 par Jean Devaux, Matthieu Marchal et Alexandra Velissariou à l’Université du Littoral). Ce regard renforcé sur ces œuvres, manuscrites et imprimées, a contribué également à enrichir le domaine de l’édition critique actuelle en exposant les potentialités que ces deux types de témoins peuvent offrir pour soulever les difficultés qu’implique l’élaboration d’une édition (L’édition des textes médiévaux de langue française et les imprimés anciens, journée d’étude, 2016). Nous remarquons dès lors que l’étude du texte médiéval est souvent subordonnée au travail

de l’éditeur actuel sans que soit considérée pour autant la matérialité du texte replacé dans son époque. D’une part, à notre connaissance, excepté quelques articles qui analysent et qui approfondissent à certains égards la question des procédés de structuration des récits médiévaux, il n’existe pas d’ouvrage de synthèse ou de collectif se consacrant uniquement à cette thématique. D’autre part, il peut être intéressant d’examiner cette problématique sur la longue durée, sans se borner au traditionnel tournant des XVe et XVIe siècles et sans non plus exclure cette période, pour pouvoir établir des passerelles entre les différentes époques. Ainsi ce projet, « La Fabrique des récits médiévaux (XIIIe-XVIe siècles) », peut venir à l’appui des recherches amorcées depuis les années 2000 en les complétant et en les éclairant sous des angles moins étudiés. Afin de pouvoir combiner plusieurs types d’approches (littéraire, historiographique, paléographique, etc.) et d’avoir un panel représentatif de récits médiévaux, en vers ou en prose, au fil des siècles, pour examen, nous optons pour le corpus suivant : les chroniques, les romans, les récits de voyage, les récits hagiographiques, les mises en prose, les récits brefs et les nouvelles.

Axes de recherches

Pour analyser les processus de structuration des récits médiévaux et leur évolution du XIIIe siècle au XVIe siècle, les pistes d’exploitation proposées ci-dessous s’articuleront autour de l’étude de la macrostructure et de la microstructure des textes : la composition d’un recueil, la dispositio du texte, les épisodes, la mise en page, les rubriques, les colonnes, les paragraphes, les miniatures, les bois, les sauts, les blancs, les différents marqueurs du texte, la ponctuation, etc.

Axe 1 – Identification et analyse de procédés de structuration Le repérage de procédés de structuration à petite et grande échelles dans les manuscrits et dans les imprimés permettra de déceler ce qui appartient spécifiquement ou non à une époque ou encore de définir ce qui relève d’une catégorie de texte (par exemple, l’écriture sous forme d’épisode dans les récits brefs). Ainsi on pourra analyser les principes qui s’installent. Par ailleurs, on pourra s’intéresser aux normes des œuvres fabriquées dans un même atelier et milieu culturel pour définir des pratiques spécifiques ou originales de mise en forme et pour en comprendre les particularités.

Axe 2 – La question de la frontière générique par la forme Pour compléter le premier axe, il s’agira de croiser les techniques appliquées à différentes catégories de textes. Si l’on songe, par exemple, à la question de la mise en recueil, certains manuscrits ou imprimés regroupent parfois des textes assez différents. La présentation matérielle de récits de même catégorie possédant des caractéristiques communes ou au contraire très variées peut également être examinée. Les réflexions sur un corpus constitué de récits du même genre, envisagés sur une longue période peuvent aussi apporter des compléments à cette question.

Axe 3 – L’adoption d’usages et de réflexes de structuration et les écarts Pour pouvoir mesurer l’écart de normes entre les récits médiévaux, on pourra s’interroger sur les réflexes adoptés au cours des processus d’écriture, de mises en forme et de structuration : ces gestes sont-ils comparables ou existe-t-il un fossé entre deux époques bien distinctes ? Doit-on les évaluer sur le même plan ? Les usages sont-ils toujours respectés ? Dans quelles conditions ? De même, ces questions peuvent se poser pour des productions créées à des périodes moins éloignées dans le temps, voire composées au même siècle

Si l’on pense également à la question des formats manuscrit et imprimé, il peut être intéressant de comparer les pratiques structurelles pour la composition d’une même histoire, que ce soit pour une tradition uniquement manuscrite, pour une tradition transmise par les seuls imprimés ou pour une transmission mixte du récit, pour évaluer le degré d’aménagement et pour en saisir les raisons.

Axe 4 – Les effets de l’évolution des pratiques Enfin, pour parfaire les trois axes précédents, il convient d’observer les impacts et effets que peut produire l’évolution des pratiques de mise en forme lors de la fabrique du texte. Ces observations peuvent se situer au niveau de la diffusion. Pour quelles raisons un texte est-il fondu dans une forme déterminée ? Les constats peuvent aussi s’effectuer à partir de la réception des structures des récits médiévaux par les contemporains de ces textes. Quelles sont les conséquences de l’accès de plus en plus large au livre et à l’écrit ? Quelles perceptions sont décelables à la lecture d’un récit sous une forme nouvelle ? Cela entraîne-t-il de nouvelles pratiques de lecture ? Dans une époque donnée, quels ont été les effets des transformations des pratiques de lecture sur l’écriture et la structuration des récits ? En outre, l’attention peut aussi se porter sur le rapport à la matérialité du texte du point de vue de l’auteur et du lecteur. Si l’on songe au système de balisage des textes, au rôle structurant des images qui insinue un dialogue texte-image dans la page ou encore aux indices textuels laissés par l’auteur pour son lecteur, un commerce lie de manière certaine le lecteur à son livre et à celui qui participe à sa constitution. Quels rapports peut entretenir le lecteur avec l’espace du livre ? Comment est-il sollicité ? Comment le livre permet-il d’établir une relation de communication entre le lecteur et les divers acteurs gravitant autour de la fabrique des récits (auteur, éditeur, imprimeur, libraire) ? Le lecteur a-t-il finalement une influence sur la fabrication du produit qu’il lira et quels en sont les impacts sur la production ?

D’autres réflexions peuvent bien sûr venir étayer les quatre axes de recherche précédemment exposés.

Informations pratiques :

Les propositions de communication accompagnées d’un argumentaire d’une dizaine de lignes et d’un bref curriculum vitae sont à envoyer aux organisatrices avant le 20 novembre 2020.

Grace BAILLET, ulcogracebaillet@gmail.com Priscilla MOURGUES, priscilla.mourgues@gmail.com

Comité scientifique :
Maria COLOMBO TIMELLI, Professeur à l’Università degli Studi di Milano, Langue et littérature françaises du Moyen Âge
Jean DEVAUX, Professeur à l’Université du Littoral Côte d’Opale, Littérature française du Moyen Âge et de la Renaissance
Nadine HENRARD, Professeur à l’Université de Liège, Littérature française du Moyen Âge
Danièle JAMES-RAOUL, Professeur à l’Université Bordeaux Montaigne, Langue et littérature du Moyen Âge

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